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- RIP JEAN LUC GODARD . Godard et la musique?
Godard et la musique? Beaucoup de choses à dire. Bien sûr Delerue pour "Le Mépris", la danse de "Bande à part", les Jukebox omniprésents, Marianne Faithfull, Chantal Goya, le fameux "la musique après la littérature" de Pierrot Le Fou etc etc etc. Tout ça à voir dessous. On doit aussi à Arte cette collision magique entre Godard, Sonic Youth et Tarrantino. Le truc susceptible de résumer la jeunesse de certains quadras et quinquas en quelques secondes. Et enfin pour finir son fameux One + One dans lequel il mélange les Rolling Stones créant Sympathy For Devil avec la politique et les Black Panther. Un must dans le domaine du mélange réussit des genres et un modèle absolu pour parler musique pour ce blog.
- SARAH DAVACHI, arrivée au sommet.
On ne présente plus Sarah Davachi dans ce blog. Depuis son "All my circles Run" de 2017 cette canadienne truste annuellement les tops Albums. 2022 la voit offrir son disque peut être le plus abouti. Somme de toutes les expériences passées ce "Two Sisters" semble revêtir le costume de l' album clé d'une déjà riche carrière et peut être bien son chef d' oeuvre absolu. Pour les retardataires Sarah Davachi est une experte en orgue depuis son passage au sein du Centre National de Musique du Canada . Obsédée par les musiques classiques, médiévales et religieuses du passé elle n' a de cesse pour autant de les propulser dans le présent si ce n' est le futur. Sa carrière est parsemée de voyages spatio temporels qui finissent toujours par atterrir en territoire Ambient-Drone et classique Moderne. Des drones qui perdent vite tout dans l' esprit de l' auditeur tout sentiment de monotonie pour le plonger dans un labyrinthe de douces émotions profondément viscérale et d' expérimentation obtus. Le dernier "Antiphonals" malgré sa réussite ne m' avait pas tant emballé que ça. Une impression de simple retour en arrière après les aventures précédentes. Pire. Son statut de reine héritière de Pauline Oliveros sérieusement remis en question avec la talentueuse prétendante Kali Malone auteur du magnifique "Living Torch" plus tôt dans l' année. "Two Sisters" efface immédiatement cette impression et on retrouve la canadienne un cran au dessus. C 'est un album somme mais surtout un album qui révèle une artiste au sommet de son art capable d' une musique vu et entendu nul part. L' expérimentation a repris ses droits un très laps de temps suspendus. L' étrangeté qui accompagne Davachi depuis toujours semble avoir été renforcée alors que toute ces années auraient du l' atténuer. Davachi excelle comme jamais dans sa spécificité de brouiller systématiquement les pistes. De mélanger avec magie et maestria ce qui semblerait être opposé. Le passé rencontre le présent, un présent obscur et flippant à l' image d'une musique nouvellement devenue pessimiste et sombre. L' acoustique et l' électronique se mêlent avec encore plus de limpidité et la nostalgie se tourne vers l' inconnu. Ses Drones apparaissent tour à tour modernes ou baroques. On l' avait vu chanté mais cette fois elle invite Jessika Kenney et offre une version originale des merveilles du chef d' oeuvre d' Akira Rabelais (ici). "Alas Departing" introduit avec le traitement d' une voix fantomique un Leyland Kirby inédit dans l' univers Davachi. A force de ne ressembler à rien ni personne Davachi semble depuis ses débuts nous offrir une espèce d' Hauntology purificatrice et aventureuse sous des attraits faussement nostalgique, académique et revivaliste. Mais surtout, plus encore avec ce dernier album, Davachi nous offre l' une des plus émouvante et belle musique d' avant garde. Un baume pour le corps et les esprits ouverts et difficiles. Magique !
- THE EPHEMERON LOOP met les Cocteau Twins en Transe. L'un des chocs de l' année.
Les 7 premières minutes de l' album "Psychonautic Escapism" vont vous plonger dans la sidération comme rarement. Sidération provoquée par le carambolage stylistique de l' année doublé d' un choc émotionnel rare. Un des coup de poings musicaux de l' année assurément. Le titre "Psychonautic Escapism (Cold alienation)" débute par une attaque Noisy digne d' un décollage d' Airbus capable de faire fuir les plus aguerris. Quelques secondes plus tard ce boucan s' interrompt pour laisser place à des nappes de synthés planante portée par une ensorceleuse voix éthérée. Nous étions chez Pete Swanson et en un claquement de doigt nous voici lové dans la Dream Pop planante des Cocteau Twins. Bien évidemment vient en tête le "Made You Realize" des My Bloody Valentine dans le rôle du passeur. The Ephemeron Loop c' est Vymethoxy Redspiders aka Urocerus Gigas déjà croisée dans le duo de rock xénoféministe, Guttersnipe. Originaire de Leeds elle est donc issue du plus profond des underground avec de longues années d' activisme dans ses bagages. Artiste Trans elle se présente également comme une adepte du psychédélisme et n' hésite pas à parler de sa consommation de LSD comme des traits autistiques de sa personnalité. Son premier album solo est bel et bien un choc stylistique multiple comme le confirme le titre décrit plus haut. Après la Dream Pop la coquine nous assène un violent coup de tête Noise Metal avec des rythmiques lorgnant sur la Gabber et la Transe. On quitte donc l' univers Dream Pop-Shoegaze pour affronter le Cybergrind des Duma et le Gabber des Gabber Modus Operandi. L' exercice du premier titre sera réédité sur les 7 autres titres de différentes manières. Ce que réalise The Ephemeron Loop ne devrait pas fonctionner et pourtant. L' auditeur sort de cet album rincé et envoûté. Elle avoue avoir mis des années à chercher comment créer ce"bain d'acide synesthésique qui ouvre les portes de la perception". Venant du Black Métal sa prise de LSD avec la rencontre du Shoegaze et la fréquentation de la scène Queer de Leeds au cours accompagnèrent sa transition. Les styles ne se mélangent pas vraiment mais se superposent d' une façon qui semble naturel à moins qu' il ne s' agisse juste du fruit de notre imaginaire sous l' influence d'un tour de sorcellerie magistral. Une alternance de cauchemars et de rêves psychédéliques. Ce qui les lie c' est une production clinquante qui tient plus du Maximalism et de 'l Hyperpop d'une Sophie. n passe de l' effroi Dark à la caresse sur un ton lyrique de la Dream Pop. Ce premier album est un coup de force phénoménal qui va laisser des traces chez beaucoup. On peut bien sûr rester imperméable à cet univers passant du coq à l' âne et demeurant souvent à la marge mais il est évident qu' il se passe quelque chose tout au long des 8 titres que on ne retrouve que très rarement dans les autres courants. Mélangés ou pas. Ultime!
- THEY HATE CHANGE, le Hip Hop vire à l' anglaise.
Andre Gainey et John Harrison aka Vonne sont deux gamins de Tampa en Floride. Alors bien sûr, quand ils se lancent dans le Hip Hop, on a pu rapidement dire qu' ils faisaient dans le Southern Hip Hop. Juste pour raison géographique la plus part du temps. Mais il va falloir s' attarder sur certaines caractéristiques de cette scène pour expliquer un petit peu pourquoi ce duo charme là où beaucoup gavent dans la scène Hip Hop à force de répéter. Le Southern Hip Hop a toujours eu ses aficionados de ce côté-ci de l' Atlantique. Le succès commercial autant que critique des Outkast n' était pas un hasard. La scène du Sud des States a toujours partagé avec l' Europe un goût prononcé pour le Dancefloor jusqu' à l' incorporer dans le Hip Hop. Remarquez la Beyonce aussi vient de nous faire ce coup-là mais en allant ressortir la House de son armoire poussiéreuse où elle aurait mieux fait de la laisser faute d' évolution réelle et d' idées. Avec la Sotuhern Hip Hop un certain sens de le fête se confrontent à la dureté des scènes Est et Ouest du pays depuis plus longtemps. Par chez nous leur passion pour la Roland Tr 808 dès l' apparition de la Miami Bass nous a toujours titillé l' oreille. They Hate Change s' inscrit dans cette tradition. Mieux. Le duo tisse de très solides liens trans Atlantique comme rarement croisés autrefois. De toute façon on va faire simple. Si ce blog a décidé de vous parler des deux gars c' est qu' ils se revendiquent comme anglophile et que ça sent dans leur dernier album "Finally, new". Et c' est probablement ça qui fait que leur album est une éclaircie dans un genre devenu ventripotent et il faut bien le dire chiantissime. Vous en connaissez beaucoup des groupes de Rap qui citent dès qu' ils en ont l' occasion vous citent pêle mêle Brian Eno, l' UK Bass, le Grime Trap de Novelist croisé très souvent ici avec la clique Weightless Logos-Mumdance et Goldie. Dans le dernier album ils bluffent par leur savoir en nommant Poly Styrene des légendaires punks X Ray Spex. Et puis question problématiques inhérentes au courant via une certaine homophobie toujours présentes chez leurs confrères on a droit à un hommage à la Trans genre Jackie Shan. Alors bien sûr on pourrait se dire que nommer les bons noms ne suffit pas à faire de la bonne musique. Certains critiques de Pitchfork les ont traité de Geek à ce sujet. Ils ont pas compris que tous les grands musiciens sont très souvent des Geeks en puissance. Mais c' est que les deux They Hate Change ne sont pas des perdreaux de l' année et qu' ils peaufinent leur recette depuis près de dix ans en expérimentant à tout va. Ce quatrième album succède à une série qui affichait des progrès constants et solides. "Finally, new" est leur plus convainquant album et celui qui dépasse largement l' accumulation révérencielle superficielle. Ils brassent avec une facilité déconcertante leurs racine Southern Hip Hop avec le breakbeat, la Grime et la Jungle allant jusqu' à s' approprier magistralement ce bon vieux Footwork de Chicago. Une bonne raison pour se remettre franchement au Hip Hop après des années de bouderie.
- DJ LAG, le grand disque Gqom qui manquait.
Dj Lag vient enfin de nous offrir son premier album. Et on peut également parler du premier grand album Gqom d' un artiste hors compilation et mixtape. Comme vous le savez ici on suit le Gqom (ici) depuis les débuts et cela faisait longtemps que ce petit événement était attendu. Dj Lag jusqu' à aujourd' hui c' était une pelleté de Ep avec le prometteur et adoré par ici éponyme de 2016. Une omniprésence dans les mix de nombreux Dj tel Burial, Kode 9, Slikack et même le pitoyable Teki Latex. Des passages remarqués à Boiler Room et dans certains dancefloors réputés. Mais surtout à partir de 2020 une petite hype pour sa participation au "The Lion King: The Gift" de Beyonce. Hype vite ingurgité et oublié par le Mainstream même si évidemment ce sont les touches Gqom qui sauvaient le marasme surproduit et opportuniste de l' américaine. A la suite de ça Dj Lag fut victime d' un scandaleux plagiat par les affreux Will.I.AM et Megan Ryte qui se révéla assez révélateur de certaine manière américaine vis à vis de l' Afrique musicale (Remember Michael Jackson pillant Manu Dibango). "Meeting With The King" arrive enfin et place définitivement Dj Lag au panthéon du Gqom. Une occasion également de justifier tous les espoirs dans ce courant innovant et jouissif. Dj Lag prouve aussi à quel point le Gqom est susceptible d' évoluer à l' instar de ce Dj. L' Amapiano qui a succédé au Gqom et au vieux Kwaito pèse de tout son poids sur la production de Dj Lag et permet ainsi d' ouvrir une porte de sortie au Gqom originel. Un Gqom qui voit son rythme baisser d' un ton mais garde ses nappes de synthé glaçantes susceptible de mettre le feu à tout instant. Comme toujours le Gqom révèle ses énormes capacités à développer la Trans mais d' une façon peut être encore plus puissante et nette par rapport aux première sortie Lo-Fi du label Gqom Oh. Beaucoup d' intervenants, dont l' apprécié Sinjin Hawke (ici), ce qui perpétue la tradition Gqom de la collaboration et toujours une curiosité accrue pour tout ce qui vient de l' UK Bass. Dj Lag offre une autre voie que celle tracée par la clique Nyege Nyege/Hakuna Kulala (Phelimuncasi, Menzi) ou Citizen Boy et Mafia Boyz issus de chez Gqom Oh! Peut être plus proprette et susceptible de toucher un plus grand nombre. En tout cas et jusqu' à présent, le classique absolu du Gqom à titre individuel.
- BEST OF 2021
TOP ALBUM 1. ARCA - Kick ii, iii, iiii, iiiii 2. CIRCUIT DES YEUX - -io 3. YL HOOI - Éponyme 4. PERILA - How Much Time It Is Between You And Me 5. SPACE AFRIKA - Honest Labour & Untitled (To Describe You) 6. LINGUA IGNOTA - Sinner Get Ready 7. FOR THOSE I LOVE YOU - Éponyme 8. TERESA WINTER - Motto Of The Wheel 9. LOW - Hey What 10. HTRK - Rhinestones 11. THE ARMED - Ultrapop 12. TIRZAH - Colourgrade 13. BLACK MIDI - Calvacade 14. GAZELLE TWIN & NYX - Deep England 15. LORAINE JAMES - Reflection 16. SQUID - Bright Green Field 17. KLEIN - Harmattan 18. DEAN BLUNT - Black Metal 2 19. LOTIC - Water 20. AYA - Im Hole 21. MICA LEVI - Blue Alibi 22. LEON DUNCAN - Fuck A Rosetta Stone For My Brainwaves 23. BENDIKE GISKE - Cracks 24. PRETTYBWOY - Tayutau 25. PRINCESS DIANA OF WALES ( LAILA SAKINI ) - Éponyme 26. JANA RUSH - Painful Enlightenment 27. OÏ LES OX - Crooner Qui Coule Sous Les Clous 28. FATIMA AL QADIRI - Médiéval Femme 29. GROUPER - Shade 30. RICHARD YOUNGS - CXXI 31. MOIN (RAIME & Valentina Magaletti) - Moot! 32. DON ZILLA - Ekizikiza Mubwengula 33. SAN SALVADOR - La Grande Folie 34. JAKE MUIR - Mana 35. SLEAFORD MODS - Space Ribs 36. MARINA ROSENFELD - Teenage Lontano 37. HOLY OTHER - Lieve 38. NOT WAVING - How To Leave Your Body 39. DAWUNA Glass Lit Dream 40. MAXWELL STERLING - Turn Of Phrase 41. TIME IS AWAY - Ballads 42. SCOTCH ROLEX & CO - Tewari 43. RAT HEART - Éponyme 44. KELAM DURAN - Night In Tijuana 45. AARON DILLOWAY LUCRECIA DALT - Lucy & Aaron 46. MICROCORPS - XMIT 47. SARAH DAVACHI - Antiphonals 48. KORELESS - Agor 49. TIME BINDING ENSEMBLE - Nothing New UNder The Sun 50. ABUL MOGARD - In Immobile Air CELUI QUI A FAILLI PASSER A LA TRAPPE EMEKA OGBOH - Beyond The Yellow Haze PLUS DIX REMPLAÇANTS L' RAIN - Fatigue MARK FELL & RIAN TREANOR Last Exit To Chickenley LOST GIRLS - Menneskekollektivet COLLEEN - The Tunnel And The Clezring SKEE MASK - Pool DJ MANNY - Signals In My Head MOOR MOTHER - Black Encyclopedia Of The Air PARRIS - Soaked In Indigo Moonlight PENDANT To All Sides They Will Stretch Out Their Hands ANDY STOTT - Never The Right Time TOP FAILLES SPATIO-TEMPORELLES The Bug Ils sont jeunes (ou parfois vieux) et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2017 et on les aime non sans gène. Faut vivre avec le futur! 1 ex æquo BLACK COUNTRY, NEW ROAD For The First Time & THE BUG Fire 3. DRY CLEANING New Long Leg 4. SONS OF KEMET BlacK To The Future 5. TURNSTILE Glown On 5. ERIC DREW Quivering In Time 6. MDOU MOCTAR Afrique Victime 7. THE CORAL Coral Island 8. CHAI Wink 9. ICEAGE Seek Shelter 10. JANE WEAVER Flock TOP MONUMENTS HISTORIQUES Aussi beaux que l' architecture moderne même si c'est pas toujours révolutionnaire. Mais! Ça tient et ça tiendra toujours la route. Surtout, que la jeunesse prenne garde de ne pas y squatter trop longtemps. Eux, ils savent faire, vous les jeun's, prenez modèle mais surtout surtout, NE PAS COPIER, ça ferait du Made in China pour nouveaux riches. Vivez votre temps et préparez le futur! 1. ARAB STRAP As Days Get Dark 2. NICK CAVE & WARREN ELLIS Carnage 3. GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR G_d's Pee STATE'S END 4. TYLER, THE CREATOR Call Me If You Get Lost 5. RP BOO Established TOP EP & SINGLES 1. YVES TUMOR The Asymptotical World 2. ZULLI All Caps 3. BURIAL & BLACKDOWN Shock Power Of Love 4. SOPHIE Bipp (AUTECHRE Remix) / Unisil 5. BLACKHAINE And Salford Falls Apart 6. KALLISTA KULT Éponyme 7. LSDXOXO Sick Bitch 8. TARA CLERKIN TRIO In SPring 9. CLAIRE ROUSEY / MORE EAZE An Afternoon Whine 10. NICK LEON FT060 CELLE QUI S' EST POINTÉE AU DERNIER MOMENT : JLIN Embryo RÉÉDITIONS, COMPILATIONS & PLUS MICHELE BOKANOWSKI MICHELE BOKANOWSKI - Rhapsodia/Battements Solaires (Réédition) EARTHEATER Phoenix, La Petite Mort Edition ALICE COLTRANE Kirtan : Turiya Sings (Réédition) AUTECHRE LP5 (Réédition) SUN RA Lanquidity (Réédition) RADIOHEAD Kid A Mnesia (Réédition) GOLDIE TImeless (Réédition) SCRITTI POLITTI Cupid & Psyche 85 (Réédition) TRASHCAN SINATRAS I' Seen Everything (Réédition) MARTIN HANNETT & STEVE HOPKINS The Invisible Girls (Réédition) LESLIE WINER When i Hit You - You'll Feel It (Compilation) THIS IS CAIRO NOT THE SCREAMERS (Compilation) APOCOPE (Compilation) L' ESPRIT DE NYEGE (Compilation) AMAPIANO NOW (Compilation) POUR LA PETITE HISTOIRE ... Il aura donc fallu attendre plus de trente ans pour enfin découvrir l' identité de cette femme sur l' une des photos parmi les plus iconiques des 80's et de mon adolescence. Repérée dans le cahier de texte d' une bourge de mon village cette photo éminemment symbolique de la rébellion, dont les adolescents aimaient se revêtir à tord ou à raison, allait devenir un Saint Graal pour votre serviteur puis un souvenir enfoui dans sa mémoire. Quand 2021 arrive je ne n' y pense même plus et c' est le label Light In The Attic qui va me faire replonger dans ces lointaines années tout en réparant une injustice musicale flagrante. "When i Hit You - You'll Feel It" rassemble les chansons visonnaires de Leslie Winer et la claque après-coup est assez importante. Cette américaine, mannequin de profession, n' a pas seulement fréquenter les Jet Setter les plus puants ou le monde de la mode des 80's avec lesquels la jeune semblait bien étrangère et un brin le vilain petit canard mais elle a également côtoyé des génies tel Basquiat ou Burroughs. Pour la musique la diablesse avait bon goût et une certaine affinité avec ce qui annoncerait le futur. Entre le Dub et le Spoken Word préfigurant certains de ses titres présents sur la compilation annonce rien de moins que le Trip Hop. A l' heure où ce dernier revient sur le devant de la scène dans nombre de disques avant gardistes le retour en grâce de Leslie Winer répare enfin une de ces injustices dont la musique a le terrible secret. Fans de Portishead, Tirzah ou Massive Attack, jetez-vous sur ""When i Hit You - You'll Feel It". HORS CONCOURS DEMDIKE STARE - Drum Machines (Mixtape)
- ARCA éclabousse de sa classe ce monde misérable avec une oeuvre monumentale de 4 disques!
Arca est depuis les débuts de ce blog un incontournable. Une icone incontestée qui a vu tous ses albums systématiquement classés dans le Top 20 annuel. "Xen" 9ème en 2014 (lire ici), "Mutant" de 2015 11ème (ici), "Arca" 2017 2ème (là) loupant d' un cheveu le trône derrière Jlin. 2018 verra son "Kick i" (ici) pointer à la 18 ème place. Mais au delà des classements Alejandra Ghersi Rodriguez fut pour votre serviteur un phare absolu en matière de musique nouvelle, révolutionnaire, avant gardiste et Populaire. Et cela vaut aussi dans les domaines sociétaux, politiques et sociaux. Moi le vieux mâle français hétéro limite boomer j' ai plus appris au sujet de la transsexualité et de la non binarité dans ses textes que dans tous les reportages putassier ou totalement niais qu' il arrive parfois de voir. Alors quid d' Arca en 2021? Presque dix après ses débuts. Toujours à la hauteur des sommets d' autrefois? Il y a quelques mois un lecteur francophone argentin m' interrogea sur le fait surprenant justement qu' Arca n' avait jamais atteint la première place dans mes tops annuels comme dans les siens et de nombreux autres. Et ce malgré son statut iconique absolu sans interruption que nous lui portions en commun depuis 2012, année du coup de tonnerre "Stretch 1 & 2" (ici). Sans parler de sa légendaire mixtape un an plus tard, "&&&&&" (là). La discussion fut passionnante et nous arrivâmes à une surprenante et illogique conclusion. Arca se retrouvait lésé par ce qui était justement l' une de ses plus grandes qualités, la richesse et la diversité gigantesque de son univers créatifs. Ses multiples facettes. Et également qu' aucun de ses albums ne rendaient réellement justice à cela. Il y avait bien un peu de chaque personnalités artistiques mais jamais d' une façon totalement évidente. Une partie d' Arca était toujours sous-jacente pour qui le connaissait mais n' éclatait jamais au grand jour pour la majorité comme pouvait l' illustrer son titre de 2015 presque devenu mythique de nos jours, "Alive". Et une autre question nous taraudait du coup. Était-il possible que ce miracle ait lieu? Arca pouvait-il nous offrir ce grand disque multi-directionnel et multi-colore comme jadis sa grande copine Bjork avait su s' en approcher? La réponse était une évidence mais fallait-il encore qu' Arca l' ose et passe outre les clichés liés à l' orgueil artistique, le "trop" nuisible à l' excellence et d' autres soucis provenant de la lourdeur de l' industrie musicale et des us et coutumes sclérosantes. Quand "Kick i" était sorti Arca avait promis une suite sous la forme d' un album. Puis ce fut des annonces de singles et on s' est attendu, plus ou moins déçu à un deuxième "Kick i". C' est que "Kick i" avait également, malgré sa réussite, laissé un léger goût amer de facilité. Ce virage à angle droit en direction de sa culture latine Pop et Reggaeton amenait les habitués à être tentés de regretter un certain manque de surprises si ce n' est de profonde originalité par instant. En résumé Arca opérait une mue Pop se contentant de l' habiller de ses anciennes aventures expérimentales sans vraiment renouveler ces dernières. La suite s' annonçait sympathique tout au plus aux fans difficiles de la première heure avant gardiste même si ils espéraient un sursaut chez l' aventurier sonore qu' avait été un Arca. Un Arca en passe de devenir une Pop Star après avoir été aux yeux du grand publique un obscur et étrange producteur avant gardiste collaborant avec des stars . Et puis courant Novembre ce n' est pas un album mais trois sorties qui furent annoncées d' ici Décembre. Et comble dans l' industrie musicale, au rythme d' une chaque jour. Arca est bel et bien un enfant du net qui a su utiliser toutes les possibilités numériques inimaginables offertes auparavant en terme de technique et de distribution artistique. Les apôtres tel votre serviteur commencèrent à supposer qu' Arca préparait un gros coup. Trois albums prévus? Arca n' est absolument pas du genre à se contenter de répéter trois fois la même chose. Tout au plus une fois avec tout de même des variations comme cela avait le cas avec "Xen" et "Mutant". On aurait donc droit à un "Kick i" bis puis deux bonnes surprises? Mais une fois rassuré par l' espoir d' une nouvelle évolution germait immanquablement dans l' esprit la crainte du remplissage. Offrir trois album en une fois? On en connait beaucoup qui avaient tenté par le passé le même coup un brin mégalo et orgueilleux. "Sandinista" des Clash en la matière est plus une magnifique exception que la norme faite de loupé, de vide et souvent de suite avortées ou vite oubliées. Le marathon discographique d' Arca débuta le 30 Novembre avec le premier album fort logiquement intitulé "Kick ii". Le lendemain ce fut "Kick iii" et le 2 décembre "Kick iiii". Mais la grande surprise ce fut pour le 3 décembre avec un quatrième album inattendu, "Kick iiiii". 145 heures de musique pour 47 titres. Ne risquait-on pas le ballonnement si ce n' est pas l' overdose? Bien évidemment je me suis rué sur les quatre disques comme mon emploi du temps me le permit. 145 heures de musique!!! Vous imaginez bien qu' il faut un certain temps pour digérer tout ça d' où l' assez long délais entre cette chronique et la sortie des disques. Alors!? Grand coup artistique ou grand coup médiatique avec remplissage par du matériel de seconde main et de l' anecdotique? La réponse fuse, une pentalogie monumentale composée de disques à considérer chacun comme des réussites susceptibles d' être classer individuellement dans les tops de fin d' année. Une action artistique extravagante de 5 disques renfermant l' une des musique elle aussi parmi les plus extravagantes mais certainement pas de cette fausse extravagance que de vicieux conformistes enveloppent commercialement leur daube passéiste. Arca est au mieux de sa forme et a trouvé le seul et unique moyen de dévoiler à la face du monde l' étendue des possibilité de son univers complexe et riche en diversité. Après tout quoi de plus normal que le vénézuélien réussisse là où d' autre se sont vautrer, lui qui depuis ses débuts Maximaliste excelle dans l' art du trop plein. Attendez-vous cher auditeur à vous faire une nouvelle fois dévorer entièrement par cet océan musicale et y retourner avec délectation quand vous retrouverez enfin la surface. A vous faire submerger d' émotion comme rarement. Si Arca était un auteur français ce serait assurément l' enfant caché d' un Rabelais et d' un Céline sous le parrainage d' un Proust pour la longueur de l' oeuvre. "Kick ii" Le début de "Kick ii" le retrouve là où on l' avait laissé en 2020. Les yeux rivés sur la Pop Mainstream mais les pieds bien encrés dans son héritage latin, sa culture LGBT en bandoulière et sa vision futuriste en art de vivre. Toutes ces valeurs se confrontent, s' entrechoquent et se mélangent d' une manière qui n' appartient qu' à Arca. Comme son prédécesseur "Kick i" ce premier volume de la pentalogie 2021 épate par ses performances Pop et sa maîtrise du Reggaeton mais peine cependant toujours à satisfaire suffisamment les aventuriers amateurs de surprises. Il faut dire que la culture Latina et le Reggaeton ont infiltré le Mainstream depuis longtemps et parfois Arca peut apparaître moins tonitruant. "Kick ii" égale donc dans sa première partie "Kick i". Plus loin ce disque ne ressemble plus vraiment à une simple redite tant il apparaît évident qu' Arca a continué à peaufiner et développer la recette du premier. Le Arca agressif, bruitiste et fondamentalement abrasif de "Mutant" réapparaît pour notre plus grande joie et "Kick ii" de devenir réellement intriguant. La fin tarabiscotée de "Kick ii", le très Elysia Crampton "Confianza", préfigure la suite et l' auditeur fan de pop latine et de reggaeton de se retrouver bientôt cueilli et stoppé net dans ses velléités dansantes tel le fan de Rock et Pop Glam ou Soul de Bowie quand ce dernier dégoupilla "Heroes" et surtout "Low". Bienvenue dans un autre monde. "Kick iii" "Kick iii" arrache les amateurs de Pop Mainstream du canapé où ils dormaient devant MTV et ceux du reggaeton du club où ils se trémoussaient machinalement pour les balancer en plein set Deconstructed Club sur le dancefloor du All à Taïwan où la clique SVBKVLT envoie du lourd. Le Reggaeton laisse à place à une culture Dancefloor bien plus agressive et sans compromis. Nous voilà en terre connue par ici. Le bord du précipice, là où on a la meilleur vue sur le futur lointain. La Drill' n'Bass, le Glitch Hop, le Post Industrial et l' IDM d' Aphew Twin. C 'est tout ça que nous nous prenons dans la tronche et surtout pas conjugué au passé. Arca qui avait participé à son apparition effectue donc un retour tonitruant sur les dancefloors futuristes et dystopiques de la Deconstructed Club. Retour gagnant tant iel y chez elle. Comme sur "Kick ii" un titre placé vers la fin annonce le suivant et sert également d' hommage aux amis et artistes adorés par Arca. Après "Confianza" en l' honneur d' Elysia Crampton c' est le très finement nommé "Joya" dont son titre et sa musique suffira à propulser l' auditeur du côté d'une île à l' opposé du monde latino-américain. Une île habituée des craquements terrestres et des effusions de lave comme la musique d' Arca peut être coutumière et sur laquelle règne depuis des décennies sa grande amie, Bjork et son Islande natale. "Kick iii" est assurément la plus grande réussite avant gardiste de la série. "Kick iiii" "Kick iiii" calme le jeu après la déferlante sonore. C 'est surtout le disque le plus délicat, cajoleur et sensible des 5. Le plus rêveur et le plus psychanalytique. C 'est aussi celui où Arca nous fait le plus retrouver de vieilles connaissances de l' univers électro, expérimental et Indie Rock. La punkette passée par les top MTV, Shirley Manson de Garbage, effectue un come back hallucinant quand celui effectué par Planningtorock s' avère tout bonnement irréel et inespéré. Une vieille tête habituée de ce blog est aussi de la partie, Oliver Coates, quand Arca décide de retrouver les cordes modernisées et les affinités orchestrales de son album éponyme "Arca" de 2017. Le spectre musicale d' Arca s' élargie encore plus et les ponts que ce blog avaient tenté de dévoiler par sa ligne directrice depuis longtemps apparaissent au grand jour tel "Altar" qui rappelle certains instant d' Oneohtrix Point Never. "Kick iiii" avec un nouveau virage stylistique en direction de l' Ambient Pop est la preuve ultime qu' Arca est susceptible d' atteindre les sommets sur toutes sortes de terrains. "Kick iiiii" L' imprévu "Kick iiiii" peut enfin clore le parcours initiatique dans cette monumentale pentalogie entamée il y a un an. Arca caresse l' auditeur comme jamais. C' est le disque où l' espace devient le plus tangible et le silence y tient un très grand rôle. L' ambient Pop de "Kick iiii" perd les rythmiques et les crochets Pop en tout genre, ne reste que le terme Ambient. Parfaite démonstration après les précédents qu' Arca sait aussi faire avec très peu. L' exploration stylistique se termine donc par l' Ambient et la musique classique moderne mais toujours par le prisme idiosyncratique d' Arca. Reposant après les tourmentes précédentes ce qui était apparu comme un disque bonus devient lui aussi un classique absolu dans la riche carrière du vénézuélien. La série "Kick" avec son énormité prouve définitivement le statut quasi mythique qu' en à peine dix ans Arca à atteint. Par sa longueur et sa richesse il va falloir un temps long pour digérer ce mets de Roi mais on peut assurément certifier que cette oeuvre risque bien surpasser les autres dans une carrière déjà inimaginablement riche.
- YL HOOI, frisson australien.
C 'est le dernier grand frisson de 2021. Et peut être l'une des plus belles découvertes de l' année. Un frisson en provenance d' Australie et le moins que l'on puisse dire c' est qu'il a pris son temps pour arriver jusqu' à nos froide contrées européennes. Sorti en catimini sur le label australien Altered States en 2019 il lui aura fallu deux pour débarquer chez nous avec le soutien d' un autre label australien, Efficient Space. Ying-Li Hooi aka YL Hooi réside à Melbourne et semble connaître bon nombre de vieilles connaissances de ce blog. Par exemple est cité dans les crédits Tarquin Manek de F Ingers et souvent on retrouve les hantises et rêves infantiles du trio qu' il formait avec Carla Dal Forno et Samuel Karmel. C' est surtout tout l' univers Dream Pop bien particulier et sans bornes de la scène du coin qui se rappelle à la mémoire des habitués du blog. Comme chez Cs + Kreme, Jonnine ou HTRK il en faut très peu à YL Hooi pour envoûter et toucher au cœur. Les dix titres reposent principalement sur sa voix très retravaillée par les réverbérations et une guitare accompagnée de synthés. On frôle en permanence l' univers Dark Ambient et Dream Pop du feu label Blackest Ever Black mais parfois dans une version Pop bien plus affirmée. Les songes éveillés d' une Carla Dal Forno ou les divagations sentimentales d' une Jonnine/ HTRK se teintent d' une patine Dub à vous faire replonger tête baissée dans les œuvres d' Adrian Sherwood quand ce dernier s' amusait à remixer en version Dub la crème de l' indie (Primal Scream, Blur) ou les héros indus et Post Punk. Que cette merveille n' arrive à nos oreilles qu' en fin 2021 ne gâche rien bien au contraire, c' est l' un des plus beaux et salvateur cadeaux pour ces fêtes de fin d' années pandémiques un brin angoissantes avant d' entamer une nouvelle année elle aussi inquiétante.
- HOLY OTHER, retour inattendu d' une icone de ce blog.
Le hasard fait bien les choses. Ce blog va bientôt fêter ses dix ans. Toujours l' occasion de se pencher sur le passé et l' exercice peut parfois révéler des loupés ou des manques. Comme par exemple ces artistes adulés en qui on portait beaucoup d' espoir aux débuts du blog. De divines apparitions qui ont déçu ou tout simplement disparu précocement sans laisser de trace. Holy Other fait partie de la deuxième catégorie. Mieux. Ce producteur avec ses compères de la Witch House était l' un de ces trop rares artistes qui d' une certaine manière poussèrent à la création de ce blog. Il faut se souvenir qu' ils étaient pas nombreux les phares balisant le futur et l' innovation dans le marasme Rétrogaga de la fin 00's début 10's. Holy Other (là) et le label Triangle étaient pour votre serviteur de véritables icônes (ici). Et le sont restés. Des aventuriers du modernisme étendard du refus de l' éternel retour dans le passé que l' on nous assénait en permanence. Je sais c' est toujours un peu le cas aujourd' hui mais dorénavant l' alternative est bien réelle et toujours pertinente pour qui veut bien se donner le courage de sortir des sentiers battus. Holy Other vient donc de sortir enfin la suite de ses légendaires ep et premier album. Presque 10 ans d' abstinence discographique. Plus personne n' y croyait jusqu' au coup de tonnerre que représenta l' annonce de la sortie imminente de "Lieve". Et c' est avec une certaine et justifiée appréhension que les anciens fans, et comme trop souvent les opportunistes habituels devenus fans à leur tour après être largement passé à côté de Triangle et Holy Other si ce n' est pas après les avoir méprisé un temps, patientèrent encore quelque jours ce retour inespéré. Enregistré sur le long terme on retrouve tout ce qui faisait le charme de David Ainley aka Holy Other. Sa version personnelle de la Witch House qui avec nostalgie et tristesse et surtout une sensibilité gigantesque évoquait admirablement les tourments de l' âme humaine. Holy Other offrait à la Witch House ce qui aurait pu être la rencontre improbable des légendes Shoegaze tel Kevin Shields et Robin Guthrie (Cocteau Twins) avec Prince. Un croisement de différent passés mais par le prisme de tout ce qui s' était de neuf entre temps et qui avait donné la Witch House. Le Chopped & Screwed de Dj Screw, le Southern Hip Hop, le Dubstep de Burial et bon nombres d' ingrédient issus du R'n'b Alternatif. Lui et d' autres ont anticipé le lent et salvateur retour triomphale de l' Ambient opéré pendant les 10's et culminant pendant les confinements. "Lieve" reprend donc les affaires là où Holy Other les avait laissé en 2012. Peu de profonds changements si ce n'est probablement une maîtrise plus forte. Personnellement je me laisse facilement envahir par le sentiment qu' il surpasse occasionnellement, si ce n' est égale le reste du temps, "Held". Les idées laissées en jachère reviennent définitivement abouties. Le son semble plus percutant parce que peut être plus "propret". Les fans de la première heure vont agréablement être surpris. Malgré le poids des années, la sensation de redite due aux multiples écoutes faute de nouvelles musiques pendant 10 ans, le frisson qui parcourait votre échine à la découverte des immense "Yr Love" et "Touch" revient subrepticement et foudroie à nouveau. Les années ont passé mais Holy Other, tel une vieille amitié trop hâtivement mise en suspend, revient comme au premier jour et nous comble. Bien sûr on peut se laisser aller à l' idée que ce deuxième album arrive tardivement et que nous sommes passés à bien d' autres chose mais plonger dans "Lieve" prouve par la fraîcheur dont il fait encore preuve qu' Holy Other et ses potes du regretté Triangle records (ici pour le post scriptum) avaient bel et bien une longueur d' avance.
- GROUPER ouvre sa malle aux trésors cachés
Liz Harris a décidé de nous offrir un album composé de pépites écrites tout au long des 15 années d' une des carrières les plus passionnante des années écoulées. Ce qui aurait pu s' apparenter à un simple vide grenier plus ou moins anecdotique chez d' autres devient un album digne de ses prédécesseurs. Bref, encore un trésor. "Shade" dévoile toutes les directions prise par Harris depuis 2006. Ses penchants Ambient en matières de réverbération absents ces dernières années réapparaissent donc le temps de deux titres pour le plus grand bonheur des fans du diptyque A I A. La ligne directrice d' Harris, le minimalisme, se voit revêtu de toutes les variations opérée par l' américaine au cours de ses 12 albums. Les harmonies vocales et la guitare constitue l' essentiel du reste de l' album mais reste présent la mélancolie et le goût des textures qui l' a toujours rapprocher de la galaxie Dream Pop/ Shoegaze. Encore une fois à l' écoute des 9 titres on ne peut que constater les gigantesques qualités de baume réparateur de sa musique pour les âmes . Liz Harris aka Grouper fait du bien, adoucit ce monde si brutal, en offrant une intimité si rare de nos jours. Disque à ce jour le plus classique "Shade" dévoile toutefois toutes les différents visages de cet artiste tant essentiel. Toujours simple en apparence mais bien plus complexe quand on s' attarde sur les moindres détails. Et Liz Harris/Grouper de pouvoir encore une fois prétendre aux lauriers de cette fin d' année.
- CIRCUIT DES YEUX tutoie Scott Walker et Nico pour un autre chef d' oeuvre.
Je ne comprendrais jamais pourquoi Haley Fohr aka Circuit des yeux, une grande habituée de ce blog suivie depuis la création du blog, n' a pas tous les projecteurs braqués sur elle comme elle le mérite. Une carrière brillante longue de treize ans au cours de laquelle l' américaine ne cesse de progresser et encore une fois la sortie de son dernier disque ne reçoit qu' un accueil poli sans tambours ni trompette malgré sa parution chez Matador. "-IO" est sorti il y a quelques jours et il semble déjà oublié pour bon nombres de journaleux qui ne cessent de nous déverser régulièrement dans le net leurs passions démesurées souvent injustifiée pour des nouilles rétrogaga façon Lana Del Rey ou St Vincent. Souvent des chanteuses aux yeux plus gros que le ventre que l'on nous a fait passé pour des génies et qui au fil des années ont plus rempli les rubriques news et annonces que les bréviaires de la musique tant la leur s' oublie aussi vite qu' apparue. Et ne parlons pas d' Anna Calvi. Vous vous souvenez Anna Calvi, l' héritière présumée de Scott Walker et de Piaf. Celle qui allait s' emparer du trone de Pj Harvey et Bjork. L' insupportable Anna Calvi, et bien elle devrait comme ses fans sourds l' écouter le dernier Circuit des Yeux et disparaître à jamais. "-IO" présente rien de moins que la plus puissante et troublante version féminine du Scott Walker légendaire de la Pop Baroque des 60's pour ensuite évoluer vers les sombres territoires foulés plus tard par son compatriote . Haley Fohr à la différence des affreuses citées plus haut ne se contente de pas de faire dans la piètre copie de faussaire et offrir une version édulcorée du plus accessible des grands noms. Comme toujours elle s' échine à chercher et innover plutot que creuser des sillons maintes fois traversés. L' adepte du minimalisme poursuit ses objectifs Pop apparus au milieu de sa carrière mais se dote d' une tonitruante orchestration classique. Disque de deuil et de douleur écrit seul pendant la pandémie puis enregistré avec 6 musiciens sonnant comme un grand orchestre "-IO" nous éclabousse émotionnellement et artistiquement. Comme toujours chez Fohr rien n' est simple et la surprise survient à tout instant. Ce disque est peut être celui où son talent mélodique parait plus que jamais évident. C' est autour d' une St Vincent de se cacher dans son armoire spéciale Latex. "Vanishing" et "Dogma" emporte l' auditeur très loin dans les tréfonds de l' âme et comme rarement la joie se mêle au chagrin. Et la faiseuse Lana Del Rey de creuser pour se cacher. Et encore et toujours cette voix majestueuse qui ose tout sans tomber dans la surcharge. Cette voix qui semble le fruit de l' hybridation miraculeuse de Nico et de Scott Walker. Comme chez eux la mort rode sur l' oeuvre de Circuit des Yeux, elle a perdu un ami par suicide et elle a accompagné une proche au cours de sa fin de vie. Elle la chante la faucheuse mais ce que l' auditeur ressent c' est étrangement une renaissance. Comme chez l' allemande et Walker. Elle nous plonge dans l' apocalypse mais c' est pour mieux nous en arracher. "-IO" est le chef d' oeuvre absolu d' une carrière (voir son mot clé pour tous les articles la concernant) parmi les plus intrigantes et sans concession de la décennie écoulée.
- JANA RUSH, Footwork personnel
Il faut le reconnaître, de grands disques Footwork, on ne peut pas vraiment dire qu 'il y en a eu à foison ces derniers mois. Dans les top DWTN il faut remonter à 2019 pour retrouver un album du genre, le "Take Of Mode" de Dj Nate. A vrai dire il semblait que les principaux enjeux concernant ce courant, pourtant bien vivant de par le monde, semblaient extérieurs à sa scène. Les vieux noms semblait avoir mis la pédale douce et à l' exception d'une génie tel Jlin, le Footwork de ne plus évoluer réllement après avoir tant révolutionner. Par contre son influence sur les autres courants reste plus que jamais gigantesque. Du Footwork il y en a partout dans ce qui se fait d' avant gardiste et novateur. De la Deconstructed Club européenne à celles asiatiques ou africaine comme le témoigne régulièrement ce blog. En attendant que la reine Jlin ne nous offre un ep promis pour la fin de l' année c' est une autre reine du courant qui effectue un retour susceptible de foutre la honte à tous ses "vieux" collègues mâles. On était sans nouvelles de Jana Rush depuis son génial "Pariah" de 2017 (voir ici) . D' après ses dires ce ne fut pas un long fleuve tranquille pour l' une des pionnières du courants trop longtemps restée dans l' ombre jusqu' à "Pariah". Jana Rush a toujours dévoilé au travers de sa musique une personnalité attachante, sensible et sincère, mais également fragile. Jana Rush est la Dj du questionnement par excellence dans le footwork là où bon nombre de mâles se la jouent les gros durs sûr d' eux et ne cherchent plus vraiment à changer. Dans le récent "Painful Enlightenement" il est question de dépression, de manque de confiance en soi et d' affirmation. Mais aussi d' expérimentation pure plutot qu' une simple volonté de faire danser. Jana Rush est l' une des plus dignes héritières des Rp Boo et Dj Rashad. Le Footwork est avant tout une musique qui depuis toujours a tenté de repousser les limites et trouver des territoires vierge. Un grand coup pied au cul chicagoan aux Dj feignasses des dancefloor surfant justement sur la nostalgie de cette ville. Comme toujours chez Rush l' expérimentation puise dans le gigantesque héritage dancefloor de sa ville natale mais également dans celui d' un certain jazz contestataire. Les ambiances de ce disque sont, comme toujours encore une fois chez elle, flippantes, angoissantes et sombres. Jana Rush est la Dj Footwork la plus proche de l' univers Indus européenne. Le sexe fait une entrée tonitruante dans l' univers de Rush comme l' illustre le sample d' un film porno dans "G-Sport". Mais plutot que ce soit sur un mode putassier comme autrefois dans la Ghetto Tech House qui l' avait vu apparaître, Rush joue de la fausseté de ces films et interroge sur la domination masculine en la matière. Rush, l' une des rares Dj Footwork encore une fois à aborder le suicide le temps d' un gigantesque " Suicidal Ideation". "Painful Enlightenement" dévoile une productrice délaissant un peu la recherche en matière de composition sans rien perdre de son talent pour s' attarder comme jamais sur les textures. Plus abrasif que le précédent, qui déjà se différenciait de la concurrence en la la matière, ce disque ne cesse de vous empoigner par la ceinture afin de vous éjecter de la piste pour un tête à tête plus mental dont vous ne sortirez pas indemne. Comme chez Jlin le footwork chez Rush peut également s' écouter à la maison tant il mérite une attention de tout instant pour déguster son ingéniosité et ses trouvailles. Jana Rush a d' hors et déjà atteint la plus haute marche de la compète Footwork version long format de 2021 quand Jlin risque régner sur le format Ep prochainement. Bref 2021 sera l' année où les femmes auront définitivement pris le pouvoir dans un courant où elles ne sont pas nombreuses. PS: Si 2020 et 2019 n' étaient pas des grands crus en Footwork 2021 s' en sort largement mieux. Dj Manny confirme enfin les espoirs placés en lui depuis longtemps avec son "Signals in My Head", curieux et touchant Footwork imprégné de la romance R'n'b et du savoir faire Dancefloor de Chicago. Quant au vétéran et inventeur du genre, sans réellement se renouveler, RP Boo vient relever les compteurs avec son "Established" et prouve ce que le Footwork et indirectement bon nombre de courants musicaux de par le monde lui doivent.
- TIRZAH, Tri Hop déconstruit et intime.
Tirzah effectue son grand retour avec son deuxième album. Après les succès critique et public de "Devotion" l' attente de trois était devenue assez importante. On se demandait vraiment de quoi serait fait "Colourgrade". Redite ou évolution ? Pour ceux qui ont découvert Tirzah à l' époque de "Devotion" il est clair que "Colourgrade" va surprendre pour ses forts penchants avant gardistes et une certaines rugosité sonore. En 2018 son R'n'B déconstruit teinté de Trip Hop arrivait à caresser dans le sens du poil sans réellement brusquer. C' était l' une de ses qualités, offrir des chansons Pop parfois étranges mais toujours très accueillantes. Un pont entre la Pop la plus gentillette et l' univers de la grande copine Mica Lévi. Sa légèreté cotonneuse vous enveloppait chaleureusement. "Colourgrade" pousse le curseur encore plus loin sur tous les terrains et penche définitvement vers le côté Lévi. La déconstruction est encore plus totale. Les rythmes paraissent profondément organiques et davantage erratiques. Tirzah et ses collaborateurs semblent avoir décider de jouer au jeu du chat et de la souris avec les fans de "Devotion". De la même sorte son chant devient bien plus minimaliste si ce n'est feutré et effacé. Sa voix développe ainsi encore plus d' intimité dans la relation qu' elle met en place avec l' auditeur. Entourée des mêmes amis, Mica Lévi évidemment et Cosey Sey, Tirzah voit débouler à ses côtés ce petit diablotin Dean Blunt pour l'un des titres les plus flippant de sa jeune carrière. A l' image de "Recipe" les sons sont devenus plus rugueux et surtout flirtent allègrement avec une abstraction profondément avant gardiste qui se faisait bien plus discrète en 2018. Moins Hypnagogic-Pop et une ambiance brumeuse plus du tout synonyme de chaleur mais devenue bien plus froide. Tout en avançant et évoluant il semble que Tirzah ait décidé dans ce but de se ressourcer en se rappelant de son premier Ep "I'm not Dancing" et de sa participation à celui de Mica Lévi sous pseudo Micachu, "Taz and May Vids". Trois ans après "Devotion" Tirzah apparaît changée, deux maternités sont passées par là ainsi qu' une réelle professionnalisation dans le domaine. Il est beaucoup question de maternité selon ses dires dans "Colourgrade" et il est vrai que si "Devotion" rassemblaient des douceurs R'n'b câlines prodiguées par la bonne copine, "Colourgrade" rend ces tendresses bien plus profondes et inconscientes comme celles unissant les mères à leurs enfants. Deuxième album et deuxième réussite absolue. On peut même se demander si le dernier n' est pas finalement bien plus intéressant parce que davantage intriguant et renversant alors que le premier qui avait pour lui toute la potentialité en matière de surprises n' était au final qu' un léger pas en arrière vers plus de légèreté. Album en intégralité par ici
- PRETTYBWOY, vacillement et quête identitaire façon Deconstructed Club
Ça fait un petit moment que je n' ai pas parlé Deconstructed Club. Votre serviteur aurait-il fait une overdose et se serait-il mis à la diète? Plus compliqué que ça. A y regarder de plus près, et cela devra être confirmé, il semble bien que la Pandémie et les divers confinement de part le monde aient freiner les sorties de courant affiliés aux Dancefloors. Et la Deconstructed Club n' y a pas échappé. Mais nous avons quand même eut droit à de très bonnes livraisons en la matière. Le label Hakuna Kulala nous a offert le Don Zilla et Scotch Rollex même si pour ces deux sorties il s' agit d' une musique bien plus complexe que la simple étiquette Deconstructed Club. Et ne parlons pas de Leon Duncan parce qu' il va falloir tôt ou tard aborder l' épineuse question d' un nouveau courant dit HardDrum. Autre bonne adresse dans le domaine du Dancefloor Futuriste et un brin torturé, SVBKVLT. Le label chinois nous a offert le très bon retour de Nahash en collaboration avec Osheyack sur un ep avec en prime un remix signé Nkisi. Le ricain Yen Teck nous a rendu sa deuxième copie grand format et confirme son rôle d' Amnesia Scanner version SVBKVLT en déchiquetant et rassemblant des éléments trap et Vaporwave sur un mode hyper Théâtral asiatique high tech bien sûr. Si dans l' ensemble ces disques confirment que la Deconstructed Club ne s' essouffle pas, loin de là, ils manquait le petit classique du genre en cette année 2021. C 'est une surprise parce que son auteur n' avait jusque là rien sorti de réellement passionnant susceptible de se détacher du lot. Le japonais Prettybwoy passe au grand format et se révèle passionnant. Nous découvrons un très forte personnalié et sa Deconstructed Club se révèle singulière. Disque enregistré en plusieurs fois ce "Tayutau" est marqué pas les tensions et angoisses qui ont vu sa maturation. Une partie date d' avant la pandémie, une autre pendant le confinement. Un emprisonnant encore plus terrible pour Prettybwoy puisque son disque dur avec ses titres et échantillons avait rendu l' âme alors qu' il était au chômage. Enfin il raconte avoir créer les derniers titre juste avant et pendant les J.O, autre période de forte incertitude à Tokyo. Toute sa musique repose sur les percussions dont il se révèle expert en technicité et en manipulation sonore. C' est peut être ici que l' on trouve l' originalité du bonhomme par rapport aux Hyph11e, Nahash et Gabber Modus Operandi. Le japonais apporte aussi une certaine diversité dans les emprunts stylistique et l' origine des samples. Footwork par-ci, Trap par-là. Une intro post-punk surprend quand on retrouve parfois avec des sensation Dubstep et plus souvent Grime Weightless. Comme avec ses confrères du label Prettybwoy agrippe les auditeurs ou danseurs et les propulse de grès ou de force dans un espace-temps futuriste. C 'est une Deconstructed Club qui réserve des instants de calme et se révèle assez aérée. Perfect, pour connaisseur comme pour tous les autres.














