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- BEST OF 2025
Et une année de plus. Et encore une année de merde. Cette terrible impression que toute la puanteur refoulée depuis trop longtemps rejaillit et se jette à la face de l' humanité. Je viens de relire le roman d' André Breton, poussé par l' air (vicié) du temps, et je me dis qu' à force de se prendre ce que l'on se prend dans la gueule, toute cette bêtise, cette noirceur, les esprits les plus lucides d' entre nous risquent eux aussi se laisser happer par la folie poétique comme Nadja. Qu' avant d' avoir notre peau ils auront notre âme et notre santé mentale. Et c' est peut être bien ça le pire. Peu de temps avant de rédiger ce top je suis tomber par hasard sur la photo de Léona Delcourt aka Nadja. Son regard semble nous plaindre mais également tenter de nous dire quelque chose. Un regard d' amour mais également parti déjà loin. Un regard à nous faire espérer malgré tout. Et si finalement la réponse pour s' en sortir dans ce monde sentant la mort c' était celle que Nadja avait donné à Breton. " Nadja est le début du mot espérance ce n'en est que le commencement " Une année de plus également pour DWTN. Les chroniques ont repris à peu près le rythme d' autrefois ce qui permet enfin de vous offrir en ce 10 Janvier un vrai top Album. A ce propos, si la publication de ce top est un 10 Janvier ce n' est pas un hasard. Il y a dix ans de ça l' artiste qui m' a le plus donné l' envie de sortir des carcans et d' aller voir à la marge pour ensuite la partager, d' écouter de la "musique pas comme les autres", de mélanger Pop, art, politique et sociale, cet artiste donc, cassait sa pipe. Je parle bien sûr de David Bowie. A l' avenir les Top DWTN seront toujours publiés un 10 Janvier. Cette année encore bon nombre d' artistes relèvent la tête. Des artistes qui observent, critiquent et donnent l' envie de délaisser la médiocrité, la haine, le repli sur soi et le culte du passé. Pour eux il y a belle lurette que les frontières stylistiques ou culturelle ont explosé. Belle lurette que la création musicale se doit d' être en perpétuelle évolution. Ils proviennent de toute la planète. Suffit juste d' oublier nos vieilles manies d' occidentaux. Brésil, Amérique Latine, diaspora Africaine. Les anciennes colonies n' en finissent pas de faire la leçon à ces vieux pays qui sont les nôtres. Saura t on les écouter? Visiblement certains occidentaux comprennent enfin. Ainsi, après des années de Revivals à tout va les soubresauts perçus depuis quelques mois se poursuivent. L' Indie Music moribonde pendant tant d' années offre une nouvelle fois des lueurs d' espoir. Dream Pop, Shoegaze, Trip Hop, Post Rock etc etc etc. En cherchant bien on trouve de jeunes gens prêts à se délester une bonne fois pour toute de la nostalgie analgésique. L' Avant garde elle aussi tient son rôle. Elle s' incruste partout. Elle apparait enfin dans les Top annuels des sites musicaux qui ont la côte. Putain ! Elysia Crampton avec son projet Los Thuthanaca classée numéro 1 du Top de Pitchfork. La blague heureuse de cette fin d' année. Et on vous raconte pas l' article désignant AD93 comme étant le label de l' année. Impensable encore il y a à peine deux ou trois ans. A l'image du géant américain les autres s' y mettent aussi. Malgré quelques traces de la peste Poptimisme (Addison Rae, Lady Gaga) et du choléra Rockist (Wednesday, Geese) une vie plus saine semble reprendre son cours et de vague volonté de progressisme semblent atteindre la presse musicale dans son ensemble. Mais ce n' est peut être que le coup de jus vital qui précède la fin vous suggérera de par son expérience le soignant aguerri. De nouveaux courants apparaissent parfois. De nouvelles façons de faire semblent s' emparer de vieux style et genres. Faut juste lutter contre la paralysie musicale qui semblait devenir de plus en plus précoces. et généralisée ces dernières années. (Un jour faudra vraiment que j' en parle de ce truc, la Paralysie Musicale.) Mais trêve de blablah parce qu' enfin, après quelques années difficiles, je suis fier de vous offrir un vrai et beau Top DWTN . 50 albums et ça aurait pu être plus. Et en guise de cerise sur le gâteau, certaines vieille manies de fin d' année refont surface. Bonnes découvertes! TOP 50 Album KLEIN "Sleep With A Cane" Ce fut un sacré débat dans ma tête. Depuis ses origines j' ai toujours désiré que le numéro 1 des Top annuels ne soit jamais un artiste déjà honoré. Et ce dans un besoin essentiel de renouvellement. Mais seulement voilà. Klein est passée par là et nous a peut être offert son plus bel album. Le plus complet. Le plus abouti. Le plus émouvant et percutant. Et en plus elle le désigne comme une Mixtape et fout le bordel chez les esprits cloisonnés. Ici on s' en fout un peu de l'aspect restrictif des formats et contrairement aux sites qui l'ont apprécié sans le classer on le balance en Number One. 6 ans après l' inusable "Lifetime" Klein est encore l' autrice du grand album de l' année. On en oublierait presque qu 'en début d' année elle avait propulsé les guitares dans le futur avec son autre "album" , "Thirteen Sense". Chronique ici . SUEDE "Antidepressants" Ce pourrait être une belle (ou sale) blague mais ça ne l' est pas. Les allumeurs de la mèche qui fit exploser la bombe réac/rétroGaga Britpop dans les 90's sont classés numéro 2 dans un blog. Un bloc censé conchier tous les bégayeurs stylistiques. Une chose ne trompe pas. Une fois "Antidepressants" terminé l' auditeur préfère le remettre plutot que taper dans la discographie ancienne d' Anderson et compagnie. Chronique ici . LOS THUTHANAKA "Los Thuthanaka" Elysia Crampton c' est comme Klein. A chaque fois on a l' impression de découvrir une pépite. Elle surprend et détruit tout ce que l'on pensait savoir et aimer. Chronique ici . DEBIT "Desaceleradas" On en reparle très vite de l' album le plus hanté de 2025. FEEO "Goodness" Le même choc ressenti qu' à la découverte de Portishead il y a trente ans. La prochaine star d' un certain underground? Chronique ici . HILARY WOODS "Night Criù" Comme pour Debit le temps a manqué pour offrir à cet album la chronique qu' il méritait. Croisée il y a très longtemps au sein des vilains JJ72 elle nous était revenu bien plus fréquentable en optant pour l' Ambient, le Dark et l' Ethereal Wave. Après avoir viré Drone sans parole elle revient à un format de chanson plus classique et devient tout simplement magnifique et émouvante. THESE NEW PURITANS "Crooked" Les premières grandes icones de ce blog sont de retour. Chronique ici . DJ HARAM "Beside Myself" On l' attendait depuis très longtemps parce qu'on savait qu' au sein de 700 Bliss la vraie génie c' était elle et Moor Mother qu' un génial passe plat. Elle n' a pas déçu. Chronique ici CIRCUIT DES YEUX "Halo On The Inside" L' américaine dans le Top annuel, un grand classique également et toujours cette odieuse sous estimation critique. Un jour la vérité éclatera. Chronique ici. XEXA "Kissom" Peut être l' album le plus étrange et inclassable du grand label Prìncipe. De celui ci aussi il faudra en reparler. VARIOUS ARTISTS "Fantologìa" Et oui, dans ce blog on ose tout, jusqu' à classer une compilation d' Hauntology Music dans un Top Album. Chronique ici . MARIA SOMERVILLE "Luster" La Dream Pop revue et corrigée par la nouvelle génération. Chronique ici. AYA "Hexed !" Deconstructed Club un jour, Deconstructed Club toujours! Chronique ici. RAT HEART "Dancin' In The Streets" En fait je ne suis qu' une buse. Pourquoi me direz-vous? Parce que depuis 4 ans Tom Boogizm, le petit génie de Manchester, est l' artiste que j' écoute le plus et pas une seule chronique au compteur. Ne pas trouver le temps de le chroniquer est probablement l' un des plus beaux loupés de ce blog. YHWH NAILGUN "45 Pounds" Le Rock Alternatif/Indie revu et corrigé par la nouvelle génération. Si ça pouvait nous éviter les soirées chiantissimes dans lesquelles les vieux quinquas nous refilent de force du Pixies avarié ce serait bien. Chronique ici. CAROLINE "Caroline 2" Le post Rock revu et corrigé par la nouvelle génération. Chronique ici. MASMA DREAM WORLD "Please Come To Me" Les sorcières nous ont toujours voulu du bien. Chronique ici. ETHEL CAIN "Perverts" & " Willoughby Tucker, I'll Always Love You" Je vous le répète, les sorcières, même ricaines, nous ont toujours voulu du bien. Et avec elle, double dose de potion cette année. 19. CARRIER "Rhythm Immortal" L' Ambient et le Dub revus et corrigés par la nouvelle génération. JOANNE ROBERTSON "Blurrr" Ce disque sent le classicisme au point d' être classé par Pitchfork et même par les ringards Inrocks. Et pourtant. En y regardant de plus près c' est tout un pan de l' avant garde auquel l' auditeur est confronté. Dean Blunt et Mica Lévi sont jamais loin. Quand l' Avant garde devient émouvante comme jamais. Pas chroniqué? Normal. Disque devenu trop intime pour être vraiment partagé. 21. BLAWAN "SickElexir" On sera tous d' accord. Probablement l' une des pochettes parmi les plus moches de l' année. Pigeon multicolore oblige. Mais on sera aussi tous d' accord, la Deconstructed Club est le courant le plus important de ces dernières années et son influence est gigantesque. Chronique ici. JUST MUSTARD "We Were Just Here" Le Shoegaze revu et corrigé par la nouvelle génération. Groupe parmi les plus sous estimés du moment. Chronique ici. NOURISHED BY TIME "The Passionate Ones" Voulez vous changer le monde et par la même occasion faire l' amour à l' être adoré? Ce qui vous en conviendrez revient à la même chose. Non? Voilà le disque qu' il vous faut. Chronique ici. 24.MARUJA "Pain To Power" On en voulait plus du Rap Rock et surtout de se faire encore une fois pourrir une soirée par un quinqua qui nous balance du Rage Against The Machine périmé. Mais ça c' était avant l' introduction de Post Rock et Post Punk dans la vieille recette. Manchester vient de prendre une autre direction. Plus radicale. Chronique ici. ONEOHTRIX POINT NEVER "Tranquilizer" Alors oui c' est l' une des plus hideuses pochettes 2025 encore une fois. Mais Daniel Lopatin est lui aussi une icone de ce blog à qui on pardonne beaucoup. Pas de chronique à son sujet mais je peux vous assurez qu' un jour on reviendra sur cet album. Long en bouche il ne cesse de délivrer des vérités cachées depuis sa sortie et il faut parfois laisser le temps pour pleinement comprendre un disque. La seule chose de sûr est qu' avec celui-ci Lopatin semble être revenu aux glorieuses origines (les eccojams) et bien lui en a pris. AUTHENTICALLY PLASTIC "Rococo Ruine" ( Voir ici ) DJ K "Radio Libertadora !" ( voir ici ) NO JOY "Bugland" ( voir ici ) THEY ARE GUTTING A BODY OF WATER "Lotto" ( voir ici ) SLIKBACK "Attrition" ALPHA MAID "Is This A queue" ( voir ici ) JASMINE GUFFOND "Muzak For The Encouragement Of Unproductivity" OKLOU "Choke Enough" SQUID "Cowards" ( voir ici ) BENJAMIN BOOKER "Lower" ( voir ici ) NAZAR "Demilitarize" ( voir ici ) JAMES K "Friend" WATER FROM YOUR EYES "It's A Beautiful Place" KATHRYN MOHR " Waiting Room" ( voir ici ) BETTY HAMMERSCHLAG "Fake Girl" ( voir ici ) THE NEW EVES "The New Eves Is Rising" ( voir ici ) BRÌDGE CHAIMBEUL "Sunwise" MALIBU "Vanities" DANIA "Listless" ( voir ici ) VOICE ACTOR & SQUU "Lust" ( voir ici ) RAINY MILLER "Joseph, What Have You Done?" AKIRA UMEDA & METAL PREYERS "Clube Da Mariposa Mòrbida" ( voir ici ) ALE HOP & TITI Bakorta "Mapambazuko" ( voir ici ) TRAXMAN "Da Mind Of Traxman Vol.3" ( voir ici ) SMERZ "Black City Life" TOP MONUMENTS HISTORIQUE Cosey Fanni Tutti Aussi beaux que l' architecture moderne même si c'est pas toujours révolutionnaire. Mais! Ça tient et ça tiendra toujours la route. Surtout, que la jeunesse prenne garde de ne pas y squatter trop longtemps. Eux, ils savent faire, vous les jeun's, prenez modèle mais surtout surtout, NE PAS COPIER, ça ferait du Made in China pour nouveaux riches. Vivez votre temps et préparez le futur! COSEY FANNI TUTTI "2t2" STEREOLAB "Instant Holograms On Metal Film" PULP "More" TOP FAILLES SPATIO-TEMPORELLES Geese Ils sont jeunes (ou parfois vieux) et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2025 et on les aime non sans gène. Faut vivre avec le futur! GEESE "Getting KIlled" HOTLINE TNT "Raspberry Moon" HORSEGIRL "Phonetics On And On" DJ ELMOE "Battle Zone" ACOPIA "Blush Response" ON SAIT PAS QUOI EN FAIRE C' est bon ou c' est mauvais? Est-ce qu' on aime pour de bonnes raisons ou pour des mauvaises? Dans le doute on en parle un peu mais sans en faire trop. ANNA VON HAUSSWOLFF "Iconoclasts" BLACK COUNTRY, NEW ROAD "Forever Howlong" KARA-LIS CORVERDALE "From Where You Came", "A Series Of Action In A Sphere Of Forever" LABEL DE L' ANNEE Le label londonien n' en fini plus d' épater en signant le meilleur. Entre l' avant garde et une certaine vision Pop moderniste, AD93 est devenu ces trois dernières années une balise dans la musique. Rien que pour 2025 YHWH Nailgun, Joanne Robertson, James K, Valentina Magaletti & YPY et la découverte Tracey ont succédé à Moin, le disque de 2024. Carton plein. LE SINGLE PROMETTEUR The Orchestra For Now Il aura suffit d' un titre, "Skins", pour que je me rue sur le single de trois titres. Puis sur le second. J' en ai déjà beaucoup parlé ( ici ) mais ce groupe est un vrai coup de cœur. 2026 verra probablement leur premier album et la magie risque disparaître alors en attendant savourant ce Prog Rock remis à neuf.
- KLEIN, merveilleux mariage de l' Ambient avec le Blues pour un chef d' œuvre de plus.
L' année avait débuté avec l' étourdissant chaos de "Thirteen Sense" et on se demandait bien comment l' icone de l' avant garde anglaise, l' une des stars de ce blog, pouvait clôturer en beauté 2025. Un autre album génial? Une série de singles tonitruants? Un Ep étrangement ensorceleur? Ce sera une mixtape. Et quelle incroyable mixtape. Probablement l' une de ses meilleurs œuvres. Au risque de me répéter mais je vais une nouvelle fois l' écrire. Klein est, depuis 10 ans, l' artiste la plus importante de l' avant garde musicale. De ces très rares artistes qui dépasse le simple carcan de leur art. Des noms servant d' exemples pour être plus clair? Deux suffiront. David Lynch, Arthur Rimbaud. Avec elle on navigue en permanence entre le génie et la virtuosité. Elle vous fera aimer des sons que vous détesteriez chez les autres. Vous amènera à penser et à apprécier différemment. Et toujours elle vous perturbera jusqu' à vous changer définitivement. Les disques s' accumulent, 11 albums, deux mixtapes, 6 eps, près de 40 singles. En seulement 9 ans. Et jamais une déception en découvrant ses œuvres. Jamais une once de lassitude. Toujours un émerveillement et cette question. Comment fait-elle ? Comment est-ce possible autant d' inventivité? Comment peut- elle défier toutes les barrières stylistiques et à chaque fois se positionner dans le peloton de tête du genre utilisé. Genre détourné, réinterprété à sa seule et unique façon, puis finalement, totalement renouvelé. Comment réussi-t-elle à se régénérer à chaque fois. "Sleep With A Cane" est comme je l' écrivais plus haut une mixtape selon ses dires. Après un rapide coup d' œil je ne l'ai pas vu apparaître dans les classements mondiaux de fin d' année. Et les chroniques sur le net ne dépassent même pas le chiffre de 10. Normal. La presse musicale écrite ou numérique, se noyant depuis trop longtemps dans un conformisme et des vieilles coutumes périmées, a tout simplement fait l' impasse jugeant que l' œuvre n' appartenait pas à la catégorie Album. Pauvre conne. Elle passe juste à côté de l' un des grands disques de l' année. Avec "Sleep With A Cane" Klein revient à ses affinités Ambient comme jamais auparavant. Sa vision du courant n' a jamais été étroite tant elle en a toujours créé en ne cessant de l' alimenter d' autres styles. Mais cette fois-ci sa musique atteint un No man's land inconnu. Mieux. Elle crée un style nouveau que l'on peut, et je ne suis pas le seul, nommer comme de l' Ambient Blues Folk. A vrai dire on va revenir à ce que j' écrivais il y a près de 9 ans à son sujet. Elle marie à merveille le Folklore urbain, le Rap, le RnB, l' expérimentation, la culture Pop etc etc etc, pour nous offrir une Ambient mutante. Révolutionnaire. Encore une fois cette londonienne fait ce qu' elle sait faire de mieux. Exploser les cloisons, démocratiser ce qui était réservé aux festivals de musiques expérimentales et à l' université en le trainant dans la rue. Dans la vraie vie. Celles qui n' est pas feutrée, déconnectée, faussée. Elle le dit. Le hurle ou le chuchote. Et démontre toute la nécessité et la pertinence à chaque fois. L' Ambient, l' expérimentation, doivent aller dans la rue. Les faire se rencontrer après qu' on les ait séparé. Avec elle l' Ambient n' est pas simplement propice à un repli sur soi. C' est le monde qui entre en nous. C 'est un vrai esprit libre comme je les aime. Capable d' idées totalement "normales", "évidentes", pour certains d' entre nous. Mais totalement bizarres pour beaucoup d' autres. Elle n' a pas de limites sauf celles de la médiocrité, du tape à l' œil et du conformisme. L' une de ses phrases que j' adore est celle-ci: "J' aimerai entendre un harmonica dans un club de Strip Tease" C 'est un véritable slogan. artistique, spirituel et politique. Debord en aurait tant à dire. C 'est une démonstration absolue de liberté créatrice pendant 90 minutes. Comme toujours sa palette comporte des B.O, des enregistrements du quotidien, des extraits provenant des médias et son talent de multi instrumentiste et de productrice révolutionnaire. Oubliez les guitares Glitch de "Thirteen Sense " et "Marked". Les sonorités saccadées et bourdonnantes. Sa musique devient plus fluide et évolutive. Plus planante, vaporeuse, éthérée mais toujours aussi prenante. Des six cordes planent toujours sur la musique de Klein mais ce sont celles du blues. Pas celles de l' Heavy Metal, du Shoegaze ou du Noise. Le synthé marque son (faux) grand retour. Le piano et (donc) même un harmonica venu de nul part vont vous prendre à la gorge comme jamais. Quelques notes, un idée primitive tel une étincelle de génie qu' elle attise, alimente de ses pensées et réflexions, qu' elle ressasse à nouveau, puis décortique et réassemble jusqu' à atteindre une tension extrême qui mènera à une implosion et la dissolution inévitable dans un vide interstellaire. Sa musique alterne justement entre l' éternité et l' instant présent. L' auditeur semble passer d' un documentaire philosophico scientifique à un reportage journalistique ou serait-ce alors un journal intime. Comme si nous apprenions l' existence de ces étrangetés que sont les trous noires, que nous partions à la découverte des astres lointains, semblions étudier le Big Bang et ses conséquences puis, c' est un quotidien des plus banals que nous rencontrons. Son intimité et la notre. Elle nous parle du bien être ressenti d' être en famille, choisie ou pas (amitié), et de la peur de tous de ne pas appartenir ,ou d' appartenir, à un groupe. Le quotidien des noires d' Angleterre, celui des autres, l' état de surveillance à outrance, les violences policières, la paranoïa, le stress, les médias condescendants qui attisent les deux derniers nommés. Il y a tout ça dans cette musique. Klein dit vouloir , et nous faire atteindre, une "conscience ouverte". Pour cela elle s' attaque à la tonalité, au contenu et à la mélodie. Elle les change sans cesse. Parfois d' une manière si subtile que l' auditeur en se retournant constatera une immensité entre son point de départ et celui d' arrivée. Si ce n' est un gouffre. Comment ces drones en apparence si répétitifs cachent autant de chamboulements, de trajectoires changeantes et mouvantes. De virages à 180°. Cette musique en appelle aux émotions, aux pensées, aux avis parfois si contradictoires qui peuvent se succéder rapidement. A cette confrontation sans fin entre conscient et inconscience. Cette musique a un petit quelque chose de l' Hauntologie Music avec ses grésillements et ses emprunts aux médias. Klein nous en livre une version dénuée de nostalgie car c' est au présent qu' elle s' attaque avec les us et coutume de l' Hauntology. Elle admet par leur utilisation la notion de renouvellement parce que se souvenir c' est surtout se remémorer. Parfois ce sont des bruits parasites évoquant ceux du "Perverts" d' Ethel Cain donc évidemment Lynchiens. Le renouvellement concerne aussi les peurs d' autrefois. A moins qu' elles ont toujours été présentes dans les profondeurs et qu' elles ne réapparaissent qu 'en plein jour à présent. Klein par sa musique veut atteindre la sérénité nécessaire à tout combat en ne cessant de dénoncer. Comme Rimbaud et Lynch elle est une romantique qui se confronte aux déchirures du passé et du présent. Elle veut aider au futur. Sortir de l' art prétendument politique ou apolitique pour une politique par l' art et la poésie. Si parfois cela s' est entendu à vrai dire Klein n'a jamais fait de musique à proprement parlé Lynchienne comme on le sous entend d' autres et pourtant. Son univers sonore m' apparait être le pendant musicale des films de l' américain. Ça ne ressemble à rien parce que ça ne donne pas la béquée au "spectateur" comme disait Lynch. Oui sa musique comme les films de l' autre entraîne de très vives réactions. Du rejet même. De la polémique. Mais une fois évacué les appréhensions, comme elle panse et pense, gratifie et aide. Une nouvelle fois Klein nous invite à un rêve éveillé. Elle réussit à nous déconnecter par sa musique pour mieux imprégner nos esprits d' une humanité rare. Prodigieux et guérisseur. Je vous parlais de Blues et de Lynch. Clip du même titre version acoustique.
- OLIVER COATES ou, un violoncelle sur le Dancefloor.
Violoncelle + Dancefloor= ? Oui je sais ! Les vrais aventuriers et les petits scarabées tombés de la dernière pluie (les inédits de "Corn") vont prononcé le nom magique de l'un des musiciens des 80's le plus sous-estimé et connu. Arthur Russel. Bien sûr que l'on va y penser fortement en découvrant le magnifique "Upstetting". Mais pas seulement. Oliver Coates dépasse largement le statut de simple suiveur recopiant le natif de Iowa. Par exemple, et en règle générale les deuxièmes ne la connaissent pas, dès qu'il faut parler de violoncelle novateur car sans oeillère "classique" et également trouver une autre référence dans la façon de travailler de Coates c'est la copine de Russian Circle et Mono qu'il faut connaître, Helen Money. Oliver Coates nous offre l'un des plus beaux cadeaux de cette année 2016. Un machin entendu nul-part et qui va resté durablement dans les panthéons de l'innovation musicale. Cordes classique + électro Oui je sais ! Les vrais aventuriers et les petits scarabées vont prononcé le nom des Islandais de Kiasmos. C 'est vrai que récemment ce sont eux qui ont remis au goût du jour ce mariage pas si improbable que ça. Aucun mariage n' est improbable en musique. Nos deux Kiasmos passent pour de gros bourrins un brin m'as-tu vu et franchement peureux face à Coates. Bien sûr qu' ils sont loin de cette description nos gars nordiques mais Oliver Coates fait tellement dans l' infini détail, dans la quête du son inconnu et dans les carambolages osé que l'on est obligé d' être tenter de voir exagérément les choses comme ça. Là où les Kiamos et d' autres se contentais d' utiliser les cordes "comme aux classiques" Coates maltraite, ausculte à la recherche du moindre son original son instrument et n' en joue surtout pas comme à l' école de musique. Et que ça pince, ça frotte et ça tape sur le bidule. Et c'est pas finit. Un peu comme un Colin Stetson en mode exploration de son saxo mais surtout un peu vachement beaucoup comme bon nombre d' expérimentateurs électro. Parce que voyez-vous brave gens, non seulement il tire de son malheureux instrument des sons rares, monsieur, tel un Ash Koosha ou M.E.S.H, vous les balance dans l' univers numérique en mode compressage. Tout l' intérêt du disque ne réside pas seulement dans l' artisanat 2.0 du musicien. Il y a aussi ce qu'il en sort. Et c'est un monde immensément vaste et riche. Oliver Coates nous explique que l' enregistrement de "Upstetting" s' est fait en plusieurs temps et fut marqué par bon nombres d' événements. D 'abord c 'est un mariage et un voyage de noces à New York. Retour à Londres et pan! Monsieur et madame Coates retrouve leurs appartement inondé et c'est parti pour les chambres d' amis et les hôtels londoniens sordides. Mais c' est pas tout. Y'a pas que dans sa vie privé que ça a été un brin perturbé au point d' avoir une influence certaine sur sa musique. Grand musicien classique réputé mondialement il est amené à pas mal partir voir chez les autres. Mais parfois il est au mauvais endroits, au mauvais endroits. Dans la ville du Caire quand l' Egypte décide de bombarder Daesh ou à Honk Kong pour qu' il observe les violences policières face aux manifs d' étudiants. Après tout ça fatalement ,il en avait des trucs à raconter. Il en avait vu des paysages, visuels ou sonores, à dépeindre. Tout le disque est truffé de la richesse et des souffrance du monde. Jamais on y retrouve ses petits et c' est une véritable malle aux trésors remplie de trouvailles insoupçonnée. Quand "Innocent Love" balance Arthur Russel (ce sera la seule fois que l'on peut le citer comme ressemblance) et qu'il nous le fout dans l' orchestre jouant les corde d'un Massive Attack alors déjà on a un peu largué les amarres du train-train. D'ailleurs Coates a joué pour Massive Attack. Il est aussi pote avec Mica Levi. Le monde du talent est bien petit. "Timelaps (Walrus)"c 'est le dernier trip House de l' Haçienda pour le triste jour de sa fermeture. Donc franchement léger et minimaliste. En fait Coates nous fait croire que ces gros branleurs de Factory ont du pousser Durutti Column à faire de la House de force et sous amphet. Coates prend le footwork et ses fameux beats sous-marins pour les associer à la mélancolie héroïque d' un Nils Frahm. Plus loin cette musique sans nul autre pareil passera par tout ce qu'il peut se faire sur terre. Ira dans tous les sens interdits. Un titre calme vraiment "classique" pour se reposer et en avant pour la science "dark" fiction de "The Irish Book Of Death & Flying Ships" pour finalement faire coucou à l' Afrique de "Stash". Oliver Coates en à peine 7 titres vient de nous ouvrir les portes d'un merveilleux Dancefloor inconnu pour une fiesta planétaire des sens.
- REVIVAL BRITPOP 2025: Oasis, Pulp et ... Quand le meilleur groupe Britpop actuel ne fait pas justement de la Britpop.
A ce qu' il parait, surtout de l' autre côté de la Manche, on aurait vécu un revival Britpop cet été. Ce qui a lancé cette idée c' est évidemment le Come Back scénique d' Oasis au succès démesuré. Plus ou moins par opportunisme, ou par hasard, une tripotée de groupes affiliés à la Britpop ont suivi les Gallagher et ont essaimé dans les festivals estivales. Je pourrai détourner le regard en bon anti rétrogaga que je suis, mais parfois il faut faire preuve de perspicacité et tenter d' y voir plus clair. C' est plus complexe qu'il n' y parait. Toujours quand on parle de Britpop. Ou encore plus flippant? Le caillou dans ma chaussure de fan de musique progressiste cette foutue Britpop et depuis trente ans. Complexe surtout parce qu'aux côtés des come back scéniques nous avons eu aussi des retours discographiques bien plus passionnant artistiquement. Alors soyons claire immédiatement au sujet d' Oasis et des autres avec leurs concerts affichant complets. A mes yeux il s' agit bien plus d' un évènement sociétale que musicale. Un truc à prendre très au sérieux. Pas à dégager à la va vite d' un revers de la main comme bien de sujets contemporains un tantinet gênants car angoissants et symboliques de notre époque. Enfin j' aimerai qu' il n' y ait pas trop de conséquence artistiques mais je sais bien que de par le monde, des gamins vont pas pouvoir s' empêcher de plagier Oasis. Ce qui est assez ironique. Plagier un plagiat dirons les mauvaises langues un brin réductrices. Pas tout à fait faux. Va y avoir des conséquences et rien nous prouve qu' elles vont être bénéfiques. Et les industries musicales et médiatiques, comme toujours, de pousser au crime revivaliste. Et c' est pour tout ça que le revival Britpop a droit à un article en cette fin 2025. Finalement il valide 13 ans de blog. Oui on a un gros problème avec la nostalgie et depuis fort justement la Britpop. Oasis et consort ont fini de mettre la mauvaise graine réac antiprogressiste dans les musiques dites alternatives et mainstream. Mais ils n' ont pas été les seuls et l' accueil du Come Back par certaines virulences à l' égard des deux frangins et la Britpop interpelle. Par exemple pourquoi le Garage Rock Revival des Strokes, White Stripes, Libertines ou The Hives n' a pas entraîné autant de critique anti nostalgie? Comme également le Revival Dance Punk de LCD Soundsystem ou Franz Ferdinand ? Et que penser d' Amy Winehouse et de sa Soul si vintage au possible. Si déconnectée en 2006 a vrai dire. Alors maintenant que l'on a affaire à ce tant redouté revival Britpop a-t-on devant nous une bonne nouvelle? Comme si une boucle serait enfin bouclée? Et si ce n' est pas le cas peut on s' en sortir? Y'a t-il un groupe Britpop qui a trouvé une solution? Qui était la solution justement? OASIS, Simple Come Back réac ? Publique du concert d' Oasis le 12 Aout 2025 à Murrayfield. Quand les portables et les faux cils remplacent les bedaines poilues et les pintes. La réponse est tout sauf simple. Pour beaucoup ce retour a été associé à la face sombre du phénomène Oasis. Mais déjà, et pour l' avoir vécu comme on va le voir plus bas, il n' en a pas toujours été ainsi à leurs débuts. Je parle bien sûr de l' aspect réac de leur musique comme celui viriliste de leurs comportements alliant ou sous entendant homophobie et racisme. On ne peut que valider cette vision à partir de 96 et l' influence qu'a eu par la suite ce groupe sur la société et la vie culturelle Britannique. Oui Oasis a été une fenêtre d' Overton réac, volontairement ou pas, qui a permis en partie les provocations pourries de certains acteurs médiatiques tel ce grand connard de Jeremy Clarkson de Top Gear ( ici ). Et parlons pas d' une probable, mais faible, influence sur le Brexit. Observez bien mes chers compatriotes français, chez nous c' est pas Oasis mais d' autres (Trois Café Gourmand pour la version niaise, Michel Sardou ou Patrick Sébastien pour la version crue). Il faut aussi bien se rendre compte que derrière ces critiques justifiées il y avait également, et toujours, un fort relent de racisme de classe à l' égard des deux prolos Mancuniens. Ce qui est aussi valable en France ainsi Hanouna n' est-il pas simplement que la version prolo Beauf raciste du bourgeois Quotidien raciste socialement de Yann Bartes? C 'est un fait que je constate encore de nos jours. Une vision bourgeoise continue d' égratigner, de caricaturer et de vilipender Oasis alors qu' à y regarder de plus près l' aspect réac de leur musique n' a rien à envier à celui de Blur ou d' autres à la même époque. Et pourtant. Blur s' en sort mieux et je pourrai vous ressortir les interviews de Damon Albarn et vous seriez assez surpris de certaines positions égocentriques et réac musicalement. Mais ce qui s' est observé cet été est bien différent. Pour cela il fallait commencer par observer leur publique. Alors oui il y avait pas mal de quadra ou quinqua bedonnant la bière à la main qui beuglaient les refrains. Mais pas que. Les trois cinquièmes dixit la presse Brit. L' assistance n' était pas si fortement majoritairement masculine qu' attendue. Loin de là. Beaucoup de femmes. Pas non plus très âgé ce publique. Certains observateurs anglais ont parlé de "véritable catharsis intergénérationnelle" ( par là ). Même si on ne se doute pas que la jeunesse des certains mâles n' empêche pas les tendances débiles liées au masculinisme. Comment alors cela pouvait-il être de la sorte cet accueil très diversifié dans sa composition alors que la caricature veut depuis 30 ans nous faire penser qu' Oasis n' est qu'un truc de vieux (ou jeunes) cons, blancs, réac et racistes? Si en plus on scrute les réseaux certains vont pas s' en remettre devant l' âge et le sexe de certaines fans assez actives. Des gamines assez féministes et souvent métisses ! Dans certains stades les observateurs ébahis ont donc constaté cette improbable confrontation pacifique de la culture machiste Lads 90's avec le monde et les aspirations Post Me Too de 2025. Cette poussée de fièvre chez certains jeunes et femmes peut elle simplement être le signe de repli nostalgique vers une époque glorifiée faussement? On pourrait le penser et ça c' est déjà vu. On peut très bien imaginer qu' il ne s' agirait que de blanches racistes regrettant le bon vieux temps où les charts n' étaient pas squattés par le R'n'b et le rap. Alors quid de ces filles métisses des USA, de Santiago du Chili, d' Australie et des cités anglaises qui se ruèrent aux concerts? Ou bien? La nouvelle génération de fan ne cherche-t-elle pas finalement la même chose que ce que le jeune type corrézien alors âgé de 20 ans qui écrit ces mots s' était mis en quête en 1994? Oasis, pour moi et d' autres, autrefois comme maintenant, c' était pas que ça. Les paroles de Noel, aussi caricaturaux, clichés et simplistes qu' elles étaient, répondaient à nos aspirations bien plus saines et heureuses que ce j' ai décrit plus haut. Des mots portés par une musique certes fruit d'un simpliste assemblage d' influences mais d' une puissance absolument ravageuse. Oasis en 1994-1995 ce n' était donc pas qu'un repli culturel rétrogaga. C' était aussi une volonté confuse mais sincère de changer le monde comme l' avaient réalisé (en partie) leur deux influences principales, The Beatles pour l' art du songwriting et les Sex Pistols pour la déflagration sonore Punk. Une pensée radicale au sens politique. Leurs chansons exprimaient un désir de solidarité après l' individualisme Néo-libéral du Thatchérisme. Les instants de communion collective de 95 comme ceux de 2025 illustrent cela assez bien. Une volonté d'une meilleur démocratie dans laquelle les classes ouvrières pouvaient enfin espérer un quotidien meilleur après des années de mépris, de casse sociale et sanitaire. Et c 'est bien cela que probablement les jeunes générations recherchent. Elles ont flairé la même odeur de souffre révolutionnaire que moi en 1994. Et cette odeur malgré toutes les conneries Gallaghiennes et médiatiques agissants tel des désodorisants masquant n' a pas disparu. C' est donc aussi une certaines affirmation de désirs de changement sociaux économiques et sociétaux dans une société sous domination du Capitalisme tardif mâle et blanc. Le soubresaut d' un camp dans la lutte de classe qui, malgré tout ce qu' a pu mettre en place la classe dominante (souffler sur les braises des tensions ethniques et jouer du racisme sociale), n' a jamais cessé de demeurer bien présent dans les esprits. Alors on verra bien ce que ça donnera tout ça mais au moins profitons de ces rares instants de réelle communion inter générationnelles, ethniques et sociales. « Nous avons besoin les uns des autres / Nous croyons les uns en les autres » ("Acquiesce") PULP, agréable retour sans trop de nostalgie. Il y a de ces retours qui amènent avec eux une forte appréhension. Vont-ils ne pas être pitoyables ? Avoir mal vieilli? Pire. Des retrouvailles inutiles ne risquent elles pas finalement de faire blêmir les beaux souvenirs. De les parasiter. Et que ces souvenirs étaient grandioses car Pulp n' était rien d' autre que le meilleur groupe Britpop. Oubliez la pathétique guéguerre Blur Vs Oasis que l'on vous a raconté à longueur de documentaires. Ces deux groupes arrivent en quatrième ou cinquième position dans mon cœur. Pulp pour son retour discographique a évité deux écueils. Celui de faire du Pulp de 95. Cet étrange hybride Indie Disco terriblement aguicheur et pervers. Ou alors d' assumer cyniquement d' être devenus d' anciens combattants se contentant de faire fructifier l' héritage sans chercher à évoluer. Et pour ça, Jarvis Cocker qui fut l' un des rares cerveaux Britpop, possède la réponse. La même depuis plus de 40 ans. Du cul, du cul, du cul. Mais du cul de gauche ! Le sexe morbide, rigolo ou triste, comme outil de lutte des classe. Dans "Spy" on se souvient avec délectation d' un Jarvis rêvant qu' un bourge qu' il cocufie le surprenne avec sa moitié en plein acte. On évitera de trop évoquer le voyeurisme pervers de "Babies" qui choque encore même un rude comme moi. Le coup du type caché dans une armoire qui observe sa sœur le faire avec un garagiste, franchement Jarvis! C 'était ça l' arme secrète de Pulp. Celle qui infiltra les charts et dorénavant la nostalgie comme chez Oasis dans une version un brin moins réfléchie mais tout autant authentique. Et c' était peut être aussi ça qui aguiche la nouvelle génération. Une génération Post Blair qui n' a connu que le Néo Libéralisme et les revivals déversant des groupes bien plus fades ou caricaturaux sur le sujet. Le type a 60 balais et parle de cul d'une manière tout sauf plan plan à la boomer. Personnellement je suis encore étonné des tabous actuelles. Le cul, oui pour vendre des produits ou de la Pop, mais surtout pas quand il s' agit du notre. Avec "More" Cocker nous parle donc encore de cul mais toujours à sa manière et en n' oubliant pas qu' il n' est plus le trentenaire de 95 mais un sexagénaire. Et oui, les vieux ça baisent. Et visiblement ça fait pas que ça ( voir ici ). Cocker assume son âge mais aussi l' époque qui l' a vu concevoir cet album bel et bien encré en 2025. Ainsi "More" navigue entre perplexité et désarroi très 20's quand "Different Class" optait pour l' affirmation sarcastique et la confrontation au banal réac et au cynisme du quotidien 90's . L' angoisse de la mort d' un sexagénaire rencontre celle de la nouvelle génération qui hérite des relents réac fachistes autoritaires du Capitalisme tardif et d' une planète se mourant. Si il y a de la nostalgie pour le bon vieux temps elle n' est pas trompeuse et ne sert que de révélateur sain de la rudesse du présent. Pas du prétendu "bon vieux temps". Pas vraiment nostalgique justement au sens du repli sur soi. Chaque chanson avoue que le retour en arrière est impossible et surtout qu' il n' est qu' un leurre. Ainsi "Spike Island" abordant le concert mythique du même nom des Stone Roses en 1990 sonne assez juste. Les paroles assez drôles trahissent qu' après la fiesta Madchester et la branlitude Britpop la gueule de bois fut sévère. Le clip de "Go To Have Love" et son clin d' œil à la Northern Soul est certes teinté de regret d' une époque mais affirme que ,sans la copier, on pourrait revivre encore des instants assurément tout aussi forts à condition qu' ils soient volontairement différents. Et que cela ne dépend que de nous. Les spectatrices d' Oasis en ont eu un bref aperçu. La palette stylistique est plus grande que par le passé. Pulp semble naviguer dans l' héritage Pop britannique tout en n' hésitant pas à s' aventurer en terres inconnues. L' échec de "We Love Life" est digéré et le récent disque semble être la synthèse de ce dernier avec "This is Hardcore". Beaucoup de cordes ou de guitare Chamber Pop évitant la grandiloquence d' autrefois. Ennio Morricone plane tel un spectre. Pulp a continué d' évoluer mais en gardant cette magie qui n' appartient qu' à lui. Celle qui voit l' intime côtoyer l' étrange, la Pop accrocheuse rencontrer le plus raffinée et un goût certain du risque et de l' anticonformisme. Entre Mainstream et underground. On a souvent dit que c' était Radiohead qui avait ouvert la voie (percée par Oasis en premier temps) à ce que l'on appela plus tard l' Overground, quand ceux de l'underground tapaient l' incruste dans le monde pourri des charts du Mainstream et y apportaient un peu de sincérité et de fraîcheur. L' étrangéité de la musique de Pulp, cette Disco version Indie et So British sous le haut patronage de Scott Walker (de Brel donc!) , alliée à la personnalité si non conformiste de Cocker , furent les vrais premiers coup de butoir de l' underground. Avec ceux du groupe qui suit. "More" est, sans être du même acabit que le trio génialissime "His'n'Hers", "Different Class" et "This is Hardcore", le quatrième meilleur disque d' un groupe qui en compte 8 et ce après 47 ans d' existence. Chapeau ! Apportera-t-il aux jeunes générations ce quelque chose permettant de passer l' étape suivant l' épisode estival Oasis? Pas sûr. Mais assurément retour réussi. A moins qu'il ne s' agisse certainement d' un touchant adieu. Mais ce n' est ni Pulp et encore moins Oasis qui ont gagné la deuxième bataille de la Britpop. Parce qu' il s' est bien jouée une bataille cette année. Celle autour du revival Britpop. Une bataille idéologique et musicale autour d' une question essentielle. Peut-on se passer de la nostalgie quand on est un vieux groupe? Saine ou putride. Peut-on participer au présent et anticiper activement le futur quand l' âge amène un risque de déconnection et d' absence d' action concrète? Oh bien sûr médiatiquement Oasis a tout écrasé. Bien sûr que le soir du 17 Aout du côté de Saint Malo Jarvis et ses amis ont reçu un accueil digne de celui de bons rois déchus en exile. Ne parlons pas non plus des incessants retours de Blur qui ont bien moins d' impact. Sociétaux, médiatiques et artistiques. Et encore moins des feignasses de Supergrass qui ont toujours bénéficié de bien plus d' indulgence qu' Oasis alors qu' ils ne cessent de jouer sur la corde nostalgique et lucrative sans même tenter un vrai disque depuis bientôt 6 ans . Juste une question, malgré leur excellent songwriting et single parfaits, ils ont produit quelque chose de neuf artistiquement les Supergrass? Non, comme Oasis. Au moins je me dis que la déesse Justine Frischmann a su partir à temps avec Elastica. Dès le début en fait (LOL). Mais voilà. Depuis deux ans un autre groupe ne se contente pas d' un simple retour scénique réussi ou d' un comeback discographique que l'on jugera juste bon et agréable comme celui de Pulp. Depuis deux ans ce groupe ne fait rien d' autre que de pondre deux albums susceptibles de tenir la dragée haute à ceux de leur heure de gloire 90's. Un groupe qui tape l' incruste dans les palmarès de fin d' année au milieu des jeunots avec une musique assez renouvelée et différente de celle d' autrefois pour ne pas jouer sur une quelconque fibre nostalgique. Une tel longévité à un tel niveau artistique je ne vois qu' un Nick Cave ou une PJ Harvey qui eux aussi ont eu des trous. Mais des trous moins profond qu' Oasis ou Pulp. Il y a donc bel et bien un groupe qui a su évoluer et garder une force et une lucidité absolue suffisante pour parler de l' époque actuelle car profondément resté totalement connecté à cette terrible époque. Mais comment pourrait-il en être autrement. Les grands vainqueurs du pseudo Revival Britpop ne ce sont justement que ceux qui avaient allumé la mèche Britpop en 92. Et qui s' en sont assez vite distancié fort judicieusement. SUEDE LE grand groupe romantique surtout pas nostalgique. Pouvons-nous parler de miracle? Peut être pas. Peut être plus du tout. Suede vient de sortir son 10 ème album en 36 ans d' existence et plutot que de me répéter je vous invite immédiatement à allez relire l' article concernant le précédent de 2022 ic i avant de vous attaquez à ce qui suit. Donc "Antidepressants" succède au génial et surprenant "Autofiction". Il l' égale voir plus. Encore plus brut, plus mordant, anguleux et maîtrisé. Suede vit une seconde vie comme rarement dans l' histoire du Rock. Si vous en êtes resté à la magistrale trilogie des 90's "Suede", "Dog Man Star" et "Coming Up" alors à l' instar d' "Autofiction" vous allez prendre une claque terrible de fraîcheur. Ainsi suite à la sortie et ma chronique sur "Autofiction" j' avais rencontré un bien et rarissime étrange phénomène. Des connaissances (ou pas) de ma génération (ou des suivantes) avaient aimé ce disque mais reconnaissez qu' ils n' avaient auparavant jamais eu d' affection pour ce groupe et sa musique. Comme je l' écrivais en 2022 Suede a toujours porté comme un fardeau la hype qui avait accompagné ses débuts et l' aspect réac de la Britpop dont ils se sont toujours senti étrangers à juste raison. Les deux derniers disques vont évacuer les appréhensions et faire taire les mauvaises langues. En 2022 Bret Anderson désignait "Autofiction" comme leur disque "Punk". Cette année il décrit le dernier album comme étant leur disque Post Punk. On ne peut qu' être en accord tellement les références vont se succéder. Et oui la musique de Suede a toujours été hyper référentielle et les accusations de " Bowie du pauvre " si elles ont toujours été un brin justifiées ne peuvent pas tout expliquer ni même résumer leur musique. Ce n' est pas un groupe revivaliste, post moderne dans un sens, comme tous les autres. Siouxie & The Banshees, Magazine, Public Image Limited, The Chameleons. Quand Anderson et sa clique s' attaquent au Post Punk le référentiel est très riche et pas si usité que ça par les vagues Revival précédentes. Pas aussi bien maîtrisé. Suede fait la leçon à tous les Murder Capital, Idles, Fontaines.D.C. et compagnie. Et ne parlons des Rakes ou d' Interpol. Tous ces fossoyeurs du Post Punk depuis trente ans. Et c' est bien là que l' on perçoit un savoir faire inégalée chez les autres formations revivalistes et Britpop. Sauf bien sûr le Pulp de l' âge d' or. Oui Suede s' inspire du Post Punk en 2025 comme de Bowie en 1993. Mais quelle maestria dans l' art de faire du neuf avec du vieux. Surtout en désirant sans cesse renouveler ses influences donc son style tout en gardant son identité fortement iconique. Quoi qu' ils fassent, ça pourrait être un détonant virage expé ou Drum & Bass ou Deconstructed Club, rigolons un peu, ça resterait du pure Suede. Ils sont incapables de se reposer sur leurs lauriers nostalgiques. C' est un groupe régénéré depuis trois ans qui individuellement ne cesse de vouloir progresser techniquement comme artistiquement. Le plus bel exemple est Matt Osman. Assez bon aux débuts il devient grandiose depuis trois ans en imposant un jeu de basse où simplicité et intelligence se marient à merveille. L' entente avec Simon Gilbert qui reste l' atout maître du groupe depuis toujours semble elle aussi avoir progressé. Quant à Richard Oakes il y a bien longtemps qu' il a égalé jusqu' à dépassé Butler (le guitariste originel). Moins guitare héros que son prédécesseur il offre toujours cette efficacité imparable avec ses compos. Le dernier disque démontre encore toute l' ambiguïté que Suede porte en lui tel un étendard. Une ambiguïté qui peut être à entrainer en erreur les non fans des débuts. Glamour au possible, ce qui est déjà un luxe les années passant, ils sont également garant d' une authenticité si précieuse par les temps qui courent. Suede touche encore et toujours au plus profond de l' auditeur, rentre dans votre intimité comme peu de formation, et en même temps, possède un don du spectacle rare. Du glamour réaliste en somme. Selon Anderson "Antidepressants" offrirait une musique brisée pour gens brisés". Ça l' est véritablement tant ce mélange de tensions extrême et d' euphorie aident à combattre la déprime générée par la vie moderne. Les paroles lyriques et profondes d' Anderson et cette musique vaillante ne baissant jamais la tête servent d' armures et de béquilles contre la paranoïa, l' anxiété et la névrose que ce monde nous balance à la face. Eux aussi participent à la lutte des clases comme Cocker et les Gallagher mais peut être encore plus frontalement derrière les apparences romantiques et glamours trompeuses. Plus lucidement. Et puis au sujet des connotations virilistes racistes et homophobes dont la Britpop fut porteuse à partir de 95-96 Suede a affiché en étendard à la suite de Bowie une androgynie et un antiracisme fort quitte parfois à en faire trop (certaines déclarations d' Anderson). Ne jamais oubliez qu' à leur suite les premières formations comportaient souvent des leaders féminines (Elastica, Sleeper, Lush), homosexuels ou bisexuels (Gene) ou issu de l' immigration (Echobelly) et que chacune luttèrent ouvertement contre les préjugés tenaces. Donc la Britpop raciste et homophobe, oui malheureusement, mais pas aux débuts. Les tics Bowienesques survivent évidemment avec ce parlé posé sur la musique mais Anderson s' aventure aussi avec maestria et par grandes enjambées sur les platebandes de la critique sociale d' un Mark E Smith et celles très éloignées car très romantiquse d' un Robert Smith. Le truc qui change pas c' est l' art unique de la ballade, du slow alternatif ! Ici on a deux titres susceptibles de provoquer bien des rapprochements. Glamour et romantique je vous dis. Suede ne regarde pas dans le passé comme Pulp et les autres de la Britpop mais vit surtout dans le présent. Il est connecté au monde qui l' entoure comme il l' a toujours été. Oui il emprunte aux aînés mais toujours dans volonté d' être efficace, pertinent et assurément combatif. Peu importe les influences, les ressemblances et le courant emprunté. Ce groupe a une personnalité qui transcende tout. Les instigateurs puis sauveurs du piège Britpop. OUI. Le meilleur groupe "Britpop" en 2025 OUI Le disque Rock de l' année? OUI. BONUS TOP 20 BRITPOP D' abord les deux pierre fondatrices de l' édifice Britpop. THE LA'S The La's THE STONE ROSES The Stone Roses Influences considérables. Si le Roses peut paraître éloigné par son psychédélisme et ses influences Funk proche de la culture Rave son poids en tant qu' œuvre à gros succès provenant de l' Indie décomplexa les Oasis, Pulp, Suede et compagnie. Quant au La's c' est l' évidence absolue. Tous les groupes Britpop les revendiquèrent comme étant les précurseurs ultimes. PULP His'n'Hers PULP Different Class SUEDE Dog Man Star SUEDE Suede OASIS Definitely Maybe ELASTICA Elastica SUPERGRASS I Should Coco BLUR Parklife OASIS (What's The Story) Morning Story THE AUTEURS New Wave PULP This Is Hardcore SUEDE Coming Up SAINT ETIENNE So Tough Bien sûr qu' il ne s' agit pas stylistiquement de Britpop tant la palette d' influence est riche et variée. Les vagues Acid et Madchester se font ressentir, deux courants que la Britpop rejeta. Mais que Saint Etienne est terriblement So British. Un condensé de culture populaire. Prenez sa présence dans ce top comme un fantasme personnel de ce qu' aurait pu être la Britpop si elle n' avait pas possédé ses œillères. LUSH Lovelife SUPER FURRY ANIMALS Fuzzy Logic THE VERVE Urban Hymns THE CHARLATANS Tellin' Stories Note importante . Que ce soit pour eux comme pour les suivants, il ne s' agit pas de leurs meilleurs albums. Ceux-ci ne concernent pas vraiment la Britpop, les Charlatans étaient à leurs débuts très Madchester et les Boo Radleys entre le Néo Psychédélisme et le Shoegaze. Mais avouons que leur passage à un autre style confirmèrent leurs talents certains. THE BOO RADLEYS Wake Up CORNERSHOP When I Was Born For The 7th Time Même remarque que pour le Saint Etienne. L' Angleterre des 90's c' était aussi ça n' en déplaise aux crétins racistes. BLACK BOX RECORDER Avec ce disque l' un des instigateurs involontaires, Luke Haines, enfonça en 98 le clou dans le cercueil d'une Britpop tombée dans un océan de cocaïne, de virilisme et d' arrogance égocentrique. Ce disque lui balança en pleine poire certains aspects de la société anglaise que la Britpop ne voulait plus voir ou avait caché.
- FAST SELECTION N° 7. Anna Von Hausswolff, Geese, Alpha Maid, Blawan, Dania, Authentically Plastic, Akira Umeda & Metal Preyers
Anna Von Hausswolff Quoi de neuf depuis Septembre mais qui n' aura pas de vraie chronique faute de temps. GEESE GEESE va truster les classements mondiaux de fin d' année. Quand j' écris mondiaux comprenez bien que le monde Anglo-Saxon toujours assez égocentré. Face à l' abatage médiatique votre serviteur a pris son temps. Les rares fois qu' il avait entendu du Geese c' était pas vraiment la claque. J' irai même jusqu' à dire que l'insulte préférée a surgi, RETROGAGA !!! Leur "3D Country" portaient trop en lui de senteurs vintages. Ils possédaient certes certaines qualités inconnues du reste du troupeau Rétro comme par exemple cette façon d' avoir des structures partant dans un peu tous les sens. Il y avait bien une folie inédite pour un exercice qui tenait autant du Classic Rock que de la Country Alternative et du Southern Rock. Mais ce n' était vraiment pas comparable avec les formations réellement avant gardiste que ce blog adore comme YHWH Nailgun, Gilla Band, Moin ou Still House Plant par exemple. En début d' année le leader Cameron Winter sortait un disque solo ("Heavy Metal") à la vulnérabilité surprenante par des paroles qui ne pouvait qu' interpeler par ici. Le type écrivait un truc sur les Rolling Stones, originalité 0 depuis 50 ans, mais ce qui aurait du être anachronique en 2025 et surtout complètement pathétique venant d' un garçon de son âge me bouscula. Oui il reconnaissait regarder trop dans le passé et en même temps faisait preuve d' une sincérité et d' une lucidité rare chez les rétrogagas. Le passé n' est pas pour lui un cul de sac nostalgique dans lequel s' abriter mais une arme pour décrire les sentiments et le monde d'un mec de la génération Z. Question style bien sûr que l' on pouvait pas dire que le truc innover tellement on naviguait dans une espèce de Chamber Folk mêlée de Soul et d' Americana. Autant retourner écouter la plus moderniste et elle aussi Americana Ethel Cain. Charmant et déchirant mais musicalement rien qui vienne illustrer la lucidité de son constat sur ses amours Rétro et leur travers. Et boum "Getting Killed" déboule et surprend jusqu' à plaire et troubler. Déjà ce qui commençait à transparaître dans le précédent album du groupe apparait et éclate à la gueule des neuneus rétro. Une diversité stylistique énorme. Psychédélique, Krautrock (!!!???), une vivacité d' esprit Punk (!!!???), des sales manies Post Punk ou Electro-Disco et même un petit courage en terme d' expérimentation. Alors bien sûr l' emballage sonne comme de "bon vieux" Classic Rock & Blues, de la "bonne vieille" Country" et même de la Soul/Funk en arrière plan. Mais non seulement ça se laisse écouter mais en plus cela devient passionnant. Passionnant parce que si même Cameron Winter est un indécrottable Rétrogaga il a bien compris que le machin ne peut plus durer. Qu' il risquait de se déconnecter de son époque. Alors lui et ses potes ont mis les paroles de son ""Heavy Metal" en raccord avec la musique. Toujours cette voix émouvante et ces paroles déchirantes sur notre époque mais accompagnées d' une musique libre de réinterpréter le passé à sa guise. Ils ont pris les vieux grimoires et après avoir déchiré et découpé les pages nous offre une nouvelle version du Cut Up. Mais quoi de plus normal parce que le secret de Geese n' est rien d' autre que leur origine et lieu de vie. Une ville cosmopolite stylistiquement et ethniquement en matière de musique qui ne permet pas aux rétrogagas de s' enfermer dans une case étroite trop longtemps. New York. Alors bien sûr ça ne sera pas le disque de l' année par ici. Pour sûr. Mais au moins cela peut être la chance du Rock Indie d' offrir une porte de sortie plus accessible afin d' en finir avec les revival bêtas. J' aurai pu en faire une vraie chronique mais justement. Coller Geese à côté de ce qui va suivre est pour le coup bien plus pertinent. Comme pour une playlist, balancer du facile puis amener délicatement du complexe. ALPHA MAID j' imagine juste le fan un peu trop rétrogaga qui tombe sur cet article via sa passion pour Geese et qui va écouter ce qui suis. J' en bave déjà. Ce fan justement ne doit pas connaître le label Ad 93. C' est con, c' est pour moi le label de l' année 2025. Moin ( ici ) , la délicieuse James K, YHWH Nailgun ( par là ), Joanne Robertson et Valentina Magaletti (avec YPY). Excusez du peu mais tous ces albums vont être classés par ici en fin d' année. Tiens en parlant de la plus grande batteuse du moment, Magaletti (Moin), elle collabore aussi dans le premier album de Leisha Thomas aka Alpha Maid. Et pas qu' elle. Coby Sey. Et encore une fois il s' agit dans ce blog d' une proche de Mica Lévi. Tout ce qu' repère ou touche Lévi ce transforme en or. Alpha Maid sort son premier album "Is This Queue" et c' est une pépite. A peine trente minutes de musique mais une densité hallucinante d' expérimentations. Ici aussi les guitares renaissent et sortent du ghetto rétrogaga. Il faut rajouter un grand nom pour finir de présenter cette londonienne. Tout au long des 9 titres plane le goût du risque et le désir de singularité de la reine Klein. Avec Alpha Maid on ressent pour la première fois chez une jeune artiste le poids de l' une des stars de ce blog. On peut aussi dire que la jeune fille doit kiffer d' autres star DWTN tel Dean Blunt mais aussi les vieilles références absolues tel This Heat, Sonic Youth, Slint et Black Dice. Sa guitare faussement brouillonne vagabonde à travers les âges et les territoires. Elle vagabonde mais affirment avec force. C' est DIY et intime mais puissant. Chaque titre surprend par le style d' expérimentation choisi et pourtant c' est une vraie et très forte personnalité qui se dégage. Et comme chez ses amis on repère cette belle manie de prendre dans le passé, d' étirer, de dépecer puis enfin, de plonger dans une vapeur composée de Dub et d' Hypnagogic Pop. Merveilleux et perturbant. BLAWAN A-t-on perdu ou guéri le fan Rétrogaga de Geese? Pas encore? Alors on tape plus forte et rien de mieux que de la Techno. Enfin presque. Jamie Roberts aka Blawan à l' instar d' Alpha Maid a pris son temps. Depuis plus de dix il traîne ses guêtres dans les sous-sols de la Techno Industriel. Il a même rencontré un certain succès par l' apparition de certains titres dans des mix grands publiques. Mais il s' en foutait et a très vite coupé les ponts avec un buzz médiatique qui voulait de plus en plus de lui. Bien lui en a pris. Ça tabasse, ça prend aux tripes et ça vous recrache sur le Dancefloor en lambeaux. Et surtout ça innove ! En lorgnant sur le Grindcore et en faisant trempé ses rythmiques dans un bain d' acide Glitch jusqu' à les rendre épileptiques à force de saccades, Blawan redonne un gros coup de tatane au cul d' une électro qui commençait à se reposer sur ses lauriers Deconstructed Club. Au sujet de cette dernière on ne peut qu' être sûr que l' anglais s' en inspire et à l' instar d' Aya ( ici ) la sauve littéralement du sur place. Cherchez pas la tuerie Dancefloor novatrice de 2025, C' est Blawan ! DANIA Après la castagne Dancefloor il est venu le temps des caresses pour le fan Rétrogaga de Geese. Dania c' est dans le civil Dania Shihab. D 'origine Irakienne elle a vécu une grande partie de sa vie en Australie en poursuivant une carrière de médecin urgentiste. Dorénavant localisée sur Barcelone elle poursuit en parallèle une brillante carrière de musicienne Ambient. Jusqu' à présent son travail passait tour à tour de l' A Capella et la chorale au collage sonore à une électro acoustique fricotant avec des Drones, le Dark ou le New Age. Son quatrième album intitulé "Listless" la voit osciller vers la DreamPop et le Trip Hop. Le mélange n' est pas nouveau ces derniers temps et Dania fait mouche et touche là où ASO et Hysterical Love Project nous avaient ému en 2024. La spécificité de ce disque est qu' il a été composé en grande partie après les douze coups de minuit. Mais étrangement les nuits de l' urgentiste en Tasmanie semblent bien douce. Peut être le calme après la tempête vous suggèrera le soignant expérimenté. C 'est un disque apaisé qui prend tout son temps et qui semble être un rêve éveillé mélancolique. Dana qui reconnait venir d'une culture où chanter ça ne se faisait pas ou alors en douce, nous susurre et nous berce souvent quand elle ne nous élève pas parfois. A chaque titre on se dit que l'on connait par cœur ce son depuis des années mais malgré cela on craque littéralement. Parfois c' est My Bloody Valentine, Seefeel et surtout Bowery Electric pour le tout premier croisement SHoegaze/Trip Hop qui revient à l' esprit. Merveilleux. ANNA VON HAUSSWOLFF Je ne sais pas si c' est l' époque ou l' écoute assidue de Maruja mais j' ai des envies de grandiloquence. De maximalisme. De bruit, de colère et d' émotion. Quitte à ce que ça en fasse trop. Anna Von Hausswolff m' a surpris cet automne. Je connaissais déjà et si il m' arrivait d' écouter son Neo Classical Dark expérimentateur je n' éprouvais pas pour autant l' envie de le partager. Peut être par peur d' effrayer ou de faire rire tant ses chants grégoriens enveloppés de Drone pouvait rebuter et effrayer. 15 ans de carrière avec 5 albums au compteur et la suédoise se décide à tutoyer d' autres univers plus accessibles. A se faire plus avenante. Alors je préviens. C 'est lyrique au possible et parfois on peut se dire que ça en fait trop. Puis en un instant, d' une caresse de sa voix puissante, par un arrangement plus léger, une texture délicate, elle nous prend la main et nous emporte dans son tourbillon. Sur le tout récent "Iconoclasts" elle allie son baroque Dark et ses arrangements classiques à des sonorité plus rock ou plus précisément elle s' empare des envolées Post Rock et en fait quelque chose d' encore plus grandiose. Elle fait verser son songwriting aventureux et téméraire vers une Pop décomplexée. Et toujours cette voix qui transperce tout sur son passage. Elle en a fait une arme de destruction massive avec ses cris, ses gémissements et des hululements venus du tréfond des âge. Viscérale à souhait l' union de son orgue avec lequel elle compose, l' orchestration Rock et surtout le saxo d' Otis Sandsjö évoque une version Néo Classique par ses arrangements des déjà cité Maruja. Sauf que souvent le saxo apaise entre deux tempête émotionnelle. La belle quadra suédoise a déjà été croisée avec la toute aussi belle Ethel Cain et ce coup-ci tape très fort en matière de collaboration jusqu' à nous offrir le meilleur titre chanté du vieux Iggy Pop depuis plus de 15 ans. Un titre très très Nick Cave par ailleurs mais quoi de plus normal puisqu' elle l' a côtoyé. C 'est un disque portant sur la séparation mais aussi sur les ambiguïtés de la maternité. Touchant, parfois mystérieuse, parfois violente par la force de son ton, elle ne peut laisser indifférent. Ça passe ou ça casse mais pour le moment et depuis un certain temps, ça passe allègrement. Faut juste pas abuser. Et pour finir quoi de mieux que de terminer notre voyage par une bonne vieille adresse, celle de nos potes pour toujours de Kampala en Ouganda ( voir ici ). AUTHENTICALLY PLASTIC Son "Raw Space" de 2022 avait été encore une belle occasion de tisser encore des lauriers au label Hakuna Kulala. Ses polyrythmies lorgnant sur le Gqom et s' inspirant de l' IDM d' Autechre avec une légère touche très British.0 à la Dean Blunt commençaient à nous manquer. Authentically Plastic nous revient avec "Rococo Ruine" . Encore plus frontal, encore plus apocalyptique encore plus tripant. Et surtout encore plus révolutionnaire tant il n' en fini pas de redéfinir la science du rythme. S' appuyant sur ceux créés pour "Raw Space" il les déconstruit pour les réassembler et les répéter encore plus rapidement et régulièrement. Voilà pour l' ossature susceptible de faire bouger le croupion à n' importe qui parce qu' il faut aussi constater que l' enveloppe est elle aussi en mutation et va bousculer tous nos esprits. Ses synthés attaquent de toute part, entre la Trance et CyberDub. Il n' en fini pas de nous propulser dans d' autres univers à moins qu' il s' agisse de pouvoir hallucinogène diabolique. C' est un psychédélisme revigoré. Musique à la fois dystopique et combative, une véritable danse de Saint Guy à la sauce ougandaise. Perfect A présent allons voir du côté de la maison mère d' Hakuna Kulala, Nyege Nyege, sans pour autant quitter le psychédélisme version africaine. AKIRA UMEDA & METAL PREYERS Et encore une fois un voyage psychédélique à nul autre pareil. De ces disque qui vous hâpent et dont on risque ne pas en ressortir. Ou alors en n' étant plus le même. Jesse Hackett et Mariano Chavez aka Metal Preyers reviennent avec une nouvelle collaboration. Akira Umeda, artiste japo-brésiliens spécialisé dans le collage a osé se confronter à ces deux producteurs géniaux et le résultat est sidérant. On a quitté un instant l' Afrique de l' Est pour s' enfoncer dans les profondeurs en quête d' un continent inconnu au confluent de l' Asie et du Maghreb. Les mélodies d' une simplicité ahurissante mais emportent, font frémir et vous transforme. Des voix synthétisées fantomatiques , des synthés glaçants, des rythmes entraînants. Trip psyché Dark, palpitant et terrifiant, charnel et voluptueux. Et une pochette magnifique. L' une des plus belles de 2025.
- FAST SELECTION N° 5. Voice Actor, Moin, Nazar,Black Country New Road, Kara-Lis Coverdale, Stereolab
Noa Kurzweil aka Voice Actor Parce que l'on a pas toujours le temps pour offrir de longues et complètes chronique , voici une revue rapide des coups de cœurs du moment Pour commencer attaquons nous à l' une des artistes parmi les plus singulières de ces dernières années. VOICE ACTOR Il y aurait tant à écrire au sujet de Noa Kurzweil aka Voice Actor. La magie de ma première fois avec cette résidente de Sheffield. L' improbable "Sent From My Telephone" découvert à la fin 2022. Disque de chevet absolu tant il m' a aidé à affronter la solitude et tant il a panse les plaies de beaucoup d' autres. Je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ces 109 titres soit un peu plus de 4 heures de musique. 4 heures d' une beauté absolue mais aussi de pure Bien être auditif. Et l' expression n' est vraiment pas galvaudée puisque Voice Actor utilise pour sa voix et certains instruments des techniques provenant de l' ASMR ( ici ). Mais stoppons tout de suite ceux qui ne voudraient résumer cette musique qu' à ses bienfaits sur la santé. Voice Actor artistiquement est aussi l' une des plus passionnantes propositions depuis longtemps. Naviguant au confluent de l' Ambient, du Spoken Word et de l' Hypnagogic Pop elle crée un univers proche des rêves dans lequel chaque son prend un relief inimaginable et susceptible d' émouvoir. Si le premier avait été produit avec l' aide de Levi Lanser et son successeur "Fake Sleep" n' étant rien de moins que sa version allégée à seulement 16 titres, le récent "Lust (1)" est marqué par le départ de Lanser au profit de Squu. Plus épuré et peut être aussi bien moins éparpillé stylistiquement il voit Voice Actor expérimenter d' avantage. Plus porté sur le Tri Hop, le Dub électro et la Downbeat Ambient qu' elle prend un malin plaisir de déconstruire par instant, il s' en dégage toujours cette sensualité si particulière liée à une inventivité rare. Peut être encore plus vaporeux et narcotique c' est une nouvelle occasion de découvrir cette ensorcelante voix pleine de grâce qui par stimuli donne cette sensation de bien être absolue. En bonus le divin marathon sonore "Sent From My Telephone" et ses 109 titres. L' une des plus intéressantes expériences musicales de ces dix dernières années. BLACK COUNTRY, NEW ROAD. On en a connu des groupes coupés en plein vol par la perte de son leader. Souvent c' est signe de mort mais parfois c' est l' occasion d' un nouveau départ. L' exemple Joy Division/New Order reste à jamais le plus bel des exemple. En 2022 les BC,NR perde leur chanteur Isaac Wood au moment même où ils sont en passe de changer de division avec leur espèce de mélange de Post Rock et Post Punk lyrique au possible. La chute fut rude et il aura fallu attendre trois ans pour le grand retour. Retour réussi et ce de l' une des plus belles manières . Changement complet de style musicale et expérimentation sans se reposer trop sur ses acquis même si quelques habitudes Prog subsistent. Bye Bye le Post Punk et bienvenue à la Baroc Pop tant chérie par ici. C 'est toujours lyrique mais ce coup-ci les petites manies d' en faire trop à la Arcade Fire ont disparu. Plus joyeux même si certaines paroles sont mélancoliques jusqu' à parfois frôler un étrange macabre, on découvre un groupe qui cherche et s' est remis en question profondément . Plus collectif et plus du tout planqué derrière Wood les BC,NR charme en évoquant le grand "Ys" de Joanna Newsom et sa Folk Orchestrale expérimentale. A d' autres moments la Baroc Pop rencontre un étrange Folk plus ancien si ce n' est pas l' art de la comptine à la Brian Wilson. Ce disque ne va pas plaire aux fans des deux premiers mais cela n' est pas grave et surtout pas mon cas tant j' avoue que jusqu' à présent ils n' étaient pas franchement mes préférés parmi la Windmill Scene . NAZAR Dans ce blog on ne s' est jamais totalement remis de son "Guerilla" (7ème du top 2020 et ici ). De ses belles manières Deconstructed Club s' attaquant au Kuduro sur un mode impressionniste et cinématographique. Le successeur "Demilitarize" tutoie les même sommets d' innovation. Les même intelligences et originalités rythmiques alliées à la même force en création psyhoactive. Il va falloir du temps pour digérer ce disque en provenance de l' avenir. Si il délaisse la guerre civile angolaise et ses traumatismes il s' attaque à des sujets tout aussi important comme la maladie, la résilience et l' amour. Alcides Simoes aka Nazar utilise toujours le Kuduro mais ce sont d' étranges réminiscences de Burial, Post Dubstep et RnB qui surprennent encore plus. Chef d' œuvre encore une fois. MOIN Moins d' un an après le numéro 1 du Top 2024 "You Never End" , Tom Halstead, Joe Andrews et Valentina Magaletti nous reviennent avec un Ep de 6 titres et comme toujours c' est une merveille d' innovation. Ce coup-ci le trio s' inspire un peu plus du Jazz comme l'indique la présence du saxophoniste Ben Vince. Mais résumer les aventures sonores de Moin qu' à une seule ligne directrice est bien sûr totalement stupide. Le jazz est cité, retravaillé, torturé pour être redéfini mais les Moin explorent encore bien des territoires. Les Post Hardcore, l' Indus et ce Funk si bizarre sont encore de la partie. Magaletti n' en finit pas de tutoyer les sommets expérimentaux et les deux gars se souvenant de leur expérience Rave et électro de nous offrir ce qu' auraient donné certaines idées et styles du passé avec les technologies et les us et coutumes de l' époque. Moin reste au dessus de la mêlée et nous entraîne toujours plus dans un glorieux futur. KARA-LIS COVERDALE Voici un retour très attendu. 8 ans se sont écoulés depuis la petite merveille "Grafts, ep d' un seul titre mais aussi important que tous les albums sortis la même année. Les créations magnifique de Kara LIS piochant dans le New Age, le Minimalisme et le Classique Moderne nous manquaient. Il fallait un successeur à "Aftertouches" mais surtout au magnifique "Sirens" de 2015 coécrit avec LXV. La canadienne vient de sortir "From Where You Came" et nous emporte encore une fois dans un univers infini. Plus inspiré du Classique et plus précisément de la Musique à Programme du XIXème ( ici ), ce disque aborde aussi les des marottes de l' artiste, le Jazz Spirituel et la musique sacrée. C 'est une musique hétérogène jouée avec un talent et une technicité hallucinants. Et les frissons de s' emparer de nous encore une fois. STEREOLAB Autre retour et celui la n' était pas également attendu ni même espéré pour être tout à fait honnête. Stereolab qui déboule et nous offre son 12 ème album et qui plus est une réussite, on aurait signé sans vraiment y croire. Lætitia Sadier et Tim Gane nous reviennent en grande forme avec "Instant Holograms on Metal Film". Sadier est revigorée et le temps ne semble ne pas avoir laissé de traces. Psychédélique à souhait ce disque est du Stereolab pure jus qui ne se répète pas vraiment. On retrouve bien cette Proto Hauntology Music qu'ils avaient réussi à imposer dans les 90's avant que Boards Of Canada ne la détourne vers d' autres territoires. Pop et à la fois expérimental, cultivé sans tomber dans la citation facile et les autoroutes de la nostalgie rance. Toujours ces même senteurs Krautrock, Space Age Pop et Lounge. ET surtout encore la preuve par Sadier que l'on peut chanter en français sans que cela cloche, suffit juste du talent et les Stereolab après près de 40 ans de carrière, en ont encore à revendre. Cool et émouvant.
- BETTY HAMMERSCHLAG, une émouvante inconnue au talent multiforme.
On ne sait pas grand chose de cette fille. Même pas sa nationalité. Mais une chose est sûr. On va la suivre jusqu' au bout du monde. Les recherches permettent juste de savoir que son "Fake Girl" est sorti sur le label écossais Blush et qu' elle traine pas mal sur internet. Une petite célébrité bien étrange en somme. Omniprésente sur le web, absente chez les journalistes et sites spécialisées dépassées. Sur Spotify et Bandcamp on lui connait plusieurs albums et singles mais ici encore on se perd à vouloir la cerner. Ses débuts en 2023 avec "Me & You" la voit verser dans une sorte de RnB assez alternatif avec une forte propension à flirter avec l' Epic Collage d' une Elysia Crampton ou d' un Chino Amobi. Et parfois c' est à Klein que l' on pense. Assez intéressant sans vraiment être original mais la suite va devenir franchement passionnant. Et la guitare présente de prendre de plus en plus de place. En accord avec la rare info selon laquelle la belle inconnue aime changer de nom et de style comme bon lui semble, elle opte un an plus tard avec le ep "Cold" pour une Ambient Pop éthérée confirmant ses tentations guitaristiques de plus en plus fortes. Et assez bizarrement on pense à une sorte de Durutti Column version 2.0. . On pourrait dire qu' il s' agit d' Ambient et de Folktronica pour faire simple mais en vérité ça va bien plus loin. Si selon la rumeur elle change de courant musicale à chaque sortie il s' avère que les influences s' accumulent jusqu' à se mêler les une aux autres d 'une façon assez inédite. Elle glisse des samples captivants aux milieux de d' envoutantes mélodies à la guitare. La voix autotunée et souvent délicate est toujours d' une justesse totale et nous offre la confrontation inattendue entre un Folk New Age et le RnB avec un soupçon de Trap. Nous assistons définitivement à l' émergence d' un nouveau courant qui était en gestation sur le net depuis un certains temps. Certains le nomme Cloud Folk et je trouve cela assez approprié. Ici on se souvient dans une forme proche du Bianca Scout l' an dernier pour le mélange des genre. 4 mois après Hammerschlag poursuit sa trajectoire sinueuse avec "Forever Young" et évolue encore jusqu' à toucher au plus profond des âmes. Truc étrange, encore un, ce disque est publié par le label français Si à la découverte de ce disque elle semble délaisser ses manies RnB et Epic Collage on s' aperçoit très vite qu' elles sont toujours présentes, comme cachées sous un tapis à qui elles donnent un relief étrange et attractif. Sa Folk devient plus abstraite, plus vaporeuse. C' est de la DreamPop qui se réinvente sur le mode DIY. Hammerschlag brille par son attention portée aux textures sonore et certaines réminiscences façon Robin Guthrie ou Shoegaze apparaissent puis disparaissent. Des bruits ambiants apparaissent et s' imposent pour s' effacer. Délicatement elle joue de la saturation comme de très rare personne. Liz Harris/Grouper plane constamment. Sa voix polymorphe n' en fini pas d' émouvoir et on sent parfaitement qu 'elle a retenu de ses expérimentations autotune. Une voix qui un instant évoque l' ensorcelante Hope Sandoval. Les paroles évoquent tour à tour la réalité puis des songes numériques. Le passé et le présent s' emmêlent. Il devient glissant comme chez les New Eves. Elle traverse les époques et les courants sans jamais s' y attarder.Sa guitare évoque ML Bunch et le mariage avec sa voix murmurée parfois fait appel à Joanne Robertson (note perso : va vraiment falloir parler d' elle dans ce blog!). A peine 4 ans et déjà trois albums dont elle ne peut pas rougir on se rend assez vite compte que si on penser qu' elle se cherche par son jeune âge en définitive nous avons àaffaire à un sacré numéro dotée d' une voix et d' un talent rares.A suivre de près.
- JLIN, quand le Footwork fout le bordel à l' auditorium.
"The most exciting music is one that physically demands the body to move in unfamiliar ways" ("La musique la plus excitante est celle qui oblige physiquement le corps à bouger d'une manière inconnue") Steve Goodman Aka KODE 9 Après 6 longues années d' attente Jlin revient au format album studio classique. La reine du Footwork était attendue au tournant. Quelle orientation pouvait-elle bien prendre après les titanesques "Dark Energye" et "Black Origami" ? Allait-elle continuer d' amener le Footwork en territoires éloignés de son lieu d' origine ou opérer un retour au source? "Akoma" perpétue les bonnes habitudes prise dès le début de sa carrière et amène le style musicale chicagoan au-delà de toute espérance. (Pour les retardataires utilisez le mot clé histoire de rattraper le temps perdu) Au cours des 6 années séparant "Akoma" et "Black Origami" Jlin n' a pas cessé d' évoluer . Deux ep passionnants, "Embryo" qui la voyait s' approcher inexorablement de l' IDM d' Autechre et Aphex Twins et enfin "Perspective" l' an dernier qui confirmait ses accointances pour le minimalisme et le Glitch. Avec ce dernier elle franchissait un palier supplémentaire en collaborant avec le Third Coast Percussion Ensemble jusqu' à devenir finaliste du prix Pulitzer. Auparavant elle avait publié "Autobiography", musique composée pour le spectacle de danse contemporaine de Wayne McGregor. Le statut de Jlin a continué quant à lui de grandir et le grand espoir du Footwork est devenue une référence absolue en matière d' avant gardisme musical jusqu' à sortir du cadre unique de son courant d' origine. Pas pour rien que son nom a été associé à la crème des crèmes dans le domaine et quelque soit le genre, SOPHIE, Ben Frost, Holly Herndon et la reine Bjork. Et ne parlons de la vénération que lui voue Aphex Twin. Avouons tout de suite qu' "Akoma" n' atteint pas immédiatement l' intensité de ses deux prédécesseurs en matière de choc futuriste et de surprise mais on peut mettre cela sur le compte justement des Ep's qui ont ponctué l' intermède en nous dévoilant progressivement les développements artistiques de l' américaine. Il faut rappeler pour les néophytes à quel point la sortie de "Dark Energy" atteignait comme de très rares exceptions avant lui les sommets révolutionnaires des dancefloors. Un véritable cathaclysme digne de celui provoqué par la Jungle 20 ans plus tôt. Moins clinquant et désarçonnant mais bien plus diversifiée et accessible. Le quidam peut ainsi toujours s' accrocher à des sonorités un brin moins étranges tel celles lorgnant sur le Jazz, le Trap, le classique Moderne avec le minimalisme et les passés Techno de Detroit et de la Rave. A vouloir colorer son Footwork expérimental d' une multiple palette Jlin ne perd pas non plus son encrage dans le genre qui l' a vu naître. Au fil des titres Jlin nous entraîne dans une pérégrination l' amenant des Dancehall de Chicago pour aller sur les Dancefloors européens en passant par des salles bien plus institutionnelles et académiques. Et en chacun des lieux et styles cités elle fout le bordel et casse les préjugés et le conformisme tout en poussant à entamer une danse de Saint Guy inédite. Au fil des 11 titres on va en croiser du beau monde. Bjork ouvre le bal suivi par le quatuor Kronos et enfin l' un des papes du Minimalisme, Philip Glass en personne. Mais avec Jlin la collaboration n' est pas un simple cache misère divertissant comme chez tant d' autres. A l'images de la voix de Bjork à peine reconnaissable l' américaine ne la joue pas petit bras ou fan trop respectueuse. Son art et sa maîtrise sont si forte que c' est bien elle qui vampirise les artistes cités. Si sa musique mérite toujours une attention particulière tant les détails sont importants elle se révèle toujours aussi dérangeante, stimulante et hypnotique qu' aux premiers jours. Le chemin parcouru depuis son apparition sur la légendaire compilation Bangs & Works Vol.2 de Planet Mu est gigantesque et le palier franchi par "Arkhoma" encore phénoménal. Jlin avait marqué la décennie précédente et ce disque est une affirmation sans contestation possible que les 20's seront encore celles de la reine du Footwork.
- DEBIT, Ambient et électroacoutisque chez les Mayas
Delia Beatriz aka Debit revient pour donner un successeur aux Deconstructed Club "Animus" de 2018, disque classé à la 25 ème place du top annuel. Pour ceux qui avait loupé les débuts chez NAAFI de cette productrice d' origine mexicaine et résidant aux States, allez vite voir par la . Ce retour se fait sous la forme de l' un des plus originaux et, d' hors et déjà, réussis disques de cette année. Une oeuvre qui à la fois désoriente, rafraîchit, et tente de réparer le saccage colonialiste toujours visible. Debit depuis 2018 ne nous avait pas offert beaucoup de disques. Des mixes un peu partout mais sa seule sortie discographique était le ep "System" chez NAAFI qui rajoutait à sa Deconstructed Club encore plus de senteurs Latines par l' incorporation de manières Tribal Garachero. Sa farouche volonté de fouler à la fois les territoires Ambient et les Dancefloors semblait marquer un temps de pause préférant rester plus en vue des pistes de Danse. L' artiste affiliée à NON Worldwide, le collectif anti colonialiste et également critique sur le Post Colonialisme fait de faux-semblants, nous revient donc avec son deuxième album mais cette fois-ci chez Modern Love et non NAAFI. L' annonce de l' apparition de la mexicaine chez les anglais faisait pressentir un virage Ambient plus assumé ou si ce n' est plus expérimental au regard de leur catalogue (Demdike Stare, Andy Stott, Lucy Railton). "The long Count" est bel et bien un retour à l' Ambient mais d' une manière inédite dans sa carrière abandonnant totalement les Dancefloors. Nous découvrons une jeune artiste assumant totalement et comme jamais ses penchants Electro-acoustiques et manies issues de la musique Concrète entraperçus autrefois . Disque plus hermétique à la première rencontre il va se révéler probablement être son plus passionnant et le plus original. Puis irrésistiblement déchirant et salvateur. Une réappropriation culturelle vengeresse qui bouscule tous les clichés caricaturaux produits par la vision européenne et Nord Américaine. Adepte de l' IA dans la création musicale Debit travaillait depuis longtemps avec des programmes d' apprentissages automatique mais était frustrée de ne trouver pour les faire fonctionner que la musique occidentale. Pas de trace des ses racines indiennes d' Amérique Latine et du Sud. Qu' à cela ne tienne, la productrice revint à Mexico pour piocher dans les archives sonores de l' Institut d' études Maya de l' Université Nationale Autonome. A partir de ce moment-là elle va réaliser un véritable travail de mise au jour (et "à jour") d' un passé oublié si ce n' est effacé volontairement par des siècles de colonisation et de génocides européens. Flûtes, ocarinas, trompettes de conques etc etc. Tout ce qui reste de l' héritage musicale Maya à sa disposition Debit va se l' emparer pour tenter de faire revenir à nous une époque révolue dans une version moderne. On peut réellement parler d' Hauntologie puisqu' avec du vieux, les instruments, elle fait du neuf avec l' aide de procédés moderne. Elle redonne à une culture oubliée et détruite en partie un avenir inespéré. La musique des Mayas pour des raisons évidentes et faute d' un système de notation ne nous est pas parvenue. Sous le poids de l' histoire et par choix artistique les artefacts musicaux Mayas prennent des atours lugubres . L' Ambient doucereuse New Age un brin psychédélique du premier album devient terriblement Dark et s' inscrit parfaitement entre les œuvres du catalogue Modern Age. Ses drones deviennent souffreteux et envoûtant comme les soupirs de fantômes revenant d'un passé lointain. Par des effets psychoacoustiques sensationnels c' est une musique à la fois expérimentale et ultra moderne étonnamment spirituelle qui agit tel une coction hallucinogène. Pour les fidèles de Dancing With The Noise cela évoquera bien sûr un documentaire présent dans le post sur Elysia Crampton et son psychédélisme diffus provenant de son héritage culturel (ici ). Une musique où la nature est omniprésente à l' instar des croyances et la vie quotidienne Maya. L' auditeur va sembler déambuler dans une jungle sombre et étouffante percevant par instant des cris d' oiseaux. Les samples utilisés d' instruments du passé sous l' effet des traitements numériques se transforme par magie en plaintes vocales déchirantes. En s' inscrivant sur les pas d' une Elysia Crampton mais dans un registre éloigné la mexicaine Debit nous offre à son tour un disque coup de poing dans nos gueule d' occidentaux et ouvre des portes de tranferts entre le passé et le futur que nous ne savions plus, ou ne voulions pas, trouver.
- MIXTAPE FIRST HALF 2022
Comme vous vous en êtes rendu compte j' ai pas vraiment le temps d' écrire sur la musique. J' en suis sincèrement désolé. Pas le temps pour le blabla mais toujours assez pour écouter de la musique pas comme les autres. Question de survie. Et miraculeusement, celui de faire une mixtape de ce qui m' a le plus accroché en cette première moitié 2022. Au programme une bonne dose de Post Punk (Yard Act, Fontaines D.C.) et sa version FM soft avec Wet Leg et Porridge Radio. L' essentiel et coutumier contingent africain avec des artistes issus des deux labels Ougandais tenu par DWTN en très très grande estime, Hakuna Kulala (Chrisman, Ecko Bazz) et Nyege Nyege (Phelimuncasi). Le cousin Sud Africain des précédents , Dj Lag, surveillé ici depuis bien longtemps et qui vient de nous offrir le meilleurs album de Gqom de tous les temps. La grande révélation Noise Rock Just Mustard qui,après les Fontaines et Girl Band, finit de placer l' Irlande à la tête du podium mondiale Indie en évoquant à la fois les souvenirs Shoegaze des Cranes et les dernière aventures Noise des chouchoux Raime sous pseudo Moin en 2021. Fait curieux, DWTN s' est remis au Hip Hop après des années de désert en terme de coup de cœur et bien sûr c' est du côté de sa version Experimental avec les vieilles connaissance de 700 Bliss (Moor Mother et Dj Haram) et les They Hate Change et leurs forts penchants 90's et UK Bass originaux et rafraîchissant dans le vieux monde du Southern Hip Hop. L' iranien Sote habitué des Tops annuels DWTN va évoquer au français l' une de nos plus belles chansons et son interprète Christophe sur un mode électronique progressif quand une autre artiste chouchoutée ici, la mexicaine Debit, nous dévoilera la relecture électro-acoustique de son héritage culturel. 2022 marque le retour d' une ville via sa scène musicale. La ville des villes ose dire celui qui a grandi en écoutant Joy Division/New Order, The Smiths, Durutti Column, Stone Roses, Happy Mondays, Oasis, A Guy Called Gerald, 808 State, Andy Stott, Demdike Stare etc etc etc. Manchester. Après Space Afrika depuis trois ans c' est toute une scène qui explose. Blackhaine, Iceboy Violet et Rat Heart Ensemble. Et puis il y a les ovnis musicaux que sont le duo Romance & Dean Hurley avec leur Ambient en provenance de l' univers de David Lynch et l' étrangeté absolue qu' est THE EPHEMERON LOOP. Une anglaise capable de marier Liz Fraser aux bruitistes tel Duma et le tout au cours d' une Rave. 1922-2022. En guise de conclusion comment ne pas passer à côté du centenaire de la naissance de l' un des plus grands génies révolutionnaires précurseurs de la musique, Iannis Xénakis. Fans d' électro IDM et d' Ambient jetez-vous sur l'une de ses pièces maîtresses, Concret PH. Proto Glitch créée 40 ans avant Aphex Twin et compagnie.
- DJ ANDERSON DO PARAÌSO, le côté obscur du Baile Funk.
L' an dernier, toujours affamé de nouvelles sonorités innovantes, DWTN s' était rué sur la version hallucinatoire et terrifiante du Baile Funk brésilien offerte par DJ K ( ici ) . A peine remis de ma découverte nommée dorénavant le Bruxeria Sound, le label ougandais Nyege Nyege déjà découvreur de DJ K annonçait en grande pompe une nouvelle recrue issue de la scène Baile Funk brésilienne. Et les plus avertis des observateurs du label nous prédisaient une encore plus grande claque tant la version promise du Baile Funk était totalement différente et originale jusqu' à battre en brèche les idées reçues. Le premier album du petit dernier au sein de l' écurie Nyege vient enfin de sortir et disons-le immédiatement. Les annonces n' étaient pas du buzz pour pas grand chose mais bel et bien le coup de vent annonçant une sacrée tempête. Mais avant de s' attaquer au phénomène il est utile de passer par un petit cour d' histoire sur ce que l' on nomme le Baile Funk histoire aussi corriger quelques petites boulettes vues par ci par là. Déjà une chose à préciser pour les aficionados du Funk américain il n' y en a quasiment plus aucunes traces dans ce que l'on appelle le Baile Funk ou Funk Carioca. Même si les Dj des 70's à l' origine du genre passaient du Funk et de la Soul, devant l' affaiblissement des deux courants dans les 80's, ils se tournèrent vers le Hip Hop et l' électro avec une forte prédilection pour la Miami Bass. Assez vite ils développèrent leur propre version en ajoutant des sonorités provenant des instruments de percussion afro-américains et en remplaçant également l' anglais par le portugais. A forte teneur sociale par ses lyrics le "Funk" remporta un gros succès dans les favelas sous les regards réprobateurs des classes riches et moyennes du pays. La version plus commerciale apparue fut le Funk Melody et bien sûr la Pop Mainstream commença par emprunt à vampiriser le courant. En réaction le "Funk" eut bien sûr sa version plus brutale et gangsta avec le Funk Proibidão. Plus tard un autre sous genre débarqua, le Funk Ostentação. Marqué par le Pop Rap d' alors mais toujours sous forte connotation Gangsta il domina les 10's. Le "Funk" brésilien devenu mouvement de masse parti de Rio (d' où souvent l' appellation Carioca à présent réductrice) se propagea et c' est tout le brésil qui vit les Dj essaimer dans les Baile (fêtes de rue) au cours des années. Dj Anderson Do Paraìso malgré son jeune âge de 27 ans est déjà une légende du Baile Funk. Il a grandi dans la grande Belo Horizonte, grande ville située à l' intérieur des terres et assez éloignée des images d' épinal rattachées à Rio. Ne partageant en commun évidemment avec la cité côtière que les favelas et leurs pauvreté . Ceci expliquera peut être ce qui va suivre. Il débute vers 15 ans en assistant aux Baile (fêtes de rue) du quartier Serrão. A Belo Horizonte il est au cœur pour prendre une part immense à l' une des plus passionnantes évolutions du Baile Funk, le Funk BH. Avec une approche franchement plus minimaliste lui et ses potes vont rendre le Funk plus éthéré et atmosphérique. Le rythme habituellement proche des 150 BPM diminue jusqu' à 90 pour stagner la plus part du temps vers les 130. Les MC délaisse un tant soit peu l' univers Gangsta et mysogine tout en perpétuant la contestation sociale des origines. Ainsi il n' est pas rares de voir la sexualité être abordée d' une manière bien plus progressive avec parfois des lyrics pro LGBT accompagnés d'une vision franchement plus optimiste et combative. Immédiatement à l' écoute de cette claque qu' est "Queridão" l' auditeur va être surpris par les choix sonores en matière de sample opérés par Anderson. Aux côtés du traditionnel outillage électro et l' usage systématique de la réverbération la surprise provient de l'instrumentation classique. Flûtes retravaillées, pianos et cordes en tout genre eux aussi maltraités. Le Baile Funk devient plus solennel jusqu' à être menaçant. Si cette musique demeure toujours très urbaine elle prend une tournure très fantomatique et étrange entre les mains d' Anderson. On ne sait plus très bien si le meilleur endroit pour l' écouter demeure le dancefloor d' une favela ou singulièrement notre fauteuil à la lueur d' une bougie. Avec DJ K on pouvait encore s' imaginer se trémousser en bermuda une bière à la main dans une Baile en pleine période carnavalesque sous l' effet d'une quelconque substance hallucinogène face à une profusion de beat. Chez Anderson c' est l' hiver et à tout instant vous êtes susceptible de frissonner de peur tant il est maître pour délivrer une musique très forte en suspens. Pour cela il joue sans cesse avec le silence. C' est avec une méticulosité infinie et un sens de l' économie louable qu' il va se contenter de peu pour maintenir une pression énorme. La surcharge présente chez la concurrence brésilienne n' a pas de raison d' être du côté de Belo Horizonte. Le phrasé rap ou surtout le chant typiquement brésilien ne jurent en aucunes façons avec cette musique si lugubre. On dit toujours que les contraires s' attirent et ici le mariage est un succès. Ne cherchez pas de disques autant novateurs. Vous n' en trouverez pas ou si peu tant cette musique semble venue de nul part. Si pour certains le Baile Funk peut se révéler être une musique un brin difficile par manque d' habitude ou simplement par éloignement culturel celui-ci par ses prétentions expérimentale exposées avec une facilité déconcertante est susceptible de vous emporter très loin jusqu' à redéfinir toutes nos conceptions et les diktats musicaux contemporain un peu comme le footwork en son temps.
- CHUQUIMAMANI-CONDORI aka ELYSIA CRAMPTON, retour tonitruant.
Disque sorti en catimini à la fin de l' année dernière et qui plus est sous l' un de ses pseudos le moins connu, la dernière oeuvre d' Elysia Chuquimia Crampton est encore un sommet et justifie une fois de plus la vénération quasi obsessionnelle dont jouit l' artiste américaine dans ce blog depuis près de 10 ans. On n' avait plus vraiment de nouvelles d' Elysia Crampton depuis son gigantesque "Orcorara" de 2020 ( ici ) si ce n'est les comptes rendus des multiples expositions artistiques auxquels elle avait participé (Centre d' Arts Contemporains de Genève, MOMA de New York). L' attente parut longue et on commença à s' inquiéter et spéculer sur le fait que l' artiste d' origine Aymara-Bolivienne née aux états Unis ne cesse de produire de la musique préférant les salles expos et les arts visuels. On hésita même à en parler au passé et commencer à dresser le bilan d' une carrière mirifique à l' influence gigantesque tant on était habitué à son rythme effréné de production (environ un album par an). Pour ceux qui ont loupé les débuts de la grande histoire d' amour qui unit ce blog avec Crampton on vous conseillera d' utiliser son mot clé afin de rattraper le temps perdu mais comme on est gentil on va faire le petit résumé de l' un des personnage les plus marquant de l' avant garde électro. Cette artiste multicarte apparu aux débuts des 10's marqua les esprits dès 2013 avec "The Light That You Gave Me To See You" enregistré sous le pseudo E+E. Avec de faibles moyens tel des échantillonneurs et des synthés ce disque au fortes senteurs d' électro Latine et de Cumbia Digital se révélera au fil des années comme l' une des pierres philosophales de la Deconstructed Club ( par là ). Disque en avance sur son temps il fut suivi du tout autant essentiel "American Drift" sous l' étiquette Elysia Crampton. C' est réellement avec ce dernier qu' elle acquit une reconnaissance mondiale dans le milieu alternatif. Elle y dévoilait sa fibre d' historienne de la musique et de sa culture au travers de titres abordant l' histoire de la Virginie mêlée à ses origines latines. Au fil des sorties discographiques elle ne cessa de s' interroger sur ses racines Aymara et de nous questionner sur le passé et le présent colonial ainsi que sur le sujet LGBT. La musique de Crampton est restée jusqu' à présent assez difficile à définir mais peut aisément être résumée comme être l' un plus beau mariage de l' avant gardisme électro avec la Folk Sud Américaine. Le présent et le passé. Ses Sound Collage et ses expérimentations ont produit une musique aux forts pouvoirs psychédéliques susceptible parfois de charmer le milieu Indie. Sorti uniquement sur Bandcamp sous le nouveau pseudo de Chuquimamani-Condori ce disque intitulé "DJ E" marque un virage affirmé vers une radicalité artistique encore plus assumée. Dans ses très rares interviews Crampton a souvent déclaté vouloir aller vers une musique "plus moche" parce que sans compromis. Pour le coup c' est réussi mais tout dépend bien sûr ce que l'on entend par "musique moche". Il faut comprendre par "Moche" que la volonté de Crampton est de créer une musique allant à l' encontre de ce que les médias et l' industrie tentent de nous imposer. Soit une musique "agréable", "d' ambiance" (rien à voir avec l' Ambient en tant que genre artistique et plus avec un but "utilitaire"). Une musique suffisamment discrète pour ne pas perturber nos petites vies de consommateurs et votre productivité. Peu de chance de retrouver un des 7 titres de "DJ E" dans une playlist spotify diffusée dans les Open Space des grandes entreprises ou les robinets à clip et les radios. Pour arriver à ses fin Crampton/Chuquimamani-Condori a décidé de ne pas masteriser ses titres. En évitant la compression une fois le titre terminé les contrastes sonores ne sont pas atténués comme nos oreilles de consommateurs y ont été habituées. Le choc peut se révéler assez perturbant et il faut un certain temps d' acclimatation pour pouvoir percer à jour les multi couches sonores qui parfois flirte avec l' atonalité. Par traitement numérique et compression hors mastering elle superpose donc les couches et les samples jusqu' à parvenir à un miraculeux équilibre de la dissonance. Il est très difficile parfois de trouver l' origine stylistique et quels instruments sont utilisés à force d'un immense travail d' hachage et de distorsion même si certains courants musicaux latino-américain sont assez identifiables tel les boliviens Saya, Caporal ou Huañyo. Crampton afin d' expliquer cette superposition dit s' être inspirée d' un rite ancestral Aymara: "le son de nos cérémonies de l'eau, les 40 groupes jouant leurs mélodies en même temps pour créer la cacophonie de la première aurore et l'appel de l'étoile du matin Vénus". L' auditeur se retrouve confronter à un brouillard sonore opaque désorientant amenant à une profusion de sentiments multiples et incontrôlables. Progressivement de cette mélasse hallucinatoire , et si l' auditeur veuille bien s' en donner la peine, filtre une lumière et des couleurs hypnotique susceptible de vous élever pour atteindre une plénitude jubilatoire. Crampton réussit à amener jusqu' à une sorte de catharsis rarement atteinte. Elysia Crampton nous avait manqué au cours de ces 4 dernières années et elle nous revient encore plus passionnante et intègre. Malgré plus de dix de carrière c'est une proposition encore et toujours enrichissante et révolutionnaire que celle de cette artiste.
- NAZAR, Traumatismes de guerre et autres sur un disque novateur.
Vous avez sans doute en tête vous aussi ces nombreux souvenirs cinématographiques récurrents dans bon nombre de films de guerre. Souvent la scène se déroule dans la jungle ou la savane, parfois des forêts occidentales. On voit d' abord à l' écran la nature et ses sons apportant une ambiance apaisante, faite de calme et de sérénité. A d' autres occasions l' ambiance est étouffante et la moiteur équatoriale s' y ajoutent en laissant préfigurer le drame à venir. Et puis en très peu de temps le spectateur bascule dans les affres de la guerres. Rafales de kalachnikof, explosions, cris d' humains succèdés par ceux d' oiseaux apeurés s' envolant pour fuir l' horreur et la destruction. Parfois ces instants d' actions sont suivis par le retour du silence et progressivement par celui de la nature reprenant ses droits après l' invasion guerrière humaine. Le premier album de Nazar, "Guerilla" va immanquablement vous évoquer ces réminiscences cinématographique. Les instants de violences sonores et celles plus assagies se supplantant les uns aux autres tout au long des 11 titres de ce que l' on peut aisément appelé "disque de guerre" ou plus exactement "disque sur la guerre". La thématique guerrière dans la pop musique ou les franges plus alternatives est très rare. Et il est encore plus inaccoutumé qu' il s' agisse de témoignage direct. Si "Guerilla" est donc bel et bien un disque important par sa rareté il est également par sa réussite et l' effet considérable qu' il provoque sur ses auditeurs. Mais aussi par son originalité dans ses méthodes et son aspect novateur. Nazar Simoes est né en Belgique après l' exode de ses parents au cours de la guerre civile qui a frappé pendant plus de 25 ans leur pays d' origine, l' Angola. Des parents poussés à l' exode parce que partie prenante et réellement engagés dans le conflit. Le père de Nazar étant un haut gradé au sein de la rébellion. De cette histoire Nazar en a été imprégné par les mémoires écrites de son père et les témoignages familiaux ou extérieurs recueillis au cours de ses excursions dans le pays africain. Depuis ses début ce jeune homme ne cesse de nous narrer son héritage historique et les blessures de sa terre d' origine. Après trois ep, dont un repéré par le blog puis classé dans le top 2019, il est enfin passé au long format avec ce tout récent "Guerilla". A peine sorti et déjà une réussite de l' année 2020. Si Nazar avait été repérés par les radars DWTN c' était au départ pour de pures raisons musicales et stylistique. Sa musique a toujours été proche de bien des passions du blog. Un savoir faire et des manières Deconstructed Club mariée à des arômes post indus et parfois traversée d' une multilple variété de senteurs. Footwork, breakbeat, House ou Techno mais surtout Kuduro. Le fameux Kuduro dont je vous ai tant parlé comme par ici quand il est question de sa fille cachée, la Batida. Si en 2019 il avait déjà frappé un grand coup avec "Enclave" et attiré sur lui une attention pleine d' espoir il faut immédiatement annoncer que "Guerilla" confirme les promesses et fait encore plus. Après quelques années de tâtonnement Nazar a en fin mis au point ses recettes d'un nouveau genre qu' il nomme "Rough Kuduro", soit une version rugueuse voir bien plus dark que l' originelle. Nous sommes face à un véritable choc stylistique et une réinterprétion totalement aboutie et déstabilisante. Le Kuduro si souvent et justement taxé de positivité par ses aspects angéliques et joyeux dévoile entre les mains de Nazar une face sombre cassant tous les a prioris. Nos sens et habitudes stylistiques sont désorientés comme le sont ceux de nos habitudes et classifications sonores. Ainsi l' Angolais combine l' organique souvent synonyme d' ambient apaisée, cris d' oiseaux et son de la savane, à des synthés agressifs et glitchy ou des blip diformes et des bruits blancs (armes à feu). A d' autres moments l' auditeur reconnait des enregistrements de terrain non traités aux pouvoirs consolants bousculés par des voix maltraitées et déformées par la technologie totalement déstabilisantes. Ce disque est profondément impressionniste avec ses textures multiples et variées et par leur nature fugace et déboussolante. Nazar excelle dans l' interprétation auditive des traumas émotionnels et physique dus aux conflits. L' auditeur va naviguer entre la terreur, la psychose et la détresse des malheureux qui ont connu les affres de la guerre avec ses instants de calmes et ceux où se déchaîne la violence et la destruction. "Guerilla" est d' hors et déjà une réussite de 2020 et offre au Kuduro une avancée avant gardiste considérable tout en élevant son auteur bien au dessus des cases stylistique et des dancefloors où il était cantonné par les esprit étriqués. Un disque bouleversant.
- FAST SELECTION N°3
TOMOKO SAUVAGE Musique Hydromantique C' est le disque à la fois le plus étrange et le plus naturel de cet hiver. Etrange parce que si de prime abord il semble tellement simpliste et monolithique il faut un certains temps pour se laisser une chance de percevoir la beauté facinante qu'il recelle. Naturel parce qu'il n'est ici question que d' eau!. Comment cette chose partout présente et connue depuis toujours sous toutes ses formes possibles peut elle redevenir étrange? Tomoko Sauvage vit à Paris depuis quelques années et produit peu de disque. La plus grande partie de son temps elle le passe à façonner des installations sonores et visuelles avec une méticulosité et un sens du rituel digne d'un jardinier japonnais adepte du bonsaï. Il est bien évidemment à la fois question d'une approche zen et musicale qui aurait plu à coup sûr à John Cage. Sauvage aime laisser fondre des blocs de glace afin que des gouttes tombent dans des récipients en céramiques tous munis d' hydrophones. Pas de manipulations sonores via l' électronique ou quoi que ce soit. Le résultat est sidérant et devient totalement hypnotique. Digne des plus passionnante expérimentations électro d'un Rashad Becker ou d' Autechres devenues moines boudistes. LA BLAGUE FRANCAISE DU MOMENT, THE LIMINANAS The Liminanas avec un fan de la première heure. Jeunes gens, quand apercevez cet individu (celui qui fait des signes de vieux avec ses doigts), rodant autour de jeunes ou très vieux musiciens, fuyez!!! Le philou c' est un peu comme les mouches sur la viande, signe absolu que la date de péremption est dépassée. Attention accrochez-vous et tentez de ne pas vous esclaffer. Même si, dans un certains sens, nous ne devrions pas trop nous réjouir tant cela relève d'un grave et sérieux cas psychiatrique de pure déni. Déni fortement partagé collectivement dans notre hexagone. Ou bien serait-ce de l' humour? Alors dans ce cas la blague est bien lourde et on frise le cynisme le plus crasseux. Bref, le leader des Liminanas, formation de Perpignan, pour qui la course du monde s' est arrêté il y a trop fort longtemps vient d' oser: "Nous ne donnons pas dans le revivalisme" Pour ceux qui ne comprennent pas la blague je vous laisse un lien dudit groupe mais on peut encore plus rire ou flipper grave quand on lit ce qu'il lui permet de dire cette tarte à la crème: "D’ailleurs, certains puristes nous accusent déjà d’être des vendus" "Aïe!" on fait en imaginant les pseudos "puristes" mais c' était attendu. Quand on vous sort le neuneu et bien anti progressiste "mais y' a pire ailleurs" en lieu et place d' actions concrètes ou d' arguments solides c' est que la situation est encore plus désespérée et que vous avez à faire à un peureux ou un réac qui ne s' assume pas. BOY HARSHER "Country Girl ep" Amateurs de dancefloors lugubres et dégoulinant de crasse voici ce qu'il vous faut. Une sorte de Tropic Of Cancer qui a foutrement la bougeotte. On bascule en un instant de l' EBM à des nappes de synthé planantes en apparence légères pour finalement se retrouver baignant dans du drone visqueux . Un beat techno martial se voit accompagné par une voix fantomatique venue d' outre tombe. Ce duo nous vient du Massachusetts et si il a déjà un album à son actif il ne semble commencer à faire parler de lui en Europe que très récemment. Comme avec les suivants (Bicep) Boy Harsher peine un peu à quitter le passé , les 80's dans leur cas, et si ils réussissent ce n'est que pour péniblement atteindre les débuts 90's. A l' exception de ce bémol leur ep "Country Girl" a la qualité de suffisamment marquer les esprits par l' étrangeté et l' intensité provenant de l' association de rythmiques minimalistes avec ce chant ensorcelant fait de spasme et de chuchotements. BICEP Glue Si il y a un titre qui porte bien son nom actuellement c' est bien celui-ci. "Glue" semble s' agripper à vous tel les vieux souvenirs d' adolescences. "Glue" c' est 4 minutes 30 d'un condensé des 90's revues et corrigés. On pense à la série Global Underground et aux icônes Orbital et Futur Sound Of London. "Glue" ne va plus vous lâcher avec ses breakbeats jungle pépères qui s' entortillent vicieusement autour de vous, ses synthés mélancoliques prenant et enfin ce sample vocale qui vous élèvera au dessus des cieux tel les voix des anges. Pour ceux à qui ça plait les deux producteurs de Belfast formant ce duo rééditent l' exercice avec tout un pan de la culture dancefloor et rave 90's tout au long de leur premier album. Parfois bluffant ("Aura" et "Glue"), souvent gentillet, l' exercice rabibochera les indécrottables nostalgico-gagas sur la longueur et les autres un poil plus portés sur la nouveauté; par instants seulement pour ces derniers. COMMENT RESTER JEUNE? ECOUTER DE LA MUSIQUE DE JEUNES. Ryuichi Sakamoto & David Byrne ont très bon goût. Alors que beaucoup de jeunes et des vieux déjà séniles se vautrent dans le vintage à toutes les sauces en singeant leurs illustres prédécesseurs que font justement ces derniers? Si certains vieillissent pépère tranquillou en répétant ad vitam aeternam leurs bonnes et vieilles histoires (Nick Cave côté guitare/piano ou Four Tet côté machine) d' autres font ce qu'ils ont toujours fait. Ce qui fait exactement le pourquoi du comment de leur originalité et ainsi de leur importance et de leurs influences gigantesque. Ils ne sontente pas de leur petit cocon douillet et vont voir ailleurs. Ne regarde pas exclusivement dans le rétro mais aussi devant. Honneur au plus pointu et visionnaire. Ryuichi Sakamoto. Depuis la parution de son génial "Async" il n' a pas cessé de nous abreuver de relectures de ce disque. Et toujours par de jeunes gens "vraiment" modernes et aventureux. Pas par des lèche cul comme c' est parfois le cas dans ces exercices d' hommage trans générationels. Déjà abasourdi par les remix d' Oneohtrix Point Never de son désormais classique "Andata" et celui d' Arca pour le plus méconnu mais tout autant génial "Async" voici qu' enfin nous avons la totalité des nouvelles versions et le casting choisi par le japonais a de quoi faire tripper tout bon lecteur de DWTN. Arca et Oneohtrix naturellement mais aussi Motion Graphics, Fennesz, Yves Tumor, Andy Stott et Johann Johannson. On croise aussi de beaux noms comme Alva Noto, Electric Youth ou SURVIVE. Seul point noir, la présence du compatriote Cornelius dont on se demande bien si il a réellement compris l' intérêt du remix tant sa partie ressemble à l' original. En même temps "Originalité" et Cornelius n' ont jamais vraiment rimé ensemble si l'on se réfère à ses disques. Cornelius l'un des instiguateurs principaux du poison revivaliste à la fin des 90's. DAVID BYRNE Le meilleur pote d' Eno brille lui aussi, mais dans une moindre mesure, dans l' art de s'entourer de têtes chercheuses jeunes. En plus de "dieu" Brian Eno c' est deux des plus passionnant artistes de ces dix dernières années que nous retrouvons avec joie. Oneohtrix Point Never encore une fois et enfin et surtout Jam City qui ne nous avait plus donné de nouvelles depuis sa belle mixtape "Trouble" en 2016. On a hate de voir ce que va donner ces belles asso trans-générationels. Par contre la présence de Jack Penate emballe beaucoup moins et on espère que le prochain Byrne aille beaucoup plus loin que sa collaboration avec St Vincent en terme de courage artistique. Remarquez espérer de St Vincent qu'elle remue un petit peu notre papi des Talking Heads question originalité avait de quoi faire doucement rigoler vu la sienne. Le premier titre douche un peu nos espoirs mais apporte un éclairage un rien ironique sur le revivalisme et les redites dont le leader des Talking Heads a été victime depuis une dizaine d' années. Bref, sans utiliser la même instrumentation à proprement parler, Byrne se met à faire du LCD Soundsystem. Même mélange habile d' immédiateté et de complexité. Enfin ça c' est ce qu'il va apparaître aux fans naïfs de James Murphy. Parce que bien sûr la vérité est l' inverse, Murphy a toujours fait du Byrne. Et même un peu trop avec le temps. GAZELLE TWIN Cela fera bientôt 4 ans que nous sommes sans nouvelles originales et discographiques d' Elizabeth Bernholz aka Gazelle Twin (si toi pas connaître, toi aller ici ). J' exagère bien sûr en ne parlant que d' album studio dans une forme classique parce que l' intrigante anglaise nous a entre temps offert la B.O du film "Out Of Body", les relectures de son déjà classique "Unflesh" sous le nom de "Fleshed Out" et enfin à la toute fin de l' année dernière plusieurs extraits de l'une de ses passionnantes prestations live à classer entre le concert classique et la performance, "Kingdom Come". En attendant le successeur tant attendu de "Unflesh" sur lequel elle annonce travailler voici un titre original qu' elle offre à une compilation en honneur au poète anglais T.S Eliot?. Compilation à ne pas rater tant on y retrouvera pas mal de têtes connues et adorées par ici. Pan Daijing, Lanark Artefax, Roly Porter, Ian William Craig, Pye Corner Audio, Tomoko Sauvage déjà vue plus haut et Shapednoise . Bien sûr et comme toujours avec elle l' ambiance est oppressant, dure et étrange. La belle résume parfaitement ce titre par : "Je voulais que l'on se sente chassé dans les bois par des fous avec des fourches et des torches enflammées." CS + KREME Petit coup de coeur pour une musique tellement fuyante et légère que l'on a qu'une envie, la rencontrer à nouveau et ne plus la lacher. Si on ne prète pas trop attention on peut passer trop rapidement à côté les titres hypnotiques de CS+Kreme. Après un premier ep passé incognito il y a deux ans leur deuxième risque bien de faire parler un peu plus au sujet de ce duo presque inconnu. Presque parce que les deux types on les connait bien par ici. Conrad Standish n' est autre que le mari de la chanteuse de HTRK avec qui il collabore (présence de l' autre HTRK sur le 2ème ep) comme également avec la moitié des Fuck Buttons, Blanck Mass. Le deuxième appartient aux chouchous de ce blog, Sam Karmel de F Ingers. Serait-ce les effets du soleil australien mais nous nous retrouvons face à des véléités pop assommées, des chansons enfumées qui se traînent. Qui prennent leur temps pour nous offrir un songwriting de haute tenue. Une pop moins hermétique et hantée que celle délivrée par Karmel au sein de F Ingers qui parfois lorgne sur les 80's des Blue Nile sans les envolées jusqu' à celle plus étonnante de la Vaporwave. RIAN TREANOR chez WARP, enfin presque! Il y a quelques temps j' émettais l' idée que très prochainement nous allions voir Lanark Artefax signer chez Warp. C' est pas tombé loin. Dans l' article ( voir ici ) consacré à l' écossais ré-inventeur de la vieille IDM je citais Rian Treanor en tant que voisin stylistique et bien devinez quoi? C' est sur ce dernier que le vénérable label vient de mettre le grappin. Certes d'une manière détournée en réactivant son très vieux sous label Arcola. A l' abandon depuis 14 ans Arcola selon les dires de WARP est appelé à redevenir un petit nid douillet où la musique électronique contemporaine va s' acoquiner avec celles provenant des club. Le dossier de presse cite une liste de noms allant de Jean Claude Risset aux chouchous de ce blog, Lorenzo Senni ou Jam City. Ce "Contraposition" malaxe donc tout ça de la même manière avec laquelle l' anglais avait maltraité le footwork ou le dancehall et offre une vison encore plus sombre que celle de ses trois premiers ep. LE POINT ...DOMINICK FERNOW Il ne se passe pas un mois sans une sortie du bonhomme sous un de ses multiples pseudos. Et comme en général on est rarement déçu face à sa production pléthorique il est difficile de pouvoir le chroniquer autant qu' il le mériterait. Le boss du label Hospital Productions est un véritable stackhanoviste de la cause dark/indus/noise et même au delà tant le bonhomme a les idées larges. "En petite forme" serait-on tenté de dire au sujet du bonhomme puisqu'il n' a sorti qu'un disque en un mois. Enfin c' est une façon de parler car le disque en question offre plus de trois heures de musique qui se révèlent être pour l' auditeur une véritable épopée dark et expérimetale. "Rainbow Mirror" est d' hors et déjà à classer parmi les grandes oeuvres du plus pertinent des médecins légistes bruitistes de notre époque viciées. BONUS: JOHN MAUS ET FAKA à la télé française Mieux vaut tard que jamais! D' abord l' interview de l'un des plus beaux des spécimens appréciés par ici dans laquelle les lecteurs de DWTN vont parfaitement s'y retrouver sur le fond puis ce sera au tour des Faka déjà abordé par ici (voir par là ) et de leur Gqom politique et sociale. A voir chez Arte dans l' émission Tracks du 19 janvier
- FAST SELECTION N°4
Cette 4ème Fast Selection s' apparente à un curieux exercice de chronique rapide suivant un fil directeur pour déboucher sur une conclusion d'une évidence absolument limpide. J' avais trouvé la précédente franchement un peu trop passéiste. Dans celle-là on repasse la marche avant en quête ultime de nouveautés musicales. De pistes à explorer et des expériences inédites. Et tout aussi bizarrement que cela puisse paraître on termine par un disque vieux de 20 ans. C' est une réédition. Mais parfois certaines rééditions, parfois, se révèlent d' une grande pertinence pour expliquer, disséquer, notre présent. тпсб Sekondunschlaf Il se passe quoi sur les berges du Lac Lagoda ? Déjà se poser la question où est le lac Lagoda semble une bonne introduction face à la première et totalement incongrue interrogation. Situé entre la Finlande et la Russie, autant dire un endroit où personne n' a envie de s'y rendre, ce lac paumé nous offre une musique autant flippante que charmeuse. Un Ovni débusqué par les passionnants Blackest Ever Black. On a peu d' information mais il semblerait que тпсб soit composé de deux jeunes russes qui ont vite fait de casser les caricatures liées à la ruralité et à la société russe . Parfait exemple de ces musiques moderne créées dans les provinces reculées où tout devient possible par l' éloignement des hype et des modes en tout genre. Le calme bucolique des campagnes se mêle à l' anxiété citadine infusée dans les contrées "sauvages" par le net. Nous nous retrouvons face à une espèce d' ambient où des éléments jungle et même footwork tapent l' incruste. Au final, тпсб livre une pépite susceptible de prendre dans ses phares toutes les sortes de hipsters et de parasites musicaux croisés dans nos villes et de les faire passer pour ce qu'ils sont. Des gros ploucs. MARTYN BOOTYSPOON Parfois il m' arrive d' aimer des choses provenant de Montréal. Parfois, parce que le reste du temps il semble qu'un filtre bien français s' opère face à nos pseudos "cousins". Bref, c' est la blague Suuns ou Coeur de Pirate à tous les étages. Martyn Bootyspoon n' a pas encore eut droit à son 1/4 d' heure de célébrité dans les Inrocks ou dans sa version encore plus hipster et stupide, Tsugi. Celui-là les lecteurs de DWTN l'ont déjà croisé au sujet du label Fractal Fantasy (Sinjin Hawke et Zora à voir par ici ), label à la pointe du combat en terme de mutation et de recherche pour dancefloor d' avant garde. De toute façon ce type a une tel personnalité que l'on ne peut pas rater son emprise dans les compiles du label. Son premier Ep "Silk Eternity" le démontre d' une manière parfaite. Quoi qu' il touche, la diversité des styles ferait pâlir les oreilles pourtant sans bornes de ses congénères de FracTal, sa modernité comme sa maîtrise parfaite du passé éclaboussent de leur classe la conccurence. Tout devient magique chez lui. Ressortir la ghettotech en 2018 pouvait déjà surprendre et se révéler un exercice casse gueule mais la version faite par ce type est digne des travaux de déconstruction moderniste infligés à d' autres styles par un Lee Gamble. Et comme avec Gamble sur le dancefloor les effets peuvent s' avérer étonnamment dévastateurs par la complexité de certaines rythmiques et les choix de sample. Vous en connaissez vous capable de vous rendre à nouveau moderne un vieux Daft Punk faisandé à force d' écoute en supermarché . KELORA Je vous avais déjà parlé du duo écossais mi Tee Pop mi Gothique ( Voir ici ). On attend toujours l' annonce d' un album mais les deux gamins de Glasgow nous ont encore offert un clip magnifique de simplicité et de beauté accompagnant un titre aux mêmes caractéristiques. JAMES BLAKE "If The Car Beside You Moves Ahead" Même si il est un peu tôt pour le hurler il semblerait tout de même qu' enfin James Blake se soit mis à refouler les chemins tortueux et merveilleux de ses premières oeuvres. Celui qui semblait s' être assagi ces derniers temps au point de plaire aux Beyonce et autres franchises commerciales pop à grand coup de chansons réussies mais un poil trop pépères parait donc enfin revenir en grande forme avec son dernier single. Sa voix est à nouveau maltraitée pour notre plus grand plaisir dans un titre qui nous emporte très loin dans les profondeurs de l' âme et de nos villes. LOLINA/INGA COPELAND 700 BLISS 700 Bliss c' est Dj Haram et Moor Mother. Pour faire court ces deux filles de Philadelphie sont à surveiller de très près. Est-ce du rap, de la noise, de l' indus-Hip Hop? De tout! Et il faut rajouter le terme "Orientalisant" en lien avec la source de pas mal de leurs samples. Logique imparable, elles sortent un premier ep chez Halcyon Veil le label So' post-dancefloor de Rabit. Leur "Spa 700 " est la parfaite suite logique du merveilleux album de Mhysa paru l' an dernier avec les même caractéristiques. Encore plus agressif, "définitif" et destructeur. Première tentative discographique, réussite totale et gros coup de boule dans nos tronches. 8ULENTINA Eucalyptus La co-fondatrice du génial Club Chai nous offre son premier ep solo. Pour les malheureux qui sont passé à côté de l' une des tueries dancefloor (et autres) de 2017 allez voir la-bas s'y le futur y est. "Eucalyptus" porte parfaitement son nom pour ses qualités en matière de nettoyage des idées rances et dépassées qui monopolisent les habitudes des dancefloor. Comme pour la sinusite ça calme et ça débouche. 8ulentina continue à changer nos manies et à nous propulser vers un futur prometteur. NON WORLDWIDE TRILOGY COMPILATION Est-il encore pertinent de présenter le collectif NON Worldwide dans ce blog? Depuis des mois NON squatte mes posts, depuis des mois les artistes affiliés ou proche stylistiquement de NON raflent les lauriers. Fari, Faka, Mhysa, Rudeboyz, Yves Tumor, Klein etc etc. Pour un bon début allez voir l' article sur l'un de ses fondateurs, Chino Amobi. La grande nouvelle est qu'ils ont décidé de nous refaire le coup de la compilation. Deux ans et demi après la déjà classique "Volume 1" dans laquelle il suffit de piocher pour trouver ce qu'il se fait de mieux en musique avant-gardiste à forte connotation politique NON vient de sortir sa suite et fait plus fort. Il est ici question de trilogie. Le premier volume est déjà dispo et les dates sont annoncées pour les deux suivants. Larguer les amares, vous allez partir très très loin. Une pelleté de noms inconnus, d' autres déjà bien connus tel un titre cataclysmique de Klein et la confirmation du talent d' Embaci. DES NOUVELLES DE LA REINE MERE Alors que Bjork prépare sa tournée mondiale de 2018 une de ses plus belles et vieilles manies ressurgit. Celle de se faire remixer par la crème électro. En regardant dans le rétroviseur l' évidence est encore une fois flaggrande. Bjork est le radar absolu pour détecter le meilleur tellement la liste des heureurx élus adoubés par la reine donne le vertige. En 2018 comme en 2017 avec ses collaborations avec Arca et Rabit Bjork nous prouve encore que son flaire gigantesque est intact et son goût toujours sûr. A la surprise général elle vient d' annoncer un ep de remix de son génial "Arisen My Senses" présent sur son "Utopia". Et à la lecture des 3 heureux élus les lecteurs de DWTN vont se retrouver en territoire connu. Jlin ( voir ici ), Lanark Artefax ( voir là ) et Kelly Lee Owens ( voir là-bas ). Dispo sur tous les sites de streaming jetez-vous dessus. Artefax confirme, Jlin et le footwork gagne sans forcer et la belle Kelly étonne sans trop surprendre. Bonus: Quand la reine se pointe dans une salle des fêtes pour danser sur un set d' une autre reine, celle du Footwork, Jlin of course! LE POINT ...DOMINICK FERNOW et ses potes. Pépère vient d' annoncer pour son projet le plus calme Rainforest Spiritual Enslavement une nouvelle sortie, un enregistrement live réalisé sans publique. "Red & Genesis". Probablement réalisé en France au cours d'une date jamais annoncée cet énième enregistrement voit aussi la présence de notre honneur national Low Jack. Tiens justement ce dernier... Low Jack vient de sortir une magnifique collection de riddims sur son propre label Gravats Records. Low Jack dévoile les liens étroits entre lui et les géniaux Equiknoxx ( voir ici ). Le ep s' appelle "Riddims du Lieu Dit" et son écoute est obligatoire pour redorer notre blason national et le teinter des couleurs du jamaïcain. Pour finir avec Fernow il ne faut pas oublier non plus une autre sortie essentielle de son Hospital Production, le givrant "Babe Beer Bar Car" de Matthew Folden aka Dual Actions . De la belle oeuvre dark/indus dénaturant l' héritage techno, le grime et même, quelle belle surprise (!), le footwork. Le grand disque Hospital de ce début 18. CHRISTOPH DE BABALON C'est quoi un artiste en avance sur son temps? C' est quoi un disque qui ne vieillit pas? Mieux, qui a parlé de notre époque avec 20 ans d' avance? Un nom d' artiste et une pochette faisant office depuis des années de mot de passe pour la malle aux trésors? C'est ça: Le mythique "If You're into it I'm Out of It" de Christoph De Babalon. On ne remerciera jamais assez le téléchargement illégal pour l' opportunité qu' il nous offrait dans les 00's de découvrir ces disques oubliés ou mis de côté par la réécriture systématique de l' histoire par les opportunistes. Merveilles du passé que les labels oubliaient sans cesse de rééditer. A la découverte du très gros travail de réédition concernant Babalon vous allez très vite comprendre pourquoi tout bon fan des Demdike Stare, Burial, Raime, Aphex Twin, Radiohead (Tom Yorke en est fan), GAS, Régis, Leyland Kirby, de footwork, de jungle, d' indus, l' ambiant et de tant d' autres choses se doivent un jour d' écouter cette musique. Babalon a brisé les murs. Cassé les habitudes. Foutu le bordel. Nous a fait danser tout en nous faisant flipper et nous provoquer. Les breakbeats s' incrustent dans les drones, les polyrythmies préfigure le footwork, les sons semblent venir de laboratoires du futur. Avec son bagage électro et ses sales manières post-punk ce type en a sauvé plus d'un du marasme guitaristique. John Peel, le présentateur légendaire de la BBC, l' adorait et l'a souvent cité dans ses listes d' évangiles aux côté des Undertones et de The Fall.














