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- NASHPAINTS, quand l' Hypnagogic Pop s' empare de la Dreampop, Cindy Lee a trouvé ses frères européens.
Il y a ceux qui plagient le passé faute de personnalité et de créativité et puis il y a ceux qui, dotés de ces rares qualités, le propulse vers l' inconnu. Finn Carraher McDonald aka Nashpaints fait partie des derniers et vient de nous offrir le plus beau disque Dreampop de ce début d' année. Finn Carraher McDonald n' est pas un inconnu par ici. Déjà croisé au sein de Princ€ss il est également collaborateur de la divine Maria Somerville. Celui qui se clame être un adorateur "des bandes magnétiques qui se décomposent" (tout pour plaire), nous avait offert en 2020 "Blindman The Gambler" dans lequel cet irlandais enveloppait par un art de la réverbération typiquement My Bloody Valentine sa passion profonde pour The Durutti Column. Un de ces petits disques assez attachants sur lesquels on tombe par hasard sur Bandcamp pour mieux les oublier par la suite. Il va en être tout autrement avec son second album " Everyone Good Is Called Molly" . Déjà en ce début d' année 2026 Mc Donald bénéficie tout naturellement de la Hype Indie qui entoure si justement Maria Somerville et ce qui pourrait n' être qu' un effet de mode trompeur s' avère totalement justifié face à ce que contient le disque. Nashpaints franchit un palier et pas des moindres. Le fossé entre les deux œuvres est inouï. Faisant preuve d' une maturité et d' une assurance sidérante l' irlandais a décidé d' étendre considérablement son champ référentiel sans que ses passions ne soient trop reconnaissables et que l' ensemble s' apparente à un plagiat partant dans tous les sens. Les références sont donc plus nombreuses mais ont été ingurgitées, méticuleusement déconstruites pour être ensuite recrachées totalement méconnaissables. Les titres ne sont pas des redites faciles tant il apparaissent ainsi désincarnés. Nous naviguons bel et bien en territoire Dreampop mais une Dreampop provenant d' une autre dimension où le voyage à travers les époques et les styles est la norme. Par la vue d' ensemble dont il semble bénéficier McDonald peut s' arracher des carcans et laisser aller son imaginaire et sa sensibilité extrême. Ce n' est que par instant que surgissent de vieux souvenirs Shoegaze et Dreampop identifiables. Mais des souvenirs qui s' entrechoquent au Brill Building et Phil Spector, au New Age et qui nous offre même un Deerhunter fricotant avec le Minimalism et l' Ambient. Il ne cesse de naviguer entre le bruit et l' harmonie. La nostalgie et le goût de l' inconnu. Des textures 80's peuvent habiller un songwritting 60's quand ce ne sont pas des us et coutume 90's passé sous le filtre Hypnagogic Pop. Ce type est passé maitre en à peine deux disque dans un art totalement rafraichissant de l' anachronie. Le label 4AD des 80's (Cocteau Twins, Dead Can Dance) avec ses amours éthérés semble servir de maître étalon avec lequel Nashpaints n' hésite pas à jouer les apprentis sorcier. Les oreilles les plus aiguisées reconnaitront bien sûr beaucoup des guitares entendues chez Galaxie 500 ou My Bloody Valentine mais assurément ce sont sur les voix que le référentiel devient évident tout en déroutant. Le bougre a bon goût et sait en faire usage et en jouer jusqu' à ce que l'on pense à l' apparition de guest stars tel une improbable Hope Sandoval (Mazzy Star), Miki Berenyi (Lush) ou Rachel Goswell et Neil Halstead (Slowdive) On ne peut pas ne pas penser à Patrick Flegel aka Cindy Lee par les senteurs 50's Brill Building communes mais Nashpaints donne l' impression de vouloir aller bien plus loin en terme de production. C' est bel et bien de l' Hypnagogic Pop comme à ses débuts mais l' irlandais semble s' être rapproché de sa cousine britannique l' Hauntology jusqu' à rappeler par sa créativité susceptible de tout renouveler, comme de très rares avant lui, le mythique "Untrue" de Burial. Comme chez Burial ,derrière un art métamorphosé de la production, se cache aussi une maestria en terme de songwritting avec un talent certain pour les paroles qui envoutent. Si 2025 nous avait offert sa copine Maria Somerville pour réactiver la Dreampop sur le mode Ambient, 2026 voit Nashpaints en faire de même en utilisant cette fois les manières du Sound Collage et de l' Indietronica.
- ROY MONTGOMERY, une légende des guitares aventureuses.
En ce début d' année 2026 on ne peut pas vraiment dire que les guitares aventureuses à nouveau florissantes ces derniers mois ne soient très présentes. En attendant qu' elles reviennent sur le devant de la scène rien de mieux que d' aller dans l' hémisphère Sud où réside une véritable légende vivante de l'instrument. Et vous savez quoi? Les légendes et leur talent sont immortels et ont parfois un message urgent et très contemporain à faire passer. Avant de continuer je vous conseille vivement d' aller lire l' article (ici) que j' avais consacré à la légende Roy Montgomery il y a de ça 8 ans. Par ici c' est un véritable culte qui lui est voué. Après quelques années pendant lesquelles ses sorties étaient passées sous mes radars notre kiwi préféré refait parlé de lui avec une merveille intitulée fort judicieusement "Guitars Infernal". Enregistrée il y a bientôt dix ans et témoignant d' un parcours personnel douloureux, maladie de sa femme disparue depuis et tremblement de terre causant 180 morts à Christchurch son lieu de résidence, ce disque prend une tournure universelle en 2026 avec ce monde qui chancelle dans les flammes des armes et la catastrophe écologique. Comme notre époque "Guitars Infernal" délivre un climat inquiétant et dense. Sa musique se voit prendre une exceptionnelle puissance au grès des titres. Terriblement bruyante et physique elle évoque immanquablement le mur du son de My Bloody Valentine et de Slowdive, l' abstraction à la fois terrifiante et planante des géniaux Yellow Swans. Encore et toujours avec Montgomery le spectre des cocus de l' histoire du Shoegaze et Space Rock Flying Saucer Attack plane au dessus des têtes. Si par l' utilisation de la guitare et d' un simple magnéto Tascam 8 pistes il s' inscrit dans la tradition d' un certain Rock expérimental son goût pour les drones évoqueront aux fins connaisseurs La Monte Young et Tony Conrad rencontrant le Post Rock. C' est un prodigieux travail méditatif sur la distorsion harmonique produisant donc un mur de son épais et dégoulinant sans tomber dans les travers de la virtuosité branleuse. Parce qu' en plus de manipuler le bruit comme personne Montgomery n' oublie pas pour autant de nous offrir des mélodies parfois cachées mais imparables et addictives. 46 ans après ses débuts au sein du légendaire label Flying Nun Records et son passage au sein de Kranky Montgomeru a encore beaucoup de chose à nous dire et de merveilles sonore à faire entendre. Une légende est toujours immortelle, sa musique aussi.
- SISSI RADA, Quand une harpe aventureuse transcende.
De ces disques qui vous arrachent à la platitude du quotidien. De ces disques dont vous attendiez une chose bien précise mais vous en offre mille autres merveilleuses. Quand ce qui ne devait qu' être cérébral devient émotion brute. Sissi Makropoulou aka Sissi Rada nous arrive de Grèce mais vit dorénavant sur Berlin. Depuis une dizaine d' année elle s' est forgée une sacrée réputation dans le milieu du Classique moderne par sa virtuosité d' harpiste. Au point d' être demandée un peu partout et d' avoir attiré l' attention de radar à talent et d' innovation qu' est Brian Eno. Assez vite, plutot que reproduire uniquement la musique des autres, elle se dirigea vers la composition et l' expérimentation. Poussée par sa passion pour les aventuriers du son, cette compatriote de feu Xenakis décida d' habiller sa harpe d' éléments électroniques. Le tout récent "Nana Butu" conclue brillamment son parcours hors des carcans Classiques. Tel une alchimiste des temps modernes elle évite le piège de la virtuosité tapageuse et arrogante pour nous offrir une musique sublime et énigmatique marquée par des sonorités oniriques. Par de longues lignes mélodiques claires elle nous fait entrer dans un univers s' apparentant à un rêve éveillée. L' auditeur déambule au long des douze titres entre état d' hallucination et d' attention. Selon ses dires elle prend le rôle d'un psychopompe escortant les âmes des défunts et par l' étrangeté de son art nous ne savons jamais si le terminus d' un ce voyage fantastique est le paradis ou l' enfer. En nous arrachant de notre réalité terrestre avec son quotidien morne et flippant elle nous propulse vers un inconnu perdu entre la lumière et l' obscurité. Avec une délicieuse élégance elle aborde sans écueils ni chocs une grande diversité de genre. Après un début très jazzy nous traversons des territoires ressemblant au Folk, à l' avant garde, l' Art Pop, l' électro acoustique, la Baroque Pop et la musique de chambre. N' hésitant pas à abandonner par instant sa harpe pour un piano discret elle n' en n' oublie pas de mettre en avant ses talents vocaux. Cette fragile voix plane avec grâce et n' hésite pas elle aussi à expérimenter et s' aventurer en en terres inconnues de l' expression vocale. Avec un disque permettant diverses interprétation elle nous ouvre en grand des portes demeurées trop lourdes pour nous simple mortels et nous permet ainsi de visiter un univers chimérique.
- CANCER HOUSE, Quand les mélancolies Slowcore et Post Rock se rencontrent et réconfortent.
"De la musique triste qui rend heureux les gens tristes". On ne sait pas grand chose du collectif Cancer House si ce n' est qu' il provient de Chicago, la capitale ricaine du Post Rock dans les 90's avec Gastr Del Sol et Tortoise. Et cela va avoir son importance. Ces inconnus avec leur premier album "The Moth" s' inspirent fortement du courant que leur ville avait hébergé et ce qui pouvait se finir en eau de boudin passéiste prend la tournure d' un renouvellement total du genre. Faut dire que chez ces gens là on n' a pas qu' écouté les deux groupe cités mais aussi leurs cousin britanniques de la première vague Post Rock que furent le grand Talk Talk de la fin, Bark Psychosis et Hood. Avec les derniers cités nos nouveaux venus ont aussi trainé les oreilles du côté des langueurs et du minimalisme Slowcore des grands Red House Painters, Low et American Music Club. Alors oui, avec ces références, on peut être certain qu' avec les Cancer House ce ne va ni guincher ni sauter au rideau. Ici on se confronte à la mélancolie qui s' empare de chacun de nous au cours de notre existence. Les chicagoans la dissèquent, l' analysent, la malaxent pour mieux nous la recracher au visage. Et étrangement ce qui devait nous tirer encore plus vers le bas est devenu un baume consolant et revigorant. La direction prise par Cancer House pouvait s' avérer assez risquée tant les chausses trappes inhérents aux deux courants sont légions mais ils ont su les éviter d' une manière assurée. On ne ressent pas la pesanteur coutumière car les titres apparaissent légers par leurs sonorités délicate et évitent l' arrogance de la virtuosité lui préférant une certaine vulnérabilité. La production se veut elle aussi anticonformiste en rapport aux illustres ainés en diversifiant les techniques de studio à l' image de l' utilisation d' un dictaphone ce qui rend l' album bien plus dynamique et décousu qu' autrefois. Les titres sont également devenus chez eux bien plus court et contiennent des chants diversifiés en perpétuelle mutation par des voix transformées sans restrictions. On peut effectivement reconnaître qu' écouter cette musique peut s' identifier à une certaine forme de complaisance vis à vis de la déprime mais cette musique singulière et addictive qu' il ne faut pas subir la résignation mais l' accepter. L' accepter parce que inévitable mais étonnamment enviable car synonyme de nouveau départ. Disque d' une beauté absolue par un groupe se posant en véritable révélation rafraîchissante.
- HEMLOCKE SPRINGS, Synth Pop disjonctée hors du temps.
Parfois il apparait des disques et des artistes que l' on peut qualifié aisément de Pop parce que s' approchant fortement de l' eau tiède que nous déversent chaque jour les robinets médiatique et les plateformes de streaming. Mais, parfois, ils se révèlent en fait très vite être de véritables grains de sables dans la machinerie Mainstream. Parfois encore, ils obtiennent le succès, parfois pas du tout mais laisse une trace indélébile susceptible de bousculer le ronronnement de l' industrie musicale et de donner des envies de changements aux autres. Hemlocke Springs a parasité l' industrie en trouvant son publique via Tik Tok avec une musique en apparence mille fois entendue mais réellement et totalement déjantée si ce n' est dérangeante . Au point que les plus réticents à un genre phagocyté par le Mainstream peuvent à nouveau y retrouver un plaisir totalement jouissif et régénérant. "The apple tree under the sea" entendu par hasard et un court instant peut s' apparenter à de la daube mainstream tiédasse ou à un trop plein de sucrerie "m' a tu vu" (ce qui n' est pas contradictoire) mais l' auditeur va très vite ressentir des sensations étranges. Quelque chose cloche. Ce petit quelque chose différent qui plait à ceux qui veulent autre chose justement. Parfois dingo. Parfois flippant. De ces singularités qui vous ensorcèlent et vous emportent très loin jusqu' à vous faire voir les choses d' une nouvelle manière. Hemlocke Springs artiste Queer bouscule les idées reçues chez les auditeurs comme elle a foutu en l' air son éducation catholique rigide. D' une manière spectaculaire, provocatrice, troublante et agaçante. Sa musique est baroque, Kitsch, luxuriante, tape à l' oeil et malgré cela transparait des blessures, des douleurs et les incertitudes de ceux qui ne veulent plus le destin que les autres leur avait attribué. Alors oui, tout au long du disque on va retrouver de vieilles manières mille fois entendues. Ca sent la Synth Pop 80's, le R'n'b de l' âge d' or 90's, l' Indie des 00's, la Dance Pop de toutes époques. Ça en devient même parfois agaçant cette rétromanie jusqu' à ce que l' artiste part dans une direction totalement inimaginable à l'image de son utilisation de clavecins aux senteurs baroques et de samples de chevaux galopant sur des chemins médiévaux. L' américaine possède un imaginaire bien plus vaste que les stars de la Pop et n' hésite pas à piocher dans le gothique sans que ça fasse déguisement pour Halloween acheté au supermarché du coin. Les titres peuvent s' interrompent brutalement comme ils peuvent passer à toute autre chose sans prévenir. Les tubes bien huilés fabriqués par l' IA très peu pour Springs. Elle préfère les bugs numériques qui s' invitent dans un triste quotidien jusqu' à le pervertir et le rendre plus jouissif. Cette petite peste part dans tous les sens et n' a fait qu' à sa tête. Si elle prend les autoroutes artistiques c' est pour mieux enjamber la rambarde et suivre les chemins de traverse. Derrière une euphorie Pop que l' on jugera un peu trop vite artificielle il se cache un goût pour l' expérimentation vécue comme un jeu d' enfant. Un jeu d' enfant qui peut virer à la cacophonie pour mieux retomber sur ses jambes. La production se révèle à la fois artisanale et très moderne. Luxuriante et simplissime. L' influence Hyperpop est indéniable mais Hemlocke Springs semble utiliser le genre créé par Sophie et PC Music en guise de machine à remonter le temps. Si parfois la citation référentielle apparait facile si ce n' est trop voyante et répétitive c' est pour mieux jouer de l' autocaricature et permettre plus tard à sa musique de s' élever en ne s' appuyant que le charme inhérent de son songwritting euphorique. Peut être l' élément le plus troublant et accrocheur aux côtés des paroles souvent mystérieuses puis perturbantes c' est bel et bien la voix. Une voix attachante à la fois granuleuse et poncée par le numérique. Spings peut en un instant hurler ses plaies et ses espoirs d' un timbre brut puis adopter une diction soignée susceptible de charmer toute forme d' autorité pour mieux l' entourlouper. Hemlocke Springs nous prouve en 2026 que la Pop et plus précisément ces bonnes vieilles Synthpop et DancePop peuvent redevenir aventureuses et jubilatoires sans faire trop rétrogaga.
- DAGMAR ZUNIGA, Folk anti tradition d' une beauté absolue.
Depuis que la musique bégaye (début 00's) le Folk aussi n' avait pas échappé à la maladie rétrogaga. Pour le pire et le meilleur. Malgré quelques réussites provenant souvent de très fortes personnalités (The Microphones, Joanna Newsom, Grouper) il était souvent question d' artistes empêtrées dans un revival cadenassé par les traditions. Le meilleur des labels indépendants du moment (AD 93) vient de dénicher sur Bandcamp l' alternative suprême aux redites sage et inoffensives. Une artiste qui ne se borne pas à imiter bêtement une époque ou une scène mais plane littéralement au dessus de toutes les barrières du temps, de l' espace et des chapelles. Elle se nomme Dagmar Zuniga vit à Brooklyn et est originaire du Nicaragua ce qui a probablement une petite importance. Ainsi elle s' éloigne assez radicalement du rapport au passé naïvement nostalgique de ses prédécesseurs revivalistes majoritairement WASP. Un rapport au passé latin marqué par la colonisation, l' oppression et l' émigration. C' était peut être pas si mieux avant et surtout tout dépend pour qui. Elle veut bien tâter de la nostalgie via le Folk mais à sa façon et en s' empreignant de tout ce qui a succédé à l' âge d' or de ce courant. Les quatorze titres enregistrés sur cinq années évoquent bien sûr le passé Folk mais surtout quand le psychédélisme s' en mêlait. Linda Perhacs, Vashti Bunyan, Bridget Saint John et en arrière plan la scène la scène Laurel Canyon (Byrds, Crosby Still Nash & Young, Mamas and Papas, Love, Joni Mitchell. Docu essentiel ici) Quitte à abandonner les visions étriquées Dagmar Zuniga n' hésite donc pas à tremper le grimoire Folk dans un bain expérimental. Sa clé pour cela est le Lo-Fi symbolisé par l' utilisation d'un vieillot magnéto 4 pistes Tascam 424 pour produire et enregistrer sa musique. Une Lo-fi en filiation directe à première vue des dernières traces chaotiques et cinglées sur bande de Syd Barrett ("The Madcap Laughs") et plus proche de nous Daniel Johnston et le Ariel Pink des tout débuts. Quand le manque de moyen et un contexte agité deviennent propices aux aventures sonores. Dès les premières notes "In Filth Your Mystery Is Kingdom / Far Smile Peasant in Yellow Music" vous happe par le souffle des bandes magnétiques et l' auditeur peut très vite s' imaginer avoir découvert dans un grenier un vieux disque qui se révèle assez vite une pépite oubliée des sixties. Un truc génial passé sous les radars. L' écoute attentive nonobstant l' "apparent délabrement" de l' enregistrement vous confronte à un songwritting brillant, magique et inespérément rafraichissant après tous les revivals subis. Zugmar allie méticulosité et simplicité et offre une œuvre généreuse avec des bouts de ficelles et surtout une manière novatrice dans le Folk, celle de la déconstruction. Elle s' empare du bréviaire et en fait du Cut Up (cf William Burrough, David Bowie etc etc) . L' architecture des titres est aventureuse et surprend. Sa voix de soie ,murmurant ce qui semble s' apparenter à des contes de fées flippants, semble être prisonnière de distorsions métalliques ce qui rajoute de l' étrangeté à l' ensemble. On navigue entre Art Brut par son aspect artefact 60's redécouvert, l' impressionnisme et le surréalisme. Cette chanteuse donne l' impression de nous parler de mythes et de légendes oubliés avec un chant parfois dévotionnel à moins qu' il ne s' agisse, chose plus si étrange que ça, des futurs disparus. Ceux que le Néolibéralisme et le capitalisme tardif voudraient nous faire croire impossibles. Les habitués du blog me voit venir j' espère. Encore une fois il est question d' une musique Hauntologique. Nous ne sommes pas arrivé à la fin de l' histoire que ce soit économiquement, politiquement, socialement ou artistiquement. On peut sortir de la redite. Nous pouvons nous inspirer du passé tout en tentant d' apporter quelque chose de neuf. Ainsi le souffle des bandes magnétiques ne peuvent que faire penser aux craquements des vinyles d' un Leyland Kirby et comme je l' écrivais plus haut Dagmar Zugmar à l' instar du britannique nous offre un Folk née d' une vision novatrice après s' être évadée des barrières du temps et de l' espace et enfin et surtout des genres musicaux. En cela on peut la placer à la suite d' une Cindy Lee ou de Liz Harris (Grouper). Plus l' auditeur progresse dans le disque plus il va s' étonner de n' être plus seulement confronté au référentiel et aux ressentis Folk Psychédélique mais également à ceux de l'Ambient, de la musique Concrète et de la Tape Music. Les instruments, les voix et les rythmes se superposent ou semblent à d' autres instants se décomposer et ou se fissurer. C' est à un véritable travail d' orfèvre de l' expérimentation offert par une artiste autant attachée aux textures sonore qu' au songwritting. Un des grands disques de l' année.
- DEBIT, quand la Cumbia Rebajada revient hanter le présent et le futur.
Delia Martinez aka Debit nous avait perturbé dans le bon sens du terme avec son très bon "The Long Count" ( ici ). Trois ans plus tard elle revient pour nous étourdir encore plus avec une nouvelle évolution de sa musique. "Desaceleradas" sorti en fin d' année dernière et classé 4 ème du top Album DWTN ( ici ) méritait sa chronique. L' une des œuvres les plus originales de 2025 est aussi étrangement très imprégnée du passé. Alors que les occidentaux par goût du confort ou par peur de l' avenir se baignent dans des revivals doudounesques trompeurs et un passé avantageux les peuples colonisés autrefois leur renvoient le leur et celui là fait très mal tant il accuse, interpelle et nous projette tous vers un avenir à construire plutot qu' à subir. Son "Long Count" de 2022 (l' année sans top album DWTN mais je vais y remédier) abordait l' histoire pré colombienne occultée par la colonisation. Debit s' inscrit dans la lignée de ces artistes amérindiens qui ont fort justement un compte à régler avec la colonisation tel Elysia Crampton ( LOS THUTHANAKA) et ceux présent sur la compilation Hauntology "Fantologìa". En mêlant l' emploi de l' IA sur des archives sonores de la culture Maya et ses passions Ambient et électro-acoustique elle nous avait donc offert l' une des réussites de cette année-là. En 2025 toujours avec cette volonté de réinterpréter les sonorités historiques elle s' empare de la Cumbia Rebajada. Courant peu connu ce style est né à Monterrey (ville d' origine de Debit) le jour où les platines défaillantes du Dj Gabriel Dueñez ralentirent à 76 Bpm un disque de Cumbia. Les danseurs adorèrent cette accidentelle et étrange version dub d' une musique festive qui tournait autour des 100 BPM à l' origine. Assez vite d' autres prirent le relais de Dueñez au point que les jeunes Cholombianos de Monterrey s' emparèrent de cette musique pour en faire leur étendard. Les Cholombianos fut un mouvement culturel de la jeunesse de Monterrey facilement reconnaissables par leurs rouflaquettes taille XL à faire pâlir le jeune Liam Gallagher et autres Britpopeux . Leur look vestimentaire se composait de tartans ou de chemises Hawaïennes et des pantalons Baggy issu du Hip Hop tombaient sur des converse blanches customisées. Un sacré gloubi boulga culturel génial. Une multitude d' accessoires évoquant leurs racines indiennes et colombiennes se rajoutant à ce look détonnant qui les firent traité par les autres de Punks Tropicalisé. Delia Beatriz aka Debit a réussi à mettre la main sur les deux premières mixtapes légendaires de Dueñez pour les retravailler et nous offre une version s' apparentant à un geste onirique puissamment psychédélique. En utilisant un ARP 2600 pour réharmoniser les bandes originales, parfois rejouées à l' accordéon par elle même, puis en rajoutant du souffle, de la réverbération, en distordant la mélodie et en jouant sur la granulation du son Debit nous offre une musique entendue nul part. Une sorte d' Ambient mutante tout sauf accessoire. Le courant original voit ses typiques ralentissements être encore plus décélérés jusqu' à évoquer chez l' auditeur un étourdissement suivi d'un basculement dans les tréfonds de l' histoire. Cette lenteur alliée à la subtilité du travail de Debit nous amène à l' effroi et le malaise devant un chaos sonore déstabilisant et impressionniste. Elle semble procéder à un véritablement envoutement par la dissonance atonale et la cacophonie. Le passé fait mal. Surtout celui des anciennes colonies. Le passé fout la honte. Surtout celui des occidentaux. Ce travail évoque William Bazinsky et ses boucles, le Chopped'n'screwed de Dj Screw ou la Tape Music de Philipp Jeck. Que des noms mille fois cités dans ce blog. Evidemment on peut aussi invoquer Leyland Kirby aka The Caretaker et sa Hauntology Music. Surtout par l' ajout de craquement vinylesque et son approche de la nostalgie et de la mémoire. On peut aussi citer la version ricaine, l' Hypnagogic Pop. Cette album est une véritable déclaration de foi pour la protection des souvenirs contre l' effacement culturel désiré par la colonisation et ensuite accéléré par la mondialisation le néolibéralisme. Ce qui peut s' apparenter à une fête hanté pouvant facilement servir de BO à certains passage de "Shining" de Kubrick (les photos des fêtes donnée dans l' hôtel) est aussi un puissant acte de rejet d' une certaine idée grossière de la nouveauté dans la Pop. La stupidité qui voudrait qu' elle soit toujours plus rapide, puissante, euphorique et clinquante. Debit nous offre une sorte d' élégie mélancolique où tristesse et espoir se mêlent dans une série de titres changeants souvent éthérés. Un véritable chef d' œuvre d' une musique véritablement "Pas comme les autres".
- MANDY, INDIANA: Grand disque cathartique et moderniste
Ils étaient attendus depuis leur premier album. On savait que ça risquait faire mal. Très mal. Leur "I' ve seen a way" (14 ème Top DWTN) fut l' une des plus belles promesses de 2023 mais s' attendait-on à un tel cataclysme? Avec le cathartique "Urgh" Mandy, Indiana vient simplement de nous offrir l' un des plus grands disques Rock de ces quinze dernières années. Un grand disque contestataire, innovateur, perturbant et terriblement addictif. Alors bien sûr définir "Urgh" comme un disque "Rock" peut paraître vicelard. Tout dépend par ce que l' on attend d' un disque "Rock" en 2026. Pour beaucoup il doit s' agir d' un truc alliant pose et confort vintage. Parfois ça peut donner des étrangetés rétro charmeuses à la Geese. Parfois. Mais le reste du temps les amateurs d' innovations et de non déconnections du monde réel doivent passer leur chemin. Et on n' en finira donc pas de parler des conséquences de la "Paralysie musicale" généralisée accentuées par les algorithmes des sites de streaming et une époque pourrie stressante et chronophage. Mandy, Indiana avec leur deuxième album fout tout ce merdier en l' air et donne l' envie de se battre sur tous les plans. D' après le groupe le disque a été enregistré dans un contexte tendu car parasité par de sérieux problèmes de santé touchant le batteur Alex Macdougall et la chanteuse Franco anglaise Valentine Caulfield. Cela se ressent par l' extrême tension se dégageant tout au long des dix titres. "Urgh" surprend, bouleverse et fout le merdier après le premier album "I've seen a Way". Beaucoup plus dense et énigmatique quand le premier effort apparaissait vaporeux et cinématographique. La marche franchie depuis 2023 est colossale. Surtout la bande de Manchester a décidé de balancer aux ordures toutes les contraintes et le conformisme et c' est armée d' une ambition nouvelle qu' elle réussit à offrir son disque le plus abouti. Naviguant toujours dans un couloir obscure et secret reliant l'Industriel et le Dancefloor cet album lorgne encore plus sur la Trap et le Hip Hop par les structures des titres. Avec eux comme d' autres, cette volonté qui pourrait se résumer à vouloir faire du "Rock" avec des us et coutumes venues d' ailleurs, nous offre une sorte de Deconstructed Rock novateur. Mandy, Indiana s' inscrit dans la lignée de tous ces groupes apparus ces derniers mois et tant vantés par ce blog. YHWH Nailgun, Moin et bien sûr les précurseurs Gilla Band/Girl Band. Une fois de plus on retrouve à la production aux côtés du guitariste Scott Fair le génial Daniel Fox du groupe irlandais. On évoquera aussi Water From Your Eyes, Caroline et Model/Actriz pour la version choupinou soft. Sans parler de la reine Kim Gordon qui a accompagné avec son courage artistique habituel ce tournant mondial avec ses deux premiers disques solo tonitruant. Mandy, Indiana depuis ses débuts tentait de nous offrir une espèce de Crossover 2.0 en évitant judicieusement les défauts coutumiers de l' exercice. Avec "Urgh" ils touchent au but dès le deuxième effort. Si on veut décrire rapidement leur musique à un néophyte on lui parlera Post Punk et Dancefloor et à coup sûr, si le garçon est un brin éduqué, il nous répondra LCD Soundsystem, The Rapture ou Viagra Boys pour la version la plus récente. Mais c' est un gouffre immense qui sépare Mandy de ces formations et pas seulement à cause des influence Noise et Indus de la bande Franco Anglaise. Là où un gros James Murphy nous rendait une copie parfaite, proprette et rafraichissante, ou quand les Viagra Boys cachée derrière la folie junky ne prennent aucun risques artistiques, les Mandy saccagent les livres d' histoire. Ils déchirent les pages, découpent les mots, puis nous offre un Cut Up bien plus dissonant et aux textures bien plus percutantes. Ainsi ils inventent une nouvelle langue chassant toutes zones de confort rétrogaga auxquels les deux groupes cités s' accrochent en loucedé. La dynamique est extrême quand Murphy se contentait des voies balisées Punk/Funk. Vous semblez partir pour danser tranquillement une bière à la main puis c' est une tornade de bruits assourdissants qui vous balance le verre et vous emporte hors des pistes battues pour un combat bien plus rude. Mandy, Indiana amène une nouveauté qui va bien au delà de la simple redite. Par ses soubresauts rythmiques et l' utilisation de distorsions maximalistes cet album pue la Hyperpop jusqu' aux plus cachés de ses recoins. Comme avec une Sophie on est chahuté par la collision du Maximalisme et d' éléments Minimalistes. Si Gilla Band désirait faire de l' électro avec des guitares les Mandy pousse le curseur encore plus loin dans la temporalité et offre le futur. Les rythmes déjà terriblement percussifs autrefois prennent une puissance nouvelle en empruntant à une électro assez rudimentaire parfois. Les fuzz saturés ont eux aussi pris des dopants et les effets pointillistes entraperçus sont pleinement maîtrisés. Et bien sûr il y a la voix de Valentine Caulfield qui continue de réinventer l' art de chanter/hurler en français. Un chant d' une sauvagerie déchirante qui va remettre bon nombre de chez nous à leur triste place. Et ce à grand coup d' autotune, de distorsion et de retouche post production. L' auditeur se prend par les sons et les paroles toutes les horreurs de ce monde. Qu' elles soient intimes ou sociales. Avec Caulfield certains d' entre nous ont trouvé une sœur de combat qui sans en faire trop trouve les mots et tape là où ça fait mal. C 'est à la fois âpre, désopilant et poignant. Celle qui lance en interview des uppercuts tel "Si vous n' êtes pas en colère c' est que vous êtes pas attentif" en visant la "complaisance de ce monde" face à toutes ces horreurs nous parle de Gaza sans passer par les chemins tortueux de la pudeur des gazelles médiatiques et politiques offusquées par les mouvements de protestation à l' encontre d' Israël. "De Paris à Gaza et sous les oliviers Viendra justice pour tous Ou Justice pour personne" Plus tard c' est le fameux "Ils ont essayé de nous enterrer, Ils ne savaient pas que nous étions des graines". En une phrase elle s' attaque d' une façon magistral à la masculinité toxique et aux comportements problématiques des agresseurs sexuels et de leur lâches congénères masculins . Du danger qui guette quand certains sont dans les parages et des non dits qui ne semblent pas sauter aux yeux de bon nombre de types (je m'y inclue, désolé les filles). De ces petits gestes de protection qu' elles sont obligées de faire en permanence. "Women cover their drink around him". Plus loin elle revendique la façon la plus efficace de faire payer les violeurs. Toute ce déchainement orchestré évoquant un malaise viscéral pourrait abattre par trop de tout. Trop d' horreur, de crasse, de brutalité mais il se révèle purgatif. La catharsis devient avec ce disque un exorcisme salvateur donnant de la force à ceux qui sont assez attentifs pour ne plus sombrer dans la complaisance. Mandy, Indiana derrière ses velléités protestataires nous parle aussi de notre désir le plus commun à tous, celui d' avoir une vie paisible. Girl Band avait allumé la mèche, les Mandy Indiana jette encore plus d' huile sur le feu du rock que l' on pensait n' être plus que de fragiles braises qui s'éteignaient. PS: Trop dur de résister. Retour sur le déjà classique Pinking hears. Leur hymne. J'suis fatiguée tu sais pas c'que j'suis fatiguée Ce monde de merde m'a épuisée Ça fait des années que j'suis claquée Putain c'que j'suis fatiguée, y'a pas moyen d'positiver Rien n'me donne envie d'continuer Dans cette saloperie d'société, j'ai plus envie d'me réveiller Quand on laisse des humains Crever dans la mer Méditerranée, dans des immeubles pas chauffés Dans nos pays de gros tarés Qaund on choisit nos réfugiés, y'a que les blonds qu'on laisse rentrer Ceux qu'on bombarde on envoie chier Et puis on élit des banquiers, et des gros bourges et des rentiers Et on s'étonne de s'faire baiser J'suis fatiguée tu sais pas c'que j'suis fatiguée Ce monde de merde m'a épuisée Ça fait des années que j'suis claquée Putain c'que j'suis fatiguée, y'a pas moyen d'positiver Rien n'me donne envie d'continuer J'suis fatiguée tu sais pas c'que j'suis fatiguée Ce monde de merde m'a épuisée, épuisée
- BEST OF 2025
Et une année de plus. Et encore une année de merde. Cette terrible impression que toute la puanteur refoulée depuis trop longtemps rejaillit et se jette à la face de l' humanité. Je viens de relire le roman d' André Breton, poussé par l' air (vicié) du temps, et je me dis qu' à force de se prendre ce que l'on se prend dans la gueule, toute cette bêtise, cette noirceur, les esprits les plus lucides d' entre nous risquent eux aussi se laisser happer par la folie poétique comme Nadja. Qu' avant d' avoir notre peau ils auront notre âme et notre santé mentale. Et c' est peut être bien ça le pire. Peu de temps avant de rédiger ce top je suis tomber par hasard sur la photo de Léona Delcourt aka Nadja. Son regard semble nous plaindre mais également tenter de nous dire quelque chose. Un regard d' amour mais également parti déjà loin. Un regard à nous faire espérer malgré tout. Et si finalement la réponse pour s' en sortir dans ce monde sentant la mort c' était celle que Nadja avait donné à Breton. " Nadja est le début du mot espérance ce n'en est que le commencement " Une année de plus également pour DWTN. Les chroniques ont repris à peu près le rythme d' autrefois ce qui permet enfin de vous offrir en ce 10 Janvier un vrai top Album. A ce propos, si la publication de ce top est un 10 Janvier ce n' est pas un hasard. Il y a dix ans de ça l' artiste qui m' a le plus donné l' envie de sortir des carcans et d' aller voir à la marge pour ensuite la partager, d' écouter de la "musique pas comme les autres", de mélanger Pop, art, politique et sociale, cet artiste donc, cassait sa pipe. Je parle bien sûr de David Bowie. A l' avenir les Top DWTN seront toujours publiés un 10 Janvier. Cette année encore bon nombre d' artistes relèvent la tête. Des artistes qui observent, critiquent et donnent l' envie de délaisser la médiocrité, la haine, le repli sur soi et le culte du passé. Pour eux il y a belle lurette que les frontières stylistiques ou culturelle ont explosé. Belle lurette que la création musicale se doit d' être en perpétuelle évolution. Ils proviennent de toute la planète. Suffit juste d' oublier nos vieilles manies d' occidentaux. Brésil, Amérique Latine, diaspora Africaine. Les anciennes colonies n' en finissent pas de faire la leçon à ces vieux pays qui sont les nôtres. Saura t on les écouter? Visiblement certains occidentaux comprennent enfin. Ainsi, après des années de Revivals à tout va les soubresauts perçus depuis quelques mois se poursuivent. L' Indie Music moribonde pendant tant d' années offre une nouvelle fois des lueurs d' espoir. Dream Pop, Shoegaze, Trip Hop, Post Rock etc etc etc. En cherchant bien on trouve de jeunes gens prêts à se délester une bonne fois pour toute de la nostalgie analgésique. L' Avant garde elle aussi tient son rôle. Elle s' incruste partout. Elle apparait enfin dans les Top annuels des sites musicaux qui ont la côte. Putain ! Elysia Crampton avec son projet Los Thuthanaca classée numéro 1 du Top de Pitchfork. La blague heureuse de cette fin d' année. Et on vous raconte pas l' article désignant AD93 comme étant le label de l' année. Impensable encore il y a à peine deux ou trois ans. A l'image du géant américain les autres s' y mettent aussi. Malgré quelques traces de la peste Poptimisme (Addison Rae, Lady Gaga) et du choléra Rockist (Wednesday, Geese) une vie plus saine semble reprendre son cours et de vague volonté de progressisme semblent atteindre la presse musicale dans son ensemble. Mais ce n' est peut être que le coup de jus vital qui précède la fin vous suggérera de par son expérience le soignant aguerri. De nouveaux courants apparaissent parfois. De nouvelles façons de faire semblent s' emparer de vieux style et genres. Faut juste lutter contre la paralysie musicale qui semblait devenir de plus en plus précoces. et généralisée ces dernières années. (Un jour faudra vraiment que j' en parle de ce truc, la Paralysie Musicale.) Mais trêve de blablah parce qu' enfin, après quelques années difficiles, je suis fier de vous offrir un vrai et beau Top DWTN . 50 albums et ça aurait pu être plus. Et en guise de cerise sur le gâteau, certaines vieille manies de fin d' année refont surface. Bonnes découvertes! TOP 50 Album KLEIN "Sleep With A Cane" Ce fut un sacré débat dans ma tête. Depuis ses origines j' ai toujours désiré que le numéro 1 des Top annuels ne soit jamais un artiste déjà honoré. Et ce dans un besoin essentiel de renouvellement. Mais seulement voilà. Klein est passée par là et nous a peut être offert son plus bel album. Le plus complet. Le plus abouti. Le plus émouvant et percutant. Et en plus elle le désigne comme une Mixtape et fout le bordel chez les esprits cloisonnés. Ici on s' en fout un peu de l'aspect restrictif des formats et contrairement aux sites qui l'ont apprécié sans le classer on le balance en Number One. 6 ans après l' inusable "Lifetime" Klein est encore l' autrice du grand album de l' année. On en oublierait presque qu 'en début d' année elle avait propulsé les guitares dans le futur avec son autre "album" , "Thirteen Sense". Chronique ici . SUEDE "Antidepressants" Ce pourrait être une belle (ou sale) blague mais ça ne l' est pas. Les allumeurs de la mèche qui fit exploser la bombe réac/rétroGaga Britpop dans les 90's sont classés numéro 2 dans un blog. Un bloc censé conchier tous les bégayeurs stylistiques. Une chose ne trompe pas. Une fois "Antidepressants" terminé l' auditeur préfère le remettre plutot que taper dans la discographie ancienne d' Anderson et compagnie. Chronique ici . LOS THUTHANAKA "Los Thuthanaka" Elysia Crampton c' est comme Klein. A chaque fois on a l' impression de découvrir une pépite. Elle surprend et détruit tout ce que l'on pensait savoir et aimer. Chronique ici . DEBIT "Desaceleradas" On en reparle très vite de l' album le plus hanté de 2025. FEEO "Goodness" Le même choc ressenti qu' à la découverte de Portishead il y a trente ans. La prochaine star d' un certain underground? Chronique ici . HILARY WOODS "Night Criù" Comme pour Debit le temps a manqué pour offrir à cet album la chronique qu' il méritait. Croisée il y a très longtemps au sein des vilains JJ72 elle nous était revenu bien plus fréquentable en optant pour l' Ambient, le Dark et l' Ethereal Wave. Après avoir viré Drone sans parole elle revient à un format de chanson plus classique et devient tout simplement magnifique et émouvante. THESE NEW PURITANS "Crooked" Les premières grandes icones de ce blog sont de retour. Chronique ici . DJ HARAM "Beside Myself" On l' attendait depuis très longtemps parce qu'on savait qu' au sein de 700 Bliss la vraie génie c' était elle et Moor Mother qu' un génial passe plat. Elle n' a pas déçu. Chronique ici CIRCUIT DES YEUX "Halo On The Inside" L' américaine dans le Top annuel, un grand classique également et toujours cette odieuse sous estimation critique. Un jour la vérité éclatera. Chronique ici. XEXA "Kissom" Peut être l' album le plus étrange et inclassable du grand label Prìncipe. De celui ci aussi il faudra en reparler. VARIOUS ARTISTS "Fantologìa" Et oui, dans ce blog on ose tout, jusqu' à classer une compilation d' Hauntology Music dans un Top Album. Chronique ici . MARIA SOMERVILLE "Luster" La Dream Pop revue et corrigée par la nouvelle génération. Chronique ici. AYA "Hexed !" Deconstructed Club un jour, Deconstructed Club toujours! Chronique ici. RAT HEART "Dancin' In The Streets" En fait je ne suis qu' une buse. Pourquoi me direz-vous? Parce que depuis 4 ans Tom Boogizm, le petit génie de Manchester, est l' artiste que j' écoute le plus et pas une seule chronique au compteur. Ne pas trouver le temps de le chroniquer est probablement l' un des plus beaux loupés de ce blog. YHWH NAILGUN "45 Pounds" Le Rock Alternatif/Indie revu et corrigé par la nouvelle génération. Si ça pouvait nous éviter les soirées chiantissimes dans lesquelles les vieux quinquas nous refilent de force du Pixies avarié ce serait bien. Chronique ici. CAROLINE "Caroline 2" Le post Rock revu et corrigé par la nouvelle génération. Chronique ici. MASMA DREAM WORLD "Please Come To Me" Les sorcières nous ont toujours voulu du bien. Chronique ici. ETHEL CAIN "Perverts" & " Willoughby Tucker, I'll Always Love You" Je vous le répète, les sorcières, même ricaines, nous ont toujours voulu du bien. Et avec elle, double dose de potion cette année. 19. CARRIER "Rhythm Immortal" L' Ambient et le Dub revus et corrigés par la nouvelle génération. JOANNE ROBERTSON "Blurrr" Ce disque sent le classicisme au point d' être classé par Pitchfork et même par les ringards Inrocks. Et pourtant. En y regardant de plus près c' est tout un pan de l' avant garde auquel l' auditeur est confronté. Dean Blunt et Mica Lévi sont jamais loin. Quand l' Avant garde devient émouvante comme jamais. Pas chroniqué? Normal. Disque devenu trop intime pour être vraiment partagé. 21. BLAWAN "SickElexir" On sera tous d' accord. Probablement l' une des pochettes parmi les plus moches de l' année. Pigeon multicolore oblige. Mais on sera aussi tous d' accord, la Deconstructed Club est le courant le plus important de ces dernières années et son influence est gigantesque. Chronique ici. JUST MUSTARD "We Were Just Here" Le Shoegaze revu et corrigé par la nouvelle génération. Groupe parmi les plus sous estimés du moment. Chronique ici. NOURISHED BY TIME "The Passionate Ones" Voulez vous changer le monde et par la même occasion faire l' amour à l' être adoré? Ce qui vous en conviendrez revient à la même chose. Non? Voilà le disque qu' il vous faut. Chronique ici. 24.MARUJA "Pain To Power" On en voulait plus du Rap Rock et surtout de se faire encore une fois pourrir une soirée par un quinqua qui nous balance du Rage Against The Machine périmé. Mais ça c' était avant l' introduction de Post Rock et Post Punk dans la vieille recette. Manchester vient de prendre une autre direction. Plus radicale. Chronique ici. ONEOHTRIX POINT NEVER "Tranquilizer" Alors oui c' est l' une des plus hideuses pochettes 2025 encore une fois. Mais Daniel Lopatin est lui aussi une icone de ce blog à qui on pardonne beaucoup. Pas de chronique à son sujet mais je peux vous assurez qu' un jour on reviendra sur cet album. Long en bouche il ne cesse de délivrer des vérités cachées depuis sa sortie et il faut parfois laisser le temps pour pleinement comprendre un disque. La seule chose de sûr est qu' avec celui-ci Lopatin semble être revenu aux glorieuses origines (les eccojams) et bien lui en a pris. AUTHENTICALLY PLASTIC "Rococo Ruine" ( Voir ici ) DJ K "Radio Libertadora !" ( voir ici ) NO JOY "Bugland" ( voir ici ) THEY ARE GUTTING A BODY OF WATER "Lotto" ( voir ici ) SLIKBACK "Attrition" ALPHA MAID "Is This A queue" ( voir ici ) JASMINE GUFFOND "Muzak For The Encouragement Of Unproductivity" OKLOU "Choke Enough" SQUID "Cowards" ( voir ici ) BENJAMIN BOOKER "Lower" ( voir ici ) NAZAR "Demilitarize" ( voir ici ) JAMES K "Friend" WATER FROM YOUR EYES "It's A Beautiful Place" KATHRYN MOHR " Waiting Room" ( voir ici ) BETTY HAMMERSCHLAG "Fake Girl" ( voir ici ) THE NEW EVES "The New Eves Is Rising" ( voir ici ) BRÌDGE CHAIMBEUL "Sunwise" MALIBU "Vanities" DANIA "Listless" ( voir ici ) VOICE ACTOR & SQUU "Lust" ( voir ici ) RAINY MILLER "Joseph, What Have You Done?" AKIRA UMEDA & METAL PREYERS "Clube Da Mariposa Mòrbida" ( voir ici ) ALE HOP & TITI Bakorta "Mapambazuko" ( voir ici ) TRAXMAN "Da Mind Of Traxman Vol.3" ( voir ici ) SMERZ "Black City Life" TOP MONUMENTS HISTORIQUE Cosey Fanni Tutti Aussi beaux que l' architecture moderne même si c'est pas toujours révolutionnaire. Mais! Ça tient et ça tiendra toujours la route. Surtout, que la jeunesse prenne garde de ne pas y squatter trop longtemps. Eux, ils savent faire, vous les jeun's, prenez modèle mais surtout surtout, NE PAS COPIER, ça ferait du Made in China pour nouveaux riches. Vivez votre temps et préparez le futur! COSEY FANNI TUTTI "2t2" STEREOLAB "Instant Holograms On Metal Film" PULP "More" TOP FAILLES SPATIO-TEMPORELLES Geese Ils sont jeunes (ou parfois vieux) et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2025 et on les aime non sans gène. Faut vivre avec le futur! GEESE "Getting KIlled" HOTLINE TNT "Raspberry Moon" HORSEGIRL "Phonetics On And On" DJ ELMOE "Battle Zone" ACOPIA "Blush Response" ON SAIT PAS QUOI EN FAIRE C' est bon ou c' est mauvais? Est-ce qu' on aime pour de bonnes raisons ou pour des mauvaises? Dans le doute on en parle un peu mais sans en faire trop. ANNA VON HAUSSWOLFF "Iconoclasts" BLACK COUNTRY, NEW ROAD "Forever Howlong" KARA-LIS CORVERDALE "From Where You Came", "A Series Of Action In A Sphere Of Forever" LABEL DE L' ANNEE Le label londonien n' en fini plus d' épater en signant le meilleur. Entre l' avant garde et une certaine vision Pop moderniste, AD93 est devenu ces trois dernières années une balise dans la musique. Rien que pour 2025 YHWH Nailgun, Joanne Robertson, James K, Valentina Magaletti & YPY et la découverte Tracey ont succédé à Moin, le disque de 2024. Carton plein. LE SINGLE PROMETTEUR The Orchestra For Now Il aura suffit d' un titre, "Skins", pour que je me rue sur le single de trois titres. Puis sur le second. J' en ai déjà beaucoup parlé ( ici ) mais ce groupe est un vrai coup de cœur. 2026 verra probablement leur premier album et la magie risque disparaître alors en attendant savourant ce Prog Rock remis à neuf.
- KLEIN, merveilleux mariage de l' Ambient avec le Blues pour un chef d' œuvre de plus.
L' année avait débuté avec l' étourdissant chaos de "Thirteen Sense" et on se demandait bien comment l' icone de l' avant garde anglaise, l' une des stars de ce blog, pouvait clôturer en beauté 2025. Un autre album génial? Une série de singles tonitruants? Un Ep étrangement ensorceleur? Ce sera une mixtape. Et quelle incroyable mixtape. Probablement l' une de ses meilleurs œuvres. Au risque de me répéter mais je vais une nouvelle fois l' écrire. Klein est, depuis 10 ans, l' artiste la plus importante de l' avant garde musicale. De ces très rares artistes qui dépasse le simple carcan de leur art. Des noms servant d' exemples pour être plus clair? Deux suffiront. David Lynch, Arthur Rimbaud. Avec elle on navigue en permanence entre le génie et la virtuosité. Elle vous fera aimer des sons que vous détesteriez chez les autres. Vous amènera à penser et à apprécier différemment. Et toujours elle vous perturbera jusqu' à vous changer définitivement. Les disques s' accumulent, 11 albums, deux mixtapes, 6 eps, près de 40 singles. En seulement 9 ans. Et jamais une déception en découvrant ses œuvres. Jamais une once de lassitude. Toujours un émerveillement et cette question. Comment fait-elle ? Comment est-ce possible autant d' inventivité? Comment peut- elle défier toutes les barrières stylistiques et à chaque fois se positionner dans le peloton de tête du genre utilisé. Genre détourné, réinterprété à sa seule et unique façon, puis finalement, totalement renouvelé. Comment réussi-t-elle à se régénérer à chaque fois. "Sleep With A Cane" est comme je l' écrivais plus haut une mixtape selon ses dires. Après un rapide coup d' œil je ne l'ai pas vu apparaître dans les classements mondiaux de fin d' année. Et les chroniques sur le net ne dépassent même pas le chiffre de 10. Normal. La presse musicale écrite ou numérique, se noyant depuis trop longtemps dans un conformisme et des vieilles coutumes périmées, a tout simplement fait l' impasse jugeant que l' œuvre n' appartenait pas à la catégorie Album. Pauvre conne. Elle passe juste à côté de l' un des grands disques de l' année. Avec "Sleep With A Cane" Klein revient à ses affinités Ambient comme jamais auparavant. Sa vision du courant n' a jamais été étroite tant elle en a toujours créé en ne cessant de l' alimenter d' autres styles. Mais cette fois-ci sa musique atteint un No man's land inconnu. Mieux. Elle crée un style nouveau que l'on peut, et je ne suis pas le seul, nommer comme de l' Ambient Blues Folk. A vrai dire on va revenir à ce que j' écrivais il y a près de 9 ans à son sujet. Elle marie à merveille le Folklore urbain, le Rap, le RnB, l' expérimentation, la culture Pop etc etc etc, pour nous offrir une Ambient mutante. Révolutionnaire. Encore une fois cette londonienne fait ce qu' elle sait faire de mieux. Exploser les cloisons, démocratiser ce qui était réservé aux festivals de musiques expérimentales et à l' université en le trainant dans la rue. Dans la vraie vie. Celles qui n' est pas feutrée, déconnectée, faussée. Elle le dit. Le hurle ou le chuchote. Et démontre toute la nécessité et la pertinence à chaque fois. L' Ambient, l' expérimentation, doivent aller dans la rue. Les faire se rencontrer après qu' on les ait séparé. Avec elle l' Ambient n' est pas simplement propice à un repli sur soi. C' est le monde qui entre en nous. C 'est un vrai esprit libre comme je les aime. Capable d' idées totalement "normales", "évidentes", pour certains d' entre nous. Mais totalement bizarres pour beaucoup d' autres. Elle n' a pas de limites sauf celles de la médiocrité, du tape à l' œil et du conformisme. L' une de ses phrases que j' adore est celle-ci: "J' aimerai entendre un harmonica dans un club de Strip Tease" C 'est un véritable slogan. artistique, spirituel et politique. Debord en aurait tant à dire. C 'est une démonstration absolue de liberté créatrice pendant 90 minutes. Comme toujours sa palette comporte des B.O, des enregistrements du quotidien, des extraits provenant des médias et son talent de multi instrumentiste et de productrice révolutionnaire. Oubliez les guitares Glitch de "Thirteen Sense " et "Marked". Les sonorités saccadées et bourdonnantes. Sa musique devient plus fluide et évolutive. Plus planante, vaporeuse, éthérée mais toujours aussi prenante. Des six cordes planent toujours sur la musique de Klein mais ce sont celles du blues. Pas celles de l' Heavy Metal, du Shoegaze ou du Noise. Le synthé marque son (faux) grand retour. Le piano et (donc) même un harmonica venu de nul part vont vous prendre à la gorge comme jamais. Quelques notes, un idée primitive tel une étincelle de génie qu' elle attise, alimente de ses pensées et réflexions, qu' elle ressasse à nouveau, puis décortique et réassemble jusqu' à atteindre une tension extrême qui mènera à une implosion et la dissolution inévitable dans un vide interstellaire. Sa musique alterne justement entre l' éternité et l' instant présent. L' auditeur semble passer d' un documentaire philosophico scientifique à un reportage journalistique ou serait-ce alors un journal intime. Comme si nous apprenions l' existence de ces étrangetés que sont les trous noires, que nous partions à la découverte des astres lointains, semblions étudier le Big Bang et ses conséquences puis, c' est un quotidien des plus banals que nous rencontrons. Son intimité et la notre. Elle nous parle du bien être ressenti d' être en famille, choisie ou pas (amitié), et de la peur de tous de ne pas appartenir ,ou d' appartenir, à un groupe. Le quotidien des noires d' Angleterre, celui des autres, l' état de surveillance à outrance, les violences policières, la paranoïa, le stress, les médias condescendants qui attisent les deux derniers nommés. Il y a tout ça dans cette musique. Klein dit vouloir , et nous faire atteindre, une "conscience ouverte". Pour cela elle s' attaque à la tonalité, au contenu et à la mélodie. Elle les change sans cesse. Parfois d' une manière si subtile que l' auditeur en se retournant constatera une immensité entre son point de départ et celui d' arrivée. Si ce n' est un gouffre. Comment ces drones en apparence si répétitifs cachent autant de chamboulements, de trajectoires changeantes et mouvantes. De virages à 180°. Cette musique en appelle aux émotions, aux pensées, aux avis parfois si contradictoires qui peuvent se succéder rapidement. A cette confrontation sans fin entre conscient et inconscience. Cette musique a un petit quelque chose de l' Hauntologie Music avec ses grésillements et ses emprunts aux médias. Klein nous en livre une version dénuée de nostalgie car c' est au présent qu' elle s' attaque avec les us et coutume de l' Hauntology. Elle admet par leur utilisation la notion de renouvellement parce que se souvenir c' est surtout se remémorer. Parfois ce sont des bruits parasites évoquant ceux du "Perverts" d' Ethel Cain donc évidemment Lynchiens. Le renouvellement concerne aussi les peurs d' autrefois. A moins qu' elles ont toujours été présentes dans les profondeurs et qu' elles ne réapparaissent qu 'en plein jour à présent. Klein par sa musique veut atteindre la sérénité nécessaire à tout combat en ne cessant de dénoncer. Comme Rimbaud et Lynch elle est une romantique qui se confronte aux déchirures du passé et du présent. Elle veut aider au futur. Sortir de l' art prétendument politique ou apolitique pour une politique par l' art et la poésie. Si parfois cela s' est entendu à vrai dire Klein n'a jamais fait de musique à proprement parlé Lynchienne comme on le sous entend d' autres et pourtant. Son univers sonore m' apparait être le pendant musicale des films de l' américain. Ça ne ressemble à rien parce que ça ne donne pas la béquée au "spectateur" comme disait Lynch. Oui sa musique comme les films de l' autre entraîne de très vives réactions. Du rejet même. De la polémique. Mais une fois évacué les appréhensions, comme elle panse et pense, gratifie et aide. Une nouvelle fois Klein nous invite à un rêve éveillé. Elle réussit à nous déconnecter par sa musique pour mieux imprégner nos esprits d' une humanité rare. Prodigieux et guérisseur. Je vous parlais de Blues et de Lynch. Clip du même titre version acoustique.
- OLIVER COATES ou, un violoncelle sur le Dancefloor.
Violoncelle + Dancefloor= ? Oui je sais ! Les vrais aventuriers et les petits scarabées tombés de la dernière pluie (les inédits de "Corn") vont prononcé le nom magique de l'un des musiciens des 80's le plus sous-estimé et connu. Arthur Russel. Bien sûr que l'on va y penser fortement en découvrant le magnifique "Upstetting". Mais pas seulement. Oliver Coates dépasse largement le statut de simple suiveur recopiant le natif de Iowa. Par exemple, et en règle générale les deuxièmes ne la connaissent pas, dès qu'il faut parler de violoncelle novateur car sans oeillère "classique" et également trouver une autre référence dans la façon de travailler de Coates c'est la copine de Russian Circle et Mono qu'il faut connaître, Helen Money. Oliver Coates nous offre l'un des plus beaux cadeaux de cette année 2016. Un machin entendu nul-part et qui va resté durablement dans les panthéons de l'innovation musicale. Cordes classique + électro Oui je sais ! Les vrais aventuriers et les petits scarabées vont prononcé le nom des Islandais de Kiasmos. C 'est vrai que récemment ce sont eux qui ont remis au goût du jour ce mariage pas si improbable que ça. Aucun mariage n' est improbable en musique. Nos deux Kiasmos passent pour de gros bourrins un brin m'as-tu vu et franchement peureux face à Coates. Bien sûr qu' ils sont loin de cette description nos gars nordiques mais Oliver Coates fait tellement dans l' infini détail, dans la quête du son inconnu et dans les carambolages osé que l'on est obligé d' être tenter de voir exagérément les choses comme ça. Là où les Kiamos et d' autres se contentais d' utiliser les cordes "comme aux classiques" Coates maltraite, ausculte à la recherche du moindre son original son instrument et n' en joue surtout pas comme à l' école de musique. Et que ça pince, ça frotte et ça tape sur le bidule. Et c'est pas finit. Un peu comme un Colin Stetson en mode exploration de son saxo mais surtout un peu vachement beaucoup comme bon nombre d' expérimentateurs électro. Parce que voyez-vous brave gens, non seulement il tire de son malheureux instrument des sons rares, monsieur, tel un Ash Koosha ou M.E.S.H, vous les balance dans l' univers numérique en mode compressage. Tout l' intérêt du disque ne réside pas seulement dans l' artisanat 2.0 du musicien. Il y a aussi ce qu'il en sort. Et c'est un monde immensément vaste et riche. Oliver Coates nous explique que l' enregistrement de "Upstetting" s' est fait en plusieurs temps et fut marqué par bon nombres d' événements. D 'abord c 'est un mariage et un voyage de noces à New York. Retour à Londres et pan! Monsieur et madame Coates retrouve leurs appartement inondé et c'est parti pour les chambres d' amis et les hôtels londoniens sordides. Mais c' est pas tout. Y'a pas que dans sa vie privé que ça a été un brin perturbé au point d' avoir une influence certaine sur sa musique. Grand musicien classique réputé mondialement il est amené à pas mal partir voir chez les autres. Mais parfois il est au mauvais endroits, au mauvais endroits. Dans la ville du Caire quand l' Egypte décide de bombarder Daesh ou à Honk Kong pour qu' il observe les violences policières face aux manifs d' étudiants. Après tout ça fatalement ,il en avait des trucs à raconter. Il en avait vu des paysages, visuels ou sonores, à dépeindre. Tout le disque est truffé de la richesse et des souffrance du monde. Jamais on y retrouve ses petits et c' est une véritable malle aux trésors remplie de trouvailles insoupçonnée. Quand "Innocent Love" balance Arthur Russel (ce sera la seule fois que l'on peut le citer comme ressemblance) et qu'il nous le fout dans l' orchestre jouant les corde d'un Massive Attack alors déjà on a un peu largué les amarres du train-train. D'ailleurs Coates a joué pour Massive Attack. Il est aussi pote avec Mica Levi. Le monde du talent est bien petit. "Timelaps (Walrus)"c 'est le dernier trip House de l' Haçienda pour le triste jour de sa fermeture. Donc franchement léger et minimaliste. En fait Coates nous fait croire que ces gros branleurs de Factory ont du pousser Durutti Column à faire de la House de force et sous amphet. Coates prend le footwork et ses fameux beats sous-marins pour les associer à la mélancolie héroïque d' un Nils Frahm. Plus loin cette musique sans nul autre pareil passera par tout ce qu'il peut se faire sur terre. Ira dans tous les sens interdits. Un titre calme vraiment "classique" pour se reposer et en avant pour la science "dark" fiction de "The Irish Book Of Death & Flying Ships" pour finalement faire coucou à l' Afrique de "Stash". Oliver Coates en à peine 7 titres vient de nous ouvrir les portes d'un merveilleux Dancefloor inconnu pour une fiesta planétaire des sens.
- REVIVAL BRITPOP 2025: Oasis, Pulp et ... Quand le meilleur groupe Britpop actuel ne fait pas justement de la Britpop.
A ce qu' il parait, surtout de l' autre côté de la Manche, on aurait vécu un revival Britpop cet été. Ce qui a lancé cette idée c' est évidemment le Come Back scénique d' Oasis au succès démesuré. Plus ou moins par opportunisme, ou par hasard, une tripotée de groupes affiliés à la Britpop ont suivi les Gallagher et ont essaimé dans les festivals estivales. Je pourrai détourner le regard en bon anti rétrogaga que je suis, mais parfois il faut faire preuve de perspicacité et tenter d' y voir plus clair. C' est plus complexe qu'il n' y parait. Toujours quand on parle de Britpop. Ou encore plus flippant? Le caillou dans ma chaussure de fan de musique progressiste cette foutue Britpop et depuis trente ans. Complexe surtout parce qu'aux côtés des come back scéniques nous avons eu aussi des retours discographiques bien plus passionnant artistiquement. Alors soyons claire immédiatement au sujet d' Oasis et des autres avec leurs concerts affichant complets. A mes yeux il s' agit bien plus d' un évènement sociétale que musicale. Un truc à prendre très au sérieux. Pas à dégager à la va vite d' un revers de la main comme bien de sujets contemporains un tantinet gênants car angoissants et symboliques de notre époque. Enfin j' aimerai qu' il n' y ait pas trop de conséquence artistiques mais je sais bien que de par le monde, des gamins vont pas pouvoir s' empêcher de plagier Oasis. Ce qui est assez ironique. Plagier un plagiat dirons les mauvaises langues un brin réductrices. Pas tout à fait faux. Va y avoir des conséquences et rien nous prouve qu' elles vont être bénéfiques. Et les industries musicales et médiatiques, comme toujours, de pousser au crime revivaliste. Et c' est pour tout ça que le revival Britpop a droit à un article en cette fin 2025. Finalement il valide 13 ans de blog. Oui on a un gros problème avec la nostalgie et depuis fort justement la Britpop. Oasis et consort ont fini de mettre la mauvaise graine réac antiprogressiste dans les musiques dites alternatives et mainstream. Mais ils n' ont pas été les seuls et l' accueil du Come Back par certaines virulences à l' égard des deux frangins et la Britpop interpelle. Par exemple pourquoi le Garage Rock Revival des Strokes, White Stripes, Libertines ou The Hives n' a pas entraîné autant de critique anti nostalgie? Comme également le Revival Dance Punk de LCD Soundsystem ou Franz Ferdinand ? Et que penser d' Amy Winehouse et de sa Soul si vintage au possible. Si déconnectée en 2006 a vrai dire. Alors maintenant que l'on a affaire à ce tant redouté revival Britpop a-t-on devant nous une bonne nouvelle? Comme si une boucle serait enfin bouclée? Et si ce n' est pas le cas peut on s' en sortir? Y'a t-il un groupe Britpop qui a trouvé une solution? Qui était la solution justement? OASIS, Simple Come Back réac ? Publique du concert d' Oasis le 12 Aout 2025 à Murrayfield. Quand les portables et les faux cils remplacent les bedaines poilues et les pintes. La réponse est tout sauf simple. Pour beaucoup ce retour a été associé à la face sombre du phénomène Oasis. Mais déjà, et pour l' avoir vécu comme on va le voir plus bas, il n' en a pas toujours été ainsi à leurs débuts. Je parle bien sûr de l' aspect réac de leur musique comme celui viriliste de leurs comportements alliant ou sous entendant homophobie et racisme. On ne peut que valider cette vision à partir de 96 et l' influence qu'a eu par la suite ce groupe sur la société et la vie culturelle Britannique. Oui Oasis a été une fenêtre d' Overton réac, volontairement ou pas, qui a permis en partie les provocations pourries de certains acteurs médiatiques tel ce grand connard de Jeremy Clarkson de Top Gear ( ici ). Et parlons pas d' une probable, mais faible, influence sur le Brexit. Observez bien mes chers compatriotes français, chez nous c' est pas Oasis mais d' autres (Trois Café Gourmand pour la version niaise, Michel Sardou ou Patrick Sébastien pour la version crue). Il faut aussi bien se rendre compte que derrière ces critiques justifiées il y avait également, et toujours, un fort relent de racisme de classe à l' égard des deux prolos Mancuniens. Ce qui est aussi valable en France ainsi Hanouna n' est-il pas simplement que la version prolo Beauf raciste du bourgeois Quotidien raciste socialement de Yann Bartes? C 'est un fait que je constate encore de nos jours. Une vision bourgeoise continue d' égratigner, de caricaturer et de vilipender Oasis alors qu' à y regarder de plus près l' aspect réac de leur musique n' a rien à envier à celui de Blur ou d' autres à la même époque. Et pourtant. Blur s' en sort mieux et je pourrai vous ressortir les interviews de Damon Albarn et vous seriez assez surpris de certaines positions égocentriques et réac musicalement. Mais ce qui s' est observé cet été est bien différent. Pour cela il fallait commencer par observer leur publique. Alors oui il y avait pas mal de quadra ou quinqua bedonnant la bière à la main qui beuglaient les refrains. Mais pas que. Les trois cinquièmes dixit la presse Brit. L' assistance n' était pas si fortement majoritairement masculine qu' attendue. Loin de là. Beaucoup de femmes. Pas non plus très âgé ce publique. Certains observateurs anglais ont parlé de "véritable catharsis intergénérationnelle" ( par là ). Même si on ne se doute pas que la jeunesse des certains mâles n' empêche pas les tendances débiles liées au masculinisme. Comment alors cela pouvait-il être de la sorte cet accueil très diversifié dans sa composition alors que la caricature veut depuis 30 ans nous faire penser qu' Oasis n' est qu'un truc de vieux (ou jeunes) cons, blancs, réac et racistes? Si en plus on scrute les réseaux certains vont pas s' en remettre devant l' âge et le sexe de certaines fans assez actives. Des gamines assez féministes et souvent métisses ! Dans certains stades les observateurs ébahis ont donc constaté cette improbable confrontation pacifique de la culture machiste Lads 90's avec le monde et les aspirations Post Me Too de 2025. Cette poussée de fièvre chez certains jeunes et femmes peut elle simplement être le signe de repli nostalgique vers une époque glorifiée faussement? On pourrait le penser et ça c' est déjà vu. On peut très bien imaginer qu' il ne s' agirait que de blanches racistes regrettant le bon vieux temps où les charts n' étaient pas squattés par le R'n'b et le rap. Alors quid de ces filles métisses des USA, de Santiago du Chili, d' Australie et des cités anglaises qui se ruèrent aux concerts? Ou bien? La nouvelle génération de fan ne cherche-t-elle pas finalement la même chose que ce que le jeune type corrézien alors âgé de 20 ans qui écrit ces mots s' était mis en quête en 1994? Oasis, pour moi et d' autres, autrefois comme maintenant, c' était pas que ça. Les paroles de Noel, aussi caricaturaux, clichés et simplistes qu' elles étaient, répondaient à nos aspirations bien plus saines et heureuses que ce j' ai décrit plus haut. Des mots portés par une musique certes fruit d'un simpliste assemblage d' influences mais d' une puissance absolument ravageuse. Oasis en 1994-1995 ce n' était donc pas qu'un repli culturel rétrogaga. C' était aussi une volonté confuse mais sincère de changer le monde comme l' avaient réalisé (en partie) leur deux influences principales, The Beatles pour l' art du songwriting et les Sex Pistols pour la déflagration sonore Punk. Une pensée radicale au sens politique. Leurs chansons exprimaient un désir de solidarité après l' individualisme Néo-libéral du Thatchérisme. Les instants de communion collective de 95 comme ceux de 2025 illustrent cela assez bien. Une volonté d'une meilleur démocratie dans laquelle les classes ouvrières pouvaient enfin espérer un quotidien meilleur après des années de mépris, de casse sociale et sanitaire. Et c 'est bien cela que probablement les jeunes générations recherchent. Elles ont flairé la même odeur de souffre révolutionnaire que moi en 1994. Et cette odeur malgré toutes les conneries Gallaghiennes et médiatiques agissants tel des désodorisants masquant n' a pas disparu. C' est donc aussi une certaines affirmation de désirs de changement sociaux économiques et sociétaux dans une société sous domination du Capitalisme tardif mâle et blanc. Le soubresaut d' un camp dans la lutte de classe qui, malgré tout ce qu' a pu mettre en place la classe dominante (souffler sur les braises des tensions ethniques et jouer du racisme sociale), n' a jamais cessé de demeurer bien présent dans les esprits. Alors on verra bien ce que ça donnera tout ça mais au moins profitons de ces rares instants de réelle communion inter générationnelles, ethniques et sociales. « Nous avons besoin les uns des autres / Nous croyons les uns en les autres » ("Acquiesce") PULP, agréable retour sans trop de nostalgie. Il y a de ces retours qui amènent avec eux une forte appréhension. Vont-ils ne pas être pitoyables ? Avoir mal vieilli? Pire. Des retrouvailles inutiles ne risquent elles pas finalement de faire blêmir les beaux souvenirs. De les parasiter. Et que ces souvenirs étaient grandioses car Pulp n' était rien d' autre que le meilleur groupe Britpop. Oubliez la pathétique guéguerre Blur Vs Oasis que l'on vous a raconté à longueur de documentaires. Ces deux groupes arrivent en quatrième ou cinquième position dans mon cœur. Pulp pour son retour discographique a évité deux écueils. Celui de faire du Pulp de 95. Cet étrange hybride Indie Disco terriblement aguicheur et pervers. Ou alors d' assumer cyniquement d' être devenus d' anciens combattants se contentant de faire fructifier l' héritage sans chercher à évoluer. Et pour ça, Jarvis Cocker qui fut l' un des rares cerveaux Britpop, possède la réponse. La même depuis plus de 40 ans. Du cul, du cul, du cul. Mais du cul de gauche ! Le sexe morbide, rigolo ou triste, comme outil de lutte des classe. Dans "Spy" on se souvient avec délectation d' un Jarvis rêvant qu' un bourge qu' il cocufie le surprenne avec sa moitié en plein acte. On évitera de trop évoquer le voyeurisme pervers de "Babies" qui choque encore même un rude comme moi. Le coup du type caché dans une armoire qui observe sa sœur le faire avec un garagiste, franchement Jarvis! C 'était ça l' arme secrète de Pulp. Celle qui infiltra les charts et dorénavant la nostalgie comme chez Oasis dans une version un brin moins réfléchie mais tout autant authentique. Et c' était peut être aussi ça qui aguiche la nouvelle génération. Une génération Post Blair qui n' a connu que le Néo Libéralisme et les revivals déversant des groupes bien plus fades ou caricaturaux sur le sujet. Le type a 60 balais et parle de cul d'une manière tout sauf plan plan à la boomer. Personnellement je suis encore étonné des tabous actuelles. Le cul, oui pour vendre des produits ou de la Pop, mais surtout pas quand il s' agit du notre. Avec "More" Cocker nous parle donc encore de cul mais toujours à sa manière et en n' oubliant pas qu' il n' est plus le trentenaire de 95 mais un sexagénaire. Et oui, les vieux ça baisent. Et visiblement ça fait pas que ça ( voir ici ). Cocker assume son âge mais aussi l' époque qui l' a vu concevoir cet album bel et bien encré en 2025. Ainsi "More" navigue entre perplexité et désarroi très 20's quand "Different Class" optait pour l' affirmation sarcastique et la confrontation au banal réac et au cynisme du quotidien 90's . L' angoisse de la mort d' un sexagénaire rencontre celle de la nouvelle génération qui hérite des relents réac fachistes autoritaires du Capitalisme tardif et d' une planète se mourant. Si il y a de la nostalgie pour le bon vieux temps elle n' est pas trompeuse et ne sert que de révélateur sain de la rudesse du présent. Pas du prétendu "bon vieux temps". Pas vraiment nostalgique justement au sens du repli sur soi. Chaque chanson avoue que le retour en arrière est impossible et surtout qu' il n' est qu' un leurre. Ainsi "Spike Island" abordant le concert mythique du même nom des Stone Roses en 1990 sonne assez juste. Les paroles assez drôles trahissent qu' après la fiesta Madchester et la branlitude Britpop la gueule de bois fut sévère. Le clip de "Go To Have Love" et son clin d' œil à la Northern Soul est certes teinté de regret d' une époque mais affirme que ,sans la copier, on pourrait revivre encore des instants assurément tout aussi forts à condition qu' ils soient volontairement différents. Et que cela ne dépend que de nous. Les spectatrices d' Oasis en ont eu un bref aperçu. La palette stylistique est plus grande que par le passé. Pulp semble naviguer dans l' héritage Pop britannique tout en n' hésitant pas à s' aventurer en terres inconnues. L' échec de "We Love Life" est digéré et le récent disque semble être la synthèse de ce dernier avec "This is Hardcore". Beaucoup de cordes ou de guitare Chamber Pop évitant la grandiloquence d' autrefois. Ennio Morricone plane tel un spectre. Pulp a continué d' évoluer mais en gardant cette magie qui n' appartient qu' à lui. Celle qui voit l' intime côtoyer l' étrange, la Pop accrocheuse rencontrer le plus raffinée et un goût certain du risque et de l' anticonformisme. Entre Mainstream et underground. On a souvent dit que c' était Radiohead qui avait ouvert la voie (percée par Oasis en premier temps) à ce que l'on appela plus tard l' Overground, quand ceux de l'underground tapaient l' incruste dans le monde pourri des charts du Mainstream et y apportaient un peu de sincérité et de fraîcheur. L' étrangéité de la musique de Pulp, cette Disco version Indie et So British sous le haut patronage de Scott Walker (de Brel donc!) , alliée à la personnalité si non conformiste de Cocker , furent les vrais premiers coup de butoir de l' underground. Avec ceux du groupe qui suit. "More" est, sans être du même acabit que le trio génialissime "His'n'Hers", "Different Class" et "This is Hardcore", le quatrième meilleur disque d' un groupe qui en compte 8 et ce après 47 ans d' existence. Chapeau ! Apportera-t-il aux jeunes générations ce quelque chose permettant de passer l' étape suivant l' épisode estival Oasis? Pas sûr. Mais assurément retour réussi. A moins qu'il ne s' agisse certainement d' un touchant adieu. Mais ce n' est ni Pulp et encore moins Oasis qui ont gagné la deuxième bataille de la Britpop. Parce qu' il s' est bien jouée une bataille cette année. Celle autour du revival Britpop. Une bataille idéologique et musicale autour d' une question essentielle. Peut-on se passer de la nostalgie quand on est un vieux groupe? Saine ou putride. Peut-on participer au présent et anticiper activement le futur quand l' âge amène un risque de déconnection et d' absence d' action concrète? Oh bien sûr médiatiquement Oasis a tout écrasé. Bien sûr que le soir du 17 Aout du côté de Saint Malo Jarvis et ses amis ont reçu un accueil digne de celui de bons rois déchus en exile. Ne parlons pas non plus des incessants retours de Blur qui ont bien moins d' impact. Sociétaux, médiatiques et artistiques. Et encore moins des feignasses de Supergrass qui ont toujours bénéficié de bien plus d' indulgence qu' Oasis alors qu' ils ne cessent de jouer sur la corde nostalgique et lucrative sans même tenter un vrai disque depuis bientôt 6 ans . Juste une question, malgré leur excellent songwriting et single parfaits, ils ont produit quelque chose de neuf artistiquement les Supergrass? Non, comme Oasis. Au moins je me dis que la déesse Justine Frischmann a su partir à temps avec Elastica. Dès le début en fait (LOL). Mais voilà. Depuis deux ans un autre groupe ne se contente pas d' un simple retour scénique réussi ou d' un comeback discographique que l'on jugera juste bon et agréable comme celui de Pulp. Depuis deux ans ce groupe ne fait rien d' autre que de pondre deux albums susceptibles de tenir la dragée haute à ceux de leur heure de gloire 90's. Un groupe qui tape l' incruste dans les palmarès de fin d' année au milieu des jeunots avec une musique assez renouvelée et différente de celle d' autrefois pour ne pas jouer sur une quelconque fibre nostalgique. Une tel longévité à un tel niveau artistique je ne vois qu' un Nick Cave ou une PJ Harvey qui eux aussi ont eu des trous. Mais des trous moins profond qu' Oasis ou Pulp. Il y a donc bel et bien un groupe qui a su évoluer et garder une force et une lucidité absolue suffisante pour parler de l' époque actuelle car profondément resté totalement connecté à cette terrible époque. Mais comment pourrait-il en être autrement. Les grands vainqueurs du pseudo Revival Britpop ne ce sont justement que ceux qui avaient allumé la mèche Britpop en 92. Et qui s' en sont assez vite distancié fort judicieusement. SUEDE LE grand groupe romantique surtout pas nostalgique. Pouvons-nous parler de miracle? Peut être pas. Peut être plus du tout. Suede vient de sortir son 10 ème album en 36 ans d' existence et plutot que de me répéter je vous invite immédiatement à allez relire l' article concernant le précédent de 2022 ic i avant de vous attaquez à ce qui suit. Donc "Antidepressants" succède au génial et surprenant "Autofiction". Il l' égale voir plus. Encore plus brut, plus mordant, anguleux et maîtrisé. Suede vit une seconde vie comme rarement dans l' histoire du Rock. Si vous en êtes resté à la magistrale trilogie des 90's "Suede", "Dog Man Star" et "Coming Up" alors à l' instar d' "Autofiction" vous allez prendre une claque terrible de fraîcheur. Ainsi suite à la sortie et ma chronique sur "Autofiction" j' avais rencontré un bien et rarissime étrange phénomène. Des connaissances (ou pas) de ma génération (ou des suivantes) avaient aimé ce disque mais reconnaissez qu' ils n' avaient auparavant jamais eu d' affection pour ce groupe et sa musique. Comme je l' écrivais en 2022 Suede a toujours porté comme un fardeau la hype qui avait accompagné ses débuts et l' aspect réac de la Britpop dont ils se sont toujours senti étrangers à juste raison. Les deux derniers disques vont évacuer les appréhensions et faire taire les mauvaises langues. En 2022 Bret Anderson désignait "Autofiction" comme leur disque "Punk". Cette année il décrit le dernier album comme étant leur disque Post Punk. On ne peut qu' être en accord tellement les références vont se succéder. Et oui la musique de Suede a toujours été hyper référentielle et les accusations de " Bowie du pauvre " si elles ont toujours été un brin justifiées ne peuvent pas tout expliquer ni même résumer leur musique. Ce n' est pas un groupe revivaliste, post moderne dans un sens, comme tous les autres. Siouxie & The Banshees, Magazine, Public Image Limited, The Chameleons. Quand Anderson et sa clique s' attaquent au Post Punk le référentiel est très riche et pas si usité que ça par les vagues Revival précédentes. Pas aussi bien maîtrisé. Suede fait la leçon à tous les Murder Capital, Idles, Fontaines.D.C. et compagnie. Et ne parlons des Rakes ou d' Interpol. Tous ces fossoyeurs du Post Punk depuis trente ans. Et c' est bien là que l' on perçoit un savoir faire inégalée chez les autres formations revivalistes et Britpop. Sauf bien sûr le Pulp de l' âge d' or. Oui Suede s' inspire du Post Punk en 2025 comme de Bowie en 1993. Mais quelle maestria dans l' art de faire du neuf avec du vieux. Surtout en désirant sans cesse renouveler ses influences donc son style tout en gardant son identité fortement iconique. Quoi qu' ils fassent, ça pourrait être un détonant virage expé ou Drum & Bass ou Deconstructed Club, rigolons un peu, ça resterait du pure Suede. Ils sont incapables de se reposer sur leurs lauriers nostalgiques. C' est un groupe régénéré depuis trois ans qui individuellement ne cesse de vouloir progresser techniquement comme artistiquement. Le plus bel exemple est Matt Osman. Assez bon aux débuts il devient grandiose depuis trois ans en imposant un jeu de basse où simplicité et intelligence se marient à merveille. L' entente avec Simon Gilbert qui reste l' atout maître du groupe depuis toujours semble elle aussi avoir progressé. Quant à Richard Oakes il y a bien longtemps qu' il a égalé jusqu' à dépassé Butler (le guitariste originel). Moins guitare héros que son prédécesseur il offre toujours cette efficacité imparable avec ses compos. Le dernier disque démontre encore toute l' ambiguïté que Suede porte en lui tel un étendard. Une ambiguïté qui peut être à entrainer en erreur les non fans des débuts. Glamour au possible, ce qui est déjà un luxe les années passant, ils sont également garant d' une authenticité si précieuse par les temps qui courent. Suede touche encore et toujours au plus profond de l' auditeur, rentre dans votre intimité comme peu de formation, et en même temps, possède un don du spectacle rare. Du glamour réaliste en somme. Selon Anderson "Antidepressants" offrirait une musique brisée pour gens brisés". Ça l' est véritablement tant ce mélange de tensions extrême et d' euphorie aident à combattre la déprime générée par la vie moderne. Les paroles lyriques et profondes d' Anderson et cette musique vaillante ne baissant jamais la tête servent d' armures et de béquilles contre la paranoïa, l' anxiété et la névrose que ce monde nous balance à la face. Eux aussi participent à la lutte des clases comme Cocker et les Gallagher mais peut être encore plus frontalement derrière les apparences romantiques et glamours trompeuses. Plus lucidement. Et puis au sujet des connotations virilistes racistes et homophobes dont la Britpop fut porteuse à partir de 95-96 Suede a affiché en étendard à la suite de Bowie une androgynie et un antiracisme fort quitte parfois à en faire trop (certaines déclarations d' Anderson). Ne jamais oubliez qu' à leur suite les premières formations comportaient souvent des leaders féminines (Elastica, Sleeper, Lush), homosexuels ou bisexuels (Gene) ou issu de l' immigration (Echobelly) et que chacune luttèrent ouvertement contre les préjugés tenaces. Donc la Britpop raciste et homophobe, oui malheureusement, mais pas aux débuts. Les tics Bowienesques survivent évidemment avec ce parlé posé sur la musique mais Anderson s' aventure aussi avec maestria et par grandes enjambées sur les platebandes de la critique sociale d' un Mark E Smith et celles très éloignées car très romantiquse d' un Robert Smith. Le truc qui change pas c' est l' art unique de la ballade, du slow alternatif ! Ici on a deux titres susceptibles de provoquer bien des rapprochements. Glamour et romantique je vous dis. Suede ne regarde pas dans le passé comme Pulp et les autres de la Britpop mais vit surtout dans le présent. Il est connecté au monde qui l' entoure comme il l' a toujours été. Oui il emprunte aux aînés mais toujours dans volonté d' être efficace, pertinent et assurément combatif. Peu importe les influences, les ressemblances et le courant emprunté. Ce groupe a une personnalité qui transcende tout. Les instigateurs puis sauveurs du piège Britpop. OUI. Le meilleur groupe "Britpop" en 2025 OUI Le disque Rock de l' année? OUI. BONUS TOP 20 BRITPOP D' abord les deux pierre fondatrices de l' édifice Britpop. THE LA'S The La's THE STONE ROSES The Stone Roses Influences considérables. Si le Roses peut paraître éloigné par son psychédélisme et ses influences Funk proche de la culture Rave son poids en tant qu' œuvre à gros succès provenant de l' Indie décomplexa les Oasis, Pulp, Suede et compagnie. Quant au La's c' est l' évidence absolue. Tous les groupes Britpop les revendiquèrent comme étant les précurseurs ultimes. PULP His'n'Hers PULP Different Class SUEDE Dog Man Star SUEDE Suede OASIS Definitely Maybe ELASTICA Elastica SUPERGRASS I Should Coco BLUR Parklife OASIS (What's The Story) Morning Story THE AUTEURS New Wave PULP This Is Hardcore SUEDE Coming Up SAINT ETIENNE So Tough Bien sûr qu' il ne s' agit pas stylistiquement de Britpop tant la palette d' influence est riche et variée. Les vagues Acid et Madchester se font ressentir, deux courants que la Britpop rejeta. Mais que Saint Etienne est terriblement So British. Un condensé de culture populaire. Prenez sa présence dans ce top comme un fantasme personnel de ce qu' aurait pu être la Britpop si elle n' avait pas possédé ses œillères. LUSH Lovelife SUPER FURRY ANIMALS Fuzzy Logic THE VERVE Urban Hymns THE CHARLATANS Tellin' Stories Note importante . Que ce soit pour eux comme pour les suivants, il ne s' agit pas de leurs meilleurs albums. Ceux-ci ne concernent pas vraiment la Britpop, les Charlatans étaient à leurs débuts très Madchester et les Boo Radleys entre le Néo Psychédélisme et le Shoegaze. Mais avouons que leur passage à un autre style confirmèrent leurs talents certains. THE BOO RADLEYS Wake Up CORNERSHOP When I Was Born For The 7th Time Même remarque que pour le Saint Etienne. L' Angleterre des 90's c' était aussi ça n' en déplaise aux crétins racistes. BLACK BOX RECORDER Avec ce disque l' un des instigateurs involontaires, Luke Haines, enfonça en 98 le clou dans le cercueil d'une Britpop tombée dans un océan de cocaïne, de virilisme et d' arrogance égocentrique. Ce disque lui balança en pleine poire certains aspects de la société anglaise que la Britpop ne voulait plus voir ou avait caché.
- FAST SELECTION N° 7. Anna Von Hausswolff, Geese, Alpha Maid, Blawan, Dania, Authentically Plastic, Akira Umeda & Metal Preyers
Anna Von Hausswolff Quoi de neuf depuis Septembre mais qui n' aura pas de vraie chronique faute de temps. GEESE GEESE va truster les classements mondiaux de fin d' année. Quand j' écris mondiaux comprenez bien que le monde Anglo-Saxon toujours assez égocentré. Face à l' abatage médiatique votre serviteur a pris son temps. Les rares fois qu' il avait entendu du Geese c' était pas vraiment la claque. J' irai même jusqu' à dire que l'insulte préférée a surgi, RETROGAGA !!! Leur "3D Country" portaient trop en lui de senteurs vintages. Ils possédaient certes certaines qualités inconnues du reste du troupeau Rétro comme par exemple cette façon d' avoir des structures partant dans un peu tous les sens. Il y avait bien une folie inédite pour un exercice qui tenait autant du Classic Rock que de la Country Alternative et du Southern Rock. Mais ce n' était vraiment pas comparable avec les formations réellement avant gardiste que ce blog adore comme YHWH Nailgun, Gilla Band, Moin ou Still House Plant par exemple. En début d' année le leader Cameron Winter sortait un disque solo ("Heavy Metal") à la vulnérabilité surprenante par des paroles qui ne pouvait qu' interpeler par ici. Le type écrivait un truc sur les Rolling Stones, originalité 0 depuis 50 ans, mais ce qui aurait du être anachronique en 2025 et surtout complètement pathétique venant d' un garçon de son âge me bouscula. Oui il reconnaissait regarder trop dans le passé et en même temps faisait preuve d' une sincérité et d' une lucidité rare chez les rétrogagas. Le passé n' est pas pour lui un cul de sac nostalgique dans lequel s' abriter mais une arme pour décrire les sentiments et le monde d'un mec de la génération Z. Question style bien sûr que l' on pouvait pas dire que le truc innover tellement on naviguait dans une espèce de Chamber Folk mêlée de Soul et d' Americana. Autant retourner écouter la plus moderniste et elle aussi Americana Ethel Cain. Charmant et déchirant mais musicalement rien qui vienne illustrer la lucidité de son constat sur ses amours Rétro et leur travers. Et boum "Getting Killed" déboule et surprend jusqu' à plaire et troubler. Déjà ce qui commençait à transparaître dans le précédent album du groupe apparait et éclate à la gueule des neuneus rétro. Une diversité stylistique énorme. Psychédélique, Krautrock (!!!???), une vivacité d' esprit Punk (!!!???), des sales manies Post Punk ou Electro-Disco et même un petit courage en terme d' expérimentation. Alors bien sûr l' emballage sonne comme de "bon vieux" Classic Rock & Blues, de la "bonne vieille" Country" et même de la Soul/Funk en arrière plan. Mais non seulement ça se laisse écouter mais en plus cela devient passionnant. Passionnant parce que si même Cameron Winter est un indécrottable Rétrogaga il a bien compris que le machin ne peut plus durer. Qu' il risquait de se déconnecter de son époque. Alors lui et ses potes ont mis les paroles de son ""Heavy Metal" en raccord avec la musique. Toujours cette voix émouvante et ces paroles déchirantes sur notre époque mais accompagnées d' une musique libre de réinterpréter le passé à sa guise. Ils ont pris les vieux grimoires et après avoir déchiré et découpé les pages nous offre une nouvelle version du Cut Up. Mais quoi de plus normal parce que le secret de Geese n' est rien d' autre que leur origine et lieu de vie. Une ville cosmopolite stylistiquement et ethniquement en matière de musique qui ne permet pas aux rétrogagas de s' enfermer dans une case étroite trop longtemps. New York. Alors bien sûr ça ne sera pas le disque de l' année par ici. Pour sûr. Mais au moins cela peut être la chance du Rock Indie d' offrir une porte de sortie plus accessible afin d' en finir avec les revival bêtas. J' aurai pu en faire une vraie chronique mais justement. Coller Geese à côté de ce qui va suivre est pour le coup bien plus pertinent. Comme pour une playlist, balancer du facile puis amener délicatement du complexe. ALPHA MAID j' imagine juste le fan un peu trop rétrogaga qui tombe sur cet article via sa passion pour Geese et qui va écouter ce qui suis. J' en bave déjà. Ce fan justement ne doit pas connaître le label Ad 93. C' est con, c' est pour moi le label de l' année 2025. Moin ( ici ) , la délicieuse James K, YHWH Nailgun ( par là ), Joanne Robertson et Valentina Magaletti (avec YPY). Excusez du peu mais tous ces albums vont être classés par ici en fin d' année. Tiens en parlant de la plus grande batteuse du moment, Magaletti (Moin), elle collabore aussi dans le premier album de Leisha Thomas aka Alpha Maid. Et pas qu' elle. Coby Sey. Et encore une fois il s' agit dans ce blog d' une proche de Mica Lévi. Tout ce qu' repère ou touche Lévi ce transforme en or. Alpha Maid sort son premier album "Is This Queue" et c' est une pépite. A peine trente minutes de musique mais une densité hallucinante d' expérimentations. Ici aussi les guitares renaissent et sortent du ghetto rétrogaga. Il faut rajouter un grand nom pour finir de présenter cette londonienne. Tout au long des 9 titres plane le goût du risque et le désir de singularité de la reine Klein. Avec Alpha Maid on ressent pour la première fois chez une jeune artiste le poids de l' une des stars de ce blog. On peut aussi dire que la jeune fille doit kiffer d' autres star DWTN tel Dean Blunt mais aussi les vieilles références absolues tel This Heat, Sonic Youth, Slint et Black Dice. Sa guitare faussement brouillonne vagabonde à travers les âges et les territoires. Elle vagabonde mais affirment avec force. C' est DIY et intime mais puissant. Chaque titre surprend par le style d' expérimentation choisi et pourtant c' est une vraie et très forte personnalité qui se dégage. Et comme chez ses amis on repère cette belle manie de prendre dans le passé, d' étirer, de dépecer puis enfin, de plonger dans une vapeur composée de Dub et d' Hypnagogic Pop. Merveilleux et perturbant. BLAWAN A-t-on perdu ou guéri le fan Rétrogaga de Geese? Pas encore? Alors on tape plus forte et rien de mieux que de la Techno. Enfin presque. Jamie Roberts aka Blawan à l' instar d' Alpha Maid a pris son temps. Depuis plus de dix il traîne ses guêtres dans les sous-sols de la Techno Industriel. Il a même rencontré un certain succès par l' apparition de certains titres dans des mix grands publiques. Mais il s' en foutait et a très vite coupé les ponts avec un buzz médiatique qui voulait de plus en plus de lui. Bien lui en a pris. Ça tabasse, ça prend aux tripes et ça vous recrache sur le Dancefloor en lambeaux. Et surtout ça innove ! En lorgnant sur le Grindcore et en faisant trempé ses rythmiques dans un bain d' acide Glitch jusqu' à les rendre épileptiques à force de saccades, Blawan redonne un gros coup de tatane au cul d' une électro qui commençait à se reposer sur ses lauriers Deconstructed Club. Au sujet de cette dernière on ne peut qu' être sûr que l' anglais s' en inspire et à l' instar d' Aya ( ici ) la sauve littéralement du sur place. Cherchez pas la tuerie Dancefloor novatrice de 2025, C' est Blawan ! DANIA Après la castagne Dancefloor il est venu le temps des caresses pour le fan Rétrogaga de Geese. Dania c' est dans le civil Dania Shihab. D 'origine Irakienne elle a vécu une grande partie de sa vie en Australie en poursuivant une carrière de médecin urgentiste. Dorénavant localisée sur Barcelone elle poursuit en parallèle une brillante carrière de musicienne Ambient. Jusqu' à présent son travail passait tour à tour de l' A Capella et la chorale au collage sonore à une électro acoustique fricotant avec des Drones, le Dark ou le New Age. Son quatrième album intitulé "Listless" la voit osciller vers la DreamPop et le Trip Hop. Le mélange n' est pas nouveau ces derniers temps et Dania fait mouche et touche là où ASO et Hysterical Love Project nous avaient ému en 2024. La spécificité de ce disque est qu' il a été composé en grande partie après les douze coups de minuit. Mais étrangement les nuits de l' urgentiste en Tasmanie semblent bien douce. Peut être le calme après la tempête vous suggèrera le soignant expérimenté. C 'est un disque apaisé qui prend tout son temps et qui semble être un rêve éveillé mélancolique. Dana qui reconnait venir d'une culture où chanter ça ne se faisait pas ou alors en douce, nous susurre et nous berce souvent quand elle ne nous élève pas parfois. A chaque titre on se dit que l'on connait par cœur ce son depuis des années mais malgré cela on craque littéralement. Parfois c' est My Bloody Valentine, Seefeel et surtout Bowery Electric pour le tout premier croisement SHoegaze/Trip Hop qui revient à l' esprit. Merveilleux. ANNA VON HAUSSWOLFF Je ne sais pas si c' est l' époque ou l' écoute assidue de Maruja mais j' ai des envies de grandiloquence. De maximalisme. De bruit, de colère et d' émotion. Quitte à ce que ça en fasse trop. Anna Von Hausswolff m' a surpris cet automne. Je connaissais déjà et si il m' arrivait d' écouter son Neo Classical Dark expérimentateur je n' éprouvais pas pour autant l' envie de le partager. Peut être par peur d' effrayer ou de faire rire tant ses chants grégoriens enveloppés de Drone pouvait rebuter et effrayer. 15 ans de carrière avec 5 albums au compteur et la suédoise se décide à tutoyer d' autres univers plus accessibles. A se faire plus avenante. Alors je préviens. C 'est lyrique au possible et parfois on peut se dire que ça en fait trop. Puis en un instant, d' une caresse de sa voix puissante, par un arrangement plus léger, une texture délicate, elle nous prend la main et nous emporte dans son tourbillon. Sur le tout récent "Iconoclasts" elle allie son baroque Dark et ses arrangements classiques à des sonorité plus rock ou plus précisément elle s' empare des envolées Post Rock et en fait quelque chose d' encore plus grandiose. Elle fait verser son songwriting aventureux et téméraire vers une Pop décomplexée. Et toujours cette voix qui transperce tout sur son passage. Elle en a fait une arme de destruction massive avec ses cris, ses gémissements et des hululements venus du tréfond des âge. Viscérale à souhait l' union de son orgue avec lequel elle compose, l' orchestration Rock et surtout le saxo d' Otis Sandsjö évoque une version Néo Classique par ses arrangements des déjà cité Maruja. Sauf que souvent le saxo apaise entre deux tempête émotionnelle. La belle quadra suédoise a déjà été croisée avec la toute aussi belle Ethel Cain et ce coup-ci tape très fort en matière de collaboration jusqu' à nous offrir le meilleur titre chanté du vieux Iggy Pop depuis plus de 15 ans. Un titre très très Nick Cave par ailleurs mais quoi de plus normal puisqu' elle l' a côtoyé. C 'est un disque portant sur la séparation mais aussi sur les ambiguïtés de la maternité. Touchant, parfois mystérieuse, parfois violente par la force de son ton, elle ne peut laisser indifférent. Ça passe ou ça casse mais pour le moment et depuis un certain temps, ça passe allègrement. Faut juste pas abuser. Et pour finir quoi de mieux que de terminer notre voyage par une bonne vieille adresse, celle de nos potes pour toujours de Kampala en Ouganda ( voir ici ). AUTHENTICALLY PLASTIC Son "Raw Space" de 2022 avait été encore une belle occasion de tisser encore des lauriers au label Hakuna Kulala. Ses polyrythmies lorgnant sur le Gqom et s' inspirant de l' IDM d' Autechre avec une légère touche très British.0 à la Dean Blunt commençaient à nous manquer. Authentically Plastic nous revient avec "Rococo Ruine" . Encore plus frontal, encore plus apocalyptique encore plus tripant. Et surtout encore plus révolutionnaire tant il n' en fini pas de redéfinir la science du rythme. S' appuyant sur ceux créés pour "Raw Space" il les déconstruit pour les réassembler et les répéter encore plus rapidement et régulièrement. Voilà pour l' ossature susceptible de faire bouger le croupion à n' importe qui parce qu' il faut aussi constater que l' enveloppe est elle aussi en mutation et va bousculer tous nos esprits. Ses synthés attaquent de toute part, entre la Trance et CyberDub. Il n' en fini pas de nous propulser dans d' autres univers à moins qu' il s' agisse de pouvoir hallucinogène diabolique. C' est un psychédélisme revigoré. Musique à la fois dystopique et combative, une véritable danse de Saint Guy à la sauce ougandaise. Perfect A présent allons voir du côté de la maison mère d' Hakuna Kulala, Nyege Nyege, sans pour autant quitter le psychédélisme version africaine. AKIRA UMEDA & METAL PREYERS Et encore une fois un voyage psychédélique à nul autre pareil. De ces disque qui vous hâpent et dont on risque ne pas en ressortir. Ou alors en n' étant plus le même. Jesse Hackett et Mariano Chavez aka Metal Preyers reviennent avec une nouvelle collaboration. Akira Umeda, artiste japo-brésiliens spécialisé dans le collage a osé se confronter à ces deux producteurs géniaux et le résultat est sidérant. On a quitté un instant l' Afrique de l' Est pour s' enfoncer dans les profondeurs en quête d' un continent inconnu au confluent de l' Asie et du Maghreb. Les mélodies d' une simplicité ahurissante mais emportent, font frémir et vous transforme. Des voix synthétisées fantomatiques , des synthés glaçants, des rythmes entraînants. Trip psyché Dark, palpitant et terrifiant, charnel et voluptueux. Et une pochette magnifique. L' une des plus belles de 2025.
- FAST SELECTION N° 5. Voice Actor, Moin, Nazar,Black Country New Road, Kara-Lis Coverdale, Stereolab
Noa Kurzweil aka Voice Actor Parce que l'on a pas toujours le temps pour offrir de longues et complètes chronique , voici une revue rapide des coups de cœurs du moment Pour commencer attaquons nous à l' une des artistes parmi les plus singulières de ces dernières années. VOICE ACTOR Il y aurait tant à écrire au sujet de Noa Kurzweil aka Voice Actor. La magie de ma première fois avec cette résidente de Sheffield. L' improbable "Sent From My Telephone" découvert à la fin 2022. Disque de chevet absolu tant il m' a aidé à affronter la solitude et tant il a panse les plaies de beaucoup d' autres. Je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ces 109 titres soit un peu plus de 4 heures de musique. 4 heures d' une beauté absolue mais aussi de pure Bien être auditif. Et l' expression n' est vraiment pas galvaudée puisque Voice Actor utilise pour sa voix et certains instruments des techniques provenant de l' ASMR ( ici ). Mais stoppons tout de suite ceux qui ne voudraient résumer cette musique qu' à ses bienfaits sur la santé. Voice Actor artistiquement est aussi l' une des plus passionnantes propositions depuis longtemps. Naviguant au confluent de l' Ambient, du Spoken Word et de l' Hypnagogic Pop elle crée un univers proche des rêves dans lequel chaque son prend un relief inimaginable et susceptible d' émouvoir. Si le premier avait été produit avec l' aide de Levi Lanser et son successeur "Fake Sleep" n' étant rien de moins que sa version allégée à seulement 16 titres, le récent "Lust (1)" est marqué par le départ de Lanser au profit de Squu. Plus épuré et peut être aussi bien moins éparpillé stylistiquement il voit Voice Actor expérimenter d' avantage. Plus porté sur le Tri Hop, le Dub électro et la Downbeat Ambient qu' elle prend un malin plaisir de déconstruire par instant, il s' en dégage toujours cette sensualité si particulière liée à une inventivité rare. Peut être encore plus vaporeux et narcotique c' est une nouvelle occasion de découvrir cette ensorcelante voix pleine de grâce qui par stimuli donne cette sensation de bien être absolue. En bonus le divin marathon sonore "Sent From My Telephone" et ses 109 titres. L' une des plus intéressantes expériences musicales de ces dix dernières années. BLACK COUNTRY, NEW ROAD. On en a connu des groupes coupés en plein vol par la perte de son leader. Souvent c' est signe de mort mais parfois c' est l' occasion d' un nouveau départ. L' exemple Joy Division/New Order reste à jamais le plus bel des exemple. En 2022 les BC,NR perde leur chanteur Isaac Wood au moment même où ils sont en passe de changer de division avec leur espèce de mélange de Post Rock et Post Punk lyrique au possible. La chute fut rude et il aura fallu attendre trois ans pour le grand retour. Retour réussi et ce de l' une des plus belles manières . Changement complet de style musicale et expérimentation sans se reposer trop sur ses acquis même si quelques habitudes Prog subsistent. Bye Bye le Post Punk et bienvenue à la Baroc Pop tant chérie par ici. C 'est toujours lyrique mais ce coup-ci les petites manies d' en faire trop à la Arcade Fire ont disparu. Plus joyeux même si certaines paroles sont mélancoliques jusqu' à parfois frôler un étrange macabre, on découvre un groupe qui cherche et s' est remis en question profondément . Plus collectif et plus du tout planqué derrière Wood les BC,NR charme en évoquant le grand "Ys" de Joanna Newsom et sa Folk Orchestrale expérimentale. A d' autres moments la Baroc Pop rencontre un étrange Folk plus ancien si ce n' est pas l' art de la comptine à la Brian Wilson. Ce disque ne va pas plaire aux fans des deux premiers mais cela n' est pas grave et surtout pas mon cas tant j' avoue que jusqu' à présent ils n' étaient pas franchement mes préférés parmi la Windmill Scene . NAZAR Dans ce blog on ne s' est jamais totalement remis de son "Guerilla" (7ème du top 2020 et ici ). De ses belles manières Deconstructed Club s' attaquant au Kuduro sur un mode impressionniste et cinématographique. Le successeur "Demilitarize" tutoie les même sommets d' innovation. Les même intelligences et originalités rythmiques alliées à la même force en création psyhoactive. Il va falloir du temps pour digérer ce disque en provenance de l' avenir. Si il délaisse la guerre civile angolaise et ses traumatismes il s' attaque à des sujets tout aussi important comme la maladie, la résilience et l' amour. Alcides Simoes aka Nazar utilise toujours le Kuduro mais ce sont d' étranges réminiscences de Burial, Post Dubstep et RnB qui surprennent encore plus. Chef d' œuvre encore une fois. MOIN Moins d' un an après le numéro 1 du Top 2024 "You Never End" , Tom Halstead, Joe Andrews et Valentina Magaletti nous reviennent avec un Ep de 6 titres et comme toujours c' est une merveille d' innovation. Ce coup-ci le trio s' inspire un peu plus du Jazz comme l'indique la présence du saxophoniste Ben Vince. Mais résumer les aventures sonores de Moin qu' à une seule ligne directrice est bien sûr totalement stupide. Le jazz est cité, retravaillé, torturé pour être redéfini mais les Moin explorent encore bien des territoires. Les Post Hardcore, l' Indus et ce Funk si bizarre sont encore de la partie. Magaletti n' en finit pas de tutoyer les sommets expérimentaux et les deux gars se souvenant de leur expérience Rave et électro de nous offrir ce qu' auraient donné certaines idées et styles du passé avec les technologies et les us et coutumes de l' époque. Moin reste au dessus de la mêlée et nous entraîne toujours plus dans un glorieux futur. KARA-LIS COVERDALE Voici un retour très attendu. 8 ans se sont écoulés depuis la petite merveille "Grafts, ep d' un seul titre mais aussi important que tous les albums sortis la même année. Les créations magnifique de Kara LIS piochant dans le New Age, le Minimalisme et le Classique Moderne nous manquaient. Il fallait un successeur à "Aftertouches" mais surtout au magnifique "Sirens" de 2015 coécrit avec LXV. La canadienne vient de sortir "From Where You Came" et nous emporte encore une fois dans un univers infini. Plus inspiré du Classique et plus précisément de la Musique à Programme du XIXème ( ici ), ce disque aborde aussi les des marottes de l' artiste, le Jazz Spirituel et la musique sacrée. C 'est une musique hétérogène jouée avec un talent et une technicité hallucinants. Et les frissons de s' emparer de nous encore une fois. STEREOLAB Autre retour et celui la n' était pas également attendu ni même espéré pour être tout à fait honnête. Stereolab qui déboule et nous offre son 12 ème album et qui plus est une réussite, on aurait signé sans vraiment y croire. Lætitia Sadier et Tim Gane nous reviennent en grande forme avec "Instant Holograms on Metal Film". Sadier est revigorée et le temps ne semble ne pas avoir laissé de traces. Psychédélique à souhait ce disque est du Stereolab pure jus qui ne se répète pas vraiment. On retrouve bien cette Proto Hauntology Music qu'ils avaient réussi à imposer dans les 90's avant que Boards Of Canada ne la détourne vers d' autres territoires. Pop et à la fois expérimental, cultivé sans tomber dans la citation facile et les autoroutes de la nostalgie rance. Toujours ces même senteurs Krautrock, Space Age Pop et Lounge. ET surtout encore la preuve par Sadier que l'on peut chanter en français sans que cela cloche, suffit juste du talent et les Stereolab après près de 40 ans de carrière, en ont encore à revendre. Cool et émouvant.
- BETTY HAMMERSCHLAG, une émouvante inconnue au talent multiforme.
On ne sait pas grand chose de cette fille. Même pas sa nationalité. Mais une chose est sûr. On va la suivre jusqu' au bout du monde. Les recherches permettent juste de savoir que son "Fake Girl" est sorti sur le label écossais Blush et qu' elle traine pas mal sur internet. Une petite célébrité bien étrange en somme. Omniprésente sur le web, absente chez les journalistes et sites spécialisées dépassées. Sur Spotify et Bandcamp on lui connait plusieurs albums et singles mais ici encore on se perd à vouloir la cerner. Ses débuts en 2023 avec "Me & You" la voit verser dans une sorte de RnB assez alternatif avec une forte propension à flirter avec l' Epic Collage d' une Elysia Crampton ou d' un Chino Amobi. Et parfois c' est à Klein que l' on pense. Assez intéressant sans vraiment être original mais la suite va devenir franchement passionnant. Et la guitare présente de prendre de plus en plus de place. En accord avec la rare info selon laquelle la belle inconnue aime changer de nom et de style comme bon lui semble, elle opte un an plus tard avec le ep "Cold" pour une Ambient Pop éthérée confirmant ses tentations guitaristiques de plus en plus fortes. Et assez bizarrement on pense à une sorte de Durutti Column version 2.0. . On pourrait dire qu' il s' agit d' Ambient et de Folktronica pour faire simple mais en vérité ça va bien plus loin. Si selon la rumeur elle change de courant musicale à chaque sortie il s' avère que les influences s' accumulent jusqu' à se mêler les une aux autres d 'une façon assez inédite. Elle glisse des samples captivants aux milieux de d' envoutantes mélodies à la guitare. La voix autotunée et souvent délicate est toujours d' une justesse totale et nous offre la confrontation inattendue entre un Folk New Age et le RnB avec un soupçon de Trap. Nous assistons définitivement à l' émergence d' un nouveau courant qui était en gestation sur le net depuis un certains temps. Certains le nomme Cloud Folk et je trouve cela assez approprié. Ici on se souvient dans une forme proche du Bianca Scout l' an dernier pour le mélange des genre. 4 mois après Hammerschlag poursuit sa trajectoire sinueuse avec "Forever Young" et évolue encore jusqu' à toucher au plus profond des âmes. Truc étrange, encore un, ce disque est publié par le label français Si à la découverte de ce disque elle semble délaisser ses manies RnB et Epic Collage on s' aperçoit très vite qu' elles sont toujours présentes, comme cachées sous un tapis à qui elles donnent un relief étrange et attractif. Sa Folk devient plus abstraite, plus vaporeuse. C' est de la DreamPop qui se réinvente sur le mode DIY. Hammerschlag brille par son attention portée aux textures sonore et certaines réminiscences façon Robin Guthrie ou Shoegaze apparaissent puis disparaissent. Des bruits ambiants apparaissent et s' imposent pour s' effacer. Délicatement elle joue de la saturation comme de très rare personne. Liz Harris/Grouper plane constamment. Sa voix polymorphe n' en fini pas d' émouvoir et on sent parfaitement qu 'elle a retenu de ses expérimentations autotune. Une voix qui un instant évoque l' ensorcelante Hope Sandoval. Les paroles évoquent tour à tour la réalité puis des songes numériques. Le passé et le présent s' emmêlent. Il devient glissant comme chez les New Eves. Elle traverse les époques et les courants sans jamais s' y attarder.Sa guitare évoque ML Bunch et le mariage avec sa voix murmurée parfois fait appel à Joanne Robertson (note perso : va vraiment falloir parler d' elle dans ce blog!). A peine 4 ans et déjà trois albums dont elle ne peut pas rougir on se rend assez vite compte que si on penser qu' elle se cherche par son jeune âge en définitive nous avons àaffaire à un sacré numéro dotée d' une voix et d' un talent rares.A suivre de près.














