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- YVES TUMOR Fricote avec du beau linge
Sans nouvelles d' Yves Tumor depuis deux ans le fan que je suis commençait à ressentir le manque. Mais ça va mieux avec une double dose. Un single sorti en catimini cet été l' a vu collaborer avec Nina Cristante de Bar Italia. "We Dont Count" avec sa basse gaillarde évoque la Dance Punk sur un mode Indie pure jus. Petite tube underground. Pas du niveau des albums question expérimentation mais ça passe crème. Mais si la collab avec une Bar Italia prouve que le talent du bonhomme lui permet un bon carnet d' adresse que dire de sa collaboration avec Rosalia et la Reine Björk. "Berghain" n' est pas une chanson classique mais un véritable opéra à lui tout seul. Opéra Baroque. Tumor laisse ces dames débuter pour conclure le titre. On aime Rosalia ou on passe notre chemin mais à l' instar de la voix de la reine islandaise celle de Tumor beuglant à la fin ajoute un petit quelque chose familier dans cette débauche de cordes.
- THE ORCHESTRA (FOR NOW), quand la jeunesse de 2025 s' empare du Rock Progressif.
On a beaucoup parlé de la Windmill Scene par ici. Black Midi, Black Country, New Road, Squid etc etc. Et ce depuis un certain temps au point d' être amené à penser cette source de bonne musique en voie de tarissement. Mais ça c' était avant de tomber sur un titre au début 2025. Probablement l' une des tueries de 2025. Celle que je m' étais gardé pour moi tout seul. Mais à présent on va être gentil. Très gentil! Quand mes oreilles se sont portée sur "Skins" je n' y croyais pas. Tout au long de l' année ce titre ne perdit pas cette aura miraculeuse aux senteurs Baroque Pop et profondément influencée par le Post Rock et le Prog Rock. Des réflexes de vieux cons me saisirent. Voilà un machin à faire écouter à mes congénères quinqua (ou pas) atteints de paralysie musicale. Ceux restés scotchés sur The Divine Comedy en matière de Baroque Pop. Tomber sur ce titre des The Orchestra (For Now) c' est comme si une bande de jeunes branleurs turbulents avaient décidé de prendre Neil Hannon par le froque pour un concert de Black Midi ou Squid afin de l' extraire de son nid douillé où il était resté trop longtemps avec pour seule compagnie sa collecte de Scott Walker. Je parle de senteurs Baroque Pop parce que si nous nous retrouvons face à une instrumentation issue du classique les structures des titres ont quant à eux bien plus à voir avec l' insolent Post Rock et une vision Prog édulcorée des boursouflures 70's. Il est à noter qu' à l' instar de The Orchestra (For Now) une autre formation affiliée à la Windmill Scene a remis au goût du jour la Baroque Pop avec un certain succès en 2025, Black Country, New Road. Comme ces derniers on peut aussi désigner les jeunots du jour comme un groupe faisant de la Prog Pop. Prog Pop ou Prog Rock ceux qui connaissent l' histoire savent que si ces courants nous ont offert parfois du bon ils ont aussi été assez souvent synonyme d' orverdose d' emphase et de virtuosité branleuse. La fougue des The Orchestra (For Now) évite les travers du passé. Ils maîtrisent leurs instruments mais leur technique reste au service du titre, pas de leur égo. Ils ont certes fouillé le passé mais ne sont pas obstinés à une seul époque. Eux qui se revendiquent fan de Prog Rock se dévoilent comme successeurs d' un James Chance ou de Slint. Ce sont des boulimiques. Free Jazz, Post Rock, Post Punk, No Wave. Tout y passe et sur le mode maximaliste adopté par bon nombres de styles et de formations apparus ces derniers mois. Notre époque est de toute façon maximaliste. On dira aussi accélérationniste. Tout s' accélère. Tout s' amplifie. Tout s' emmêle. S' entrechoque ou se superpose. Nos affects sont sans cesse stimulés. La pression vient de toute part. Nos émotions deviennent des montagnes russes que l' on nous pousse à dévaler. L' effroi des descentes toujours plus endiablées, les instants d' euphorie lors des arrivées au sommet et le calme des montés se succèdent donc à un rythme effréné. Tout le long du chemin, une angoisse tenace qui accompagne notre quotidien depuis trop longtemps. Entre chaos et calme. La musique de The Orchestra (For Now) l' illustre parfaitement. Le piano de Joe Scarisbrick évoque les mélodies des temps glorieux Baroque Pop quand les autres débarquent et que le chaos explose. Leurs hurlements et leurs chœurs n' ont jamais l' arrogance niaise et le côté sectaire d' Arcade Fire. Toujours sur la ligne rouge sans franchir du côté du mauvais goût. Ils sont toujours sincères ces gamins. Une sensibilité à fleur de peau, fragile et raffinée qui alterne l' espoir et le désespoir, la rage et la tendresse. Qu' ils s' agitent ou qu'ils s' assagissent on est épaté par la réflexion et la recherche dont ils ont fait preuve. Entre improvisation et écriture de précision ils hésitent mais auraient tord de choisir. Encore de dignes exemples de cette génération Post Brexit nommée outre Manche "Crank Wave". Deux eps au compteurs et déjà deux pépites. "Plan 75" en Mars succédé il y a peu par "Plan 76". On craignait un essoufflement tant le premier était énorme mais le second confirme et si parfois l' effet de sidération s' estompe on réalise que le groupe porte déjà son regard sur le futur album Vivement 2026. Fin du monde ou pas, The Orchestra (For Now) en sera la parfaite bande son.
- THESE NEW PURITANS, greatest english rose (*)
(*): explication du titre ici 6 ans. Il aura fallu attendre 6 longues années pour découvrir la suite du gigantesque "Field Of Reeds" (Petit rappel essentiel par ici ). Le quatrième album en 15 ans des These New Puritans sort ces jours-ci et autant ne pas tergiverser. "Inside the rose" confirme l' évidence datant la décennie précédente, les These New Puritans sont le plus grand groupe britannique depuis. Il y a bien que seule la formation électronique des Demdike Stare pour pouvoir oser leur contester la place. A noter un univers commun par bien des aspects entre les deux formations comme d' autres également qui elles aussi sont au dessus du lot de l'indie britanique. La future réussite des Fat White Family confirmera comme les derniers Gazelles Twins, Vessel et autres chroniqués ici. Point commun, une très forte influence du Post-punk, de l' indus et d' un certain Néo-Folk des 80's. Je les ai souvent cité ces derniers temps mais une nouvelle fois un personnage de la plus haute importance est présent sur le dernier These New Puritans tout comme il va être question d'un des groupes les plus sous-estimés d' Angleterre. David Tibet (Current 93) et Coil. Un autre personnage devenu ,récemment et tristement un fantôme, planait sur la carrière des TNP et dorénavant encore plus sur "Inside the rose", Mark Hollis de Talk Talk. Le génie annonciateur du Post-Rock. Il n'y a jamais de hasard en matière de disque novateur et puissant. Certains fils historiques refont toujours surface et rendent justice aux artiste ou courant du passé réellement révolutionnaires mais mis de côté par les nostalgico-gaga. De la formation initiale il ne reste plus que les deux frangins Barnett, Jack et George. La musique est à l' image des survivants, ne reste plus que l' épine dorsale. Une épuration bienvenue après deux albums surchargés. La grandiloquence qui était devenue une marque de fabrique rédhibitoire pour les coincés du bulbe a elle aussi subit un amaigrissement certain. Ce quatrième album studio est le plus direct depuis "Beat Pyramid" et les déclarations plus ou moins provocatrice des Barnett sur d' étonnantes velléités pop se dévoilent plus clairement. Malgré ces changements les fans des deux précédents disque vont parfois se retrouver en terre connue. Si il ne reste plus rien du Taïko japonnais de "Hidden" ou du Fado portugais ayant imbibé "Field Of Reeds" les ambiances sombres tabassées par des rythmes martiaux demeurent la marque de fabrique typiquement "Puritans". Autres constantes la diversité et la richesse de l' outillage sonore utilisé mais cependant avec beaucoup plus de parcimonie. Les cordes toujours, le vibraphone, les drones et une électronique revenue en odeur de sainteté chez les Barnett. L' électronique est certes discrète mais elle a l' avantage de prouver une de plus que malgré une personnalité forte les Barnett ne cessent pas pour autant de zyeuter la concurrence. Et si ce n' est pas par ses outils c' est également par certaine de ses manières. Pour ceux qui n'y ont jamais pensé, écoutez un These New Puritans en ayant sous les yeux une photo ou un disque d' Aphex Twin. Effet garanti façon "Putain mais c' est bien sûr!". Les arpèges électro des synthés évoquent incontestablement le spectre de Daniel Lopatin et son Oneohtrix Point Never et par instant c' est le Dubstep de Burial et certains nouveaux rythmes chaotiques frisant les 180Bpm comme sur la chanson titre. Si les arrangements complexes issus de l' avant-garde (coucou Steve Reich) sont bien moins tape à l'œil également c' est qu' un ingrédient s' est vu bien plus mis en avant que par le passé. Des voix fortement humaine parce que dévoilant leurs imperfections prennent une toute nouvelle importance de même qu' un élément rarement utilisé chez beaucoup d' autres, le silence. Vous me voyez venir? L' occasion est malheureusement trop bonne. These New Puritans n' a eut de cesse depuis 15 ans de passer tour à tour du Post-Punk à son enfant caché, le Post-rock. Avec toujours pour intermédiaire l' indus ou le Néo-Folk. Le lien pas toujours évident entre un David Nibet et Mark Hollis apparaît au grand jour sur "Inside The Rose". On ne cesse de penser au chanteur de Talk Talk et il est fort probable que sans son décès récent il en aurait été de même tellement l' évidence est perceptible. Après "Hidden" et "Field Of Reeds" ce "Inside The Rose" donne la même sensation de claque venue d' ailleurs par ses silences et ses voix que celle que fut le monument "Laughing Stock". Mais si vous voulez citer d' autres influences post-rock autant balancer au sujet des deux frangins le plus grand disque réellement Post-Rock, le "Hex" des Bark Psychosis. Hollis avec son art de faire du neuf qu' avec du vieux avait été l' ange annonciateur qui s' était retiré une fois les apôtres multipliés comme les petits pains. "Inside the Rose" est certes le disque le plus direct de ses auteurs depuis des lustres, le plus pop donc et par une autre de ces certaines et obscures logiques dont l' histoire de la musique a le secret le plus... "Depeche Mode!!!" par instant. Mais pour autant les These New Puritans ont réussi après les sommets précédents a revenir tout en haut par leurs ambitions toujours présentes et un courage artistique loin de dépérir avec l' âge. Un autre de ces disques contemporains qui par ses incantations vocales semblent s' apparenter à un geste de survie comme s' accrocher aux branches mais qui en un instant peut finalement être celui plus porteur d' espoir et de liberté de sortir un arbre pris dans une inondation pour aller le replanter sur une terre vierge plus fertile.
- DJ HARAM, colère sur le Dancefloor et ailleurs
Zubeyda Muzeyyen aka Dj Haram est une habituée de ce blog depuis très longtemps. De ces noms croisés dans tous les bons coups mais qui n' ont jamais droit à leur quart d' heure de célébrité. Dans le cas de la native de Brooklyn c' était par faute d' un passage au long format en solo. L' injustice est enfin réparée avec le coup de poing sonore "Beside Myself". La première fois avec Dj Haram? Janvier 2017 avec sa participation à la légendaire compilation du Club Chai ( ici ). La deuxième ? Pour 700 Bliss, son duo formé avec Moor Mother ( par là ). En 2022 l' album "Nothing To Declare" confirmera le talent des deux copines. Si Moor Mother continua de faire parler d' elle Dj Haram quant à elle fit profil bas. Toujours active mais il sembla assez vite évident qu' elle savait prendre son temps et nous préparait un sacré coup. "Beside Myself" est un choc sonore. Œuvre démesurée, fulminante, ténébreuse et provocante. Ça passe ou ça casse. Mais si ça passe l' auditeur courageux appréciera l' un des grands disques de l' année. Avec Dj Haram c' est à une Deconstructed Club de haute volée et assez originale que nous sommes confronté. Entre Jersey Club, Hip Hop et Techno industriels, avec des traces prégnantes d' UK Bass teintées de Noise. Les influences et les fruits venimeux de leurs brassages offrent une très grandes diversité. Dj Haram se dévoile définitivement comme une très grande expérimentatrice qui sait cependant garder un aspect ludique jubilatoire. Certains titres ont résolument leur place sur une Dancefloor quand d' autres sont propices à la méditation et une sérieuse prise de conscience Elle semble jouer tout en gardant un sérieux efficace lui permettant un sens de l' inventivité et de la concision assez rare. Peut être le plus grand intérêt chez Dj Haram est dans ce brassage d' influences la présence de ses origines culturelles. Souvent quand des producteurs occidentaux vont chercher des sons venus d' ailleurs cela peut vite apparaître comme un maquillage à l' exotisme surfait et artificiel tellement le contexte d' origine est rejeté. Oublié ou méconnu. Dj Haram avec son album tape du poing sur la table de l' appropriation culturelle. Celle qui explique avoir grandi entre les disques du Moyen Orient ramenés par ses parents et ses Sonic Youth délivre une musique authentique et surtout pas candide. Elle maîtrise suffisamment les deux cultures pour produire une musique profonde au service de ses colères et de ses espérances. Le titre "Lifelike" résume parfaitement cela avec ses ressemblances aux dernières productions solo de Kim Gordon et la présence de cordes Moyen Orientales sans que cela ne paraisse incongru ou falsifié. Comment pourrait-il en être autrement que ce "Beside Myself" ne soit pas porteur d' une colère et d' une rage prêtes à soulever des montagnes. Nous sommes face à une artiste femme, queer, issue de l' émigration. On comprends assez vite qu' elle en a pris plein la gueule et que son quotidien est une lutte permanente pour juste avoir le droit de vivre comme elle l' entend. Les paroles la décrivent comme dégoutée de notre époque et on ne peut que valider. Disque teinté de chagrin et d' anti aliénation de toute sorte. Il s' attaque à l' hypocrisie de l' occident colonisateur, au système familiale oppressif, au néolibéralisme et aux œillères stylistiques. Les couplets sinistres faits de paroles poétiques surréalistes sont portés par des cordes plaintives. L' expérimentation s' empare des sons d' une cité bouillonnante de brassage de cultures. Des rythmes superposés apportent de la profondeur à ce boucan rageux. On a attendu longtemps mais ce que l' on soupçonnait est enfin vérifié. Dj Haram est l' une des plus grandes dans l' univers Deconstructed Club jusqu' à le propulser dans un combatifs et unique futur providentiel.
- NO JOY, sortir du Shoegaze et sa nostalgie pour mieux y retourner
Depuis près de 15 ans Jasamine White-Gluz avec son projet No Joy arpente tous les territoires possibles dans un seul but, sortir du revival simpliste Shoegaze Dreampop. Parfois elle a touché au but. Et parfois, elle s' est planté. Dubitatif à l' époque de "Motherhood" votre serviteur vient finalement de se réconcilier avec la Québécoise. No Joy, très très vieux souvenirs. Je l' avais presque oublié. Starlette d' un avorté renouveau Shoegaze qui finalement offrit à son tour sa pelleté de formations revival sans profondes saveurs. Ce qui n' était pas encore le projet solo qu' il est devenu, représentait un petit espoir et charma grâce à ses deux premiers albums comme je le relatais en Avril 2013 ( ici ). Depuis les deux suivants m' avaient quelque peu refroidi. Entre l' anodin "More Faithfull" et le très problématique "Motherhood" (j'y reviendrai) il s' en est passé des choses et surtout le Shoegaze et la Dreampop par l' intermédiaire d' autres artistes (Maria Somerville, Dummy, Just Mustard, The Ephemeron Loop) ont enfin repris la marche en avant en abandonnant le passé et le pastiche. C 'est un peu à ma grande surprise que No Joy ne cesse de taper l' incruste dans mes écoutes en cette fin d' été. L' énergique "Bugland" confirme, certes avec délai, toutes les promesses aperçues il y 12 ans. Cela reste de la Dreampop Shoegaze mais dans une version assez originale. Pour cela White-Gluz perpétue sa tradition personnel qui est d' aller explorer d' autres territoire pour revigorer ses deux influences majeurs. "Motherhhod" en 2020 semblait s' inspirer d' une mixtape mêlant Shoegaze, Dreampop, Trip Hop, Nu-Gaze et Big Beat. Une étrange sensation d' être confronté à une compilation aléatoire et maladroite. De plus, les territoires traversés semblaient trop exclusivement provenir des 90's. Je m' étais alors dit qu' elle était bien gentille la québécoise mais que la ficelle nostalgique était un peu grosse. Sur certains titres cela fonctionnait quand sur d' autre nous n' avions à faire qu' à un travail grossier de faussaire rétro-gaga. Le récent "Burgland" révèle ce qui avait alors été l' erreur de No Joy. Louper le virage numérique amorcé juste après les 90's. Accompagné du producteur IDM Angel Marcloid aka Fire-Toolz elle s' est donc décidé de tenter une version futuriste du Shoegaze taxée par beaucoup de version Cybernétique. La production s' avère bien plus granuleuse que sur les précédents et cela change considérablement. Plus moderne. Les us et coutumes 90's semblent muter en traversant les époques qui lui ont succédé. Ce disque transpire le numérique. Beaucoup d' électro mais aussi des expérimentations touchant une plus large variété d' instruments. Synthés modulaires agressifs, cordes devenus surpuissantes, Dulcimer sous réverbération. On retrouve la volonté maximaliste esquissée sur les deux premiers albums. A présent elle n' hésite pas à confronter le naturel et la nostalgie liés au Shoegaze et à la Dreampop avec la modernité et le clinquant numérique. On oublie les 90's et il n' est pas rare de croiser les 80's et mieux, certaines sensations plus récentes tel l' Hyperpop. Un peu comme si Lush était produit par SOPHIE ou Oneohtrix Point Never. Fire-Toolz par ses affinités IDM notamment en apportant beaucoup en maîtrise permet de développer une musique plus fluide dans sa volonté de passer d' un territoire à un autre. L' aspect compilatoire grossier du précédent s' estompe et nous assistons à une vision enfin débarrassée de toutes suspicions de faussetés et d' opportunisme. Jasamine White-Gluz délaisse la mélancolie attachée au Shoegaze et à la Dreampop pour une volonté affirmée de retrouver de l' espoir et de la joie. Elle casse la caricature. On est plus sous le dogme d'un souvenir éthéré et pure mais face à des souvenirs déformés et remis à leur juste place après une profonde remise à jour. C 'est un Shoegaze qui évite les clichés tel le triste brouillard rural anglais pour également nous évoquer l' urbanisme ricain sous un soleil vif. En interview elle raconte par exemple qu' elle et Fire-Toolz après avoir composé et enregistré au milieu de la technologie moderne du studio partaient en voiture à travers la campagne canadienne afin d' écouter le produit de leur travail. A certains instants c' est une férocité étrange qui s' empare de ressentis délicats et nostalgiques. Avec "Bugland" No Joy semble retrouver enfin la place qui lui était promise, celle d' une actrice dans le renouveau Shoegaze Dreampop.
- SHAME, deuxième album mi-figue, mi-raisin et mauvais timing.
Que le deuxième album des Shame était attendu est le moins que l' on puisse dire. Leur premier "Songs Of Praise" nous avait bien ébranler avec son post-punk piochant dans tout ce qui avait succédé au courant original de la fin 70's-début 80. Un post-punk bien personnel dans lequel l' énergie juvénile de ces gamins londoniens laissait percevoir des traits communs avec de vieilles gloires adulés par ici. Sans se prendre trop au sérieux faussement façon Idles les Shame par passion viscérale et innocence mêlées à une réelle lucidité politique et une forte tendance à la raillerie se démarquaient et touchaient droit au coeur. Bref ils nous offraient en 2018 ce qu' aurait donné les Stone Roses en plein post-punk. "Drunk Tank Pink" déboule enfin, un an après qu' il fut achevé. Et ce détail a toute son importance. Il se dégage du disque comme un sentiment de décalage après tout ce qui s' est passé en 2020. Très certainement ce disque serait autrement si il avait été créé en plein confinement ou cet automne. Et encore plus surement les Shame auraient su coller bien plus à l' état d' esprit du moment . Ce fait est une des faiblesses du disque mais peut se révéler être une qualité pour ceux qui dans un geste de protection ont décidé de nier la triste réalité ou sont hors sol. Il existe aussi une autre raison à ce sentiment de décalage et cette fois-ci plus musicale et liée à la concurrence Post-Post Punk dont on doit bien l' avouer depuis quelques mois par sa profusion de "next big thing" hebdomadaire a tendance à gaver sérieusement. Parti de la ligne de départ avant les Irlandais les Shame se sont fait carrément éjecter de leur petit trône par les Fontaines DC et d' autre jeunots tel The Murder Capital. Les deux formations irlandaises ont non seulement conquis les cœurs par leur simple talent respectif mais aussi par leur version du post-punk encore plus ouverte sur l' extérieur. Shame depuis ses débuts avaient pourtant parfaitement su intégrer d' autres influences externes au Post-punk afin de se démarquer du rétrogaga improductif. Des traces de Glam, de Britpop ou d'un Nick Cave en prédicateur prépubertaire suffisaient à les rendre un brin originaux. On retrouve encore un peu de tout ça sur "Drunk Tank Pink" mais les Shame semblent avoir beaucoup trop écouté les classique du genre tel les Talking Heads, PIL et Esg. Et c' est là que les londoniens perdent un poil de leur superbe. Parce que le post-punk tendance funky on n' en a que trop bouffé depuis des années. Ce qui les sauve un petit peu est le talent de l'un des guitaristes qui distille des riffs funk pas si usés que cela par les pilleurs. On sent chez lui une vrai volonté de sortir des carcans Punk et Post-Punk mais le reste de la troupe semble peu suivre. Ainsi les façons d' y arriver évoquent souvent les tentatives d' autres à l' image de "Human For A Minute" qui n' est ni plus ni moins quand Shame s' évertuant à imiter leurs mentors, les Fat White Family. Bien sûr depuis 2018 les Shame ont mûri en vieillissant. Recherchant moins l' accroche simpliste punk systématique il peuvent par exemple lorgner sur les terres vaguement Math Rock des Black Midi le temps d'un beau "Snow Day". Leur musique est devenue bon grès mal grès plus lourde, introspective et profonde. Ils réussissent par instant à égaler les Fontaines DC ou Murder Capital dans la description du désespoir existentiel contemporain avec humanité. On ressent également très bien les méandres du passage de l' adolescence à l' âge adulte. Si on veut être plus précis sur le retard que semble avoir pris Shame face aux Irlandais et d' autres c' est au travers des paroles de leur chanteur charismatique qu 'il faut y voir de plus près. C 'est peut être ça la plus grande déception du disque. Charlie Steen semble avoir perdu de sa superbe de poète. Aucun renouvellement. Le prédicateur naît sous l' ère Iceage et élevé dans le culte Nick Cave des Birthday Party parait lui aussi être en roue libre trop souvent. Et ses éructations deviennent trop attendue. Il n' ose qu'à de rare occasion se faire plus calme ou faire évoluer son chant. Et comme par hasard ce sont ces moments-là que Shame devient à nouveau passionnant. Pas encore le niveau des Fontaines en la matière mais ils démontrent qu' ils ont garder leur potentiel originel intact. Toujours politique le Steen mais ses paroles à force d' être interprétables de toutes les manières portent beaucoup moins et parfois on flirte avec la Miss Monde Touch de Talbot des Idles. C' est dire! Au moins il nous épargne l' aspect moralisateur de Talbot mais ça c' est peut être certainement une question de classe sociale. Sujet largement abordé par ici au sujet des Idles, Fat White Family et Sleaford Mods. Le rythme incessant et l'usure des tournée liés à la découverte d' un monde malade est abordé et encore une fois cela semble hors contexte et dépassé après le Covid. Et enfin mais surtout Grian Chatten des Fontaines DC l' a précédé de toute sa splendeur poétique sur ce domaine. Deuxième album réussit tout de même mais franchement on pouvait s' attendre à bien mieux et surtout à être une nouvelle fois surpris. Gageons qu'il ne s' agisse réellement que d' un mauvais timing et une petite fatigue due à l' incessante tournée à laquelle se sont livrés ces petits garnements un brin trop enthousiaste. Une erreur de jeunesse en somme. A suivre en espérant qu' ils ne deviennent le deuxième naufrage après celui des Idles. Et pendant ce temps-là les deux papys qui ont influencé toute cette scène aux côtés des Fat White Family sont en très grande forme et niquent tous ces jeunots A voir ici
- SHAME, frisson inespéré post tout.
La jouer fine et surtout pas en faire des tonnes en se contentant de glisser de brèves et discrètes allusions à cette micro hype anglaise ( voir ici ). Depuis plus d'un an la cas Shame avait le don de vriller les neurones de votre serviteur. Perdu qu'il était le vieux con grincheux face à ces guitares flamboyantes revenues de nul part. Deux singles, soit à peine trois titres, mais une putain d' énergie rédemptrices rarement croisée depuis des lustres. Il n' en fallait pas plus pour l' ancien fan d' indie anglaise à guitare de se frotter les yeux et se poser un million de questions existentielles. Shame, un mirage? Un miracle? Et d' abord, c' était quoi ce putain d' enthousiasme qui me prenait à chaque écoute? Le pervers effet anesthésique de la familiarité face à certains trucs mille fois entendus depuis mon adolescence? Putain, ça y était? A mon tour de tomber dans la sénilité nostalgico-gaga qui semble ne plus épargner qui que ce soit autour de moi? Une seule chose à faire. Attendre l' album. On en a vu beaucoup se vautrer sur le format long malgré de belle promesses scéniques et des avertissements sur format court. Les cimetières d' Angleterre en sont remplie de ces formations tentant de rallumer les vieilles mèches et finalement aboutir à un pétard mouillé (These Animal Men,Menswear,Art Brut,Crins etc etc). "Songs of Praise" débarque et finalement faut bien enfin tomber le masque. Moi quadra, pourfendeur de la redite guitaristique, celui qui devant le moindre Demarco des fifilles ou le premier pseudo garageux bas du front se prenant pour l'inventeur du psychedelisme venus voit hérisser son poil d' exaspération et de lamentation, j' abdique. Shame est le premier disques à guitare à me foutre en l' air depuis belle lurette. Et si il faut chercher loin chronologiquement , 5 ans, géographiquement et dans un certains état d' esprit réellement contestataire et politisé c' est tout le contraire. Ce sont les voisins de mon dernier coup de coeur en la matière, The Fat White Family. Mieux, leurs squatteur de leur local de répétition à en juger la déclaration enthousiastes de la clique de Lias Saudi au sujet des gamins. Si Shame a l' accent du Sud Est de Londres comme leurs illustres prédécesseurs les jeunots prennent encore plus fortement des faux airs mancuniens. C' est la grande révélation du passage à l' album. Bien sûr il y a le phrasé à la Mark E Smith de The Fall. Bien sûr c' est du post punk mais...Mais il y a un petit machin qui change tout, le petit air de ressemblance qui titillera l' inconscience de ceux qui ont grandi à l' époque Madchester. Sans tomber dans le pastiche stylistique les Shame ne cessent d' évoquer d'une manière subtile les Stone Roses. Entre passion viscérale et innocence mêlées à une réelle lucidité et une forte tendance à la raillerie. Mais attention, pas la simple machine à groove et à hédonisme baggy que certains veulent uniquement voir par nostalgie et embourgeoisement chez Ian Brown et compagnie. A chaque instant les Shame semblent être prêts à foutre le feu aux bagnoles dans les rues (réécoutez "Made Of Stone"). Une autre ombre traverse ce disque et différencie Shame de la cohorte des autres apprenties post-punk. On l' a retrouve dans les paroles et l' art d' éructer de leur charismatique chanteur Charlie Steen. Ce gamin d' à peine 20 balais est déjà appelé à devenir une figure de la scène indie de la décennie. Il explose tout sur son passage et Shame lui doit beaucoup au point de renvoyer des types comme les gentils et déjà trop vieux Protomartyr à leurs études. Steen avec ses dons de prédicateurs fouillant dans les profondeurs des âmes tourmentées par un prisme résolument politique et sociale donne l' effet que l'on se retrouve en 2018 face à une espèce de Nick Cave né et grandi dans les banlieues anglaises qui n' a jamais ouvert une bible de sa vie et surtout très peu écouté du blues. Le fort mimétisme avec l'icone australienne qui fait parfois grimacé chez les Iceage est évacué par la lads attitude. Shame redonne à la branllitude et l' arrogance anglaise ses lettres de noblesses bien trop caricaturées et surjouée depuis Oasis et Blur. Steen est encadré par des potes musiciens qui, si ils évoquent aussi The Birhtday Party, ne tombent pas non plus dans la chausse trappe vintage bluesy-garage à la con. Trop anglais encore une fois et malin pour ça. Laissons ça aux crétins ricains ainsi que leur communautarisme stylistique. Les Shame en surprendront plus d'un avec leur trouvailles provenant aussi bien du post punk Wire avec le grand art de pigmenter leur rage punk d' envolée pop (le prog viendra plus tard), de l'indie des origines et sa sentimentalité (Television Personalities) que du psychédélisme pour stade mais toujours sobre des Echo & The Bunnymen. Le dernier titre rappellera aussi certaines clôture d' album de l' ère Britpop. Shame est toujours à la limite de se vautrer dans le pilotage automatique et le fayotage nostalgique du revival post punk des 00's des Editors, The Rakes et Interpol. Mais Shame a ce que ces formations avaient perdu de vue comme d' ailleurs l'ensemble de la scène indie depuis trop longtemps. Comme je l' écrivais au sujet des prometteurs Hotel Lux, Shame est la plus parfaite des suites à donner aux deux miracles populos anglais de ces dernières années, The Fat White Family et les Sleaford Mods. Si musicalement on est encore dans la redite il y a tout ce qu'il faut en puissance et authenticité pour que cela ne débouche pas sur un pastiche nostalgique infertile coupé de notre réalité.
- SQUID, grandiose porte de secours du Post-Post-Punk?
C 'était la grosse hype depuis des mois et encore plus assurément depuis leur étonnante et courageuse signature chez Warp. Le petit monde indie et dorénavant d' autres cliques surveillaient le groupe formé à l' université de Brighton. Pour résumer les attentes et doutes on écrira juste que Squid depuis ses débuts laissait espérer beaucoup. Peut être beaucoup trop pour un énième groupe Post-Post Punk était-on tenter aussi de penser. "Bright Green Field" leur premier album vient de sortir et il apparaît clair que si un groupe du revival post-punk entamé il y a quelques années veut ou peut changer enfin la donne de ce courant qui stagnait c' est dans ce disque que ça va se jouer tant il est une réussite et un petit choc dans ce monde-là. Très vite les débuts de Squid furent accompagnés d'un micro buzz indie grossissant au fur et mesure des sorties de disques et des concerts. Doucement mais surement pour un groupe qui a pris son temps avant de publier leur premier album. Formé bien avant leurs congénères Post-Post-Punk ou autres tel les Fontaines DC ou Black Midi en 2015 il aura fallu attendre donc 6 ans. Et six ans au pays de la hype et des météorites indie c' est très long. Au bout de quatre ans ils sortent enfin un premier ep "Town Centre" qui récolte immédiatement l' attention des médias indie alors en plein abreuvement post-punk. Mais tout de suite quelque chose les différenciait avec une entame instrumentale ("Savage") lorgnant fortement sur le jazz et un magistral exercice Post Punk ("The Cleaner") post Lcd Soundsystem post Talking Heads avec crochet pop à la Wire. Avec, cerise sur le gâteau, des cuivres inédit chez leur compagnons britannique d' alors. Surprenant par sa diversité stylistique au milieu du peloton mais pas de nature à immédiatement en prendre la tête pour y mettre le feu voir à s' en échapper immédiatement. Alors que les Shame et Fontaines DC brillaient et que les Idles leur suçaient les roues les Squid semblaient en mode réglage et concentré sur l' aspect tactique. Concentré surtout sur l' expérimentation comme le confirmera par un certain arrière goût leur single "Sludge" qui ouvre leur collaboration surprise avec Warp. Au premier rapport ce qui pouvait passer pour une resucée de LCD Soundsystem qui n' a cessé de sucer' approprier lui aussi le Post Punk originel devenait bien plus intrigant et rustre pour s' avérer inoffensif. Au sujet de la signature chez Warp la surprise ne relevait que du choix du groupe parce que le label étiqueté IDM à ses débuts et surtout électro expérimentale avait depuis belle lurette diversifié son catalogue, Broadcast, Maximo Park, Battles, Grizzly Bear, Yves Tumor et d' autres. Squid semblait donc se situer entre la grosse vague Post Punk, portés par l' énergie de cette dernière, et les francs tireurs de Black Midi mais aux visions bien plus larges. Des affinités pour une certaine perversion expérimentale et un gros penchant pour l' aspect pop du Post Punk tendance Wire et Talking Heads. De quel côté aller pencher l' album? Ou allait-ils choisir de ne pas changer la formule gagnante quitte à ne pas évoluer. "Bright Green Field" offre le visage d' un groupe courageux qui ne pouvait se contenter de se reposer sur ses lauriers rapidement tressés. Avec l' aide du cador de la production anglaise , Dan Carey (Fontaines DC, Black Midi), Squid offre une musique jubilatoire n' hésitant pas à aller dans les sens et oser encore plus qui plus est avec le Control Total* (*: petit clin d' œil à un très grand groupe post-punk qui avait précédé les Fontaines et compagnie, par ici ) des artistes solides. On est capturé par les tentacules d' une musique qui voit son groove encore plus puissant qu' auparavant. Ils n' hésitent pas à vous faire passer du calme au chaos en un claquement de doigts par une combinaison multicouche et multiforme. Le tempo fait de même et peut être lent ou rapide selon leur bon vouloir. Les genres s' entrechoquent ou dialoguent, se castagnent ou baisent ensemble. L' énergie punk originelle est bel et bien là mais elle booste des influences jazz plus vives que jamais chez eux. Le phrasé Post Punk à la Mark E Smith tant usé voir abusé par la conccurence bornée dans ses marottes côtoie des harmonies Soul irréelles venant de bien plus loin. L' électro aussi s' invite parfois avec des Fields Recordings venus du quotidien ayant parfaitement leur place dans ce bordel ennivrant. Peut être la grosse différence avec tous leurs contemporains Post Punk cités est que Squid délivre un message bien plus chatoyant et optimiste. Des façon de faire et de voire qui propulse ce groupe en éclaireur flamboyant dans les dures pentes qui nous attendent. Le Post Post Punk a deux doigts de sombrer dans le train train vient de trouver peut être ses premiers de cordées qui pour le coup semblent agir pour le bien commun. Ce grand "Bright Green Field" ,désiré par le groupe comme plus profond émotionnellement que leurs disques précédents, est après les mois difficiles passés et avant les prochains guère enchanteurs ,et tout autant imprévisibles eux aussi, comme la bande originale parfaite d' un monde en constante évolution. Une solution parfaite pour vivre dans ces incertitudes qui ne cessent de se prolonger. Enregistré pendant la pandémie ce disque dévoile un groupe qui, plutot de se lamenter naïvement comme d' autres sur cette calamité, va chercher plus loin les raisons de nos malheurs et nous prépare à la lutte. Et le ton est donné par le groupe lui même quand il faut expliquer de quoi parle le disque : «À propos de la dichotomie entre plaisirs simples et consumérisme décadent» Et pas seulement parce que sont abordés aussi et d' une manière loin d' être caricaturale et cynique mais certainement combative la propagande de droite omniprésente dans nos vies ou la vision Darwinienne et cruelle véhiculée par le management et le triste "esprit d' entreprise". Plus loin on va se confronter à la crise du logement sur Londres, la santé mentale d'un type bossant dans un abattoir industriel et aborder l' anorexie, le trouble psychiatrique le plus mortel chez les ados avec conséquences à vie quand ils y survivent. Sur certains titres si les influences "classiques" post-punk déjà énumérées apparaissent d' autres surgissent et participent à ce qui semble être un jeu de jeunes gens intelligents et engagés capables de ne pas se prendre au sérieux et devenir lourdingues comme d' autres (...Idles ? Oh que oui!!!). Godspeed Black Emperor fait irruption par des violons surprenants quand ce n' est pas Talk Talk qui remet une louche de Post-Rock. La tuerie folle "Narrator" va plus loin que le gros Murphy en partant des terres labourés mille fois par LCD Soundsystem pour atteindre les sommets pop de Wire et finir dans un délire néo psychédéique digne des post-baggy Regular Fries. Ecoutez "Narrator" et leur "Anno Domini #2" ensuite, les deux titres semblent frères. Même Radiohead est cité via un "2010" qui transpose "Paranoid Android" dans l' ère Covid 2.0. Il est à noté qu' une nouvelle fois après les The Armed ( voir ici ) on constate encore chez les guitares les conséquence grandioses mais tardives de notre univers numérique inter connecté à la vitesse de la lumière et du zapping sans bornes des sources d' inspirations. En définitive ,même sans totalement révolutionner sur certains aspects tel la production ou l' utilisation des outils technologiques, les Squid nous offre un très grand disque susceptible de changer radicalement la donne d' un revival bénéfique et rafraîchissant à ses débuts mais tombant dans les travers de ses prédécesseurs tel la redite et le conformisme. Bonus: Le titre des Regular Fries, espèce de dégénérés Post Baggy/Madchester fan de Trip Hop et d' arrogance Britpop.
- SQUID, Chef d' œuvre Post ...tout!
Ils nous étaient apparus au milieu du raz de marée Post Punk fin 10's début 20's et immédiatement ils devinrent par leur singularité Arty et Post Rock une bouée d' originalité au milieu d' un océan qui est devenu aussi ennuyeux qu' une mer morte. En 2025, alors que de jeunes pouces tel Still House Corner ou des confirmés comme Moin n' en finissent pas de redéfinir les guitares jusqu' à faire tomber les masques un brin conventionnel d' un certain Post Punk, Squid évolue de la plus bel des manières et finit par emporter la mise. Commençons déjà par tordre le cou à une idée reçue provenant de la fainéantise de la critique musicale. Squid étaient-il réellement, profondément Post Punk? Oui et non. Tout dépend de quel Post Rock parle-t-on. Oui si on a en tête le Post Punk des origines. Ils n' ont pas hésité à aller voir ailleurs jusqu' à en passer par des genres souvent jugés chez les neuneus bas du front comme chiantissimes. Jazz, Krautrock, Prog et des senteurs assumées solidement arty. Non à l' égard de leurs contemporains. Parce que justement la diversité de leurs influences était bien plus riches et iconoclastes que celles de leurs congénères de cette vague que l'on a pu appelé Post Punk Revival. Les fans de The Murder Capital, Fontaines D.C., Shame, Dry Cleaning ou encore ceux des affreux Idles vont très certainement, les yeux perdus dans leur bière devenue trop chaude et dégueulasse à la longue, restés perplexes si ce n' est totalement réfractaires à la découverte du complexe "Cowards". Avec "Cowards" les Squid confirment tous les espoirs placés en eux en terme d' audace et d' expérimentation. Pour les avoir vu sur scène en 2023 je m' étais convaincu que la porte de sortie à ce Post Punk décrit plus haut à la palette trop succincte d' influences passait par eux plus que par leurs géniaux amis de la Windmill Scene. Les Black Midi commençaient déjà à montrer des signes de fatigue préfigurant la séparation de l' an dernier quand les Black Country New Road entamait une longue convalescence post perte de leur chanteur qui aura duré plus de trois ans (album prévu en Avril). "Cowards" montre effectivement un groupe qui s' est encore plus ouvert au monde et aux courants musicaux éloignés suite à ses tournées et collaborations. Mais surtout, et peut être là est l' origine de la réussite, ils ont osés prendre encore plus de distance avec le mot Punk du terme Post Punk. Des titres comme "Fieldworks I", "Fieldworks II" ou "Cowards" ne comportent quasiment pas de guitares saturées et en appelle bien plus à votre réflexion qu' à vos pulsions et frustrations. L' aspect Post Rock historique est encore plus marqué et cette fois-ci on peut vraiment parler d' une version de Talk Talk sous amphétes et est devenue définitivement dystopique. Squid innove dans l' héritage Post Rock en osant des réminiscences Baroques rarement croisées si ce n' est quand une hybridation du Folk avec le Math Rock vous cueille sans crier gare. Si les compositions d' une maîtrise totale et d' un courage à toute épreuve semblent sophistiquées et lapidaires, plus que par le passé, les textures se révèlent disloquées et possèdent une complexité elle aussi absente sur leurs deux premiers albums. En parlant d' une version profondément dystopique du Post Rock Squid a toujours porté sur notre époque un regard assez pessimiste au travers de ses compositions flirtant avec le chaos et le chant flippé d' Ollie Judge. Leur troisième album confirme et renforce la tendance quand par sa voix Judge augure de l' apocalypse prochaine. Il est beaucoup question de peurs, de meurtre et d' occultisme. Le constat fait par Squid est terrible et peut les rapprocher des oiseaux de mauvais augures Radiohead à l' aube du 21ème siècle. En évoquant Radiohead on peut aussi affirmer que les comparaisons musicales au groupe d' Oxford apparaissent dorénavant puériles si ce n' est mensongères quand il est question de Squid. Bien sûr l' aspect Prog Rock est commun mais Squid ne semble pas autant s' y attarder comme le fit la bande à Tom Yorke. Les Squid font plus que confirmer et évacuent définitivement les critiques et les craintes apparues à la sortie du précédent. "Cowards" est un très grand disque et pour être franchement honnête je n'y croyais qu' à moitié devant le spectacle de la presse avide de hype Post Punk se ruant sur eux dès les premiers singles pour ensuite les délaisser aussi vite face à des albums refusant la facilité adoptés par le contingent de suiveurs.
- JUST MUSTARD, shoegaze euphorique.
Je l' avait déjà écrit au sujet de leur ""Heart Under" de 2022 ( voir ici ) , les Just Mustard ne sont pas de simples revivalistes bas du front. En perpétuelle mutation ce quintette ne cesse d' aller de l' avant sans se reposer sur ses lauriers. Troisième album de nos chouchous irlandais et encore une réussite offerte par ce groupe qui ,avec quelques autres ( ici , par là ou ailleurs ) , bouscule le Shoegaze jusqu' à le faire muter. Tout d' abord le récent "We were just here" confirme le fait que Just Mustard est définitivement sorti du peloton. Peut être pas encore maillots jaune du renouveau Shoegaze mais de ces vainqueurs réguliers d' étape de montagne qui un beau jour peuvent décrocher le Jackpot. Avec le précédent plus porté sur l' Industriel ils s' étaient révélés comme de véritables maestros des textures sonores. Textures qui paraissaient réellement renouvelées face à la concurrence. Le judicieux pas de côté vers le Noise et le Gothique en plus d' autres influences provenant d' univers éloignées les avait emmené plus loin que les suceurs de roue. Je n' avais pas non plus manqué de citer le rôle probable joué par leur compatriotes, les immenses Girl Band/Gilla Band. Le tout récent disque confirme ce talent de producteur, talent décuplé par la présence au mix du vétéran star de l' exercice David Wrench. Et si ce type se pointe une deuxième fois pour donner un coup de main c' est que ce vieux renard des studios sait qu' il est tombé sur des artistes talentueux, amateurs comme lui d' étrangeté et surtout avides d' expérimentations sonores. Cette formation en incessante métamorphose opère un nouveau changement de cap stylistique et d' ambiance. Bye bye le sage Shoegaze des débuts et l' obscurité Noise et Gothique. Ils sont sortis des entrepôts et des souterrains pour prendre un peu de soleil. Leur brouillard Shoegaze s' est ainsi dissipé et d' ardents rayon lumineux percent de plus en plus jusqu' à éblouir et réchauffer l' ambiance. La noirceur et la mélancolie laisse dorénavant place à une douce euphorie nouvelle. Mieux. En chemin des profondeurs il semblerait que nos Irlandais se soient campés un instant sur un Dancefloor. A l' image de la chanson portant le même titre que l' album les Just Mustard peuvent vous amener à une véritable danse de Saint Guy. Sans renier leur côté obscure et doux amers pas très éloigné des premiers New Order ils semblent reluquer les us et coutumes dansants des mancuniens ou du LCD Soundsystem disco. Les mélodies sont bien plus incisives et accrocheuses qu' autrefois tellement elles semblent avoir été le fruit d' un énorme travail et d' une volonté certaine de recherche. C' est toujours claustro mais résolument aguicheur. Peut-on parler d' un tournant plus Pop avec un talent neuf chez eux pour le crochet ? Peut être que le fait d' avoir effectué les premières parties d'un maître en la matière (The Cure) et la proximité des Indie Post Punk devenus stars des festivals et des stades (Fontaines.D.C.) n' y est pas pour rien. Si avant ils semblaient partir d' une matière atmosphérique Ambient et ensuite y accoler un exosquelette pop leur fonctionnement s' est inversé. D' abord le squelette, les articulations et ensuite la chair. L' auditeur est lancé sur une montagne russe émotionnel dont il n' en sortira pas indemne. Just Mustard aborde l' intérieur et l' extérieur, l' intime et l' environnement. Peut être moins violent que They are Gutting A Body of Water ils semblent eux aussi désirer d' un Shoegaze plus ouvert au monde que sur la simple introspection. Ouvert stylistiquement aussi puisque la Motorik Krautrock pointe son nez sur "SILVER" quand "Out of Heaven" réactualise leurs passions Trip Hop déjà repérées. Et puis il y a la voix de Katie Ball. Bien plus mise en avant elle envoute, ensorcelle et sublime l' ensemble. Plus assurée Katie Ball franchit elle aussi un gigantesque palier. Elle permet, associée aux talentueuses expérimentations portant sur les textures des autres, de porter leurs idées simplissimes de vers un maximalisme jubilatoire. Oui avec ce disque Just Mustard ne sont plus une simple et gentille formation de plus dans l' histoire du Shoegaze. Il compense le loupé de Ride qui avait certes calquer au genre avec talent la tradition de l' efficacité Pop britannique ("Going Blank Again") mais en zappant la gigantesque culture dansante qui les avait précédé (Madchester). Il aura fallu attendre très longtemps pour que d' autres enfants de la patrie de Saint Kevin Shields relève le flambeau magistralement de ce courant jugé hâtivement par les couillons comme mort né.
- FEEO, quand l' expérimentation est intimiste et poétique, bouleversant.
Elle s' appelle Théodora Laird et utilise le pseudo de FEEO. On l' avait croisé aux côtés de Loraine James, Tirzah et Mica Lévi. Des habituées de ce blog et gages d' excellence. Ses Eps intriguèrent au point de se frotter les yeux face à ce que l'on découvrait alors. Imaginez juste une voix époustouflante digne de Beth Gibbons délaissant le Trip Hop pour l' avant garde citée plus haut à laquelle on rajoutera le courage et le talent de la Reine de l' Underground, Klein. Vous avez compris. C'est tout simplement le grand frisson de 2025. Que le premier album de FEEO se nomme "Goodness" est plus que judicieux. Il n' y a pas tromperie sur la marchandise. FEEO va vous faire du bien pour plusieurs raisons. Avant tout musicalement. Sa musique est inclassable. A sa découverte on peut ressentir une sensation de déjà vu au point d' évoquer l' apparition du Trip Hop avec son utilisation de samples provenant des 60's et 70's. Mais à la différence de ce courant FEEO dépasse largement le cadre restrictif référencé du Post Modernisme. Parfois ce qu'elle propose apparait comme apprivoisé. On sait où elle va nous embarquer. Enfin, on croit savoir jusqu' à ce qu' une étrangeté profonde saisisse l' auditeur. Des synthés étouffés, des arabesques de guitares et une atmosphère électro parfois lourde susceptible de dériver vers un cajoleur psychédélisme imprévu vont se charger d' affoler votre boussole. Avec elle le radar référentiel semble ne plus savoir fonctionner. Le Trip Hop avec son spleen funeste n' est jamais très loin mais par uniquement la sensation ressenti que par l' instrumentation. Les impressions accompagnant traditionnellement la Soul sont aussi convoquées tel une sensualité moite vous tendant la main quand cette Ambient en apparence oppressante s' est emparée de vous aux premiers instants. Nous naviguons parmi des Drones, les expérimentations électro, des rythmiques légères ou lourdes, une guitare déconcertante qui ne cesse d' envouter et un piano aventureux. A certains instant ne soyez pas surpris si des tropes Dancefloors rachitiques mais tenaces croisent votre chemin. La production va elle aussi faire perdre pied aux désespérés connaisseurs tentant de s' accrocher à leurs connaissances et habitudes. Une production alliant la rudesse du Grime qui risque évoquer l' étouffement tout en se révélant finalement moelleuse et doucereuse. Cette musique est tour à tour étincelante et rêche. Et puis. Et puis il y a cette voix. Puissante. Profonde. Intense. Sur le déchirant "Here" FEEO tutoie les sommets d' humanité, de grâce et d' émotion d' une Beth Gibbons. Peu s' y étaient risqués mais elle n' a pas à rougir devant la chanteuse de Portishead qui vient de découvrir probablement sa fille cachée. L' album débute par un titre sombre avec la participation du papa acteur de FEEO, Trevor Laird. Son Spoken Words nous purifie du syndrome d' overdose que les incessants formations revival Post Punk obnubilées par Mark E Smith nous avaient provoqué. Une voix à la portée émotionnelle considérable au service d' une poésie troublante elle aussi. FEEO semble s' amuser avec le langage mais avec une tendresse touchante et une forte méticulosité. Une poésie s' apparentant à un soupir résolu, une poésie dévoilant une personnalité fragile mais dotée d' un Self Control à toute épreuve. FEEO nous parle de solitude et de relation, de l' urbanité et de la nature, de l' extérieur et de l' intérieur. Tout au long des 11 titres des moments de très forts instants de grâce s' emparent de vous puis disparaissent comme ils étaient apparus subrepticement. Une profonde chaleur humaine va vous envelopper mais c' est aussi une puissante solitude qui risque vous faire frémir. Avec sa musique délicate et intrépide, parfait alliage d' abstraction et d' intimité FEEO marque un grand coup et nous savons déjà qu'une magnifique histoire vient de débuter. PS: Et une nouvelle fois un disque merveilleux alliant émotion et aventure sonore nous provient du label AD 93. AD 93, assurément le label de l' année 2025 et des années à venir
- THEY ARE GUTTING A BODY OF WATER, quand le Shoegaze ne regarde plus ses chaussures, il les balance dans la gueule de notre époque.
Cela commence par le son éloigné des cloches d' une église qu' on aurait localisé de manière coutumière dans la campagne pluvieuse britannique. On est pourtant de l' autre côté de l' Atlantique, dans le marasme toxico qui a noyé Philadelphie. Alors que l'on s' attend à une intro planante précédant une montée toute progressive c' est un riff agressif et répétitif qui s' élance sur l' auditeur. Et en lieu et place du traditionnel chant éthéré c' est un spoken word urgeant venu d' un centre ville crado et bruyant. Pas très shoegaze tout ça me direz-vous? Oh que si. Suffit de jeter à la poubelle les reflexes nostalgico-gaga. Ça fait une paye que l' on entend parler des Shoegazers de They Are Gutting A Body Of Water et de leur leader Douglas Dulgarian. Une paye également que l'on soupçonnait qu' il se passait quelque chose de revigorant du côté de Philadelphie. Leur carrière se résume à une pelleté d' albums plus ou moins officiels et difficilement trouvables depuis une dizaine d' années. Beaucoup d' espoirs souvent contrariés par des disques jugés trop vite ,ou assez justement, comme bâclés. Ceux que l'on va vite se contenter de nommer TAGABOW ont attiré l' attention des aventuriers osant rêver d' un Shoegaze délaissant le passé pour se reconjuguer au présent et si possible, chose devenue irréelle à force de revival incessant, au futur. Mais chez Douglas Dulgarian et sa clique rien n' est jamais simple. Mué par une réel volonté de réinscrire le Shoegaze dans leur présent et laisser la nostalgie de côté ces ricains ont opté pour la surprenante bonne vieille tactique (mais risquée) de repartir des fondements du genre. D' oublier tout ce qui a suivi et de disséquer l' acte originel pour mieux le corrompre. Ainsi découvrir leur "Lucky Styles" en 2022 s' apparentaitun peu à tomber début 1991 sur d' énigmatiques extraits inédits du laborieux travail en cours de "Loveless". Sur ce disque le groupe n' hésitait donc pas à évoquer et assumer totalement le Saint Graal Shoegaze de My Bloody Valentine quitte parfois à trop y ressembler quand à d' autres instants il explorait des pistes passées inaperçues par MBV. Et ce, comme rarement par le passé chez les prédécesseurs revivalistes un brin pleutres car bien trop respectueux des monuments. On va l' écrire tout de suite, le tout récent "LOTTO" est bien plus abouti jusqu' à devenir instantanément en cette rentrée 2025 une des plus belles réussites Shoegaze de l' année en cours. Une année marqué par un certain renouvellement. Si il a gardé l' aspect inachevé de son prédécesseur, cet apparence apparait finalement comme un des éléments permettant la réapparition d'une aura mystérieuse autour du Shoegaze. Une aura depuis longtemps disparue à cause des incessantes redite depuis trente ans. L' une des clés de cette réussite est peut être le fait que Dulgarian a perdu temporairement l'usage de son bras gauche en raison de sa toxicomanie et du se résoudre un temps de laisser de côté ses guitares et pédales d' effets pour passer aux synthés et aux samplers. Trop souvent nous avons vu les apprentis Shoegazers de toute époque se contenter de recopier la caricature. C' est à dire des types torturant uniquement en direct leur guitare les yeux braqués sur leur pédales d' effets . Pourtant il fallait se rappeler que Saint Kevin Shields nous avait aussi parlé de manipulation de bande et de son intérêt pour le sampler et les boites à rythme. TAGABOW remet au goût du jour la saturation de la réverbération inversée que le sampler permet. N' hésitant pas à puiser dans les autres courants des sonorités inconnus par ici. Et chose assez surprenante, "LOTTO" en évoquant "Loveless", démontre que l'une des caractéristiques principale de My Bloody Valentine, ses riffs hyper condensés, avait tout simplement disparu des redites plus portée sur la DreamPop que sur les origines Noise du courant. J' ai beau tenter de me souvenir il n'y a que A PLace To Bury Stranger qui me vient à l' esprit et ils sont apparus il y a presque déjà 20 ans. Il fallait aussi se rappeler que d' autres à la suite de Shields n' attendirent pas pour faire évoluer le Shoegaze et le confronter à d' autres courants. A percer le traditionnel mur de son guitaristique par des attaques de Breakbeat, de synthés impétueux et de rythme Dancefloor. Après la première vague (Ride, Slowdive, Lush, The Boo Radleys), des formations courageuses n' hésitèrent pas à arracher le Shoegaze de ses territoires d' origines et le confronter à d' autres sonorités tel l' Ambient et l' IDM (SEEFEEL) ou le Trip Hop (Bowery Electric). Même M83 avant de devenir totalement niais osa à grand coup de synthés. "LOTTO" perpétue cette tradition en convoquant les textures lourde du Doom et du métal, en jouant de la boite à rythme jusqu' à convoquer des tropes Jungles et dancefloor. Sur le titre "American Food" on ressent l' influence de l' Hyperpop par l' une de ses caractéristique, l' utilisation d' une voix asexuée et hyper aigue. En lieu et place des exercices de redite nostalgico-gaga gentillet juste rêveurs ou limite mièvres observables chez les autres le groupe délivre un Shoegaze comme jamais bouleversant et poignant. L' auditeur ressort de l' écoute de ce disque imprégné d' effroi, de crainte, de colère et de révolte. Le thème de l' addiction est évoqué sans retenue et si Dulgarian aborde l' introspection coutumière du genre avec une sincérité désarmante il n' hésite pas non plus à opérer la dissociation en décrivant un monde où tous nous sommes plus ou moins en manque de dopamine tellement le harcèlement numérique nous a rendu dépendant. Si souvent le Shoegaze était la musique de personnes repliées sur elle-même il décrit parfaitement les interactions brutales ou perverses entre notre personnalité et le monde extérieur. Ainsi cela lui permet de délivrer une très vivace critique du capitalisme ricain et numérique et de son poids dans nos quotidiens. Le Shoegaze musique contestataire, parfois entre les lignes et les explosions sonores, mais jamais à ce point. Après Just Mustard et Dummy en version plus délicate les TAGABOW cassent définitivement les idées reçues sur le Shoegaze en l' extirpant de ses territoire mille fois visité pour le confronter à notre triste époque. Comment sans taire sa nostalgie continuer de combattre.
- MOIN & BLACK MIDI: 2021, confirmation d' un grand cru pour les guitares après des années de disette.
A peine arrivé à la moitié de l' année il faut se pincer pour y croire mais l' évidence est là. 2021 est probablement déjà à classer comme une grande année pour les guitares. Après des années de rétrogaga parsemées de pépites novatrices isolées. En cet été ce sont à nouveaux deux grands disques qui vont conforter cette constatation. Le tant attendu Black Midi et enfin la surprise venue du monde électro plus habitués aux louanges de ce blog que les guitares auparavant, les Raime devenus Moin. Black Midi, retour bluffant d 'un groupe hors norme . Bien sûr par ici on avait pressenti ce regain de forme surtout présent dans le Post Post Punk depuis quelques temps mais alors que le début 2021 était marqué par un point d' arrêt si ce n'est un début d' effondrement de ce courant avec un ras le bol naissant (Idles, Shame), trois disques par leur origines stylistiques via une prise de distance du Post-Punk originel viennent de rebooster ces satanées guitares rétrogaga. Le premier album des Black Country, New Road avait annoncé ce regain de forme avec son rock plus expérimental que scolairement Post Punk mais malgré des qualités assez solides et un goût du risque absent chez les autres depuis longtemps on pouvait tout de même lui trouver des tendance un brin trop revivaliste. Parfois également quelques moments sans réel intérêt pour qui connaissait bien l' histoire. A cela il faut rajouter un sentiment fortement atténué de surprise deux ans après la détonation Black Midi qui déjà avait déjà pris de sacrées distances du tout venant Post-Post Punk un brin étriquée dans sa diversité. Black Country, New Road se faufilant derrière les Black Midi ne n' hésitant pas à faire partouzer nombre de variantes extrêmes qu' avait connu le rock après le Post-Punk. Un zeste de Math Rock par-ci sortant de la caricature dans laquelle il s' était enfermé pendant les succès des Battles et Foals avec un envahissant contingent plus ou moins inspirés de suiveurs. Un zeste de Noise Rock par-là et un goût fort pour l' expérimentation façon Talking Heads, Sonic Youth voir This Heat. Mais la tendance s' approchant d'un sursaut des guitares aventureuses et curieuses s' est bel et bien accélérée cette année coup sur coup avec l' approche maximaliste tout terrain issue d' une révolution Hardcore sans œillères de The Armed ( ici ) et le monument Art Punk brassant tout ce qui passe avec une sens rares de l' indédit en matière d' hybridation en tout genre des Squid ( là ). Il semble loin le temps où en matière de courage guitariste un brin novateur nous n' avions que le Girl Band à se mettre sous la dent. Black Midi risquait beaucoup tant ils avaient tutoyaient les sommets avec "Schlagenhaim" quite à se griller leurs ailes. Étaient-ils encore une énième version de petits rats malins de discothèque qui ont trouvé le disque oublié des autres mais incapable d' aller plus loin par exemple? Ou bien encore un de ces nombreux habiles du travestissement de style musicale capable de se déguiser en mille et une versions revivaliste des illustres ancêtres mais à peu de frais en terme de personnalité et d' originalité? Le deuxième album des Black Midi confirme leur réel talent et une solide personnalité mais surtout une volonté farouche de ne pas faire comme les autres. Bien sûr "Calvacade" provient de personnes ayant étudié avec assiduité l' histoire mais plutot que recracher les références ils les dépassent largement et confirment les espérances. En plus de leur volonté d' évoluer et changer la recette gagnante du premier album au risque de manquer de cartouches le destin s' est aussi chargé de leur glisser quelques chausses trappes qui en définitive leur aura servi de tremplin vers un nouvel inconnu. Et ça ce n'est que les plus grands groupes ou artistes qui en sont capable. Leur guitariste Matt Krasniewski-Kelvin atteint d'une maladie mentale a été obligé de prendre du recule et peut être bien que cet aléas poussa encore plus le groupe à sortir de son confort acquis par le succès. L' embauche de Kaidi Akinnibi au saxophone et de Seth Evans aux claviers fait souffler sur "Calvacade" une tornade jazzy version avant garde avec Sun Ra en guide suprême. Le Math Rock qui les avait vu grandir perd de sa prédominance au profit de l' épouvantail absolu des punk et post-punk caricaturaux, le Prog Rock. Evidemment pour quiconque connait le Post Punk originel ce n' est pas une surprise (WIre, This Heat, The Resident) mais pour certains neuneus Post Punkeux devenu tel depuis qu' ils ont vu Idles à la télé ça risque piquer ou bien et plus positivement juger à leur juste valeur des fripouilles d' Idles et consorts. Si on rajoute le confinement propice à la réflexion et au prises de recule en lieu et place des heures d' improvisation la tête dans le guidon durant les tournées avortées les Black Midi avaient tout pour ne pas pondre la redite et se sortir du piège du deuxième album. Inclassable ils le restent, voir encore plus qu' il y a deux ans. Quoiqu' ils fassent leur musique est immédiatement identifiable. Bien sûr que la voix du déjà très grand Geordie Greep jouent un rôle déterminant dans cette particularité mais pas seulement tant ce dernier osant également dans le chant de nouvelles pistes surprenantespar des variations osées . Et même quand c' est le bassiste Cameron Picton qui s' y colle le son, le fond et la forme reste du pure Black Midi. Dire que Black Midi avec leurs manières Prog-Rock poursuive le chemin entrepris par King Crimson peut être juste mais avancer qu' ils font du King Crimson s' avère complètement hors de propos. Black Midi ne ressemble à rien et si il emprunte une démarche il ne s' agit absolument pas de la technique ou du savoir faire. Même quand certains spectres intouchables et sacrés planent fortement tel celui d' un Scott Walker sur la ballade "Marlene Dietrich" et l' apothéose "Ascending Forth" il faut admettre que l'original est lointain. Ailleurs une petite particularité auquel on n' avait pas tout de suite prêté attention nous revient en pleine figure à grand coup de ferveurs gospel et d' une certaine quête de spiritualité rappelant Alice Coltrane référentiel jazzy oblige. Greep et le génial batteur Simpson ont grandi et jouer dans les églises et ça se sent comme jamais. MOIN, et RAIME se rappela ses souvenirs guitaristiques 90's. Comme je vous l' écrivais en début d' article c' est peu de le dire mais les 10's qui ont vu naître ce blog n' ont pas franchement marqué nos mémoires en matière de guitares. Peureuses, rétrogagas, bafouillantes et bedonnantes la plus part du temps. Les rares pépites novatrice étaient plus que rare et ainsi les Girl Band de tenir le rôle du héros quasi solitaire de ceux grandis pendant leur dernière grande décennie en terme de créativité, les 90's. Alors plutot que de perdre son temps à la recherche des heures glorieuse alors devenues lointaines DWTN alla voir ailleurs si l' herbe était plus fraîche et parcourir les presque 10 années de blog nous le prouve. Si il y a un label symbole des verts pâturages où il nous arriva de recroiser des guitares sur un mode original c' est bel et bien le regretté Blackest Ever Black ( ici ). Et l' une des tête de gondole de ce label passionnant fut le duo électro Dark Ambient Raime ( ici ). Raime avec son chef d' oeuvre original "Quarter Turns Over a Living Line" plongeait à la suite des Demdike Stare le Dancefloor qui les avait vu grandir dans dans un bain de sorcellerie Indus et Ambient. Pas de guitares où alors en arrière fond tant une approche Post Punk semblait transpirer de leur musique électro. Leur deuxième album "Tooth" confirma ce penchant. Mais pour vraiment rencontrer leur passion pour les guitares, les amours de jeunesse 90's des deux Raime, Joe Andrews et Tom Halstead, il fallait aller jeter une oreille sur le 1er ep de Moin en 2013. Moin ou la rencontre des deux Raime avec Valentina Magaletti sous le haut patronage d' un axe This Heat/ Steve Albini. Magaletti est une percussionniste fan de musique concrète, d' Ambient Tribale et d' improvisation en tout genre. Croisée à de multiples reprise dans ce blog quand il s' agissait de Shit & Shine, Vanishing Twin et Tomaga. Quand Tom Halstead se charge de la guitare qui est enfin la star de leur musique son compère Joe Andrews s' occupe du sampler et de l' électro. Magaletti s' occupant de l' ossature rythmique et participant grandement à l'une des caractéristique détonante de la musique de Moin. Un groove agressif et malsain susceptible de vous emporter très loin. Entre austérité et puissance. La musique que délivre cet album intitulé "Moot!" est tendue au possible et angoissante mais absolument entrainante. Les sample flippants ou agressifs rajoutent à la tension tout comme les retouches électro d' enregistrements live du duo Halstead/Magaletti. En terme d' influences pouvant aguicher le fan de rock indie 90's des évidences sautent aux oreilles. 30 ans après "Spiderland" le poids des Slint est encore gigantesque sur ce qui se fait d' interessant et un brin moderne en guitare. Ils sont omniprésent sur "Moot!". On rajoute évidemment Steve Albini, Shellac, Fugazi etc etc. Ce post-punk version 90's naviguant entre post-Hardcore, Post Rock et Math-Rock. Avec leur copine également présente derrière Raime les deux gars assument totalement leur parti pris sans aucuns compromis ni faiblesses. Dans le monde électro ils passaient déjà comme des gens à part alors leur choix d' influence par une certaine radicalité ne souffre d' aucun illogisme. Si ils nous offrent une autre porte de sortie que Black Midi et compagnie on peut constater qu' elle est particulièrement complémentaire et peut même avoir une influence prochaine sur la clique poussant fortement derrière les Black Midi. Moin réussit un tour de force par une prise risque que les groupes précédemment cités ont sagement évité. Moin s' empare d' un courant stylistique très précis et appartenant à une époque elle aussi très concise sans tenter l' hybritation d' une palette plus large. Evidemment c' est leur culture électro/dancefloor particulièrement large et sans frontière qui leur donne les capacités d' innover sans s' enfermer dans le pastiche. CONCLUSION Que ce soit avec le dernier Black Midi ou l' échappée "Moot!" des Raime on peut sans prendre de risque qu' en cette année 2021 les guitares ont soldiement repris goût à l' aventure et à un certain sens de l' innovation ou du moins du changement. Gageons que ce ne soit pas un feu de paille emporté à nouveau par une tempête Rétrogaga stérile comme l' industrie musicale nous a malheureusement habitué depuis les années 2000.
- MOIN, réinvention Post Hardcore
A peine plus d' un an après le pénétrant "Moot!" ( ici ) les Raime ( par là) toujours accompagnés de Valentina Magaletti continue de rénover un certain rock et renforce les bases d' un virage artistique radical et totalement réussi. "Paste" poursuit donc la trajectoire entamé par son prédécesseur et confirme amplement que ce projet est en rien une lubie sans conséquence d' une fameuse formation électronique. Le duo Raime qui semble bel et bien avoir abandonné toute velléités électroniques est en train depuis un an de nous offrir l' une des plus belles renaissances artistiques. Evidemment que la réussite du projet Moin repose en partie sur les talents déjà reconnus du duo mais avec ce nouvel album il apparaît encore plus indiscutable le rôle primordial pris par Magaletti. Tout simplement l' une des plus grandes batteuses du moment avec ses influences provenant de la musique concrète et de la No Wave. Les Moin affinent encore plus leurs choix et resserrent encore plus les rangs dans la même direction. Si le premier pouvait parfois sembler hésiter encore celui-ci indique le chemin clairement ce qui à le charme d' amplifier encore plus l' effet de tension. Curieusement, mais peut être pas vraiment par une certaine logique, on a l' impression que leur espèce de mixe de Post Rock, Post Punk et de Post Hardcore tente de revenir à l' essentiel, le New York fin 70's début 80's en pleine No Wave. Les souvenirs de Slint et Fugazi, les héros de leur jeunesse rurale proche de Reading, semblent s' atténuer pour laisser place à un intérêt croissant pour Sonic Youth et une utilisation décomplexée de leur savoir faire électro. L' attrait de Moin qui m' attire le plus, outre la réussite artistique du projet, est ce qu' ils réussissent à produire comme réinvention de vieux courants. Leurs bagages Dark Ambient, Ambient Dub et Post Industriels s' emparent de leur nostalgie et lui filant de bon gros coups de pieds au cul la propulse dans une direction inédites. Magaletti semble systématiquement tenir la barre quand les deux Raime s' occupent des voiles majestueuses de ce navire attaquant sans hésitations les déferlantes d' un océan déchaîné. Il est sûr qu 'avec ces deux-là, leurs maîtrises parfaites dans l' utilisation de sample et dans l' art de la production typique de l' électro, se révèlent être des atouts ultime pour rajouter une tension nouvelle là où des formations au parcours "rock" plus classique seraient incapables de renouveller le genre. Après Girl Band/Gilla Band Moin nous offre encore une fois l' opportunité que tout n' est pas si mal barré pour les guitares et que leur sauvegarde sur les devants de la scène passe par l' ouverture vers les autres courants et surtout d' oublier de leur propre histoire les autoroutes pour préférer les chemins traverses oubliés un temps.
- COBY SEY, l' incroyable remède Post Dépression
Il y a deux sortes d' artistes. Ceux qui déboulent de nul part du jour au lendemain et enfin ceux que l' on a vu arriver en pensant naïvement qu' ils ne seraient qu' un homme ou femme de l' ombre. Vénérés ou sous-estimés et souvent affublés du sentencieux et réducteur "Pôte de l' autre". Entre le produit d' appel pour fans de ses "pôtes" et un bouche trou opportuniste. Coby Sey est bien plus que ça et rappelle par sa destinée appelée à être grandiose un autre type apparu en premier lieu dans l' entourage de mastodontes tel Massive Attack et Portishead, le brave Tricky. Et bien vous savez quoi? Cosey Sey est exactement ça . Le Tricky des 20's. Dans la forme comme dans le fond. Coby Sey fait partie des "Pôte de...". Proche et collaborateur d' une ribambelle d' artistes adorés dans ce blog. Attention la liste donne le tournis tant elle comporte les noms de personnes parmi les plus importantes dans la musique pas comme les autres. Dean Blunt ( ici ), Mica Lévi ( par là) , Tirzah ( là ) et Klein ( par ici ). On l' a vu aussi tournoyer autour de la gentille Kelly Lee Owens ( là ). Sey fait donc partie de la communauté artistique du Sud Est de Londres et le revendique jusqu' à se présenter comme l' étendard de ce mode d' action et de vie. Quand vous entrez dans son "Conduit" sorti chez les adorables AD 93 (label connu ici pour héberger Moin aka Raime, Maxwell Sterling et Pessimist ), vous êtes pris d' effroi face à ces ambiances sombres virant à la claustrophobie. Le propos fait preuve d' une lucidité cassante, le malheur est bel et bien là, mais Sey ne cesse de nous apporter la solution d' une manière ambiguë. Ce sera collectivement et solidairement qu' elle arrivera. La communauté humaine doit se resserrer pour faire face à l' apocalypse qui vient. Quite à punir peut être ceux d' en haut qui cherche par leurs (riches) moyens à s' en exclure et se retrouver entre eux à l' image de l' enclos à bourges "Golden Pit" vu à Rock en Seine ( voir ici ). Avec son phrasé Spoken Word évoquant fortement un Tricky chromé et non enfumé et quelques petites senteurs musicales à peine suggérées il devient clair que ce disque est encore à classer dans ce fantomatique Revival Trip Hop que nous observons depuis quelques mois. Mais comme toujours avec les coups de cœur de ce blog on est bien loin de la resucée infertile et nostalgique. Tri Hop reluquant l' Indus Post Punk suivant les pas du Massive Attack de "Mezzanine" et Tricky perriode "Pre-Millennium Tension" ? Oui mais pas seulement. Comme d' autres de ses contemporains Sey y introduit certaines choses apparues bien plus tard que le milieu 90's. Et c'est peut pour ça que l' on va pas oser l' étiquette Post Trip Hop immédiatement. "Y' a autre chose". De toute façon en interview Sey a accepté le terme de Post Grime. Manière de briser les premiers émois nostalgiques 90's et de rendre le curseur plus aléatoire afin de perdre en chemin les nostalgico-gaga se bornant généralement à une période et un courant bien précis et imperméable au reste. Coby Sey est bel et bien un enfant du Trip Hop et du Grime mais également de tout ce qui a fait l' UK Bass et la culture Dancefloor ces 20 dernières années sans parler de courant encore plus anciens tel le Free Jazz avec un saxo apparaissant régulièrement tout au long de "Conduit". Est venu le moment dans cette chronique de citer encore une fois la Deconstructed Club. Il est clair que Sey retourne le dancefloor jusqu' à y introduire l' enfer de notre quotidien Post Covid après un été écologique catastrophique et avant les solutions néo-libérales d' autruche capitaliste et destructrices socialement. Des éléments Drone et Noise comme du côté des artistes Deconstructed Club omniprésents ici colore la vision de Sey. Mais alors que chez beaucoup on ne reluque qu' un passé de loin à force de vouloir retrouver la nouveauté sonore Sey expérimente d' une façon plus courageuse et bien moins tapageuse et branleuse que le Grime auquel il va être associé en plus du Trip Hop. Un critique britannique a parlé de Boards Of Canada rencontrant Grouper. Effectivement à bien des égards il y a fondamentalement chez lui la volonté de recréer un futur avec sa solution lorgnant sur les bienfaits de la communauté et de la collectivité. Son phrasé qui évite les cris et la vocifération tel les chuchotements et l' intimité d' une Liz Harris de Grouper se marie avec l' emprunt d' élément du passé (Noise, Indus, Hip Hop, Techno, Post Punk, Free Jazz) pour évoquer un futur disparu. Oui je sais, ceux qui savent vous se rappeler de l'un des courants fondateurs du débuts 10's du renouveau artistique et politique en musique, l' Hauntology music. Et je vous conseille que trop d' aller faire un tour dans les archives du blog. Le regard vers le passé et le futur mais les pieds bel et bien plantés dans notre présents urbains à l' instar de tout ce renouveau musical anglais que l' on perçoit et supporte ici. Souvent Mancunien, Space Afrika, Rat Ensemble, Blackhaine, Iceboy Vilet ou d' ailleurs tel les déjà cités Klein, Mica Lévi et Tirzah. Tous enfants ou proches de Sir Dean Blunt. En cette rentrée 2022, qui s' annonce encore plus incertaine et catastrophique que les précédentes après un été où enfin les craintes de certains sont malheureusement apparu aux regards de la majorité, Coby Sey délivre un véritable chef d' oeuvre à la fois tourné vers le passé et novateur, brut et caressant, réaliste et porteur d' espoir, nous entraînant collectivement enfin de l' avant pour lutter et nous sauver.













