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- BRIAN ENO & KEVIN SHIELDS, les vrais Super Heros sont inusables.
Le label de Saint Brian Eno vient enfin de rendre accessible au commun des mortels la collaboration du Maître de l' Ambient avec un autre Maître incontesté, celui du Shoegaze avec son groupe My Bloody Valentine. Comprenez le passage en format numérique d' un extrait des Saintes écritures. Pour les martiens qui débarquent et d' autres sachez juste que ces deux types sont ce que l'on nomme des Super Héros. Et pas de ceux imaginaires que peut produire le mainstream pour remplir le tiroir-caisse. Non. Des Super Héros bel et bien réels des arts, populaire ou pas d' ailleurs vu que l'on met ici les deux sur le même piédestal. Deux visionnaires qui ont tout simplement révolutionné les perspectives offertes par la musique moderne depuis 40 ans et qui ont produits des oeuvres à l' influence tentaculaire sur tout ce qui a suivi. Le ep sorti uniquement en vinyl à l' origine chez Opal comprends deux seuls titres mais quel titres. Malgré la notoriété des bonshommes il n' a reçu qu' un vague succés d' estime se résumant à des dépêches rapides servant plus en terme d' utilité de remplissage des fils d' actu internet ou juste de chasse au clic sur réseaux socios. Grand domage tant ce disque a à nous offrir. Des collaborations de vieux héros on en a vu des tonnes depuis longtemps et souvent elles se résument à une confrontation où chacun défend de son côté son pré-carré. Rarement de réelles hybridations de deux styles, univers ou personnalités. Celle de Brian Eno avec Kevin Shields appartient à la seconde catégorie et comme elle est rarissime il serait stupide de ne pas en parler plus longuement. Il y a un an quand le premier fruit tomba de la greffe de ces deux troncs je vous en avais déjà parlé ici. Il s' appelai "Only once away my soon" et s' approchait d'une sorte de poème épique débutant tambour battant pour ensuite devenir divagation. Il était une totale réussite et remettait à sa juste place dans l' histoire de la musique, l' une des plus hautes, le gamelan de Manille. Pour justifier cela je vous avais conseillé un de ces livres qui disent tout sur les musiques qu' il se peut que vous adorez. Ce sera refait ici. Le deuxième fruit vient de tomber lui aussi en numérique et est lui aussi un succès. Il s' appelle "The Weight Of History" et se résume comme le prédécesseur à la combinaison parfaite des aspirations de chacun , l' ambient du chauve et le goût pour le bruit du chevelu. Les deux prophètes nous emportent dans une exploration passionnante d' une grotte sombre faite de sons. Une grotte entièrement fabriquée par leurs mains expertes d' artisans méticuleux. Un Travail où il faut faire autant attention au moindre détails, et ils sont multiples, qu' au moindre changement informel pour l' apprécier à sa juste valeur. Ce titre avec sa voix peut évoquer pour les connaisseurs les travaux d' Eno avec David Byrne à la différence que le rythme y tient un rôle bien plus mineur. Une chanson avec des mots répétés jusqu' à ce que la voix disparaisse au profit de drone plus ou moins bruitistes. Seule demeurent une esthétique et des humeurs sombres. Un sentiment d' isolement et de lamentations teinté d' espoir par instant s' empare de nous. Il semble que nous assistons au spectacle de mage reclus en pleine incantation dans un monde post-apocalyptique . Des mantras envoyés vers les étoiles qui ont le don de nous y envoyer aussi. Pas sûr que cela débouche sur un travail plus important tel un vrai album mais goûtons dès à présent ces deux fruits tomber du domaine des dieux. Ils risquent bien de damner le pion à tous les jardiniers débutants en cette année 2018 dans la catégorie Ep.
- BLUE CHEMISE, nostalgie hantée.
C 'est bientôt Halloween et ça tombe plutot bien parce que ce disque venu de très loin, Australie ou le pays des esprits(?), va se révéler être la BO parfaite du 31 Octobre 2018. Voir même au delà. Un de ces disques dont on ne se défait réellement jamais. Certains adore la nostalgie enjolivée, d' autres en nous offrent une version non édulcorée. Mark Gomes aka Blue Chemise est donc australien comme la clique de Carla Dal Forno F INgers et les similitudes entre lui et le groupe adoré ici ne s' arrêtes pas là. Fan de musique hypnagogique un brin flippante vous allez très vite vous sentir bien face à sa musique comme face à celle des F Ingers. Gage de qualité s' il en est il faut préciser qu' en plus son "Daughters Of Time" sort chez Students Of Decay, un label américain qui ne cesse de dénicher des pépites. On leur doit Sarah Davachi, les débuts de Jefre Cantu-Ledesma ou encore la Turque Ekin Fil. Bref entre expérimentations ambient et shoegaze. En 16 petites vignettes s' apparentant à des élégies faux-fuyantes d' une mélancolie fortement addictive Blue Chemise va vous hypnotiser et voir faire frissonner comme de très rares disques. Il s' agit de très courte mélodies très accrocheuses laissant chez l' auditeur une sensation très intime. Si à la première écoute on peut sembler rencontrer un monde obscur et impénétrable très vite l' aspect poignant et jusqu' au boutiste de ses sentiments nostalgiques va hypnotiser même les plus fermés. Enregistrés sur dictaphone et bénéficiant de quasiment rien en terme de post-production ces 16 morceaux semblent nous venir d' un monde paranormal et désolé où les esprits airent parmi les souvenirs et les impressions accumulées au cours de leur vie antérieur. Chez Mark Gomes on se retrouve face à la même nostalgie hantée rencontrée chez les F Ingers, dans les travaux hauntologiques de Leyland Kirby (The Caretaker) ou dans certains drones d' Eric Chenaux. Certains titres ont même évoqué à certains des passages du "Selected Ambient Works Vol.2" d' Aphex Twin mais cette aspect rappelle plus surement la nostalgie infantile des Boards Of Canada. Disque étrange et totale réussite.
- FARAI, this is (other) England.
Elle revient! Si vous avez le début de l' histoire d' amour de ce blog pour cette fille originaire du Zimbabwe jetez-vous sur le premier article la concernant (par ici).Farai vient d' annoncer la future sortie de son premier album intitulé "Rebirth" et pour fêter ça elle vient de nous offrir un glaçant single en amuse-gueule. Toujours accompagné de l' artiste pluri-disciplinaire Tone la jeune fille frappe fort une nouvelle fois. Les synthés sont toujours aussi flippants et puissants. Quant à sa voix, ce cri d' humanité devrais-je dire, tonitruante et railleuse à souhait. La philosophie sincère et spontanée du post-punk originel tutoie son vécu d' enfant de la diaspora africaine. Même si elle a quitté le giron NON Worlwide tant défendu ici ce diamant brut déniché par Chino Amobi emporte avec elle tout ce qui fait la particularité de ce collectif/label chez la filiale Big Data de Ninja Tune parmi ses grands noms comme Roots Manuva, Spank Rock, Visionist, Zombi et Young Fathers. Ici c' est résolument d'un certain post-punk pure des origines et non caricatural qu' il s' agit tant les deux artistes en dévoile l' une des caractéristique principale en opérant un important brassage d' éléments provenant de multiples cultures et qui plus est à forte connotation sociétale et politique. Si Shame et Idles nous parlent de l' Angleterre blanche dévastée après près de 40 années de néolibéralisme avec leur bagages punk/rock reposant sur les grosses guitares, Farai s' attaque à l' autre Angleterre, celle du multiculturaliste et de l' ère électronique et synthpop . Sur les deux titres du single elle délivre un parfait exercice d' observation sociétale avec un regard acéré teinté d'un humour décapant et d'une fureur digne des plus beaux actes punk. Un an et demi après son grandiose ep "Kisswell" elle n' a rien perdu de ses aspect chaleureux et enthousiastes. Elle vous prend toujours aux tripes par sa force et ce malgré une cure certaine du côté de la musique. "This is England" (certainement une référence au film culte devenu série qui lui aussi était un hommage à un titre des Clash) se démarque de Kisswell par son apparence dépouillée avec sa rythmique martiale et son synthé radicalement angoissants à force d' être déformé . Dans cette chanson elle s' adresse sans détours à Thérésa May depuis les quartiers Sud/Est londoniens et décrit parfaitement la dystopie contemporaine qui est son quotidien. "Punk Champagne" apparaît face à "This is England" un poil plus aimable mais ne vous y fiez pas. Si il parait plus coulant et fluide ce titre ne fait pas dans le tout-venant et vous agrippera tout autant. Une nouvelle fois, et ce coup-ci la chronologie est impeccable, Farai va rappeler à beaucoup la New Wave métissée du grand "Mezzanine" de qui vous savez. Si le prochain "Rebirth" est du même acabit que le single alors l' évidence et les grands espoirs placés en elle deviendront réalité. Le renouveau du post-punk britannique aura trouvé sa reine. Plus l' immanquable Kisswell et The Sinner sur la déjà légendaire première compile NON Worldwide
- JULIA HOLTER, chef d' oeuvre homérique.
C' est une semaine faste en matière de retour d' icone de ce blog. Hier je vous parlais des Demdike Stare et de leur puissant "Passion" (ici), aujourd' hui c 'est au tour d' une autre numéro 1 des top annuels. Le cinquième album officiel de Julia Holter vient enfin de sortir et marque un petit tournant dans sa carrière en nous offrant un autre chef- d' oeuvre. Autant le dire tout de suite "Aviary" est un disque colossal dans tous les sens du terme. Près de 90 minutes, d' une richesse et d'une diversité à faire pâlir plus d'un. Un acte artistique courageux s' apparentant à un retour aux sources expérimentales de l' américaine après avoir vu sur ses trois derniers disques conjuguer ses aspirations pop à toutes les sauces, Chamber Pop, Jazz pop, Ambient Pop, Art Pop, Progressive Pop, Dream Pop etc. Dans "Aviary" on retrouve tous les autres styles associés auparavant au mot pop mais celui de pop, bien plus rarement. Avant d' affronter ce monstrueux disque ce qu' il ne faut pas oublier c' est qu' avant son virage Pop plus assumé à la suite d' "Ekstasis" et les disques suivants qui lui ont offert une plus grande notoriété la belle fricotait allègrement avec la frange avant-gardiste. Passée par la California Institute of The Art en section musique électronique on peut citer deux de ses copains, John Maus et Ariel Pink. Plus tard on la croisa dans le sillage d' un Daniel Lopatin par son amitié avec une autre grande, Laurel Halo. Ses premiers enregistrements étaient truffés de drone, de Field Recording et de musique concrète. Son "Tragedy" restait ainsi jusqu' à aujourd' hui le parfait révélateur de ses premières aspirations. De ces débuts franchement aventureux Holter en garda la très forte habitude de toujours chercher à se renouveler et surtout de ne jamais tomber dans la facilité malgré les crochets pop dont elle trucha sa musique dans "Loud City Song" et "Have you in my wildness". "Aviary" marque donc un tournant parce qu' Holter semble être revenu à "Tragedy". Un retour en arrière certes mais enrichi de toutes ses expériences Pop. Si les deux précédents pouvaient satisfaire les auditeurs passifs "Aviary" va mettre à rude épreuve la patience et les certitudes des dilettants et des consommateurs culturels. C' est un colosse sans aucunes concessions. Sa musique baroque et oblique n' a jamais été autant ambitieuse et folle. Ses arrangements jamais autant exubérants. Il faut attendre 5 ou 6 titres pour retrouver de vrais habitudes pop et encore. Pas de ronronnement ni d' autoroute pop. Les climats développés peuvent à chaque instant changer totalement. On passe de l' euphorie à l' angoisse, de moments aérés à la sensation d' étouffement. Certains titres sont profondément intime et sobre quand d' autres font preuve d'un certain lyrisme et d' un regard porté sur l' extérieur. Des structures expansives délivrent des montées chimériques puis laissent la place à des langueurs dronesques ou des agressions digne de la musique concrète la plus ardue. L' électronique présente aux débuts refait un retour fracassant sans non plus chasser l' instrumentation classique. Comme à sa habitude Holter a puiser l' inspirations dans les arts de passés lointains souvent éloignés de la musique. "Ekstasis" en appelait à Euripide, "Loud City Song" au roman Gigi. Elle a donc pioché partout, Théâtre, Mythes et littérature. Et à présent, le cinéma avec une passion pour Blade Runner. Musicalement elle réaffirme son goût pour l' époque médiévale française. A ceci se rajoute "L' enfer de Dante" mais c' est surtout une oeuvre du poète Libano-américain Etel adnam qui a servi de trame. Le titre de l' album y fait référence comme le contenu de l' album. Face à un monde bordélique et totalement imprévisible Holter cherche à affronter le chaos ambiant pour mieux s' y échapper sans se recroqueviller. Ce disque est un manifeste absolu dans lequel elle explique comment y arriver, un profond désir de communiquer et une volonté absolue d' empathie. "Aviary" est une véritable épopée stimulante pour affronter un avenir bien sombre. Un chef d' oeuvre absolu d' avant garde qui à mes yeux devient immédiatement la pierre angulaire d' une carrière déjà riche en hauts faits.
- 1998, 20 ans.
Une fois n' est pas coutume DWTN se penche vers le passé. Un bond de 20 ans en arrière exactement. 1998 ? Une année pas si anodine que ça. Bien sûr 98 signifiera fatalement quelque chose à tous ceux vivant en France sauf si ils se terraient au fond d'une grotte. Les chanceux ! Pas réellement de rapport avec la musique si ce n'est deux biens curieux retours au sommet des charts français. Au point d' exploser les chiffres de leurs sorties originelles. Méprisés ou oubliés un temps puis devenu culte en un instant. Phénomène appelé à se reproduire bien des fois par la suite au sujet de l' indie music et de ses légendaires formations. Pour beaucoup le titre symbole de 98 c' est la scie disco "I will survive" mais en ce qui concerne votre serviteur ce sera "Atomic" de Blondie qui sert de clé à la malle aux souvenirs ambigue de la "grande illusion" nationale de Juillet 98. Mais on peut toutefois rajouter une petite chose en apparence extra-musicale mais qui changea pas mal la donne en musique. 98 voit la naissance de Google boostant encore plus l' essors d' un truc appelé internet. L' année suivante ce sera le site de téléchargement illégal Napster et plus rien ne sera comme avant. Ainsi en 1998 l' industrie musicale se goinfre encore s' en réellement voir ce qui lui pend au nez. Youtube n' existe pas comme également les sites de référencement. La musique se conjugue donc encore et plus que jamais au présent voir au futur et la nostalgie et les revivals ne sont que des épiphénomènes générationnels (les vieux) ou pour quelques gamins un tantinet réac et à la recherche d'une quelconque authenticité. Faut-il encore s'en donner la peine. Les 90's ont vu l' art du sample triompher et certains semblent le regretter ou, à l'instar du capitalisme face à la chute du mur de Berlin, de décider de la fin de l' histoire en lui accolant vicieusement le terme post-modernisme (cf cette chronique qui dévoile le tour de passe-passe d'une certaine critique en voie de replie sur soie et ses référence). En fait l' art du sample n' était pas fondamentalement ce que certains sous-entendaient, un recyclage facile du passé ne créant rien et un statu-quo créatif. Il y a aussi derrière tout ça un petit relent de la vieille guéguerre entre musiciens et "non -musiciens". En 1998 on est au sommet de la vague Trip Hop (Massive Attack) , l' électro et sa culture dancefloor n'en finissent pas d' envahir le monde et d' innover. La Drum & Bass explose du côté de Bristol , le feu jungle n'est pas encore éteint et l' IDM (Autechre, Boards Of Canada) tutoie les sommets de territoires inconnus et merveilleux. Le glitch (Pole,Fennesz) et la minimal techno (Plastikman) emboîtent le pas et l' ambient se mêle à tout ce qui passe sur le dancefloor (Gas). Tout ces nouveaux styles ne restent pas dans leur niche et continuent à muter et à se développer dans un mouvement perpétuel (Leila) contre la muséification dont d' autres commencent alors à être atteints . Les guitares indies semblent quant à elles être un peu en recule artistiquement même si elles semblent avoir encore la patate (commercialement) après la vague Britpop et ses derniers grands spasmes (Pulp, Black Box Recorder). Sans parler de l' apparition de l'overground avec le succès publique d' artistes underground tel Radiohead ou l' irréel présence d'un Elliot Smith perdu sur la scène des oscars. L' indie n'est plus le truc des "bizarres" et se trouve un nouveau publique comme le démontre le succès de la Route du Rock en cette même année. Pas sûr qu'un certain publique "indie" apparu à l' époque comprenne bien les histoires de loosers comme Smith ou Sparklehorse. Ils leur arrivent même à ces déjà très vieilles guitares et à l' esprit indie de se montrer optimistes et ouvertes d'esprit en copulant avec l' électronique ou d' autres genres (The Beta Band, Lo Fidelity Allstars). Même Massive Attack vient les sauver par l'intermédiaire de ses gènes post-punk Bristoliens mais elles semblent également se recroqueviller sur elle même et ses références historiques (Placebo). On peut ainsi traduire certains disques indie comme des crispations venant d'un pressentiment concernant son avenir, d'une gueule de bois post Britpop et dans la foulée d' un début de nostalgie envers le passé glorieux de la pop des 60's et 70's. Et vas-y que l'on se remémore le psychédélisme baroque (Mercury Rev) ou les grandes heures d'un Scott Walker (Pulp) et d'une certaine idée de la variété française de qualité (Air) Quand au "rock" et bien on s'en passe très bien et si jamais quelqu'un ose en refaire (Jon Spencer Blues Explosion) alors celà a tout au plus à nos oreilles que le goût exotique de la madeleine de Proust. Bref, un truc gentillet anachronique à ne pas oublier mais pas non plus à singer jusqu'à en faire devenir la norme. De toute façon en 1998 on parle pas de rock quand on vit avec son temps, on parle de post-rock (Tortoise, Gastr Del Sol et leur père à tous, Mark Hollis). Le rap lui a de toute façon mis une sacrée raclée et commence le squat des hit mondiaux (Beastie boys, Outkast). Comme autrefois l' illustre Robert Johnson les guitares se retrouvaient à nouveau face à un crossroad et devaient choisir. Manipulation et croisement génétique (Sonic Youth) ou consanguinité (Gomez). Malheureusement les choix faits par certains entraînèrent la "réaction" rock des 00's avec ses revival et son culte du vintage à gogo sans courage artistique qui polluèrent tous le reste. En fait en me replongeant dans 98 j' ai la curieuse impression que juste après 1997-2001 tout se gela en terme de nouveauté. On était rentré dans un âge glaciaire infécond pour la nouveauté. Il faudra attendre le dubstep et certaines autres choses vers 2007 pour assister au dégel et la réapparition des bourgeons de l' innovation. Visiblement certains sont encore pris dans les glaces du passé et si par chance elles fondent c' est de bien tristes et totalement déconnectés hibernatus qui squattent les scènes. 1. MASSIVE ATTACK Mezzanine 20 ans après face à ce subtil et toujours aussi moderne mélange de Trip Hop et de l' esprit post-punk avec ses guitares revivifiées on peut franchement rire du terme de post-modernisme accolé par certains idiots en voie de sénélité qui s' empressent de nous vendre à longueur d' année le premier pastiche venu des Smiths ou du tandem Bowie/Eno. 2 ex aequo. AUTECHRE LP 5 & BOARDS OF CANADA Music has the right to the children Quoi dire sur ces deux monstres étiquetés IDM ? Rien si ce n'est qu'ils ont été et restent essentiels pour s' ouvrir l' esprit et aller voir ailleurs plutot que rester dans la seule niniche indie. Et qu' aussi 7 ans après sa mort décrétée par la presse et les artistes Britpop le shoegaze revenait par la petite porte en dévoilant son influence appelée à devenir immense sur des artistes éloignées des guitares. 4. THE BETA BAND The Three E.P.'s L' un des groupes les plus sous-estimés des 90's. Ne cherchez pas leur meilleurs album studio c' est bel et bien cette compilation d' ep qui constitue le chef d' oeuvre de leur carrière. "Dry By The Rain" restera à jamais l'un des plus grands titres de l' histoire et tout le reste ,certes moins connu, est du même acabit. Un psychédélisme revenu de l' au delà ne sombrant jamais dans le cliché en développant un modernisme hallucinant à grand coup de métissages stylistique, de trouvailles mélodiques et d' une douce et enfumée folie. Tame Impala n' aura jamais cette folie et les Thee Oh Sees leur intelligence et ouverture d' esprit. 5. LO-FIDELITY ALLSTARS How To Operate With A Blown Mind 7 ans après et surfant sur le phénomène BigBeat et publié par son label phare Skint Records (Fatboy Slim) une bande de lads décida de réanimer Madchester. Et par une sorte de miraculeux crossover trans sociétal et musical comme seule l' Angleterre avait le secret en ces temps lointains les Lo Fidelity Allstars transporte le son Baggy du début de la décennie vers le futur et les terres avoisinante de la Drum & Bass et la culture dancefloor. On dit souvent qu' Oasis était à la fois le dernier chapitre de la glorieuse histoire Mancunienne et le "dernier grand groupe de rock". Faux! C' était ces branleurs-là à quelques petit détail près. Ils n' était pas de la cité du Nord mais en revendiquaient l' héritage avec honneur, il n'y avait pas de guitare (!) et l' expérimentation remplaçait l' érudition. La leçon sera perdue et un petit con de New York aura beau jeu de nous faire ingurgiter une version post punk datée du crossover dans les 00's. Bref, LCD Soundsystem à côté des Lo Fidelity Allstars, c 'est la version Disney. 6. ELLIOTT SMITH XO Souvenir de vieux con. Je l' ai croisé à cette époque du côté de la Villette et en quelques seconde ce type d' apparence bourru par une fragilité sidérante dès le premier regard vous émouvait au plus profond de votre âme sans que sa petite célébrité indie y soit pour quoi que ce soit. 7. POLE 1 "Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le!" John Cage Même sur un dancefloor? Le glitch et la minimal Techno des Pole, Fennesz et Plastikman qui ennuyèrent tant certains de mes contemporains indie ont été les seuls lumières du futur à nous éclairer au début des 00's. A présent ils adorent mais refusent promptement de l' écouter quand ils se conjuguent au présent et qu' ils mutent. Autre exemple de l' effet pervers de la muséification et du référencement par internet des vieilles passions musicales devenue culte 8. LEILA Like Weather Bjork avait déjà le don de trouver les pépittes et l' avenir là où on ne les attendait pas, l' Iran. 9. BLACK BOX RECORDER England Made Me Si 2018 a King Krule 1998 avait les plus sensuels mais aussi plus vicelards Black Box Recorder. Un trio magique formé par Luke Haines (allumeur puis observateur et contradicteur de la Britpop), John Moore (ex Jesus & Mary Chain) et Sarah Nixey. Nixey avait le don magique de chanter comme les chanteuses Gainsbourienne les saloperies que Haines discernait dans la société anglaise. 10. Exaequo PJ HARVEY Is This Desire & PULP This Is Hardcore Bon ces deux-là on ne le présente pas. A ma gauche les vrais vainqueurs (artistiquement parlant) de la Britpop et du duel débile Oasis/Blur et à ma gauche la co-souveraine des 90's et des 00's avec Bjork. Point commun des ces disques sorti en 98, ils ne sont pas considérés comme les meilleurs de leurs auteurs mais 20 ans après, les faits sont là. Si PJ Harvey ne semble que s' auto-parodier et abandonner l' expérimentation "Is This Desire" damne le pion à toutes ses fifilles revendiquée que notre présent bégayeur nous offre. Le grand Jarvis Coker quant à lui surprit par ses velléités Walkeriennes (Scott) et Bowienesques encore plus assumées. "This is Hardcore" constitua une douche froide après le succès de "Different Class" et la fiesta qui accompagna leur tournée mais quoi de plus excusable pour un groupe qui avait tant ramé auparavant et constitue à l' échelle britanique l'un des plus parfait exemple de l' overground. Malgré quelques titres typiquement Britpop et euphoriques, parfois un brin caricaturaux dans l' évocation de leurs deux précédents classiques, il s' avéra immédiatement comme le clap de fin de l' euphorie Britpop. Coker empêtré dans la cocaïne et la célébrité devait également avec Pulp faire face au départ de l' autre génie du groupe Russel Junior, probablement le plus innovant et lucide de la bande. Le son se fit donc plus classique faute de Senior et de ses tours de passe-passe modernistes, les parole plus violentes et pessimistes. Cocker avait vu avant tout le monde que Tony Blair allait vite tuer les espoirs à grand coup d' arnaque Socio-libérale, le sex prenait l' apparence toc des sitcoms hollywoodienne et on abrutit le bon peuple à grand de pleurnicherie via la "vraie" première télé réalité, Lady Diana. 12. MERCURY REV Desert's Songs 13. PLASTIKMAN Consumed 14. MARK HOLLIS Eponyme 15. TORTOISE TNT 16. GAS Zauberberg 17. GASTR DEL SOL Camoufleur 18. BEASTIE BOYS Hello Nasty 19. WINDY & CARL Depths 20. NEUTRAL MILK HOTEL In The Aeroplane Over The Sea 21. SPARKLEHORSE Good Morning Speeder 22. AIR Moon Safari 23. OUTKAST Aquemini 24. SONIC YOUTH A thousand Leaves 25. ARAB STRAP Philophobia L' INCLASSABLE DISQUE GENIAL CAR JUGE TROP DANGEREUX POUR VOTRE SANTE PSYCHOLOGIQUE COIL Time Machines J' en ai déjà parlé mais si vous connaissez pas ce disque jetez-vous dessus. En à peine quatre titre nos deux cinglés vous détruise le cerveau à grand coup de boucles hypnotiques et empoisonnées. LES MYSTERES DES 90's Mais comment a-t-on pu les aimer ou ...y croire un seul instant?! GOMEZ Bring It On Alors eux ce sont bel et bien le prototype absolu de tous les revivalistes de la décennie suivante. Relecture poppy et aseptisée de tout ce qui a précédé le punk en se référant au blues des origines. Faire comme si de rien n' était et offrir une sorte de muzzack passe-partout déguisée sous des lambeaux d' authenticité. EELS Electro-Shock Blues PLACEBO Without You I'M Nothing Un premier album surprenant puis la caricature et une certaine propension à draguer les FM de tout pays auront raison du beau Brian. Malgré l' adoubement d' un Bowie alors un brin largué et en mal de reconnaissance de l' alternative de l' époque et de la jeunesse, Placebo restera faute de réel innovation et curiosité l'illustration 90's parfaite du proverbe, "n' est pas Bowie qui veut!". UNE SI BELLE HISTOIRE QUI SE TERMINA EN EAU DE BOUDIN. THE BOO RADLEYS Kingsize Groupe maudit par excellence et donc lui aussi l' un des plus sous estimés des 90's comme les Beta Band. A la différence c' est que ces derniers bénéficient d'un statut culte avec adoubement comme il se doit des curateurs incultes ricains de Pitchfork. Visiblement les Boo Radleys n' ont pas du être écoutés de l' autre côté de l' Atlantique. A peine 40ème dans le top Britpop et côté top shoegaze "Giant Sant" se hisse péniblement à une honteuse 25 ème place. Quant à " Everything's alright forever" il est perdu dans les limbes du passé. Ces deux disques dans un monde meilleurs devraient cotoyer la fine fleur de l'indie 90's, les Pulp ou Oasis Britpopeux, les My Bloody Valentine et Ride shoegaze. Mais seulement voilà, Martin Carr et ses potes n'ont jamais voulu choisir de niche et le facile à ranger dans les rayonnages de la grand musée musical mondial. Plutot adepte du crossover et du renouvellement. Tout ce que les ricains de Pitchfork n' aiment pas trop et tentent de la cacher en misant sur une diversité stylistique feinte mais foncièrement créatrice de communautarisme. On écoute du rap et du rock indie mais surtout pas mélanger et encore moins avec tout autre chose. Avez-vous remarqué que sous la dictature hipster, vintage et Pitchforkienne l' exercice du crossover réel tente à disparaître ou qu'il ne se doit de n'être que conjugué au passé ? Début noisy et shoegaze ( "Ichabod and i" & "Everything...") puis premier virage dub avec Giant Step, nouveau virage britpop et grand publique avec "Wake up !" et enfin retour dans l'underground arty et noisy avec "C'mon Kids". "Kingsize" est leur dernier album et franchement prend souvent l' aspect d'une douloureuse agonie entre coupée de moment de grâce. C' est aussi le plus parfait des résumé d'une carrière riche en diversité stylistique et en pépites mélodiques. Si il y a une chose que l'on ne pourra jamais enlever aux Boo c'est bel et bien ce don typiquement Liverpoolien pour la mélodie. Ici le lyrique, pompier un brin mais franchement déchirant "Kingsize" se classe comme l'une de leur meilleur pépitte. On a même droit à un hommage émouvant à une de nos célébrité hexagonale. Si si ! Le beau "Adieu Cloclo". Les petits ratages se succèdent aux derniers exploits de valeureux guerriers de la cause indie à qui personnes semblent réellement vouloir offrir les hommages qu'ils méritent. LE EP QUI VAUT TOUS LEURS ALBUMS (dont une sacrée blague autrichienne anti rétrogaga nostalgiques) SUPER FURRY ANIMALS Ice Hockey Oser ne mettre que sur un ep l' un de ses plus beaux titres. Arcade Fire et consors vont pas comprendre le panache gallois. FENNESZ Plays Intituler ses deux premiers titres électro parus en singles du nom de grands classiques rock et pop et ainsi tromper les gogos réacs en offrant non pas de sage relecture mais un véritable travail de déconstruction innovant, voilà de quoi nous faire aimer le bonhomme et lancer sur les rail une carrière qui allait tutoyer les sommets Glitch et autres. LES 2 TITRES ADORES DONT ON N'A ABSOLUMENT PAS HONTE ! Et on avait de bonnes raisons. Pas toujours musicale je le reconnais! STARDUST Music Sounds Better With You THE CARDIGANS My Favorite Games FRENCHY BUT CHIC NTM SUPREME NTM Rarement entendu avec mes amis indies mais passionnément et intensément une fois rentrée à la maison. Depuis eux aussi sont devenus cultes même chez ceux qui ne les supportaient pas. YANN TIERSEN Le Phare MANU CHAO Clandestino Deux disques géniaux mais trop entendus et maintes fois copiés dans le désert musicale français jusqu'à en devenir des caricatures malheureusement.
- MOTION GRAPHICS, sophisti-pop 2.0
En cette rentrée c' est la bonne surprise en provenance de Domino Records. Premier album et belle petite réussite permettant à l'un des papis des label indépendant de coller un petit peu aux nouveaux sons actuelles. Très loin de l' indie à guitares de ses débuts. L' hyper-réalité tant aimée par ici c' est tout neuf chez Domino . Peut être aussi chez les afficionados du label. Motion Graphics offre ainsi à eux aussi de raccrocher le wagon du train de la contemporanéité. Je ne peux pas m' empêcher de vous raconter deux cocasseries histoire de bien poser les enjeux et ce que représente comme signe d' espoir la présence de ce disque dans le catalogue d'un label féru de musique aussi vieille que lui. Il y a quelques semaines au volant de mon véhicule j' écoutais distraitement une radio locale. Une sorte de rock indie mêlant tout ce que les 90's ont produit dans le genre était diffusée. Les genre de truc que Domino aurait signé fort classiquement. Bref, rien de vraiment passionnant. Jusqu'à ce que face à l' ennuie provenant du manque d' originalité musicale ce sont les paroles qui attirèrent mon attention. Il était question d' un jeune homme qui avait merdé avec sa copine et qui se lamentait de ne pas pouvoir trouver une cabine téléphonique pour recoller les morceaux. Plus loin dans la chanson il exprimait sa colère face au refus du tenancier de son bar préféré de lui passer quelque cents pour utiliser ce coup-ci la cabine du-dit lieu de cuite. Pas une fois il a été question de téléphone portable ni d' e-mail. A la voix du chanteur il était évidant qu'il avait à peine 20 ans et la production même lo-fi trahissait la jeunesse du disque. Je fus pris de rire et aussi d'un certain malaise. Il existe encore des jeunes en 2016 qui n' ont pas de portable. Et connaissent pas l' ordi avec internet? Le hic, on pourrait penser qu'il s' agit d'un type refusant la modernité et certains de ses travers, le hic donc, c' est qu'il n' en était nullement le cas. Au travers des autres paroles on comprenait que l' auteur parlait tout simplement des affres de l' amour dans son quotidien de 2016 sans exprimer un quelconque refus de la modernité. Et pourtant. Ce décalage limite comique si pas franchement embarrassant pour son auteur exprimait bien un refus de vivre avec son époque. Attitude tout de même surprenante mais aussi limite inquiétante pour l' avenir. Donc des gamins de vingts ans préfèrent vivre dans le passé en faisant une musique du passé plutot que changer la donne? Cet cocasserie me rappela une autre similaire survenue quelques mois plus tôt. Ce coup-ci on était dans un énième disque de garage-rock. Je ne sais plus quel était le sujet mais il s' agissait toujours de la description du quotidien par un groupe à peine plus vieux que le précédent. Et toujours question de communication téléphonique. Cette fois-là le personnage avait un téléphone. Ouf, il a pas utiliser le service du télégramme. Enfin ouf pas longtemps parce que la chanson incluait un sample de cadran téléphonique que perso (j' ai 42 ans), je n'ai plus entendu depuis 20 ans. Le bon vieux cadran rond que l'on tournait pour faire le numéro. Le comble du comique arriva quand le téléphone sonna. La tout aussi bonne vieille sonnerie stridente. Et encore plus drôle, les paroles expliquait que l' appelant préférait le son de la voix (la vieille quête futile d' authenticité du garage-rock) qu' aux e-mail. Le sujet de la chanson n' était absolument pas le goût du vintage face à ce monde qui nous dépasse. Et pourtant. Comme le précédant la chanson trahissait l' attitude Autruche de ses auteurs. Repli total involontaire. Trop influencé par les groupes du passé adulés, tous ces gamins avaient trop voulu faire comme sans y mettre un peu d' eux même. Donc de leur époque. Le danger du revival dans toute sa splendeur. Je vous invite à chercher car depuis ces découvertes les anachronismes de ce genre ne cessent de sauter à mes oreilles. Déjà que faire du garage-rock en 2016 est un anachronsime artistique si en plus le quotidien décrits ne colle pas avec la réalité alors autant jouer et en rire. Joseph Williams, aka Motion Graphics a déjà derrière lui une longue carrière sous le pseudo de White Willams débutée avant 2010. Donc bien plus vieux que les artistes cités plus haut. Lui aussi parle du quotidien 2016 mais les anachronismes sont absents. Les sons venus du quotidien sont symboliques de la vie numérique et robotique. Pas de bonnes vieilles guitares ou ampli à lampe chez lui. Le software est l' instrument de base. D ' autres plus "classique" sont présents également. Instruments à vent de toutes sortes mais certainement traités à la production avec le numérique. Motion Graphics s 'inscrit tout naturellement dans l' hyper-réalisme mis en avant par tout ce que DWTN défend depuis sa création. Mais si tenter de faire apprécier la vaporwave, James Ferraro, Oneohtrix Point Never ou Arca par exemple, au premier indie-boy venu, jeune ou vieux, un peu coincé dans le passé analogique et acoustique, dépendant de format plus direct question songwriting pop ou rock, c 'est loin d' être gagné. par contre ce disque se révèle être une passerelle parfaite pour s' acclimater au son de l' hyper-réalité. Les glitchs, bruits robotique et consorts sont ici mêlé à des sons "plus musicaux". Une mélodie lancinante, appaisée, est toujours facilement reconnaissable et donne le sens à suivre à l' auditeur malgré l' habillage un brin abstrait. On est également loin du tabassage sonore et de la profusion de stimulis numériques en tout genre exprimant l' afflux massif d' informations. L' ambiance est franchement plus calme et moins anxiogène pour ceux qui débarquent des temps lointains. Le choc moins rude. Même un ayatollah de Tweee Pop peut craquer. Si le passé est présent c' est un passé symbolique de progrès et de modernité dans le quotidien en son temps. Yellow Magic Orchestra et bien sûr Art Of Noise. On associe aussi et de tout temps à la modernité la clarté des sons, l' aspect sophistiqué de la composition. Un courant le symbolisait bien dans les 80's. Si vous étiez moderne sans passer par la surenchère tel Jean Michel Jarre et ses synthés hors de prix il y avait bien un truc pour vous plaire. La Sophisti-pop des Prefab Sprout, Blue Nile ou d' It's Immaterial. Et pourquoi pas, le Roxy Music d' Avalon. Motion Graphics en est un digne héritier tant il partage avec les illustres aînés un goût prononcé pour le jazz. Attention, il ne s' est pas borné à la recette facile d' associer deux époques sans trop se prendre la tête. C'est d' abord fait subtilement. Tout ce que l' électro nous a offert comme pop ou autre ces trente dernières années pointent son nez. Un titre comme Anyware" avec l' utilisation des voix et les sous-entendus de la rythmique évoque le footwork. Alors vous l' aurez compris que pour raccrocher au wagon rien de tel que Motion Graphics. Pas d' anachronisme mais plein de pépites sonores modernes permettant de mieux appréhender ce présent tant anxiogène et de se préparer pour le futur.
- MHYSA, r'n'b aventureux et féministe
Les apparences sont parfois trompeuses...blablablabla. Vous connaissez la rengaine. Avec sa couverture le premier album de Mhysa va certainement faire fuir les caricaturistes et les étroits d'esprits allergique à tout ce qui est connoté R'n'b. J' allais dire les blancs de classe moyenne fan d'indie music mais faudrait pas non plus que je tombe dans leurs travers de grosses feignasses. Oups! Je viens encore de retomber encore sur une caricature! Quoique. Moitié du duo expérimentateur dans la même veine que Chino Amobi en version blagueuse, Scraaatch, Mhysa auparavant connu sous le nom d' E Jane était apparu sur la désormais compilation légendaire NON Worldwide Volume 1 tant les artistes y figurant donne le la depuis (Farai, Faka, Yves Tumor, RudeBoy). Un ep déjà passionnant sorti toujours chez NON la voilà qui passe au format long mais ce coup-ci chez Halcyon Veil (La française Fawkes,Mistress, Imaginary Forces). Petit changement de boutique mais on peut dire qu'elle reste dans le même groupe tant les deux patrons (Chino Amobi et Rabit) de ces deux labels sont comme cul et chemise sur l' esthétique sonore comme sur le militantisme. Mhysa aime le R'n'b au point de le considérer comme un véritable baume contre les saletés de notre époque. Elle l' utilise aussi comme une arme. Son combat? L' asservissement méthodique de la femme noire dans le monde. Pas étonnant donc de voir celle qui s' autoproclame "Queer Black Diva & underground popstar" fricoter avec Amobi et sa clique de militant/révolutionnaires politiques et esthétiques. Si elle avoue son amour en général pour le R'n'b et ses grandes diva (Rihanna et Beyonce) et ses qualités de guérison pour l' âme elle précise un plus grand intérêt pour les voix de ses prédécesseuses (Janet Jackson et Donna Summer à laquelle elle rend hommage sur l' album). Et en la matière on peut dire qu'elle aussi est bien dotée. C' est d' abord la voix qui vous touche sur ce disque. Elle a le plus beau rôle dès l' entame. Elle ne le lâchera que par instant. Certains y ont vu un rapport dans la mise en valeur de son organe vocale avec des gens pourtant perçus comme assez éloignés comme Liz Harris (Grouper) allant même jusqu'à citer This Mortal Coil ou Liza Gerard des Dead Can Dance. Il est vrai que le travail de spatialisation par réverbération fait sur elle donne des sensations assez similaire. Cette touche de diversité dans la culture r'n'b n' est pas la seule. En plus de l' héritage gospel et soul déjà présent chez une Klein ou Tumor on se retrouve à beaucoup de chose provenant de l' avant-garde électro (Laurel Halo), de l' ambient et même du post-club de Rabit et des décharges noise d'un Chino Amobi. Ce premier disque va compter avec son agressivité et son énergie hallucinante, sa candeur rêveuse, affective et charmeuse. Assurément l'un des plus intriguant de l' été si ce n'est de l'année.
- LEILA: Essentielle réédition de son gigantesque "Like Weither".
Nous sommes au printemps 1998 (voir ici) . Très vite l' image provenant d' archives familiales de cette jeune fille sur son espèce de bicyclette trafiquée va devenir un symbole derrière lequel bon nombres d' amoureux d' hybridation musicale, de passerelle entre le mainstream vers l' underground et d' avant garde vont se retrouver. Et il aura suffit d'un disque sorti en catimini mais rencontrant très vite un petit succès critique et populaire. Un disque devenu culte mais jamais réédité depuis 22 ans. Le contexte, 1998 année fabuleuse et peut-être... bien étrange pour les millennials. Je me souviens très bien de la découverte de ce disque. Je me revois l' écouter à la fois méfiant et charmé, puis totalement emballé et addict. Quand cette fille d' exilés politiques iraniens publie son premier album votre serviteur est perplexe et curieux avant de le découvrir. Perplexe parce que son "Like Weither" est emballé médiatiquement avec le stickers "a joué avec Bjork". Bien qu' étant fan de l' islandaise déjà devenue une boussole à talents et à courants novateurs je n' en étais pas moins averti de certaines technique de vente utilisées par l' industrie musicale. L' autre motif de mes doutes était que le seul titre connu de ma part était "Don't Fall Asleep" diffusé un soir chez Bernard Lenoir et relayé avec moult battage par les Inrocks. Un titre écouté à la volée, certes très bon, mais à mon goût franchement trop dans la lignée du "Maxinquaye" de Tricky et de pas mal d' autres choses. C' est qu' en 1998 on est en pleine avalanche Trip Hop. La belle iranienne fut étiquetée très vite Trip Hop et si avec du recule on peut trouver cela exagéré il faut se souvenir que le mot Trip Hop était devenue lui aussi un stickers commercial et une béquille pour journalistes dénués de vista. Il faut également préciser que le Trip Hop s' approchait très vite de l' impasse dans lequel il se retrouvera quelques temps après. L' overdose Trip Hop approchait. Et puis il y avait bien d' autres choses débouchant sur des horizons nouveaux. Votre serviteur comme tant d' autres en ce début 98 piochait allègrement entre l' avant- garde et les vieux courants pas encore trop bégayants car revigorés à l' époque par de jeunes talents. En ce temps-là le rétro-gaga à tout va n' était pas encore dominateur malgré la Britpop passéiste et les gens adoptaient avec plaisir une posture proche du cul entre deux chaises. Le classicisme pop rock et indie d' un côté, l' expérimentation et l' innovation des Dancefloors, de l' électronique la plus obtuse et de bien d' autres courant récents alors. L' ouverture d' esprit se conjuguait au présent voir au futur et pas seulement au passé. Je découvrais ahuri la version IDM du Shoegaze avec Boards Of Canada, un jeune type du nom d' Elliot Smith faisait vibrer ma corde indie après les excès Britpop. Britpop dont Pulp plantait alors les clous du cercueil en beauté avec "This is Harcore" juste après que Radiohead eut renversé la table. Les Autechre sortaient leur grand "LP5", Mark Hollis confirmait son statut d' investigateur du Post-Rock en pleine expansion et Air développait son ambient pop d' une manière préfigurant l' Hauntology déjà bien engagée par Boards Of Canada et Stereolab. Et que dire que du tabassage Big Beat crossower des Lo Fidelity Allstars. Les passages et collaborations entre une électro aventurière et un milieu indie pas encore recroquevillé sur lui-même et le passé était monnaie courante. Et la niche stylistique très mal vue. Je ne sais plus comment je me suis retrouvé avec une copie sur cassette du disque mais je me remémore parfaitement la claque que ce fut. Je passai ce printemps à n' écouter que "Like Weather" pendant des après-midi entière. "Like Weither" et le tout aussi gigantesque "Mezzanine" de Massive Attack. Dans mon esprit ces deux disques furent complémentaires au sujet du Trip Hop. Entre une qui flirtant avec le courant allait le faire hybrider avec la Pop et l' Idm et les autres de Bristol qui le trempèrent dans l' indus et les senteurs Post-Punk les fans de Trip Hop comme moi voyait poindre une belle sortie du tunnel après l' overdose. Une claque Pop esotérique marquant un tournant loupé plus tard. Je me revoie bien ces jours-là à chaque écoutes du disque. M' interroger sur la qualité de la copie quand le premier titre "Something" s' arrête brusquement après à peine 1 minute 29. Juste le temps de découvrir le chant de Luca Santucci qui influencera profondément un Damon Albarn alors en pleine commotion post-Britpop. M' étonner devant les trésors cachés de production et le traitement de la voix que recelait ce "Don't Fall Asleep" trop vite jugé auparavant. Des voix pas loin de préfiguraient celles perçues chez Burial plus tard. Me laisser happer par le subaquatique "Underwaters" puis être cueilli par cet espèce de Soul Pop aux subtils senteurs Trip Hop qu' est "Feeling" avant que le très "Mezzanine" parce que Indus "Blue Grace" finisse par m' assommer de sa beauté vénéneuse . Et enfin, tomber définitivement amoureux de Leila par la grâce du gigantesque "Space, Love". Tu parles d' une entame de disque. Pas à la moitié, à peine 5 titres, et l' auditeur avait déjà traversé mille et un territoires sonores. Au point que 22 ans après il est toujours impossible de classer de disque. C 'est quoi au juste "Like Weather". De la pop tendance Soul/R'nB. Oui, mais pas que bien sûr. Une pop sucrée, élégante et sensuelle mais mutilée, tarabiscotée parce que parfois recouvert de l' essence poussiéreuse du Trip Hop. Parfois parce que surtout c' est le désir d' expérimentation à outrance de l' IDM qui semble guider Leila tout le long de l' album. Parti de chez Galliano et Bjork la belle fricotait dorénavant avec la crème de ce courant au point de signer sur le label Rephlex du dieu du genre, Sir Richard D. James aka Aphex Twin. Passant de la soul-pop la plus charmeuse tel Don't Fall Asleep", "Misunderstood" ou "Won't You be my baby , baby" à l' expérimentation la plus ardues tel les Breakbeats Jungle tordus virant dans le Drone de "So Low...Amen", les synthés malades typiquement Autechre de "Mélodicore" et osant la touche Baroque de "Space, Love". Et tout ça quand elle n' offrait pas le visage déconneur et taquin de l' avant garde en cassant les rites et usages de l' autoroute mainstream pop avec une nouvelle coupure du son vicieuse et perverse à souhait sur "Knew" après celle de "Something". Pour beaucoup comme pour moi même c' est l' exemple typique de grand disque Pop Ésotérique. Un machin prodigieux qui peut à la fois charmer en rafraîchissant et faire péter les cloisons emmurant l' esprit des puristes de l' expérimentation par de bonne dose de pop parfaite, et aussi, convertir les perdreaux pop de l' année à des choses plus mystérieuses nécessitant une certaine initiation. Leila a de quoi être fière elle qui continue depuis des années à revendiquer l' héritage et l' influence sur sa musique de l' un des maîtres étalon du genre, le "Sign "☮︎" the Times" de Prince . Et oui, ce n' était pas seulement une simple amitié et du copinage entre elle et Bjork qui dira quelques temps plus tard que Leila était l' une de ses plus grandes sources d' inspiration avant même ce "Like Weither". "Like Weither" en 2020. Toujours essentiel. Leila ne s' explique pas pourquoi il a fallu autant de temps pour voir son chef d' oeuvre être réédité. Selon elle Rephlex n' a possédé les droits que 7 ans donc dès 2005 n' importe qui aurait pu le rééditer. Alors pourquoi autant de temps? On peut s' interroger longuement sur le comment du pourquoi de ce loupé. Un loupé qui rappelle un autre grand disque proche de celui de Leila parce que ésotérique aussi à sa manière. Le grand et complexe "Black Secret Technology" de A Guy Called Gerald réédité qu' en 2008 et plus jamais. Mais peut-on avancer que pendant toutes ces années le statut de ce grand disque fut biaisé par ce qu'il se passait alors. Ce disque prenait le passé et le propulsait vers le futur à grand coup d' expérimentation tordue et courageuse. Et ça faut bien l' admettre pendant toutes les 00's c' était pas vraiment le kiff d'une industrie en plein rétro-gagatisme. Le passé, oui pour se blottir face à un présent de plus en plus inhospitalier mais le futur surtout pas. Alors oui aux gentils et tendres doudous passéistes qu' étaient LCD Soundsystem et les Strokes mais surtout pas les trucs tordus et compliqués. C 'est qu' en plus avec le piratage numérique fallait remplir les caisses avec du pré-consommable, pas du "bizarre". Même ceux qui avaient connu cette belle année 98 aventurière et innovatrice ont alors fini par perdre certaines bonnes habitudes tel le goût du risque en matière musicale. Une autre raison et c' est Leila qui l' avance c' est qu' elle était et pendant encore très longtemps une femme totalement libre dans ce milieu fortement masculin. Malheureusement certaines questions liées au patriarcat et au féminisme étaient encore mises de côté. Finalement que sa ressortie en 2020 soit chez l'un des labels parmi les plus remueurs et avant gardistes des 10's après les moribondes 00's n' est que plus logique et savoureux. Aux lecteurs du blog je ne ferai pas l'injure de présenter longuement les mancuniens de Modern Love mais juste citer quelques noms tout autant emblématiques par ici: Demdike Stare, Andy Stott, Vatican Shadow, Low Jack, Lucy Railton et Rainer Veil. Et que Modern Love nous a gâté. Parce que ressortir ce disque était devenu vitale mais l' agrémenter du remastering d' un maître du genre en la personne de Rashad Becker alors là, c' est le coup de génie. Pendant 6 mois, temps très long, Rashad Becker a effectué un véritable travail d' orfèvre. Remettant "Like Weither" au goût du jour grace aux nouvelles technologie apparues depuis 98 mais sans non plus trahir l' original. Cette version est encore plus belle parce qu' elle rend fondamentalement justice au magistral et total talent de Leila en matière de production. Son inventivité et sa maîtrise entraperçus à l' époque vous explose aux oreilles d'une manière totalement inédite. Même en format MP3 ce qui très rare. L' écoute au casque est plus que conseiller. Disque jalon et grand classique de ces trente dernières années. "Like Weither" est bel et bien un classique et si son influence tarda c' est bel et bien à cause du contexte et d' événements dans l' industrie du disque. Pas à ses qualités. Mais peut être aussi parce qu' il était bien trop en avance sur son temps. Quand on observe les tendances apparues ces dernières années on peut y voir les traces de ce disque. Certains citent au sujet de ce côté pop ésotérique parfaite le grand "Devotion" de Tirzah produit par Mica Levi mais j' évoquerai aussi des disques parfois éloignés stylistiquement mais possédant traits caractéristiques en commun avec celui de Leila. Les deux derniers Yves Tumor ou encore ceux d' une Sophie ou d'un Lotic tant ces derniers nécessitent parfois une initiation tout en étant accessible par instant au plus grand nombre. Même Arca avec son tout dernier offre un pont entre une avant garde pointue et le mainstream avec ses courants dominants tel le R'n'b. Version originale
- KELORA, folk gothic post-brexit en provenance d'une ville adorée, Glasgow. Plus: Brother Michell
C' est le coup de coeur de ses derniers jours. Leur nom, Kelora, leur lieu d' origine : Glasgow. De toute manière suffit juste de prononcer le nom de la ville d' où viennent ces deux anges pour qu'immédiatement tout bon connaisseur en matière de musique indie dresse les oreilles. Tant de musiques venues de la-bas sont restées le pendent des berceuses de notre enfance pour des milliers d' anciens adolescents à travers les années et les lieux. Kitty Hall et Benedict Salter déboulent donc du même endroit que Orange Juice, Aztec Camera, Mogwai etc etc etc (et si on quite la ville pour les voisines alors on en parle même pas). Et l' histoire se répète, encore une fois. On peut parler à leur sujet de folk ou de twee pop teinté de culture gothique mais attention, ces trois vieux genres se conjuguent au présent et on peut parler de vieilles traditions passer par le filtre du numérique. Entre modernité et héritage culturel. Si on ressent en premier une impression de réconfort mêlée à de l' apaisement face à du déjà entendu immédiatement un autre sentiment apparait, le désarroi. Peut-il en est être autrement face à ces berceuses écossaises 2.0 dévoilant une évocation terrifiante de notre monde? En interview quand ils nomment ce qu'ils veulent évoquer par leur musique ils citent la réalité politique et sociale en ces termes : "diminuée, mélancolique, sinistre, nourrissante, fragile, orageuse etc". Ici encore il s'inscrive dans la tradition glaswegienne où le contexte sociale et politique finissent toujours par ressurgir accompagné bien souvent de mélancolie et de lucidité. C' était déjà pas toujours la joie d' être jeune en Ecosse dans les 80's ou les 90's alors une fois le Brexit passé on peut aisément comprendre le fort sentiment d' abandon d'une génération face aux choix d' autres. Sur les 4 titres le duo s' avère très astucieux dans la stratification de sons espacés et sophistiqués. Si vous les trouvez un brin froid et lugubre que dire alors toutes la cliques dark/gothique qui est en train de s' organiser autour d' eux. Des noms comme Total Leatherette ou BrothersMichelle parle déjà par eux même et collent aux musiques qu'ils font, électro proto-dark et indus entre Throbbing Gristle et Cabaret Voltaire pour les premiers. BrothersMichelle offre une version glacée et énigmatique d' un r'n'b croisé à une synthpop version gothique. Les rares curieux à s' être rendu à Glasgow voir de plus près cette scène et les autres annoncent avec assurance qu'il s' y passe quelque chose d' important capable d' éclairer notre monde si triste ici aussi. Allez savoir. Parmi les aventuriers parti à Glasgow il y a une française, PHOENE ! Allez vite sur sa page bandcamp parce que question ambient elle peut légitimement postuler au poste d' ambassadrice française du genre. C 'est un délice. Encore un talent ignoré ici et parti ailleurs. En attendant la prochaine déception mondiale dégustons ces premiers efforts et braquons les radars sur Glascow (même si perso ils l'ont toujours été ).
- KLEIN, encore plus intime avec la surprise "Frozen".
Alors que son "Lifetime" squatte toujours la platine chez votre serviteur, normal pour le disque de l' année 2019, l' artiste d' origine nigérienne vient de prendre son mon monde par surprise. Dans la nuit du 23 Avril dernier elle a publié sur sa page Bandcamp un nouvel album. Et encore une fois, cette nouvelle production va se révéler être un puits sans fond sonore dans lequel l' auditeur va être aspiré. Et enfermé à jamais de son plein grès. Il est peut être inutile de faire la présentation de la dame dans ce blog tellement elle est omniprésente depuis son apparition avec la claque "Only" en 2016 mais une dernière fois je vais tenter de résumer . Klein est une artiste hors norme. Quiconque est tombé sur une de ses oeuvre est obligé de remettre en question tout qu'il pouvait penser de la musique. Celle de Klein est inclassable tant elle échappe à ce qui a précédé. La jeune femme est spécialiste du collage sonore et est dotée en la matière d' une maestria totale. Donnez-lui n' importe quel son, même le silence, et elle va vous offrir une oeuvre aux capacités émotionnelles et artistiques gigantesques. Dans sa musique on peut croiser de vagues éléments R'n'b, Soul, gospel, africains, hypnagogic-pop, glitch, dancefloor, pop ou rock mais jamais on ne peut étiqueter par ces dénominations tellement ceux-ci sont passés à la moulinette de manières électro-acoustiques, musiques concrètes et expérimentales. Les ambiances sont elles aussi difficilement identifiables. On peut passer en un titre d' un univers familiale via des conversations chaleureuse prise à l' intérieur du foyer protecteur à un autre industriel, sombre et agressif pour finir par être bercé par une sorte d' ambient à la fois rassurante et étouffante par moment. Depuis quatre ans le mystère de la magie Klein reste totale. Et le tout récent "Frozen" ne va franchement pas l' éclaircir. A partir de tout et n' importe quoi, et surtout pas "réellement musical", elle réussit à transmettre ses sentiments, à nous émouvoir, comme très rarement chez les "musiciens" au sens propre du terme. Ce n' est bien sûr pas une réelle surprise que l' on peut faire passer des émotions fortes par la seule force du son mais chez Klein il semble évident que l' on atteint un sommet en la matière. "Frozen" est comme ses prédécesseurs, il faut l' écouter d'un traite. Comme un film. Klein l' explique très bien : "Le truc avec la musique, est que tout le monde peut faire de la pop, inné? Moi ce que je veux entendre, ce sont des histoires". Et que ses histoires sont hypnotiques, surprenantes, touchantes et souvent hautement symptomatiques et parfaitement descriptives de notre monde. Du monde extérieur comme du monde intérieur de son auteur. Si "Lifetime" dévoilait la présence religieuse dans la sphère familiale de Klein "Frozen" quant à lui nous parle de Klein et uniquement de ses émotions purement personnelles. Mais ne voyez pas ce disque comme un truc égocentrique. Le titre "Mark" démontre à quel point des événements sociétaux, politiques ou autres peuvent chambouler notre propre personnalité et toucher au plus intime. "Mark" est un hommage à Mark Duggan, tué en 2011 par la police britannique ce qui entraîna l' une des plus grandes séries d' émeutes que ce pays avait connu. Le titre débute par une avalanche de voix et de sons maltraités puis des slogans en lien de l' affaire apparaissent et le piano de Klein prépare sur fond de reportages journalistiques à la suite totalement bluffante. 10 minutes d' un silence total ou l' auditeur se retrouve plongé face à lui-même comme nous le sommes parfois quand des évènements dramatiques aux conséquences gigantesques interviennent sur nos écrans. le 13 Novembre 2013, le 11 Septembre ou encore l' apparition de la pandémie actuelle. "Frozen" est peut être le disque le plus minimaliste de Klein. Ses collages sonores, une guitares plus manipulée du bout des doigts que "jouée" et un piano d'une sobriété absolue. Mais l' aspect lo-fi possède tellement de fond et provient d' une personnalité si forte qu' à aucun moment l' auditeur va penser se retrouver face à un art pauvre en terme de ressource. Ce disque peut paraître rachitique, fait de rien, mais comme les autres de Klein faire preuve d' une puissance affective et réflexives dévastatrices. Encore un grand disque au compteur de l' une des artistes les plus importantes de l' époque.
- LEON DUNCAN & MAKOSSIRI,nouvelles pépites futuristes trouvées par Hakuna Kulala.Plus news NyegeNyege
C' est assurément l' un des disques les plus étranges de l' année. Encore une fois Hakuna Kulala (ici) tape très fort et nous offre à découvrir un grand espoir des musiques électro d' avant gardiste africaine. Très difficile d' avoir des infos sur ce nouveau petit génie déniché par le label Ougandais mais assurément il faudra garder en mémoire le nom de cette pépite Kenyanne, Leon Duncan. D' après le communiqué de presse Duncan a appris à maîtriser les logiciels dans le laboratoire d' électronique de son lycée à Nairobi. Très vite ses qualités 'l ont poussé à vendre ses beats sur la toile. D' humeur anxieuse et frénétique, toujours d' après le communiqué, il se tourne vers les musiques extrêmes. On n'en saura pas plus au sujet du bonhomme mais par contre, ce qui confirme son rapprochement des musiques un brin radicales, on apprend que son premier ep voit la participation d' un de nos chouchous, Martin Kanja du duo Duma. Immédiatement ce qui frappe chez Duncan c' est l' aspect bien particulier de la rencontre de ses influences. On ne connait pas vraiment de producteurs capable de mélanger d' une tel façon de l' Indus, du Dub ou du Gqom avec de l' électro façon Free Jazz. Grand amateur de rythmes très percussifs et syncopés on peut lui accoler la toute récente étiquette de Hard Drum. Rythme à 130 en plus des caractéristique décrites plus haut, on peut se demander ce que certains mette sous l' étendard de ce nouveau courant tant on trouve dans notre mémoire des artistes faisant la même tambouille. Souvent des artistes affiliés à la Deconstructed Club, au Gqom ou au Kuduro façon Prìncipe. Leon Duncan dépasse de toute façon tout assimilation styliste facile. "Nitendo Dub" délivre un Dub Hi-Tech, "Ching" évoque un Actress perdu un soir de festival Nyege Nyege sur les rives du Nil Blanc à Jinja et "Rucio" pour le coup nous offre le parfait exemple d' Hard Drum un brin psychedelique. "Babur", "Portable Anxiety" et "Digital Drug" semblent être ce que l'on ressent devant un set de Kuduro ou de Deconstructed Club sous acide. A peine 30 minutes de musique suffisent à Leon Duncan pour se présenter comme l' un des plus dignes compagnons de label pour Slikback en matière d' avant garde de haute volée. Essentiel !!! Hakuna Kulala ne s' arrête pas là en matière de sorties toutes plus passionnantes et percutantes les une que les autres. Quoi de plus normal pour l' un des plus importants labels électro. Makossiri, autre Dj Kenyanne, nous offre le tube pour Dancefloor "Juicy Juicy" et délivre un ep dynamiteur sous haute influence Slikbback. Tous les courants s' y mêlent et l' auditeur restera sonné un bon moment par ces titres évoquant la politique, l' Afrofuturisme moderne et la mythologie égyptienne. Autre nouvelle signature Hakuna Kulala, le congolais Uyisse qui évoque un Trap façon Drill/Footwork sous haute influence Gqom. Après le Don Zilla et Scotch Rollex début 2021, il semble que la pandémie n' ait pas refroidi les velléités futuristes Dancefloor d' Hakuna Kulala. Sortie Nyege Nyege 2021, toujours passionnant. Passons au label frère d' Hakuna Kulala, Nyege Nyege. Ces derniers annonce la sortie du disque de l' Indonésien Raja Kirik pour le 22 Octobre et par ici on s' est emballé pour le seul titre dispo, "Dor". Le Gamelan de ses origines se retrouve castagné par l' indus et le Gabber façon Deconstructed Club. A suivre de très très près. Plus tôt en septembre le label nous a offert une nouvelle compilation ""Sounds Of pamoja" regroupant ce qu'il se fait de mieux en Singeli Tanzanien (par là pour les retardataires). On retrouve Duke bien sûr mais aussi une pelleté de nouveaux noms. Pas obnubilé par l' Afrique, Nyege Nyege est allé chercher le néerlandais De Schuurman et le compile pour nous présenter sa relecture moderne de la Bubbling House, courant né d'une boulette de Dj. On va faire cours. Ce style est donc apparu parmi la diaspora Africaine d' Hollande. Un soir un Dj originaire de Curaçao passe un vinyle de Dancehall en 45 tours plutot qu' en 33. Effet immédiat, les danseurs devinrent fous et en redemandèrent. On notera également les albums de Rey Sapienz et du Nilotika Drum Ensemble .
- LES IMMANQUABLES, Janvier-juin 2019
Si le temps manque terriblement pour faire de bonnes et complètes chroniques celui pour écouter de la bonne musique ne manquera jamais. Alors en attendant le retour des chroniques voici le traditionnel bilan semi annuel. Alors 2019? Mondialisation heureuse! Si si c' est possible! Et une mondialisation qui se conjugue au futur via l' expérimentation et le choc passé/nouvelles technologies. Le post-club/Deconstructed Club quant à lui n' en fini pas d' étendre ses tentacules, le label NAAFI avec Debit en Amérique du Sud et l' argentin Aggromance , Nazar en Angola, Angel-Ho en Afrique du Sud et NKISI du Gabon pour les NON Worldwide. Au Kenya Slikback prend tout ce que l'on a adoré ici ces dernières années (Gqom, footwork et Post-Club) et en fait la plus parfaite des synthèses. Côté vieux continent Kablam en Suede, Rian Treanor en Angleterre et LOFT au Pays De Galle confirment. Chez les Russe de Regular Citizen on suit aussi le Post-dancefloor mais on le mélange à la Trance du bon Lorenzo Senni. L' Iran nous offre l' un des plus beaux descendants de Scott Walker en la personne de Msylma et que dire du dernier SOTE qui propulse les traditions persanes dans le futur. Le singeli en provenance de Tanzanie via le label Nyege Nyege n' en fini pas de suivre les pas du Footwork sur le chemin de la révolution des dancefloors. Ce qui tombe plutot bien puisqu'une des légendes du Footwork, Dj Nate revient avec un nouvel album 9 ans après l' une des pierres philosophales du genre " Da Trak Genious" Une Star du blog (Holly Herndon) continue de tutoyer les sommets expérimentaux mêlés à la pop culture moderne à l' instar d' autres valeurs sûres repérées depuis longtemps qui ont fait plus qu' assurer simplement leur rang. Helm, These New Puritans, Logos, Fennesz et Sarah Davachi qui s' est trouvée une petite soeur en la personne de la géniale Kali Malone. La révélation Ana Roxanne éclabousse la scène Ambient avec un zeste de Pop pendant que Nivhek (Liz Harris), Fennesz, Tim Hecker et Rafael Anton Irisari consolident les fondations du renouveau de la scène. 2019 sera aussi l' année qui aura vue Leyland Kirby en finir avec son projet The Caretaker et la série sur la démence "Everythere at the end of the time". Du côté des friche industrielles Dark Ossia offre enfin un long format et dévoile sa grande classe pendant que la légende Cosey Fanni Tutti reprend son trône. Côté monuments historiques Beth Gibbons fait dans le classique en reprenant Gorecky et fatalement l' évidence est là, la plus grande chanteuse des 20 dernières années éblouit et touche au plus profond de l' âme. Earth, SunnO))), Bill Callahan, Clinic et d' autres tiennent eux aussi leurs rôles. Et puis il y a l' inimaginable. L' inespéré! Alors que les Fat White Family délaissent avec talent les guitares qui recommence à bégayer sérieusement sur le mode Post-Punk des mioches offrent aux artefacts de l' âge de gloire rock/punk/indie une jeunesse inespérée. Ce que DWTN espérait depuis longtemps semble enfin arriver. Renaissance artistique des satanées guitares. Black Midi n' a pas fini d' attirer l' attention des anti rétro et que dire du retour annoncé des Girl Band qui demeuraient jusqu'à présent le seul espoir d' une improbable marche en avant après des années de rétrogaga. Plus classiquement on vient peut-être de trouver un hybride détonnant du post-punk copulant avec l' art du single infaillible Britpop, la culture indie et la sensibilité typiquement irlandaise. Fontaines DC? Un talent hors norme en matière de songwritting pour pondre des tueries pop/rock. Idles et Shame peuvent franchement aller se recoucher avec leurs faux semblants. La traditionnelle playlist TOP 30 ALBUMS HOLLY HERNDON Proto BLACK MIDI Schlageneim NKISI Seven Directions HELM Chemical Flowers MSYLMA Dhil-Un Taht Shajarat Al Zaqum BETH GIBBONS & THE POLISH NATIONAL RADIO SYMPHONY ORCHESTRA HENRYK GORECKY Symphony N°3 KALI MALONE The Sacrificial Code LOGOS Imperial Flood NIVHECK (LIZ HARRIS) CATERINA BARBIERI Ecstatic Computation SISSO Mateso DUKE Uingizaji Hewa JAY MITTA Tatiso Pesa SOTE Parallel Persia AMNESIA SCANNER & BILL COULIGAS Exachast OSSIA Devil's Dance RIAN TREANOR Ataxia THESE NEW PURITANS Inside The Rose TIM HECKER Anoyo FAT WHITE FAMILY Serfs Up! DJ NATE Take Off Mode KÀRRYN The Quanta Series SPELLLING Mazy Fly ANGEL-HO Death Becomes Her RAFAEL ANTON IRISARI Solastalgia ALAMEDA 5 Eurodrome SARAH DAVACHI Pale Bloom REGULAR CITIZEN Sleeping Unique THE CARETAKER Everythere At the End Of The Time Stage 6 AKIRA RABELAIS CXVI Bonus KABLAM Confusia JAMES FERRARO Requiem For Recycling Earth LA PLUS BELLE PROMESSE POUR LA SUITE GIRL BAND "THE TALKIES" Date de sortie: le 27 Septembre TOP EP'S & SINGLES SLICKBACK Tomo ANA ROXANNE ~~~ LOFT And Deppart From Mono Games AMAZONDOTCOM Mirror River DEBIT System AGGROMANCE Turbera NAZAR Enclave GALYA Bisengalieva EP Two LEE GAMBLE In A Paraventral Scale MIXTAPE RABIT The Dope Show TOP FAILLES SPATIO TEMPORELLES VANISHED TWIN The Age Of Immunologie FONTAINES D.C. Dogrel CHAI Punk BOY HARSHER Carefull THE COMET IS COMING Trust In The LIfeforce Of The Deep Mistery JAMES BLAKE Assume From TOP DES MONUMENTS HISTORIQUES FENNESZ Agora COSEY FANNI TUTTI Tutti BILL CALLAHAN Shepherd In A Sheepkin Vest EARTH Full Upon Her Burning Lips CLINIC Wheelpappers And Shunters SLEAFORD MODS Eton Alive SUNN O))) Life Metal STEVE MASON About The Light DEERHUNTER Why Hasn't Everything Already Disappeared? THE CHEMICAL BROTHERS No Geography Plus...un type revenu d' entre les morts PURPLE MOUNTAINS (DAVID BERMAN des SILVER JEWS) Eponyme
- L' ESPRIT DE NYEGE 2020, compilation gigantesque.
Récemment dans DWTN on a beaucoup parlé de géniales compilations réunissant divers artistes. "Apocope" par le label C.A.N.V.A.S. (ici) , celle du Club Chai (là) et "This is Caïro Not The Screamers" (ici). Il était souvent question de compilations regroupant des artistes issus d'un collectif, d' une scène précise ou d' un label. Les fils conducteurs de cette série dictée par l' actualité discographique étaient l' avant garde électronique des dancefloors ou autre, une certaine vision de Créolisation musicale, quand le passé et les racines se mêlaient au présent et à la technologie pour entrapercevoir le futur en innovant. Entre multiculturalisme, goût du risque et espoir. Des fils conducteurs en parfaite adéquation avec ce que ce blog veut transmettre. Oublier le rétrogagaïsme avec son culte d' un vintage sclérosant musicalement, politiquement et intellectuellement. Cette espèce de stase culturelle omniprésente en occident que beaucoup ne veulent pas voir et amplifient par leur nombrilisme culturel et étroitesse d' esprit. Si il existe un label, une scène ou un festival qui regroupent toutes ces aspirations avec ceux cités plus haut, qui est devenu à leurs yeux comme aux miens le phare absolu, qui personnifie plus que jamais un certain état d' esprit c' est bel bien l' épicentre Ougandais de Nyege Nyege. Collectif d' artiste, label avec son petit frère Hakuna Kulala et enfin son festival. Festival devenu en quelques années l' un des plus importants par son influence sur tout le reste du monde musicale dans son ensemble. Nyege Nyege vient de ressortir plus amplement "L' esprit de Nyege 2020" sortie en catimini fin 2020. Compilation regroupant les artistes ayant participé à l' édition 2020 uniquement en numérique pour cause de Covid. Pour les habitués du blog que je vous en parle de cette nouvelle sortie du label ne sera pas une surprise tant ici Nyege nyege est adulé. Pour les autres ce sera encore une occasion de rattraper en marche ce train qui file droit dans le futur. Mais attention. Que ce soit pour les premiers comme les seconds la découverte de ces 48 titres va produire un véritable cataclysme et définitivement tuer pas mal d' idées préconçues et de préjugé. Cette compilation est d' une richesse, d' une diversité et d' une qualité rarement croisées dans le domaine. Beaucoup de festivals peuvent pratiquer le même exercice quantitativement mais beaucoup en passeront par du remplissage et les temps morts de s' accumuler à cause de programmation parfois trop homogènes stylistiquement et souvent inégales qualitativement. "L' esprit de Nyege" cumule la quantité et la qualité durant près de trois heures. Pas d' ennuie, pas de bouche trou et la surprise et le choc à tout instant. Que vous connaissiez ou pas les artistes présents. Résumer stylistiquement ce que vous allez découvrir est une gageure. Énumérer? Allons-y mais ce ne sera que trop inexacte et réducteur. Kuduro, Gqom, Mahraganat, Techno, Indus, Techno, Bailé, Ambient, Footwork, Nois, Glitch, Grindcore, Deconstructed Club et même de la musique modulaire Africaine. Et j' en passe. L' impression d' électro délivrée au kilomètre peu ou pas variées de certains festival européens est impossible ici. Et à cela on peut préciser quelque chose d' essentiel, cette variété stylistique se retrouvent souvent dans un seul titre tellement ces artistes sont inclassable et opèrent sans aucunes œillères. Beaucoup des artistes présents sont africains naturellement, c' est le rôle fondateur du Nyege Nyege Festival d' être un outil de découverte et de promotion de la musique électro de ce continent. Mais pas seulement. Les artistes venant d' ailleurs, et pas uniquement de la diaspora africaine, ont droit de citer et ainsi on redécouvre les liens et les aspirations communes que DWTN ne cesse de vous démontrer depuis des mois. Un zeitgeist plane sur la planète électro, expérimentale et dancefloor comme sur d' autres musiques. Et son épicentre où tous se retrouve c' est Nyege Nyege. Cette compilation le prouve magistralement. Commençons par les non résidents africains. Le Rap complexe du duo américain NNSS-KHX05 lorgne sur l' Afrique comme il était le cas il y a très longtemps dans ce genre. On retrouve tout ému un vétéran Footwork en la personne d' EQ Why bidouillant un souvenir télévisuel ce qui confirme au passage la passion africaine pour le style chicagoan croisé à de multiples reprise sur cette compilation. Un contingent portugais, RS Produções et l' adorable Blacksea Não Maya, entendus chez Principe font revenir leur Kuduro moderne sur ses terres d' origine. On découvre même des français inconnus au bataillon. Un type vivant à Montpellier nommé B4MBA et fan d' Uk Bass malaxant avec maîtrise le Grime, le Trap, l' Afro et le dancehall. Un autre, réunionnais vivant à Saint Denis répondant au nom de Jako Maron, modernise et propulse ses racines Mayola dans un futur intense et un brin dystopique. Quant au dénommé Boogzbrown à part qu' il semble venir du même endroit que Jako Maron on sait juste que son titre Deconstructed Club étonne. Encore une fois après les avoir croisé sur "Apocope" et à la maison mère SVBKVLT on retrouve les omniprésents Gabber Modus Operandi trempant leur Gabber et Hardcore indonésien dans la culture Tanzanienne. Egalement présente sur "Apocope" et membre du collectif C.A.N.V.A.S. on retrouve la passionnante Elvin Brandhi en collaboration avec le local Ecko Bazz avec un titre susceptible d' inventer à lui seul un courant nouveau. Un gros contingent égyptien (dont Zuli et 1127) sélectionné par Nadah El Shazly ("Apocope" et "This is Caïro...") avait déboulé dans la version numérique du festival, il en reste l' étonnant Yunis et son Folk égyptien façon synthé mais surtout les décrasseurs d' oreille KZLK et Tyor Yganna digne compagnon de 1127. Et j' en oublie ! Mais peut être plus encore que les "étrangers" c' est bel et bien les artistes en provenance du continent entier africain qui bluffent et assomme les concurrences mondiales par leurs fraîcheurs, leur originalité et leur talent. Entre hédonisme jubilatoire et ambiance Dark l' auditeur est sans cesse bousculé dans ses certitudes. Les déjà connus par ce blog réussissent encore à nous étonner aussi. Bampa Pana qui avait attiré mon regard sur ce label avec ma découverte du Singeli Tanzanien prouve que ce genre et lui même ne se repose pas sur leurs lauriers et on découvre ses successeurs, MC Kadilida et Dj Travella. Ce bon vieux Dj Diaki affole encore les Bpm avec son Balani Fou quand le génie Sud Africain Menzi entraîne le Gqom encore plus profond dans les ténèbres bruitistes et industriels avec ses potes de Phelimuncasi, Dj Mp3 et Skhotane. Vous voulez des nouvelles têtes? C 'est une avalanche à faire perdre la boussole le plus aguerri de cette scène. Afrorack n' en fini pas d' aguicher, Slammy Karugu interpelle quand le congolais Chrisman s' annonce être une des grandes révélations avec sa merveille "Another Banger". Bhejane parait plus sâge que Menzi avec son Gqom un tantinet classique mais se révèle totalement efficace. Boutross est la réponse Rap africaine aux américains quand le marocain 3xOJ devient une autre grande révélation avec son intriguant et planant "Stasix". Et là aussi j' en oublie. Et les Nyege Nyege/Hakuna Kulala originaux me direz-vous? Duma calme un peu leur Cybergrind et intriguent encore plus eux aussi, Zilla, Mc Yallah avec Debmaster assurent et le roi SLIKBACK domine tout ce petit monde de son trône avec une espèce mutante de Techno venue de nul part. Pour conclure je me demande juste si cette compilation regroupant des artistes participant à l' édition 2020 n' est pas tout simplement la plus belle qu' il m' ait été donné d' entendre de toute ma vie. Voir carrément l' une des plus grandes compilations de tout temps. En prime et pour ceux un brin appeuré par les 3 heures de compilations voici une mixtape faite par Crotch Goblin d' à peine une heure résumant le tout.














