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Mandy, Indiana

MANDY, INDIANA: Grand disque cathartique et moderniste

  • 11 févr.
  • 6 min de lecture

Ils étaient attendus depuis leur premier album. On savait que ça risquait faire mal. Très mal. Leur "I' ve seen a way" (14 ème Top DWTN) fut l' une des plus belles promesses de 2023 mais s' attendait-on à un tel cataclysme? Avec le cathartique "Urgh" Mandy, Indiana vient simplement de nous offrir l' un des plus grands disques Rock de ces quinze dernières années.

Un grand disque contestataire, innovateur, perturbant et terriblement addictif.


Alors bien sûr définir "Urgh" comme un disque "Rock" peut paraître vicelard. Tout dépend par ce que l' on attend d' un disque "Rock" en 2026. Pour beaucoup il doit s' agir d' un truc alliant pose et confort vintage. Parfois ça peut donner des étrangetés rétro charmeuses à la Geese. Parfois. Mais le reste du temps les amateurs d' innovations et de non déconnections du monde réel doivent passer leur chemin. Et on n' en finira donc pas de parler des conséquences de la "Paralysie musicale" généralisée accentuées par les algorithmes des sites de streaming et une époque pourrie stressante et chronophage. Mandy, Indiana avec leur deuxième album fout tout ce merdier en l' air et donne l' envie de se battre sur tous les plans.


D' après le groupe le disque a été enregistré dans un contexte tendu car parasité par de sérieux problèmes de santé touchant le batteur Alex Macdougall et la chanteuse Franco anglaise Valentine Caulfield. Cela se ressent par l' extrême tension se dégageant tout au long des dix titres.

"Urgh" surprend, bouleverse et fout le merdier après le premier album "I've seen a Way". Beaucoup plus dense et énigmatique quand le premier effort apparaissait vaporeux et cinématographique. La marche franchie depuis 2023 est colossale.

Surtout la bande de Manchester a décidé de balancer aux ordures toutes les contraintes et le conformisme et c' est armée d' une ambition nouvelle qu' elle réussit à offrir son disque le plus abouti.


Naviguant toujours dans un couloir obscure et secret reliant l'Industriel et le Dancefloor cet album lorgne encore plus sur la Trap et le Hip Hop par les structures des titres. Avec eux comme d' autres, cette volonté qui pourrait se résumer à vouloir faire du "Rock" avec des us et coutumes venues d' ailleurs, nous offre une sorte de Deconstructed Rock novateur. Mandy, Indiana s' inscrit dans la lignée de tous ces groupes apparus ces derniers mois et tant vantés par ce blog. YHWH Nailgun, Moin et bien sûr les précurseurs Gilla Band/Girl Band. Une fois de plus on retrouve à la production aux côtés du guitariste Scott Fair le génial Daniel Fox du groupe irlandais. On évoquera aussi Water From Your Eyes, Caroline et Model/Actriz pour la version choupinou soft.

Sans parler de la reine Kim Gordon qui a accompagné avec son courage artistique habituel ce tournant mondial avec ses deux premiers disques solo tonitruant.


Mandy, Indiana depuis ses débuts tentait de nous offrir une espèce de Crossover 2.0 en évitant judicieusement les défauts coutumiers de l' exercice. Avec "Urgh" ils touchent au but dès le deuxième effort. Si on veut décrire rapidement leur musique à un néophyte on lui parlera Post Punk et Dancefloor et à coup sûr, si le garçon est un brin éduqué, il nous répondra LCD Soundsystem, The Rapture ou Viagra Boys pour la version la plus récente. Mais c' est un gouffre immense qui sépare Mandy de ces formations et pas seulement à cause des influence Noise et Indus de la bande Franco Anglaise. Là où un gros James Murphy nous rendait une copie parfaite, proprette et rafraichissante, ou quand les Viagra Boys cachée derrière la folie junky ne prennent aucun risques artistiques, les Mandy saccagent les livres d' histoire. Ils déchirent les pages, découpent les mots, puis nous offre un Cut Up bien plus dissonant et aux textures bien plus percutantes. Ainsi ils inventent une nouvelle langue chassant toutes zones de confort rétrogaga auxquels les deux groupes cités s' accrochent en loucedé. La dynamique est extrême quand Murphy se contentait des voies balisées Punk/Funk.

Vous semblez partir pour danser tranquillement une bière à la main puis c' est une tornade de bruits assourdissants qui vous balance le verre et vous emporte hors des pistes battues pour un combat bien plus rude.


Mandy, Indiana amène une nouveauté qui va bien au delà de la simple redite. Par ses soubresauts rythmiques et l' utilisation de distorsions maximalistes cet album pue la Hyperpop jusqu' aux plus cachés de ses recoins. Comme avec une Sophie on est chahuté par la collision du Maximalisme et d' éléments Minimalistes. Si Gilla Band désirait faire de l' électro avec des guitares les Mandy pousse le curseur encore plus loin dans la temporalité et offre le futur. Les rythmes déjà terriblement percussifs autrefois prennent une puissance nouvelle en empruntant à une électro assez rudimentaire parfois. Les fuzz saturés ont eux aussi pris des dopants et les effets pointillistes entraperçus sont pleinement maîtrisés.

Et bien sûr il y a la voix de Valentine Caulfield qui continue de réinventer l' art de chanter/hurler en français. Un chant d' une sauvagerie déchirante qui va remettre bon nombre de chez nous à leur triste place. Et ce à grand coup d' autotune, de distorsion et de retouche post production.

L' auditeur se prend par les sons et les paroles toutes les horreurs de ce monde. Qu' elles soient intimes ou sociales. Avec Caulfield certains d' entre nous ont trouvé une sœur de combat qui sans en faire trop trouve les mots et tape là où ça fait mal. C 'est à la fois âpre, désopilant et poignant.

Celle qui lance en interview des uppercuts tel

"Si vous n' êtes pas en colère c' est que vous êtes pas attentif" en visant la "complaisance de ce monde" face à toutes ces horreurs nous parle de Gaza sans passer par les chemins tortueux de la pudeur des gazelles médiatiques et politiques offusquées par les mouvements de protestation à l' encontre d' Israël. "De Paris à Gaza et sous les oliviers Viendra justice pour tous Ou Justice pour personne" Plus tard c' est le fameux

"Ils ont essayé de nous enterrer,

Ils ne savaient pas que nous étions des graines".


En une phrase elle s' attaque d' une façon magistral à la masculinité toxique et aux comportements problématiques des agresseurs sexuels et de leur lâches congénères masculins . Du danger qui guette quand certains sont dans les parages et des non dits qui ne semblent pas sauter aux yeux de bon nombre de types (je m'y inclue, désolé les filles). De ces petits gestes de protection qu' elles sont obligées de faire en permanence.

"Women cover their drink around him".

Plus loin elle revendique la façon la plus efficace de faire payer les violeurs.


Toute ce déchainement orchestré évoquant un malaise viscéral pourrait abattre par trop de tout. Trop d' horreur, de crasse, de brutalité mais il se révèle purgatif. La catharsis devient avec ce disque un exorcisme salvateur donnant de la force à ceux qui sont assez attentifs pour ne plus sombrer dans la complaisance.

Mandy, Indiana derrière ses velléités protestataires nous parle aussi de notre désir le plus commun à tous, celui d' avoir une vie paisible. Girl Band avait allumé la mèche, les Mandy Indiana jette encore plus d' huile sur le feu du rock que l' on pensait n' être plus que de fragiles braises qui s'éteignaient.



PS: Trop dur de résister. Retour sur le déjà classique Pinking hears. Leur hymne.


J'suis fatiguée tu sais pas c'que j'suis fatiguée

Ce monde de merde m'a épuisée

Ça fait des années que j'suis claquée

Putain c'que j'suis fatiguée, y'a pas moyen d'positiver

Rien n'me donne envie d'continuer

Dans cette saloperie d'société, j'ai plus envie d'me réveiller

Quand on laisse des humains

Crever dans la mer Méditerranée, dans des immeubles pas chauffés

Dans nos pays de gros tarés

Qaund on choisit nos réfugiés, y'a que les blonds qu'on laisse rentrer

Ceux qu'on bombarde on envoie chier

Et puis on élit des banquiers, et des gros bourges et des rentiers

Et on s'étonne de s'faire baiser

J'suis fatiguée tu sais pas c'que j'suis fatiguée

Ce monde de merde m'a épuisée

Ça fait des années que j'suis claquée

Putain c'que j'suis fatiguée, y'a pas moyen d'positiver

Rien n'me donne envie d'continuer

J'suis fatiguée tu sais pas c'que j'suis fatiguée

Ce monde de merde m'a épuisée, épuisée


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