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DANCING
WITH
THE
NOISE

Gary "Mani" Mounfield
1962-2025
(The Stone Roses & Primal Scream)

Music Blog
& OTHER

KLEIN, merveilleux mariage de l' Ambient avec le Blues pour un chef d' œuvre de plus.


L' année avait débuté avec l' étourdissant chaos de "Thirteen Sense" et on se demandait bien comment l' icone de l' avant garde anglaise, l' une des stars de ce blog, pouvait clôturer en beauté 2025. Un autre album génial? Une série de singles tonitruants? Un Ep étrangement ensorceleur?

Ce sera une mixtape. Et quelle incroyable mixtape.

Probablement l' une de ses meilleurs œuvres.


Au risque de me répéter mais je vais une nouvelle fois l' écrire. Klein est, depuis 10 ans, l' artiste la plus importante de l' avant garde musicale. De ces très rares artistes qui dépasse le simple carcan de leur art. Des noms servant d' exemples pour être plus clair? Deux suffiront.

David Lynch, Arthur Rimbaud. Avec elle on navigue en permanence entre le génie et la virtuosité. Elle vous fera aimer des sons que vous détesteriez chez les autres. Vous amènera à penser et à apprécier différemment. Et toujours elle vous perturbera jusqu' à vous changer définitivement.


Les disques s' accumulent, 11 albums, deux mixtapes, 6 eps, près de 40 singles. En seulement 9 ans. Et jamais une déception en découvrant ses œuvres. Jamais une once de lassitude. Toujours un émerveillement et cette question. Comment fait-elle ? Comment est-ce possible autant d' inventivité? Comment peut- elle défier toutes les barrières stylistiques et à chaque fois se positionner dans le peloton de tête du genre utilisé. Genre détourné, réinterprété à sa seule et unique façon, puis finalement, totalement renouvelé. Comment réussi-t-elle à se régénérer à chaque fois.


"Sleep With A Cane" est comme je l' écrivais plus haut une mixtape selon ses dires. Après un rapide coup d' œil je ne l'ai pas vu apparaître dans les classements mondiaux de fin d' année. Et les chroniques sur le net ne dépassent même pas le chiffre de 10. Normal. La presse musicale écrite ou numérique, se noyant depuis trop longtemps dans un conformisme et des vieilles coutumes périmées, a tout simplement fait l' impasse jugeant que l' œuvre n' appartenait pas à la catégorie Album. Pauvre conne. Elle passe juste à côté de l' un des grands disques de l' année. Avec "Sleep With A Cane" Klein revient à ses affinités Ambient comme jamais auparavant. Sa vision du courant n' a jamais été étroite tant elle en a toujours créé en ne cessant de l' alimenter d' autres styles. Mais cette fois-ci sa musique atteint un No man's land inconnu. Mieux. Elle crée un style nouveau que l'on peut, et je ne suis pas le seul, nommer comme de l' Ambient Blues Folk. A vrai dire on va revenir à ce que j' écrivais il y a près de 9 ans à son sujet. Elle marie à merveille le Folklore urbain, le Rap, le RnB, l' expérimentation, la culture Pop etc etc etc, pour nous offrir une Ambient mutante. Révolutionnaire. Encore une fois cette londonienne fait ce qu' elle sait faire de mieux. Exploser les cloisons, démocratiser ce qui était réservé aux festivals de musiques expérimentales et à l' université en le trainant dans la rue. Dans la vraie vie. Celles qui n' est pas feutrée, déconnectée, faussée. Elle le dit. Le hurle ou le chuchote. Et démontre toute la nécessité et la pertinence à chaque fois. L' Ambient, l' expérimentation, doivent aller dans la rue. Les faire se rencontrer après qu' on les ait séparé.

Avec elle l' Ambient n' est pas simplement propice à un repli sur soi. C' est le monde qui entre en nous.

C 'est un vrai esprit libre comme je les aime. Capable d' idées totalement "normales", "évidentes", pour certains d' entre nous. Mais totalement bizarres pour beaucoup d' autres. Elle n' a pas de limites sauf celles de la médiocrité, du tape à l' œil et du conformisme. L' une de ses phrases que j' adore est celle-ci:

"J' aimerai entendre un harmonica dans un club de Strip Tease" C 'est un véritable slogan. artistique, spirituel et politique. Debord en aurait tant à dire.


C 'est une démonstration absolue de liberté créatrice pendant 90 minutes. Comme toujours sa palette comporte des B.O, des enregistrements du quotidien, des extraits provenant des médias et son talent de multi instrumentiste et de productrice révolutionnaire.

Oubliez les guitares Glitch de "Thirteen Sense " et "Marked". Les sonorités saccadées et bourdonnantes. Sa musique devient plus fluide et évolutive. Plus planante, vaporeuse, éthérée mais toujours aussi prenante. Des six cordes planent toujours sur la musique de Klein mais ce sont celles du blues. Pas celles de l' Heavy Metal, du Shoegaze ou du Noise. Le synthé marque son (faux) grand retour. Le piano et (donc) même un harmonica venu de nul part vont vous prendre à la gorge comme jamais.

Quelques notes, un idée primitive tel une étincelle de génie qu' elle attise, alimente de ses pensées et réflexions, qu' elle ressasse à nouveau, puis décortique et réassemble jusqu' à atteindre une tension extrême qui mènera à une implosion et la dissolution inévitable dans un vide interstellaire. Sa musique alterne justement entre l' éternité et l' instant présent. L' auditeur semble passer d' un documentaire philosophico scientifique à un reportage journalistique ou serait-ce alors un journal intime. Comme si nous apprenions l' existence de ces étrangetés que sont les trous noires, que nous partions à la découverte des astres lointains, semblions étudier le Big Bang et ses conséquences puis, c' est un quotidien des plus banals que nous rencontrons. Son intimité et la notre. Elle nous parle du bien être ressenti d' être en famille, choisie ou pas (amitié), et de la peur de tous de ne pas appartenir ,ou d' appartenir, à un groupe.

Le quotidien des noires d' Angleterre, celui des autres, l' état de surveillance à outrance, les violences policières, la paranoïa, le stress, les médias condescendants qui attisent les deux derniers nommés. Il y a tout ça dans cette musique.


Klein dit vouloir , et nous faire atteindre, une "conscience ouverte". Pour cela elle s' attaque à la tonalité, au contenu et à la mélodie. Elle les change sans cesse. Parfois d' une manière si subtile que l' auditeur en se retournant constatera une immensité entre son point de départ et celui d' arrivée. Si ce n' est un gouffre. Comment ces drones en apparence si répétitifs cachent autant de chamboulements, de trajectoires changeantes et mouvantes. De virages à 180°.

Cette musique en appelle aux émotions, aux pensées, aux avis parfois si contradictoires qui peuvent se succéder rapidement. A cette confrontation sans fin entre conscient et inconscience. Cette musique a un petit quelque chose de l' Hauntologie Music avec ses grésillements et ses emprunts aux médias. Klein nous en livre une version dénuée de nostalgie car c' est au présent qu' elle s' attaque avec les us et coutume de l' Hauntology. Elle admet par leur utilisation la notion de renouvellement parce que se souvenir c' est surtout se remémorer. Parfois ce sont des bruits parasites évoquant ceux du "Perverts" d' Ethel Cain donc évidemment Lynchiens. Le renouvellement concerne aussi les peurs d' autrefois. A moins qu' elles ont toujours été présentes dans les profondeurs et qu' elles ne réapparaissent qu 'en plein jour à présent. Klein par sa musique veut atteindre la sérénité nécessaire à tout combat en ne cessant de dénoncer. Comme Rimbaud et Lynch elle est une romantique qui se confronte aux déchirures du passé et du présent. Elle veut aider au futur. Sortir de l' art prétendument politique ou apolitique pour une politique par l' art et la poésie. Si parfois cela s' est entendu à vrai dire Klein n'a jamais fait de musique à proprement parlé Lynchienne comme on le sous entend d' autres et pourtant. Son univers sonore m' apparait être le pendant musicale des films de l' américain. Ça ne ressemble à rien parce que ça ne donne pas la béquée au "spectateur" comme disait Lynch. Oui sa musique comme les films de l' autre entraîne de très vives réactions. Du rejet même. De la polémique. Mais une fois évacué les appréhensions, comme elle panse et pense, gratifie et aide.


Une nouvelle fois Klein nous invite à un rêve éveillé. Elle réussit à nous déconnecter par sa musique pour mieux imprégner nos esprits d' une humanité rare. Prodigieux et guérisseur.



Je vous parlais de Blues et de Lynch.

Clip du même titre version acoustique.





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