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- DJ EARL nous offre un fantasme, ONEOHTRIX POINT NEVER version footwork
Il Il y a deux ans disparaissait l'un des piliers de la scène Footwork, DJ Rashad. L' effet sur cette scène s' apparenta à un deuxième coup de projecteur médiatique dont bénéficièrent les originaux de Chicago mais aussi leurs enfants à travers le globe. Je me suis déjà penché ici sur l'invasion planétaire et hors des barrières stylistiques du footwork. Sur son poids et son influence. Le crew de Rashad, Teklife, a mis du temps pour se remettre de cette mort prématurée. Artistiquement cela s' est traduit par un désir de renouvellement et une ouverture à des Dj provenant d' autres univers que le petit monde du ghetto de Chicago. 2015 et 2016 ont vu aussi Teklife avec DJ Spinn, Tripletrain ou le petit génie Dj Taye partir dans tous les sens et parfois se perdre dans la redite. Chose impensable pour un genre en permanente évolution et recherche de nouveautés à sampler. Ils avaient au moins le mérite de ne pas se reposer sur leurs lauriers et l' héritage Rashad, ce-dernier certainement étouffant par son importance et le rôle de meneur du bonhomme. Taso et Paypal s' en sortaient mieux peut-être parce qu' arrivés plus tardivement et s' étant construit en-dehors de la famille Teklife. Il y a avait probablement un travail de deuil à effectuer. Le salut d'un footwork en perpétuelle mutations nous est venue de l'extérieur du crew de façon plus ordonnée et réussie. Dj Clent, Jlin, Dj Diamond et papi RP Boo nous ont épatés par leurs trouvailles, leurs goûts du risques et leur curiosité innés à ce style depuis toujours de toutes formes musicales en matière de sample. Glacial et orchestral pour Jlin, électronique de tout temps pour Clent et post-internet pour Paypal. Ce dernier étant peut-être le plus libre d' esprit de Teklife. La grammaire du genre s' est vue elle aussi réorganisée par l' afflux de vocabulaires étrangers. Finalement, cet été 2016 aura enfin vu le renouveau de Teklife avec la sortie du génial "Open your eyes" de Dj Earl. Ce disque est symbolique de la quête d' univers nouveaux par la scène Footwork et des capacités du genre à utiliser toutes sortes d' ingrédients. L' aspect entre-soi des productions Teklife post-Rashad a disparu. Faut-dire qu'un sacré larron a été appelé à se mêler à la famille. Le bon Daniel Lopatin d' Oneohtrix Point Never. Il doit être facile à imaginer pour le lecteur assidu de ce blog tout ce que comportait comme excitation et impatience l' annonce de cette collaboration au mois de Juin. Pour moi la collision Lopatin/Footwork relevait du fantasme musicale absolu. A ce propos manque plus que la rencontre Footwork/Noise/Post-club/Post-internet. Si Oneohtrix n'est présent qu' au crédit de trois titres sur huit la démarche vers l'univers des synthés et du détournement via les samples se fait présente sur les autres collaborations de Earl et son travail solo. On retrouve par exemple les manières jazzy (version free) du footworks mais sans en passer nécessairement et naïvement par l'utilisation de sample soul/funk/jazz du passé trop utilisés depuis les 80's et les 90's. Le footwork offre encore et toujours sa capacité avant-gardiste à chercher l'inconnu. Le titre "Smoking Reggie" voit toute la palette Lopatin apparaître. Synthés stridents et répétitifs devenant planant puis subissant une attaque de sample agressifs un brin inattendus. Sur "Rachett" il accentue la physionomie oppressante innée du footwork et libère la liberté artistique de Earl et de ses comparses. Enfin sur "Let's Work" l' art du détournement Lopatinesque nous offre un sample incongru (saxo soprano?) qui très vicieusement cache le passage d'une rythmique typique footwork à quelque chose de plus techno. On frôle un "mauvais goût" aux oreilles chastes (ou devrais-je dire réac?) et nous nous retrouvons oppressé sur le mode orientale. "Drumatic", titre sans OPN mais avec MoonDoctor, évoque Lopatin malgré tout. Earl récupère les sonorités synthés de ce dernier et son art du carambolage de samples immiscés dans des rythmes explosés puis réassemblés sans mode d' emploi. Pour les amateurs d' Oneohtrix on peut le voir comme ça, influence de Lopatin sur le footwork, mais pour les amoureux et les connaisseurs du genre chicagoans il s' avère que les choses ne sont pas si simples. On précisera aussi que l' une des premières artistes électro et d' avant-garde a s' inspirer de la rythmique Footwork et à le revendiquer n'est autre que Laurel Halo, proche de Lopatin. Les rythmes fracassés et l'utilisation de sample elle aussi proche de la collision chez OPN ont certainement été influencée par la découverte du style par le bon Daniel puisqu'elles n' étaient pas présente à ses débuts. Ce disque n'est pas une collaboration artificielle ou simplement incongrue. L' histoire en l' atteste. Si "Smoke dat green" avec Taso est du footwork de très haut niveau on peut tout de même citer "Fukk it up" avec Manny et Taye comme étant le maillon faible des huit titres. On retrouve en effet un peu tous les travers et le sur-place du Teklife post-Rashad d'il y a un an. Une recette devenue trop facile pour ses génies, bref on s' emmerde un peu. "Lotta A$$" souffre un peu des même tares mais fini par passer un peu plus. Mais si il faut décerner en conclusion le titre de joyaux d'un disque qui est déjà l'une des réussites footwork de 2016 et ce un titre sans apport de Lopatin c' est bien à cette merveille de "All INN" qu'il se doit d' en appeler. Une pure rythmique footwork se voit servir de fusée à une navette analogique nous emmenant planer dans des paysage à la fois lugubres, futuristes et limite dystopique. Planer à 160 Bpm. Drôle de sensation. Ma lubie de rythme frénétique copulant avec l' éthérée commence à prendre forme. Merci à Taye de nous faire rencontrer encore une fois l' intrigante Suzie Analogue comme collaboratrice.
- TASO ou, effet boomerang pour le footwork.
2016 restera comme une très bonne année footwork. Je vous avais parlé de Dj Earl et de sa collaboration fructueuse avec Oneohtrix Point Never ou encore des multiples relectures footwork tirant vers le haut des titres d' autres artistes passionnés par ce genre (Factory Floor par Jlin, Oneohtrix par Earl et Jessy Lanza par Spinn et Taye). Et que dire du footwork foutraque du japonais Foodman et du retour inespéré de Dj Diamond. Mais pour être encore plus précis 2016 a été surtout comme l' année du retour en force réussi et du renouvellement de la scène originale de Chicago. Deux après la mort de Rashad il semble dorénavant acquis que le crew Teklife s' est enfin remi de ce drame et que chaque membre ose réenclencher la marche avant en se démarquant de la figure tutélaire de Rashad. Alors que le genre n' en finissait toujours pas de voir son influence mondiale grandir la scène de Chicago semblait effectivement être en état de choc. Pour en sortir il en fallait passer par la mutation. Earl et compagnie sont, soit allés voir du côté de leurs compatriotes états-uniens et des autres courants de ce pays ou bien, soit en creusant au plus profond les nombreuses pistes découvertes par Rashad. L' homme dont il est question ici opta pour une autre option. Taso je vous en avait déjà souvent parlé , classé régulièrement dans les tops de ce blog, j' ai toujours eut une affection particulière pour son "Teklife Till Tha Next Life" de 2014. Si le suivant ("Vol.2") semblait lui aussi marqué par le saut du "trauma Rashad" il se révélait aussi que Taso par son lieu de vie (San Francisco) possédait un certain recule par rapport aux chicagoans ce qui lui permettait une vision plus personnelle. Son tout récent et très bien nommé "New Start" confirme cela et Anastasios Ioannis Skalkos III nous offre un exemple parfait de l' effet boomerang en matière de musique. Tel l' arme de chasse Taso nous dévoilent un footwork lancé de Chicago pour faire le tour du monde il y a bientôt 7 ans et qui revient au point de départ imprégné de tous les paysages sonores et les manipulations rencontrés depuis. En 7 titres le footwork de Taso aborde l' art du breakbeat Jungle ("Bussin"), évoque l'influence du genre sur la scène dubstep et grime anglaise et européenne. Si les bases du genre déposées par Rashad, RP Boo et les autres sont bien là, BPM à 160, samples vocaux aigus sur-employés et art du synthé rayonnant (mais que devient Young Smoke un des grand adeptes de cette technique?) Taso réussit ici l'une des révolutions génétiques parmi les plus abouties et bluffantes. Dommage qu'il soit sorti trop tard pour être présent dans le top 2016 parce que, la place aurait été très très haute!!!
- Teklife remixe Jessy Lanza
Récemment Dj Earl après sa collaboration avec le bonhomme pour son propre album s' était permis un remixe génial d' Onéohtrix Point Never qui se révélait être la cerise sur le gateau. Deux de ses compères Teklife (que l'on ne présente plus tant ce collectif est omniprésent dans ce blog depuis 5 ans) ont fait de même avec une autre artiste en vue. Dj Spinn et Taye se sont attaqués au "Could Be U" de Jessy Lanza et le moins que l'on puisse dire c'est que si dans cet exercice Earl faisait dans le surplus intéressant tellement l'original était grandiose nos deux bonshommes propulse littéralement le titre de Lanza bien au-dessus de l'original question modernité. Nos deux Teklife réalise ici la même performance que celle de Jlin avec un titre des Factory Floor. Rendre le remixe bien plus intéressant que la première version. J' avais bien aimé le disque de Lanza mais comme vous avez pu le remarquer il a été classé dans le top des failles spacio-temporelles. Un peu trop rétro à mon goût sur la longueur et franchement pas assez aventureux. Peut être aussi qu' à force de la voir s' afficher partout avec son t-shirt Teklife et clamer partout son amour pour le footwork et Holly Herndon j' espérais un grand chambardement footwork et expérimental dans son électro-pop et son r'n'b. Qu' à cela ne tienne, Spinn et Taye viennent de nous offrir l' étrange et l' aventureux tant espéré chez la Canadienne et ceci est d' hors et déjà dispo sur un ep de remixe de cette dernière. Autre pépite présente à choper car fort bien modernisatrice d'une oeuvre de Lanza, le titre remixé par DVA. Bref Jessy, je t' aime bien mais si tu pouvais la prochaine fois filé la prod de ton disque à ceux-là plutot qu'au gentil mais rébarbatif et nostalgico-gaga Jeremy Greenspan des Junior Boys ça nous ferait le plus grand bien.
- SKY H1, beauté belge.
Je sais très peu de chose sur Sky H1 si ce n'est que la découverte de son premier ep s' apparente à un énorme coup de coeur. Un son moderne au service d' une musique majestueuse et sensible piochant un peu partout dans ce que DWTN aime actuellement. Cette belge réussit dès la première tentative. Le peu qu'il est facile à glaner au sujet de cette jeunette c'est sa proximité de la clique Bala, un collectif auquel appartient l'une des découvertes de 2015, l' anglo-chilien Kamixlo (classé dans le top ep du blog), Endgame et probablement Lexxi (déjà vu chez Elysia Crampton). Une compilation des artistes Bala parue en Juin avait déjà vu mes oreilles être attirées par un titre de la Belge absent du ep. Compilation dispo ici dans l' article sur Kablam. Que Sky H1 ait signé sur le sous-label Codes créé par Visionist avec PAN n'est pas surprenant. Il s' agit bien de Grime ambient et dystopique comme chez l' anglais mais pas seulement. Un aspect vaporeux et des voix plus présente la distingue. Mélancolique mais moins lyrique. Sur certains titres un effet hypnotique sournois apparaît et vous vous retrouvez à planer et onduler. Il y a chez elle un sens de la retenue remarquable. Donc encore une fois Codes fait très fort et se hisse au niveau de PAN version ep uniquement. Kamixlo et sa tuerie "Demonico" en 2015, Ling et son "Attachment" en Février et aussi classé dans le top mi-annuel et enfin ce "Motion" bruxellois. Je ne peux que vous recommander de guetter chaque apparition de ces pochettes si caractéristiques symbole du label. Et encore plus de suivre de très près cette nouvelle arrivée dans l'univers de la musique moderniste. L' explosif "Demonico" de Kamixlo Ling
- MENZI, déflagration dark du Gqom.
Autant le dire tout de suite, Menzi en matière de Gqom ,voir également dans tout ce qui touche les dancefloor mondiaux, a littéralement plié le game pour l' année à venir ! Et pour cela, il lui aura fallu un seul ep d' à peine 6 titres. Je vous l' avais annoncé (ici). L' annonce de son premier ep était devenu LE buzz pour quiconque connait le courant Gqom et sait à quel point le label Hakuna Kulala est devenu le label phare en avant garde musicale. "Impazamo" est sorti le 10 avril et depuis votre serviteur ne s' en remet toujours pas. Menzi Shabane est originaire du canton d' Umlazi dans la banlieue de Durban, épicentre de la scène Gqom qui se propage à travers les dancefloors mondiaux depuis 5 ans et dont je vous parle depuis si longtemps (ici). C' est l'un des pionnier de la scène puisqu' il avait déjà été croisé au sein du duo Infamous Boiz et qu 'il apporta à de nombreuses occasions ses talents de producteurs à des gloires locales. Son nom circulait mais jamais en terme de sortie discographique sérieuse. Le label Gqom Oh! était carrément passé à côté sans que cela n' amenuise l' importance que ce label possède dans la propagation du Gqom et la découverte de ses talents. A vrai dire et au vu du gqom brut et originel produit par le label, avec ses sons de percussions bruts et hypnotiques fabriqués sur des boites à rythmes bas de gamme , Menzi n' y a pas vraiment sa place. Par contre, et cet ep le prouve parfaitement, seul l' ougandais Hakuna Kulala et ses velléités futuriste et avant gardistes était l' antre idéal. Tout comme les artistes présents chez Hakuna Kulala Menzi pratique le déconstructivisme quand il s' agit de composer. A l' instar de Slikback avec un large panel de style et courant électro allant du breakbeat en passant par le footwork et le Kuduro, Menzi dissèque quant à lui le Gqom pour mieux le renouveler et le plonger dans un bain cyberpunk. Encore une fois on peut parler de Deconstructed Club au sujet d' un artiste en avance tel Menzi. Les même techniques, les mêmes manières et quasiment les même effets sauf qu' avec ce disque le Sud Africain obtient l' équilibre parfait entre le Post-Club pas toujours dansant et le Gqom qui a fait ses preuves pour cette activité. Le premier morceau qui donne son nom à l' ep commence avec une intro cinématographique digne de Rabit ou Chino Amobi produit par Lotic ou Arca puis la rythmique entre en jeu et on se retrouve en plein territoire Gqom. Comme dans le post-club et chez Hakuna Kulala Menzi apporte un soin particulièrement méticuleux à l' élaboration sonore. Soin bien moindre dans la version brut de décoffrage présente chez les artistes GQOM Oh! et l' ensemble de la scène même si chez les concurrents du label Goon Club Stars les Rudeboyz et Dj Lag on a par le passé constaté d' énormes progrès en la matière. Il y a également d' étonnante similitudes entre ces manières et le tout récent chef d'oeuvre de "Rough Kuduro" de Nazar (voir ici). Au delà de la profondeur et du travail effectué sur les sonorités c' est le parfum post industriel qui rapproche tout ces artistes malgré les kilomètres les séparant. "Impazamo"propulse le gqom dans l' ère post -indus lui apportant une connotation dramatique et effrayante . Attendez-vous à être terrifié par des cris venus de nul-part en pénétrant dans les ténèbres d'une usine en ruine afin de participer à une cérémonie de chamanisme hypermoderne. Les nouveautés apportées au Gqom par Menzi ne manquent pas. Les voix de "Minimal Surge" intensifient encore plus la tension instaurée par le premier titre. Des voix malmenées et possédant un affolement fortement communicatif. L' utilisation de motifs drone dans "Underground Abaphansi" atteint elle aussi une force rarement croisée chez ses prédécesseurs de Durban. Et que dire du voyage trans galactique que le Gqom subit avec les deux tueries "QGM Dance" et "Zulu Warior". Il n' a jamais atteint un tel niveau dramatique, une tel explosion sonore. Le Gqom se fait Noise comme jamais et on serait pas surpris qu' un Vatican Shadow nous en balance en plein milieu de ses set Indus-Techno. C 'est sur ces deux titres que l'on repère les fils qui relie l' africain du sud à l' angolais Nazar. Entre les deux champs de guerre on croise une vieille connaissance en la personne d' Ecko Bazz sur "GQOM Terra" pour ce qui apparait une vraie-fausse accalmie. On ressort de cet ep anéanti mais avec la seule et puissante envie d'y retourner. Menzi? Le virtuose qu'il manquait au Gqom.
- HYPH11e, NAHASH & SVBKVLT: l' Asie conquiert les dancefloors du futur, après l' Afrique.
Voici enfin venu le premier album de Tess Sun aka Hyph11e. Et comme prévu c' est un cataclysme qui va ravager les dancefloors mondiaux. Après l' Afrique et le binome de label Hakuna Kulala/Nyege Nyege c' est au tour des déjà repérés par ici SVBKVLT de Shangaï de bousculer la cartographie des dancefloors avec pour étendart le "Aperture" d' Hyph11e. L' Europe est à la traine et on va franchement pas pleurer mais plutot laisser les échoués du rétro sombrer. Occupons-nous plutot de ces asiatiques et de la belle chinoise qui propulsent les dancefloor dans le futur. SVBKVLT, un label avant gardiste à la conquête du monde L' an dernier SVBKVLT s' est invité en bonne place de notre top Label. Bien au chaud à côté d' Hakuna Kulala et Nyege Nyege. Et pour cause. D' abord parce que ce label a des liens étroits avec les génies africains mais pas seulement. Comme les deux autres il est devenu l' un de mes fournisseurs officiels en matière de musique moderne et futuriste. 2019 a donc vu SVBKVLT devenir un habitué de DWTN et le top album n' y a pas échappé avec la présence des efforts de Gabber Modus Operandi et 33EMYBW. Deux gigantesque claques où le gabber, l' IDM et le footwork se voyaient fourvoyés par les sales manières Post-Club et la Jungle avec le Grime rajeunir à vue d' oeil pour le meilleur et surtout une fraîche originalité . Progressivement le Gqom et le singeli vont taper l' incruste dans les playlists et les productions des asiatiques. Et ça aurait pu être encore plus beau si seulement votre serviteur avait eu le temps de pondre un top compile. SVBKVLT avait en effet sorti son essentiel "Cache01", une compilation assommant la concurrence par sa richesse et sa diversité. Mais d' où vient SVBKVLT ? D' abord ce fut un club devenu légendaire, le Shelter de Shangaï. Situé dans ancien Bunker anti-nucléaire le Shelter était managé par un type venant de Manchester, Gary Williams. Et oui brave gens, il y a toujours un type de Manchester dans les bons coups cités par ce blog. Question de culture et de feeling. Et bien sûr l' anglais et ses potes asiatiques ne tardèrent pas à fonder un label. En 2016 la belle aventure du Shelter commencée par des soirées Dubstep cessa et laissa place au ALL dans un autre endroit de Shangaï. Pendant ce temps-là SVBKVLT grossissait délaissant le Grime et le Dubstep pour devenir un repère en matière de Decobstructed Club/Post Club. A partir de 2018 les choses devinrent vraiment sérieuses avec les ep d' Osheyack, 33EMYBW et de Zaliva-D. La Chine ne fut plus une destination aux seuls attraits exotiques en matières de dancefloor mais réellement une boussole avant gardiste à surveiller de très près. 2019 sera donc l' année tournant avec les albums de 33EMYBW et des Indonésiens de Gabber Modus Operandi. 2019 sera aussi l' année du rapprochement inattendu entre les trois plus grandes écuries en matière de musique dancefloor du futur. La Chine et l' Afrique, une histoire qui s' écrit aussi via l' économie par une nouvelle colonisation qui ne veut pas dire son nom mais l' histoire dont il est question ici est évidemment le bon côté du rapprochement de ces deux peuples éloignés géographiquement et culturellement. Les artiste SVBKVLT se mirent donc à trainer au festival Nyege Nyege et très vite rencontrèrent les artiste du label frere Hakuna Kulala. Deux ep collaboratifs virent le jour. "Slip A" chez Hakuna Kulala avec Slikback, 33EMYBW, Osheyack et Yen Tek, puis pour SVBKVLT "Slip B" avec toujours Slikback et Hyph11e. La Playlist DWTN de SVBKVLT La surprise française de SVBKVLT 2020 chez SVBKVLT offre une sacrée surprise pour nous français. Déjà croisé dans certains DjMix de la clique Raphaël Valensi aka Nahash sauve l' honneur national en matière de Deconstructed Club/Post Club avec son "Flowers Of Revolution". Autant vous le dire immédiatement Nahash est d' hors et déjà la révélation française de cette terrible année. Une bombe faisant s' entrechoquer les genres tel que la Jungle, le Gabber, le Reggaeton ou la Drum&Bass pour les transposer dans le futur. Enfin dans un disque français il y a tout ce que l'on aime par ici. Une bombe musicale mais aussi une bombe politique. Dans ce domaine aussi Nahash sauve l' honneur. Laissons le type s' expliquer et si on rajoute que les sons utilisés par le bonhomme ne trahissent absolument ses origines en préférant aller voir ailleurs sans œillères on comprend pourquoi DWTN vient de trouver son idole frenchy. «Je lisais et regardais des documentaires sur Haïti et Cuba, et j'essayais d'imaginer ce que seraient ces pays sans aucune influence occidentale» "Les sons durs et industriels que j'ai utilisés pour parler de ce qui se passe lorsque la dure réalité du néolibéralisme prend le contrôle d'un pays qui pourrait très bien s'en passer." C' est un disque à la fois conflictuel mais aussi charmeur avec ses instants de calme. Percutant sans être assommant il vous réveille autant le corps que l' esprit. Virulent et réfléchi. Parfait pour cette époque où une forme d' autoritarisme certaine ne se cache plus. Le premier grand disque français de Deconstructed Club qui, à l' heure où j' écris, n' a toujours pas une seule chronique made in France. Le jour d' après ressemble aux tristes jours d' avant chez la critique française aussi! Nahash offre à son nouveau label un disque appelé à devenir un classique de son catalogue. Hyph11e, la bombe dancefloor 2020 Il ne faut pas faire attention à l' âge de Tess Sun, trente ans. Son assencion est assez rapide dans un certain sens. Grandi à Hebei en Chine elle débarqua à Shangaï qu' en 2015 après un triste parcours tracé d' avance par ses parents de beaucoup d' enfants chinois. Ecole, leçon de piano pour le bagage culturel obligatoire dans certaine classe moyenne de la société, université où elle découvre tardivement internet puis carrière dans une compagnie aérienne. Mais seulement voilà en 2013 la jeune chinoise se révolte face à l' autoritarisme parentale typique de la société chinoise et décide de tout plaquer pour travailler dans un studio d' enregistrement. Vers 2014 elle assiste à un Dj Mix du producteur japonais Dubstep Goth Trad et c' est la révalation électro. A peine deux plus tard le déménagement pour Shangaï et sa rencontre avec la clique SVBKVLT. La voici plongée pendant de longues nuits dans le bain Grime/Industrial/Dubstep typique des soirées SVBKVLT. A peine deux après son introduction dans l' univers électro elle se retrouve dans une plaque tournante de la Deconstructed Club/ Ppost Club alors en pleine montée de sève. Très vite SVBKLT la repèrent et tombent sur son titanesque titre "Black Pepper". 2017 voit la sortie de son premier Ep "Vanishing Cinema" et immédiatement on s' apperçoit que la crème Deconstructed Club s' intéresse à cette nouvelle venue par l' intermédiaire de remix signés M.E.S.H. et Tzusing. A peine un an plus tard c' est une petite consécration quand le radar humain en matière d' innovation et talent musicaux Kode 9 accompagné de la légende Burial la mettent dans leur mixtape Fabriclive. En 2019 avec la troupe SVBKVLT elle se rend au Nyege Nyege Festival et se lie avec les champions du coin. Immédiatement le ep collaboratif avec Slikback sort et on comprend très vite qu' elle possède une carrure de la même dimension du Kenyan résidant en Ouganda. 2020 voit donc la consécration officialisée de l' une des reines de la Deconstructed Club par la sortie de ce phénoménal "Aperture". Hyph11e démontre qu' elle est arrivé à maturation et possède un rare talent pour produire une musique où ses influences se fusionnent avec maîtrise tout en laissant transparaitre une personnalité solide et forte via un monologue intérieur sans faux-semblant. A la fois cyber-sonqiue et profondément humaine la musique d' Hyph11e charme par ce difficile assemblage de Transe diffusé à la manière d'une harpe, de breaks industriels hachés et de voix saccagées. Le gamelan n' est pas loin non plus. Demeurent depuis ses débuts cette fascination plus forte qu' ailleurs en territoire Deconstructed Club pour le footwork et la jungle. L'une des particularités d' Hyph1e face aux autres est ce sentiment d' écouter une musique par le prisme d'un stromboscope alors que les autres démontre une certaine linéarité. Les rythmes sont syncopés, irréguliers et en même temps légers, prêts à s' envoler. La thématique du trou , des angles morts de nos personnalités, semble guider de plus en plus cette artiste. Sous la première couche sonore riche semble exister un vide obscure. Avec Hyph11e et son "Departure" SVBKVLT s' affirme comme l'un des leaders mondiaux en matière d' avant garde électro et offre la dynamite moderniste pour faire sauter les dancefloor mondiaux si ce n' est nos confinements domestiques. Et Hyph11e de taper l' incruste parmi la déjà vieille garde avant gardiste féminine, Les Herndon, Halo et compagnie.
- ANCIENT METHODS revient faire mal.
Tiens! Je n'ai jamais écrit sur Ancient Methods. Ou si peu ! J' avais bien un peu parlé vite fait de ses supers remix (The Soft Moon sous sa patte reprend de sa vigueur perdue depuis longtemps) et notamment celui de Powell. J' ai également bien sûr abordé et classé le monstrueux ep inaugural du duo qu' il forme avec CindyTalk, In The Mouth Of The Wolf. Par ci et par là. Il est temps que Michael Wolkenhaupt ait droit de citer dans ce blog en son seul nom tant ses productions multiples me retournent systématique la tête. Vient de sortir sur Persephonic Sirens un 4 titres à la fois bourrin dark et vicieusement réfléchi. Bref, comme ce qu'il fait depuis toujours, de la techno industrielle un brin complexe. Le précédent, le juste nommé "La saignée", marquait déjà un passage à l' échelon supérieur du peloton des producteurs du genre. Le récent "The First Siren" confirme et on espère vivement un format plus long juste histoire que les projecteurs se tourne sur lui tant ce gars nous épate systématiquement. In The Mouth Of The Wolf Powell c' est déjà monstrueux, mais Powell version Ancient Methods on frise la jouissance apoplexique!
- La terre s' arrête de tourner, nos mancuniens préférés reviennent!!!
Depuis quelques jours la rumeur enflait mais cette fois-ci le doute est évacué et la nouvelle est tellement sûr qu' elle est encore plus belle. Les numéros un du top DWTN 2014 viennent de sortir leur dernier album. Il s' appelle "Wonderland" et on peut même écouter un extrait en streaming. Nos rois de la déstructuration annoncent un retour aux affaires plus axé sur le dancefloor que sur l' ambient. Avec ces petits vicieux ne vous attendez pas non plus à danser...tout à fait normalement. Ne vous attendez pas non plus à du revival mais plutot à retrouver de vieux souvenirs totalement déchiquetés, autopsiés puis modifiés génétiquement. Le titre "Source" avec ses faux airs jungle et ragga est déjà une véritable démonstration à l'instar de leurs eps de la série Testpressing. D' ailleurs avec eux comme avec Modern Love une bonne nouvelle n' arrivant jamais seul le label annonce pour décembre la sortie CD de l' album agrémentée des Testpressing regroupés pour la première fois. Vous l' aurez compris, on parle de l'une des formations les plus importantes de l' expérimentation électro en tout genre, les DEMDIKE STARE !!!!!!!!!
- La Femme, bastard pop chez les sociaux-démocrates.
Deuxième album pour ce groupe français en provenance de Biarritz. Parler de cet album sereinement se révèle difficile tellement l'emballage médiatique les concernant est gigantesque. Un emballage qui floute, qui attise, qui aveugle et divise faussement. Les réactions du publique sont tout autant révélatrices et symptomatiques. La nature même de ce phénomène est à décrire et devient ainsi passionnant par ce qu' elle révèle de notre vieux pays et des fractures en son sein. Et celà dépasse le simple domaine musicale. Des fractures cachées depuis longtemps sont devenues béantes mais certains ne les voient que par instant quand à d' autres moment ils proposent d' y remédier (via La Femme) d' une manière totalement infertile si pas contre-productive. Tout dépend de quel coté on se trouve. Parlons musique d' abord et on verra le reste ensuite . LA MUSIQUE Ce qui marque dès l' entame du disque c 'est sa production. Très propre, soignée en apparence. Un semblant de modernité. Comme l' impression que donnent certaines ressortie remasterisée de classiques du passé. "Refait à neuf". Mais cela a peut être aussi à voir avec le contenu comme on le voit plus bas. L' album est long. Très long. 16 titres. Plus d'une heure de musique. Cela me rappelle le passage du format vinyle au format CD dans les 90's quand les groupes se sont sentis obligé de remplir à tout prix le nouveau format bien plus grand que le précédent. Ce mode opératoire est vite passé de mode pour de bonnes raisons. Ils sont rares de nos jours ceux qui s' y osent. Courageux les La Femme. Mais l' exercice est loupé et comme il était facile à prévoir une sensation de vide côtoie celle de la répétition. L' état d' esprit qui nous est offert est rock et punk mais avec le vocabulaire pop et le tout dans la plus pure coutume de la chanson française avec son amour irraisonnable de l' humour et de la dérision. Une phrase dit "En France on n'a pas beaucoup d' humoriste mais qu'est-ce qu'on a de comiques". Je rajouterai "en France on a pas beaucoup de talent musicaux mais qu'est ce qu'on a de musiciens comiques". La tarte à la crème et une certaine "impertinence" cachent beaucoup de vide en matière d' idée purement musicales. Peut être un complexe d' infériorités et un abandon. La Femme est plus à classer chez les humoristes façon Dutronc ou Ferrer que chez les comiques. Mais malheureusement ils tombent aussi ou, vont être perçus, du mauvais coté. Un peu comme Katerine en son temps. La Femme apporte un petit renouveau en France. Du moins, ils offrent une rareté. On n' est pas dans une niche stylistique préhistorique bien définie (cf Jean Claude Satan et d' autres). Certains toxico de la caricature rock et de l' étroitesse d' esprit vont s'y casser les dents. Des influences un brin plus large qu' à l' habitude en France. Une érudition qui peut étonner. On va vite voir pourquoi cela n' est plus gage d' originalité ou un outil précis pour le jugement et l' appréciation. Le curseur s' est déplacé si le regard vient du passé. Cette érudition était peut-être systématiquement synonyme d' ouverture d' esprit, d'une forte volonté de changer les choses. Mais c' était il y a longtemps, avant internet. Et puis observer bien les références et les emprunts de La Femme. Les plus récentes ont plus de vingt ans! Plus vieilles que les membres du groupe et ça explique bien des errements. Parce qu' aussi le lien que ce pays entretient avec sa musique populaire dévoile par exemple une très faible érudition dans chacune des chapelles sur la musique des autres. Et encore moins une approche globale sociologiquement et géographique, intergénérationnel et sur le long terme historiquement. Une approche refusant l' intégration d' autres domaine de réflexion que celles purement divertissante. Et quand ça arrive, ça manque de pratique .Sur la longueur ce disque donne l' amer impression qu'une recette facile est répétée. Systématique. Vous vous rappelez de la Bastard-pop (ou mash-up). Cet art de mélanger des musiques bien référencées pour le plus grand nombre pour créer la surprise via des associations surprenantes et booster nos soirées. C' est à cela que me fait penser ce disque et le charme que certains peuvent lui trouver. Un certain art ni trop grossier mais aussi ni trop subtile pour que cela se voit suffisament du carambolage des références. Mais comme avec le Mash-up on est très loin de l' art et de la réflexion du détournement des nouveaux courant avant-gardistes (Vaporwave, Lopatin, Post-club, Post-internet etc etc). Le but n' est pas du tout le même et si cela l' était c' est encore loupé. Comme avec beaucoup de leur génération c' est à un véritable problème psychiatrique et psychologique que l'on est confronté. Le "Transfert". Passer de la variété yéyé à la New Wave en mariant France Gall avec les synthés ou faire rentrer au chausse pied la culture indie des 90's en plein milieu d'un hit de Plastic Bertrand ("Tatatiana") ça peut le faire une fois. Ca peut épater et surprendre. Leur art démontre une certaine intelligence et malice absente chez les bas du front mais c'est donc un art résumable en une simple recette. Recette symptomatique du déni face au Transfert. La Femme se fait ou, nous fait, parfois très très mal quand la névrose saute enfin aux yeux par des anachronismes défaisant les bonnes volonté du groupe. Un malaise prend l' auditeur quand il voit un Daniel Darc revenu des 80's déambuler dans "SON" Paris de 1980 et se mettre à parler de réseau sociaux ("SSD"). Dans "Psyzook" c'est un prénom venu d'un lointain passé et plus du tout utilisé (sauf dans certains milieux aisés adorant le vintage) qui jette le froid de l' anachronisme. Un anachronisme voulu ou pas mais un anachronisme qui trahit une certaine maladresse. A force de la jouer avec la France de Roger Giquel et Giscard (la France de Darc) pour tenter de décrypter notre époque le transfert émotionnel a accouché d'une horreur. De plus la recette a déjà été faite avant. Et les petits enfants répètent ce que leur parent avait déjà emprunté aux grands-parents. Sauf que les parents en avaient conscience. Ainsi le goût prononcé du vintage et du kitch, de toute époques ou genres (glam, variété yéyé), évoquera immanquablement des gens comme Stereolab ou même Pulp. Pulp oui, mais en moins working-class. Et puis si Darc et Jacno (moins clairement) sont présents indirectement ou pas c' est l' hombre du père des deux qui plane. Le roi de la pop française des 60's et 70's. Une ombre que des types comme Dominique A par exemple avait su éviter. Quand la pop anglo-saxonne version française va tuer le père? Il faut tuer Gainsbourg. Ou du moins son souvenir. Bruler l' héritage. Les basse de mélodie Nelson pullulent et quand la recette facile consistant à marier Gainsbourg avec des synthés un brin rétro-futuristes sensés être la nouveauté alors on tombe encore sur du déjà vu. Air ! Ce problème est typique de ce qu'est La Femme. Un groupe de la génération post-internet qui ne le sait pas ou ne l' assume pas, et en ignore (le déni) l' une de ses caractéristiques. Un groupe nourri du passé musicale disponible sur internet. Abreuvé jusqu'à l' overdose et incapable de gérer l' omniprésence du passé. Incapable de voir son époque avec SON regard plutot que celui du père et du grand-père. Si Tout désirs créatifs, de nouveautés ou d' innovation sont réels chez La femme ils sont tués dans l'oeuf. Ne penser que par la passé. Ce disque me fait penser à un autre dans un tout autre style mais qui semble avoir des similitudes dans la démarche. Le "Redacted" de Not Waving. Les La Femme puisent dans le référenciel culturel 60's et 70's pour parler de notre époque. Comme je le dis dans la chronique concernant Not Waving (par ici) l' italien fait aussi ça mais le résultat dévoile toute l' erreur et la contre-productivité des français. LE RESTE L' emballage médiatique autour de la sortie de ce disque n' est pas une nouveauté. C' est une habitude chez nos médias et l' industrie musicale (Woodkid, JC Satan par exemple). Mainstream comme underground. Cette dernière agissant comme la première alors qu'elle est censé critiquer et être une alternative. De plus les transfuges de la presse "underground" du net vers les médias mainstream sont une tradition. Il s' agit bien ici d'une caste dans laquelle pour rentrer il ne faut surtout pas faire de vague. Un peu, on est censé être dans le milieu culturel et "rock", mais pas trop quand même et le nivellement par le bas est la conséquence. Le Plan de carrière est à respecter sinon... D 'un coup tous semblent allez dans le même sens et un groupe pris au "hasard" (faux hasard mais vrai logique industrielle et commerciale) devient "Le sauveur". Et ça, ça agace un publique pas si dupe mais parfois trop résigné. "Résigné" jusqu'à quand? La grande question qui plane sur toute la société française du règne Hollande depuis quelques temps. La question que ne se posent pas ces gens-là. Ils devraient. Histoire de sauver leurs fragiles arrières. Mais le sauveur de quoi exactement? Le sauveur "de la musique" en France nous dit on. "De la musique"? "De quelle musique?" Là encore personne n'est dupe et tous savent que c' est une industrie et une classe professionnelle et sociale qui tente de sauver sa peau et un système après la révolution internet. De protéger ses acquis face au rebattage des cartes qu' elle ne cesse de stigmatiser quand elle ne tente pas la récupération maladroite. Pour qu'il y est un "renouveau", "un bol d' air frais" en art, faut qu'il y ait de la nouveauté. Un truc novateur ou révolutionnaire. Et curieusement, systématiquement, ils évitent ou loupent les opportunités d'une manière bien propice aux soupçons de tout genre. La confiance est rompu entre les critiques rocks et leur lecteurs (ce qu'il en reste). Comme pour les autres médias. Visiblement ça les gène pas eux aussi. Comme je l' ai écrit plus haut rien de "nouveau" dans La Femme et leur vision trop marquée par le passé. Tout le monde le voit et ce n'est pas qu'une question de goût. Enfin disons que certains ne veule pas trop voir ce fait évident. Les plus lucides sont justement ceux censés n' avoir pas goût ou d' érudition. La mode vintage est un exemple. Omniprésente dans la classe moyenne, elle est perçu comme ringarde chez les couches inférieurs. Regardez les baskets dans la rue. Elles disent beaucoup de choses sur le sujet de la nostalgie. Notre presse est l'une des plus fébriles du monde. L' une aussi atteinte le plus fortement de panurgisme. Normal pour un si petit monde si peu diversifié. Et le publique est à son image faute d'un vrai travail indépendant de journaliste, défricheur et ! Pédagogue. Parlez avec eux et ils vous expliqueront pourquoi La Femme ou ses équivalents. Ils vous diront que le publique français est fermé d' esprit. C'est pas leur faute et rien ne pourra changer. Cette argumentation reposant sur rien d' autres que sur un manque de courage et une acceptation des faits établis est la même sur bien d' autres domaines comme cet article de Médiapart le démontre ("Les insidieuses oeillères des vieux mâles blancs programmateurs de musique"). Article que je vous conseille juste parce que le vieux quadra, blanc,hétéro du bas de la classe moyenne que je suis s' en tire avec les honneurs via son blog. Peut être aussi parce que ce blog était une réponse et un acte face à mes pathétiques congénères. Les liens entre mon article et celui de Médiapart sont évidents. Ces vieux quadras et leurs adeptes sont tellement coupé de la société et englués dans leurs certitudes et leur culture qu'ils sont capables d' écrire des phrases pathétiques bien révélatrice de leur vision égocentrique et fausse de la France en 2016: "En effet, à l’heure actuelle, difficile de trouver un groupe, qui plus est chantant en français, capable de fédérer un public extrêmement large et hétérogène, qui va des lecteurs des Inrocks aux auditeurs de France Inter en passant par les blogueuses mode, les loubards 2.0 qui vouent un culte à Born Bad Records ou les publicitaires français à la recherche d’ambiances sonores bon marché." Bravo Goûte mes Disques et on s' interrogera sur ce qu'ils entendent par "public extrêmement large et hétérogène". Se rendent-ils comptent qu'ils ne parlent que d' à peine 5% de la population? Le reste ne compte pas visiblement. Ou si peu. Le mâle blanc programmateur ou journaliste est celui qui commande et qui a le pouvoir. Partout. Sa politique dans le mainstream est ultra-libéral et néo-conservatrice. Quand ça peut marcher et se payer une aura pseudo de gauche culturelle on suit les autres (Libération sous la plume d'un transfert carriériste de The Drone, cf juste après) . Dans le faux underground mais vrai regroupement de poseur c' est conservatisme et communautarisme religieux, guettoïsation voulu et assumé stupidement selon sa religion. Une religion pas monothéiste mais bel et bien "snobiste" . On aime la marge quel qu'elle soit. Enfin celle qu'on connait et digéré. Mauvaise ou bonne. Et quand on s' aperçoit que les chouchous d' hier sont un peu "vendus" ou juste acceptés par les vilains/les autres, alors fatalement on peine à assumer le fait que ses choix reposent sur pas grand chose à part une pose rebelle et des goûts souvent réacs (The Drone). Et on s' en va trouver une nouvelle marotte pas si éloignée que ça de la précédente (en ce moment c'est Jacques pour certains). Dans le pseudo underground majoritaire, celui qui porte à présent La Femme aux pinacles, leur politique a tous les attraits de cette utopie irréalisable et faux-cul qu'est la social-démocratie. Le si petit monde de la pseudo presse underground et de l'industrie est peuplé de Hollande. Une dénonciation mais non remise en question d'un système en place dans les actes malgré les promesses. Une minorité fatalement coupé de la majorité et agissant à contre-courant de l' histoire en marche avec le passéisme inné de ceux qui ont peur du futur pour leur place. Et comme il y a mensonge alors on en fait des tonnes sur sa politique et les effets d' annonce (leurs choix sur La Femme), "La Femme est l' avenir du Rock". Quitte à fausser le débat avec une formulation tapageuse et floue car jugée "hors sujet" par un publique manquant cruellement d' éducation et d' érudition en la matière. Et qui est censé remédier à l' inculture si ce n'est les même journalistes et programmateurs. En même temps mes fréquentations m'ont amené à constater que les plus cultivés et ouverts sont souvent les simples fans de musique restés tout aussi fort curieusement éloignés de ces professionnels de la profession. Chez ce vieux quadra tout ce qui n' est pas vendable et irrémédiablement trop critique du système, qui ne vient pas de son milieu sociale et culturel, tout ce qui est trop neuf pour qu'il puisse se faire un avis et comprendre avec son regard du passé. Tout ça, ne compte pas. Culture post-internet , footwork, gqom de Durban, bass-music des cité anglaise, électro de Lisbonne, artiste revendiquant leur ethnisme en une critique post-colonial ou anti capitaliste (Elysia Crampton). Tout ça est moins important que la millionnième relecture des Smiths, des Clash ou de Gainsbourg. Moins important que les artefacts innofensifs de la culture rebelle blanche d' autrefois (le garage rock). Moins important que la énième nouvelle pépite hip hop américaine bien assimilable rapidement par le système. Le rap est au fan indie blanc ce que le "copain arabe" est au raciste. Moins important que la house dansable en festival. C 'est fatalement moins vendable. Moins "important". Du "sous genre". Marrant cet emploi de "sous" pour désigner des choses de moindre importance par des gens se revendiquant de l'underground. CONCLUSION Alors oui La Femme est un groupe important en cette rentrée 2016. Important non pas parce que cette oeuvre musicale peut favoriser ou décrire correctement un mouvement sociétale général, mais parce qu'elle dit beaucoup sur une infime partie de cette société. Celle qui a le pouvoir. Celle qui malgré ses revendications ne cesse de tout bloquer, de tout mépriser et de jouer le jeu d'un système qui le leur rend bien. Les Laurent Pujadas de la musique et leur nivellement par le bas. Bien sûr que La Femme "c'est bien foutu", mais cela n' apporte rien, tout au plus un divertissement de plus. Bien sûr que tous les critique musicaux et acteurs de ce petit monde ne sont pas comme je l' ai décrit. Mais si peu, et si mal organisés. Et si imprégnés eux aussi de cette triste époque au système tant omniprésent. Beaucoup de ceux dont il est question vous diront que cette "Nouveauté" tant recherchée par moi même et quelques autres n' existe pas et que ceci explique cela.Elle existe. Même en France. Mais c'est vrai que pour la partager il y a un gros travail de recherche, de volonté et de pédagogie pour rattraper des années de nivellement par le bas, d' obscurantisme capitaliste et de domination par ces "mâles blancs, hétéros ...".Deux exemples. Des gamins français qui adorent la même musique "NOUVELLE" que je défends inlassablement dans ces pages. Des gamins avec d' autre références que les vieux quadras et leur laquais.Une musique post-internet qui est tout le contraire de celle passéiste des La Femme. Qui parle de son époque. Qui s' approprie le passé pour faire du neuf.Ils s' appellent Aprile avec son label Permalnk et ses soirées Bye Bye Ocean pour l'un. Il cite Oneohtrix Point Never, la vaporwave de James Ferraro et l' uk bass teinté de footwork et de post-internet des Night Slugs et du Fade To Mind de Jam City. Il cite mais ça se sent aussi dans sa musique et ses choix qu'il ne s' agit pas d'une pose. L' autre c' est NINJA SWORDS, fan de la clique Janus, de NON et probablement d' Elysia Crampton, de ces nouvelles musiques que certains vieux cons dénigrent si rapidement ( par la ) en nommant pour proposer une "vraie" nouveauté, Autechre !!!Le futur existe, même en France.Faut-il juste le vouloir et oublier le passé.
- CHAI, japonaiserie indie-pop tout sauf niaise. Et ne leur dites surtout pas qu 'elles sont "
Par ici on ne vous a pas fait le coup de la J-Pop. Si on aime la pop sans se pincer le nez tel un garagiste neuneu à œillères on ne va pas pour autant remplacer ouverture d' esprit et besoin de fuir le conformisme anglo-saxon par une envie facile et ambiguë d' exotisme. Un désir d' exotisme franchement putassier et pervers utilisé souvent par certains critiques enlisé jusqu' aux oreilles dans la nostalgie-gaga et les déguisements sociétaux et culturels. Au risque parfois d' enjoliver une musique variétoche bas de gamme et faussement "fraîche". Le groupe dont il va être question c' est du solide. Pas du gnan-gnan pour geek niais. Ça a le goût du Canadry Dry version à la fraise pour fifille. Ça a le goût, l' apparence, l' emballage mais à l' intérieur c' est bel et bien de l' alcool fort coupé à de l' acide. Un truc à vous retourner la tête et ses a-priori et voir la vie rose. A espérer plutot qu' à s' anesthésier la cervelle. Chai est un quatuor japonais de Nagoya qui a commencé à faire vraiment parler de lui depuis 2 ans, date de l' un premier album "Pink". Contrairement aux niaiserie J-Pop et l' historique indie de leur nation Chai évite deux travers. Le premier, elles ont un sacré savoir historique et ce dans bien des styles musicaux. Très grande diversité. Si il faut trouver un squelette on parlera d' un goût affirmé pour la Dance-Punk des Lizzy Mercier Descloux et autres Liquid Liquid (surtout sur "Pink") mais dans une version postérieure aux relectures indies de la New Rave. Reliquat d' un probable amour adolescent de ces filles pour Cancei De Ser Sexy, Klaxons ou les indolores Datarock. Si il faut imaginer les changements survenus depuis "Pink" et la montée en puissance de leur compétences en décrassage d' oreilles l' effet que Chai provoque peut s' imaginer tel des Crystal Castles en mode pop ou Late Of Pier en moins électronica. De plus elles ne sont pas restées enfermées dans l' underground et leur velléités pop/commerciale reluquent sur les succès commerciaux de Gorillaz ou de NERD du dorénavant devenu affreux, Pharrell Williams. En parlant de Pharrell Williams on peut aborder à présent le deuxième travers évité par les Chai. Le revival facile. Et oui, Pharrelle Williams n' aura fait que ça en définitive, en solo comme avec les papys nostalgico-gaga de disco que sont les vieux Daft Punk. Comme d' habitude l' une des recettes employée est la diversité des influences et leur réappropriation franchement originale. Chai ressemble à un groupe de garage rock qui n' hésite pas à jouer du synthé et ne reste pas le cul posé dans son garage fétide propice à un entre-soi nauséabond. Chai offre donc une originalité qui défie un petit peu l' art japonais et musicale de la relecture sâge des oeuvres des maîtres du passé. Spécificité japonaise qui consiste à d' abord savoir imiter à la perfection les illustres aînés puis après, trouver son propre chemin et enfin faire ressortir son identité propre. Les Chai affirment clairement leur différence là où un moribond James Murphy ne fait que singer de plus en plus grossièrement depuis 10 ans. Et en plus le gros Murphy est même pas japonais! Mais avant de poursuivre une description purement musicale il faut aborder ce que cache leur pop javellisée à l'underground du passé. Et oui parce que là se niche l' autre secret permettant aux Chai de ne pas tomber dans le revival nostalgico-gaga bas du front des garagistes ou autres. Je vous ai prévenu, pas de J-Pop niaise ici. Pas de Girls band gentillet monté de toute pièce avec grand renfort de rats de studio. Parfois je me demande d' ailleurs si certains groupes indie à guitares tellement interchangeable ne partagent pas plus de traits communs avec les Spice Girls qu' avec ceux dont ils se réclament. A vérifier à la Route du Rock 2019 où à Primavera pour les courageux. Revenons à l' Asie. Souvent derrière les formations japonaise encensées par une presse aux aboies en quête de cheval de Troie en matière d' ouverture d' esprit exotique il y a un conformisme et une vision misogyne franchement inexcusable. Vous voyez j' espère ce que je tente de décrire. Ces bidules tellement too much et mimi mais qui dévoile une espèce de fétichisme aux relents vraiment nauséabonds comme la culture nippone peut parfois en être porteuse. Les Chai le disent haut et fort. Ce qu' elles détestent c' est la culture Kawaii. Ce goût du mignon qui cache/gâche tout une partie de la culture populaire japonaise. Elles annoncent vouloir faire du Néo-Kawaii et préférer plus que tout une certaine forme d' individualisme et d' indépendance aux relents de patriarcat conformiste du Kawaii originel. Pour casser un système ou une mode rien de mieux que l'infiltration afin de le foutre en l' air de l'intérieur. Les Chai détournent les codes en leur faisant subir un gavage de maximalisme typiquement underground. Les voix deviennent exagérément stridentes jusqu' à en décaper leur bagage bubblegum Pop 80's et 90's. Ecouter le récent et vicieusement intitulé "Punk" par rapport à ses fortes senteurs pop perverties rappelle au vieux cons que je suis une sensation similaire ressentie dans les 90's, la claque Maximaliste rock-pop des Supergrass. C 'est exubérant jusqu' à en devenir pervers et ici, c 'est dans le bon sens. On est loin d' un maquillage "indie" "rock" ou post punk occasionné par un producteur de variétoche malhonnête. Dans cette quête de l' accroche pop tout en affichant clairement ses habitus et origines indie, tenter de taper l' incruste dans les charts de tout poil, un petit truc clairement Britpop. La Britpop fut énorme aux japons. Bien plus que par chez nous jusqu' à en propulser sa version passéiste niponne au haut des charts nationaux, Cornelius. Mais si je pouvais continuer les rapprochement entre Chai et leurs illustres aînés compatriotes jusqu' à citer Pizzicato Five en plus de Cornelius je me dois de vous affirmer clairement ma préférence pour les filles de Chai. Chai n' est pas une lubie ou un passe temps trop mimi. Il y a quelque chose de vraiment profond et contestataire dans leur musique et l' auditeur ne doit pas rester bloqué sur leurs tenues de scène identiques et leurs chorégraphies tellement clichés. Chai vient de nous offrir en à peine 10 titres jouissifs et vindicatifs le plus parfait des disques d' indie pop printanier pour la saison 201-2019. Voir plus. Un miracle tellement les dernières réussites en la matières sont rares. Peut être citons Let's Eat Grandma récemment tout comme The Go! Team pour les 00's et Supergrass pour les 90's.
- RIP TRIANGLE RECORDS
Si la fin d' année 2019 fut marquée par la fermeture du label tant adoré par ici Blackest Ever Black, 2020 restera quant à elle marquée par une autre disparition importante dans le petit monde des labels dits Indies. Et pas des moindres. Probablement l' un des labels parmi les plus déterminants et influants dans l' histoire de ce blog. Sans Tri Angle Dancing With The Noise n' aurait certainement pas été le même. Et pour cela il n' aura suffit que quelques mots à son créateur Robin Carolan pour nous annoncer la fin de l' une des plus belles aventures des 10's. Ce n' est pas réellement une surprise puisque 2019 n' avait vu qu' une seul sortie chez Tri Angle Records, qui plus est datant de la première moitié de l' année. Le très bon "And deppart from mono games" de Aya Sinvlair aka LOFT. La rumeur persistante est donc confirmée et 'l heure est tristement venue de la nécro. La légende débute, parce qu' immanquablement ce label est appelé à devenir légendaire comme les 4AD ou Warp, en 2010 quand l' un des rédacteurs du tout autant mythique site 20 jazzfunkgreats se décide à passer à l' acte. UNE BOUFFÉE D' OXYGÈNE EN PLEIN MARASME RETROGAGA La première sortie par sa nature annonce ce qui va suivre. La compilation "Tri Angle Records Presents : Let Me Shine For You " fait aussitôt parler d' elle par sa thématique et les artistes y participant. Il s' agit de remix de la chanteuse Dance Pop mainstream Lindsay Loan par la frange avant gardiste d' alors. Choc des cultures entre d' un côté une copine des Britney Spears et Lady Gaga, et de l' autre des grands noms de l' expérimentation tel Laurel Halo ou Oneohtrix Point Never. Robin Carolan met sur un disque ce qui sera sa vision et celle de son label. C 'est l' exemple type de ces rares individus qui vont réenclencher la marche avant au moment où l' indie et un pan de l' électro se vautrent dans la rétromanie stérile et les niches stylistiques de se cloisonner irrémédiablement. Si l' exercice n' était pas une nouveauté (remember "If i were a Carpenter") cette "Tri Angle Records Presents : Let Me Shine For You " apporta un grand bol d' air frais. Carolan offrait une visibilité à la nouvelle relation qu' une minorité en quête de solutions entretenaient avec le mainstream face aux appréhensions et les pinces nez franchement isolationnistes de la majorité indie. Avec Carolan, fan inconditionnel des Boards Of Canada, et les signatures du label il sera donc question pendant 10 années de subversion de pop par une avant garde souvent électro abreuvée d' Hip Hop bancale et cybernétique, de R'n'b spectral, et d' expérimentations en tout genre comme un goût affiché pour les territoires Dark de l' indus et de la Noise Atonale. Le tout avec une mentalité punk ou post-punk adepte du DO It Yourself. A moins que parfois ce fut l' inverse en matière de perversion. Ouverture d' esprit totale, curiosité et goût du risque. Tri angle naquit donc en pleine montée de sève Witch House (Salem) et ça se verra immédiatement et les idées perverses de l' Hypnagogic Pop et de la Vaporwave s' infusant fortement dans son catalogue par leurs influences revigorantes. Balam Acab ("See Birds") et o0o00 ("o0o00") sont les premiers artistes a attiré les projecteurs sur le label avec deux ep gavés de styles musicaux alors novateurs, Chillwave et Chillstep pour le premier et Trip Hop remis au goût du jour 2.0 pour le second. En 2011 How To Dress Well tenant le rôle du passeur entre Pop et l' underground tendance ambient pour le premier album du label ("Love Remains"). Rajoutez à la recette de ce dernier du Dub et vous obtenez le premier grand titre du label, celui du dépucelage Tri Angle pour votre serviteur, l' immense "Yr Love" de l'un des artistes phare, Holy Other. Clams Casino confirme l' importance et 'linfuence de Dj Screw et de son Chopped & Screwed sur Tri Angle en participant à la création du Cloud Rap pillé plus tard par LIL B et A$AP Rocky. Les Waters Boys poursuivront la trajectoire des premiers et en à peine un an Tri Angle se pose en étendard de la modernité et du futur. 2012 débute avec des tentations Footwork chez Evian Christ ("Kings and Them") , l' apparition furtive du R'n'b alternatif d' Aluna George et une remise en avant de l 'lDM par Howse (l' influence Warp chez Carolan réaffirmée). Mais ce sera surtout le premier album d' Holy Other et celui d'un nouveau venu, Vessel, qui marqueront les esprits. Ce dernier offre une relecture Post Punk à mille lieu du R'n'b de ses congénères et dévoile ce qu' aurait pu être Cabaret Voltaire 40 ans plus tard. Son "Order of Noise" marque un tournant dans l' histoire de Tri Angle avec ses ambiances dark et claustro bien plus prononcées que chez les collègues. Le suivant, "Punish, Honey" en 2014 confirmera et sera l' album de la consécration pour son auteur. Le tournant se fera encore plus magistral avec le deuxième LP de The Haxon Cloak. Bobby Krlic avec "Excavation" apporte un nouveau contingent d' influences multiples et variées dans la génèse du label, SunnO))) et Hearth se retrouvent réactualisés par des manières très Demdike Stare. A peine remis le label balance le ep "Preparations" de FIS dans lequel le Néo Zélandais Oliver Peryman convie la nature, la permaculture et toutes formes de vivant dans les ambiances dark des deux autres. Avec ces trois derniers disques Tri Angle élargit encore plus son public et il devient de plus en plus difficile aux critiques un brin curieux d' ignorer ce label devenu un radar à innovation en tout genre sans la moindre œillère. Votre serviteur est alors définitivement conquis et cherche par tous les moyens d' obtenir le Graal , un T-Shirt avec le fameux logo vite devenu iconique. Après 4 années d' existence à peine les promesses de Carolan sont tenues. Des délicatesses d' Holy Other ou Balam Acab en passant par les aspiration Pop How To Dress Well jusqu' aux coup de boutoir Dark de Vessel et Haxan Cloak c' est une véritable explosions de nouveautés passant du coq à l' âne tout en gardant une solide et réelle cohésion. Suivront UN LABEL PIONNIER DE LA DECONSTRUCTED CLUB Tous les grands labels par leurs influences au cours de l' histoire sont intimement liés à un nouveau courant. Factory était dans un premier temps porteur d'une vision Post-Punk typiquement Mancunienne avant de devenir un étendard Baggy et de la culture Dancefloor vers 1988-89. Warp aura l' idm quand Rough Trade symbolisera la naissance de l' indie et les aspiration électro via le Post punk. Mais si on doit trouver une filiation à Tri Angle avec une légende du passé ce sera 4AD à mon humble avis. Parce que le goût des ambiances Dark (This Mortal Coil), d'une pop rêveuse et aventureuse (Cocteau Twins) et les tentations dancefloor (M/A/R/S/S). La même soif de nouveauté absolue, d' ouverture totale et l' envie furieuse de secouer le cocotier sont décelables dans leur dirigeant respectifs. Il faut aussi rajouter qu' Ivo Watts Russel de 4AD a commencé par les fanzines, ancêtre des sites tel celui de Robin Carolan. Vers 2012-2013 un nouveau terme va apparaître progressivement dans le milieu électro quelque soit les lieux sur la planète. Une certaine vision déconstructivisme va débouler sur les Dancefloors. Et très vite ce petit monde va se rencontrer pour produire une petite révolution musicale. La deconstructed Club ou Post-Club (ici) va se propager et Tri Angle Records joue un rôle fondamental. Les artistes du label tournaient autour du pot depuis les débuts, ils ont même préfiguré ou mieux, influencé dans cette direction. Carolan ne va pas louper le Post-Club. 2014 voit Evian Christ s' en approcher définitivement mais c' est surtout un illustre inconnu qui va offrir au label son premier véritable jalon Post-Club. L' américain SD Laïka avec son "That's Harakiri" prend la mélancolie de Burial pour la passer par le filtre de la modernité dystopique égarée sur le dancefloor de Logos. Et les zombies airèrent sans danser sur les dancefloors. Il sera suivi immédiatement par le mancunien BoothRoyd faisant percuter Coil avec Evian Christ. Le Post-Club est né en partie à Berlin avec la clique Janus, Carolan va faire très fort en y dégotant Lotic et son pote précurseur et grand penseur du genre, Rabit ! En Mars 2015 , en à peine quelques jours ce sont les coups de tonnerres "Heterocetera" de Lotic et "Baptizm" de Rabit . Deux ep essentiels dans l' histoire de ce blog. Les questions de genre, les revendications Queer et Trans elles aussi depuis sa création flottant sur le label apparaissent aux grands jours et le label devient en la matière aussi un étendard. Deux mois après Tri Angle Records fête par une soirée ses 5 ans à New York. Une soirée légendaire. La plus part des artistes du labels sont là et les observateurs présents raconteront que ce jour-là ils ont tous ressentis que quelque chose de spécial s' était produit. Quelque chose d'unique et rarement atteint dans le petit monde de la musique depuis des années. Et puis il y aura la cerise sur le gâteau, l' invité surprise mythique qui par sa seule présence constituera un adoubement pour Tri Angle Records. Bjork en personne pour un Dj set dans lequel elle mariera ses vieilles lubies à son rôle de radar musical en flairant la piste du futur, le Post-Club. Et honneur suprême, elle embauchera The Haxan Cloak pour son "Vulnicura" et Rabit pour "Utopia" aux côté du plus grand rendez-vous manqué de Tri Angle, Arca. De gauche à droite : Forest Swords,The Haxan Cloak, Robin Carolan, Vessel Holy Other,Evian Christ Lotic et Bjork UN DECLIN AVEC HONNEUR Après cette soirée en guise de sacre, lentement mais surement, l' élément de surprise et quelque chose d' autre indéfinissable va décliner le long des sorties du label. Rabit sortira son premier album et filera fonder son propre label Halcyon Veil captant un grand nombre d' artistes souvent Post-Club et potentiellement signataires chez Tri Angle. Le label passera aussi à côté de la mouvance NON Worldwide et des innovations africaines ou Portugaise. Les nouvelles signatures se feront plus tournées vers une certaine Art Pop plus assagie que le Post-Club, Katie Gately, WIFE et Serpentwithfeet avec un petit succès quand Adult Jazz ne laissera pas de grandes traces, Et le Glitch Hop de Hanz ne convaincra pas grand monde. De 2015 à 2020 Tri Angle n' atteindra les sommets qu' avec ses artistes plus expérimentateurs et décomplexés. 2016 sera don l' année des bruitistes et tapageurs Brood Ma et du merveilleux "Third Law" de Roly Porter, deux réussites absolues! MMPH avec son idm lorgnant sur le Post-Club sera la dernière découverte majeur d' un label qui pourra se reposer sur ses deux valeurs sûr avec à la clé deux grands disques, le "Queen of Golden Dogs" de Vessel en 2018 et l' immense "Power" de Lotic la même année. Et enfin 2019 ne verra plus qu'une seule sortie, le ep d' AYA déjà décrit plus haut. Au final le dernier grand acte de Tri Angle aura été son suicide. Son fondateur préférant mettre la clé sous la porte avec panache plutot que devenir une institution ronronnante se contentant de voler à la concurrence les pépites. En préparant cet article je savais déjà le rôle joué par ce label dans la petite histoire de Dancing With The Noise. En allant piocher dans mes archives et celles du label je me suis rendu compte que par pondération je sous estimais à quel point le label avait changé le fan de musique que je suis. Il faut remonter à Warp ou Creation dans les 90's pour retrouver une tel claque et influence inespérée chez un vieux routier de la passion musicale. C' était une évidence factuelle. Le label avait sorti le jour de l' annonce 48 références, et bien sur les 48, 25 (!!!) ont été classées dans les tops annuels du blog. Et encore, les références prennent en compte des singles non classé parce que issus d' album classés! Alors oui, que ce soit à mon petit titre personnel ou celui du monde underground mondial, Tri Angle fut l' un des plus grands label "Indies" de la décénie écoulées. TOP ALBUM & EP TRI ANGLE RECORDS 1. LOTIC Power (2018, 4ème du top DWTN) 2. ROLY PORTER Third Law (2016, 1er du top DWTN) 3. THE HAXAN CLOAK Excavation (2013, 3ème du top DWTN) 4. VESSEL Queen of Golden Dogs (2018, 13ème top DWTN) 5. RABIT Baptizm ep (2015, top ep DWTN) 6. LOTIC Heterocetera ep (2015, top Ep DWTN) 7. BROOD MA Daze (2016, 27ème top DWTN) 8. HOLY OTHER WITH U ep (28ème top LP&Ep 2011) 9. FIS Preparations (2013, 2ème top ep DWTN) 10 ex æco . BALAM ACAB See Birds SD LAÏKA That's Harakiri
- SARAH DAVACHI, les sons en liberté.
Parfois il faut savoir être patient. Prendre son temps et laisser le temps aux artistes de développer leur oeuvre. Au sujet de Sarah Davachi cette banalité tellement galvaudée de nos jours reprend toutes ses lettres de noblesse. Son premier album date de 2013 et depuis 7 lui ont succédé. Si ses premiers efforts peinait à la faire sortir du peloton de la scène d' avant-garde mondiale on ne peut plus négliger la belle canadienne depuis peu. Parti de la case de gentille outsider elle est devenue un phare majeur pour le reste des troupes et au delà. Premier coup de semence, "All my circles run" l' an dernier. Découvert trop tardivement par votre serviteur ce disque échappa injustement au traditionnel top annuel. Depuis ce loupé votre serviteur avait fermement l' intention de guetter la moindre actualité concernant Davachi histoire de remettre les pendules à l' heure via une chronique devenue obligatoire par la progression hallucinante de la canadienne. Coup de bol en matière de timming, le suivant déboule ces jours-ci. "Let night comes on bells end the day" confirme que Sarah Davachi a franchi un palier supérieur en terme d' intérêt et de beauté et tutoie les sommets. Pour décrire les écoutes des deux derniers albums de Sarah Davachi en 2018 on peut évoquer des souvenirs vieux de 30 ans. Tomber sur ces disques risque d'en laisser plus d'un sur les carreaux de la forte stimulation numérique musicale actuelle et sur ses effets indésirables ainsi que ceux du consumérisme musicale. Ici le "CONsommateur" de musique ne va pas trouver le culte de l' immédiateté dont certains l'ont rendu dépendant. La musique de cette canadienne est une véritable ôde à la lenteur, au silence et à l' art minimaliste. Pour les plus vieux comme pour ceux ignorant qu'on invite fortement à s' y plonger, Davachi refait dans un certain sens le coup du Talk Talk fin 80's début 90's. Quand Mark Hollis et sa clique décidèrent d' abandonner les charts pour un virage à 180° miraculeux et salvateur. Ce qui marquait le plus chez les anglais à la sortie de "Spirit of Eden" et surtout quand ce "monstre" instigateur du terme "post-rock" de "Laughing Stock" apparu c' était ce ressenti de lenteur commun avec Davachi. Un coup d' arrêt net après les folles courses poursuites pop des tueries tel "Such of Shame" ou "It's my life" qui symbolisaient ce groupe pour une grosse majorité. On peut certes dire que le goût affirmé pour la lenteur et le minimalisme est une bien plus une norme dans l' ambient et le drone que dans la synth-pop anglaise des 80's mais avec ses deux derniers album Davachi réussit par sa maestria à provoquer le même choc inattendu en un lieu pourtant fait pour ça. Davachi qui n'en a pas fini avec son doctorat de musicologie à UCLA voue un grand amour depuis longtemps pour les musiques ésotériques. Amour qui entraîna un intérêt tout aussi grand pour la phénoménologie des sons. Ce qu'ils peuvent révéler comme surprises et imprévisibilité quand on daigne leur laisser un peu plus de liberté au lieu de les dompter beaucoup trop. Dans "All my Circles Run" c' étaient ceux provenant d'un piano, des cordes et des voix. Dans le récent "Let Night comes on Bells end the day" c' est au tour du mellotron et de l'orgue électronique d' être sur le devant la scène. A chaque fois Davachi adore isoler totalement les instruments pour guetter et travailler les surprises qui pourraient passer sous silence dans des musiques favorisant un peu trop l' immédiateté. Elle se concentre beaucoup plus sur les espaces et les tons au cours de ses improvisations. Fait important, elle peut tout aussi bien délivrer une musique tonale ou atonale. Le plus souvent on se retrouve donc face à des sortes de jaillissements flegmatiques de vaguelettes harmoniques qui se révèlent totalement imposantes quand on daigne observer avec méticulosité. La référence à Mark Hollis et ses potes se justifie amplement tellement le post-rock auquel ils ont dans un sens donné naissance transpire de ces drones minimalistes. Par contre on est très loin de leurs manières jazzy et plus près de la musique Baroque et du coup du progressive rock. La musique de Davachi a une puissance insoupçonnée quand on ne se borne qu' aux apparences. C 'est l'une des plus belles de 2018 et devient donc depuis quelques mois une expérience sonore et personnelle à ne surtout pas rater. Une fois de plus l' ambient se révèle être l'un des genres majeurs en plein renouvellement après quelques années de statu-co. Comme le montre sa présence de plus en plus forte dans ce blog l' ambient à la patate et attire de nouveau parce qu'elle se pose comme l'une des plus parfaite alternative au marasme ambiant.
- 2814 ou, Vaporwave mutante chez Wong Kar Wai et mode d' emploi de la Vaporwave.
Voici le grand disque de l' été. Mais aussi un des grands disques de la décennie pour tout ce qu'il représente. Dans quelques années lorsque l'on parlera des courants musicaux importants des 10's à coup sûr il en sera question. Ses origines ne sont pas seulement artistiques, elles sont politiques, sociétale et technologiques. "Rain Temple" est peut-être l' aboutissement suprême de ce que l'on a nommé la Vaporwave. L' étendart à dresser face aux contradicteurs caricaturiste d'un mouvement artistique parmi l' un des plus représentatifs et pertinents de notre époque. Un courant appelé à être majeur à l' avenir pour son rôle mais jusqu'ici traité de sous-genre et connu d'un très faible nombre. Et pourtant. Tout le monde a déjà croisé la Vaporwave. Ce disque est le fruit d'un long processus maintes fois croisé dans l' histoire de la musique. Un processus qui se résume (rapidement) à l' apparition d'un courant de pensée artistique dans l'underground, à son évolution lente et loin des projecteurs, à sa réception pas toujours facile par le reste du monde et enfin à un aboutissement, sa mort programmée. Disparition suivie d' une vie post-mortem sous l' apparence d'une influence sur tout ce qui suivra. La Vaporwave souvent moquée, décriée et méprisée tape l'incruste partout. Son esthétique est pillée et on en retrouve même dans une multitude de pochette d' album pour des musiques très éloignées si ce n'est totalement opposées dans la pensée.L' histoire de 2814 avec DWTN est un peu similaire au mode de vie des courants underground et aussi très représentative de l' accueil réservé à la Vaporwave. Entre enthousiasme, perplexité et prudence excessive au moment de la partager.Le duo 2814 a déjà été classé par ici en fin d'année 2015 puis, lamentablement,déclassé et oublié au profit d' autres disques. Oubli et erreur finalement pas si grave puisque leur disque s' est vu réédité cette année chez Not Not Fun. Oubli surtout bien symbolique des questionnements, de l' emballement, des réflexions puis parfois de la lassitude entraînés par ce courant underground souvent défini comme le "punk de l' ère internet".Il se disait dans le petit monde vaporwave que le prochain disques des 2814 serait encore meilleur que le deuxième, l' essentiel "新しい日の誕生". Certains ayatollahs de la cause vaporwave criaient aussi au scandale et à la récup. Jugements un brin exagéré au vue du catalogue conséquent du label Dream Catalogue créé par le duo et de leur rôle dans l' historique Vaporwave. Il est vrai que depuis leurs débuts le projet 2814 était perçu par sa facilité d' accès comme une version "aseptisée" pour les ultras ou comme un agréable "accident" pour les plus circonspects ou ceux qui méprisaient le genre. En tout cas il s' agissait surtout d' un bon marche-pied pour rentrer dans l'univers vaporwave. Intrigué par les annonces et le commérage internet j' attendis donc alors qu' au fond de mon cervelet les deux compères de 2814 ne réussiraient pas à sortir du cercle restreint des afficionados du courant. Je me disais qu' à la limite ils pouvaient tout juste faire craquer les fans de la chose asiatique, bref quelques âmes adolescentes solitaires égarés après une overdose de J-pop. Bref des geeks, donc même moi je sortais pas de la caricature. Et puis autant être honnête en vous offrant le fil de ma pensée trop influencée par le libéralisme culture. C'est par manque de temps et surtout de fainéantise que je n' écrivais pas sur eux et aussi parce que j' attendais sournoisement une formation plus susceptible de faire passer le message au plus grand nombre. Surtout qu'à chaque fois que j' avais parlé de vaporwave depuis 2012 ce fut un bide ou tout simplement de l'incompréhension autour de moi. Autant que cet adorable petit jardin secret le reste. Jardin secret bien caché derrière les colosses que sont "Far side Virtual" de James Ferraro et l' oeuvre complète d' Onéohtrix point Never. Deux colosses où les traces de Vaporwave et de ses variantes sont sans cesse visibles. Normal Lopatin est même considéré comme l'un des pères spirituels de la vaporwave.Et puis voila que ce "Rain Temple" est sorti. Imaginez qu'un groupe d'un genre underground récemment apparu, le shoegaze vers 1992 au hasard, un groupe jugé sans grand intérêt au vu de son originalité et de son talent si ce n'est d' être bien représentatif de ce nouveau courant. Les Telescopes ou les Lylies par exemple pour ceux qui connaissent. On ne peut pas vraiment dire que leur reformation à chacunes de ses formations remplisse les festivals comme ce fut le cas avec celles des Slowdive ou Ride. Imaginez donc que ce groupe anecdotique se réinvente sans vraiment renier son genre d' origine et devient un équivalent des Boards Of Canada. Passage direct de la troisième division à la champion's league. C'est ce qui vient de se passer avec "Rain Temple". Marche-pied ultime et encore plus efficace que son prédécesseur. L'une des difficultés rencontrées avec la Vaporwave a toujours été son manque de charme en terme d' accroches novatrice à son écoutes. Pas vraiment de sonorités nouvelles. Ou du moins des sons déjà croisés mais finalement peut-être pas vraiment exploités à leur juste valeur. Rien de plus normale pour ce courant usant et abusant de sample de musiques croisées tout au long de la fin du vingtième siècle et au début du suivant. Et des musiques pas vraiment symboliques de rébellion, de cool, fête ou d' émotions "authentiques". L' art du recyclage et du détournement de la culture capitaliste et de ses symboles au profit de l'une des ses critiques les plus acerbes et pertinentes. Pour les habitués de ce blog tout ceci a été déjà écrit au sujet de Daniel Lopatin (ses echo jams déjà abordées ici sont généralement considérées comme de la Vaporwave) ou de Ferraro. L' Hypnagogic-pop fonctionnait également à peu près de la même façon et dans une certaine mesure c' est ce qu'a fait Ariel Pink avec la pop music. Cette manière surprenante d' utiliser ce que l'on dénonce. L' hypnagogic-pop et l' hauntologie avec leur approche de la nostalgie musicale sont devenues au fil des années la plus perspicace des critiques du phénomène revival nostalgico-gaga-à coté de la plaque d' une indie musique pétrie de déni, une indie dépassée et fermée d' esprit car trop souvent cloisonnée sur son glorieux passé. Les premiers nous disaient "il y a un problème" pendant que les autres créent et s' empêtrent dans LE "problème" depuis trop longtemps. Donc pas de choc de la nouveauté mais pas non plus d' accroche pop en terme purement musicale et surtout pas de démagogie et de facilité populiste. Le discours politique et sociétal n' était pas non plus très explicite au premier abord. La Vaporwave c' est pas vraiment le truc qui va scotcher un public de festival ou de salle de concert. La Vaporwave n' hurle pas bêtement dans un micro "les capitalistes c'est que des méchants". Elle a su se faire plus subtile. Inutile non plus d'en passer sur les radios sous peine de moquerie et tout simplement d' usage à simple but ironique et sarcastique. En France plus qu' ailleurs même si il y a de ça quelques années on avait un truc télévisuel qui s'en rapprochait sur feu Canal + ,"Les messages à caractère informatif". Vrai critique du capitalisme et de sa culture de l' entreprise. La vaporwave ne fait donc pas dans le concret, l' assimilable, l' abouti et le facilement consommable. Invendable. Les titres vaporwave ressemblait plus à un tableau inabouti, à une sorte d' expressionnisme satirique et critique de son époque ne cherchant surtout pas à être trop vindicatif et compréhensible. L' auditeur devait entamer une démarche. Pas de début, pas vraiment de fin. Plus proche de l' ambient, de la noise ou de l' industriel. Sans le goût de l' agression sonore des deux derniers. Pourtant la critique est tout autant acerbe et agressive d'une certaine manière. Elle tape là où cela fait le plus mal par détour et échappe à la récupération facile. Certains y ont vu une sorte de punk. Ou du moins le successeur du punk et du post-punk en évitant donc le cliché musique rebelle= musique agressive. Une musique rebelle sur mode zen, new-age ou muzzack. Pas facile à comprendre pour le neuneu fan de garage-rock empêtré dans les clichés récupérés et édulcorés par le libéralisme. Un brave couillon surtout loin d' imaginer qu'il est une sorte de réac malgré lui des temps présents. Un type qui voudrait lui aussi changer le bordel du monde mais qui ne comprends pas qu'il est contre-productif. La version pathétique de l' éternel candide jamais sorti de sa caste sociale qui n' a pas vu que les héros d' autrefois ont un petit peu mal vieilli sur certains aspect. Dans 2814 on va retrouver tout ce qui faisait la caractéristique faussement inoffensive de la Vaporwave. Sample ralenti, sali de glitch, réverbération à donf, répétition hypnotique. Les voix sont transformée et salies, les gouttes de pluie jouent le même rôle que les voix chez Burial et les craquement vinylesques chez The Caretaker aka James Leyland Kirby. La palette stylistique de la Vaporwave est bien plus large que ce pense ses détracteurs et n'est donc pas seulement la fille cachée de la new-age et de ses synthétiseurs passés au numérique. Le shoegaze est sans cesse évoqué. Un shoegaze à la fois noisy et vaporeux des My Bloody Valentine pour l' aspect éthéré tout comme l' hyper-réalité cristalline des Cocteau Twins , tuteurs spirituels des premiers. Surtout dans le cas 2814 un sentiment de mélancolie et de nostalgie urbaine fait le lien avec ce courant des 90's et ses cousins. Ainsi les deux 2814 évoquent régulièrement leur passion pour le post-rock de Mogwai et Sigur Ros tout comme leur amour irraisonné pour Vangelis (Blade Runner évidement) et la proto-hauntologie des Boards Of Canada. Les artefacts du passé musicale sont détournés et transformés pour évoquer, provoquer (?) ou mettre en avant une séparation de la réalité. Parler d'un monde terrible en appuyant sur la déconnexion de notre réalité du maquillage abrutissant du capitalisme. La Vaporwave c'est un gauchiste qui se moque et détourne les stages zen et les formations cache-misères offertes par le patron pour faire passé la pilule libérale à ses employés. Pour faire oublier la terrible hiérarchie aussi. Pour faire cela plutot que s'y refuser et opter pour le boycott trop facilement assimilable et récupérable par l'ennemi qui vous stigmatisera comme réac et anti-évolution (le comble) notre gauchiste en remet donc une couche. Français du printemps 2016 ça vous rappelle pas certains propos gouvernementaux? Le cégétiste, oups, le gauchiste je veux dire, propose donc au patron moult projet plus stupides et caricaturaux les uns que les autres pour le comité d' entreprise. Son but caché c' est forcer la caricature en rendant le mensonge encore plus gros donc plus visible afin d' accélérer le processus de désintégration du système patronal. En concepte idéologique on a appelé ça "l' accelerationnisme". Accélérer la mort du capitalisme. La Vaporwave a fait exactement ça. Utiliser le mensonge et les promesses non tenues du capitalisme en forçant le trait pour lutter contre lui. Le riff de guitare a été détourné par le capitalisme à son profit. Il n'est plus vraiment dangereux pour lui, tout juste ghettoïsant pour ses derniers adeptes. Par contre s' emparer des armes musicale de mensonges massifs de ce dernier se révèle bien plus efficace. Par quel miracle la Vaporwave a-telle opéré pour retourner l' arme contre son utilisateur? En ajoutant la dystopie tout simplement. Et puis aussi en s'inspirant d' un autre courant abusant de l' aspect dystopique, le cyber-punk. La dystopie est souvent définit comme une façon romancée de décrire une société faite de manière à ce que de toute façon tout le monde ne sera pas heureux. A ce qu' à un moment ou un autre ça parte en quenouille, en catastrophe, misère etc etc . La couille était dans le potage mais certains ont cru bon de nous le vendre pour gagner leur vie en nous expliquant bien qu'il n'y avait pas d'autres choix au menu. Joli résumé du capitalisme. Le sujet du mensonges ou de la fausse promesse est vraiment le plus important dans la culture Vaporwave. C'est en quelque sorte son message. Y' a comme qui dirait un sacré foutage de gueule joliment orchestré. Mais un foutage de gueule énorme qui marche systématiquement et nous tombons tous dans le panneau plus ou moins. Le terme Vaporwave vient de l'informatique et désignait à son origine un logiciel existant et annoncé comme bientot disponible mais qui finalement ne sera jamais diffusé et vendu. Une fausse annonce. Une hype parasite. La Vaporwave pour son art du détournement n' a eut de cesse de récupérer et de saloper les mensonges précédents du capitalisme pour prévenir des prochains. Par exemple bien des lubies de la culture yuppie (son culte pour l' Asie industrielles et urbaines), une certaines pop music proprette et tape à l' oeil (devrais-je dire tout juste bonne à nous vendre un matériel hi-fi hors de prix, le culte de la publicité ). Vous vous rappelez cette connerie qu'on a voulu nous faire gober, PUB = Art !!! Il y avait aussi le culte de l'info continue (CNN c'était cool en 1988) avant qu'on se rende compte de ses dérives et ses mensonges vulgaires (BFM en 2016 c'est beaucoup moins cool). Avec la Vaporwave on se retrouve dans la tête de Patrick Bateman le héros de Brett Easton Ellis. Nez à nez avec le mensonge Bateman/Néo-Libéral Hyper cool et sophistiqué en apparence mais foncièrement mauvais et barbare quand il devient serial-killer. La première fois que je suis tombé sur une ecco jam de Lopatin j' ai tout de suite pensé à un type jouant avec les souvenirs de Bateman. L' esthétique visuelle Vaporwave est peut être encore plus explicite que sa musique. Plus facilement compréhensible et donc la critique plus abordable. Ce mélange de couleurs fluos et clinquantes, symboles absolues du cool dans les cours de récrée 80's. Le stylo tape à l' oeil du patron capitaliste. Oups, je voulais dire le Stabilo "Boss" de quand on était petit et tous voués à devenir des Bernard Tapie. Les signes asiatiques symbole du futur (tous les progrès technologique venaient du Japon tel le CD et il fallait prendre modèle sur la société niponne), le design informatique des 80's et 90's, quand on nous disait que ça allait révolutionner le monde, les super ordinateurs. Ça la fait, mais on peut pas vraiment dire que la révolution fut prolétarienne et le capitalisme a su trouver de quoi le rassasier au détriments des autres comme d' hab. Le truc originale des artistes vaporwave a été l' idée lumineuse et si symbolique de la dystopie à venir que l' apparition de la figure antique. Statut ou temple tout était bon pour stigmatiser le mensonge. On veut nous vendre le paradis capitaliste en expliquant qu'il est bon. C'est LA solution. Les peuples vont mieux vivre, la paix va dominer et le capitalisme va nous refaire vivre un âge d' or digne de celui de l' antiquité en se référant à la philosophie et aux arts des grecques. Plus c' est gros plus ça passe. C' était cool les grecques et bien le capitalisme vous l' offrent ce machin qui depuis la renaissance est symbole de sagesse,d'humanité et de démocratie. Il a juste oublié de dire que les grecques c' était pas toujours si cool que ça (esclavagisme, colonialisme) et au final on peut vraiment dire que ce que l'on a bien pris dans la figure et dont on souffre c' est bien la vision impérialiste de certains. Socrate oublié c'est Néron qui tient les cordons de la bourse. J' oserai dire qui tient les cordons de nos bourses par intimidation tellement plus beaucoup osent remettre en question quoique ce soit à la vision de ses incessants bug(glitch). Et les mensonge dénoncés par la Vaporwave d' assommer encore plus les autres face à d' éventuelle catastrophe si prévisible parce que inhérentes au système inégale et suicidaire. Hong Kong Express et T E L E P A T H, les deux gars de 2814, ne sont pas apparus tout de suite dans le premier wagon de la Vaporwave. Mon radar personnel ne les a repéré que vers 2013 et 2814 n' est formé que depuis 2014. Ce qu' il faut bien se rendre compte c'est que tout s'est joué en très peu de temps et la rapidité avec laquelle la Vaporwave a proliféré prouve bien qu'elle répondait à des envies d'une population nombreuses et variées sur toute la planète. Les Eccojams de Lopatin datent de 2009-10, "Far Side Virtual" de Ferraro est sorti en fin 2011. Très vite une tripotée de noms fit son apparition durant l' explosion vaporwave de 2011. Les 骨架的, Saint Pepsi, 18 Carat Affair, Internet Club pour ne citer que quelques uns sans omettre bien sûr la reine Vaporwave, Ramona Andra Xavier et ses multiples pseudos (Macintosh Plus, PrismCorp Virtual Enterprises, Laserdisc Visions, 情報デスクVIRTUAL, New Dreams Ltd). La fameuse pochette rose avec la statut antique maintes fois reprises, trafiquée et plagiée , c'est elle ! Si le style originel Vaporwave domina 2011 le genre muta très vite et un florilège de variantes toutes plus intrigantes les unes que les autres apparurent. La Vapornoise, la Segahaze, la VaporTrap, Signalwave, FutureFunk, le Post-Internet (le nom de celui-ci fut le plus repris, à tord ou à raison),la MuzzakCore(Ferraro est classé dans celui-ci tout comme Giant Claw). La Vaporwave semble avoir pris ces derniers mois deux chemins bien distinct si ce n'est la perte de la légèreté sonore des débuts. Elle tape l'incruste sur les dancefloors pointus (Vaportrop, FutureFunk) et se fait plus agressive (Vapornoise et la HardVapor). Elle fricotte même avec le rap clairement via Ramona Andra Xavier par sa collaboration avec Siddiq. Puis, c'est le cas des 2814, elle devient encore plus atmosphérique, mélencolique et plus fortement dystopique et anxiogène. En bon punk qui se respecte les fans de la Vaporwave aiment bien inventer une nouvelle désignation et un nouveau genre dès que les médias s'y intéresse et récupère un peu trop le truc. C'est ce qui s'est passé avec les crétins de MTV (ce qui est assez cocasse quand on connait le passif de la chaine dans l' esthétique 80's et de son utilisation et détournement dans la Vaporwave) Tous ces genres ont une définition plutot vague et on s'y perd souvent mais quand on tombe sur la liste des formations et des artistes recensés ça donne le tournie face à un tel nombre et son internationalisation. Surtout quand on vit dans notre cher pays si ouvert et curieux musicalement de ce qui se passe ailleurs. Dès 2012 le parfum de la Vaporwave dépassa ses frontières et d' autres courants et artistes l' utilisèrent. Influences des uns sur les autres ou tout simplement l' ère du temps et une volonté de changement qui a amené des genres et des artistes très différent à utiliser les même armes? Certainement pour la deuxième hypothèse; Le point commun reste bien sûr internet. Mode de diffusion préféré de la Vaporwave pour éviter et se passer de l'industrie musicale classique (le rôle de Soundcloud fut prépondérant). Quand on vous dit que ce sont les punks du 21ème siècle. L' Hyper-réalité de ses sons s'est retrouvés un peu partout, la scène grime et Uk Bass cités par ici (Rustie, Logos,Visionist), l' epic-collage d'une Elysia Crampton, Fatima Al Qadiri, Holly Herndon, Janus ou la clique de PC Music etc etc. Et que dire Donc fatalement, vous ètes tombés sur de la Vaporwave à un moment ou un autre. En conclusion sur ce long mais important rappel sur la Vaporwave revenons à nos deux 2814. Si les Hong Kongais ont une chance de toucher un plus grand nombre avec beaucoup de reste Vaporwave dans leurs musique c' est aussi parce que la Vapourwave avec ses origines urbaines, son spleen post-internet et lui aussi urbain, sa dénonciation des mensonges du capitalisme et de ses conséquences sur nos vies, sans parler de son attirance pour l' Asie et ses symboles, et bien la Vaporwave de 2814 rappelle une autre oeuvre elle aussi née à Hong Kong. Comment ne pas penser aux films de Wong Kar Waï, et plus particulièrement "Chungking Express" en écoutant "Rain Temple" et en regardant les pochettes du duo. Il y pleut souvent chez Kar Waï, l' individu y est aussi souvent seul et perdu dans l'immensité urbaine. TOP VAPORWAVE Petite sélection rapide des disques les plus importants. Foncièrement Vaporwave ou pas. Bien évidemment si la Vaporwave originelle est morte selon ses fans ses multiples mutations n' en finissent de nous offrir du très bon. Cette liste est donc vouée à changer perpétuellement. CHUCK PERSON (LOPATIN himself) Chuck person Eccojams vol. 1 JAMES FERRARO Far side virtual MACプラスフローラルの専門店 (Floral Shoppe) INTERNET CLUB Vanishing Vision SAINT PEPSI Hit Vibes NAPOLIAN Guns & Synths 骨架的 Holograms SACRED TAPESTRY Shader 2814 新しい日の誕生 DAN MASON Miami Virtual












