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  • DJ NIGGA FOX, P.ADRIX & PRÌNCIPE RECORDS: Des ghettos de Lisbonne jusqu'à Manchester & W

    Celà fait longtemps que les sorties et les artistes affiliés au label portugais Prìncipe Discos squattent les tops de ce blog. L' an dernier c' étaient le premier album de Nidia Minaj et le ep "15 Barras" de Dj Nigga Fox, en 2016 Dj Marfox avec son "Chapa Quente" et Dj Nervoso pour son ep éponyme. D' une manière détournée 2015 avait encore vu la clique Principe se placer devant le peloton avec leur première incursion chez WARP pour la série d' ep compilations CARGAA et encore Dj Nigga Fox avec son "Noite é dia". Et histoire d' en finir avec les preuves d' amour de ce blog pour Principe Discos on pourra en remettre une couche que le label créé par Pedro Gomez figure systématiquement depuis trois ans dans la liste des meilleurs labels. Si l' album de Nidia Minaj avait fait grand bruit l' an dernier il semblerait que le soufflet hype dont ils bénéficiaient depuis 2 ans se soit un peu dégonflé dans les médias, ces derniers certainement partis poser leurs griffes d' arrivistes dilétants sur autre chose. Erreur totale de leur part et surtout mauvais timing. L' année 2018 s' annonce comme l'une des meilleurs pour Principe. Coup sur coup deux disques font grimper à ce qu'ils nomment et symbolisent la Batida music un palier supplémentaire en terme artistique et en promesses pour un futur radieux. Petit rappel des faits pour les retardataires. C' EST QUOI LA BATIDA? Batida signifie en portugais les battements rapides du coeur après un choc émotionnel ou un accident. Rarement une appelation aura symbolisé autant éfficassement un style musical. La première rencontre avec cette musique s' apparente à un choc ou un coup de poing du fait de la frénésie qui s'en dégage. Une tempête sonore d'une richesse et d'une diversité des sons résolument hypnotiques. L' auditeur d' abord un brin saoulé par autant de stimuli en peu de temps peut certes envisager la capitulation et préférer des choses plus posées et attendues. Mais ça c 'est la première réaction de son cerveau en mode réflexe. Très vite les jambes vont prendre le relais et finalement le cerveau en bouilli va recoller les morceaux et s' y retrouver. S' apercevoir qu'il y autre chose qu'une simple polyrythmie bien huilée par objectif fonctionnel pour bobo ou hipster en manque d' exotisme facile les premières chaleur venues. L' irrégularité des rythmes envoûte autant qu'elle peut rebuter le junkie de house kilométrique. De toute manière ce genre de bourges 2.0 va vite être mal à l' aise face à la complexité qui s' en dégage. Le consommateur de musique cartésien qu'il est va tout aussi vite ressentir un profond malaise devant les relents de sorcellerie que porte en elle la Batitada avec ses discordances harmoniques. A écouter les Nigga Fox, Minaj ou Marfox, la Batida a autant pioché dans les musiques ancestrales africaines que les plus récentes comme le zouk. Une grande majorité viennent bien sûr des ex colonies Lusophones. La Pagode brésilienne, le Kuduro Angolais, le Kizomba et la Tarraxhinna. Mais pas que! Cette bande de gamins qui ont grandi dans les ghettos périphériques de l'ancien colonisateur de leurs pays d' origine n' ont pas seulement recraché leur héritage culturel. Le même miracle que celui qui eut lieu autrefois au Royaume Uni avec son immigration Jamaïcaine c' est reproduit. Ils ont mélangé tout ça avec la culture électro et dancefloor européenne du pays hôte. La Batida transpire de house et de techno. Pour eux elle doit être un exemple parfait d' "hybridation Trance et Grime". C 'est qu'en plus ces mecs ne se contentent pas de manipuler le tout venant. Ce sont des ouïes fines et de parfaits radars à nouveauté stylistique sans oeillères et d' expérimentations. En matière d' expérimentation les artistes Batida damnent le pion à beaucoup d' autres et on pourra évoquer une certaine parentée dans cette vision et volonté de mélanger musique "populaire" des dancefloors et musiques "savantes"avec les jamaïcains d' Equiknoxx ou les cliques NON, Club Chai et NAAFI. Une autre tête chercheuse en la matière, Rabit, ne s'y était pas trompé en incluant dans la compile passionnante "Conspiracion Progresso" publiée par son label Halcyon Vieil DJ Nigga Fox. DJ NIGGA FOX, BAIN DE JOUVENCE POUR WARP Rogério Brandao aka Nigga Fox est probablement la plus belle et aventureuse tête chercheuse issue de Prìncipe. Ceci explique parfaitement qu' il est dorénavant le premier artiste du label a bénéficié d' une sortie chez WARP en son seul nom. Son ep "Crânio" sorti il y a peu est une bénédiction pour tout fan historique du label originaire de Sheffield. Bénédiction parce que ce disque fondamentalement d' avant-garde garde fermement un pied sur le dancefloor et replonge le label équivalent musical d' un Barça ou d' un Réal en foot le nez dans ses belles racines club et rave. Il perpétue ainsi la nouvelle habitude prise par les anglais mise en place avec la signature du fou furieux de Trance Lorenzo Senni. Et en matière de Trance il s'y connait aussi le renard de Lisbonne. A au fait. Peut être êtes vous étonnés du pseudo récurent "Fox" dont s' affublent beaucoup d' artistes et Dj Principe. En fait il semblerait que cette génération voue un culte irraisonnable pour un vieux jeu "Starfox". Dj Nigga Fox porte d' autant mieux ce pseudo qu' il se révèle un véritable renard des dancefloors capable des plus beaux tours de passe-passe pour stopper le danseur en pleine montée pour l' envoyer au ciel juste après d' une manière encore plus puissante. P.ADRIX, BATIDA VERSION MANCHESTER. C' est le petit dernier de Prìncipe. Il a grandi à Lisbonne comme tous les autres et comme pas mal d' entre eux il en est aussi parti pour un autre pays. Encore un exemple parfait de ce que peux produire une diaspora en matière musical. Si Nidia Minaj en suivant ses parents avait posé ses bagages à Bordeaux au milieu des bourges et des addict de garage rock, la pauvre, Adrix eut bien plus de chances? Il en s' est retrouvant quant à lui dans une ville dont il suffit de dire le seul nom pour que tout passionné de musique sache qu'il faut y jeter une oreille. Manchester. Ce qui devait arriver arriva. Sa culture africaine et lusophone au contact des sons industriels provenant des club mancuniens et la tradition UK bass, Grime et Jungle nous offre l' une plus belle réalisation du projet avoué par ses collègues, hybridation totalement réussie ! La Batida subit entre ses mains après celles de Nigga Fox une nouvelle mutation. A croire que ce genre dans les têtes de ses ardents prophètes possède le gène du développement permanent. Franchement pas le style musicale à deux doigts de se reposer sur ses lauriers pour finir par mourir. La musique d' Adrix comme celles des autres est bien sûr destinée aux clubs mais l' écouter ailleurs est également susceptibles de vous projeter dans un états de transe hallucinant. Votre petit salon peut à tout moment se transformer en un entrepôt british sordide en pleine rave 90's que devant dans un jardin public face un Soundsystem gigantesque.

  • INGA COPELAND redevient LOLINA et nous offre le meilleur folk moderne pour 2018.

    Alina Astrova aka Inga Copeland aka Lolina est une artiste secrète et discrète. Tellement discrète qu' elle n' a jamais eu droit aux honneurs dans ce blog. Injustice totale ! C' est d' autant plus injuste que son confrère du duo Hype Williams , Dean Blunt, ne cesse de truster les top annuels. Tout juste si on l' aperçoit dans certains top ep. Pour être clair je mets l' oeuvre de la Russe résidant à Londres au même niveau que ce satané Blunt. Et même, mieux, , au dessus avec le tout récent et inattendu "The Smoke". Tout d' abord, il me faut avertir le lecteur. A l'instar de son acolyte, Blunt, Lolina fait dans le bizarre, un bizarre à la fois trompeur et hypnotique. Parfois cajoleur, parfois franchement hermétique et brutal. Vous allez donc dans un premier temps vous retrouvez face à des choses déjà entendues, des senteurs connues. Dans un premier temps! Très vite vos certitudes vont être battues en brèche et l' incompréhension gagne du terrain dans vos petits cerveaux. Puis, ce sera comme une révélation. La musique de cette jeune femme appartient à la fois à l' avant garde comme à l' héritage commun de toutes les sonorités dominant la culture populaire. Chez elle l' électronique à la plus indocile copine avec le r'n'b ou le hip hop les plus connus. Une synth-pop simpliste peut se napper de collages sonores incongrus et l' UK Bass et le dub se saupoudrer d'une poésie inhabituelle. L' immédiateté alterne avec les chemins de traverse où il est aisé, voir même préconiser, de s'y perdre. "The Smoke" est le premier album sous le pseudo Lolina. Il marque un palier dans la carrière de la jeune femme. Ici la cohésion, qui "semblait" manquer du temps du nom d' Inga Copeland, devient plus évidente. Peut être parce que la russe avec ce disque est à son apôgée dans son art d' illusionniste du chaos. Chaque titre laisse l' auditeur face à un cyclone musicale où toutes les références prennent des apparences inaccoutumées. Lolina fait bel et bien dans le format de musique le plus écouté, des chansons, mais d' une manière totalement réinventée. De nos jours, c' est plus que rare, c' est miraculeux. Pour cela l' intérêt porté aux textures importe tout autant que celui pour la composition. Par exemple les synthés chez Lolina réussissent l' exploit de vous surprendre par leurs sonorités venues d'on ne sait où. Les rythmiques semblent elles aussi fait de textures inédites à force de torsions en suivant des schémas que seule la russe donne l'impression de pouvoir décrypter. Derrière l' étrangeté de ce dub maladif c' est un travail d'une méticulosité inouïe qui se dévoile après quelques écoutes. Méticulosité toujours pour ce qui concerne les paroles. Les textes semblent eux aussi ne signifier pas grand chose tellement ils peuvent paraître incompréhensibles mais très vite chaque mot, chaque choix de leur emplacement et le phrasé de Lolina participe à un parfait témoignage sur notre époque et la vie de son auteur. Un critique anglo-saxon s' est lancé au sujet de ce disque dans un grand exercice de réflexion. Pour lui "The Smoke" est ce que l'on devrait considérer comme ce que doit être l' album folk typique de notre époque. Partant du constat que la tradition folk est l' art de prendre le premier instrument venu et tout ce qui a précédé en terme de référence musicale pour écrire des chansons servant à encapsuler la période et son zeitgeist qui l'ont vu naître. Ici la guitare poussiéreuse des passéistes est remisée au profit du sampler et d'un simple clavier, l' héritage stylistique et esthétique "folk" 60's abandonné au profit d' une culture musicale et technologique un brin vieillote certes , mais qui a l' avantage de bien mieux illustrer notre ère où justement la technologie semble donner le LA. On ne peut que donner raison à ce chroniqueur tellement le dernier Lolina peut réellement postuler au titre honnrifique de meilleur album folk moderne pour ce début d' année.

  • EQUIKNOXX, le jamaïcain se conjugue à nouveau au futur.

    Et si je commençais ma chronique aussi simplement que ça : Equiknoxx c' est un duo de producteurs Jamaïcains dans la mouvance dancehall que l'on peut considérer comme les dignes héritiers du lourd passé musical de leur pays. Pour être vicieux je rajouterai Lee Scratch Perry en lieu et place de la figure tutélaire. Alors tout de suite la caricature va se pointer. Pour les plus largués et ignorants des occidentaux on va avoir l' image d' Epinal, reggae, dread, fumette puis dub et ska pour ceux possédant une once de réflexion musicale. Pour les moins hermétiques et un poil moins cloîtré dans le passé lointain ce sera paroles obscènes, mama black remuant du popotin avec pose indécentes sans parler de l' inévitable règlement de compte sur fond de deal entre bande rival à grande rasade de uzzi sur le dancefloor. STOP ! Revenons à la réalité et sa complexité puisquittons les réflexes et les préjugés occidentaux colonisateurs. L' an dernier Equiknoxx avait pourtant envoyé un sacré avertissement à tous les bas du front via leur compile "Bird Sound Power" (classé dans le top 2016 DWTN). Tout n' était pas aussi simple sur le dancehall Jamaïcain. La-bas ça fait pas comme dans notre si vieille Europe, back to the past et entre-soi culturel. On cherche (dans toutes les directions) , on regarde le futur, et on trouve! Il y a avait bien un petit indice concernant les velléités aventureuses et innovantes du collectif. Leur label, DDS. Pour les ignorants, ces initiales se rapportent au nom du duo boss, DEMDIKE STARE. Je vous refais pas le topo y'a qu'à fouiner dans les 5 années du blog. Je parlais de Lee Scratch Perry et son importance dans la production musicale de ces 40 dernières années. Que l'on soit fan des Clash ou de Brian Eno ou même de shoegaze on est tous redevable à jamais du vieux griguoux. Si le dancehall n' a jamais réussit à tutoyer le cinglé Perry en terme d' avancée et d' expérimentation Equiknoxx avec leur "vrai" premier album viennent de réenclencher la machine à voyager dans le futur et l' expérimentation. Il faut avouer que le dancehall semblait franchement marquer le pas depuis quelques années à force d' accélérer sans cesse le rythme et de ne puiser les sons que dans un nombre limité de banque de données et de logiciels. Les deux têtes pensantes d' Equiknoxx, Gavin Blair et Jordan Chung, sont sortis de l' air vicié et enfumé des dancehall. Et vas-y que je te récupère des sons improbables, des harpes, des glockenspiels, des ustensiles de cuisine en passant par ceux fauchés dans les garages. Et ne parlons pas d'une lubie qui apparaît partout sur la planète de nos jours, les chants d' oiseaux! Lubies que vous allez bientôt rencontrer prochainement du côté de ... l' Islande via le Vénézuela (voir ici). "Colon Man" déboule et va encore plus loin que son prédécesseur. Il faut rappeler que "Bird Sound Power" compilait des enregistrements réalisés sur une longue période allant de 2009 à 2016 et déjà on s' apercevait de la constante progression et des trajectoires inédites du duo au fil des années. "Colon Man" enfonce le clou avec des titres enregistrés à la suite d' une tournée mondiale surfant sur leurs succès critiques et publiques. Tournée mondiale ne passant évidemment pas par la France. Preuve s'il en est de l' étroitesse d' esprit et du largage complet de notre petit monde de la musique hexagonal absolument pas visionnaire pour deux sous. Si le poids des illustres prédécesseurs s' estompe les jamaïcains mettent un point d' honneur à leur rendre hommage au travers de la signification cachée du titre. Rarement on a rencontré une électronique aussi pointilleuse et chirurgicale dans le dancehall. Que ce soit avec cette dernière ou avec les samples on se demande s'ils n'ont pas des visés digne de musique concrète. "Nous pouvons sauter directement d'une soirée dancehall à un évènement plus expérimental" Une nouvelle fois on se retrouve donc face à des riddims venus de nul part qui ne dépareilleraient pas dans un mix ambient voir indus . Pour la faire courte un riddim est une séquence musicale sur le quel les MC posent leurs voix. Il peut exister ainsi plusieurs versions issus du même riddim originel. Dans "Colon Man" pas de parole ou sinon des bouts de voix massacrés et dénaturés. Et des oiseaux! Equiknoxx ne ce fixe pas comme unique objectif la danse même si la fameuse polyrythmie 3/2 du dancehall affleure partout. Avec cette album essentiel Equiknoxx n' a plus à rougir des ancêtres, propulse le dancehall dans la stratosphère et permet à nouveau de conjuguer le Jamaïcain au futur.

  • PAPER DOLLHOUSE, Darkwave post nucléaire

    Nos deux sylvidres adorées nous reviennent enfin après trois années d' une très longue d' attente. Pour ceux qui ont loupé la beauté glaçante magistrale que fut "Aeonflower" et qui se demandent bien ce que signifie ce qualificatif de "Sylvidre" allez vite faire un tour sur l' ancienne version du blog (par là). Astrud Steehouder et Nina Bosnic après quelques collaborations et travaux accessoires reviennent donc aux choses sérieuses. Et pas accompagnées par n' importe qui. Tout d' abord pour la sublime pochette elles ont fait appel à Andy Votel (pote de Bradly Drawn Boy et Grandaddy). Déjà on comprend que si le duo n' a pas réellement l' attention médiatique qu' il mérite il possède cependant un sacré carnet d' adresse auprès de leurs pairs. C' est qu' en plus "The Sky looks different", troisième "vrai" album studio, nous dévoile un autre grand nom en qualité de producteur et pas des moindres. Surprise totale tout de même d' apprendre que les deux filles travaillent depuis un bon moment avec l' iranien de Planet Mu tant adoré par ici, Ash Koosha (voir par ici). Que nos deux héroïnes adeptes de la cause analogique fricotent avec un de l' un des partisans de nouveaux sons et de manipulations en tout genre par ordinateur ce n' était pas si évident. Celà prouve encore une fois leur volonté de ne pas rester dans leur niche pour faire du surplace. Les Paper Dollhouse offrent depuis leur premier album "A box Painted Black" une sacrée preuve d' ouverture d' esprit et d' évolution réelle. Parti d' un folk certes bien déjà lugubre, mais un folk comme il s' en fait tant avec cependant certaines traces d' Arthur Russel et d' autres plus évidentes comme les ombres d'un Scott Walker et d' une France Galle 60's (RIP), elles opérèrent un salvateur ambient avec "Aeonflower" que bien des autres adeptes du vintage folk devraient envisager. Dans ce disque à la beauté immortelle l' ambient ne tenait pas le role d'un simple cache misère tant on percevait des senteurs modernes perçues chez des gens comme Demdike Stare, Andy Stott ou le fou Dominick Fernow. L' apport de Koosha via des sonorités digitales maximalistes et modernes absentes par le passé chez elles fait entrer la musique des Paper Dollhouse dans un nouvel univers totalement nouveau. L' aspect dark ambient quitte l' univers post apocalyptique fantasmé de leurs influence coldwave et gothique du 20 ème siècle (Cure, Throbbing Gristle, Joy Division) pour celui bien plus réel de notre présent. Les filles nous offrent une visite du monde de demain par une froide nuit radioactive. Nous oscillons entre traditions pop et expérimentation à base de manipulation électronique (la touche Koosha) et beaucoup de Soundcollage. Les Paper Dollhouse ont donc pris tout leur temps, entre réflexion et expérimentations, et elles ont bien fait. "The Sky Looks Different" fait entrer la Darkwave devenue tant à la mode chez les faussaires vintage dans une nouvelle ère prometteuse. Probablement aussi et surtout leur disque le plus abouti et envoûtant. Plus peut être qu'un "Aeonflower" jugé trop souvent à tord comme un acte indépassable.

  • HUERCO S devient PENDANT et continue sa refonte de l' ambient

    Brian Leeds aka Huerco S revient sous une nouvelle appellation et crée pour l' occasion son propre label (West Mineral Ltd). Deux ans après son gigantesque "For Those Of who have never (And also those who have) " (voir ici) et près de 5 ans après sa tonitruante apparition avec "Colonial Patterns" (par là) c' est des grands chouchous de ce blog qui met enfin sur les bons rails une année débutée bien timidement en matière de long format. Pas de réelles surprises à la découverte de ce bel ouvrage qu'est "Make me know you sweet". Leeds a donc abandonné son traditionnel pseudo de Huerco S pour celui de Pendant mais continue sa fugue des dancefloors en direction des territoires ambient. Pour les retardataires rappelons juste que ce brave garçon originaire du Kansas débuta dans la deep house puis devint un des principaux acteurs de ce que certains appellent l' Outsider House. Ce courant apparu début 10's est l' une des plus belles réponses apportées face à la deep house kilométrique et commerciale par ses sons hyper lissés et son manque total d' originalité dont tous les Dj de bas étages gavent tous les danseurs du monde. Avec ses sonorités lo-fi et son état d' esprit Do It Yourself ce délicieux acte underground anti ronronnement a réussit le plus parfait des mariages entre la gentille House et les plus rugueuses Techno, Indus et Noise. Pour les curieux allez jeter une oreille sur les catalogues de LIES du bon docteur Ron Morelli et un peu chez Opal Tapes. De son Outsider House Leeds semble n' avoir gardé que ses senteurs hypnagogic pop et shoegaze en devenant Pendant. Le dancefloor n' est plus qu'un souvenir tant ce qui l' évoquaient autrefois chez Huerco S , ses fameux sons saccadés provenant de synthés, sont ici en voie de disparition à l' exception du titre "BBN-UWZ". Sur tous les autres ce sont des drones et des manières indus et noise qui ont la main mise. Un schéma précis semble se répéter mais surprend systématiquement et emporte l' auditeur. Leeds plante un décor souvent étouffant et lugubre évoquant une jungle envahissant des vestiges industriels puis progressivement ce décor se désagrège, se déforme pour devenir totalement abstrait. Nous ne savons plus si nous rêvons et si cela est réel. En fait l' américain semble jouer avec nos sentiments et surtout nos anxiétés tant il s' adonne avec délectation à une dissection avancée. Bien sûr on risque perdre encore plus les fans à la vision étroite tellement ils sont scotchés à leur dancefloor par addiction à la dictature rythmique mais par contre les amoureux d' une ambient renouvelée et les nostalgiques des bonnes vielles Chill Room 90's vont y trouver leur came.

  • MUSIQUE ET ALZHEIMER, un docu choc et le prodigieux projet The Caretaker (Leyland Kirby)

    C' est un article un peu particulier. Il arrive parfois que passion et vie professionnelle se rencontrent. Parfois... Ma passion vous la connaissez déjà si vous lisez ces lignes mais il va falloir un peu vous préciser d' où vient une grande partie des motivations à pondre cette double chronique. J' ai l'immense chance d' être Aide Soignant auprès de personnes atteintes d' Alzheimer et dans ce cadre je me suis rendu compte du rôle que peut jouer la musique. Le passionné de musique le soupçonnais fortement mais souvent entre l'intuition et la réalité il y a un monde. Bref, il arrive souvent au soignant de faire appel à sa passion. Pas assez à mon goût et les raisons sont en partie développées dans le documentaire "Toute la musique que j' ai aimé" . Des raisons dont il me semble également vous avez du entendre parler un certain 30 Janvier 2018. Mais avant tout examinons d'un peu plus près cette saleté dont tout le monde a entendu parler mais sans réellement saisir tout ce que cela signifie faute d' y avoir été réellement confronté par malchance ou tout simplement à force de la fuir comme on nous l' apprend dans nos sociétés dites modernes. La perte de mémoire, quèsaco? Rien ne vaut qu'une bonne vieille chronique de disque de derrière les fagots. Comment l' aborder en musique. L' illustrer. Les oeuvres sont très rares. Il semble que ce sujet n' enchante guère les musiciens et les chanteurs. Il est vrai que depuis sa naissance la pop culture est atteinte d'un jeunisme un peu trop envahissant et certains sujets tel que la maladie sont évacués. En grattant sur le net on peut trouver une chanson signée ...Didier Barbelivien mais!... Vous l' avez compris, malgré tout le respect que l'on peut porter à ce "grand artiste" (dixit Nicolas Sarkozy), je vais préférer m' abstenir de vous laisser un lien. Pas assez amateur de la facilité à grand coup de gaz lacrymogènes que notre chère variété nationale peut offrir. Côté anglo-saxon par contre il y a pléthore de chansons évoquant le sujet (liste dispo ici) dont celle du grand Glen Campbell atteint par cette merde. Mais souvent cela passe par le texte. Et par la musique? Justement, l' unique musique quand elle est utilisée à des fins thérapeutique prouve qu' elle est capable de bien des "miracles" sur nos petits cerveaux . Alors est-elle capable d' illustrer parfaitement leur fonctionnement en plus de nos émotions? Il faut donc du sérieux. Du fin et surtout, quelque chose qui sonne juste. Leyland Kirby se pose probablement comme des mieux placé. Ce nom vous l' avez déjà croisé maintes fois dans ce blog . L' an dernier cet artiste avait encore une fois droit aux honneurs de DWTN pour son magnifique "We, so tired of all the darkness in our lives". Alzheimer touche la mémoire et qui de mieux placé qu'un artiste affilié au courant Hauntologique. L' "Hauntology music", ce bidule "post-moderniste" qui tire son nom des travaux de Jacques Derrida, je n' ai de cesse de vous en parler et une fois de plus il ne peut qu'en être question. Il y a de solides et bien réelles passerelles entre la perte de mémoire liée à Alzheimer et la réflexion hauntologique. Ces musiques traitant de la nostalgie et des tours que cette dernière joue aux souvenirs quand nous sommes en quête d' un avenir qui ne s' est pas réalisé. Quand le présent devient dystopique. Mark Fisher parle quant à lui toujours au sujet de l' Hauntology d'une "confrontation avec une impasse culturelle. L'échec de l'avenir". Les pertes des repères et des souvenirs provenant d' Alzheimer ne représentent-elles pas également une impasse et l' avenir une notion bien évasive ? Les personnes atteintes semblent enfermées dans une vision courte au jour le jour. Si ce n'est pas de l' instant à l' instant. En apparence. Un hauntologiste refuse d' abandonner l' avenir en évitant le même travail bêta des copieurs revivalistes de tout poil. Il décompose la musique du passé, la transforme, la parasite. Il n'est pas "nostalgique", il utilise la nostalgie du passé pour critiquer le présent et tenter d' amener un avenir plus radieux. Kirby a une autre particularité et pas des moindres pour être le plus à même de décrire la démence et l' oublie. C' est un ancien aide-soignant justement. Cela fait déjà pas mal de temps que Kirby a monté son projet The Caretaker. Rien que le choix du pseudo évoquait la mémoire et nos liens avec le passé, nostalgie et mélancolie. Référence au "Shining" de Kubrick et notamment aux dons de médium du mioche du film, un personnage susceptible d' explorer le passé. En 2011 avec " A empty bless beyond this world" il aborde une première fois Alzheimer avec tact et pertinence. Succés artistique et critique au rendez-vous. Mais comment s'y prend-t-il pour évoquer cette maladie? Comme souvent et dans la grande tradition Hauntologique il utilise des références du passé. Ici ce sont des samples plutot que des instrumentations jouées. Sample des musiques jouées dans les bals anglo-saxons des années 20 et 30 dont on possède les traces par l' intermédiaire de 78 tours. Après en avoir déniché un certain nombre Kirby n' a eut de cesse de mettre en boucle certains titres ou extraits. Est arrivé ensuite l' un des éléments majeurs dans son travail et celui de ses congénères hauntologiques (Burial, Belbury Poly, William Basinsky). Le bruit de la surface d' enregistrement. Les fameux craquements des vinyles tellement symboliques du passé à l' heure du mp3 sont amplifiés et ce très progressivement jusqu'à prendre toute la place. Jusqu'à en faire disparaître la musique. Cette dernière est ici, comme justement dans le traitement des personnes atteintes, appelée à enclencher nos souvenirs. Mais, par le filtre de la maladie (les craquements, la déformation du son), la perte des sens s' installe jusqu' à atteindre le point de non retour symbolisé par un silence pesant et l'unique présence des craquements et de la tête de lecture du gramophone. Nous sommes sur le dernier sillon du disque , celui qui ne mène à rien si ce n'est qu'à lui même. L' impasse. La métaphore parfaite. Avec ce travail méticuleux il réussit parfaitement à reproduire les procédés fragmentés et non probants de la mémoire atteinte d' alzheimer. Depuis 2016 il va encore plus loin en affinant son travail avec la série "Everythere at the end of time". Cette série doit comprendre 6 parties et nous en sommes qu' à la moitié. Une fois terminée, The Caretaker sera appelé à disparaître selon les dires de Leyland Kirby. Chaque partie doit représenter un stade particulier de la démence précoce. La phase 1 sortie en 2016 abordait les premiers signes de perte de mémoire. Il ne semble pas se passer grand chose sur ce disque comparé à "We, so tired..." sauf à quelques petits détails près. Des morceaux présent aux débuts reviennent à la fin, se répètent mais sous un autre titre. La personne chercherait-elle ses mots, leur signification? L' ambiance reste cependant plus radieuse, favorable. Nous ne sommes confrontés qu'aux bons souvenirs et aux grands moments de nos vies. Mais qu' advient-il quand nous ne sommes plus capable de favoriser ces "bons" souvenirs pour faire face aux difficultés de la vie quotidienne. Quand le puit s' assèche et qu'il ne reste plus que de la vase mémorielle à sucer pour subsister. Ce que l'on voulait oublié et qui devient l' ultime canne . Mais une canne prête à se briser et possédant une poignée truffée d' épines. La phase 2 (Avril 2017) décrit une chose rarement abordée au sujet d' alzheimer et de bien d' autres démence. Quand la personne atteinte repère les premiers signes. Plus la mémoire s' efface et plus l' humeur devient négative. Le "black dog" de Churchill s' installe. La dépression précède le refus puis parfois l' acceptation attristée. Leyland Kirby commence à se lâcher sur cette phase en terme de rajout de sons aux samples et de manipulation. L' ambiance se noircit. L' heureuse nostalgie devient triste. Arrive la phase 3. La plus manipulatrice et intéressante. Et aussi la plus porteuse de promesses sonores quant à la suite de la série. Le brouillard s' installe définitivement. Les éclaircies dans le traitement du son de la précédente phase diminuent fortement. Les boucles se répètent plus fortement, le tempo ralenti fortement et de brèves accélérations viennent trahir de probable énervements dus à l' incompréhension face à un extérieur devenu inconnu. La suite, les phases 4 et 5 devraient être publiées courant 2018 et le projet se clore définitivement avec la 6 en Mars 2019. Leyland Kirby aka The Caretaker par sa maîtrise et son talent offre une nouvelle fois une oeuvre gigantesque, tortueuse et absolument pertinente. Comme toujours avec lui l' auditeur se retrouve confronté à une musique à la fois simplissime dans les apparences mais aussi très difficile d' accès si le contexte n' est pas posé. Un projet de longue haleine, donc fatalement à contre courant de l'immédiateté et du zapping dominant. Un disque nécessitant une écoute très attentive et endurante mais certainement le plus abouti et le plus essentiels des travaux sonores sur ces pathologies que la musique nous a offert. On va parler ensuite de cette bombe qu'est "Toute la musique que j' ai rêvé". Docu "bombe" où vous explose au visage le rôle thérapeutique de la musique pour lutter contre Alzheimer et bien d' autres types de démences. Et ce, d'une manière bien plus approfondie que les rares reportages franchement caricaturaux et réducteurs que nos chers médias français daignent offrir. Il y a très longtemps que je rêvais de vous parler du documentaire passionnant sorti aux States sous le titre de "Alive inside". Je l' avais déjà visionné mais jamais en version traduite et il demeurait du coup difficilement accessible à un grand nombre de nos compatriotes. C' est chose faite grace au site de streaming de la chaine Arte. Documentaire disponible gratuitement ici en version française Sélectionné au festival de Sundance en 2014 ce film fit l' effet d' un petit cataclysme outre Atlantique. D' abord par les apports possibles de la musique pour lutter contre les conséquences du vieillissement ou de certaines pathologies mais aussi, ce qu'il révèle du sort réservé aux "vieux" dans nos sociétés occidentale . Et de la catastrophe à venir. Loin du mélange constitué d' angélisme, de lamentations ou autre tires larmes franchement nunnuches et édulcorés que l'on peut percevoir dans les docus par chez nous. Entre espoir face à de probables aides en matière de réconfort si ce n'est de guérisons et totale honte face aux comportements de nos pays et aux conséquences des diverses politiques néo-libérale menées un peu partout. On pourrait émettre des réserves en constatant que le triste tableau qu'il dresse sur le sort réservé aux "vieux" est celui des Etats Unis mais je peux vous affirmer que la France n'a pas vraiment à la ramener. Et que ça empire malgré quelques progrès et exceptions trompe-l'oeil. Le séquence d' ouverture peut paraître un peu trop Too Much mais je peux vous assurer qu 'elle est bel et bien issue du réel. Nous voyons une dame se rappelant de pas grand chose de sa vie puis en quelques secondes ce bon vieux Louis Armstrong vient à son secours et la voilà nous racontant avec précision son passé. Tout au long du film ce petit miracle qui n' en est pas un, juste le fruit d'une connaissance approfondi de l' humain et du retrait de certaines oeillères, se reproduit. Ma préférence pour des raisons bien précises et utiles dans l' avenir va à la séquence de Marylou. Marylou qui ne retrouve pas le mot pour désigner une cuillère ni même à se souvenir à quoi peut bien servir ce machin. Les signes dépressifs sont évidents et sa tristesse immense pendant l' interview. L' humain , qu'elle reste, semble disparaître sous nos yeux dans les tunnels obscurs de la mémoire. Les portes se referment. Et bien observez ce qu'il se passe quand Cohen lui met un casque sur les oreilles avec la musique de sa jeunesse. Le traitement du son de cette séquence est parfait. On pose le casque et on lance la musique. Le son est d' abord filtré évoquant ainsi une certaine distance, une séparation. L' attaque par les choeurs du fameux "Round round get around" semble être le bruit de quelqu' un qui frappant à la porte Le son s' éclairci, devient plus "réel", plus proche, et surgit un "waou" sidérant quand l'orchestration entre en jeu. Ce "waou!" tel celui du bébé illustre un véritable retour à la vie. Cette séquence qui ne respecte en rien les reportages caricaturaux permet également d' annoncer ce qui va se passer dans nos Ehpad. On peut ainsi percevoir le petit espoir que certains d' entre nous placent envers les futures générations de résidents et le rôle encore plus majeur de l' utilisation des musiques "pop". Les Babyboomers arrivent. Quelle autre génération que celle-là a eut accès le plus facilement à la musique. Bien évidemment les plus âgés écoutaient aussi de la musique mais les occasions étaient plus rares, les moyens (techniques) moins démocratiques. Les babyboomers ont été les premiers a avoir accès plus facilement à la pop culture. Au point d' y vouer un véritable culte. Par son apparence Marylou casse donc l'image que vous vous faites des "mémés" atteinte d' alzheimer et devient le marqueur du tournant. Ensuite il y a la musique qui enclenche la machine. Elle ne date pas des temps anciens, l' avant guerre ou son immédiate suite, les 50's. Elle a une connotation particulière. Une musique qui symbolise bien plus que la seule et unique jeunesse personnelle de Marylou. Ce titre du génie Brian Wilson avec ses Beach Boys illustrera pour toujours les changements intervenu à partir des 60's. L' émancipation d'une jeunesse et plus tard celle des femmes et de bien d' autres composantes de la société . Marylou a vu ça, y a participé. Arrivée dorénavant à l' âge de la confrontation avec la dépendance, les "Marylou" et leurs aidants vont certainement être moins corvéable à merci que les précédentes. Les goûts seront beaucoup plus divers et variés. Aux soignants aussi de changer de disque, l' âge d'or du musette et de la guinguette dans les maisons de retraite vit ses dernières heures et les souvenirs des yéyés pointent déjà leur nez. Comme le révèle une récente enquête les musique entendues et écoutées aux alentours de nos 14 ans semblent être celles qui s'inscrivent le plus durablement dans nos cerveaux. Inutile d' aller voire dans nos ehpad, ces constatations on peut les faire soi-même. Souvenir ému d'un fan d' Heavy Métal quadra à qui on aurait même pas osé faire écouter un titre de Nirvana car jugé trop "mou" mais qui tomba dans une sorte de transe nostalgico-gaga dès les premières notes d'une vieille merde du top 50 (Jeanne Mas). A quand un questionnaire bien plus avancé qu' actuellement portant sur ses goûts musicaux à chaque entrée de résident. Et si la famille ne peut répondre il y a dorénavant suffisamment d' archives et de banques de données sur le net pour trouver ce qu' ils étaient susceptibles d' écouter vers leurs 14 ans. Kant: "La musique est la langue des émotions" Et pas que! Quand le réalisateur Michael Rossato-Bennett nous montre le parcours du combattant du travailleur social Dan Cohen pour développer ses travaux sur la musicothérapie personnalisée avec ses sidérants effets bénéfiques nous sommes pris par la colère et l' incompréhension la plus totale face aux directeurs d'institutions expliquant que cela n'est pas possible pour d' uniques raisons budgétaires. La monstruosité néo-libérale explose aux visages. D' autant plus que l' auteur aux travers d' interviews (dont celle passionnante du neurologue Oliver Sacks) et de démonstrations bluffantes démontre l' aspect bien moins onéreux de ces pratiques face aux traitements pharmaceutiques. On peut creuser le trou de la sécu à grand coup de substance issu des labo mais pas moyen d' obtenir quelques euros pour l' achat d'un lecteur mp3 individuel. En France on fait plus fort, on peut dépenser pour le jardin devant l' ehpad, le fameux plan alzheimer qui n' est devenu qu'un cache misère, mais dès qu'il est question d'une hausse d' effectif des soignants, ce que nécessite d'ailleurs la musicothérapie personnalisée, dégagez y' a plus rien dans les caisses. Entre poudre aux yeux et déni total. On dira juste que nos élites si intelligentes qu'elles le croient sous estiment les moyens nécessaires et encore plus les enjeux à grand coup d' économie de bout de chandelle. Enjeux de civilisation face à de bien moribond et déconnectés choix économiques dictés par un dogme suicidaire. Du coup aux States comme en France la musique se consomme collectivement au sein des structures parce que la spécificité des travaux de Cohen par la personnalisation avancée est impossible dans la plus part des institutions. J' ai personnellement la chance de la voir être pratiquée mais trop peu, faute de temps, d' argent, de personnel. "Alive Inside" est d'une grande richesse parce qu'il dépasse aussi le simple sujet de la musicothérapie. Par un petit rappel glissé au beau milieu du docu Rossato-Bennett démontre que bien avant les progrès scientifiques les peuples connaissaient déjà les qualités thérapeutique de la musique. Certains guérisseurs dans la tradition africaine étaient des musiciens et utilisaient leur instrument comme d' autres leur grigri. Une nouvelle fois on se retrouve face au lavage de cerveau culturel de l' occident que j' avais abordé il y a longtemps au sujet de Debussy et du gamelan javanais. La partie abordant la relation étroite entre tout être humain et la musique depuis la nuit des temps et leur naissance est l'une des clés du documentaire. La musique est un phénomène physique avec des conséquences sur nos petites cervelles et nos corps. L' aspect tribale est une notion importante. Mais je doute fort qu' au pays de la "chanson", là où la musique est prise en otage par les poètes de tout poil, on se rende bien compte des effets de tout son. De toute sorte de musique. Faute de temps je n'ai abordé que la technique consistant à retrouver la musique de leur jeunesse. Il y a aussi bien d' autres manières, parfois mélangées, pour aider les personnes atteintes. Un jour je vous parlerai des fantastique découverte faites très récemment au sujet des effets des ultra sons sur nos petites cervelles et certains genre comme l' ambient. On arrive déjà à alléger la douleur engendrée par des soins en faisant appel à la musique ambient mêlée à des techniques provenant des dj tel que la manipulation des Bpm. Ce documentaire nous montre que nous en sommes qu' aux balbutiements et que la musique est amené à jouer de plus en plus un grand role dans la prise en charge des patients atteints. Un rôle encore trop sous-estimé. Parfois par le personnel soignant, souvent par les institutions sauf dans des objectifs d' image de marque, mais aussi et peut être le plus gènant, par les amoureux de cet art et les musiciens qui ont un très grand rôle à jouer.

  • SOHO REZANEJAD, transcendance sombre.

    Je peste souvent contre l' univers rock critique et plus particulièrement celui qui se revendique de l' héritage indie. Anglo-saxon ou français. Son passéisme, son manque d'ouverture et de curiosité , ses complexes de supériorité à peine cachés. Mais la découverte de ce disque dépasse largement le simple coup de colère et la mauvaise humeur face à sa très faible exposition médiatique. En recherchant des infos ce fut simplement une sidération intense qui m'emporta face au si faibles nombres d' articles. Comment est-ce possible à l' heure où nous dit-on tout est disponible sur le net? Comment ont-ils pu passé à côté? Si j' ai trouvé des chronique elles sont avant tout le fruit de site franchement mainstream ou fortement marqués stylistiquement (gothique, indus, dark). Ca en dit long sur l' état désastreux des troupes d' ayatollahs autoproclamés de la cause indie. Elle s' appelle Soho Rezanejad et en est à son déjà deuxième disque après un ep inaugural "Idolatry". Vous la connaissez probablement comme moi si vous vous êtes titillé le jonc sur la synth-pop cultivée des Lust For Youth (voir ici dans les archives du blog) . Lust For Youth qui avait réussit aux débuts à sauvaient leur revivalisme par un je ne sais quoi de courage des fous. Quelques années plus tard Rezanejad réussit le même tour de passe-passe. Partie de la synth-pop des Lust elle va encore plus loin en lorgnant sur un référentiel tout autre. Encore une fois le fantôme de Nico plane sur l' oeuvre d'une jeune pouce après Carla Dal Forno et Circuit des Yeux. Dans un sens découvrir le tout frais "Six Archetypes" revient à imaginer la ténébreuse allemande collaborer avec le crème post-punk peu avant sa fin tragique pour offrir un dernier chef d' oeuvre. On peut même aussi penser à Siouxsie Sioux et Liz Fraser accompagnant l' allemande tant le chant et les ambiances créées par Rezanejad évoquent les univers de ces deux artistes. Et puis histoire d'en rajouter une couche et titiller la fibre nostalgique en chacun de nous imaginez une nouvelle fois juste cette scène, Nico improvisant sur "Warzarwa" (Low) et enregistrant dans "son" Berlin avec Bowie et Eno derrière la console et les deux autres icônes en soutien. "Six Archetypes" ne brille pas toujours pas le goût acide et enthousiasmant de la nouveauté qu' il laisse dans la bouche mais ne peut pas non plus se résumer à une énième redite dénuée de fond. Tout d' abord la démarche de la danoise d' origine Iranienne s' appuie sur une très forte réflexion intellectuelle et artistique. Le titre de l' album s' inspire des théories du psychiatre Carl Jung pour définir les postures essentiels adoptées par les humains. Ce disque offre à qui veut bien se laisser emporter une expérience métaphysique rare en devenant un manifeste pour toutes sortes de révolutions personnelles ou collectives comme en atteste certaines traces des arts aux débuts de l' air soviétique. Musicalement Rezanejad évite l' aspect protocolaire tant répandu dans l' exercice revivaliste. Ainsi l' appel formaliste à des mélodies mille fois entendues et attendues se fait bien moins évidents. Si elles arrivent fatalement alors c' est d'une manière souvent nonchalante. La belle Soho prend son temps, aime égarer l' auditeur, jouer avec lui quitte à lui tendre des chausse-trappes là où tout semblait être écrit d' avance. Les moments de bravoure et d' impertinence sont nombreux et régulier tout au long des 14 titres. La relecture osée de l' hymne du Conseil de la Résistance Iranienne en clôture du disque reste d' hors et déjà comme l'un des plus beaux moments de l' année. L' ambient peut s' inviter puis laisser la place à du folklore Bulgare et Arménien là où on guettait l' exercice New Wave facile. Coil est encore une fois ,comme de nombreuses fois ces derniers mois, une référence venue de nul-part à citer pour boucler la boucle. Vous l' aurez compris, ce disque est absolument essentiel en ce début d' année tristounet.

  • DJ TAYE, le footwork sort de sa tanière et se fait cajoleur.

    Depuis le temps que son nom est familier des fans de Footwork on peine à réaliser que Dj Taye n' a que 23 ans. Couvé sous l' aile Teklife le petit génie n' a pas cessé de sortir des disques. Pas toujours homogènes. L' anecdotique alternait avec de belles preuves de savoir faire. Mais depuis toujours Dj Taye amenait au sein de Teklife la petite touche rafraîchissante de la jeunesse. Il fait partie de la deuxième génération du genre, celle qui succéda aux illustres anciens tant abordés par ici, les Rashad, Spinn, Traxamn et compagnie. "Still Trippin" sort ces jours-ci et il est d' hors et déjà à considérer comme son disque le plus abouti. Mais aussi le disque footwork le plus susceptible de rencontrer un plus large publique. Ces derniers mois le footwork nous a offert de somptueux chefs d' oeuvres par des artistes qui effectuaient un magnifique travail sur ses capacités propres en matière d' innovation sans réellement qu'il ne se confronte à certains styles. Qu' il ne s' adoucisse. Inutile tellement le footwork a en lui les capacités pour se recréer. Jlin et Jana Rush ont ainsi poussé le footwork originel vers des territoires magnifiques. Mais des territoires jugés à tord ou à raison par certains comme un peu abruptes. Taye choisit une autre piste tout autant passionnante. Les bases footwork sont bien présentes tellement le fantôme Rashad plane mais Taye offre un travail d' hybridation rarement croisé dans le footwork. Et il ne s' agit pas seulement du simple choix des samples ou des sonorités comme auparavant. Si on retrouve la complexité typique du genre elle se fait un poil plus discrète et laisse une plus large place aux mélodies. Il faut ici préciser que contrairement à ces aînés de Teklife Taye ne vient pas de la Juke et de culture dancefloot pure mais du Hip Hop puisqu'il était un rappeur et que ce n' est qu'ensuite qu'il devint Dj et danseur. Ce parcours devient flagrant dans "Still Trippin'". Le Hip Hop s' initie partout comme sur le single "Trippin'" avec le phrasé d'un Taye en mode MC. Ici il rappe réellement alors qu'en général les voix du footwork sont surtout des sample répétitifs et déchiquetés. Et si ce n' est pas lui ce sont des voix souvent féminines (Odile Myrtile & Fabi Reyna) qui participent à un travail de polissage du footwork original sans que ce dernier ne se retrouve trop dénaturé. Peut-on parler d' une espèce de footwork pop comme celui entra perçu sur certains remixe d' artistes tel Jessy Lanza? un peu. Ici on se retrouve face à de la jungle, du trap, du dubstep et du r&b. A chaque fois Taye réussit là où beaucoup se sont vautré dans le mélange artificiel sans saveur. Dj Taye prouve encore une fois que le footwork en a toujours dans le ventre et aussi dans le cerveau. "Still Trippin'" est le successeur réussit du "Double Cup" de Rashad en se posant comme une réactualisation réussit du disque footwork le plus connu dans les sphères extérieur du genre.

  • RABIT, Les fleurs du mal au 21 ème siècle. Le lien entre post-club et ...Current 93 / COIL / Nurse W

    Il a été beaucoup question de l'artiste texan connu sous le pseudo de Rabit dans DWTN ces 5 dernières années. Que ce soit au sujet de ses projets solos avec par exemple son fabuleux doublé dans les tops de 2015 (son album "Communion" 17ème et son ep "Baptizm" 26ème), comme pour ses collaborations avec le grand Chino Amobi ("The Great Game: Freedom for Mental poisoning" 39ème en 2016) ou avec Elysia Crampton sur son "Demon City" (12ème en 2016). Et ne parlons pas des nombreuses sorties de son label Halcyon Veil plébiscitées ici (Pessimist, Conspiracion Progresso, Imaginary Forces, la française Fawwkes, Myhsa et City). Bref vous l' aurez compris on s' attaque à du lourd. Du très lourd même! Un très vieux coup de coeur ardemment défendu ici sans attendre l' annonce récente de sa participation logique au dernier Bjork et le micro buzz journalistique qui suivra. Deux ans après son premier album chez les Tri Angle Records Rabit revient donc avec "Les Fleurs du Mal" et continue de côtoyer les sommets. Vous avez bien lu le titre et Rabit assume entièrement le lien de parenté de sa dernière oeuvre avec qui vous savez. Il raconte s' être plongé dans la littérature pour se ressourcer dans son approche artistique de la musique. Emprunter ce nom pourrait faire passer Rabit pour un arrogants et vaniteux musiciens raté se la jouant poète maudit en quête d'un buzz "cultureux"/artistique mais quand on connait le parcours du bonhomme et surtout ses qualités on pige très vite qu' il faut s' y pencher sérieusement. Avec ce disque comme avec les écrits de Beaudelaire nous nous retrouvons face à une oeuvre ou hédonisme, sexualité et mysticisme se mélangent sur fond d' abstraction et de psychédélisme dark. Comme le poète français Eric C Burton aka Rabit se complaît à pratiquer l' autopsie de son époque, un monde parcourue de tensions extrêmes souvent refoulées et régulièrement secouée de convulsions. Rabit voit le beau là où c 'est moche. Sa musique est en constante évolution depuis ses débuts. Il reste peu de chose de ses premiers pas très marqués grime et dancefloor. "Les fleurs du mal" dépasse même le simple cadre de ce que l'on nomme le post-club. Ce machin-bidule tant rafraîchissant et novateur qui déconstruit tout ce qui peut provenir des pistes de danse. Ce magnifique empêcheur de danser en rond. Cet agglutination de sons sans de réels rythmes digne de ce nom et qui malgré cela à la gigantesque capacité de vous surprendre et de vous hypnotisé autant que le plus putassier des titres techno ou house. Comme tous les autres apôtres malgré-eux de la cause post-club Rabit fait plus dans l' estampes sonores illustrant merveilleusement notre monde que dans la pop song plus classique ou le morceau fonctionnel pour guincher . Il y a bien la voix de Cecilia au tout début mais jusqu'à la fin on est dans l' abstraction. Si certaines manière évoquent encore "Communion" et beaucoup d' autres artistes post-club (Lotic, M.E.S.H.) il y a dans "Fleurs du mal" des caractéristique propre à Rabit. La plus évidente des nouveautés est sans aucun doute l'influence grandissante de ses amis de NON WorldWide présents pendant l' enregistrement, Chino Amobi et Elysia Crampton . Bien plus que chez les autres même tout ce petit monde se fréquente ou s' espionne. Mais il y en a une autre qui se révèle totalement éclairante sur l' importance du courant. Sur son lien caché via des connotations politiques et sociales avec un certain passé. Liens également formelles . Et celle-là nous vient de très loin. Si elle est parfois détectable chez les autres Post-club comme par exemple leur critique du néo-libéralisme et leurs revendications sociétales l' artiste Texan a le mérite d' affirmer haut et fort sa filiation et son attachement à de vieilles lubies musicales jouant le même rôle en leur temps pour les passionnés de musiques aventureuses voir "tordue". Rabit mâche le travail à ceux qui tentent de décrypter et d' affirmer ce qui fait l' intérêt de post-club en 2017 tout en lui cherchant un précédent . Rabit ne cesse de citer à qui veut l' entendre sa relation avec David Tibet de Current 93. Rien que ça explique parfaitement la fixation sur Beaudelaire. Tibet, grand amateur de littérature n' a pas cessé d' aller chercher dans le passé pour parler du présent. Ce disque jugé hâtivement et simplement électro a pernicieusement de très fortes odeurs de folk, de New Age et de drone comme ceux de Tibet. Si ces premières raisons devraient suffire à draguer les fans quadras de Current une autre raffermit les liens étroits entre 2017 et son post-club avec l' Angleterre des 80's et sa musique industrielle. J' avais déjà cité Throbbing Gristle et Genesis P Orridge au sujet de Rabit et d' autres mais ce coup-ci c' est un autre nom illustre de l'ère Thatcher (la mère matrone du néo-libéralisme) . Un nom qui intrigue, qui peut même faire peur à certains frileux de l' indie. Coil ! En effet, en plus de la présence de l'un de ses anciens membres (Drew Mc Dowal) on ne peut ne pas penser à cette légendaire formation issue de l'indus mais qui toucha à tout ce qui se faisait neuf en ces temps-là. Il y a d' abord l' attrait commun pour la technologie et les techniques les plus originales sous toutes leurs formes dans la création, et si possible les plus malpolies. Le refus d' aller à la facilité et vers le commerciale. On retrouve l' art idiosyncratique d' incorporer des languages musicaux là où ils ne devraient pas être, à les dénaturer pour leur faire dire tout autre chose que ce qu'ils sont censés raconter. La dystopie des Rabit ou des Arca (sans parler de la thématique scatalogique chez le dernier) ne sont rien d' autre qu'une forme détournée de la vision apocalyptique des Coil et Tibet en plein triomphe du Tatchérisme. Une nouvelle fois le post-club réussit à décrire et à reproduire parfaitement le zeitgeist numérique et son rôle de miroir face à l' effondrement capitaliste qui a commencé. Rabit avec "Les Fleurs du Mal" offre l'une des plus parfaites alternatives artistiques à tous ceux qui viennent de comprendre que répéter le passé mène au gouffre.

  • GRUMBLING FUR, psychédélisme libre d' esprit.

    Que j' envie ceux qui ne connaissent pas Grumbling Fur. Ceux qui vont tomber un beau jour sur l' enchaînement hallucinant qui entame leur tout dernier album. Ceux qui vont se retrouver complètement désorienté face à ces mille et une idées, sensations et frissons en tout genre. Ceux qui vont tremper leur lèvres dans la coupe remplie d'une potion préparé par une sorcière cachée dans une foret épaisse et sombre de la perfide Albion. Et puis non. Je ne les envie pas tant que ça quand ils vont s' apercevoir qu'ils ont loupé auparavant trois autres disques formidables qui présageaient ce joyau psychédélique moderne. Psychédélique post-punk! Grumbling Fur c' était précédemment dans DWTN par ici. Ce monstre de "Molten Familiar" bien plus compliqué qu'il n' en n'a l' air ne doit pas résumer le dernier album. Cet album n' est pas facile à caricaturer comme un énième hommage. Trop de délicatesses et de trouvailles. Trop de réflexions et de culture. Les rares initiés des Grumbling Fur savent bien que leur carrières ne peut être réduite à de simple recopieur de l' age d' or pop psychédélique britannique. Les 60's sont leur terraux mais le post-punk et ses expérimentateurs est le solide tuteur de cette plante hallucinogène. Alexander Tucker et Daniel o'Sullivan savent bien que le psychédélisme ne se résume pas à quelques pédales et du fuzz avec l' emprunt maladroit d'un once de Sun Ra afin de masquer un songwritting bas du front. Les références qui viennent à l' esprit sont bien plus originales que les sempiternelles lubies résumable en une dizaine de disque croisées chez d' autres. Ici il n'est pas que question de guitares. Penguin Café Orchestra fréquente Stéréolab, Faust et Arthur Russel rencontrent Moondog. On est de toute façon dans un autre monde que les naïfs Tee Oh sees et consorts et leur musique dictat pour les auditeurs. Rien que lorsque les anglais définissent leurs objectifs: “songs are about including the process in the finished piece and spontaneous ideas are laid down and a structure starts to emerge from this source” Encore une fois avec eux on est bouleversé par la concision limpide de ce "FurFour" faite de mélodies déconcertantes et enchanteresses. Des bien bizarres mélodies se pointant au détour des courbes d'une composition ondulante et mystérieuse. Chez eux les "défauts" semblant être des erreurs deviennent les gages de l' envoûtement. Cette sensation d' inexactitude, ce ne serait-ce pas une trace des "stratégies obliques" de Saint Brian Eno? On ne peut que penser au bonhomme chauve tellement cette pop psychédélique évoque également celle du bonhomme. Et puis il y a aussi cette volonté affichée de laisser à l' auditeur toute sa liberté d' interprétation. Si leur imagination est sans borne celle des auditeurs va y être encouragée face à leurs multiples couches sonores faites de samples. Découvertes et surprises à chaque écoutes pour l' heureux voyageur dans cette musique teintée d' ésotérisme que Coil ou Current 93 ne renieraient pas. La subtilité des Grumbling Fur vient aussi de la richesse de leurs goûts et de leur culture liée à une ouverture d' esprit sans borne. Par exemple au détour de "Acid Ali Khan" non seulement on s' aperçoit que la synth-pop peut être bien sûr profondément psyché et que Tame Impala n' a rien inventé mais qu'en plus du Depeche Mode psyché, ça le fait franchement! Plus on s' enfonce dans ce graal psychédélique plus on s' aperçoit de la multitude de genre musicaux et de techniques susceptibles d' entrer dans cette recette de sorcière. Les pédales d' effets et le fuzz à tout va ne sont pas dogmatiques. On peut aller voir ailleurs. Drone, orchestrations classiques de la pop 60's ou dub (Sun Arraw l' avait aussi démontré) côtoient l' expérimentation acoustique ou électronique. Certaines expérimentations à la guitare peuvent d' ailleurs détonner par leur senteurs d' amateurisme et de simplicité face aux pseudos virtuoses du garage déjà cités. Comme si des non-musiciens jouaient avec les instruments de Kevin Parker et John Dwyer. L' héritage post-punk démocratique des This Heat et leur volonté de faire jouer les "non-musiciens" est évident vers la fin de "FurFour" avec en prime la présence de l'un des anciens membres d' une des formations les importantes de l' histoire britannique. Les Grumbling Fur démontrent encore une fois leur savoir-faire en matière de textures sonores et des libertés qu'ils prennent avec. Une autre présence prouve le talent en la matière, celle d' Isobel Sollenberg de Bardo Pond. C' est dire que le carnet d' adresse des fans du groupe est riche. Et si on rajoute leur collaboration passée avec les Sun o))) alors on se rend compte que ce groupe ne plait pas à n'importe qui et que ce n'est pas pour n'importe quoi. Comme avec le précédent "Preternaturals" Grumbling Fur démontre encore une fois que le mot pop peut être synonyme d' étrange et d' expérimentation sans que cela paraisse vieillot. Leur songwritting parfois timide s' affirme et éclabousse de sa classe celui des scribouillards psychédéliques enfermés dans leur garage dogmatique.

  • Powell va encore faire parler de lui et de Diagonal Records

    Enfin ! Comme DWTN l' espérait dans un de ses très nombreux articles au sujet du bonhomme, ce dernier a annoncé cet été la sortie de son premier album pour le 14 octobre. Comme d' habitude le bon Oscar a su y mettre les forme via un clip simple et efficace tombant à point nommé . Ce que l'on sait c' est que cette fois-ci il ne s'est pas contenté de sample vocaux mais s' est adjoint les services d'une tripotée de collaborateurs. Et pas non-plus des inconnus chez DWTN. Jonnine Standish des HTRK (la version aventurière australiennes d' XX) et Loke Rhabek de Lust For Youth entre autres. Pour les malheureux qui ne connaissent pas les tueries électro-no wave de Powell petite piqûre de rappel par ici. "Sport" sortira chez XL mais Powell ne délaisse pas pour autant son label Diagonal qui n' en fini pas de nous filer des torgnoles musicales en 2016. Après Elon Kartz (par là), le ep d' In The Mouth Of The Wolf d' Ancient Methods et les flamboyance de Not Waving et bien ce fut le tour du grand Container et des passionnants NHK xy KOYXEN de nous en mettre plein les oreilles. Avec ces deux recrutements le label anglais peut rivaliser avec les grands. Et médaille d' or au créateur du design toujours très sobre mais efficace de Diagonal pour la pochette des NHK xy KOYXEN. L' idée t-shirt la plus hype et classe pour la rentrée du petit.

  • DEATH'S DYNAMIC SHROUD.WMV, post-vaporwave?

    Je me demande si les DEATH'S DYNAMIC SHROUD.WMV ne nous ont pas offert l' un des plus beaux titres de 2016. Un vrai "classique" que ce "SIDE ℬÆ「究極のカタルシス". Un journaliste anglais a dit à son sujet: "(...) which is a better M83 epic than anything M83 has made" Et c'est vrai que l'on peut confondre mais jusqu'à un certain point. C'est franchement moins bourrin et con que M83. Surtout ses trucs récents. De toute façon il n'y a qu' à écouter l' album de ces gens-là (une personne ou plusieurs?) pour comprendre que c' est bien plus passionnant que notre français égaré depuis trop longtemps au pays phare de la Société du Spectacle et de Pitchfork. Je ne parle pas assez d' Orange Milk Records. Pourtant que de perles issues de ce label américain défendues ou citées dans ce blog . Giant Claw, Foodman, DJWWWW, EQ Why, Nico Niquo, Jerry Paper etc. Que de pochette plus belle les unes que les autres. Que de genres musicaux abordés tant adorés par ici, footwork, glitch ou vaporwave. Et cette énumération n' est qu'un trop rapide résumé avec les artistes du label tant le brassage d' influences, de cultures et de concepte offre l' inidentifiable et l' inclassable. Le collectif DEATH'S DYNAMIC SHROUD.WMV m' avait déjà épaté avec leur "I'll Try Living Like This" et son curieux traitement maximaliste d' une tout aussi étrange Vaporwave . Jusqu'à présent ce collectif sortaient ses disques chez Dream Catalogue, le label des géniaux 2814 (par ici). Le dernier, "Classroom Sextape", fait figure d'un retour au bercaille puisque dans le collectif ont été identifiés l'un des créateurs du label Keith Rankin (Giant Claw) et une de ses signatures James Webster (HCMJ). Si ce disque ne sonne pas exactement Vaporwave comme on pourrait s' y attendre caricaturalement nous nous retrouvons tout de même face à un sacré pamphlet des médias sociaux et de notre société Néo-Libérale. Notez que ce qui est critiqué des médias sociaux est ce qu' en est fait par le néo-libéralisme. La pop-culture y est de la même manière attaquée par le prisme de l' ambient et un art du sampling plus pertinent et intelligent que chez beaucoup d' autres. Il semble que la Vaporwave cherche à gagner en simplicité dans sa critique. Ici le détournement se révèle par sa clarté encore plus critique et jouissif. Ils n' hésitent pas à devenir...agréables. POP ! Pour celà leur palette stylistique s' est infiniment agrandie et gagnée en diversité. Mais évidemment ils sont surtout vicieux et de sacré faux-cul avec les toxicos du premier degré en musique. Les naïfs vont se retrouvé face à certaines traces symboliques de "mauvais goûts musicaux". Comme chez Ariel Pink ou OPN le neuneu et les saintes ni-touche indie vont pas comprendre et rater bien des pépites de songwriting et de plaisir purement auditif. Dans une interview passionnante Keith Rankin avait pourtant dit l' évidence que ces personnes-là, nos chers socio-démocrates indies trop dépendant et parti-prenante d'un système qui va de toute façon s' effondrer, n'ont toujours pas compris: "Je me suis dit que les auditeurs d’ aujourd’ hui absorbent tellement de musiques différentes que les limites de la question de goût s’effondrent de plus en plus" Une lucidité encore plus visible plus loin: "Je souscris à l’idée qu’au lieu d’essayer de réparer un système bousillé comme l’industrie de la musique, un effondrement total serait préférable." (Lisez ce vieil article découvert aujourd' hui de Libération fin 2014 (ici) et vous comprendrez que certaines choses lues dans ce blog depuis 2011 ne sont pas l' apanage de DWTN ou des bafouillage d'un "haters aigri". Bref vous l' aurez compris, moins hermétique, ce disque n'en demeure pas moins un sacré exercice Vaporwave susceptible de draguer des publiques qui snobaient ou ignoraient jusqu'à présent ce courant majeur des années 10*. * : A ce sujet de décennie musicale et de genre révolutionnaire dans l' interview de Rankin la journaliste de Libé en posant deux questions fait un aveu que peu osent faire encore de nos jours. Et perso, je me sens beaucoup moins seul quand j' explique et critique les revival et les resucées du passé comme étant une réponse capitaliste de l' industrie musicale (labels, journalistes et programmateurs par exemple). Elle y parle ainsi des terribles années 00's "nostaligo-gaga" comme je les appelles systématiquement. Visiblement il n'y a pas que moi à avoir été pris de malaise et de gêne devant Interpol et LCD Sounsystem par exemple. "Cette nouvelle réalité (internet) est aussi une remise en cause de l’industrie de la musique telle qu’elle existe, qui vend des produits à des cibles très précises…" "C’est ce basculement, à la fin des années 90, qui commence enfin à façonner la musique actuelle après une grosse décennie un peu tétanisée ?" Il aura donc fallu 10 ans pour que la musique digère la révolution internet et offrir enfin de la nouveauté après s' être trop goinfrée de son propre passé devant youtube. Visiblement il y en a à qui ça prendra plus de temps. C'est con, c' est eux qui ont le pouvoir dans la musique en France.

  • JUST MUSTARD, dépasser le Shoegaze pour révolutionner les guitares.

    Just Mutard fut d'abord un groupe étiqueté Shoegaze comme tant d'autres. Peut être un poil plus attendrissant et intriguant par certains aspects. Mais après des années de Revival un énième groupe parmi tant d' autres. Noyée dans la masse cette formation irlandaise (et oui, encore! ) n' a probablement pas obtenue l' attention qu' elle aurait du mériter. Après 4 longues années d' attente arrive le difficile exercice du deuxième album. Le test ultime permettant de ceindre en deux le troupeau des revivalistes. D' un côté les habiles copieurs sans réelles personnalités, dénués d' une once d' imagination et de courage. De l' autre ceux appelés à devenir des passions sans bornes par refus du conformisme et du statu-co. Des artistes capables d'une vraie créativité par goût de la recherche et susceptibles de transmettre des émotions non frelatées. Le quintet Just Mustard appartient à la deuxième , et si rare, catégorie. Leur "Heart Under" les propulse dans une autre sphère que la majorité des apôtres de Saint Kevin Shields (My Bloody Valentine). Pour les derniers amoureux des guitares, race en voix d' extinction faute de profond renouvellement, c' est la révélation de l' année. Pour les autres, plus portés sur l' électronique ou l' Ambient une occasion de s'étonner que les guitares aient encore quelques choses d'inédit à dire afin d' échapper à une muséification inévitable. Un premier album plus complexe qu' il n' y paraissait. Leur premier album "Wednesday" de 2018 suscitait déjà chez votre serviteur un petit intérêt. L'exercice Shoegaze revivaliste apparaissait pas réellement révolutionnaire mais suffisamment intriguant pour s' y attarder. Un brin foutraque. Ce groupe se cherchait-il encore ou cherchait-il quelque chose. Notez bien la différence entre les deux types de recherches. C'est peut être bien ça qui sépare le grain de l ivraie. Just Mustard délivrait un Shoegaze bien plus complexe que ce qui nous avait été donné d' entendre depuis des années. La gentillesse si ce n'est une certaine naïveté Dreams Pop des revivalistes, la norme au cours des 00's et 10's laissait place à un sens inné et parfois oublié de l' agressivité et de l'étrangeté sonore. "Wednesday" opérait un retour aux origines du genre. Plus Noise, plus industriel sans pour autant tomber dans les travers parfois caricaturaux de A Place To Burry Strangers. Plus proche de la Noise Pop de Jesus & Mary Chain que de Slowdive en omettant pas la filiation entre les Écossais et le courant Post Punk qui les avait vu naître au début des 80's. D' autres perçurent dans la production et certaines manières le proto-shoegaze des A.R. Kane (Voir ici). Vous trouverez également à leur sujet des allusions aux anglais Cranes. Groupe de la fin 80's début 90's sous forte influences Cocteau Twins et gothique mais pas à proprement parlé adeptes, ou par inadvertance, du chaos sonore des My Bloody Valentine et du Noise. Il est vrai que la magnifique voix éthérée aiguë de Katie Ball évoque considérablement celle de la chanteuse des Cranes et bien sûr la mère de toutes, Liz Frazer des Cocteau Twins. A ces deux voix du passé je rajouterai celle de Harriet Weelher des trop oubliés de nos jours The Sundays. Just Mustard se démarquait ainsi en introduisant dans le peloton revivaliste une tache sombre et glaciale typiquement gothique. Mais cela allait bien plus loin et s'arrêter qu'à cette comparaison relevait d'un manque certains de discernement et de culture. Une erreur d' appréciation que le tout frais "Heat Under" va finir de battre en brèche. Comme nombre de leurs compatriotes irlandais Just Mustard faisaient à leur tour partie du Revival Post Punk mais un revival qui avait aussi ingurgité bien d autres choses que l'original. Inévitablement ils furent invités à partager l'affiche avec les champions de cette vague irlandaise, les Fontaines D.C (ici). Eux aussi adeptes d'un Post Punk plus complexe susceptible de piocher ailleurs et ne se limitant pas à un chronologie restrictive en terme d' époque de référence. Ce qui séparait ces originaires de Dundalk des dublinois c'est un goût prononcé pour des territoires éloignés du tout -guitare Indie. Pas de Britpop ou de Math rock ou encore Post Rock mais des senteurs Trip Hop évoquant forcément les premiers auteurs du rapprochement Shoegaze -Trip Hop. Les légendaires et essentiels Bowery Electric. L' électronique entrait dans leur ADN et cela rendait ce premier album bien plus spécifique et à part. Un autre fait important est qu' il s' agissait d'un disque autoproduit par leur guitariste Dave Noonan. D' où une originalité certaine. Mélange des genres. Par la suite les interviews du groupe et notamment la connaissance de leurs passions musicales expliquèrent bien des choses sur leurs spécificités et qu'un type comme moi leur trouve un charme salvateur face à au troupeau revivaliste bas du front aux influences ne dépassant pas les petits mondes shoegaze ou Post Punk. Et vous allez vite comprendre pourquoi ce blog va défendre corps et âme ce groupe. Les points communs sont bluffant. D' abord la filiation entre le chaudron Noise -Indus-post-punk et le vénéré Trip-hop (ici). Elle ne pouvait passer que par l'immense "Mezzanine" de Massive Attack (là). Plus tard une autre évidence de cette filiation sera cité par un des leurs, leur album préféré de Portishead ne pouvait être que le plus Rock expérimentale et Post- Industriel "Third". Mieux. Outre un moins commun mais prévisible dorénavant amour d' Aphex Twins, le temps faisant son oeuvre d' émiettement des cloisons stylistiques, la présence de J Dilla et son art de la production dans leurs playlist assurait que nous avions à faire à de vrais curieux. Mais ce n' était qu'un début. Dans ces même playlists la présence de Squarepusher confirmait leurs appétences IDM Drill et breakbeat quand Boards Of Canada contrecarrait l' hégémonie Dream Pop par les tendances Ambient moins faciles. Et puis apparurent au grès des listes qu' ils publiaient Balam Acab et sa Witch House dans un premier temps pour encore plus lorgner sur l' électro et les dancefloors. Ce qui fut définitivement confirmé par l' un des Saints de ce blog, Andy Stott (ici) ! De là à les surprendre écoutant Demdike Stare il n' y avait qu' un pas. Encore un nom mille fois présent dans ce blog. La coupe est pleine ? Non. Mica Lévi semble également les avoir bluffer et ils allèrent jusqu'à taper dans la musique concrète avec Luc Ferrari. La concurrence Post Punk fait pâle figure dans le domaine de la culture et de l'ouverture d' esprit. Si j'ai pris la peine d' énumérer longuement leurs influences c est surtout parce qu'il s'agit de l'une des raisons principales que leur deuxième album est un chef-d'œuvre susceptible de revigorer les guitares. Ce brassage d' influences multiples et diversifiées est la clé. Cependant Il y en a une que j'ai volontairement laissé de côté pour mieux y revenir et prouver une fois pour toute de l'importance de cette dernière formation. Une autre voie "Heart Under"nous offrent des chansons avec des structures qui ne correspondent pas au classicisme rock et Shoegaze. Pas de refrain -couplet prévisible. C'est bien plus des façons de faire électro dancefloor auxquelles l'auditeur sera confronté. Répétitions, boucles et utilisation de drone. Ce que confirme le guitariste et producteur David Noonan en déclarant vouloir : "trouver des moyens d'arranger des chansons avec l'instrumentation traditionnelle d'un groupe de rock, mais essayait de trouver des moyens de le faire qui reflètent les types de musique qui les intéressent". La dernière fois qu'un groupe expliquait agir de la sorte c' était leurs autres compatriotes irlandais, Girl Band (ici). La voici l influence qui a décoincé Just Mustard et une grande partie de cette scène irlandaise qui écrase dorénavant le "Post post Punk" anglais. Mais peut être bien que les Just Mustard sont allés plus loin que les Girl Band dans un domaine bien précis jusqu'à rejoindre, voir dépasser également une formation qui a fait le chemin inverse. Du dancefloor et l' Ambient version Dark aux guitares Noise et Math Rock, soit les géniaux Moin (ici). Ce trio formé par les Raime avec Valentina Magaleti qui nous avait conquis l'an dernier par sa simplicité Post Hardcore. Les rythmiques elles aussi sont un marqueur de ce qui différencie Just Mustard. Si on peut parfois penser à la précision métronomique et martiale de Joy Division une oreille plus attentive dévoile des tentatives Drum & Basse Trap ou encore Jungle dans la relation Batterie -Basse. La démarche est évidente, faire de la musique électronique mais avec l'instrumentation rock afin de renouveler ce dernier. Ce deuxième album dépasse largement le premier effort sur long format. Autoproduit comme "Wednesday", ce qui prouve que ces irlandais savent depuis les premiers moments où ils veulent aller et savent acquérir les moyens et connaissances techniques pour atteindre leurs objectifs sans se reposer naïvement sur le premier producteur venu. Kevin Shields, essoreur de producteur par excellence, serait fier. Moins fouillis parce que plus simple dans sa forme, le fond s'est épaissi à force d'expérimentation. Katie Ball quant à elle n'a plus rien à envier à ses illustres aînées et la mise en avant de sa voix par rapport à "Wednesday" lui rend justive tout en évitant les clichés du shoegaze. Une voix qui emporte tout et rajoute en émotion à une musique pas évidente dans ce domaine parce que plus agressive. La musique devient encore plus pesante et l' ambiance s' obscurcit. L' heure n'est pas à légèreté Dream Pop comme chez d' autres. Just Mustard évite ainsi l' un des travers des revivalistes bas du front, l' anachronisme, en conjuguant leurs influences au présent jusqu' à les dépasser. Il devient difficile d' étiqueter l' ensemble Shoegaze ou alors doit-on oser le terme Post Shoegaze tant Just Mustard a trouvé ce que tant d' autres n' ont pu ou voulu trouver. Une nouvelle voie pour un courant en phase terminal. Des variations de ce courants on en a entendu ces dernières années mais elles provenaient de l' électronica ou l' Ambient. Que cela arrive d' une formation basée sur les guitares relève dorénavant du miracle. Et ce miracle, Just Mustard, ça ne se loupe pas.

  • BRITPOP, une épine dans le pied depuis trente ans. Intro

    Cela faisait très longtemps que Dancing With The Noise désirait s' attaquer à ce vieux machin que l' on nomme Britpop. Ces derniers mois une succession d' événements ont fini de provoquer cette série Britpop. On pourrait en appeler au hasard mais franchement que le mot Britpop soit réapparu aussi fortement en dit long sur le zeitgeist de l' époque. Entre nostalgie et agonie d'une certaine musique Post Brexit. UN RETOUR TONITRUANT APRES DES ANNÉES DE NOSTALGIE RAMPANTE. Au printemps ce fut d' abord un documentaire sur Damon Albarn relayé assez ardemment dans les pages Culture des grands médias. En France comme en Grande Bretagne. Un Albarn qui n' avait jamais vraiment quitté la scène médiatique entre ses activités solo, Gorillaz et la reformation de Blur. Et à chaque apparition le leader de Blur de devoir encore s' épancher (avec sa version) sur le courant auquel il a participé. Le reformation du groupe en 2009 avait été marquée par deux concerts gigantesques à Hyde Park ( performance reproduite en 2012 et 2015) puis la sortie de leur album "The Magic Hype" en 2015 rencontra un succès critique et commerciale assez étonnant au vu de ce qu'il contenait. Albarn nous assénait son ressenti et ses réflexions simplistes de globetrotter Rockstar sur une musique qui très adroitement consistait en un malicieux mélange nostalgico gaga des différentes époques du groupe. Toujours malin le petit Damon quand il faut surfer sur la demande. On y reviendra bien sûr. Toujours ce printemps Suede, plus rare qu' Albarn, annonce un nouvel album. Reformé après une séparation de 7 ans la bande à Bret Anderson nous en avait déjà offert assez régulièrement avec une certaine réussite et pertinence mais sans réellement déclencher l' accueil de cet automne. Grand succès critique en cette rentrée à la surprise générale (ici). Chez les vieux critiques comme les plus jeunes. Dans la foulée ils annoncèrent avec des Manic Street Preacher's revenus de nul part une grande tournée mondiale en commun comme à la grande époque. En Juillet c' est au tour de Jarvis Cocker de claironner la reformation de Pulp (pour la 2ème fois !!!) pour une grande tournée. Le même Cocker qui voit sa biographie "Good Pop, Bad Pop" rencontrer un surprenant petit succès en terme de vente. Avant celle de Pulp prévue en 2024 le phénomène des reformations, comme pour l' ensemble de la scène Indie des 90's et 00's, ne nous avait pas épargné les vétérans Britpop ces dernières années . Mais depuis le Brexit on est face à une recrudescence. Surpergrass, Shed Seven, Salad, Cast, Echobelly, The Bluetones etc etc . Tous tournent et sont régulièrement croisés dans des festivals d' été qui se sont mis à surfer sur cette nostalgie avec parfois une scène réservée exclusivement à ces groupes. Encore plus symptomatique et carrément flippant. En Janvier 2017 les sites Internet, anciens ou récents, relayent tous avec enthousiasme une série de photo. On y voit trois quadras difficilement reconnaissables et l' annonce d' une probable reformation de leur groupe Brtpop. Et tous de titrer "Elastica The Come Back !?" En définitive la baudruche se dégonflera rapidement car il ne s' agissait que d'une réunion effectuée dans le cadre d'un remastering du premier album. Et en plus sans la moindre réapparition médiatique officielle de leur leader, Justine Frischmann. Autre indice, les Tribute Band. Si il y a encore quelques années cette singularité britannique ne touchait que les monstres sacrés mainstream comme les Beatles ou les Stone Roses (rare exception Indie avec Oasis) on constate de plus en plus de fossoyeurs qui joue à reproduire les concerts de leurs idoles Britpop. Certains réussissant à proposer un pot pourri de multiples formations Britpop en un seul concert. Soirées nostalgie garanties que votre serviteur s' empressera toujours de fuir. Exemple d' un Tribute Band Britpop. Oui je sais c' est pas joli joli la nostalgie, comme un bermuda rose imbibé de bière piétinant dans la boue (vers 2'05). Si vous me voyez faire ça...Tuez Moi !!! Comme tout courants ou mouvements musicaux la Britpop n' a pas échappé non plus aux célébrations médiatiques à chaque anniversaire et il ne faut pas être devin pour imaginer que 2024 et 2025 ne vont pas y échapper. Et ce sera reparti pour les témoignages de vieux cons enjolivant leur si géniale 90's et sa pas si "Cool Britannia" que ça. Ces pseudos experts qui à l' instar de ceux des chaines infos vont ne cesser d' effectuer des raccourcis, approximations si ce n' est une réel réécriture de l' histoire. Mais plus dingue encore au sujet de ce retour de la Britpop sur le devant de la scène est ce qu'il s' est passé les 3 et 4 Juin derniers. KNEBWORTH 1996-2022 Liam Gallagher et Oasis n' ont jamais quitté les projecteurs médiatiques depuis la Britpop et la séparation. Au fil des années ce qui était devenu une sorte de marotte éditoriale et nationale servait surtout à une presse britannique musicale agonisante de tenter en vain de surnager. Faut dire que les nouvelles générations n' ont jamais à de très rares exceptions (Arctic Monckeys, The Libertines) atteint les sommets de la Britpop par l' engouement suscité et commercialement. Artistiquement sans intérêt, comme les reformations des autres, la carrière de Liam Gallagher consistait surtout en ses nombreuses sorties médiatiques controversées et au pathétique mais parfois hilarant ping pong verbale entre lui et son frère avec en arrière fond l' improbable reformation. Un frémissement commença à apparaître vers 2016 quand après la désastreuse expérience Beady Eye (groupe formé avec des ex Oasis) sa carrière solo décolla lentement mais surement. En 2017 Gallagher effectue son grand retour médiatique mondial au cours du concert de charité (ici) faisant suite à l' attentat à la bombe (ici) qui avait été perpétué dans sa ville d' origine, Manchester. Invité surprise d' Ariana Grande faute d' un Noel qu' on dira poliment "moins opportuniste" , faut dire que "Don't look Back in Anger" était devenu à son insu l' hymne des hommages, voilà notre plus jeune Gallagher de se retrouver parmi la lie musicale du Mainstream et d' entonner aux côté de l' agaçant et pitoyable Chris Martin de Coldplay deux titres d' Oasis et (hum hum) un titre de son prochain album. Et votre serviteur de se rappeler ironiquement les vieilles saillies verbales des Gallagher au sujet de ces endives de Coldplay. A la suite de ça son premier album "As You were" atteint une improbable première place des charts. Les deux successeurs rééditeront l' exploit quand le bonhomme de devenir l' une des rares têtes d' affiches Indie à guitares dans les grands festivals estivaux. Celui que souvent on prenait pour le plus fêlés et totalement idiot de la scène Britpop va se révélé être le plus fort en gestion de son culte et particulièrement habile pour faire fructifier l' héritage Britpop. Documentaires multiples sur Oasis et sur son aventure solo parsemèrent les 00's et les 10's avec souvent le bonhomme à la manœuvre. Très roublard en matière de communication il ne cessera d' aligner les coups tel l' invité prestigieux tellement symbolique des 90's Britpop en Grande Bretagne dans de son clip "Once". Personnellement je pensais que les gens qui lâchaient des tunes sur les disques et se ruaient sur les documentaires de toutes sortes étaient majoritairement des vieux cons de mon âge avec cependant une petite minorité de jeunes nostalgico gaga déjà vieux dans leurs goûts comme il en existe pour d' autres courants et artistes. Les 3 et 4 Juin derniers c' est une très grosse mandale que prirent votre serviteur et une presse britannique prête à dégoupiller les grenades inter générationnelles. Avec l' orgueil et l' arrogance qui ne cessèrent jamais de le définir Liam Gallagher décida de refaire le coup de Knebworth 96. Les 10 et 11 Aout 96 Oasis avait joué devant plus de 250000 mais le tournis va vous prendre encore plus quand vous apprendrez que c' est près de 2 millions 5 de demandeurs de tickets qui se sont alors fait refoulé. Beaucoup considèrent ces deux concerts comme l' apogées de la Britpop avant sa mort un an plus tard. On peut bien sûr accepter ce jugement mais à mon humble avis il y a eu deux apogées et la première avait eu lieu un soir de Juin 95 du côté de Glastonbury. Même si les demandeurs de tickets pour sa prestation 2022 n' atteindront pas le record de 96 le coup de Gallagher laisse sans voix. Ils sont peu de nos jours à pouvoir rassembler en deux jours 170 000 personnes et le pari fut réussi. Mais probablement l' autre fait marquant et en lien avec les raisons de cette série d' articles c' est l' âge des participants. Bien sûr beaucoup de quadras ou quinqua revenus vivre leur jeunesse mais les cheveux grisonnant furent noyés dans une masse bien plus jeune. Les millennials représentèrent la grosse majorité du publique et ce fait bluffa tous les observateurs. POURQUOI LA BRITPOP DANS DANCING WITH THE NOISE ? Et c' est quoi d' abord pour moi la Britpop? C' est une véritable épine rétrogaga plantée dans le pied d' un mélomane possédant des goûts aux petites prétentions progressistes sans œillères stylistiques . Une vision développées depuis 10 ans dans ce blog. L' âge grandissant cette épine Britpop ne se décroche toujours pas et j' avoue même parfois ressentir un petit plaisir masochiste à la tripatouiller quand elle se rappelle à mon bon souvenir. C'est que cette petite saloperie agit comme une bonne piqûre de rappel des errements passés et cela vous immunise. La cicatrice qui vous rappellera à l'ordre avant de refaire la même connerie. Une épine porteuse de bien sales germes dénoncés régulièrement dans ce blog. Nostalgie, nombrilisme, nationalisme, réaction, cloisonnement stylistique et vision à court terme artistique et politique. Mais pas que. Rien n' est simple. Surtout avec la Grande Bretagne et encore plus avec son Indie Music. Il m' arrive régulièrement de penser qu' aussi paradoxalement que cela puisse paraître pour ceux qui ne me connaissent que par ce blog (l' immense majorité de mes lecteurs), si la Britpop n' était pas survenue au cours de ma jeunesse ce blog n' aurait peut être pas existé. Oui autant que ça puisse paraître pas d' Oasis, Blur, Menswear etc , pas d' article sur le Footwork, la Deconstructed Club, le Gqom, Elysia crampton, Demdike Stare, l' Hypnagogic Pop, la Vaporwave et tant d' autres. Je vous propose donc de remonter le temps au travers de mon parcours personnel et des évolutions de la scène musicale indépendante britannique. Le cheminement va être long et parfois pointilleux mais nécessaire pour aborder cette Britpop. il s' est joué quelque chose d' important à ce moment-là. Une bascule dont on ne s' est pas vraiment sorti même si je le répèterai la Britpop seule n' explique pas l' état désastreux d'une certaine Indie Music surnageant dans un océan de revivals et de nostalgies. Aborder sérieusement la Britpop va immanquablement nous pousser à dépasser la simple énumération de groupes et de chiffres de vente ou encore de vagues descriptions stylistiques. Il va falloir parler des illustres aînés, de la société Britannique, de Britishness, de politique, d' une histoire de triangle amoureux (si si), du conflit entre les Mods et les Trads, de la lutte Rockism contre Poptimism et de tant d' autres choses. Un sujet bien plus complexe qu' il ne paraît dans les documentaires ou articles disponibles sur le net. Des erreurs et des approximations se glissent dans bon nombre et le gamin de 2022 d' avoir une vision souvent caricatural, fausse ou juste surfant sur la surface du sujet. Si ce n' est une réécriture de l' histoire par les vainqueurs et ceux qui prennent des postures d' autruche. Exemple de l' inculture des journalistes. Article publié sur le site de France Inter le 8 Septembre 2022. Un festival ! Entre la prétendue rivalité Joy Division/New Order digne de celle d' Oasis/Blur , l' approximation totale sur le rôle de Paul Weller et le disque qui a lancé la Britpop on se demande si il ne faut pas lui donner le lien de Wikipedia ou crucifier l' autrice de l' article. Quant au "Prolos ou Intellos" on l' attribuera non pas à l' évidente ignorance musicale de la journaliste mais bien sûr à une certaine vision d' une certaine classe sociale pas toujours intello mais bien bourgeoise par son arrogance. Non ! La Britpop ce n'était pas que Blur contre Oasis ou une réaction rétrogaga uniquement contre le raz de marée Nirvana. Nirvana, un bouc émissaire idéal pour Albarn et compagnie. Oui ! Ce fut une construction médiatique mais qui en disait beaucoup sur la réalité britannique avec ses classes sociales et surtout sur sa scène musicale Indie. Oui bien sûr, il y avait de la rétromanie dans la Britpop mais ne l' a réduire qu'à cela est injuste pour certaines formations qui ont d'une certaine manière collé à leur époque jusqu'à tenter de la changer tout en innovant un tant soit peu. Oui elle légitima et prépara la multitude de revival qui lui succéderont jusqu' à nos jours mais est-elle l' unique raison et fautive? Le mal n' était-il pas déjà en cours dans l' Indie Music? Oui elle a vampirisé la scène alternative/underground jusqu'à lui faire du mal en marginilisant encore plus ce qui aurait pu la revigorer. Mais elle l'a aussi mise en avant en lui offrant succès commercial et médiatique comme rarement depuis le Punk. Jusqu'à la transformer en Overground, quand les non Britpop Radiohead auront conquis le monde. Je vais donc tenter de vous apporter ma propre version de ce courant. Un courant que j' ai vu apparaître puis mourir. Depuis trente ans et surtout depuis la création de ce blog bien des fois l' idée de me confronter à la Britpop m' avait traversé l' esprit. Un peu comme affronter un fantôme du passé je me devais de relater une de mes plus belles erreurs (ou pas) musicales de jeunesses. Mais de ces erreurs qui vous rendent plus fort. Et on va commencer par les origines et un sacré passage aux aveux. PROCHAINEMENT : LES ORIGINES P.S. Comme en 1996 il fit venir à son Knebworth 2022 John Squire des Stone Roses pour Champagne Supernova. Comme en 96 il porta une veste Blanche. Et comme en 96 ça a fini pas un feu d' artifice. Finalement en 26 ans seul deux choses semblent avoir changé chez Gallagher. Le publique et les portables . Pour la petite histoire LIam sort ces jours-ci un documentaire sur son Knebworth . Sans aucunes de ses reprises d' Oasis (nombreuses en live) . Noel n' a pas voulu... La cause ? "Juste pour le faire chier" selon Nono. On les changera jamais !

  • CARLA DAL FORNO, retour magistral

    Troisième album pour notre australienne préférée et probablement son meilleur. "Come Around", une beauté désarmante d'une apparente simplicité par une des plus importante artiste de la scène Indie de ces dix dernières années. Celle que j'avais affublé du terme "d' oracle de l' âme" est une bénédiction depuis ses débuts. Tout ce qu'elle a entrepris touche en plein cœur systématiquement. Que ce soit en solo ou avec F Ingers Tarcar. Carla Dal Forno est l' une de ces rares artistes qui réussissent à chaque nouvel album de vous émouvoir et charmer comme à la première rencontre. Pour cela, celle qui a résidé à Berlin et Londres pour finalement revenir sur son île natale, n'a pas besoin de tout révolutionner. Quelques petites touches de nouveauté suffisent. Sorti sur son propre label "Come Around" dévoile une Dal Forno qui va à l' essentiel en épurant encore plus sa musique. Toujours menés par une basse implacable et charmeuse, ses titres évoquent encore plus qu'autrefois la Lo-fi des Young Marble Giants sans perdre son caractère foncièrement Dream Pop et leur propre personnalité. Cette ancienne du regretté label Blackest Ever Black (ici) continue de nous prouver que l'on peut s'inscrire dans la tradition du Post Punk en respectant ses valeurs sans pour autant tomber dans le caricaturisme à guitare qui monopolise le revival de ce courant. C' est dans cette état d' esprit qu' elle s' évertue donc à vouloir écrire des sortes de Dream Pop qui ne cherchent pas à déboussoler l' auditeur par un voile éthéré de sons abstraits ou déformés. Une Dream Pop qui se déguise tour à tour ou tout à la fois en Minimal Wave, Trip Hop, Hypnagogic Pop ou Ambient Pop. Plus on s' immerge dans cet univers sonore à nul autre pareil plus on constate la diversité et la complexité de l' art de Dal Forno en total contradiction avec son apparence simpliste. Cela ne saute pas aux oreilles mais elle semble s' inspirer également fortement d' une Dark Ambient bien plus agressive, étrange et plus lugubre que ce que laisserait penser la première rencontre. Evidemment ceux qui la suivent depuis ses débuts ou les habitués de Blackest Ever Black n' en seront pas surpris tant il semble que ce disque est une version brut et directe des cauchemars et rêves infantiles de F Ingers et des ambiances de Raime et Tropic Of Cancer. Est-il encore utile dans ce blog de tenter de vous jeter à corps perdu dans toute cette galaxie de groupes australiens tournant autour de Blackest et qui ne cessent de me charmer depuis des années, HTRK, CS + Creme, Laila Sakini, YL Hooi etc etc. La nature complexe et inédite de l' univers de Dal Forno est perceptible depuis longtemps et d' une certaine logique explique en grande partie que cette musique charme autant mais se révèle encore plus quand la spécialiste (son ep "Top Of The Pops") de l' exercice décide de faire une nouvelle reprise. Ce coup-ci elle brille une nouvelle fois par la sûreté et son savoir encyclopédique des musiques venant de nul part. Déjà connaître la légendaire formation expérimentale et psychédélique The United States Of America n' est pas une chose courante mais voir une artiste offrir une version totalement bluffante d' originalité et de grande classe de leur titre "The Garden Of Earthly Delights" subjugue et charme encore plus. Rentrer dans ses chansons c' est toujours comme rentrer comme dans un rêve mais un rêve à la désarmante et brutale apparence de la réalité. Comme toujours elle nous met face à nous même en ne nous épargnant pas les non dits et les petits mensonges de notre psyché. Avec une sourde désinvolture elle continue tel une oracle dévoiler nos tourments et les tactiques que notre cerveau va mettre en place pour y échapper. Essentiel. PS Quand j' en aurai fini avec la série sur la Britpop il faudra vraiment un jour que je vous parle dans la rubriques Great Classics de l' inusable et venu de nul part album au titre éponyme des United States Of America, folie expérimentale et psychédélique so 60's.

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