top of page

Search Results

496 résultats trouvés avec une recherche vide

  • NOT WAVING, malaxe les époques et les genres.

    DWTN vous avait déjà parlé précédemment d' Alessio Natalizia aka Not Waning à l' occasion de la sortie de son album. J' avais promis de revenir sur le cas du bonhomme et puis vous savez ce que c' est, d' autres bon disque à partager, le temps qui s' écoulent etc etc. Le service minimum était au moins fait. Cet été le label Ecstatic a décidé de rééditer l'un des anciens disques de l' italien. Judicieuse décision qui me donne enfin l' occasion de parler de celui qui nous aura offert en 2016 non pas, un album et un single parmi les meilleurs, mais en plus une ressortie à mettre au dessus du lot de la catégorie à la fin de l' année. Si "Animals" sorti chez Diagonal s' avèrent une sacrée machine taquine et psychotique faite de torgnoles électro vous avez peut -être remarqué qu'il n' était pas que rempli de tueries pour dancefloor fonctionnant sur courant alternatif à l' instar de son pote Powell. Quelques instant plus calmes et posés apparaissaient de-ci et de-la. L' artiste italien a de nombreuse facettes et même si il subsiste quelques lignes éditrices il faut avouer que sa musique est bien plus riche et variée que peut déjà le montrer "Animals". C'est que notre Italien a déjà un long parcourt derrière lui. Plusieurs disques au sein desquels il est habilement passé d' une musique fortement Hauntologique au shoeagaze, du dancefloor au psychédélisme et de ce dernier à l' iDM et l' industriel. C 'est encore plus évident avec ce "Redacted" dont il est question. Cet art de ne pas vouloir choisir de niche stylistique et temporaire lui vient justement d'une de ses lignes éditrice qui prend la forme de l'influence post-punk. Dans "Redacted" on croise aussi bien l' avant-post punk, Kosmich (Krautrock) music ou la proto électro, des styles qui ont influencé et été intégrés par le post-punk, que des techniques et des courant bien plus proche de nous dans le temps. L' EBM, la techno, l' ambient et le dub par exemple. La techno et l' EBM sont moins présent que sur Animals mais subsistent en laissant une plus grande place à l' ambient et le psychédélisme. Usage de synthés première génération (fin 70's) ou deuxième (80's), boite à rythme rudimentaire quasiment préhistorique. Mais attention, Not Waving n' est pas un passéiste arriviste comme notre idiot national, NONO Rebotini, maître incontesté du vide conceptuel et du pastiche en version aseptisée. Les pseudos réflexions intellectuelles mais franchement vides et réac de NoNo l' arriviste font pâle figure face à ce qu'il se joue dans la musique réellement neuve de Not Waving. Lui aussi utilise l' analogique d' autrefois mais son but n' est pas de surfer sur la nostalgie et le vintage avec leur désir caché d' authenticité utopique et morbide. En interview il réfute le fait d' être Nostalgique de même qu'il ajoute ne pas être non plus un fan de science fiction. Il dit préférer le réalité et s' en référer pour être pertinent. Ce discours était déjà tenu par certains champions de l' hauntologie tel Boards Of Canada, Lopatin, Leyland Kirby ou Ariel Pink. Ainsi on la vu collaborer pour un split ep avec Pye Corner Audio, un autre maître du genre récemment d' actualité avec un super album que je conseille aux amoureux de la vieillerie et de Stéréolab par exemple. Not Waving interroge l' histoire et tisse des liens plutot que la réciter. Il dit "vouloir faire le parallèle entre les atmosphères de la guerre froide qui donnèrent naissance au post-punk original, l' industriel et la proto techno" avec "la pâleur des troubles socio-politiques actuels". L' analogique vintage façon Not Waving est reformatée, modernisée, adaptée à notre époque. Progressivement Not Waving se démarque de l' hauntologie d' origine par son approche plus directe et l' intégration d' élément plus récents. Si "Animals" vous avait mis à terre, autant vous le dire, "Redacted" va vous faire planer très haut. Extraits d' "Animals"

  • PATTEN joue avec le réel et ses symboles

    Mais que ça fait du bien de retrouver Patten (Patten dans DWTN c' est par là)après s' être infligé le collage pataud de La Femme. Rien n' est identifiable et la surprise peut se faire délicate et non simplement tape-à- l'oeil. Patten demeure un mystère. Et son deuxième album pour WARP va pas éclaircir le sujet. Déjà l' identité. A présent ils sont deux et depuis 3 mois le membre original et la maison de disque ont oublié de nous le dire. Un truc à vous faire douter. Ils étaient deux et con comme on est on avait pas vu? Je rassure. Patten a toujours été une personne jusqu' à ce nouvel album nommé Ψ . Enfin, on croit... Mais c'est pas très grave. Patten on l' aime pour ça parce que sa musique est du même acabit. Indéchiffrables et au moment où les certitudes de certains gênent le décryptage d'un monde complexe, un peu de flou permet de faire le point et d' imaginer. Patten ne colle pas les époques et ne cherche pas à les rendre identifiables. Il est les époques. les genres ont formé un tout. Pas un domine et pas un ne précède systématiquement. Il conjugue à tous les modes. Passé, futur et bien sûr présent. Il parle bien des langues. Et plusieurs dans la même phrase. Trouve-t-il ça plus efficace. Ses précédents albums ou mixtapes démontraient déjà ça. On identifiait à peine et Patten jouait avec les symboliques. Ce mot revient sans cesse depuis toujours dans ses interviews. Ainsi après s' être présenté comme une seule personne "D" Patten se révèle être à présent un duo avec l' apparition d'une "A". "D" est suivi par "A" contrairement à l' alphabet. Etrange. Et "D" nous affirme que d' autres collaborateurs étaient présents sans qu'il ne juge opportun de l' annoncer. Flou identitaire. Flou stylistique. Dans son interrogation du ou des symbolismes et de leur force c' est bien sûr l' identité et des significations que l'on a attribue trop rapidement aux choses qui sont au coeur de ce gros bordel. Ce type, et sa collaboratrice, peuvent vous offrir de l' épique et l' instant d' après l' abstraction la plus froide. Un titre comme "Locq" est un exemple parfait. Est-on dans du glitch et quelque chose d' obédience r'n'b/rap ? Des émotions pas du tout associées à ses genres sont pourtant ressenties. Le suivant "Sonne" avec son coté trap voit nos certitudes et habitudes troublées par la voix parlé franchement symbolique de choses plus proche du post-punk et de l'industriel. Les deux sont perçus comme des genre rugueux et associables tous les deux dans la famille "musique agressive". Mais Patten en les mariant nous démontre que l'on ne peut pas les rejeter dans une même et seule boite. Trop différentes. Un peu comme chez Factory Floor disséquant le dancefloor avec leurs manies provenant des deux genres cités en dernier. La dissécation amène bien des surprises et casse les certitudes. Sauf qu' avec Patten on découvrirait un Factory Floor cessant de jouer avec ses machines et passant au software . Pour les fans il est assez évident que l' étrangeté de Patten a changée sans perdre de sa puissance. C' est peut être encore plus évident et fortement, "étrange". L' utilisation d'une multitude de sons disposés par couche donnant l' impression de brouillard léger est terminée en partie. On est face à quelque chose de plus tranchant en profondeur. Plus technologique. La chaleur fait place à la glaciation de la technologie. Mais qu'en apparence, parce qu' encore une fois la musique de Patten démontre que rien n'est vraiment simple. Ainsi il tire le même constat que des Holly Herndon ou Arca. La technologie dans les main humaines ne nous fait pas devenir pour autant des machines à simplification. La complexité demeure. L' humanité persiste. Avec ses qualités et ses travers qu'il faut dénoncer. Patten a toujours été très politique. Comme dans ses mixtapes passant du coq à l' ane sans que l'on ne sache plus trop qui est l' âne et le coq on trouve beaucoup de choses. Passé, présent et futur. IDM façon footwork ou footwork façon IDM. Ψ se fait plus dancefloor que les précédents mais c' est pour mieux défaire les codes de la musique dancefloor. "Doit-on danser?". Patten poursuit les travaux du Post-club ou d'un Lee Gamble. Son disque fait aussi penser à la récente collaboration d' Oneohtrix Point Never avec la clique footwork par le fait que lui comme Lopatin n' avait pas trop fait mumuse avec les dancefloor. Mais Patten fait subir au dancefloor ce qu'il avait fait au shoegaze ou à l'indie rock la plus identifiables et institutionnalisée. Rappelez-vous la relecture des Pixies et de Joy Division dans les mixtapes. Si Motion Graphics est un marche-pied de la coutume pop 80's analogique vers l' hyper-réalité et les software de post-internet alors Patten l' est pour celui de l' IDM 90's au même monde actuel. Ils sont beaucoup à avoir pris ce chemin et si certains peuvent le regretter et crier à l' effet mode en ne voulant pas voir l' évidente nouveauté alors on ne peut que se dire que certains naviguent franchement à contre-courant et deviennent gênant (cf article sur La Femme). Curieux de découvrir leur réaction face à ce virage formel de Patten. Alors comme d' habitude avec Patten, seul ou accompagné, on peut avoir le sentiment qu'il s' est perdu et qu'il ne sait pas trop ou il va. Mais est-ce nécessaire? N' était-ce pas si logiquement le prix à payer pour s' offrir la liberté qu'il nous offre? Liberté d' échapper aux évidences du symbolisme. Encore une fois l' appréciation d'un disque de Patten échappe à toute sentence définitive et simpliste. A tout symbolisme. Et c'est pour ça qu'on l'aime.

  • Silver Apples sort un disque!

    L'un des groupes parmi les plus importants de la musique du vingtième siècle est encore actif. Au point de sortir un album qui méritera à coup sûr toute votre attention. Et rien que ça c'est une nouvelles franchement intéressante. Il se nomme "Clinging to a Dream" et sort le 2 Septembre. Mais c'est surtout une occasion en or de découvrir une légende, que dis-je, un monument de toutes les musiques . Le grand public ne les connait pas et c'est une injustice. Bien moins populaire que "Messe pour le temps présent" d' Henry et Colombier leur musique mériterait tout autant d' hommage et de diffusion. Si vous ne connaissez pas Silver Apples, pauvre de vous, il ne vous reste qu'une chose à faire. Allez sur un site de streaming et cherchez leurs deux premiers disques, "Silver Apples" et "Contact". Une fois trouvé, écoutez. Alors qu'une musique mêlant une envoûtante pop psychédélique à une électro brut et dansante titillera vos oreilles , regardez la date de sortie du-dit disque. Un choc va s' emparer de vous face à la modernité de cette musique pourtant si ancienne. Cette espèce de proto électro post-rock. Vous comprendrez pourquoi on cite Silver Apples comme l'une des formations les plus en avance de son époque. Ses deux membres fondateurs, Simeone Cox et Dan Taylor, sont perçus comme des précurseurs de l' électro moderne et bon nombre d' artistes modernes leur vouent un culte absolu.. Ces potes de Lennon, Warhol et d' Hendrix sont aimés par des gens comme Beck, Portishead, Stereolab ou les Beastie Boys. Malgré une certaine reconnaissance leur musique rencontra bien des réticences et le succès n' arriva pas. Disparus des écrans radar pendant 30 ans leur légende s' accroissant on les vit ressortir des disque dans les 90's avec notamment Steve Albini comme producteur. Si Dan Taylor nous a quitté en 2005 Simeone Cox semble toujours avoir la patate au point d' accompagner le petit dernier de quelques concerts.

  • THE MODERN INSTITUTE

    Il y a parfois des disques faussement simplistes et revivalistes qui se révèlent être des bombes de nouveauté et de vitalité. A la première rencontre vous vous croyez en terrain connu mille fois foulé puis vous êtes happés par l'inconnu. C' est exactement ce qu' il s' est passé pour votre serviteur à la découverte de ce disque. Comme son nom l' indique The Modern Institute est à l' origine une galerie d' art de Glasgow. Qui dit galerie dit souvent collectif. Et qui dit collectif d' artistes dit collectif de musiciens parfois. Richard Mc Master, Laurie Pitt et James Stephen Wright se sont donc rencontrés à la Modern Institute de Glasgow et ont décidé de faire de la musique ensemble. On a déjà croisé par ici Pitt et McMaster au sein du groupe dance-punk Golden Teacher. Si ce groupe nous a offert un très bon album en fin d' année dernières leur tout dernier projet l' emporte haut la main en comparaison. Le "No Lucious Life" des Golden Teacher était certes intéressant avec son post-punk dansant et parfois étrange mais contrairement à leur ep de 2015 "Sauchiehal Withdrawal" il manquait le supplément d' imprévu anti revival facile. Toujours les oreilles tournées vers la fin 70's et début 80's les deux écossais reluquent ce coup-ci l' indus et la proto-électro un poil plus rigide et froide. "Another Exhibition At The Modern Institute" ne se la joue pas la fête à neuneu du samedi soir. Le monde va mal et la dystopie salope toute envie de s' égayer et de se vautrer dans un hédonisme béat. Les synthés sont frénétique mais pas franchement caresseurs dans le sens du poil. La voix du troisième larron de l' affaire se révèle totalement monotone à mille lieux des cris et des envolées de Golden Teacher. Si on ne cesse de penser à Cabaret Voltaire pour l' aspect proto électro il faut bien avouer que la production hifi chromé rajeunit franchement les souvenirs laissés par les héros de de Sheffield. Côté indus on a l' impression que Genesis P Orridge s' est mis un nez de clown tant certaines harmonies étonnantes et un tantinet rigolotes se faufilent et détruisent la caricature glacial et rigide que d' autres offrent trop souvent. Mais c' est en toute discrétion et cela offre surtout la vitalité nécessaire pour ne pas se sentir enfermé dans un exercice de muséification. Sentiment de nouveauté renforcé quand par instant nous nous retrouvons face à des ressemblances et une méthode de production similaires à des aventuriers de notre présent tel Errorsmith ou encore face à des odeurs perçues également dans le dancehall expérimental des géniaux Equiknoxx. Bref après un premier ep passé inaperçu et un second totalement bluffant par sa singularité on a pas fini de reluquer cette bonne vieille Glasgow où il semble se passer beaucoup de choses passionnantes depuis quelques mois (voir par ici). Et une vieillerie des Golden Teacher

  • Les ingrédients de la potion magique des Demdike Stare

    On ne les arrêtes plus. Moins d'un mois après le passionnant "Wonderland" (top 5 2016 du blog) nos deux mancuniens préférés nous offrent à nouveau deux occasions de prendre notre dose de bonheur. D' abord sous la forme d'une cassette, "Circulation". Cette dernière regroupe deux mixtapes qu'il définissent comme un "Compagnon réfléchissant" de "Wonderland". Les extraits provenant de leur immense et légendaire collection d' étrangetés sonores tiennent parfaitement le rôle attribués . Et ce n'est pas seulement le dernier disque qui est concerné mais toute la carrière de ces musiciens hauntologiques et innovateurs qui se dévoile d'une manière passionnante. Si la recette et l'art de Demdike Stare restent toujours sujet au mystère "Circulation" dévoilent bien des ingrédients de la potion magique des deux sorciers. On s' aperçoit des multiples influences et de l' approche particulière dont ils font preuve. Ouverture totale et goût sûr pour la collision et le mélange. Entre la soul/funk, le jazz, le drone, le noise, la préhistoire électronique , les dancefloors de toutes époques et les enregistrement ethniques ou autres on a l' impression d' être à bord d'un planeur survolant les époques et les continents. Vol idyllique rêveur sans trou d' air et perturbation tant nos deux pilotes font une nouvelle fois preuve de délicatesse et de subtilité dans l' art d' ambiancer et de mixé des choses éloignées à priori sans liens possibles . Deuxième occasion de prendre notre pied grace à Demdike Stare leur magnifique mixtape (de plus en plus rare de leur part) qu' ils ont récemment fait pour le site The Fadder. On recroise des artistes maintes fois cités par nos deux gars, Morgan Buckley par exemple et qui fait figure à leurs yeux de génie mais aussi la pépite Anti-G dont il faudra un beau jour que je vous parle tant ce gamin avec sa relecture du Bubbling version house est à considéré comme un précurseur (Fan de Lorenzo Senni ou Rustie jetez-vous dessus). On y retrouve aussi des lubies de DWTN tel que la clique de Lisbonne Principe Discos, Dj Nervoso et Nigga-Fox. Mais le plus important et donc ultime raison de se plonger dans ce mix c'est qu'il y a aussi du Demdike Stare inédit et ça , c' est inratable!

  • LA REINE revient, tout le monde à genou !

    Combien de fois ai-je cité Bjork dans ce blog? Mais quoi de plus normal pour une reine. Elles ne sont pas nombreuses à pouvoir contester sa place de souveraine de la pop music avant gardiste. Et ça fait 24 ans que ça dure. (les fans de St Vincent ou de Grimes ne dites rien SVP sinon je m' étouffe de rire ). Mais ce qui n' était que de l' ordre d'une simple référence obligatoire et uniquement conjuguée (un certains temps court) au passé pour décrire les artistes actuels est devenu autre chose. Dépasse toutes les autres. Une chose combinée encore et encore au présent si ce n'est au futur. Et le futur, en Novembre sort son prochain album, s' annonce radieux! Ce n'est pas la seule dans la catégorie des références absolues en matière d' innovation. Brian Eno, Arthur Russel, le Velvet, My Bloody Valentine, les Cocteaux Twins etc etc ne cessent de servir d' engrais aux jeunes générations et d' être aussi utiles pour en parler. Pour faire les présentations en quelque sorte. Montrer le cap à suivre à qui veut s' en donner bien la peine. Souvent les artistes appartenant à cette catégories sont classés dans mon top intitulé Les Monuments Historiques. Parfois dans les failles spatio-temporelles. Car souvent aussi ils ont perdu de leur potentiel d' innovation et un peu de leur impact originel sans que cela n' affecte la qualité de leurs oeuvres. Ils ont été avalés et digérés par la machine à revival. L' usure du temps et le vieillissement. Deux choses qui paraissent inéluctables en musique. Parfois on a constaté des regains de forme (Bowie) mais avaient-ils réellement la force et l'impact des oeuvres de jeunesse? Bjork n' a été classé qu'une fois dans mes top depuis leur création mais surtout pas dans ces deux catés. Toujours avec les jeunots la vieille. C' est qu' elle en ferait même passer plus d'un pour de sérieux cas de gâterie avancées. Bjork est nul part et partout à la fois. Passé, présent et futur. Si les autres semblent être devenus des phares auxquels on accède par des chemins certes détournés mais à présent bien balisés, l' islandaise nous pousse sans arrêt à se retrouver en territoire inconnu. A prendre des risques . Son goût du danger artistique peut même la perdre " Biophilia ". Il lui est même arrivé de ne plus progresser " Volta". Il semble ,depuis trois ans et son prodigieux "Vulnicura (7ème de mon top), que sa carrière qui n' avait donc subi qu'un petit coup de mou vers la mi-00's soit reparti vers l' avant encore plus fortement. Faut dire pour l' excuser un peu que c' est toute la musique qui sembla s' être arrêtées en ces années dites revivalistes. Un redémarrage créatif prodigieux qui s' est vu dans la nature même de sa présence dans ce blog. D' abord elle n' était là que pour son influence passé sur les artistes chroniqués mais progressivement, de plus en plus, pour ses accointances et son rapprochement avec certains. De modèle passif en voix de stagnation elle est redevenu active et à nouveau phare à suivre dans la course à la l'originalité. D' abord sa fréquentation des Tri Angle Records, puis ses collaborations avec Rabit, Arca et Haxan Cloak pour "Vulnicura" montrèrent une artiste à la pointe du progrès dans une certaine mesure. Récemment elle déclarait sa flamme pour Jlin, Lanark Artefax et Karyyn. Cela a toujours été sa marque de fabrique comme d' autres mais il semble que Bjork possède une capacité d' endurance et de ténacité qui finit toujours pas s' essouffler chez la plus part. S'est-on rendu compte qu'elle a bientôt 57 ans !!!? Ceux de sa génération, et bon nombre de professionnels de la professions, sauf de rares exceptions, font preuve d'un largage complet en la matière. Englués qu'ils sont dans le passé et leur jeunesse. Même PJ Harvey semble s' être un brin éteinte. C' est dire! Et quoi penser qu' un Bowie mourant trouva de la matière à croire en ...LCD Soundsystem!!!??? C' était peut être une entourloupe de son égo qui vicieusement trouva une manière de montrer ainsi la grande importance artistique de son oeuvre via le pillage en règle de Murphy. L' autre le flattant tellement que le bon David s' aveugla un petit peu sur le sujet. Le Bowie de 77, le meilleur, aurait bien sûr préféré s' éclater sur du footwork ou du Arca et fricoter probablement avec une Elysia Crampton ou un Chino Amobi. La Bjork de 2017 comme celle de 1997 ne passe pas à côté et ne se trompe toujours pas. Bien souvent dans les médias français les nom défendus ici apparaissent tardivement uniquement semble-t-il grace à l' estampille "pote de Bjork" ou "adoré par Bjork". Elle tient donc parfaitement son rôle de phare. Avec "Vulnicura" c 'est aussi son rôle d' artiste en perpétuel développement qui était tenu haut la main. Au point de s' aventurer en terre footwork le temps d'un titre. Depuis quelques semaines le buzz n' en finissait pas. Une hype qui n' a plus rien à voir avec celle précédant ses derniers disques. On est repassé un cran au-dessus. L' attente était forte et le retour de baton quasiment prévisible. Les craintes aussi. Toutes ces belles fréquentation depuis "Vulnicura", toutes ces déclarations concernant des artistes novateurs et inconnus pouvaient cacher un manque d' inspiration et une appropriation de prestige avant gardiste et moderne. On l'a vu déjà par le passé chez certaines vieilles gloires. Pas de ça avec l' islandaise. Bjork vient de marquer un très grand coup moderne avec son dernier single "The Gate"et le merveilleux clip qui va avec. Elle en parle comme d'une "véritable chanson d' amour". Il semblerait que la séparation ayant participé à la matrice de "Vulnicura" voit enfin les plaies cicatrisées. La musique quant à elle porte les traces de la production électronique digitale d' Arca. Bien plus que par le passé. Au point de transformer totalement des synthés New Age en une chose nouvelle. Un très gros travail concerne les voix via une superposition de couche assez intrigante. Les rythmiques semblent de leur côté lorgner sus des territoires souvent abordés dans ce blog. C' est un titre pop en apparence mais profondément ambient et doit être apprécié de la même manière que les titres purement instrumentaux des représentants du genre. Les junkies de la pop risquent avoir du mal à déceler la beauté et le degré d' originalité que recèle The Gate. Sur ce titre Bjork ne met pas en avant ses trouvailles expérimentales comme par le passé mais à bien y regarder de plus on s' aperçoit que les jugements l' accusant d'un manque de renouvellement vont très vite se révéler hâtifs si pas franchement fumistes. De la nouveauté dans le dernier Bjork il y en a. Seulement à son grand âge et vu le passif, faut-il encore mettre dans la vitrine ce qui est l' essence même de la petite boutique islandaise. Une vraie boutique hi-tech, pas une brocante (cf l' adresse de James Purphy pour cela) Dégustez!

  • THE NECESSARIES, quand Arthur Russel faisait de la jangle-pop.

    Parmi les rares photos d' Arthur Russel celle où on le voit de profil en t-shirt blanc coiffé d'un chapeau devenu mythique apparaît souvent au fil des nombreux articles hommages, des ressorties et des citations teintées d' idolâtrie (nombreuses) concernant l' artiste américain. Compliments et culte provenant souvent d' artistes modernes jugés à juste titre comme avant gardistes et régulièrement appréciés par ici pour leurs aspects novateurs. Par contre il est très rarement fait référence à la pochette dont elle est extraite, celle du premier album de son groupe "indie" à guitares The Necessaries . Et oui, le contre-bassiste fan de disco et à l'imagination débordante pas encore égalée s' est retrouvé un beau jour coincé sur scène et en studio entre un batteur, des guitareux et un bassiste. C' est peu connu, même parmi la myriade de nouveaux fans du bonhomme qui apparaît sans cesse depuis le gros et vital travail de ressorties effectué par ses ayants droits. En même temps comment cette collaboration pouvait faire le poids face à l' oeuvre solo gigantesque ou face à d' autres de ses collaborations. Et puis avouons-le tout de suite, jetez-vous avant tout sur ses albums "World of Echo", "Another Tought" et ses compiles "Calling out of Context" et "Love is overtaking me". Vous allez être propulsé loin , très loin, de la simple sphère indie/post-punk/synth-pop largement embouteillée actuellement par les redites plus ou moins sans intérêt, le revival ad nauseam et les pastiches frileux. Mais The Necessaries mérite justement que l'on s' y attarde tant il est le projet le plus facilement qualifiable de nos jours d' indie par ses guitares et ses composition. Une indie qui crève artistiquement mais qui domine par sa forte présence en terme d' éclairage médiatique (omniprésence dans les chroniques) et dans les festivals. La fameuse Rétromanie. The Necessaries offrent souvent cette sorte de power-pop légère facilement assimilable et non assumée en tant que tel tant appréciée par les snobes et les élitistes qui prolifèrent dans le petit monde indie. Le machin facile et complexe à la fois qu'il est bon de revendiquer. Une simple et belle rampe d' accès vers le plus "compliqué" sur laquelle se vautrent et butent tant de poseurs et de naïfs frileux ."Event Horizon" qui est certainement le meilleur des deux disques enregistrés par le groupe pour Sire est bel et bien un truc à placer entre toutes les mains de fan des Smiths ou d' XTC et Talking Heads pour les plus vieux, Parquets Court (son leader en est fan) ou Mac DeMarco pour les plus jeunes déjà vieux jusqu'à celles des adeptes bornés et égocentrés de la secte post-moderniste LCD Soundsystem. C 'est une pépite véritablement intemporel comme il en existe finalement que très peu. Tout de suite face à cette pochette les connaisseurs de l'indie et du post-punk, et plus particulièrement de la Jangle pop, vont immédiatement penser à un autre groupe de la côte Est des Etats Unis, The Feelies. La couleur bleue et cette façade de maison typiquement américaine accompagnée d'une typographie fine et étirée semble évoquer à la fois celles de "Crazy Rythms" et de "Only Life". A l'intérieur les jangle guitares et le son si particulier de cette époque sont partout. Mais avant de se pencher un peu plus sur la contribution de Russel on peut déjà constater que Necessaries en matière de jangle pop et de post-punk/"New Waaaaave" n' a rien du gentil petit groupe anecdotique pour junkies du vintage et snobinard élitistes. Les autres Necessaries ne sont pas de simple faire-valoir. Ce disque c' est du costaud reposant sur des bases solides touchées ensuite et furtivement par la grace de Russel qui y est rentré en dernier et ressorti très vite en premier. Le trésor caché par excellence. The Necessaries comportaient donc en leur sein de gros clients de la scène punk et post-punk New Yorkaise dont un Modern Lovers et un Red Crayola. Sans Russel ils étaient déjà aux avant-postes. Toujours bien accompagné le Russel. Ce génie attiraient à lui tous les autres talents tel son alter ego anglais, bref, un véritable aimant à la Eno (Bowie,U2). Avec ou sans lui ils n' étaient peut-être pas né du bon côte de l'océan pour devenir de nos jours de véritables icones indies et posséder ainsi un statut culte d' une importance bien plus grande. L' Amérique a toujours était plus ingrate que les britishs envers ses génies underground. De nos jours ce serait plutot l' exact inverse. Une déification franchement disproportionnée et trop rapide (Thee Oh Sees, Kurt Vile etc). Originaire d' Angleterre les Necessaries n'auraient pas juré sur le plateau de Top of The Pop, dans la prog de John Peel ou en couve du NME en ces temps reculés. Quite à ce que Russel se mette des oeillets dans le cul (The Smiths) ou porter des petites lunettes rondes en refusant toute prestation live (XTC). On pense beaucoup à XTC en découvrant ce disque et à d' autres formations britannique alliant pop, ouverture stylistique et rigueur artistique. Une sorte de Smiths aux oreilles plus larges ,moins complexées, surtout bien plus aventureuses stylistiquement et portées sur le futur. D' autres formations américaines cousines germaines des anglaises sont aussi à évoquer . Les Feelies bien sûr, des Feelies semblant être devenus fans du Bowie version Berlinoise. Mais aussi le REM première période (la meilleur !) ou DEVO. Du Blondie en mieux et en plus exigeant ("Sahara"). Mais attention ce disque n'est pas qu' un condensé oublié accidentellement du meilleur d'une époque déjà mille fois entendu qui peut très vite paraître daté faute de vraie personnalité. Les Necessaries avaient immédiat en eux la bonne dose d' originalité pour rencontrer si ce n'est un succès populaire tout au moins un sacré succès d' estime à long terme qui leur a tant manqué jusqu'à présent. C' est que la "touch" Russel flotte sur l' ensemble du disque, même les titres non composés par le bonhomme en portent les traces. Ce mec adorait collaborer à conditions que ça ne dure pas longtemps et encore moins que ça ne prennent pas trop la tête. L' histoire des Necessaries dura à peine deux-trois ans. Il ne lui en fallait pas plus pour hisser le talent de ses collaborateurs encore plus haut qu'à l'origine. Pour oser ce que les contemporains du genre n' avaient pas oser. Serait-ce même très discrètement. Les fans vont très vite le ressentir et les novices feront une excellente entrée en matière dans l' univers étrange et liquide du génie. Par le timbre de sa voix inimitable, par les petite touches expérimentales, son goût pour la diversité et son génie créatif Russel tire donc l' ensemble vers le haut et l' originalié. Si bien souvent le format couplet-refrain semble être la norme imposée Russel réussit à multiplier les échappées par la richesses de ses interventions souvent inattendues pour l' époque. Des tueries pop et post-punk il y en a plein. Le mélange des genres, culture rock et dancefloor, nous saute aux oreilles 20 ans avants LCD Soundsystem. Le parallèle entre ces deux formations est franchement évident au vue de leurs sorties discographiques concomitantes en cette rentrée. Si tous les gens s' exclamant sur le retour sur-côté du gros Murphy avec ses recettes éculées de cross over et de bastard-pop jouée avaient l' idée ne serait-ce qu'un instant d' écouter "Event Horizon" ils ravaleraient leurs louanges surjouées et les garderaient pour la formation de Russel et ses trésors enfouis. Quite à en faire des tonnes sur de la musique passéiste en 2017 autant lui préférer celle faite à la bonne époque plutot que l' anachronisme Murphiens. L' histoire s' est évidemment terminé en eau de boudin quand sur le trajet les menant à un concert Russel sauta, au sens littéral (!), du bus mettant fin au machin. Les deux disques étaient des flop totales mal défendus par Sire malgré le soutien du gotta (John Cale, Blondie). Plus de trente après nous découvrons une véritable merveille du passé à écouter entre deux tueries actuelles. Histoire surtout de comprendre à quel point Arthur Russel était l'un des plus grands génies créatifs de l' histoire de la musique moderne et s' apercevoir du poids de son héritage sur toutes les têtes chercheuses contemporaines.

  • LANARK ARTEFAX. Pépite d' idm moderne trouvée à Glasgow

    Imaginez un type d' à peine 23 ans. Un très jeune musicien qui réside à... Glasgow! Le nom de la ville doit vous faire dresser l' oreille. Comme je l' écrivais récemment au sujet des Kelora issu du même bled certaines villes sont des phares en musique et donc Glasgow c'est comme Manchester, Bristol, New York ou Berlin. Tu guettes. Label de qualité certifié. Supposer que ce type sorte il y a un an un ep chez UIQ, label dirigé par ... Lee Gamble. Premier nom qui doit automatiquement faire dresser l'oreille encore plus pour tout bon fan d' électro aventureuse. Pour toute bonne tête chercheuse du futur. Et en plus...il se dit fan total ...d' Oneohtrix Point Never etd' Arca!!! Deux des artistes les plus importants de la décennie. Ca part bien me direz-vous? Attendez la suite. Représentez-vous à l'esprit ce que doit signifier le fait que moins d'un an après son premier ep et alors que parait à peine son deuxième (et même avant pour le dernier nom), tentez que dis-je de rentrer dans votre esprit que ses titres sont joués au cours de dj set en l'espace de quelques jours par... BJORK et ... APHEX TWIN. Vous avez compris. Stoppez tout. Oubliez le futur LCD Soundsystem reluquant comme d' habitude le passé, oubliez l' état pathétique de la scène à guitare indie en voie de sénélité, les dj set kilométriques qui n' effrayeraient même pas votre grand mère, oubliez tout sauf vos plus beaux souvenirs de musiques courageuses, aventureuses, venues de nulle part et embrasant tout sur son passage. Votre cerveau comme votre corps. Je vous fais le pari que ce jeune artiste dont il va être question va signer chez WARP et que très bientôt pour se la péter son nom sera sur toutes les bouches. Celles des passionnés comme celles des plus indécrottables snob, élitistes, arrivistes, hipsters à la mort-moi le noeud, de Londres à New York, de Paris à Limoges. Calum Mac Rae aka Lanark Artefax est ce jeune type qui affole tous les radars depuis quelques semaines. Celui qui tire sublimement un trait d'union entre le passé glorieux de l' électro expérimental (Warp) et son présent revigorant (OPN, Holly Herndon et Lee Gamble). Beaucoup parle à son sujet qu' il serait la tête de pont d'un pseudo revival IDM et d'y inclure Rian Treanor (déjà aperçu dans ce blog au sujet du footwork), Second Woman (auteur notamment d'un remix de Jlin hallucinant) et Minor Science (les deux derniers promettent aussi). Pseudo revival parce que quiconque s' aventurait à tenter le coup sans faire trop d' effort constaterait à ses dépends que "vouloir faire comme" Autechre, Aphex Twin ou Boards Of Canada relève de l'illogisme et de la stupidité la plus primaire. Vouloir faire 20 ans après à l' identique une musique comportant dans ses gènes l' ordre absolu d'innover est à éviter. Sauf si le but ultime n' est qu'une posture. Mais en découvrant la musique d' Artefax on est forcé de constater des liens évidents et l'intéressé ne s' en cache pas. On ne remettra pas le couvert sur le débat inutile de l' appellation IDM, maladroite, détestée par les artistes justement pour la bonne raison qu'elle insinue un mépris pour les autres styles. Artefax raconte avoir passé sa jeunesse à écouter la musique de ses parents (un peu de tout mais surtout du punk) puis être fan vers 15 ans de ce qu'il nomme "shit indie". Relevons à cet instant que l'on connait actuellement un bon nombre de quadra qui sont encore loin du gamin en se vautrant dans un retour en arrière sous couvert de post-modernisme revendiqué . Macronisme version musique? Le mioche Artefax nous explique que la "Shit Indie" c' était avant. Avant sa découverte de "Drukqs" d' Aphex Twin. Ensuite bien sûr plus rien ne sera comme avant. Bidouillage à base de 4/4 en solo ou accompagné, désir de connaissance en concourant au Conservatoire Royal de Glasgow puis refus d'y aller par crainte probablement d'y perdre sa liberté. A peu près à la même époque il se découvre une passion pour les bandes originales de film. Il voue depuis une haute estime à tous les arts en général et au rôle de la musique en la matière. Désir de confrontation de son art avec d'autres, on y revient plus tard mais il s' agit bien d'un autre signe devenu récurent chez les artistes contemporain qui compte. Ca l' a toujours été mais il semble que certaines musiques se soient coupées du monde. Qu' elles se cloître refusant secrètement toute évolution. La découverte de Lee Gamble semble être selon l' écossais le deuxième déclic. On le comprend. Démos envoyée au toupet et immédiatement sortie du premier ep "Glasz". Première secousse. "Glasz" sort en 2016 et on repère dès ce disque ce qui a pu rapprocher Gamble et Artefax. Les structures de musique de club y sont présentes mais d'une manière bien particulière. Délocalisées, dénaturées, trempées dans la science fiction dystopique et vaporisées pour offrir une réécriture originale et personnelle. De manière ébouriffante il concasse tout mais subrepticement nous découvrons que ces structures hachées s' apparentent au spectacle des bourgeons qui éclosent dans les documentaires de sciences naturelles. On hésite en permanence entre se laisser submerger par l' émotion procurée par ce spectacle et le magnétisme de la recherche du comment que c' est fait. Comme chez ses illustres aînés. Mais oublions les Aphex , Autechre et compagnie. Lanark Artefax n'est pas de leur époque et il a connu bien d' autres choses par son jeune âge. Absent chez les vieux on se prend en pleine face la culture Grime. Et pas que la première version, son renouveau aussi. Logos et Mumdance ou Visionnist ne sont pas loin. Le titre éponyme en est la preuve ultime. A d' autres moment cette IDM évoque fortement Holly Herndon et nous comprenons bien que ce disque a été fait à l' époque d'un Arca. Pas en 1997. Sorti ce printemps chez les têtes chercheuses de Whities Records le ep "Whities 011" confirme au delà des espérances. Non, on n' est pas dans une redite IDM facile et fatalement répétitive. Artefax est bien trop passionné, curieux, authentique et talentueux. Pas un cynique mais plutot quelqu'un qui y croit encore à l' art et fait preuve de respect. Loin des assemblages grossiers référentiels. De toute manière pouvait-il en être autrement avec un gamin qui sans faux-semblant analyse parfaitement notre époque, sa génération est selon lui "malade du post-modernisme" au point d' avoir peur de la sincérité et d' exprimer réellement son ressenti personnel. Et d'enfoncer le clou en parlant de révolutionnaires bacleurs et fainéants. Certes les quatre titres de "Whities 011" avec leurs rythmes étirés parsemés de convulsions stimulantes évoqueront une nouvelle fois Autechre. Mais par exemple les mélodies angéliques des synthés et les vocaux élargissent encore plus le spectre des influences. La jouissance pointilliste de Lorenzo Senni et les senteurs célestes de certains Oneohtrix Point Never. Il y a donc de l' optimisme dans ce dernier ep après la mélancolie de "Glasz" . De l' énergie aussi quand le maximalisme crunk d'un Rustie pointe à l'appel. Une même passion pour l' abstraction et la déconstruction que celles des aînés coule dans les veines de l' écossais. Pour lui et d' autres si la musique abstraite au forme bizarres apparaît étrangère elle ressemble pourtant terriblement à l' émotion humaine jusqu' au point d' apporter aux courageux une clairvoyance intime. Jusqu' à une euphorie incompréhensible malheureusement à d' autres trop dépendant du divertissement facile. Certains parlent même d' empathie offerte par ces musiques. Tous les fans de noise, drone, IDM ou d' autres musiques jugées par d' autres comme "compliquées" ou du "bruit" comprendront. Pour lui la musique de club ne peut pas se permettre cela et le gamin afin d' expliquer ses choix de citer John Cage "Tout est échos de rien". Par exemple il explique très bien à quel point les voix synthétiques lui apparaissent plus humaines dans un sens que les "vraies voix humaines". Holly Herndon appréciera certainement. Malgré ses propos sur les limites de la musique pour club son "Touch Absence" y a toute sa place et remplie en même temps les objectifs de figuration d' émotions et pensées humaines qu'il ose se fixer. Ce gamin d' à peine 23 ans a tout pour lui et surtout un avenir radieux. Son avenir justement il le voit à persévérer dans le travail de conceptualisation au moment de composer (passion pour Daniel Lopatin oblige). "Whities 011" s' articule autour de sombres histoires de chasseurs de cyclones et autres tornades, chasseurs vouant un culte certain à la mort. Comme l' illustre parfaitement la couverture du disque, le clip de "Touch Absence" surfant sur le même sujet mais prend une tournure plus politique en évoquant la stratégie du chaos de Naomie Klein. Il explique aussi vouloir jouer pour des projets du type installation sonore et se confronter ainsi aux autres arts. Une manière de nous faire comprendre que son unique but n'est pas de décrocher la timbale d'une signature dans un gros label (Warp) pour nous pondre à la va-vite un album précoce et se la jouer. Il voit plus loin. Bien plus loin. Et il le peut! En Bonus les autres artistes trop rapidement étiquetés Revival IDM

  • ARIEL PINK, le grain sable de la machinerie indie toujours efficace.

    Enième article sur le bonhomme mais la passion dévorante ressentie pour le personnage et ses idées ne faiblit pas. On en est à près de quinze album mais l' intérêt ne semble pas s' essouffler. Depuis ma première rencontre discographique avec le bonhomme à la fin des 00's il y a certes des choses qui ont évolué. Sa popularité et son accueil dans le cercle restrinct de la faune indie planétaire par exemple. Souvenir ému des première tentatives de partage facebookienne ou en société du machin "Pink". Les incompréhensions, les allusions stupides sur le son "pourri", l' incompréhension face à l' art espiègle typiquement Pinkien de passer d'un style à l' autre, du coq à l' âne. Puis, vint le grand retournement de veste entamé au moment de "Before Today" comme l' illustre si bien la notation des albums par Pitchfork et le comportement de certains dans nos entourages. Ce moment de fan de musique à la fois si triste et un brin frustrant quand après avoir défendu un artiste et que vous n' aviez reçu que mépris, indifférence et quolibets, d' apercevoir sur un réseau ou au cours d'une conversation un étonnant enthousiaste sur le même artiste par les mêmes personnes tant méprisantes par le passé. Quand certaines questions se posent sur l' authenticité des passions pour la musique de certains pro ou simple fan. Ca tombe bien, l' authenticité a toujours été une dominante dans les travaux de Pink. Comme cette fois-là où j' exprimai mon enthousiasme pour John Maus et qu'un triste programmateur français s' empressa de me "gronder" parce que je n'avais pas parlé du "génial Ariel Pink". "Génial Ariel Pink" sur lequel il avait craché son dédain en le découvrant par mes soins quelques mois plus tôt en allant à une Route Du Rock. Arrivisme, je m'en foutisme et dilettantisme non assumé? A ce propos, trouvera-t-il le titre hommage à son "meilleur ami" John Maus sur le dernier disque de Pink? L'un des plus beaux du disque. Plus loin je vous laisse la fameuse psychanalyse de Pink par Maus. Jubilatoire! En rapport avec ces points si il y a bien une chose qui n'a pas changé avec Ariel Pink c' est son aspect clivant. Certains n'ont jamais cessé de le voir comme quelque chose de totalement étrange, d' incompréhensible ou de ne pas aimer et passer à côté sur certains trucs (la faute peut-être au parasitage des suivants?). D' autres se dépêchant de le caricaturer en bête de foire ou en junkie un brin misogyne et provocateur facile tout en lui vouant un culte arriviste. Mon respect ira toujours aux premiers. Pink en a peut être conscience d' ailleurs parce que le titre de son dernier disque "Dedicated to Bobby Jameson" fait référence à un artiste au parcours plus ou moins similaire. Intérêt au début, mépris d' abord puis caricature portant sur sa personnalité "bizarre" et enfin oubli jusqu'à ce que Pink, vrai rat de discothèque et drogué de la différence ne fasse braquer les projecteurs dessus. Pour ceux qui n'ont pas encore pris la peine d' aller écouter ce fameux "Bobby Jameson" sachez juste que si vous êtes fan de Love ça risque vraiment vous intéresser. Mouvement de culte en vue (à l' heure où j' écris ces lignes son nombre de vue ne dépasse pas les 2000 pour chaque vidéo sur youtube, à suivre donc l' effet "Pink" comme ce fut la cas pour R Steevie More). L' attitude des uns, plus saine car moins enclin à suivre directement ou pas la doxa journalistique et les modes indies, se comprend. Pink avec son filtre lo-fi assumé et sa boulimie d'influences et références ne rendait pas son véritable travail de recontextualisation des 70's et 80's assez compréhensible. On peut ainsi remarquer en France les terme d' Hypnagogic Pop ou de Hauntologie continuent d' être perçus chez bon nombre comme un délire intello de critique alors qu'il permet de bien mieux poser les enjeux de Pink et d' autres (Oneohtrix Point Never, Ferraro). Avec le précédent "PoomPoom" on voyait toutes les faces de l' art Pink. L'aspect Psyché-californiens sage faussement nostalgique et rétro comme l' abstraction subtile hypnagogic-pop et le délire enfantin du sale mioche qui saccage tout parce qu'il a pigé qu'un truc allait de travers et ça sonnait faux. Un vrai-faux post-modernisme pleinement conscient de son état et donc progressiste. Pink transforme, maltraite toujours les références et fait preuve d'un recule que les simples copieurs n'ont pas. Serait-ce même à grand coup d' auto-dérision en lieu et place de maquillage du vide (Mac DeMarco). Pink trouve toujours des pistes d' échappatoire à la simple redite. Les effleure, les souffle , les ébauche puis, les abandonne avec grande classe. A d' autres de reprendre le flambeau. Autant vous le dire tout de suite "Dedicated to Bobby Jameson" n' est pas révolutionnaire par rapport à un "The Doldrums" ou "Worn Copy", ses deux premiers "classiques" , moins tape à l' oeil que le feu d' artifice de "Poom Poom" et le manifeste édulcoré de "Before Today". Si révolutionnaire il est ce disque le reste face à tous les (Thee) Oh Sees, DeMarco ou Arcade Fire de la planête. Et si parfois le sentiment de monotonie émergeant se pointe ce n' est sans commune mesure avec les noms cités plus haut. Beaucoup de chansons sur le dernier opus rappellera aux fans d' autres mais n' oublions pas l' approche de la musique de Pink qui déteste le surplace et la simple redite. Pink se fait-il vieux? Oui, mais cela n'empêche d'y trouver deux-trois grands futurs classiques du gars. "Pour moi, le but est de trouver quelque chose que vous n'avez jamais entendu auparavant. C'est vraiment ce pour quoi je suis un toxicomane. Plus que tous ces titres inclus dans cette liste, j'aime entendre une chanson que je n'ai jamais entendue, que je ne sais pas comment ça se passe." Moins brut de décoffrage dans le coq à l' âne "Dedicated to..." reste et demeure une preuve flagrante de l' éclectisme stylistique de Pink. Seule les époques adulées par le type reste les mêmes. Gothic, Post-punk, glam, art-pop, prog, funk, nouveaux romantiques, tape-music, electronique, synth-pop, rap, musique du monde entier. Par exemple son amour pour le meilleur de Cure ( sa trilogie) ne semble pas s' amoindrir. La production est plus proprette sans pour autant perdre la "touch" hypna. Passer d' un titre à un autre se révèle moins rebutant et Pink perdra un peu moins les allergiques ou les arrivistes décrits plus haut. Ces derniers plus intéressés pour les apparences lo-fi (snobisme) et nostalgiques (réac et non curiosité par nature) et du coup d'une certaine "rentabilité divertissante et sociale" vont encore nous faire le coup des titres "qui ne servent à rien" ou qui ne sont que des "blagues"(mon pronostic va à "Time to Live" et le titre coécrit avec Dam Funk). Les années à venir nous aiderons pour affiner notre jugement sur la qualité du cru Pink 2017 mais est-ce vraiment comme cela qu'il faut aborder simplement l' oeuvre d' Ariel Marcus Rosenberg? Vous viendrait-til à l'esprit de résumer la carrière d'un Bowie, d'un Velvet Underground ou d'un Brian Eno par un simple classement sans passer par une analyse plus profonde? Bien sûr que non. Pink appartient à cette race. Celle des seigneurs de la musique moderne, les "brâves" comme se plait à dire Thurston Moore, ceux qui font avancer le monde en se posant des questions. "L' expérimentation est un état d' esprit. Disons que la musique, c' est une question. Cette question a toujours été présente,jusqu'à un certain moment.Et depuis plus rien." ARIEL PINK février 2010 (phrase dogmatique de ce blog ) Comment ça marche le Ariel Pink. Un autre cinglé génial répond et c'est ... comment dire... et si Pink était une jeune chiene nympho!!!!

  • KARYYN, message en provenance d' Alep transité par Reykjavik.

    Depuis quelques semaines son nom affole les radars. Surtout du côté des fans amateur de la pop au féminin un brin expérimentale et réellement "moderne" . KARYYN déboule donc au beau milieu des Jessy Lanza, FKA Twigs, d'une Kelela (cette dernière étant en passe de devenir reine du r'n'b d'ici la fin de l'année). KARYYN semble cependant être plus une sorte de chaînon manquant entre les synthés givrés de l'une des découvertes de l' année Kelly Lee Owens (voir par ici), les voix envoutantes de Gabi (la copine de Daniel Lopatin) et du binôme Julia Holter/Julianna Barwick et enfin la grandiloquence digitale des Arca et Holly Herndon entre autres. D' ailleurs pas étonnant que la grande copine islandaise du Vénézuélien ne cesse de couvrir la petite dernière d' éloge. Comprenez un adoubement officiel de cette jeunette par la reine mère à toutes les artistes citées plus haut, Bjork ! C 'était à l' occasion de la première de son opéra coécrit avec Samantha Slay. Plutot précoce la Karyyn non? Rajoutez à cela un parcours et des origines tout sauf anecdotiques tant le début de sa vie symbolise les soubresauts et les drames de notre monde. Alors que l' anti-immigration et l' anti-musulman pullulent partout cette jeune syrienne aux origines arméniennes qui a grandi à Alep et a du se réfugier aux Etats Unis avec sa famille risque bien de casser certaines visions étriquées. D 'apporter la plus belle réponse à l' égoïsme et la bêtise d'un Trump et d'un bon nombre d' européens. Suffira juste de leur balancer à leur figure le clip de "Aleppo" fait d' archives familiale du temps où cette ville n' avait pas été abandonnée par le monde pour devenir des ruines. Si sa carrière discographique ne se résume qu'à trois singles on est forcé de courber l' échine devant autant de talent aventureux. Outre "Aleppo" déjà cité pour son clip émouvant son dernier titre proposé est prodigieux et à placer d'office dans la catégories des plus beaux morceaux de l' année. Les voix sont parfois lyriques ou intimes à l'instar de l' ambiance mais toujours profondément touchantes et déjà maîtrisées. Si la pop n' est jamais loin les expérimentations issues d'un environnement électronique tour à tour agité ou cinématographique/ambient apporte la dose d' originalité et de forte personnalité. A suivre donc. De très très très près !

  • Rafael Anton Irisarri, mélodies sublimes en sous-sol bruitiste.

    Il y a très longtemps que l'on croise Rafael Anton Irissari. Membre des gentillets ambianceurs pop Orcas (avec Benoît Pioulard), il avait commencé à taquiner plus sérieusement nos oreilles avec son projet The Sight Bellow, occasion pour lui de bosser avec l'un de ses "dieux shoegaze", Simon Scott de Slowdive. Que ce soit sous ce dernier nom ou sous son identité de naissance sans rien révolutionner il avait cependant de plus en plus pris l' habitude de nous épater par sa capacité à communiquer une profonde et magnifique émotion. Si "It's all fart appart" sous le pseudo de Sight Below et "A Fragile Geography" demeuraient jusqu'à présent ses plus grandes réussites il se peut bien que le tout récent " The Shameless Years " ne lui fasse franchir un palier suplémentaire. Quelques mois après le retour réussi du GAS de Wolfgang Voigt il semblerait bien que Irissari en remette brillamment une couche en matière de mélodie enfouies sous des tonnes de drones plus ou moins bruitistes et ambient. "The Shameless Years" est une totale réussite d'une beauté sidérante. Si il ne brille pas autant qu'un Lawrence English en matière de gravité ou d'un Jefre Cantu-Ledesma dans l' art du jusqu'au boutisme ce dernier opus se révèle toutefois un sérieux candidat dans le domaine pour l'année 2017 déjà chargée (le Ben Frost arrive bientôt). Les circonstances de l' enregistrement et l' air du temps y sont peut être pour quelque chose. Irissari dit avoir vécu juste avant une "expérience proche de la mort". Ceci explique peut-être la sensation de voir le bonhomme se lâcher encore plus et accroître ses dons pour toucher avec des mélodies encore plus lacrymales et mélancoliques dorénavant totalement assumée . Le frisson est susceptible de capturer à tout instant le premier fan venu du lyrisme d'un Sigur Ros ou de GodspeedYou Black Emperor. Fan pas toujours facile à amener à la cause ambient et drone un brin plus opaque. Le contexte politique post-élection de sa patrie (les USA) y sont aussi pour quelque chose comme l'indique le titre de l' album qui selon lui symbolise l' impudicité de notre époque où tout peut être dit, tout peut être maquillé et dénaturé. Ainsi Il aborde ouvertement la montée anti-musulmane et anti-immigration dans les deux dernier titres du disques, deux collaborations avec le compositeur iranien Siavash Amini stupidement interdit d' aller aux Etats-unis par sa nationalité. Les titres ont été fait avec l' instrumentation habituelle du bonhomme, soit guitares, pédales, amplis et une multitude d' équipements analogique en tout genre, mais aussi avec l' aide de vieux logiciels de chez Native Instrument. Les tableaux sonores n'ont jamais été autant merveilleux, hypnotisant et complexe chez lui. Un sens du détails plus acéré et une imagination libérée sont peut être les raisons des progrès sidérant accomplis au cours de l'année 2016. Vous l'aurez compris, fans de Tim Hecker, Gas, Lawrence English et d' ambient un brin noisy, mais aussi de post-rock et de shoegaze, ce disque est fait pour vous!

  • PAN DAIJING, opéra noisy cathartique

    C' est le coup de poing sonore de l' été offert par PAN. Un disque au premier abord un brin flippant mais très vite un puissant révélateur de vie. Celle de son auteur bien sûr mais aussi de la notre ! Tout au long de "Lack 惊蛰" si on se sent donc profondément vivre on se sent aussi bien moins seul dans ce monde froid. Cette musique offre aux solitaires une présence forte, sur-puissante tant à tout instant elle risque vous exploser à la gueule. Pan Daijing est originaire de Chine où elle dit avoir passé son enfance sans internet en lieu et place de déversoir de savoirs institutionnalisés, uniformisés et aseptisés musicaux. Elle s' est donc d' abord construite seule avec uniquement la culture de sa région qu 'elle s' est empressée ensuite d' enrichir et remettre en question. Mais qu'ensuite! Le savoir faussement encyclopédique prémâché indie/vintage très peu pour elle. Peut-être l'une des caractéristiques qui font qu' actuellement le noise, l' ambient et l' expérimentale dans son ensemble se portent bien mieux que d' autres styles porteurs d'un héritage et de références un peu trop omniprésent pour développer le courage et l' originalité. Pan Daijing commença à faire parler d' elle il y a quelques années du côté de Berlin et sa scène Techno/indus comme le rappelle son ep " A Satin Sign" sorti en début d' année et tout autant intéressant (fan de Vatican Shadow/Prurient et de Perc jetez-vous dessus) que son premier album dont il est question ici. Reparti en Chine où elle travailla en tant que désigner sonore pour des expos, des ballet chorégraphiques et des performances, elle en profita pour entamer un voyage en vélo autour du Tibet. On croisa ensuite son chemin du côté de San Francisco puis retour à Berlin les valises remplies d' enregistrements extérieurs et d' expérimentations sonores en tout genre pratiquées pendant ses lives que l'on dit totalement dévastateurs, provocateurs et intrigants . Petit truc qui a son importance, il semblerait qu'elle ait eu la chance fantastique de collaborer avec la grand Pauline Oliveros (Bonus la concernant plus bas pour les malheureux ne connaissant pas la grande dame disparue il y aura bientôt un an). Avec sa voix, ses synthés et ses samples elle raconte avoir réalisé avec l' enregistrement de ce disque un véritable travail de catharsis mentale issu d'un lent et difficile processus psychanalytique. Le moins que l'on puisse dire c' est que par instant ce ne sont plus ses pulsions et ses états d' âmes que nous découvrons mais carrément ses viscères tant elle y va au scalpel et à la tronçonneuse. On est très loin de l' ambient douce amer que Daijing avait offert à la merveilleuse compilation du genre sorti plus tôt cette année par Pan et déjà classé ici dans le top mi-annuel. Elle passe tour à tour de titres acoustiques à d' autres bien plus électroniques. Si l' héritage des percussions asiatiques se fait parfois sentir c 'est véritablement le monde entier qui semble avoir nourri ce disque que l'on pourrait apparenter à un cri. Une boucle dancefloor par-ci, une travail de la voix digne d'une Holly Herdon par-là ("Practice of Hygiene"), des relents indus-dark-drone ("Act of The Empress") côtoyant du field-recording ailleurs et . Finalement il n'y a que la techno des débuts qui manque à l' appel. La grande révélation de "Lack 惊蛰" par rapport aux oeuvres antérieurs c' est les qualités de chant et la voix de la belle ("Plate of Order"). Mais la diversité dont elle fait preuve et qui nous épargne la monotonie parfois inhérente au genre ne semble pas non plus l' égarer sur plusieurs chemins à la fois. Peut-être parce que ce premier album fait preuve d' une cohésion digne d'un opéra, but recherché et avoué visiblement par la jeune fille. Premier album et premier chef- d' oeuvre pour la Chinoise. BONUS: Quelques titres classiques de Pauline Oliveros, la géniale créatrice du terme "deep listening" qui vous fera changer d' avis sur l' accordéon tout en vous étonnant sur sa proto-électronique en avance sur son temps.

  • EKIN FIL, Turquie éthérée.

    Ce coup-ci je parle d' elle. Quand c' est aussi beau que ça, certains secrets ne peuvent plus être tu. Ekin Fil aka Ekin Uzeltüzenu vient de sortir son huitième album qui est probablement son plus beau, son plus triste et plus abouti. Peu ou quasiment pas connu en France cette Turque est surtout connu dans la sphère des fans de Grouper, ressemblance vocale oblige. Comme l' américaine elle mélange subtilement le drone, l' ambient et la pop. Mais pas n'importe-quelle pop. Biberonné dans son Istanbul natal aux Cocteau Twins, Cranes et autres Slowdive la belle a toujours su apporter sa touche personnelle à l' héritage des musiques éthérées. Son dernier album, "Ghosts Inside", marque un tournant décisif. Les circonstances de l' enregistrement l'y ont peut-être poussé. Rupture amoureuse, deuil d'un proche et que dire de la situation politique de son pays. Comparé aux précédents "Ghosts..." met encore plus en avant l' écho. Les mélodies se font encore plus ténébreuses et sa voix magnifique murmure à nos oreilles comme jamais. Son sens du détail est encore plus aiguisé et c' est peut-être bien ça qui change définitivement le statut de ce disque comparé aux autres. Les réverbérations sont maîtrisées comme rarement et cachent des trésors de trouvailles sonores et de compositions à qui veut bien s'en donner la peine. Musique résolument cathartique. C' est un disque reclus sur lui même mais tout aussi étonnamment il devient au fil des écoutes la BO parfaite pour l' observation de ce triste monde. LE disque de chevet par excellence.

  • AKIRA RABELAIS, l'un des plus beaux trésors des 00's enfin réédité!

    C' était par une sombre soirée d' hiver. Je peux même vous affirmez avec certitude que c' était un vendredi d' octobre 2010. C 'est dire l' impact affectif et musicale. Comme bien souvent le choc provenait du hasard que les pérégrination numériques peuvent offrir. Pour tromper mon ennui je m' étais allé en quête des sorties du label de David Sylvian, Samadhysound. Et puis ce nom intriguant pour un français attira mon attention, Akira Rabelais. La pochette aussi. Un brin étrange et franchement discordante face à ses conccurentes à la fin des 00's. Mais sans commune mesure avec ce qui m' attendait à l' intérieur. Tout simplement l'un des plus beaux et étranges disques de tous les temps. Rien que ça! Ce sont des voix venues de la nuits des temps qui m' agrippèrent, m' ensorcelèrent puis me firent plonger dans les profondeurs d'un obscure et glacial lac sonore perdu et oublié depuis le Moyen Âge. M'en suis-je sorti des années après? Jamais et chacune de mes rencontres avec ce disque rend l' expérience toujours plus addictive, essentielle et ... vitale ! C'est le genre de disque dont de toute façon vous ne vous en sortez jamais. Quand la musique s' apparente à un songe qui a tellement hanté votre nuit qu' au réveil et tout au long de votre journée vous les passerez sans interruption avec le ressenti de vos rêves quoiqu'il peut bien se passer. Comme un fantôme volant autour de vous même en plein jour. "Music for a new society" de John Cale, "Marble Index" de Nico, les derniers Scott Walker ou la face B de "Low" de Bowie sont des exemples. Mais stoppons-là les comparaisons. "Spellewauerynsherde" n'en a pas besoin. Ce disque possède depuis sa sortie en 2004 un véritable statut culte. C' est l'un des secrets les mieux gardés. Vous pouvez le chercher dans les nombreux livres spécialisés sur les trésors cachés de la musique, il n' y est pas! L' annonce suivie de sa ressortie suscite depuis quelques jours moult réactions. La toile bruisse de l' enthousiasme des initiés et de la stupéfactions des nouveaux. C' est que "Spellewauerynsherde" n' a pas pris une ride. Il ne peut pas de toute façon, c' est un putain de vrai disque intemporel! Akira Rabelais contrairement à son nom n' est ni asiatique, ni français. Un bon ricain du Texas ! On la déjà croisé accompagné de grands noms, David Sylvian bien sûr mais aussi Harold Budd et Bjork !!! Musicien bien sûr mais aussi créateurs de logiciels. Le laptop instrument de musique? Une évidence pour lui depuis des années. Une sorte de proto Holly herndon d' avant l' originale. Un génial aventurier? ? Assurément. "Spellewauerynsherde" c' est quoi au juste? Des enregistrements de chants traditionnels islandais passés à la moulinette numérique via l'un des logiciels créés par le bonhomme, le joliment nommé Argeïphontes Lyre. On peut dire que l'on est ici dans une ambient façonnée par le field recording et la manipulation de bande magnétique avant l' oeuvre machiavélique de l'ordinateur. Des voix venues de la nuit des temps apparaissent donc, porteuses d'une charge émotionnelle rarement rencontrée. Entre le bouleversement, le réconfort et l' hallucination. Il réactive des âmes du passé que l'on croyait disparue de nos jours à l' exception de traces sur de vieilles bandes. Le modernisme au secours de nos racines en train de disparaître. Parfois le chant apparaît claire et peu retravaillé en apparence. A d'autres moment les manipulations de Rabelais sont plus visibles et nous ne savons plus très bien si c'est le souffle de la bande magnétique ou celui d' un blizzard hivernal. Voici le chef d'oeuvre avec sa nouvelle pochette enfin dispo facilement sur le net

  • BEN FROST & STEVE ALBINI, vrillage sonore en beauté

    Encore disque assassin et formidable comme d' habitude avec Ben Frost. Le titre de l'un des morceaux est, "Tout ce que vous aimez sera éviscéré". On devrait rajouté : " éviscéré et ...magnifié!". Après Tim Hecker, Bjork, Lawrence English et Brian Eno Frost s' offre encore un cador en terme de collaborateur, ce coup-ci c' est Steve Albini. Quand deux maîtres du vrillage de tympan s' associe on ne peut que se jeter dessus. D' après les deux ils ont enregistré près de deux heures de musique l' été dernier ce qui laisse espérer une suite à ce premier ep. Deux premiers titres dignes des plus beaux cataclysmes et explosions noise de Frost suivi par deux titres hantés par du crystal sonore coupant comme un scalpel et des cordes prêtes à casser à tout instant . Un autre s' apparente à une hélice d' hélicoptère tourneboulante dans votre cerveau quand au dernier on dirait une impro de Vangelis un brin titubante. On a même droit à un remix de l' un des chouchous du blog, Lotic ! Le membre de Janus récupère nos deux gars et les traînent dans une cathédrale dévastée pour une soirée post-dancefloor où mixe Chino Amobi, WWWings, M.E.S.H. ou encore Brood Ma. Jetez-vous dessus !!!!

bottom of page