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- BEST OF 2025
Et une année de plus. Et encore une année de merde. Cette terrible impression que toute la puanteur refoulée depuis trop longtemps rejaillit et se jette à la face de l' humanité. Je viens de relire le roman d' André Breton, poussé par l' air (vicié) du temps, et je me dis qu' à force de se prendre ce que l'on se prend dans la gueule, toute cette bêtise, cette noirceur, les esprits les plus lucides d' entre nous risquent eux aussi se laisser happer par la folie poétique comme Nadja. Qu' avant d' avoir notre peau ils auront notre âme et notre santé mentale. Et c' est peut être bien ça le pire. Peu de temps avant de rédiger ce top je suis tomber par hasard sur la photo de Léona Delcourt aka Nadja. Son regard semble nous plaindre mais également tenter de nous dire quelque chose. Un regard d' amour mais également parti déjà loin. Un regard à nous faire espérer malgré tout. Et si finalement la réponse pour s' en sortir dans ce monde sentant la mort c' était celle que Nadja avait donné à Breton. " Nadja est le début du mot espérance ce n'en est que le commencement " Une année de plus également pour DWTN. Les chroniques ont repris à peu près le rythme d' autrefois ce qui permet enfin de vous offrir en ce 10 Janvier un vrai top Album. A ce propos, si la publication de ce top est un 10 Janvier ce n' est pas un hasard. Il y a dix ans de ça l' artiste qui m' a le plus donné l' envie de sortir des carcans et d' aller voir à la marge pour ensuite la partager, d' écouter de la "musique pas comme les autres", de mélanger Pop, art, politique et sociale, cet artiste donc, cassait sa pipe. Je parle bien sûr de David Bowie. A l' avenir les Top DWTN seront toujours publiés un 10 Janvier. Cette année encore bon nombre d' artistes relèvent la tête. Des artistes qui observent, critiquent et donnent l' envie de délaisser la médiocrité, la haine, le repli sur soi et le culte du passé. Pour eux il y a belle lurette que les frontières stylistiques ou culturelle ont explosé. Belle lurette que la création musicale se doit d' être en perpétuelle évolution. Ils proviennent de toute la planète. Suffit juste d' oublier nos vieilles manies d' occidentaux. Brésil, Amérique Latine, diaspora Africaine. Les anciennes colonies n' en finissent pas de faire la leçon à ces vieux pays qui sont les nôtres. Saura t on les écouter? Visiblement certains occidentaux comprennent enfin. Ainsi, après des années de Revivals à tout va les soubresauts perçus depuis quelques mois se poursuivent. L' Indie Music moribonde pendant tant d' années offre une nouvelle fois des lueurs d' espoir. Dream Pop, Shoegaze, Trip Hop, Post Rock etc etc etc. En cherchant bien on trouve de jeunes gens prêts à se délester une bonne fois pour toute de la nostalgie analgésique. L' Avant garde elle aussi tient son rôle. Elle s' incruste partout. Elle apparait enfin dans les Top annuels des sites musicaux qui ont la côte. Putain ! Elysia Crampton avec son projet Los Thuthanaca classée numéro 1 du Top de Pitchfork. La blague heureuse de cette fin d' année. Et on vous raconte pas l' article désignant AD93 comme étant le label de l' année. Impensable encore il y a à peine deux ou trois ans. A l'image du géant américain les autres s' y mettent aussi. Malgré quelques traces de la peste Poptimisme (Addison Rae, Lady Gaga) et du choléra Rockist (Wednesday, Geese) une vie plus saine semble reprendre son cours et de vague volonté de progressisme semblent atteindre la presse musicale dans son ensemble. Mais ce n' est peut être que le coup de jus vital qui précède la fin vous suggérera de par son expérience le soignant aguerri. De nouveaux courants apparaissent parfois. De nouvelles façons de faire semblent s' emparer de vieux style et genres. Faut juste lutter contre la paralysie musicale qui semblait devenir de plus en plus précoces. et généralisée ces dernières années. (Un jour faudra vraiment que j' en parle de ce truc, la Paralysie Musicale.) Mais trêve de blablah parce qu' enfin, après quelques années difficiles, je suis fier de vous offrir un vrai et beau Top DWTN . 50 albums et ça aurait pu être plus. Et en guise de cerise sur le gâteau, certaines vieille manies de fin d' année refont surface. Bonnes découvertes! TOP 50 Album KLEIN "Sleep With A Cane" Ce fut un sacré débat dans ma tête. Depuis ses origines j' ai toujours désiré que le numéro 1 des Top annuels ne soit jamais un artiste déjà honoré. Et ce dans un besoin essentiel de renouvellement. Mais seulement voilà. Klein est passée par là et nous a peut être offert son plus bel album. Le plus complet. Le plus abouti. Le plus émouvant et percutant. Et en plus elle le désigne comme une Mixtape et fout le bordel chez les esprits cloisonnés. Ici on s' en fout un peu de l'aspect restrictif des formats et contrairement aux sites qui l'ont apprécié sans le classer on le balance en Number One. 6 ans après l' inusable "Lifetime" Klein est encore l' autrice du grand album de l' année. On en oublierait presque qu 'en début d' année elle avait propulsé les guitares dans le futur avec son autre "album" , "Thirteen Sense". Chronique ici . SUEDE "Antidepressants" Ce pourrait être une belle (ou sale) blague mais ça ne l' est pas. Les allumeurs de la mèche qui fit exploser la bombe réac/rétroGaga Britpop dans les 90's sont classés numéro 2 dans un blog. Un bloc censé conchier tous les bégayeurs stylistiques. Une chose ne trompe pas. Une fois "Antidepressants" terminé l' auditeur préfère le remettre plutot que taper dans la discographie ancienne d' Anderson et compagnie. Chronique ici . LOS THUTHANAKA "Los Thuthanaka" Elysia Crampton c' est comme Klein. A chaque fois on a l' impression de découvrir une pépite. Elle surprend et détruit tout ce que l'on pensait savoir et aimer. Chronique ici . DEBIT "Desaceleradas" On en reparle très vite de l' album le plus hanté de 2025. FEEO "Goodness" Le même choc ressenti qu' à la découverte de Portishead il y a trente ans. La prochaine star d' un certain underground? Chronique ici . HILARY WOODS "Night Criù" Comme pour Debit le temps a manqué pour offrir à cet album la chronique qu' il méritait. Croisée il y a très longtemps au sein des vilains JJ72 elle nous était revenu bien plus fréquentable en optant pour l' Ambient, le Dark et l' Ethereal Wave. Après avoir viré Drone sans parole elle revient à un format de chanson plus classique et devient tout simplement magnifique et émouvante. THESE NEW PURITANS "Crooked" Les premières grandes icones de ce blog sont de retour. Chronique ici . DJ HARAM "Beside Myself" On l' attendait depuis très longtemps parce qu'on savait qu' au sein de 700 Bliss la vraie génie c' était elle et Moor Mother qu' un génial passe plat. Elle n' a pas déçu. Chronique ici CIRCUIT DES YEUX "Halo On The Inside" L' américaine dans le Top annuel, un grand classique également et toujours cette odieuse sous estimation critique. Un jour la vérité éclatera. Chronique ici. XEXA "Kissom" Peut être l' album le plus étrange et inclassable du grand label Prìncipe. De celui ci aussi il faudra en reparler. VARIOUS ARTISTS "Fantologìa" Et oui, dans ce blog on ose tout, jusqu' à classer une compilation d' Hauntology Music dans un Top Album. Chronique ici . MARIA SOMERVILLE "Luster" La Dream Pop revue et corrigée par la nouvelle génération. Chronique ici. AYA "Hexed !" Deconstructed Club un jour, Deconstructed Club toujours! Chronique ici. RAT HEART "Dancin' In The Streets" En fait je ne suis qu' une buse. Pourquoi me direz-vous? Parce que depuis 4 ans Tom Boogizm, le petit génie de Manchester, est l' artiste que j' écoute le plus et pas une seule chronique au compteur. Ne pas trouver le temps de le chroniquer est probablement l' un des plus beaux loupés de ce blog. YHWH NAILGUN "45 Pounds" Le Rock Alternatif/Indie revu et corrigé par la nouvelle génération. Si ça pouvait nous éviter les soirées chiantissimes dans lesquelles les vieux quinquas nous refilent de force du Pixies avarié ce serait bien. Chronique ici. CAROLINE "Caroline 2" Le post Rock revu et corrigé par la nouvelle génération. Chronique ici. MASMA DREAM WORLD "Please Come To Me" Les sorcières nous ont toujours voulu du bien. Chronique ici. ETHEL CAIN "Perverts" & " Willoughby Tucker, I'll Always Love You" Je vous le répète, les sorcières, même ricaines, nous ont toujours voulu du bien. Et avec elle, double dose de potion cette année. 19. CARRIER "Rhythm Immortal" L' Ambient et le Dub revus et corrigés par la nouvelle génération. JOANNE ROBERTSON "Blurrr" Ce disque sent le classicisme au point d' être classé par Pitchfork et même par les ringards Inrocks. Et pourtant. En y regardant de plus près c' est tout un pan de l' avant garde auquel l' auditeur est confronté. Dean Blunt et Mica Lévi sont jamais loin. Quand l' Avant garde devient émouvante comme jamais. Pas chroniqué? Normal. Disque devenu trop intime pour être vraiment partagé. 21. BLAWAN "SickElexir" On sera tous d' accord. Probablement l' une des pochettes parmi les plus moches de l' année. Pigeon multicolore oblige. Mais on sera aussi tous d' accord, la Deconstructed Club est le courant le plus important de ces dernières années et son influence est gigantesque. Chronique ici. JUST MUSTARD "We Were Just Here" Le Shoegaze revu et corrigé par la nouvelle génération. Groupe parmi les plus sous estimés du moment. Chronique ici. NOURISHED BY TIME "The Passionate Ones" Voulez vous changer le monde et par la même occasion faire l' amour à l' être adoré? Ce qui vous en conviendrez revient à la même chose. Non? Voilà le disque qu' il vous faut. Chronique ici. 24.MARUJA "Pain To Power" On en voulait plus du Rap Rock et surtout de se faire encore une fois pourrir une soirée par un quinqua qui nous balance du Rage Against The Machine périmé. Mais ça c' était avant l' introduction de Post Rock et Post Punk dans la vieille recette. Manchester vient de prendre une autre direction. Plus radicale. Chronique ici. ONEOHTRIX POINT NEVER "Tranquilizer" Alors oui c' est l' une des plus hideuses pochettes 2025 encore une fois. Mais Daniel Lopatin est lui aussi une icone de ce blog à qui on pardonne beaucoup. Pas de chronique à son sujet mais je peux vous assurez qu' un jour on reviendra sur cet album. Long en bouche il ne cesse de délivrer des vérités cachées depuis sa sortie et il faut parfois laisser le temps pour pleinement comprendre un disque. La seule chose de sûr est qu' avec celui-ci Lopatin semble être revenu aux glorieuses origines (les eccojams) et bien lui en a pris. AUTHENTICALLY PLASTIC "Rococo Ruine" ( Voir ici ) DJ K "Radio Libertadora !" ( voir ici ) NO JOY "Bugland" ( voir ici ) THEY ARE GUTTING A BODY OF WATER "Lotto" ( voir ici ) SLIKBACK "Attrition" ALPHA MAID "Is This A queue" ( voir ici ) JASMINE GUFFOND "Muzak For The Encouragement Of Unproductivity" OKLOU "Choke Enough" SQUID "Cowards" ( voir ici ) BENJAMIN BOOKER "Lower" ( voir ici ) NAZAR "Demilitarize" ( voir ici ) JAMES K "Friend" WATER FROM YOUR EYES "It's A Beautiful Place" KATHRYN MOHR " Waiting Room" ( voir ici ) BETTY HAMMERSCHLAG "Fake Girl" ( voir ici ) THE NEW EVES "The New Eves Is Rising" ( voir ici ) BRÌDGE CHAIMBEUL "Sunwise" MALIBU "Vanities" DANIA "Listless" ( voir ici ) VOICE ACTOR & SQUU "Lust" ( voir ici ) RAINY MILLER "Joseph, What Have You Done?" AKIRA UMEDA & METAL PREYERS "Clube Da Mariposa Mòrbida" ( voir ici ) ALE HOP & TITI Bakorta "Mapambazuko" ( voir ici ) TRAXMAN "Da Mind Of Traxman Vol.3" ( voir ici ) SMERZ "Black City Life" TOP MONUMENTS HISTORIQUE Cosey Fanni Tutti Aussi beaux que l' architecture moderne même si c'est pas toujours révolutionnaire. Mais! Ça tient et ça tiendra toujours la route. Surtout, que la jeunesse prenne garde de ne pas y squatter trop longtemps. Eux, ils savent faire, vous les jeun's, prenez modèle mais surtout surtout, NE PAS COPIER, ça ferait du Made in China pour nouveaux riches. Vivez votre temps et préparez le futur! COSEY FANNI TUTTI "2t2" STEREOLAB "Instant Holograms On Metal Film" PULP "More" TOP FAILLES SPATIO-TEMPORELLES Geese Ils sont jeunes (ou parfois vieux) et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2025 et on les aime non sans gène. Faut vivre avec le futur! GEESE "Getting KIlled" HOTLINE TNT "Raspberry Moon" HORSEGIRL "Phonetics On And On" DJ ELMOE "Battle Zone" ACOPIA "Blush Response" ON SAIT PAS QUOI EN FAIRE C' est bon ou c' est mauvais? Est-ce qu' on aime pour de bonnes raisons ou pour des mauvaises? Dans le doute on en parle un peu mais sans en faire trop. ANNA VON HAUSSWOLFF "Iconoclasts" BLACK COUNTRY, NEW ROAD "Forever Howlong" KARA-LIS CORVERDALE "From Where You Came", "A Series Of Action In A Sphere Of Forever" LABEL DE L' ANNEE Le label londonien n' en fini plus d' épater en signant le meilleur. Entre l' avant garde et une certaine vision Pop moderniste, AD93 est devenu ces trois dernières années une balise dans la musique. Rien que pour 2025 YHWH Nailgun, Joanne Robertson, James K, Valentina Magaletti & YPY et la découverte Tracey ont succédé à Moin, le disque de 2024. Carton plein. LE SINGLE PROMETTEUR The Orchestra For Now Il aura suffit d' un titre, "Skins", pour que je me rue sur le single de trois titres. Puis sur le second. J' en ai déjà beaucoup parlé ( ici ) mais ce groupe est un vrai coup de cœur. 2026 verra probablement leur premier album et la magie risque disparaître alors en attendant savourant ce Prog Rock remis à neuf.
- KLEIN, merveilleux mariage de l' Ambient avec le Blues pour un chef d' œuvre de plus.
L' année avait débuté avec l' étourdissant chaos de "Thirteen Sense" et on se demandait bien comment l' icone de l' avant garde anglaise, l' une des stars de ce blog, pouvait clôturer en beauté 2025. Un autre album génial? Une série de singles tonitruants? Un Ep étrangement ensorceleur? Ce sera une mixtape. Et quelle incroyable mixtape. Probablement l' une de ses meilleurs œuvres. Au risque de me répéter mais je vais une nouvelle fois l' écrire. Klein est, depuis 10 ans, l' artiste la plus importante de l' avant garde musicale. De ces très rares artistes qui dépasse le simple carcan de leur art. Des noms servant d' exemples pour être plus clair? Deux suffiront. David Lynch, Arthur Rimbaud. Avec elle on navigue en permanence entre le génie et la virtuosité. Elle vous fera aimer des sons que vous détesteriez chez les autres. Vous amènera à penser et à apprécier différemment. Et toujours elle vous perturbera jusqu' à vous changer définitivement. Les disques s' accumulent, 11 albums, deux mixtapes, 6 eps, près de 40 singles. En seulement 9 ans. Et jamais une déception en découvrant ses œuvres. Jamais une once de lassitude. Toujours un émerveillement et cette question. Comment fait-elle ? Comment est-ce possible autant d' inventivité? Comment peut- elle défier toutes les barrières stylistiques et à chaque fois se positionner dans le peloton de tête du genre utilisé. Genre détourné, réinterprété à sa seule et unique façon, puis finalement, totalement renouvelé. Comment réussi-t-elle à se régénérer à chaque fois. "Sleep With A Cane" est comme je l' écrivais plus haut une mixtape selon ses dires. Après un rapide coup d' œil je ne l'ai pas vu apparaître dans les classements mondiaux de fin d' année. Et les chroniques sur le net ne dépassent même pas le chiffre de 10. Normal. La presse musicale écrite ou numérique, se noyant depuis trop longtemps dans un conformisme et des vieilles coutumes périmées, a tout simplement fait l' impasse jugeant que l' œuvre n' appartenait pas à la catégorie Album. Pauvre conne. Elle passe juste à côté de l' un des grands disques de l' année. Avec "Sleep With A Cane" Klein revient à ses affinités Ambient comme jamais auparavant. Sa vision du courant n' a jamais été étroite tant elle en a toujours créé en ne cessant de l' alimenter d' autres styles. Mais cette fois-ci sa musique atteint un No man's land inconnu. Mieux. Elle crée un style nouveau que l'on peut, et je ne suis pas le seul, nommer comme de l' Ambient Blues Folk. A vrai dire on va revenir à ce que j' écrivais il y a près de 9 ans à son sujet. Elle marie à merveille le Folklore urbain, le Rap, le RnB, l' expérimentation, la culture Pop etc etc etc, pour nous offrir une Ambient mutante. Révolutionnaire. Encore une fois cette londonienne fait ce qu' elle sait faire de mieux. Exploser les cloisons, démocratiser ce qui était réservé aux festivals de musiques expérimentales et à l' université en le trainant dans la rue. Dans la vraie vie. Celles qui n' est pas feutrée, déconnectée, faussée. Elle le dit. Le hurle ou le chuchote. Et démontre toute la nécessité et la pertinence à chaque fois. L' Ambient, l' expérimentation, doivent aller dans la rue. Les faire se rencontrer après qu' on les ait séparé. Avec elle l' Ambient n' est pas simplement propice à un repli sur soi. C' est le monde qui entre en nous. C 'est un vrai esprit libre comme je les aime. Capable d' idées totalement "normales", "évidentes", pour certains d' entre nous. Mais totalement bizarres pour beaucoup d' autres. Elle n' a pas de limites sauf celles de la médiocrité, du tape à l' œil et du conformisme. L' une de ses phrases que j' adore est celle-ci: "J' aimerai entendre un harmonica dans un club de Strip Tease" C 'est un véritable slogan. artistique, spirituel et politique. Debord en aurait tant à dire. C 'est une démonstration absolue de liberté créatrice pendant 90 minutes. Comme toujours sa palette comporte des B.O, des enregistrements du quotidien, des extraits provenant des médias et son talent de multi instrumentiste et de productrice révolutionnaire. Oubliez les guitares Glitch de "Thirteen Sense " et "Marked". Les sonorités saccadées et bourdonnantes. Sa musique devient plus fluide et évolutive. Plus planante, vaporeuse, éthérée mais toujours aussi prenante. Des six cordes planent toujours sur la musique de Klein mais ce sont celles du blues. Pas celles de l' Heavy Metal, du Shoegaze ou du Noise. Le synthé marque son (faux) grand retour. Le piano et (donc) même un harmonica venu de nul part vont vous prendre à la gorge comme jamais. Quelques notes, un idée primitive tel une étincelle de génie qu' elle attise, alimente de ses pensées et réflexions, qu' elle ressasse à nouveau, puis décortique et réassemble jusqu' à atteindre une tension extrême qui mènera à une implosion et la dissolution inévitable dans un vide interstellaire. Sa musique alterne justement entre l' éternité et l' instant présent. L' auditeur semble passer d' un documentaire philosophico scientifique à un reportage journalistique ou serait-ce alors un journal intime. Comme si nous apprenions l' existence de ces étrangetés que sont les trous noires, que nous partions à la découverte des astres lointains, semblions étudier le Big Bang et ses conséquences puis, c' est un quotidien des plus banals que nous rencontrons. Son intimité et la notre. Elle nous parle du bien être ressenti d' être en famille, choisie ou pas (amitié), et de la peur de tous de ne pas appartenir ,ou d' appartenir, à un groupe. Le quotidien des noires d' Angleterre, celui des autres, l' état de surveillance à outrance, les violences policières, la paranoïa, le stress, les médias condescendants qui attisent les deux derniers nommés. Il y a tout ça dans cette musique. Klein dit vouloir , et nous faire atteindre, une "conscience ouverte". Pour cela elle s' attaque à la tonalité, au contenu et à la mélodie. Elle les change sans cesse. Parfois d' une manière si subtile que l' auditeur en se retournant constatera une immensité entre son point de départ et celui d' arrivée. Si ce n' est un gouffre. Comment ces drones en apparence si répétitifs cachent autant de chamboulements, de trajectoires changeantes et mouvantes. De virages à 180°. Cette musique en appelle aux émotions, aux pensées, aux avis parfois si contradictoires qui peuvent se succéder rapidement. A cette confrontation sans fin entre conscient et inconscience. Cette musique a un petit quelque chose de l' Hauntologie Music avec ses grésillements et ses emprunts aux médias. Klein nous en livre une version dénuée de nostalgie car c' est au présent qu' elle s' attaque avec les us et coutume de l' Hauntology. Elle admet par leur utilisation la notion de renouvellement parce que se souvenir c' est surtout se remémorer. Parfois ce sont des bruits parasites évoquant ceux du "Perverts" d' Ethel Cain donc évidemment Lynchiens. Le renouvellement concerne aussi les peurs d' autrefois. A moins qu' elles ont toujours été présentes dans les profondeurs et qu' elles ne réapparaissent qu 'en plein jour à présent. Klein par sa musique veut atteindre la sérénité nécessaire à tout combat en ne cessant de dénoncer. Comme Rimbaud et Lynch elle est une romantique qui se confronte aux déchirures du passé et du présent. Elle veut aider au futur. Sortir de l' art prétendument politique ou apolitique pour une politique par l' art et la poésie. Si parfois cela s' est entendu à vrai dire Klein n'a jamais fait de musique à proprement parlé Lynchienne comme on le sous entend d' autres et pourtant. Son univers sonore m' apparait être le pendant musicale des films de l' américain. Ça ne ressemble à rien parce que ça ne donne pas la béquée au "spectateur" comme disait Lynch. Oui sa musique comme les films de l' autre entraîne de très vives réactions. Du rejet même. De la polémique. Mais une fois évacué les appréhensions, comme elle panse et pense, gratifie et aide. Une nouvelle fois Klein nous invite à un rêve éveillé. Elle réussit à nous déconnecter par sa musique pour mieux imprégner nos esprits d' une humanité rare. Prodigieux et guérisseur. Je vous parlais de Blues et de Lynch. Clip du même titre version acoustique.
- OLIVER COATES ou, un violoncelle sur le Dancefloor.
Violoncelle + Dancefloor= ? Oui je sais ! Les vrais aventuriers et les petits scarabées tombés de la dernière pluie (les inédits de "Corn") vont prononcé le nom magique de l'un des musiciens des 80's le plus sous-estimé et connu. Arthur Russel. Bien sûr que l'on va y penser fortement en découvrant le magnifique "Upstetting". Mais pas seulement. Oliver Coates dépasse largement le statut de simple suiveur recopiant le natif de Iowa. Par exemple, et en règle générale les deuxièmes ne la connaissent pas, dès qu'il faut parler de violoncelle novateur car sans oeillère "classique" et également trouver une autre référence dans la façon de travailler de Coates c'est la copine de Russian Circle et Mono qu'il faut connaître, Helen Money. Oliver Coates nous offre l'un des plus beaux cadeaux de cette année 2016. Un machin entendu nul-part et qui va resté durablement dans les panthéons de l'innovation musicale. Cordes classique + électro Oui je sais ! Les vrais aventuriers et les petits scarabées vont prononcé le nom des Islandais de Kiasmos. C 'est vrai que récemment ce sont eux qui ont remis au goût du jour ce mariage pas si improbable que ça. Aucun mariage n' est improbable en musique. Nos deux Kiasmos passent pour de gros bourrins un brin m'as-tu vu et franchement peureux face à Coates. Bien sûr qu' ils sont loin de cette description nos gars nordiques mais Oliver Coates fait tellement dans l' infini détail, dans la quête du son inconnu et dans les carambolages osé que l'on est obligé d' être tenter de voir exagérément les choses comme ça. Là où les Kiamos et d' autres se contentais d' utiliser les cordes "comme aux classiques" Coates maltraite, ausculte à la recherche du moindre son original son instrument et n' en joue surtout pas comme à l' école de musique. Et que ça pince, ça frotte et ça tape sur le bidule. Et c'est pas finit. Un peu comme un Colin Stetson en mode exploration de son saxo mais surtout un peu vachement beaucoup comme bon nombre d' expérimentateurs électro. Parce que voyez-vous brave gens, non seulement il tire de son malheureux instrument des sons rares, monsieur, tel un Ash Koosha ou M.E.S.H, vous les balance dans l' univers numérique en mode compressage. Tout l' intérêt du disque ne réside pas seulement dans l' artisanat 2.0 du musicien. Il y a aussi ce qu'il en sort. Et c'est un monde immensément vaste et riche. Oliver Coates nous explique que l' enregistrement de "Upstetting" s' est fait en plusieurs temps et fut marqué par bon nombres d' événements. D 'abord c 'est un mariage et un voyage de noces à New York. Retour à Londres et pan! Monsieur et madame Coates retrouve leurs appartement inondé et c'est parti pour les chambres d' amis et les hôtels londoniens sordides. Mais c' est pas tout. Y'a pas que dans sa vie privé que ça a été un brin perturbé au point d' avoir une influence certaine sur sa musique. Grand musicien classique réputé mondialement il est amené à pas mal partir voir chez les autres. Mais parfois il est au mauvais endroits, au mauvais endroits. Dans la ville du Caire quand l' Egypte décide de bombarder Daesh ou à Honk Kong pour qu' il observe les violences policières face aux manifs d' étudiants. Après tout ça fatalement ,il en avait des trucs à raconter. Il en avait vu des paysages, visuels ou sonores, à dépeindre. Tout le disque est truffé de la richesse et des souffrance du monde. Jamais on y retrouve ses petits et c' est une véritable malle aux trésors remplie de trouvailles insoupçonnée. Quand "Innocent Love" balance Arthur Russel (ce sera la seule fois que l'on peut le citer comme ressemblance) et qu'il nous le fout dans l' orchestre jouant les corde d'un Massive Attack alors déjà on a un peu largué les amarres du train-train. D'ailleurs Coates a joué pour Massive Attack. Il est aussi pote avec Mica Levi. Le monde du talent est bien petit. "Timelaps (Walrus)"c 'est le dernier trip House de l' Haçienda pour le triste jour de sa fermeture. Donc franchement léger et minimaliste. En fait Coates nous fait croire que ces gros branleurs de Factory ont du pousser Durutti Column à faire de la House de force et sous amphet. Coates prend le footwork et ses fameux beats sous-marins pour les associer à la mélancolie héroïque d' un Nils Frahm. Plus loin cette musique sans nul autre pareil passera par tout ce qu'il peut se faire sur terre. Ira dans tous les sens interdits. Un titre calme vraiment "classique" pour se reposer et en avant pour la science "dark" fiction de "The Irish Book Of Death & Flying Ships" pour finalement faire coucou à l' Afrique de "Stash". Oliver Coates en à peine 7 titres vient de nous ouvrir les portes d'un merveilleux Dancefloor inconnu pour une fiesta planétaire des sens.
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