REVIVAL BRITPOP 2025: Oasis, Pulp et ... Quand le meilleur groupe Britpop actuel ne fait pas justement de la Britpop.
- Jojo Lafouine
- 14 déc. 2025
- 16 min de lecture

A ce qu' il parait, surtout de l' autre côté de la Manche, on aurait vécu un revival Britpop cet été. Ce qui a lancé cette idée c' est évidemment le Come Back scénique d' Oasis au succès démesuré. Plus ou moins par opportunisme, ou par hasard, une tripotée de groupes affiliés à la Britpop ont suivi les Gallagher et ont essaimé dans les festivals estivales.
Je pourrai détourner le regard en bon anti rétrogaga que je suis, mais parfois il faut faire preuve de perspicacité et tenter d' y voir plus clair. C' est plus complexe qu'il n' y parait.
Toujours quand on parle de Britpop. Ou encore plus flippant? Le caillou dans ma chaussure de fan de musique progressiste cette foutue Britpop et depuis trente ans.
Complexe surtout parce qu'aux côtés des come back scéniques nous avons eu aussi des retours discographiques bien plus passionnant artistiquement.
Alors soyons claire immédiatement au sujet d' Oasis et des autres avec leurs concerts affichant complets. A mes yeux il s' agit bien plus d' un évènement sociétale que musicale. Un truc à prendre très au sérieux. Pas à dégager à la va vite d' un revers de la main comme bien de sujets contemporains un tantinet gênants car angoissants et symboliques de notre époque. Enfin j' aimerai qu' il n' y ait pas trop de conséquence artistiques mais je sais bien que de par le monde, des gamins vont pas pouvoir s' empêcher de plagier Oasis. Ce qui est assez ironique. Plagier un plagiat dirons les mauvaises langues un brin réductrices. Pas tout à fait faux. Va y avoir des conséquences et rien nous prouve qu' elles vont être bénéfiques. Et les industries musicales et médiatiques, comme toujours, de pousser au crime revivaliste.
Et c' est pour tout ça que le revival Britpop a droit à un article en cette fin 2025. Finalement il valide 13 ans de blog. Oui on a un gros problème avec la nostalgie et depuis fort justement la Britpop. Oasis et consort ont fini de mettre la mauvaise graine réac antiprogressiste dans les musiques dites alternatives et mainstream. Mais ils n' ont pas été les seuls et l' accueil du Come Back par certaines virulences à l' égard des deux frangins et la Britpop interpelle. Par exemple pourquoi le Garage Rock Revival des Strokes, White Stripes, Libertines ou The Hives n' a pas entraîné autant de critique anti nostalgie? Comme également le Revival Dance Punk de LCD Soundsystem ou Franz Ferdinand ? Et que penser d' Amy Winehouse et de sa Soul si vintage au possible. Si déconnectée en 2006 a vrai dire.
Alors maintenant que l'on a affaire à ce tant redouté revival Britpop a-t-on devant nous une bonne nouvelle? Comme si une boucle serait enfin bouclée? Et si ce n' est pas le cas peut on s' en sortir?
Y'a t-il un groupe Britpop qui a trouvé une solution? Qui était la solution justement? OASIS, Simple Come Back réac ?

La réponse est tout sauf simple.
Pour beaucoup ce retour a été associé à la face sombre du phénomène Oasis. Mais déjà, et pour l' avoir vécu comme on va le voir plus bas, il n' en a pas toujours été ainsi à leurs débuts.
Je parle bien sûr de l' aspect réac de leur musique comme celui viriliste de leurs comportements alliant ou sous entendant homophobie et racisme. On ne peut que valider cette vision à partir de 96 et l' influence qu'a eu par la suite ce groupe sur la société et la vie culturelle Britannique. Oui Oasis a été une fenêtre d' Overton réac, volontairement ou pas, qui a permis en partie les provocations pourries de certains acteurs médiatiques tel ce grand connard de Jeremy Clarkson de Top Gear (ici). Et parlons pas d' une probable, mais faible, influence sur le Brexit. Observez bien mes chers compatriotes français, chez nous c' est pas Oasis mais d' autres (Trois Café Gourmand pour la version niaise, Michel Sardou ou Patrick Sébastien pour la version crue). Il faut aussi bien se rendre compte que derrière ces critiques justifiées il y avait également, et toujours, un fort relent de racisme de classe à l' égard des deux prolos Mancuniens. Ce qui est aussi valable en France ainsi Hanouna n' est-il pas simplement que la version prolo Beauf raciste du bourgeois Quotidien raciste socialement de Yann Bartes?
C 'est un fait que je constate encore de nos jours. Une vision bourgeoise continue d' égratigner, de caricaturer et de vilipender Oasis alors qu' à y regarder de plus près l' aspect réac de leur musique n' a rien à envier à celui de Blur ou d' autres à la même époque. Et pourtant. Blur s' en sort mieux et je pourrai vous ressortir les interviews de Damon Albarn et vous seriez assez surpris de certaines positions égocentriques et réac musicalement.
Mais ce qui s' est observé cet été est bien différent. Pour cela il fallait commencer par observer leur publique. Alors oui il y avait pas mal de quadra ou quinqua bedonnant la bière à la main qui beuglaient les refrains. Mais pas que. Les trois cinquièmes dixit la presse Brit. L' assistance n' était pas si fortement majoritairement masculine qu' attendue. Loin de là. Beaucoup de femmes. Pas non plus très âgé ce publique. Certains observateurs anglais ont parlé de "véritable catharsis intergénérationnelle" (par là). Même si on ne se doute pas que la jeunesse des certains mâles n' empêche pas les tendances débiles liées au masculinisme.
Comment alors cela pouvait-il être de la sorte cet accueil très diversifié dans sa composition alors que la caricature veut depuis 30 ans nous faire penser qu' Oasis n' est qu'un truc de vieux (ou jeunes) cons, blancs, réac et racistes? Si en plus on scrute les réseaux certains vont pas s' en remettre devant l' âge et le sexe de certaines fans assez actives.
Des gamines assez féministes et souvent métisses !
Dans certains stades les observateurs ébahis ont donc constaté cette improbable confrontation pacifique de la culture machiste Lads 90's avec le monde et les aspirations Post Me Too de 2025. Cette poussée de fièvre chez certains jeunes et femmes peut elle simplement être le signe de repli nostalgique vers une époque glorifiée faussement?
On pourrait le penser et ça c' est déjà vu. On peut très bien imaginer qu' il ne s' agirait que de blanches racistes regrettant le bon vieux temps où les charts n' étaient pas squattés par le R'n'b et le rap.
Alors quid de ces filles métisses des USA, de Santiago du Chili, d' Australie et des cités anglaises qui se ruèrent aux concerts? Ou bien?
La nouvelle génération de fan ne cherche-t-elle pas finalement la même chose que ce que le jeune type corrézien alors âgé de 20 ans qui écrit ces mots s' était mis en quête en 1994? Oasis, pour moi et d' autres, autrefois comme maintenant, c' était pas que ça. Les paroles de Noel, aussi caricaturaux, clichés et simplistes qu' elles étaient, répondaient à nos aspirations bien plus saines et heureuses que ce j' ai décrit plus haut. Des mots portés par une musique certes fruit d'un simpliste assemblage d' influences mais d' une puissance absolument ravageuse.
Oasis en 1994-1995 ce n' était donc pas qu'un repli culturel rétrogaga. C' était aussi une volonté confuse mais sincère de changer le monde comme l' avaient réalisé (en partie) leur deux influences principales, The Beatles pour l' art du songwriting et les Sex Pistols pour la déflagration sonore Punk.
Une pensée radicale au sens politique. Leurs chansons exprimaient un désir de solidarité après l' individualisme Néo-libéral du Thatchérisme. Les instants de communion collective de 95 comme ceux de 2025 illustrent cela assez bien.
Une volonté d'une meilleur démocratie dans laquelle les classes ouvrières pouvaient enfin espérer un quotidien meilleur après des années de mépris, de casse sociale et sanitaire.
Et c 'est bien cela que probablement les jeunes générations recherchent. Elles ont flairé la même odeur de souffre révolutionnaire que moi en 1994. Et cette odeur malgré toutes les conneries Gallaghiennes et médiatiques agissants tel des désodorisants masquant n' a pas disparu.
C' est donc aussi une certaines affirmation de désirs de changement sociaux économiques et sociétaux dans une société sous domination du Capitalisme tardif mâle et blanc. Le soubresaut d' un camp dans la lutte de classe qui, malgré tout ce qu' a pu mettre en place la classe dominante (souffler sur les braises des tensions ethniques et jouer du racisme sociale), n' a jamais cessé
de demeurer bien présent dans les esprits.
Alors on verra bien ce que ça donnera tout ça mais au moins profitons de ces rares instants de réelle communion inter générationnelles, ethniques et sociales.
PULP, agréable retour sans trop de nostalgie.
Il y a de ces retours qui amènent avec eux une forte appréhension. Vont-ils ne pas être pitoyables ? Avoir mal vieilli? Pire. Des retrouvailles inutiles ne risquent elles pas finalement de faire blêmir les beaux souvenirs. De les parasiter. Et que ces souvenirs étaient grandioses car Pulp n' était rien d' autre que le meilleur groupe Britpop. Oubliez la pathétique guéguerre Blur Vs Oasis que l'on vous a raconté à longueur de documentaires. Ces deux groupes arrivent en quatrième ou cinquième position dans mon cœur.
Pulp pour son retour discographique a évité deux écueils. Celui de faire du Pulp de 95. Cet étrange hybride Indie Disco terriblement aguicheur et pervers. Ou alors d' assumer cyniquement d' être devenus d' anciens combattants se contentant de faire fructifier l' héritage sans chercher à évoluer.
Et pour ça, Jarvis Cocker qui fut l' un des rares cerveaux Britpop, possède la réponse. La même depuis plus de 40 ans. Du cul, du cul, du cul. Mais du cul de gauche ! Le sexe morbide, rigolo ou triste, comme outil de lutte des classe.
Dans "Spy" on se souvient avec délectation d' un Jarvis rêvant qu' un bourge qu' il cocufie le surprenne avec sa moitié en plein acte. On évitera de trop évoquer le voyeurisme pervers de "Babies" qui choque encore même un rude comme moi. Le coup du type caché dans une armoire qui observe sa sœur le faire avec un garagiste, franchement Jarvis!
C 'était ça l' arme secrète de Pulp. Celle qui infiltra les charts et dorénavant la nostalgie comme chez Oasis dans une version un brin moins réfléchie mais tout autant authentique. Et c' était peut être aussi ça qui aguiche la nouvelle génération. Une génération Post Blair qui n' a connu que le Néo Libéralisme et les revivals déversant des groupes bien plus fades ou caricaturaux sur le sujet. Le type a 60 balais et parle de cul d'une manière tout sauf plan plan à la boomer. Personnellement je suis encore étonné des tabous actuelles. Le cul, oui pour vendre des produits ou de la Pop, mais surtout pas quand il s' agit du notre.
Avec "More" Cocker nous parle donc encore de cul mais toujours à sa manière et en n' oubliant pas qu' il n' est plus le trentenaire de 95 mais un sexagénaire. Et oui, les vieux ça baisent. Et visiblement ça fait pas que ça (voir ici).
Cocker assume son âge mais aussi l' époque qui l' a vu concevoir cet album bel et bien encré en 2025. Ainsi "More" navigue entre perplexité et désarroi très 20's quand "Different Class" optait pour l' affirmation sarcastique et la confrontation au banal réac et au cynisme du quotidien 90's .
L' angoisse de la mort d' un sexagénaire rencontre celle de la nouvelle génération qui hérite des relents réac fachistes autoritaires du Capitalisme tardif et d' une planète se mourant.
Si il y a de la nostalgie pour le bon vieux temps elle n' est pas trompeuse et ne sert que de révélateur sain de la rudesse du présent. Pas du prétendu "bon vieux temps". Pas vraiment nostalgique justement au sens du repli sur soi. Chaque chanson avoue que le retour en arrière est impossible et surtout qu' il n' est qu' un leurre. Ainsi "Spike Island" abordant le concert mythique du même nom des Stone Roses en 1990 sonne assez juste. Les paroles assez drôles trahissent qu' après la fiesta Madchester et la branlitude Britpop la gueule de bois fut sévère. Le clip de "Go To Have Love" et son clin d' œil à la Northern Soul est certes teinté de regret d' une époque mais affirme que ,sans la copier, on pourrait revivre encore des instants assurément tout aussi forts à condition qu' ils soient volontairement différents. Et que cela ne dépend que de nous. Les spectatrices d' Oasis en ont eu un bref aperçu.
La palette stylistique est plus grande que par le passé. Pulp semble naviguer dans l' héritage Pop britannique tout en n' hésitant pas à s' aventurer en terres inconnues. L' échec de "We Love Life" est digéré et le récent disque semble être la synthèse de ce dernier avec "This is Hardcore". Beaucoup de cordes ou de guitare Chamber Pop évitant la grandiloquence d' autrefois. Ennio Morricone plane tel un spectre. Pulp a continué d' évoluer mais en gardant cette magie qui n' appartient qu' à lui. Celle qui voit l' intime côtoyer l' étrange, la Pop accrocheuse rencontrer le plus raffinée et un goût certain du risque et de l' anticonformisme. Entre Mainstream et underground. On a souvent dit que c' était Radiohead qui avait ouvert la voie (percée par Oasis en premier temps) à ce que l'on appela plus tard l' Overground, quand ceux de l'underground tapaient l' incruste dans le monde pourri des charts du Mainstream et y apportaient un peu de sincérité et de fraîcheur. L' étrangéité de la musique de Pulp, cette Disco version Indie et So British sous le haut patronage de Scott Walker (de Brel donc!) , alliée à la personnalité si non conformiste de Cocker , furent les vrais premiers coup de butoir de l' underground. Avec ceux du groupe qui suit.
"More" est, sans être du même acabit que le trio génialissime "His'n'Hers", "Different Class" et "This is Hardcore", le quatrième meilleur disque d' un groupe qui en compte 8 et ce après 47 ans d' existence. Chapeau ! Apportera-t-il aux jeunes générations ce quelque chose permettant de passer l' étape suivant l' épisode estival Oasis? Pas sûr. Mais assurément retour réussi. A moins qu'il ne s' agisse certainement d' un touchant adieu.
Mais ce n' est ni Pulp et encore moins Oasis qui ont gagné la deuxième bataille de la Britpop. Parce qu' il s' est bien jouée une bataille cette année. Celle autour du revival Britpop. Une bataille idéologique et musicale autour d' une question essentielle. Peut-on se passer de la nostalgie quand on est un vieux groupe? Saine ou putride. Peut-on participer au présent et anticiper activement le futur quand l' âge amène un risque de déconnection et d' absence d' action concrète?
Oh bien sûr médiatiquement Oasis a tout écrasé. Bien sûr que le soir du 17 Aout du côté de Saint Malo Jarvis et ses amis ont reçu un accueil digne de celui de bons rois déchus en exile. Ne parlons pas non plus des incessants retours de Blur qui ont bien moins d' impact. Sociétaux, médiatiques et artistiques.
Et encore moins des feignasses de Supergrass qui ont toujours bénéficié de bien plus d' indulgence qu' Oasis alors qu' ils ne cessent de jouer sur la corde nostalgique et lucrative sans même tenter un vrai disque depuis bientôt 6 ans . Juste une question, malgré leur excellent songwriting et single parfaits, ils ont produit quelque chose de neuf artistiquement les Supergrass? Non, comme Oasis.
Au moins je me dis que la déesse Justine Frischmann a su partir à temps avec Elastica. Dès le début en fait (LOL).
Mais voilà. Depuis deux ans un autre groupe ne se contente pas d' un simple retour scénique réussi ou d' un comeback discographique que l'on jugera juste bon et agréable comme celui de Pulp. Depuis deux ans ce groupe ne fait rien d' autre que de pondre deux albums susceptibles de tenir la dragée haute à ceux de leur heure de gloire 90's. Un groupe qui tape l' incruste dans les palmarès de fin d' année au milieu des jeunots avec une musique assez renouvelée et différente de celle d' autrefois pour ne pas jouer sur une quelconque fibre nostalgique.
Une tel longévité à un tel niveau artistique je ne vois qu' un Nick Cave ou une PJ Harvey qui eux aussi ont eu des trous. Mais des trous moins profond qu' Oasis ou Pulp.
Il y a donc bel et bien un groupe qui a su évoluer et garder une force et une lucidité absolue suffisante pour parler de l' époque actuelle car profondément resté totalement connecté à cette terrible époque.
Mais comment pourrait-il en être autrement.
Les grands vainqueurs du pseudo Revival Britpop ne ce sont justement que ceux qui avaient allumé la mèche Britpop en 92.
Et qui s' en sont assez vite distancié fort judicieusement.
SUEDE
LE grand groupe romantique surtout pas nostalgique.

Pouvons-nous parler de miracle? Peut être pas. Peut être plus du tout.
Suede vient de sortir son 10 ème album en 36 ans d' existence et plutot que de me répéter je vous invite immédiatement à allez relire l' article concernant le précédent de 2022 ici avant de vous attaquez à ce qui suit.
Donc "Antidepressants" succède au génial et surprenant "Autofiction". Il l' égale voir plus. Encore plus brut, plus mordant, anguleux et maîtrisé. Suede vit une seconde vie comme rarement dans l' histoire du Rock. Si vous en êtes resté à la magistrale trilogie des 90's "Suede", "Dog Man Star" et "Coming Up" alors à l' instar d' "Autofiction" vous allez prendre une claque terrible de fraîcheur.
Ainsi suite à la sortie et ma chronique sur "Autofiction" j' avais rencontré un bien et rarissime étrange phénomène. Des connaissances (ou pas) de ma génération (ou des suivantes) avaient aimé ce disque mais reconnaissez qu' ils n' avaient auparavant jamais eu d' affection pour ce groupe et sa musique. Comme je l' écrivais en 2022 Suede a toujours porté comme un fardeau la hype qui avait accompagné ses débuts et l' aspect réac de la Britpop dont ils se sont toujours senti étrangers à juste raison. Les deux derniers disques vont évacuer les appréhensions et faire taire les mauvaises langues. En 2022 Bret Anderson désignait "Autofiction" comme leur disque "Punk". Cette année il décrit le dernier album comme étant leur disque Post Punk. On ne peut qu' être en accord tellement les références vont se succéder. Et oui la musique de Suede a toujours été hyper référentielle et les accusations de " Bowie du pauvre " si elles ont toujours été un brin justifiées ne peuvent pas tout expliquer ni même résumer leur musique. Ce n' est pas un groupe revivaliste, post moderne dans un sens, comme tous les autres. Siouxie & The Banshees, Magazine, Public Image Limited, The Chameleons. Quand Anderson et sa clique s' attaquent au Post Punk le référentiel est très riche et pas si usité que ça par les vagues Revival précédentes. Pas aussi bien maîtrisé. Suede fait la leçon à tous les Murder Capital, Idles, Fontaines.D.C. et compagnie. Et ne parlons des Rakes ou d' Interpol. Tous ces fossoyeurs du Post Punk depuis trente ans.
Et c' est bien là que l' on perçoit un savoir faire inégalée chez les autres formations revivalistes et Britpop. Sauf bien sûr le Pulp de l' âge d' or. Oui Suede s' inspire du Post Punk en 2025 comme de Bowie en 1993. Mais quelle maestria dans l' art de faire du neuf avec du vieux. Surtout en désirant sans cesse renouveler ses influences donc son style tout en gardant son identité fortement iconique. Quoi qu' ils fassent, ça pourrait être un détonant virage expé ou Drum & Bass ou Deconstructed Club, rigolons un peu, ça resterait du pure Suede.
Ils sont incapables de se reposer sur leurs lauriers nostalgiques. C' est un groupe régénéré depuis trois ans qui individuellement ne cesse de vouloir progresser techniquement comme artistiquement. Le plus bel exemple est Matt Osman. Assez bon aux débuts il devient grandiose depuis trois ans en imposant un jeu de basse où simplicité et intelligence se marient à merveille. L' entente avec Simon Gilbert qui reste l' atout maître du groupe depuis toujours semble elle aussi avoir progressé. Quant à Richard Oakes il y a bien longtemps qu' il a égalé jusqu' à dépassé Butler (le guitariste originel). Moins guitare héros que son prédécesseur il offre toujours cette efficacité imparable avec ses compos.
Le dernier disque démontre encore toute l' ambiguïté que Suede porte en lui tel un étendard. Une ambiguïté qui peut être à entrainer en erreur les non fans des débuts. Glamour au possible, ce qui est déjà un luxe les années passant, ils sont également garant d' une authenticité si précieuse par les temps qui courent. Suede touche encore et toujours au plus profond de l' auditeur, rentre dans votre intimité comme peu de formation, et en même temps, possède un don du spectacle rare. Du glamour réaliste en somme. Selon Anderson "Antidepressants" offrirait une musique brisée pour gens brisés". Ça l' est véritablement tant ce mélange de tensions extrême et d' euphorie aident à combattre la déprime générée par la vie moderne. Les paroles lyriques et profondes d' Anderson et cette musique vaillante ne baissant jamais la tête servent d' armures et de béquilles contre la paranoïa, l' anxiété et la névrose que ce monde nous balance à la face. Eux aussi participent à la lutte des clases comme Cocker et les Gallagher mais peut être encore plus frontalement derrière les apparences romantiques et glamours trompeuses. Plus lucidement.
Et puis au sujet des connotations virilistes racistes et homophobes dont la Britpop fut porteuse à partir de 95-96 Suede a affiché en étendard à la suite de Bowie une androgynie et un antiracisme fort quitte parfois à en faire trop (certaines déclarations d' Anderson). Ne jamais oubliez qu' à leur suite les premières formations comportaient souvent des leaders féminines (Elastica, Sleeper, Lush), homosexuels ou bisexuels (Gene) ou issu de l' immigration (Echobelly) et que chacune luttèrent ouvertement contre les préjugés tenaces.
Donc la Britpop raciste et homophobe, oui malheureusement, mais pas aux débuts.
Les tics Bowienesques survivent évidemment avec ce parlé posé sur la musique mais Anderson s' aventure aussi avec maestria et par grandes enjambées sur les platebandes de la critique sociale d' un Mark E Smith et celles très éloignées car très romantiquse d' un Robert Smith. Le truc qui change pas c' est l' art unique de la ballade, du slow alternatif ! Ici on a deux titres susceptibles de provoquer bien des rapprochements. Glamour et romantique je vous dis. Suede ne regarde pas dans le passé comme Pulp et les autres de la Britpop mais vit surtout dans le présent. Il est connecté au monde qui l' entoure comme il l' a toujours été. Oui il emprunte aux aînés mais toujours dans volonté d' être efficace, pertinent et assurément combatif. Peu importe les influences, les ressemblances et le courant emprunté. Ce groupe a une personnalité qui transcende tout. Les instigateurs puis sauveurs du piège Britpop. OUI. Le meilleur groupe "Britpop" en 2025 OUI Le disque Rock de l' année?
OUI.
BONUS
TOP 20 BRITPOP
D' abord
les deux pierre fondatrices de l' édifice Britpop.

THE LA'S The La's
THE STONE ROSES The Stone Roses
Influences considérables. Si le Roses peut paraître éloigné par son psychédélisme et ses influences Funk proche de la culture Rave son poids en tant qu' œuvre à gros succès provenant de l' Indie décomplexa les Oasis, Pulp, Suede et compagnie. Quant au La's c' est l' évidence absolue. Tous les groupes Britpop les revendiquèrent comme étant les précurseurs ultimes.

PULP His'n'Hers
PULP Different Class
SUEDE Dog Man Star
SUEDE Suede
OASIS Definitely Maybe
ELASTICA Elastica
SUPERGRASS I Should Coco
BLUR Parklife
OASIS (What's The Story) Morning Story
THE AUTEURS New Wave
PULP This Is Hardcore
SUEDE Coming Up
SAINT ETIENNE So Tough
Bien sûr qu' il ne s' agit pas stylistiquement de Britpop tant la palette d' influence est riche et variée. Les vagues Acid et Madchester se font ressentir, deux courants que la Britpop rejeta. Mais que Saint Etienne est terriblement So British. Un condensé de culture populaire. Prenez sa présence dans ce top comme un fantasme personnel de ce qu' aurait pu être la Britpop si elle n' avait pas possédé ses œillères.

LUSH Lovelife
SUPER FURRY ANIMALS Fuzzy Logic
THE VERVE Urban Hymns
THE CHARLATANS Tellin' Stories Note importante . Que ce soit pour eux comme pour les suivants, il ne s' agit pas de leurs meilleurs albums. Ceux-ci ne concernent pas vraiment la Britpop, les Charlatans étaient à leurs débuts très Madchester et les Boo Radleys entre le Néo Psychédélisme et le Shoegaze. Mais avouons que leur passage à un autre style confirmèrent leurs talents certains.
THE BOO RADLEYS Wake Up
CORNERSHOP When I Was Born For The 7th Time
Même remarque que pour le Saint Etienne. L' Angleterre des 90's c' était aussi ça n' en déplaise aux crétins racistes.
BLACK BOX RECORDER Avec ce disque l' un des instigateurs involontaires, Luke Haines, enfonça en 98 le clou dans le cercueil d'une Britpop tombée dans un océan de cocaïne, de virilisme et d' arrogance égocentrique. Ce disque lui balança en pleine poire certains aspects de la société anglaise que la Britpop ne voulait plus voir ou avait caché.













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