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496 résultats trouvés avec une recherche vide

  • LOTIC, single prodigieux et nouveau label

    Qu' allait devenir Lotic après que son label Tri Angle Records ait mis la clé sous la porte (ici). A vrai dire son talent est tellement grand que l'on ne s' inquiétait pas trop pour l'un des chouchous du blog (par là ). Mais on pouvait s' interroger de la tournure artistique du bonhomme. Retour à l' expérimental ou bien vers les dancefloors? Poursuite des tentations pop entrapperçue sur le grand "Power"? Tout ça à la fois et en un seul titre s'il vous plait. Lotic réussit encore l' exploit de transposer la pop version R'n'b en terre Post-club en utilisant comme jamais sa voix de fausset devenue encore plus ensorcelante. Parfois on pense un peu voir beaucoup à Bjork sur ce sujet mais il est vrai que Lotic comme Arca font partie de la nouvelle cour de la reine mère. Mais une Bjork du futur, pas celle du passé. Lotic offre une pop à la fois hypnotique mais aussi synonyme de chaos. Un chaos maîtrisé d'une main de maître experte en travail de déconstruction et de reconstruction. Normal pour l'un des seigneurs de la Deconstructed-Club. Il est une nouvelle fois question d' indulgence, de tendresse et d' autonomie. Lotic semble encore plus assuré qu' au moment de "Power" qui faisait suite à une perriode difficile de sa vie. Un seul titre pour l'instant disponible chez Houndstooth son nouveau label mais quel titre. Après Yves Tumor et avant la bombe "Kick I" d' Arca (avec encore une fois Bjork dans les parages), Lotic tutoie les sommets et attire les projecteurs après avoir fait ses armes dans les si passionnants et tout autant sousestimés sous-terrains expérimentaux.

  • JULIANNA BARWICK, nouvel album chez Ninja Tune

    Son dernier album " Will" datait de 2016 et cela commençait à faire long. Bonne nouvelle, Julianna Barwick reviendra le 10 juillet avec l' attendue suite, "Healing is a miracle". D' après la chanteuse il ne faut voir aucun rapport entre l' intitulé du disque et une quelconque pandémie mondiale récente puisque il a été enregistré en 2019 à Los Angeles après un déménagement en provenance de New York. Elle explique avoir enregistrer avec euphorie en se basant sur l' improvisation et un équipement "de confiance". On retrouvera pour l' occasion le chanteur Jonsi de Sigur Ross parmi d' autres noms dans la liste des collaborateurs. Ce disque est le premier de son auteur pour Ninja Tune, un label que l'on avait plus vraiment fréquenté depuis des lustres tant ses productions laissaient de marbres ces derniers temps. Donc deuxième bonne nouvelle, Ninja Tune vit encore. Premier extrait "Inspirit" accompagné d' un magnifique clip tourné dans la patrie de coeur de la chanteuse américaine, l' Islande. La merveilleuse Julianna Barwick dans DWTN c' est ici et là.

  • CUCINA POVERA, beautés sonores entre nature, l' intimité et la technologie.

    Question identité, origine et localisation, on peut dire de Cucina Povera que c' est bien moins simple que ça en a l'air. Si son nom de naissance est Maria Rossi et continue ainsi d' établir un lien avec la torride patrie de Lorenzo Senni alors une petite surprise vous saisit quand on découvre son lieu de naissance et là où elle a grandi. La froide, grise et pas toujours très connue Finlande. Et là où ça se complique c' est son nouveau lieu de vie et d' enregistrement. La moins froide mais tout autant grise et surtout humide Glasgow. Egalement ville du passionnant label qui l' héberge, Night School. Par contre, si il y a bien une chose remarquable par sa simplicité, c' est la beauté pure que sa musique offre aux aventuriers sonores. Une musique faite de presque rien et se résumant plus particulièrement à ce qu' il y avait à portée de main de la musicienne. Pour le coup le terme italien de Cucina Povera utilisé comme nom de scène est totalement justifié et ne trompe pas à ceci près que le résultat est un disque uniquement riche par sa singularité et son charme dévastateur. Je n' avais jamais entendu parlé de cette belle inconnue jusqu'à la sortie récentes de son troisième album, "Tyyni". Un vrai petit loupé tellement ses deux premiers albums méritaient que l'on s' y penche un instant. On peut rajouter également histoire d' enfoncer le couteau dans la plaie du fan honteux de son retard que son "Hilja" de 2018 aurait certainement eut droit aux honneurs du top annuel. Depuis ce premier effort la belle Nordique nous offre un singulier mariage d' abstraction expérimental avec un chant aux fortes senteurs médiévales et folk. Si au début elle privilégiait des sons organiques afin d' accompagner sa magnifique voix "Tyyni" dévoile une part grandissante pour une électronique toujours autant aventureuse si ce n' est plus. Ce disque est bien plus avant gardiste que l' inaugural et s' inscrit ainsi dans la droite lignée du deuxième paru l' an dernier. "Zoom" dénotait par rapport à "Hilja" par son dépouillement et sa méthode, plus un travail d' improvisation sur sa voix via une pédale d' effet et l' utilisation d'une bouteille vide qu' un savant et laborieux travail de studio par ordinateur. "Tyyni" s' avère bien plus pressant et incisif avec ses boucles plus répétitives, ses synthés délavés jusqu' à en devenir étranges et enfin ces rythmiques rachitique lorgnant parfois sur la rapidité footwork ou jungle. Cette nouvelle caractéristique amène à une étrangeté et une tension plus forte et angoissante. On pense à un croisement curieux de Zola Jesus avec Grouper ou peut être bien Julia Holter pour les penchants médiévaux. Parfois c' est le fantôme d' une Carla Dal Forno version F Inger. Maria Rossi utilise sa voix comme ossature avec ses superpositions afin de nous plonger un peu plus dans les profondeurs de son intimité pour ensuite nous cueillir par l' irruption de sons provenant de l' extérieur. D' abord des sons d' animaux retravaillés puis ceux des interférences téléphoniques plus loin auxquels ceux de l' océan succéderont. Avec elle on navigue sans cesse entre la technologie et la nature, humaine ou non. Ce que confirme ses interviews dans lesquels elle dit vouloir "explorer les complexités de la vie moderne". "Tyyni" est une vraie merveille totalement inclassable nous plongeant dans un univers glacial et hanté qui répond d' une manière tout autant étrange mais juste aux récents et troublants moments que nous venons tous de vivre. Des instants où nous nous retrouvions coincé seuls face à nos intimités mais en permanence aux aguets des nouvelles de l' extérieurs via les intrusives technologies d' informations.

  • ELYSIA CRAMPTON, disque monumental.

    Chaque sortie de disque par Elysia Chuquimia Paula Crampton (rappel ici et là) est un événement dans le petit monde de l' avant garde mondiale. Comment pourrait-il en être autrement pour l' une des pionniers du courant Deconstructed Club (ici). Depuis ses débuts son influence ne cesse de croître et tous les artistes qui ont la côte actuellement, Arca, Lotic, Yves Tumor ou Holly Herndon par exemple ont tous un petit quelque chose d' Elysia Crampton. Voir beaucoup. "Orcorara 2020" qui vient de sortir en digital est également la première apparition de Crampton au sein d' une autre institution du déconstructivisme, PAN . Retrouver l' innovatrice Aymara sur le label de Bill Kouligas est un aboutissement imparable et la suite logique de ces 10 dernières années qui ont vu leurs chemin respectifs ne cesser de se croiser. Avec "Orcorara 2020" ceux qui suivent l' américaine ne vont pas être déboussolés quand les nouveaux vont découvrir dans un univers totalement unique. Dépaysement total et questionnements politiques et sociétaux profonds comme rarement. L' artiste s' est toujours ouvertement revendiquée comme une défenseuse des minorités indigène d' Amérique du Sud et Central ainsi que LGBT . Pourfendeuse et grande vulgarisatrice émérite des méfaits et des traumatismes du colonialisme encore visibles de nos jours, elle aborde cette fois-ci un thème déjà croisé dans son oeuvre au travers les croyances et les mythes de son peuple d' origine. "Orcorara 2020" traite donc des cicatrices mal refermées inter-générationnels dues à la conquête et l' imposition de la chrétienté dans cette partie du monde. L' action se passe dans les pénombres nommées Puruma et nous suivons les fugitifs des violences de l' église et des conquistadors dans leurs parcours les menant à Mama Cocha, "la mer du nul-part selon les théoriciens". Sur ce disque Crampton continue d' opérer le virage débuté l' an dernier sous le pseudo de CHUQUIMAMANI-CONDORI avec ses travaux portant sur une instrumentation plus que classique et dépouillée mais enregistrée via la technologie d' une manière à sonner hyper moderne. Beaucoup des titres dans "Orcorara" évoquent pour certains le James Ferraro dernière époque et parlent donc de Néo-Clacissisme quand d' autres en appelle à Daniel Lopatin pour l' utilisation des synthés et à Arca pour la présence grandissante de voix. Il est très clair au sujet de ce dernier qu' un titre comme "Crucifixtion" a de très forte similitudes avec ceux du "Arca" de 2017. Déchirant "Crucifixtion" qui possède également le mérite d' offrir des retrouvailles inespérées avec Shannon Funchness que l'on n' avait plus croisé depuis le naufrage Light Asylum en 2012 (voir ici). Mais les manières aux origines folkloriques, chamaniques et psychédéliques demeurent, tout comme celles véritablement Deconstructed-Club débutée sous le pseudo E+E. Ce qui tente à disparaîtres chez Crampton ce sont peut être les tonitruants samples radiophoniques ou issus des jeux vidéos. En lieu et place du Sound-Collage pur c' est véritablement à une sorte de Pop d' avant garde que l' auditeur va se retrouver confronté. On peut également parler de nouvelle Chamber-Pop céleste. De plus en plus Pop car peut être plus accessible par la présence des voix chantantes avec de nombreux protagonistes (Jeremy Rojas, Embaci, Shannon Funchness et Fanny Chuquimia). Une Pop qui continue cependant d' être irriguée par la Deconstructed-Club et l' ensemble des expérimentations apparue dans les 10's comme on peut l' observer chez Yves Tumor. Mais une pop qui peut aussi évoquer de vieux souvenir indie 90's comme avec le très Dream Pop et un brin shoegaze "Grove". Il va falloir du temps pour digérer une tel musique si riche et toujours autant mystérieuse. Une musique qui était dans un premier temps prévue pour servir de BO à une performance artistique dans le cadre de la biénale organisée par le centre d' art contemporain de Genève. 10 ans après ses débuts Elysia Crampton tient parfaitement son rôle de personnage central dans les musiques modernes aux côtés des Oneohtrix Point Never, Arca et autres. Et comment oublier l' un des premiers coups de cœur de ce blog, Light Asylum!

  • AMNESIA SCANNER, retour en juin des fous furieux du Post-Club

    Alors que l'on nous annonce la fin du confinement pour une grande bascule dans un futur au fort potentiel dystopique voici que nos deux finlandais préférés reviennent. Alors eux, en matière des affres du confinement face au covid et la furieuse envie de tout plaquer pour fuir ce monde étouffant qui court à sa perte écologiquement , ils s' y connaissent. Et on peut dire qu' ils ont tout vu venir depuis fort longtemps. L' annonce de leur deuxième album "Tearless" tombe à point tellement leur musique semble paraître être l' une des bandes sons parmi les plus appropriés à l' époque. Et si on rajoute ce qu' ils ont balancé dans leur communiqué de presse le timing s' avère encore plus parfait. "(...) un album de rupture avec la planète" où il sera question de "sentiment imminent de changement radical". Déjà deux extraits au compteur et le moins que l'on puisse dire c' est que l' attente va être intenable et très longue d' ici le 5 juin. Ce que l'on peut également confirmer c' est que le goût de la collaboration propre aux deux gars s' est encore plus développée avec les apparitions de Lizza et de Lalita et que la maltraitance du R'n'b se poursuit pour le plus grand plaisir des fans du duo installé à Berlin et pote de PAN et de la clique Post-Club. Pour les retardataires c' est ici que ça se trouve.

  • GÀBOR LÀZÀR, retour en force de l' IDM sur les dancefloors?

    La belle promesse que voilà. Gàbor Làzàr, qui n' a toujours pas choisi stupidement entre l' expérimentale la plus abrupte et les dancefloors, s' est décidé de signer chez Planet Mu et d' y publier le futur album "Source" en juin. Si le petit génie hongrois semble vouloir trainer un poil plus sur les dancefloors il n' oublie pas pour autant son art du ciselement sonore typiquement "Warpien". Bref il se pourrait bien que les manière expérimentales de l' IDM d' Aphex Twin et Autechre ont décidé de se réincarnées chez Làzàr d' une manière un brin plus cajolante via ses lubies Grime et 2Step . En Attendant de voir ce que ça donne sur un long format voici le single annonciateur qui est à lui seul une belle petite réussite. Pour les retardataires voir par ici.

  • LORENZO SENNI, TRANCE avant gardiste et ... planante.

    Quatre ans après ses débuts chez Warp (voir ici) le bel italien revient avec cette fois-ci un album. Et comme toujours avec ce sacré numéro, un chef d' oeuvre et une bombe à défragmentations des esprits étriqués pourfendeurs de la Trance. Jusqu'à présent quand deux personnes parlaient musique et surtout de Lorenzo Senni ce dernier était soit traité de génie ou d' un artiste au très mauvais goût. En gros, Senni était le test ultime pour séparer les feignasses de la critique et ceux qui passent outres les apparences trompeuses ou les préjugés stupides des premiers. Pour résumer l' art de Senni on peut par exemple dire de lui que ce trublion de l' électro après des débuts punk et Hard extérieurs au petit monde des dancefloor et de l' électronique expérimental s' est emparé de leur histoire et délivre depuis quelques années une sorte de version moderniste de 'l Hauntologie. Une sorte de Ariel Pink qui opère en électro plutot que dans le domaine de la pop et du rock. Il détourne des éléments sonores de la culture dancefloor, les exagère et les dope pour livrer une nouvelle version totalement originale. Après s' être attaqué à ses débuts au Trash il s' est spécialisé dans la remise au goût du jour des textures Trance avec un goût immodéré pour l' euphorie que ce courant véhiculait dans les 90's. Ce qui laisse beaucoup de personne atteintes de panurgisme musical sur le carreau quand ils découvrent Senni c' est l' absence d'une rythmique aux beat marqués. Pas de boite à rythme chez lui mais un Rolland JP8000 et une pelleté de logiciel pour que son synthé analogique puisse assumer avec brio la fonction de boite à rythme. A cela il faut rajouter que sa musique comporte très peu voir quasiment pas de crescendo et de période d' accalmie comme il est courant chez les autres sur le dancefloor. Il construit des voutes sonores mélodiques faites de boucles répétitives et quand on rentre dans sa musique malgré un aspect extérieur un brin tapageur et grandiloquent et de sérénités nous nous retrouvons dans le chœur d' une cathédrale sonore où règnent un mélange étonnant de sentiments de joie, d' humour, de raffinement "Scacco Matto" est tour à tour joyeux et poignant. Simple et complexe. C' est peut être à ce jour son travail le plus mélodique et recelant la variété de son la plus importante depuis ses débuts. Lorenzo Senni continue ce fastidieux travail entrepris depuis longtemps portant sur le trouble et les frictions précédant la culbute finale dans un dj set ou certains titres voir même les concerts "rocks". Quand les rythmiques sont mises violemment en sourdine et ne restent plus que les éléments mélodiques (ou pas), laissant le danseur/auditeurs s' accrocher à la moindre aspérité de la texture sonore. . Une merveille.

  • YVES TUMOR, au sommet avec un chef d' oeuvre

    DWTN et cet artiste, longue histoire c' est par ici, ensuite là et enfin par là et ici. Quand je suis tombé sur cette photo d' Yves Tumor pour illustrer cette article je n' ai pas pu m' empêcher de penser à Scott Walker. Probable ressemblance iconographique avec un ancien cliché de son illustre aîné américain. Ressemblance tout autant probablement travaillée tellement la culture de l' américain est grande et pointue. Mais tout cela ne s' arrête pas à une seule question d' image. Tumor est le Scott Walker de notre époque. Son plus digne héritier. Celui qui allie le mieux d' une façon inespérée la pop culture de masse et l' avant guarde la plus pointue. Scott Walker ce génie qui au travers de sa discographie peut vous amener de l' expérimental bruitiste la plus rêche à la Baroque Pop la plus charmeuse en apparence. Un disque de Tumor, une chanson voir même une seule seconde de Tumor et son personnage c' est un concentré des quelques 53 ans de carrière de Walker. A la fois difficile à saisir au premier abord et en même temps d' une évidence totale par la suite. Et s'il fallait trouver d' autres noms pour faire comprendre encore mieux l' importance de Shean Lee Bowie aka Yves Tumor et ses particularités faut encore taper dans le haut du panier d' un certain imaginaire musical. Bien sûr suffit de retenir son vrai nom de naissance. On peut ajouter l' une de ses idole revendiquée récemment disparue, Genesis P Orridge. Comme pour Walker et sa carrière chaotique Tumor c' est celle de Saint Genesis, des tréfonds contre culturel 60's, à l' indus la plus âpre pour finir par arriver à une Acid House hédoniste mais toujours caustique. J' avais clôturé la chronique de son précédent disque en le désignant comme une sorte de "Screamadelica" des Primal Scream de l' ère numérique où toutes les découvertes et les brassages paraissent encore plus permis. "Heaven to tortured Mind" est le digne héritier des deux autres grands disques de Gillespie et compagnie, "Vanishing Point" et "XTRMNTR". Et en mieux. "Heaven To Tortured Mind" est le digne successeur de "Sand in the hands of Love", LE disque de l' année 2018 de ce blog et aboutissement d' une fantastique carrière débutée dans l' avant garde de tout bord tant adulée par votre serviteur. Hypnagogique Pop, Vaporwave, Ambient, le collectif NON Worldwide, le Post Dancefloor, Pan Records, Janus etc etc etc. Finalement je m' aperçois qu'il ne va pas falloir vous pondre un pavé pour décrire en quoi ce récent disque est une merveille et largement en avance. Allez sur les liens mis plus haut. Quoique... J' ai déjà tout dis au sujet de Tumor et de son passage à une musique plus pop. Si "Heaven To Tortured Mind" est la suite logique avec cependant des petits changements de trajectoire plus ou moins surprenant ce disque dans son ensemble est composé des même caractéristique que son prédécesseur. Mais pas non plus une simple redite. Certaines choses sont abandonnée quand d' autres sont approfondies et le résultat est urgent à découvrir. Il n'y aura que les suceurs de roue et autres arrivistes de tout poil de la critique qui auront des trucs neuf à dire, faute d' avoir parler du bonhomme plus tôt et d' avoir vu venir le génie si évident depuis "Serpent Music". Et franchement sur certaines chroniques (française notamment), on ne peut que penser à des poules découvrant pour la première fois une clef à molette. QI zéro et 10 années de retard passée à suivre les nostalgico-gagas et conformistes ennuyeux. Comme toujours chez Tumor nous passons de l' apaisement au chaos sonores. De l' évidence et la suavité pop/soul à la complexité et la rugosité des musiques plus expérimentales et aventurières. De l' évidence au mystère le plus ensorcelant. Tumor est encore plus Soul, plus funky, plus virtuose, bref plus Prince que jamais. Et j' oserai ...encore plus pertinent. Les solos du kid de Minneapolis m' ont touché cassé les couilles malheureusement mais ceux, rares, de Tumor me paraissent jamais de trop. Le rock indie est encore bien présent même si sa traduction hypnagogic pop à la Ariel Pink prend encore plus le dessus en abandonnant ses penchants Big Beat ou Baggy. Une version d' Ariel Pink qui va plus loin que le fêlé de la cote Ouest. Tumor n' a plus de frontière depuis longtemps mais sa capacité de passer d'un style à un autre avec un savoir faire indéniable et surtout pas incongru arrive encore à étonner et charmer. La sensation perçue depuis le plus difficile "Serpent Music" se confirme. A l' écoute de sa musique nous réalisons parfaitement le monde dans lequel nous vivons actuellement. Cette sensation de vivre dans un film dystopique surréaliste. Entre rêve et cauchemars. Tumor décrit comme personne les conflits émotionnelles qui nous assaille et prescrit des conseils pour affronter tout ça. Il y a quelques jours au début du confinement alors que tout s' écroulait ou devenait encore plus confus et imprévisible dans nos esprit je fus saisi, hypntotisé, par le silence inédit du centre ville où je réside. Ce calme m' apaisa et me revigora. De la même manière alors que par ma profession je suis malheureusement confronté de très près à la saleté Covid j' ai été à nouveau saisi par la tranquillité qui régnait dans un service où ce virus traînait ses guêtres prêt à faire souffrir. Mes résidents étaient calmes et leur tranquillité me redonna des forces pour les aider et apaisé ma colère et frustration. La musique de Tupor depuis 5 ans c' est exactement ça. Des formes connues, des stimulis bien identifiés, et en même temps des voix sur le fil du rasoir, des synthés défigurés, une production extravagante et riche qui étourdie (encore un somptueux travail de Justin Raisen), frappe pour mieux nous sortir de notre torpeur. Tumor c' est l' affirmation suivante, dans le bordel, l' enfer, il y aura toujours un calme à trouver, à rechercher pour aller de l' avant et s' en sortir. Les faits se succèdent à une vitesse ahurissante et construisent un flou abstrait où nous nous perdons. Tumor dépeint ça et offre en prime une solution via sa musique et son talent. Après le stress, la pénibilité, le désespoir que mon métier d' aide soignant me fait subir j' ai toujours apprécié me plonger dans des disques apaisant et hyper sensuel comme "What's going on" de Marvin Gaye ou d' autres artiste black des 70's. Parfois Prince. D' autre fois mon patrimoine génétique musicale me poussait dans la dream pop bruitiste du shoegaze. "Heaven To Tortured Mind" c' est exactement leur réunion en une seule entité moderniste et originale. L' entame du disque est un coup de massue pour les sens et le référentiel facile. "Gospel for a New Century" est un chef d' oeuvre de pop/rock passé par d' improbables manipulations sonores et passant du coq à l' âne en matière de références . "Medicine Burn" est du pure Tumor alternant sur une rythmique funky le sensuel et le noisy. "Identity Trade" transporte l'indie à travers les styles et les époques pour mieux la propulser vers le futur. "Kerosene" opère de la même manière en allant repêcher le Prince des sommets pour une remise à jour ensorcellée. La suite est faite d' apaisements recelent un chaos caché, la production se fait cajolante puis agressive. On ne sait jamais à quel sauce Tumor et ses humeurs changeantes vont nous engloutir. Yves Tumor démontre qu' il est le grand bonhomme de ces deux dernières années. Celui qui réussit à rétablir le pont entre le milieu indi et l' avant guarde plus vivifiante. Le miracle que l'on attendait pas. Et peu importe si le succès populaire n' est la suite logique du succés critique actuel. L' influence va être majeur pour les années à venir. Je reconnais que "Heaven To a Tortured Mind" est tout autant complexe que son prédécesseur et que l' évidence peut tarder à venir à certains, mais jetez vous dessus. Ce disque est déjà un classique et l' ensemble de la carrière de Tumor un passage obligé. Et en prime les clips pas encore sortis au moment de mes chroniques de Safe In The Hands Of Love

  • NYEGE NYEGE & HAKUNA KULALA, retour sur l' Afrique qui met les dancefloors à genou. Et pas q

    A peine remis de la déferlante Singeli de 2019, 3 albums classés dans le top DWTN, excusez du peu, Nyege Nyege Tapes tape à nouveau très fort dès l' entame de 2020 et refait parler de lui dans ce blog. Le label Ougandais créé par Arlen Dilsizian et Derek Debru est en quelques mois devenu une des balises les plus sûr en terme de renouveau et de révolution dancefloor. Et ne parlons pas non plus de son festival en passe de devenir l'un des plus prisés de la planète.Et ce à travers toutes les frontières. L' impact de ce petit label fixé à Kampal est digne du poids que peuvent avoir les labels occidentaux tel Hyperdub ou Planet Mu. C 'est là-bas que ça se passe et tout bon futuriste se doit de passer y jeter une oreille. Et si à Nyege Nyege on rajoute le petit frère Hakuna Kulala alors on se rend compte qu' il faut aller du côté des légendes style Warp ou Factory et son Haçienda dans un autre genre pour tenter vainement de décrire ce qu' il est en train de se passer. Le dernier arrivé un brin fainéant pourrait résumer l' affaire Nyege Nyege à l' apparition d' un nouveau courant, le Singeli (voir ici). La dernière sortie du label va battre en brèches les opinions faciles de certains et confirmer ce que le label dévoile depuis ses débuts, la richesse stylistique et le caractère avant gardiste que l' Afrique musicale cache depuis longtemps. Un coup d' œil dans le rétro du label et nous comprenons très vite que Nyege Nyege et ses artistes s' appuie sur un héritage hautement solide et trop souvent méconnu par ici. Kadodi auscultait les musiques rituelles, "Gulu City Anthems" qui se penchait sur celles que l'on entend pendant les mariages de l' Est Africain, " Electro achuli Kaboom of North Ugunda" sur leurs versions électro ou encore le lourd héritage de Ekuka Morris Sirikiti contenu dans une compilation essentielle. Bien sûr que le singeli a une place importante avec Duke, Sisso, Jay Mitta et Bamba Pana mais il s' en est passé des choses depuis la légendaire compilation "The Sound of Sisso". Compilation elle aussi essentielle et repérée par ici puis présente dans les top 2017 du blog comme l' album "Poaa" de Bamba Pana dès 2018. Nyege Nyege seul ou par l' intermédiaire de son excroissance Hakuna Kulala , suprême machine à voyager dans le futur en brassant les influences venues de partout (footwork, Asie, Post-club), regarde plus loin que le ghetto Tanzanien et le seul courant Singeli. L' an dernier sa signature du français Judgitzu faisait subir au singeli une mutation à grand coup de Techno Hardcore et de Gabber. Deux courants partageant avec l' Africain un goût assumé pour les BPM poussés au delà des limites. Première rencontre avec la culture électro occidentale qui allait vite être suivi par une autre beaucoup moins attendue. Ça s' est passé quand l' allemand Errorsmith, grand défenseur de la cause Dancehall mais revue et corrigée par la Bleep Techno, s' est pointé à la rencontre de Jay Mitta en Ouganda accompagné de la clique écossaise déjà connue ici de The Modern Institute (voir par là). Choc des cultures assuré. Et des climats aussi faut bien dire(Ouganda vs Glasgow!!!). The Modern Institutes, apôtre de la minimal Wave et de Cabaret Voltaire, une clique capable de traîner Mark E Smith et Genesis P Ordridge sous opiacées sur une piste Gabber. De cette intrigante rencontre reste une cassette "Live at Villa" au charme indéniable. Bien sûr qu' il est encore question plus ou moins de Singeli avec ces exemples mais que dire de la musique venue de nul part du projet collectif Metal Preyers. Dernière sortie en date du label nous voici loin du dancefloor Tanzanien avec la participation des anglais Lord Tust et Jessie Hackett, et de l' américain Mariano Chavez. L' Afrique des griots et de ses musiciens traditionnels côtoie des ambiances lourdes Industrielles et Dark Ambient avec des drones sortis de leur contextes. En gros Coil dans l' Afrique urbaine du 21 ème siècle. Effet garanti en terme de dépaysement mais aussi de franchissement temporel, passé-présent-futur. Une belle petite claque. Juste avant ce projet bluffant Nyege Nyege a encore gratté dans le passé proche de la musique africaine. Et disons-le franchement vu son potentiel, dans le futur des musique du reste du monde tellement il y a de quoi faire en matière d' inspiration. Il va être question d' un courant peu connu qui retrouve une seconde jeunesse. Ce coup-ci faut prendre la direction de l' Ouest jusqu' au Mali à la découverte du bien nommé Balani Fou ou Crazy Balani en version anglo-saxonne. Si l'un des créateurs originel du style est Seydou Bagayoko dans les 90's et qu' il a connu son heure de gloire dans les 00's le disque dont il est question est une version plus moderne développée par Dj Biaki. Entre perfectionnement et retour au racine DJ Biaki pousse les compteurs BPM du Balani dans le rouge et une nouvelle fois les aficionados du footwork et des musique hyper rapide comme le gabber ou la trans vont s' y retrouver. Les autres tituberont face à ce déluge de polyrythmies en tout genre. C 'est de l' électro bien sûr mais la tradition africaine en la matière se fraye un chemin et apporte un perfectionnement avec un sens du détail qui bluffera même les fans les plus obsédé d' IDM et de Jungle. Ce qui peut apparaître aux plus coincés du bulbe que comme une vague musique de bourrins teintée d' exotisme bas de gamme va en faite se révéler une véritable bombe à multiples déflagrations retardées. Et remettre pas mal d' idées reçues à la poubelle. Passons à présent au petit frère de Nyege Nyege, Hakuna Kulala. Ce label créé avec l' aide de Nyege par Slikback, Zilla et Sapienz peut réellement être considéré comme la tête de pont dans le futur. Sa musique est encore plus moderne et surtout plus perméable à tout ce qu' il se fait de neuf sur les dancefloors contemporains mondiaux. Et pas seulement les dancefloors. L' an passé j' avais classé en plus des sorties de Slikback, le grand génie de tout ce bordel, l' album détonnant "Kubali" de la paire Debmaster & MC Yallah. Une pépite de Hip Hop africain avec des manies Trap mélangées à des sonorités issues des dancefloors et lorgnant autant sur l'indus que le footwork ou le Gqom. Un autre disque Hakuna avec MC m' avait également titillé, le grimesque et dubstep "Kyusa Embela" par le très punkie Ecko Bazz. Et que dire du ténébreux et acide "Mushoro" de Rey Sapienz et son dancehall mélangé au Soukous pouvant aller jusqu'à faire flipper même les plus endurcis des fans de Throbbing Gristle et de Vatican Shadow. Un peu avant Slikback avait donné à entendre le fruits de ses collaborations teinté de footwork avec la clique asiatique Post Club géniale de SVBKVLT (33EMYBW et HYPH11e entre autres) sur les ep "Slip 1 & 2". Vous l' aurez compris Hakuna Kulala est le label par où passe toutes les musiques réellement modernes du monde entier pour rencontrer celles tout autant rafraîchissante d' Afrique. Beaucoup de Post-Club qui continue ainsi son épidémie mondiale et stylistique, un socle Footwork et une attraction irrémédiable pour le Gqom Sud Africain sont à noter pour les inconditionnelles du blog. Et ce n' est pas avec "Headroof" que les manies du label vont s' arrêter. Cette fois-ci les curseurs de l' expérimentations et de l' abstraction sont eux aussi poussés dans le rouge. Encore une fois la Villa de Nyege Nyege sert de point de rencontre entre occident et Afrique. L' improvisatrice Elvin Brandhi s' accoquine avec la crème Nyege et Hakuna sous le pseudo de Villaelvin pour offrir un post-club de haute volée au point de faire rougir les cadors du genre. Un genre qui reprend entre leurs mains une seconde jeunesse alors qu'il n' a même pas encore perdu la première. Arrivé à la fin de cet inventaire je me dis qu'il va me falloir comme en 2019 beaucoup de mauvaise fois pour ne pas tresser systématiquement des lauriers aux sortie des deux labels et leur faire squatter les places d' honneurs en fin d' année. Et on n' est pas au bout de nos surprises quand on sait ce que Haluna Kulala prépare pour Avril. Une bombe Gqom ! La révélation du festival 2019 organisé par le label annonce la sortie de son véritable premier ep et quiconque est tombé sur son live chez Boiler Room sait que fatalement ça va être une déflagration. Son nom c' est Menzi et ce dj originaire de Johansburg va mettre nos idoles de Durban à genou. Et pas seulement. Les bandcamp des deux labels où tous les artistes se trouvent sont bien sûr inévitables et dispo ici: Nyege Nyege Bandcamp Hakuna Kulala Bandcamp

  • CS + KREME, étrange musique pour un album magnifique.

    L' Australie c' est loin. Très loin. Même en 2020 sous l' ère numérique où tout va plus vite, où tout finit par se savoir. Enfin quand on se donne vraiment la peine. lL nous aura donc fallu attendre 3 longues années pour enfin reprendre des nouvelles du duo faiseur d' une des musique parmi les plus énigmatiques du moment. Et autant le dire tout de suite, ce premier album tant espéré va resté gravé à jamais dans les mémoires. J' avais déjà parlé de CS + Kreme à l' occasion de la sortie de leur deuxième ep (voir ici ). Composé de Conrad Standish et de Sam Karmel ce groupe avait sur le papier tout pour plaire ici. Et ce avant même l' écoute de sa musique. Tout d' abord le lien évident avec des chouchous du blog, HTRK. Standish n' étant rien d' autre que le compagnon de sa chanteuse Jonnine. Cette dernière par ailleurs coupable en solo de l' un des meilleurs ep en 2019 (par ici). Quant à son confrère Karmel, lui aussi est connu dans le coin. C 'est l' un des membres des merveilleux et flippant F Ingers (là), également le groupe des débuts de la belle Carla Dal Forno (ici). Bref, des squatters première catégorie des top annuels de DWTN même si je suis tout honteux d' admettre être passé totalement à côté de leur single "Cold Shoulder" en 2018. Leur premier album replonge immédiatement l' auditeur dans l' insolite des ep. Si on se retrouve en territoire déjà traversé, ce tout aussi bizarrement nommé "Snoopy" va surprendre les premiers fans par ce qu'il recèle. La musique des CS + Kreme a muté. Les penchants pop sophisti-pop à la Blue Nile fabriqués dans la chambre tendent à disparaître tout en gardant les mêmes senteurs mélancoliques et rêveuses. Les deux australiens ne se sont pas reposés sur leur formidable recette du début. Ils ont rajouté des ingrédients rendant les affiliations encore plus difficiles, perturbant radicalement les sens et donnant à l' ensemble un aspect totalement inédit. Les CS + Kreme appartiennent à cette rare catégorie d' artiste qui font du neuf qu' avec du vieux. Ici pas d' interventions tonitruantes de la technologie, pas de sonorités inconnues. Ces deux artistes ne cessent de rappeler le passé et l' idéologie Post-punk avec ce qui semble être devenu comme le maître à penser ces dernières années en la matière, le regretté label Blakest Ever Black (voir ici pour la nécro). Comme avec de nombreux signataire chez BEB on ne peut pas également s' empêcher de penser à Coil. Mais pas seulement. Il y a quelque chose de totalement Post Rock dans cet art de créer de l' originalité avec une instrumentation "classique" reposant sur une grande connaissance jazzy. CS + Kremme peut facilement revendiquer l' héritage de Mark Hollis et de Talk Talk. La musique n' a rien perdu de ses capacités de pouvoir rendre les auditeurs totalement dépendant par son raffinement enfumé et planant. C 'est qu' il faut aussi expliquer que bien souvent "Snoopy" suggérera aux plus anciens un autre courant tout autant enfumé, le Trip Hop. Mais un Trip Hop qui a les manies policées de la Sophisti pop plutot que le son épais et crado du sample vinylesque. Et ce dès l' entame du disque avec un "Saint" très très Alpha (voir ici) et cela devient encore plus évident avec un "Blue Fue" introduisant Bristol dans une cérémonie rituelle et "Faun House" dans lequel leurs amours baroques apparaissent. "The Whale's Tail" en remet une couche avec son Spiritual Jazz et ses basses fatalement Dub. Le reste du temps la rythmique est aussi stone avec l' utilisation d' une 808 titubante sous l' effet probable de la chaleur typiquement australienne. Tout au long des 8 titres on se retrouve dans un état totalement hypnagogique qui peut pas si étrangement que ça faire apparaître en l' auditeur des émotions bien plus forte qu' il ne peut l' imaginer. Une nouvelle fois avec CS + Kreme une musique qui aux premiers abord n' en fait pas trop se révèle être l' une des plus addictive et émouvante du moment. Totalement essentiel.

  • ARCA, EMISSION RADIO EN PROVENANCE DU FUTUR.

    Arca et ce blog, une très longue histoire d' amour. Ça a commencé discrètement par un petit regard croisé avec le classement de ses deux ep de la série Stretch en 2012 (ici), puis très vite le vénézuélien eut droit à son petit article en 2013 en forme de déclaration suite à sa fantastique mixtape &&&&& (lire ici). La suite de l' histoire, des chroniques enfiévrées jamais désavouées par son auteur depuis. Le passage au le long format avec "Xen" fut une réussite (par là), la confirmation arriva avec "Mutant" en 2015 et enfin le chef d' oeuvre de 2017, l' éponyme "Arca" (ici). Arca refait parler de lui en 2020 et de l' une de ses plus belles manières, l' art de la mixtape. Finalement je me demande si je préfère pas chez le pote de Bjork, de peu certes, cette forme de production que les albums dits plus "classiques" . Le bonhomme excelle dans cet art et ne s' y loupe jamais. Après &&&&& (2013) ce fut "Sheep" (2015) puis "Entranas"(2016). Toutes des modèles du genre. D' une durée moyenne de 20 minutes Arca plongeait l' auditeur dans un univers sonnore facilement identifiable aux pouvoirs immersifs rarement croisés. Souvent noisy, industriel et bien sûr hypermoderne aux senteurs dystopiques l' auditeur était plongé dans un tuyau gorgé de stimulis sonores propulsés à la vitesse numérique. Et bien sûr on en sortait changé à jamais. @@@@@ ne déroge pas à la règle même si 4 ans après la dernière mixtape des nouveautés voient le jour. Arca a pris son temps et s' est régénéré dans la façon de faire. Si il n' y avait pas vraiment de concept développés par l' artiste auparavant cette fois-ci Arca a voulu sa mixtape comme une émission de radio venue d' ailleurs (monde étranger dystopique) animée par Diva Experimental au sujet de laquelle il ajoute "vit à travers plusieurs corps dans l'espace en raison de sa persécution - pour la tuer, il faudrait d'abord trouver tous ses corps. Les corps qui l'hébergent portent des fétiches de paralinguistique, brisant le quatrième mur et nourrissant une foi mutante en amour face à la peur”. La durée de la mixtape composées d' une succession de "Quantums" dépasse l' heure mais rassurez-vous vous n' allez jamais trouver le temps long tellement l' oeuvre prend l' aspect d'une mosaïque d' idées riches que nous parcourons à la vitesse du numérique. Une heure de musique à la très riche diversité où les surprises se succèdent. Pas un seul "quantums" dépassent les quatre minutes et leur durée moyenne est de deux minutes. Les habitués du bonhomme vont se retrouver en terre connue tellement la patte du producteur est reconnaissable mais en même temps il va encore surprendre par son talent et ses trouvaille. L' art magistral de la mutation est à son paroxysme. Les déflagrations décapantes et les grincements métalliques se succèdent. La noise et l' indus sont propulsés une nouvelle fois dans le futur et remis à neuf. Quand cela cesse ce sont des synthés et des clavecins malades qui prennent le relais. Les sons sont étirés, inversés, tortillés, défigurés. Des rythmiques semblant provenir de nos dancefloors balbutient, bafouillent. Un sentiment de chaos, issu d'une déambulations nerveuses peut amener à la claustrophobie jusqu' à ce qu' Arca vous cueille avec des plages sonores plus placides mais tout autant fortement émotionnelles. Souvent un aspect nouveau consolidé avec l' album "Arca" fait son entrée dans l'art de la mixtape du vénézuélien, les voix. Absentes dans "&&&&&" et "Entranas" elles nous offrent dans @@@@@ probablement les plus beaux moments affectifs. La maîtrise d' Arca dans leur manipulation a une nouvel fois franchi un palier depuis "Arca". Arca en une heure vient simplement de nous offrir son chef-d' oeuvre en la matière et même simplement l' une des plus grandes mixtapes qu'il m' a été donné d' entendre. Quelques jours après la disparition de l' un des génie en la matière du mix Arca vient de propulser définitivement cet art modellé en partie dans les 90's par le regretté Andrew Weatherall dans une autre galaxie.

  • R.I.P. BLACKEST EVER BLACK, 2010-2019

    C 'est dorénavant officiel depuis quelques heures, l' un des plus importants labels de la décennie écoulée vient de mettre la clé sous la porte. Triste nouvelle mais l' occasion de reparler de label chouchou du blog. Comment aborder en quelques mots l' histoire de l' un des labels parmi les plus importants de la décennie écoulée? Impossible tant ce label a tenu de haute volée l' un des rôles fondamental que tout bon label doit tenir. Celui de défricheur et dealer préféré de votre serviteur en matière de musique électronique ténébreuse et audacieuse. Raime, Tropic Of Cancer, Pessimist, et la plus belle des pépittes, Carla Dal Forno avec dans un premier temps F Inger puis en solo par la suite. Créé il y a tout juste 10 ans par Kiran Sande, alors journaliste à Fact Magazine, BEB était devenu un des piliers des chroniques de ce blog. Les points de départs de cette aventures au travers des parties sombres de la musique et des sentiments humains furent deux influences majeurs remises aux goût du jour en cette fin 10's par une pelletée d' artistes. Bien avant les guitareux british ou ricains à la mode de nos jours ce label s' est toujours inscrit dans la lignée du post-punk le plus aventureux de la fin 70's début 80's. Et ce avec une certaine prédilection pour le Gothique, l' indus et les expérimentations les plus extrèmes. Mais loin de se borner à une époque précise et une niche stylistique Kiran Sande était aussi un enfant de la Jungle et de la culture électro des dancefloor apparue à la fin des 80's. Raime en surfant sur l' aspect dystopique et moderniste de la jungle tout en lorgnant sur les penchants sombres de l' indus et du gothique reste et demeurera à tout jamais comme l' archétype de la production Blackest Ever Black. Un classique absolu, "Quarter Turns Over a Living Line", puis un savant travail d' exhumation et de détournement de tout qui a pu passer par les dancefloors ces trente dernières années. Tropic Of Cancer servira de pendent plus "pop" mais toujours ô combien minimal à Raime et finira de tisser par l' intermédiaire d'un de ses membres les liens ténus unissant BEB à l' Hospital de Dominick Fernow. Cut Hands quant à lui entrainera l' esprit BEB en territoire tribal et la légende Régis y trouvera un abris digne de son immense talent. Dans le cahier des charges post punk BEB remplira avec talent la case curiosité et dépaysement en dénichant vers l' Australie sa trouvaille la plus belle, ou du moins la plus reconnue, Carla Dal Forno. Jamais on ne se remettra par ici de la rencontre nocturne de l' ambient infantile et terrifique de F INGER, le trio que la belle héritière de Nico formait avec Tarquin Manek et Samuel Karmel. Tout comme les premières publications sous son seul nom qui vont faire tant parler d' elle dans le petit monde indie jusque-là rétif aux sorties du label. Par la suite BEB offrira les collages sonores gauchistes de Tomorrow the Rain Will Fall Upwards (également un hommage caché à l' une des figures tutélaire du label Rowland S. Howard et un lein avec les cousins de HTRK) , la Drum'n'bass minimal de Pessimist, Ossia et ira jusqu' aux confins de la Russie dégoter тпсб avec son mariage détonnant de Jungle et d' ambient givrée. On aura même droit au fenchie de service en la personne de Jac Berrocal En faisant preuve à la fois de diversité et d' un profond respect de sa ligne éditoriale BEB est entré dans la légende des grands labels du passé et même si la tristesse d' un départ prématuré est persceptible elle se lie aussi au sentiment rassurant de ne pas observer à l' avenir à un de ces trop nombreux naufrage que l' histoire des labels indépendant nous a offert autrefois. Blackest Ever Black en 10 disques RAIME Quarter Turns Over a Living Line TROPIC OF CANCER Restless Idylls CUT HANDS Festival Of The Dead F INGER Hyde Before Dinner REGIS Manbeit RAIME Tooth CARLA DAL FORNO You Know What It's Life TOMORROW THE RAIN Will Fall Upwards PESSIMIST Eponyme тпсб Sekundenschlaf PLAYLIST BLACKEST EVER BLACK

  • DUBLIN, NOUVEAU PARADIS POST PUNK GIRL BAND,FONTAINES DC, THE MURDER CAPITAL, MELTS & lot of

    L' Irlande et le post-punk? S' est-on souvent posé la question? Franchement jamais. Normal en fait. Ce courant majeur au large spectre stylistique qui a brillé en Angleterre, en Ecosse jusqu' en Australie semblait n' avoir jamais avoir entamé avec succés la traversée de la Mer d' Irlande. Bon ok ! Les chipoteurs vont me parler d'un triste groupe apparu dans la queue du post-punk originel devenu remplisseur de stade avec son chanteur roi briseur menu-menu dans son rôle pathétique de sauveur du monde. Mais franchement! Comment rapprocher U2 et ses hymnes démagos des PIL, Joy Division, Birthday Partys et compagnie pour faire cours. Heureusement encore que Brian Eno avait des factures à payer (pour les rares bon disques). Il y a avait bien aussi The Virgin Prunes mais trop gothiques et The Waterboys à leurs débuts. Ces derniers étant vite devenu un musée celtique. Dublin sans crier gars est simplement devenu en à peine quelques semaines l' autre épicentre du revival réussi (ça arrive parfois) que nous vivons. Étonnant épicentre parce que si on rembobine cette petite histoire le périmètre était restreint à Londres dans un premier temps avec les artificiers Fat White Family et leur état d' esprit post-punk qui ne cesse de se cacher dans d' autres styles. Ensuite sont venus leurs enfants putassiers, Shame et Hotel Lux. Un petit détour par Bristol pour Idles et voilà quatre des plus grands sauveurs des guitares politisées à l' agonie depuis trop longtemps. Guitares aventureuses musicalement? Pas toujours (Idles? hum! mais le coeur y est), même si parfois elles se révèlent surprenantes et sincères (Shame). Certainement ce qui fait l' intérêt de ce revival est que ses guitares sont accompagné d' une observation et critique sociales, politiques et révolutionnaires que certains revivalistes des 00's plus portés sur la danse et les ambiances dark avaient livré en mode light et attendu. Dublin avait-il autre chose à proposer? Trois disques en 2019 répondront d'une manière assez détonante. La-bas aussi les guitares replongent leur museau dans la merde sociétale, économique, écologique et politique du moment. Mais Dublin a un truc en plus. Les guitares se font aussi bien plus aventureuses en matière stylistique et d' expérimentation que chez les anglais. Certaines influences pas franchement attendues en matière de post-punk montrent leur bout du nez. Dublin vient de frapper très fort et rentrer probablement dans la courte liste des grandes villes qui révolutionnèrent la musique tel Detroit, Berlin et Manchester. Qui a allumé la mèche du côté de Dublin? Pourquoi Dublin? Répondant d' abord à la deuxième question sous forme d' un état des lieux sans trop en passer par la carte postale maintes fois ressassée à chaque apparition sous les projecteurs d' une formation du cru. Dublin au cours des 90's et début 00's était devenue synonyme de croissance économique, changements sociétaux, progrès etc etc. Et Ryan Air d' apparaître le symbole du succès irlandais. Symbole appelé dorénavant à devenir celui des faux semblants néolibéraux et carrément un boulet en terme d' image. Et ne parlons pas du jour où les Européens béas se rendirent compte que l' Irlande avait financé sa réussite en grande partie par son statut de Paradis Fiscal. En ce temps il se passa aussi un petit miracle pour quiconque suivait ce pays avec affection depuis des années. On parla de moins en moins de la violence inhérente à la colonisation britanique dans le nord du pays avec le processus de paix entamé à l' orée des 90's. Et puis patatras! La crise de 2008 remis les préjugés et la vision d'une nation en souffrance à la mode. L' Irlande est certainement le pays européen qui s' est pris le plus les pieds dans le tapi néo libéral. Récession, politique d' austérité budgétaire, chômage reparti en hausse, délitement sociale et crispation réac sur certains sujets en lien avec la religion. Bref, l' actuelle décennie lorsqu ' elle débuta ressemblait bien trop à celle des 80's et ses travers que les irlandais pensaient avoir laissé derrière eux à jamais. Autant alors regarder dans le rétro ce qu' il se faisait de bien musicalement à l' époque. Et c' est ce que fit tout un pan de la jeunesse dublinoise. Back in 1978-82 et l' aventure post-punk sous toutes ses formes. Triste à dire mais bien souvent quand rien ne va, la musique se requinque parfois et artistiquement ça porte ses fruits. Parfois. GIRL BAND, les initiateurs d' une révolution et leur grandiose comeback. Qui a montré le chemin de la remise en route temporelle des vieilles guitares ? Du courage, rigueur et de la force pour repartir au combat? La réponse est évidente pour les habitués du blog tant je vous en ai parlé plus d' une fois. Girl Band ! Doublon au moment de la remise des lauriers pour l' année 2015, 7 ème du Top album 2015 avec "Holding Hands with Jamie" et 25ème pour les ep ("The Early Years") jusqu' à figurer à une brillante 31 ème dans le top de la décenie en cours. Pour les retardataires Girl Band c' était un renouveau rock les pieds encrés dans le réel à grande dose de noise et sous haut patronage du Post Punk aventureux et de son pendent ricains, la No Wave. Des guitares sans la fausse pudeur des copieurs, oublieuses du passé et cherchant vaille que vaille à faire du neuf. Le rock n' était qu'un simple matériaux brut entre les mains des Dublinois. Une matière sonores agressive qu'ils se hâtaient de remonter d' une manière totalement originale. On a craint un instant que cette apparition était juste un mirage parce que depuis 2015 plus aucune nouvelles de Dublin. Panne d' inspiration? Autodestruction? Pression trop grande du fait d' être devenus les sauveurs des guitares bégayantes? Les nouvelles alertant sur l' état de santé fragile du chanteur devenait source de craintes quant à une probable séparation précoce. Craintes confirmées avec les multiples annulation de concerts en 2017. Et le pauvre Dara Kiely de passer par la case hôpital et psychiatrie. Le printemps 2019 chassa tous les doutes quand le groupe annonça la sortie d' un nouvel album prévu en Septembre et qu 'il accompagna la nouvelle par un clip terrifiant. Une fois Kiely remis sur pied la petite troupe s' est retrouvée quelques jours a enregistrer dans une vieille demeure géorgienne en périphérie de Dublin. Selon les membres du groupe, le choix du lieu s' est révélé une réussite en permettant une multitude d' expérimentation en matière de production. Une batterie enregistrée dans le studio, l' autre dans le couloir. Avec cette exemple on ne peut s' empêcher de se dire que Martin Fox leur bassiste et dorénavant producteur est un grand fan et adepte de feu Martin Hannett (Joy Division). "The Talkies" rien que par son titre en référence au cinéma parlant et la révolution qu' il entraîna dévoile parfaitement ce que l' auditeur va découvrir. Un grand pas dans un inconnu idiosyncratique pour lui et une vraie et profonde révolution des ancestrales méthodes ritualisée des formations à structures traditionnelle rock & punk. On retrouve très vite ce qui fait la caractéristique des Girl Band, utiliser une instrumentation "classique" rock mais avec les méthodes issues de l' électronique. L' abstraction souvent dominante n' est pas sans rappeler une nouvelle fois l' IDM d' Aphex Twin et Autechre. Mais les irlandais sont allés encore plus loin jusqu' à définitivement abandonner le fantôme des Liars de la grande époque. Les guitares sont traitées tel des samplers comme cela est coutumier dans l' électro minimal. L' auditeur arrive très vite au point de ne plus savoir qui fait quoi si ce n' est le batteur. Du rock ils ont également mis à mal l' égo dont ses musiciens sont trop souvent dotés. Le groupe fait réellement bloc et seul compte le résultat. L' état d' esprit libre provenant du post-punk est à la base de cette façon de faire mais pas seulement. Girl Band se rapproche aussi des deux autres formations irlandaises dont il sera question plus tard par son approche osée et sans œillères des influences du passé. Ainsi ils revendiquent avoir utilisé les même méthodes que Marvin Gaye pour son sommet soul "What's going on". Un autre point commun avec leurs compatriotes c' est bien sûr leur connaissance parfaite et passion pour l' histoire musicale des voisins anglais et cette capacité à injecter des références rarement croisées dans le post-punk et la noise. La rythmique symbolisant les rituels d' autrefois dans "Shoulderblades" ne peut qu' évoquer celles du Glam Rock et croisée récemment chez James Holden ou les Battles. Quand ils décident de nous refaire le vieux coup de la manipulation sonore en repassant des sons à l' envers dans un titre ils vont encore plus loin que les dieux Beatles. Ils apprennent carrément à jouer à l' envers avec leur instrument et l' effet est totalement bluffant et novateur. L' auditeur est plongé dans un univers sonores souvent agressif mais toujours énigmatique par les surprises qu' il recèle. Girl Band est même apte à étonner quand une mélodie plus identifiable cajole vos oreilles pour mieux laisser place à sidération bruitiste. Bien sûr qu' en ce qui concerne le chant la révolution est moins nette. Mais on peut déjà assurer que Dara Kiely a définitivement dépassé le maître en assumant totalement son phrasé typiquement Mark E Smith voir mieux. Comme les deux chanteurs de Fontains DC et The Murder Capital il révèle son gigantesque talent de documentaliste critique de la société irlandaise. L' intro du disque commence avec un Kiely enregistré en pleine crise d' angoisse et indique parfaitement ce qui va suivre. C' est bien le phrasé du Mancuniens par moment mais la personnalité de Kiely est si forte que l'on finit très vite par oublier le récent défunt. Et puis le jeune homme a comme l' autre ses propres marottes parfois en lien avec sa pathologie mentale. Idée incongrue mais génial de ne pas utiliser de pronoms ou d' en passer par les palindromes. Son univers de parolier se conjugue au présent mais rode les fantômes de Joyce et Burrough. Comme pour celles de ces grands noms notre époque contemporaine se révèle un terrain de jeu passionnant pour qui comme Kiely aime alterner l' absurde, le détail anodin et le plus profond. "The Talkies" répond à toutes les attentes portées envers Girl Band. Révolutionnaire musicalement, un gros coup de pied au cul au revivalisme rock, et la bande son parfaite du chaos ambiant qui domine notre monde menaçant et dissonant. Une réussite totale! THE MURDER CAPITAL, plus qu' un groupe punk revival. Si Girl Band sont ceux qui allumèrent la mèche passons directement et illogiquement aux tout derniers pyromanes à la place de ceux qui les ont précédé de quelques semaines en matière de publication et de hype. A vrai dire leur place de deuxième dans cet état des lieux dublinois n' est ni entièrement injustifés et encore moins le fruit d'un caprice de votre serviteur. The Murder Capital se situe parfaitement dans une sorte de no man's land entre les expérimentateurs Girl Band et les plus "classiques" Fontaines D.C. Il y a peine 8 mois The Murder Capital n' existait pas médiatiquement ou alors très peu. Peu de chanceux avaient bien sûr entendu parlé du groupe faisant alors les premières parties des Shame ou d' Idles et de la hype du moment en cette fin d' année 2018, The Fontains D.C. Bref un groupe en passe de devenir une hype faisant la première partie d'une autre hype. Hum! Buzz immérité? Hallucination collective sur une probable nouvelle scène Dublinoise à la conquête du monde??? Même le NME en mettait une grosse couche. Fallait du solide et il arriva enfin avec un premier single, "Feeling Fades". Morceau typiquement post-punk avec l' ombre de Joy Division en influence majeur, pas vraiment surprenant. Mais sur ce titre c' est la voix du chanteur et ses talents de prédicateurs à fort charisme qui justifia toutes les promesses et supputation de The Next Big Thing post-punk. Quelques semaines plus tard c' est "Green & Blue" qui confirma l' affiliation à la troupe de Ian Curtis en se révélant moins punk, beaucoup plus noir. Le chanteur James McGovern ne faiblissait absolument pas dans la performance et prenait toujours soin à ne pas singer Curtis. Par contre question rythmique The Murder Capital réussissait là où beaucoup d' autres n'ont pas osé s' aventurer. Reproduire le groove intense et martial des mancuniens tout en y injectant leur personnalité. Effet garanti en matière d' atmosphère abrupte et oppressante. En juillet c' est "Don't cling to life" qui remis une couche avec ses manières Joy Division accélérée et cachées sous le lyrisme de Mc Govern et la production. Il apparaissait clair que l' album à venir serait au pire un très bon disque de post-punk comme ceux de Shame et consorts. "When i have fears" est sorti fin Août et malgré les avertissements cités plus haut il a réussi à placer le groupe à un palier bien plus haut que celui de simple "bon groupe post-punk revivaliste". Et pour cela il n' aura suffit que les premières seconde du titre "For Everything" servant d' introduction au disque. Probablement l' un des débuts d' album parmis les plus bluffant intense depuis longtemps. Une ambiance étouffante créée par des larsens vous agrippe au cou et l' auditeur pressent immédiatement qu' un animal sauvage va surgir hors de sa cage. Et quand c' est le cas c' est une dévastation totale. "More is Less" présente un visage plus sauvage et punk du groupe et "Green & Blue" calme le jeu mais replonge le groupe dans la pénombre. Et la suite est du même accabit en nous emportant encore plus dans les profondeurs et The Murder Capital, si j'ose dire, de tutoyer Joy Division dans les sommets de l' exercice. Le tout en surprenant. C' est que nos irlandais dévoile au cours de "Slowdance I & II" une palette bien plus riche et diversifiée que la plus part des revivalistes post-punk. Les liens avec Idles et Shame sont oubliés aussitôt qu' un violon s' avance et que des guitares typiquement noisy 90's closent le diptyque. A peine remis ces crapules irlandaises décident de lâcher leur meilleur titre à ce jour, "On Twisted Ground". Complainte typiquement irlandaise à la sauce post-punk. Encore un "long" morceau qui se conclue par un soupire appelé a rester encrée dans toutes les mémoires. "Feeling fades" et "Don't cling to life" se rappellent à notre bon souvenir resté bien vivace et confirme que la caractéristique de Murder Capital face à leur congénères anglais est bel et bien cette capacité de savoir alterner les attaques brutale et les moments de profonde réflexion poétique. Comme Kiely des Girl band et le chanteur des Fontaines D.C. James Mc Govern est un vrai et fin poète quand il s' agit d' aborder le passage douloureux à l' âge adulte, l' acceptation des peurs, l' anxiété, la fragilité, la douleur et la perte. Comme les deux autres lui aussi s' empare du malaise existentiel de notre époque avec une justesse et une maestria peu vu ces dernières années. Oui il est encore possible de le faire avec des guitares quand bon nombre de producteurs électros et expérimentateurs en tout genre semblaient avoir le monopole face aux bégayantes guitares coupées du présent. Murder Capital sort du lot aussi parce qu'ils sont très malins en sachant parfaitement s' entourer pour la production avec le choix de Mark Ellis aka Flood. Si vous découvrez pas cette vieille tête bien connu sachez juste que ce type a produit par le passé New Order ("tiens tiens tiens !"), Depeche Mode, Nine inch Ails, Nick Cave, PJ Harvey, The Charlatans etc etc. La production révèle à chaque écoute une multitude petits détails rarement croisé chez les autres. Flood réussit également a bien capter et aiguiller la force live du groupe sur le chemin du format discographique. The Murder Capîtal tape un très grand coup et peut même postuler avec ce premier album à la place de meilleur disque d'une scène encore en devenir. Dotés d' une maturité hallucinante ils n' ont pas à rougir face aux Idles et Shame. Ils sont tout simplement bien plus qu'un groupe punk ou post punk. Deviendront-ils avec un disque tel que celui-ci les futurs Strokes ou Radiohead de leur époque? S'endormiront-ils sur leurs lauriers comme les ricains ou quitteront-ils le post punk originel en gardant son état d' esprit pour s' aventurer sur d' autres terres? Seul l' avenir nous le dira en attendant dégustons ce disque déjà devenu un classique. FONTAINES.D.C. Post Punk post Britpop ??? On va donc finir cette revue d' effectif par le groupe qui a le plus fait parlé de lui en 2019. Si Girl Band est l' allumette qui a foutu le feu tout en révolutionnant à grand coup d' expérimentation, que les Murder Capital sont ceux qui offrent le plus beau visage moderne au post punk sans concession de Joy Division et tiennent le rôle des héros outsiders géniaux appelés à devenir cultissimes alors on peut affirmer que les Fontains D.C. sont la locomotive médiatique et commerciale de cette scène. Les Oasis du machin comme Gallagher et compagnies l' étaient pour la Britpop lancée par Suede, Elastica et Blur. Fans des Girl Band et supporter des Murder Capital les Fontains tiennent leur rôle de tête de gondole pour la scène du coin et font même beaucoup mieux. Jusqu' à devenir la révélation indie de ces 10 dernières années en additionnant succés critique et publique. Apparu après le choc Girl Band la formation a pris son temps pour en arriver à la sortie de l' album à guitare de 2019. La concurrence ricaine est rejetée très loin, les vieilles marottes oubliées, et les voisins Shame et Idles auxquels on les raccrochent systématiquement relégués au rang de faire valoir. "Dogrel" est sorti le 12 Avril et depuis il est devenu instantanément un "classique" dans la rare catégories des premiers albums réussis comme le furent par le passé ceux des Stone Roses, La's, Smiths, Oasis, Storkes, Interpol, Franz Ferdinand, Arctic Monkeys et d' autres. Ce genre de disques qui n' inventent presque rien mais redisent ce qui a été dit d' une manière si pertinente et nouvelle qu' ils renversent la table et rabattent les cartes pour dix ans. Je ne pensais pas qu' un groupe avec cette musique toute simple puissent me retourner comme c' est le cas depuis Avril. Mais qu' est ce qui enclenche ainsi les émois du vieux briscard indie que je suis? En 5 mois je n' ai pas trouvé la réponse. Juste des indices. Et comme les Stone Roses, les La's et les autres on ne la trouvera certainement jamais. Le truc qui fait tout. Si je ne cesse de citer un pan entier de l' histoire indie de ces trente dernières années ce n' est pas pour rien. Les Fontains s' inscrivent parfaitement dans son héritage autant que celui du post-punk et se révèlent être les plus dignes successeurs. L' erreur à ne pas commettre en effet est de résumer ce groupe à la simple étiquette post-punk. Comme jadis Wire ils piquent où bon leur chante. Bien sûr à l' image du chanteur Grian Chatten par sa petite ressemblance et son jeu de scène et comme Murder Capital le fantôme de Joy Division est omniprésent. Certaines lignes de basse semblent sortir d' "Unknown Pleasures". Un autre spectre plane sur la musique des Fontains et d' une manière plus pernicieuse, celui des Chameleons. De l' histoire indie qui succéda au post-punk les Fontains l' assument entièrement et vont même jusqu' à tisser un lien entre les Clash pour leur esprit combatif punk et les Smiths par leur amour inconditionnel de la poésie. Chatten comme Mc Govern des Murder et Kiely des Girl Band connait par cœur son Rimbaud, Joyce et Yeats. On peut même oser dire que Chatten est une version de Morissey en mode je m'en foutiste qui a un peu oublié son Oscar Wilde et le pédantisme qui va avec. L' indie des 80's et 90's est également dans la musique à grande rasade de Jangle Guitare. Et que dire de la Britpop qui irrigue les veines de nos irlandais. Dès l' intro de l' album le titre "Big" se présente comme la version post-punk improbable du "Rock'n'roll star" d' Oasis. Plus loin "Roy's Tune" poursuit la tradition des ballades remise au goût du jour en leut temps par les britpopeux. L' aspect Lads se profile même sur le chant footballistique "Liberty Bell". "Dogrel" a pour personnage principal Dublin. La ville est au centre de tout dans les paroles du troisième prédicateur de cet article récapitulatif. Dublin et l' histoire de son pays. La si typique mélancolie irlandaise est bien sûr présente avec "Dublin City Sky" et les gosses savent bien que le meilleur groupe irlandais à citer n' est pas celui de l' horrible Bono mais bel et bien The Pogues ou peut être bien Thin Lizzy. Tiens!? En aurais-je oublié un autre? Pas de trace de shoegaze chez ces jeunots, dommage! Un fait qui le confirme est que par exemple Chatten n' a surtout pas cherché à cacher son accent irlandais et on en redemande. Dublin post récession est un territoire parfait pour qu'il déambule son romantisme échevelé. Le chanteur comme le reste de ses troupes offrent une audace et une morve à toutes épreuves tout en restant vertueux. Pour conclure et bien faire comprendre en quoi The Fontains DC est le putain de machin indie immanquable est qu' il me font penser aux Stone Roses et aux Oasis. Citer ces deux formations accolés au terme Post Punk a beau être une incongruité mais cela se révèle bel et bien juste.L' album, l' évidence de certaines chansons, ce mélange de culot, d' intégrité, de génie et de branlitude fait penser au premier disque de la clique à Ian Brown et Gallagher. Et que dire des concerts. Jetez vous sur celui de Glastonbury de cette année. Le son est certes pas top mais on ressent le même frisson que devant ceux de Blackpool ou de Main Road. More... Et quand il n'y en a plus il y en a encore. Derrière ces trois locomotives une pléthore de groupe irlandais tente le coup. Le post punk reste en filigrane mais vous allez vite comprendre que chaque formation a sa propre version des archétypes post-punk. MELTS. Melts est constitués de membres issus d'une grande diversité de formations aux styles musicaux eux aussi multiples et variés. Et cela se sent immédiatement à leur écoute. C 'est parfois brouillon mais reconnaissons-leur qu' ils sont encore en maturation vu le jeune âge du groupe. Comme Fontains DC ils s'intéressent au "Post post-punk" et plus précisément ce qui a suivi immédiatement. Ils offrent un psychédélisme rafraîchissant face aux compères irlandais déjà abordés qui évoque Echo & The bunnymen avec parfois des senteurs New Wave façon Cure. Cet alliage pas si courant rappelle un autre oublié de nos jours mais qui a eu le mérite d' exister grâce à une formation dans ses débuts dont il a déjà été question dans cet article. Comment ne pas penser aux Stone Roses sur "Echoes" et "Skyward". Mais attention les Stone Roses première version avec look gothique et romantique du single "So Young/Tell Me". MELTS ? Un revival improbable Baggy à la sauce post-punk? SILVERBACKS Ce groupe mené par la frairie O'Kelly délivre quant à lui un post-punk remuant bien plus conventionnel que tous les autres mais possède lui aussi sa bonne dose de particularisme. Trois guitares dans le post-punk c' est rare et encore plus rare c' est que cette caractéristique offre comme point de repère le pré-punk de Television avec l' accumulation de couches qui se répondent sans cesse. Musique labirynthique parfaitement mise en place avec le soutien à la production du Girl Band Daniel Fox. Autre bizarrerie et petit point commun avec les Fountains DC et surtout Girl Band encore une fois c' est qu'ils lorgnent sur les 90's et vont jusqu' à franchir l' océan pour citer Pavement et Sonic Youth. Au final comme The Murder Capital c' est une espèce de revivalisme post-punk assumée mais comportant une sacrée dose d' originalité par ses influences rarissimes en la matière. JUST MUSTARD Ces derniers rappellent une chose un peu oubliée, Kevin Shields de My Bloody Valentine a grandi pendant le post-punk et la New Wave. Rien que les liens héréditaires entre le shoegaze et The Cure suffisent à le prouver. Trente plus tard Just Mustard remet la question au goût du jour. Attention là aussi il s' agit d'un groupe encore en maturation comme l'indique l' évolution entre leur premier album "Wednesday" et les singles "Frank/October" et "Seven". Ces derniers semblent offrir un visage plus direct permettant à la chanteuse d' évoquer un Lush dansant et indus ou des Sundays moins rêveurs et préférant une certaine forme d' incantation. Place au son ! Dans l' ordre de l' article. GIRL BAND THE MURDER CAPITAL FOUNTAINS D.C. Le magnifique concert de Glastonbury 2019 MELTS SILVERBACKS JUST MUSTARD

  • SARAH DAVACHI, retour romantique plus classique.

    A peine un an s' est écoulé depuis son double coup de force de 2019 que la canadienne nous revient pour son onzième album en à peine 6 ans. Toujours pas remis des deux précédents (ici) , deux disques qui n' en finissent pas de squatter les nuits de certains, voici qu' il va falloir faire une place au tout récent "Pale Bloom". Sarah Davachi semble quitter les terres Ambient et sa pratique du Drone pour revenir à un peu plus de classicisme. On navigue à travers des époques révolues, entre Satie et Bach. Un piano brut semble donc prendre le dessus sur les autres instruments et une touche bien plus romantique semble dominer. Surtout sur les deux premiers titres quand enfin le troisième de la série "Parfum" revient avec un orgue dronesque comme on l' aime tant chez elle. Les fans des précédents peuvent regretter ce virage plus sage jusqu' à ce que la voix de Fausto Dayap Daos ne s' empare de vous et dévoile une Davachi bien plus lyrique dans son mélancolie. Le dernier titre la voit enfin revenir aux cordes (violon et viole de gambe) et pour le coup nous nous retrouvons enfin en territoire connus. Peut être moins étrange et charmeur que les trois précédents albums ce "Pale Bloom" semble être un petit divertissement romantique plutot "classique" mais assez convainquant dans une carrière bien plus aventureuse. En plus de ses disques personnels sortant à un rythme effrénés Davachi a encore du temps pour des collaborations. "Intemporel" la voit s' associer avec Ariel Kalma, un français émigré en Australie et plutot adepte du New Age. Donc on découvre surpris une Davachi s' insinuant dans un trip cosmique. Parfait pour les prochaines nuits d' été.

  • FAT WHITE FAMILY, La bête n' est pas encore morte. Elle vient de bouffer toutes les autres.

    Ils sont vivants! On pourrait croire que j'en fait un peu trop par cette exclamation mais quiconque a suivi les pérégrinations toxicomanes et autres des Fat White Family depuis leurs débuts ne la trouvera pas de trop. Non seulement ils sont vivants mais en plus ils bandent. Si physiquement je ne suis pas allé voir et que certaines paroles sur le dernier disque en disent bien assez on va se concentrer sur l' aspect musicale avec le fait que l' intuition que ce groupe avait un petit truc en plus se confirment. Troisième album et meilleur album. Tout simplement. Un album sur lequel beaucoup devraient prendre exemple. Il me reste en mémoire la claque reçue un certain soir d' Août 2014 à Saint Malo. Je ne vais pas me répéter et je vous conseille d' aller reluquer ce que j' avais écrit à leur sujet à l' époque (ici). Comment en une simple succession de concert on pouvait comprendre ce qui clochait dans l' indie à guitare et malgré cela avoir un peu d' espoir pour la suite. En quoi le rock garage alors triomphant, via une de ses locomotives (Thee Oh Sees), pouvait se révélait d'un conformisme parfaitement ennuyeux et que celà ne se résumait plus qu' à un simple divertissement rétro-gaga sans de réelles remise en question de quoi que ce soit. Ce constat devenait donc encore plus évident quand une autre vision s' empara juste après de la scène. Les Fat White Family surgirent comme une apparition divine avec en lieu et place des apôtres des espèces d ' Happy Mondays version 2.0 et un Mark E Smith sérieux mais grandiloquent tenant le rôle messie. Il apparaissait clair que si un avenir radieux pour une certaine éthique tenant plus du "post-punk" que du rock bas du front et ce ,avec une certaine "classe", devenait possible, c' était du côté anglais qu' il fallait allait chercher. La Fat White Family devinrent de vrais héros et il ne faillit pas attendre longtemps pour que les Sleaford Mods emboîtent le pas suivi par une pelleté de groupe british (Shame, Idles etc etc). Ca c' était en 2014. La suite du parcours de la grosse famille blanche fut comme l' on s' y attendait à une explosion en plein vol suivie d' une descente aux abîmes. Trop de drogue, de scandales, d' amour et de haine dans ce groupe. Une forme moderne de jusqu' au boutisme que n' aurait pas renié leur idole Mark E Smith. Les membres partaient de leur plein grès ou se faisaient jeter. Revenaient de temps en temps et parfois disparaissaient à tout jamais. Les deux têtes pensantes du groupe Saul Adamczewsky (le gars à la quenotte en moins) et Lias Saudi (le chanteur) n' y échappèrent pas avec l' addiction sérieuse du premier et les pneumonies en série du deuxième. En 2016 le deuxième album était symptomatique du bordel. Entre le sublime et le pathétique avec un accueil critique qui blessa Saudi. Un autre problème apparaissait encore plus visible. Une forme de décalage de plus en plus désagréable entre les prestations live, les déclarations d' intentions, la critique acerbe mais totalement justifiée de la concurrence (merveilleux dézingage des Arctic Monkeys) d' une part, et le passage au format discographique un ton en dessous par trop de conformisme sonore. Les promesses des prestations scénique à la force gigantesque qui mêlaient abandon jouissif et cérémonie de purification collective peinait à se retrouver dans "Songs For Your Mothers". Le talent et le fond plus que sérieux opportun laissèrent place aux travers vintage et rétro-gaga et nos sauveurs peinaient à sortir la tête de l'océan folklorique d' une scène en déliquescence néo-libéral où les niches stylistiques s' additionnent sans réellement se mélanger. Caractéristique symptomatique de ce terrible constat, si nous voulions le meilleur de Fat White Family, ce n' était pas sur leurs disques mais ailleurs qu' il fallait creuser. L' étroitesse d' esprit, la vision basse reprochées aux autres par Saudi et consorts étaient réellement combattues en brèche avec une vraie originalité mais hors de la maison Fat White. D' abord il y a eu Moonlandingz dans lequel Saoudi et Adamczewski fricotèrent avec la culture électronique et dancefloor du Nord et surgit ainsi un élément de la culture anglaise totalement caché chez la Fat White Family par les aspects psycho-rock et punk un peu trop omniprésents et franchement devenu normalité partout ailleurs. Le Glam Rock teinté ici de rétro-futurisme. Une réappropriation bien plus pertinente que le reste du troupeau revivaliste. Par la suite c' est Adamczewski et ce coup-ci le frêre de Lias Saoudi, Nathan, qui révéla une obédience et un savoir faire pop à faire pâlir les cul-serrés du garage rock. Les espérances de 2014 trouvaient avec ces deux projets une première et réelle satisfaction. Oui les types de Fat White Family pouvaient s' emparer du passé sans faire du revivalisme infertile. Etre à la fois jouissifs, acerbes et absolument perspicaces. Et même, même, innover! Et nous voilà arrivé en 2019. Si on veut parler d'un rock/post-punk anglais un brin politisé et populo et en grande forme les gens citent Idles, Shame puis les grands Sleaford Mods. Si les derniers sont au dessus les autres vont très vite se retrouver dans l' impasse revivaliste tellement leur propos est dilué dans un vintage balisé. Sauf si miracle. Et les Fat White Family qui avaient tant fait dans la genèse de cette nouvelle scène remisé à la case bête de foire sans avenir. Devenu un groupe attendrissant mais franchement à placer aux soins palliatifs. Des soins palliatifs ils s' en sortis! Londres abandonné et retour à Sheffield. Terminé les drogues dites dures, juste une petit régime d' herbes et de Kétamine. Nouveauté, le début de l' enregistrement de ce grand "Serfs Up" verra le petit frère Nathan taper un poil plus l' incruste entre les deux têtes pensantes. Adamczewski se pointant pile poile quand cela va devenir nécessaire. Tactique gagnante. "Serfs Up" éclabousse les précédents par son aspect raisonné et la très grande diversité de registres. Les Fat sont loin des junkies écervelés que l' on bien voulu ou qu'ils ont laissé faire croire. C' est même l' un des groupes les plus lucides politiquement et ouvert d' esprit en matière d'influences et d' expérimentations. Immédiatement les textures sonores révèlent avoir été méticuleusement travaillées et visiblement cela est du au fait que le plus jeune des Saoudi se soit pris de passion pour la technique électronique. L' électronique est la grande lauréate de ce disque et du changement stylistique. Entr-apperçue chez les les Moonlandingz Sheffield et son histoire marque encore plus profondément de son empreinte les 10 titres et ce, pas seulement en lien avec les machines. Le single "Feet" est en un sens historique à l' exact opposé du culte psycho- rock garage des débuts. Parfois le spectre d' Human League ou de Depeche Mode apparaissent mais c' est surtout l' aspect métallique dans la production de "Feet" qui rappellera les géniaux Cabaret Voltaire. Suicide devenant l' évidente clé du passage de l'un à l' autre. Sur "Fringe Runner" on peut même apercevoir Gary Numan perdu dans le local de répétitions de la Family et tomber sur un vieux maxi 45 tours de S Express. Et qui dit électronique dit donc dancefloor. On a jamais autant dansé avec la Fat White Family. Bien évidemment le disco chez eux retrouve une forte odeur de stupre et de fornication et même l' Acid House est présente mais sous son plus mauvais jour, les sales lendemains matins en pleine descente paranoiaque. Si LCD Soundsystem faisait danser gentiment avec son revivalisme post-punk celui des Fat qui n' en est plus vraiment un fait danser, réfléchir et flipper grave par l' inconfort qu'il insuffle. Cet inconfort qui les différencie de tous, c' est la marque de fabrique des Family depuis leurs débuts. Cette musique est sans cesse infusée de parano, d' une ferveur malsaine et troublante parce que visionnaire et touchant toujours là où ça fait mal. Saoudi et les siens retrouve leur aura de Messie annonciateur de l' apocalypse disparue sur le deuxième album. Sheffield toujours. Quand des cordes apparaissent ainsi qu' à d' autres moments il y a des petits côtés cinématographique,dandy et déchéance de ce triste monde que ne renierait pas pas le Pulp de "This is Hardcore". Bref, un petit je ne sais quoi quoi Gainsbourien. C' est à un point qu' immédiatement on en vient à penser que "Vagina Data" est une réponse perverse au dernier Arctic Monkeys lui aussi très Gainsbourg. Et Alex Turner de passer pour un gentillet dandy de pacotille face à un Lias Saoudi qui innove en chantant à la Marc Bolan plutot qu' imitant l' évidence française. Baxter Dury sur "Taste Good With The Money" n' a plus que le temps d'une tuerie glam d' enfoncer un peu plus le prétendu crooner des singes arctiques. Le Glam est l' autre grand vainqueur du disque. Il dégouline de partout. Sur le titre déjà cité mais aussi d' une manière totalement inédite sur "Fringe Runner" par sa rythmique croisé à l' électro. Les batteries subissant un sérieux reliftage par couches succésive de réverbération, le Glam encore! L' aspect martial qui n' était que distillé à l' époque et bien sûr imaginaire Homo éclate au grand jour dans la musique comme dans le clip de "Feet". Et si finalement les Fat White Family s' était muté en enfant putassier d'un Slade qui a oublié de faire mouiller la petite culotte des adolescentes sur le plateau de top of the top. Pop ils en font mais je vous rassure, c' est une pop bien trop salace pour être multi-diffusée. Et tout autant étrangeament sur "Sebastian" via encore une référence appuyée dans le chant à Bolan croisant accidentellement les Beach Boys. Les Fat White Family offre donc leur meilleur album. Le plus concis. Le plus abouti. Mais pas seulement. Ce qu' il avait semé a dorénavant germé et s' est muté en un Post-punk à guitares plus qu' attendu parce que commençant sérieusement à se répéter en squattant toutes les rubriques de chronique du monde numérique. Voir pour cela la dernière petite sensation en date, Fontaines DC. Mimi, éfficaces mais totalement déjà entendue donc un brin inoffensif. Nos héros quant à eux regardent ailleurs et écrase la concurrence avec ce truc dont les autres ne savent plus vraiment ce que cela veut dire et signifie. L' expérimentation. Marque de fabrique suprême des originaux. Toujours un train d' avance et les suiveurs de récupérer les ébauches pour faire carrière. Avec talent ou pas. La grosse famille blanche confirme définitivement l' intuition d' Aout 2014. Ils sont par leur capacité à se remettre en question, à abandonner la niche stylistique et tenter de faire du neuf avec du vieux, le meilleur groupe anglais depuis les These New Puritans et Sleaford Mods dans un tout autre domaine.

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