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- En passant : Karen Gwyer
Elle n' a sorti qu'un seul ep sur le label Kaléidoscop du bon Patten (cf par là) mais déjà la futur parution de son premier album sera à surveiller de très près. D' autant plus qu'elle vient de signer chez No Pain In Pop (ici), gage de qualité s'il en est. Elle se nomme Karen Gwyer, est née aux Etats-Unis et réside actuellement à Londres. Issue d'une famille de violoncelliste elle reçoit logiquement une éducation musicale classique. A la fin des 80's elle raconte avoir été fortement marquée par la dance-music . Elle fréquente également la scène Noise de son Midwest natal pour ensuite prendre la tangente vers New York où elle dit avoir été refroidie par la fin de la culture house et le regain d' intérêt pour les guitares indies. Apprentissage de musiques savantes pour ensuite aller zoner du coté des dancefloors. Rien que pour cette trajectoire les comparaisons vont aller bon train avec une Laurel Halo ou une Holly Enderson. Musicalement Gwyer rappellera plus particulièrement Halo. Si sa musique est proche de la kosmische-music (Cluster) on peut également citer bon nombres d' autres références repérables dans ses morceaux. Cabaret Voltaire, Motion Sickness of Time Travel ou encore Fuck Buttons. Mais , et c' est à noter, jamais ces dernières prennent trop d' importance à l' écoute de sa musique. Dans ses premières interviews Karen Gwyer explique avoir enregistrer son futur " Needs continuum" pendant sa grossesse avec le profond désir d' explorer sa passion pour : " les Pulsions Plasmatiques Labyrinthiques". A la suite de quoi elle rajoute que son album est : " à la fois un produit et un champion de l'immuable, fait de rythmes cycliques organiques et de déséquilibres psycho-physique désorientant." Vous je sais pas, mais moi quand je tombe sur une artiste capable de pondre tout ce blabla pour décrire sa musique je me dis comment ais-je pu supporter ces inintéressantes interviews de certains artiste d' indie (que je ne citerai pas par pitié) où tout ce qui est argumenté ne se retrouve jamais dans la musique. Beaucoup de pose et de pseudo branlette intellectuelle pour ne pas simplement avouer qu' ils ont voulu faire qu'un simple copiage de leurs idoles. Parce qu' avec Karen Gwyer, non seulement on y croit une fois sa musique découverte mais en plus, on en redemande.
- En passant: Grouper, séance de rattrapage
Actualité chargée pour l'une des chouchous de DWTN, Liz Harris aka Grouper. 2013 voit la ressortie de son classique de 2008, "Dragging a dead deer up a hill" et aussi et surtout celle de morceaux inédits de la même époque, "The Man who died in his boat". Autant le dire tout de suite, découvrir en 2013 "The man who died in his boat" n' est pas la même claque qu' avait été en 2008 "Dragging..." . L' effet de surprise a disparu et il s' agit d' enregistrements laissés de coté à l'époque. Donc des titres certainement jugés moins pertinents pour son auteur. Mais attention, ça reste du Liz Harris, soit une musique ensorcelante et inévitable . Malgré une carrière déjà longue de 8 ans Grouper souffre à mon avis d'une trop faible notoriété en France . Peut-être que la tristesse et l' aspect morbide se dégageant des titres de ses albums en ont refroidi plus d'un. Une fois traduits c'est sûr qu'il y a plus joyeux comme intitulés que "L'homme qui est mort dans son bateau" ou le pétrifiant "Traîner un cerf mort du haut de la colline". Il est surtout très étonnant que dans notre pays où le culte du label 4AD est encore très vivace une grosse partie de la presse spécialisée et du public sont passés largement à côté de Liz Harris. On ne peut que penser au label des Cocteau Twins, Dead Can Dance et autres This Mortal Coil tellement l' ambient-pop de Grouper est souvent qualifiée à juste titre d' éthérée, triste, mélancolique, plaintive, lugubre, rêveuse, désolée ou encore vaporeuse. Caractéristiques partagées avec 4AD mais aussi avec certaines de ses contemporaines adoré chez DWTN comme Julianna Barwick , Julia Holter , Laurel Halo et The Slave. Les premières oeuvres de Liz Harris étaient noyées sous d' épaisses couches sonores faites de réverbération et de delay. Si l' aspect noisy et cotonneux de la production s'est peu à peu affaibli pour faire place à des squelettes de chansons folk plus identifiables la voix et le traitement qu' elle subit restent des éléments essentiels dans Grouper. Le magnifique chant d' Harris est totalement partie prenante dans la création et la genèse de cette épaisse matière sonore. Même si l' effet de surprise a donc disparu "The man..." étonne en 2013 par sa fraîcheur malgré l' antériorité de son enregistrement (2009). Ce n'est pas la première fois que Grouper pioche dans son passé. En 2010 avec son dytique AIA, Grouper mêlait déjà nouveauté et recyclage d' archives avec succès. On peut reprocher à Liz Harris de ne pas être rentrée en studio pour nos offrir du plus frais mais cela est largement compensé par ses multiples collaborations tel que Mirrorring l' année dernière. Grouper se situe exactement a mi-chemin entre l' expérimentation et la musique d' avant-garde post-Hypnagogic-pop( Laurel Halo, Oneohtrix PN , Emeralds) et l' indie dream-pop plus accessible des 80's & 90's (shoegazing, 4AD). Le chaînon manquant entre un passé vénéré et un changement tant espéré. PS : Je parlais de l'importance des voix et de leur traitement dans la musique de Grouper. Voici un autre exemple tout frais de titre réussi dont la construction repose en grande partie sur les voix. Une véritable petite tuerie très witch-house. La principale mélodie du récent "Later" de Shlohmo est une ligne vocal. Elle apporte une étrangeté envoûtante parce que l'on ne comprend pas vraiment ce qui est dit et le mystère est également accru du fait que la voix est en partie déshumanisée par énormément de manipulations. Henry Laufer avait déjà publié un excellent premier album en 2011, "Bad Vibes". Son hip hop d' avant-garde très proche de Flying Lotus et Amon Tobin est à suivre de très près dans les mois qui suivent.
- En passant: Pete Swanson, encore et toujours
DWTN va encore parler de Pete Swanson. C' est que je l' aime le bonhomme. Surtout depuis qu' il squatte l'univers des pistes de danse. Bon ce coup-ci il retourne un petit peu sur le territoire du noise de ses Yellow Swans mais il n' oublie pas pour autant d' emprunter la rythmique qui vous fait remuer du popotin. Une nouvelle fois avec Swanson le titre de ce blog prend tout son sens. Le 12 Mars sortira son ep "Punk Authority" sur le label de Daniel Lopatin. La signature de Swanson sur Software n' étonnera surtout pas les fidèles lecteurs de DWTN tellement ces deux se succèdent assez souvent par ici et que leurs musiques si différentes en apparence se révèlent finalement plutot proche par l' état d' esprit qui anime ces deux aventuriers de la musique. Et la magistrale version complète : Troisième article concernant Pete Swanson. Pour une piqûre de rappel vous pouvez également aller voire par ici et par là. Une fois la déferlante "Life ends at 30" passée l' auditeur est sonné comme si il était face à un spectacle de dévastation. Et paradoxalement, il est aussi heureux. Du pure bonheur. On peut assimiler ça au besoin d' autodestruction que nous éprouvons tous mais en même temps cette musique agressive recèle en elle une volonté de renaissance. Et si tout redevenait possible? "Burn it down" (cf ici ) disait un type à la fin des 70's pour ensuite aller piquer les vieilles recettes d' une époque révolue . C'est effectivement ce que recherche Pete Swanson. Faire table rase du passé pour pouvoir reconstruire à nouveau.Mais à la différence d' un Kevin Rowland Swanson préfère regarder le futur. La démarche d'un Rowland peut marcher mais pas continuellement. Swanson est continuellement en mouvement, à la recherche du fait nouveau qui va tout changer. Il adore les petits détails aux importantes conséquences . L' auditeur se doit continuellement d' être sur ses gardes face à ce qui semble n' être qu'une informe bouillie sonore. Sacré personnage que ce Swanson. Il faut toujours se pencher sur "l' histoire de vie" des artistes et encore plus pour ceux de la trempe d'un génie comme Swanson. Juste parce qu' ils apportent de l' inédit et bouleversent nos habitudes et les idées toutes faites. Pete Swanson, un pure enfant du vingtième siècle industriel ? Pas si sûr. Je comprends que certains peuvent considérer sa musique simplement comme une agression sonore et beaucoup s' accordent pour faire le lien avec la musique industrielle de la fin des 70's. Comme si le bruit ne pouvait être que le fruit de l' humain via son activité (les machines). Dans le rock par exemple certains "boucans" se sont vu expliqués par l' environnement sociale ou physique de ses créateurs. Par exemple The Stooges et le MC5 influencés par la proximité de l' industrie automobile de Detroit. Souvent en musique le rapport avec la nature est synonyme d' instrument acoustique, d' harmonie et de belles et douces mélodies. . Combien de fois lisons-nous les termes suivant associé au folk: pastoral, bucolique, champêtre. Comme si ce genre de musique avait le monopole de la proximité avec la nature. C' est souvent vrai mais Pete Swanson ne vient pas du milieu ouvrier et encore moins d'une grande zone urbaine industrielle. Ses parents étaient vulcanologues dans un petit bled de province des USA et il les a souvent suivi pendant leurs expéditions scientifiques. Des jours et des jours a scruter la nature à la recherche des plus infimes signes d'un changement. L' observation doit être visuelle mais aussi auditive. Les oiseaux chantent et les feuilles des arbres frémissent sous l' effet de la brise. Et puis un léger craquement sourd se fait ressentir sous nos pieds et tout à coup on est passé d'une chansonnette des Fleet Foxes au boucan des Stooges sans que l' être humain n' y soit pour quelque chose. C'est qu'un volcan messieurs et mesdames, ça fait peut faire beaucoup de bruit. Soit il est prôche de celui d'une explosion ou bien plus lancinant car issu d'un plus long processus mécanique. Troublantes similtudes avec la musique de Swanson. Pete Swanson un type faisant du bruit par rébellion tout simplement ? Il est vrai que l' homme a un passé punk et hardcore mais c' est bien plus complexe et si l' homme est si attractif pour DWTN c 'est que nos centres d'intérêt communs dépassent largement le cadre de la simple passion musicale ou artistique. Je travaille avec des personnes souvent en perte de repères du fait de leur maladie. Tout ce que leurs corps perçoivent ( via des stimulus) peuvent avoir des conséquences bien plus grandes que chez le simple quidam en bonne santé. Et Pete Swanson ne cesse de jouer avec nos sens via les stimulus sonores issus d'un travail méticuleux sur les sons. Un bourdonnement lancinant par ci, l' abus des aigus par là. Swanson y accorde une attention plus importante que bon nombre d' autres plus intéressés par le travail mélodique. Une explication plausible est à trouver dans les débuts de sa carrière. Pendant très longtemps il a cumulé deux rôles, musicien au sein des grands Yellow Swans d'une part et d' autre part infatiguable travailleur social avec des personnes atteintes de troubles mentaux. Des gens atteints eux aussi de perte de repères, d' où une importance accrue des stimulus. De cette double casquette une certaine approche pas si fréquente que ça de la musique transparaît à travers ses productions et ses interviews. L' homme s'est beaucoup intéressé à ce truc à l' architecture et au mode de fonctionnement complexes se cachant dans votre boite crânienne, le cerveau humain. C' est pas la première fois que certains musiciens jouent avec notre corps. Rappelez-vous Throbbing Gristle s' amusant à provoquer l' envie d'uriner pendant leurs concerts en utilisant certaines fréquences. Rappelez aussi que dès les 60's certains prenaient déjà un malin plaisir à perturber nos sens grace aux sons, le psychédélisme . Et les psychédélisme, Swanson s'en est approché souvent avec ses drones noisy. Je me demandais comment vous faire réaliser à quel point je considère Pete Swanson comme un artiste majeur de notre époque. Et puis je me suis dit que le moyen le plus efficace était tout simplement de trouver des équivalents dans mon histoire personnelle de fan de musique. Histoire personnelle qui a certainement des points communs avec la votre. A quelle claque du passé celle donnée par Swanson est similaire en intensité et en plaisir? Quelles chansons ont autant bouleversé ma vision de cet art comme les titres de Swanson le font depuis deux ou trois ans? Les "Stuff it", "Pro style", "Remote review", "Misery beat" et le récent "Life ends at 30", avec quoi je les mets à égalité sur l' échelle de valeur concernant leur influence potentielle et leur rôle dans un avenir plus ou moins proche? Avec ça: PS: Pete Swanson a par le passé joué au sein du groupe Badgerlore et quelle ne fut pas ma surprise quand j' ai regardé la liste des membres.C'est pas très connu mais Swanson est un proche d'une autre artiste chroniquée il y a quelques jours dans DWTN, Liz Harris (Grouper).
- En passant : Patten et une mixtape très très...loveless
Les fêtes de fin d' année sont l' occasion de se lancer dans des orgies alimentaires. Heureusement que certains esprits libres parmi mes connaissance n' attendent pas le décret annuel des hautes autorités consuméristes pour s'empiffrer de tout ce qui peut se manger. En ce qui me concerne cette période d' abondance est surtout pauvre en sortie de disque. C'est donc l' opportunité de rattraper mon retard concernant les très nombreuses mixtapes disséminées sur le net tout au long de l' année. Moins je reconnais les nom de la set-list mieux c' est. C' est le leitmotiv. J'y suis allé encore gaiement dans le téléchargement massif en cette fin 2012. Un artiste que j' apprécie s' était vu offrir l' occasion d' y aller de la sienne par les exxxxcellants Fact Magazine il y a de ça deux ans . J' avais adoré le premier album de Patten sorti à la même époque sur No Pain in Pop (cf ici ) mais en lisant sa set-list le doute s'est emparé de moi. Pourquoi devrais-je perdre mon temps à écouter une vieille sélection probablement mixée à la va-vite et ressemblant à une compile faite par un vieux quadra indie englué dans les 90's et sa collec de vieux Inrocks de la grande époque ? Les nom présents ? Je les connaissais que trop bien. Pixies, Joy Division, Cocteau Twins, SeeFell, Rythm is Rythm, Aphex Twin, Autechre. Même les références les plus récentes étaient du déjà-vu. Caribou, Ariel Pink et Micachu. Et puis je me suis laissé tenté. Est-ce à cause de l' overdose de rétrospectives en tout genre du moment ? Un instant de faiblesse? Peu importe. Une chose est sûr, Patten et sa Factmix 285 m' a foutu une belle claque. Et vous savez pourquoi? Parce que je n' ai quasiment pas reconnu les sons de ma jeunesse. Maltraités, blasphémés diront certains. Une véritable cure de jouvence. Ce qui devait n' être qu'un petit ruisseau de la nostalgie au fond de la vallée des désillusions s 'est transformé en un océan sonore fantastique ou chacun se doit de s' y noyer (lol). Comment définir cette mixtape ? Tout simplement une mixtape "shoegaze". Dès le début on comprend que Patten a effectué un très gros travail de mixage. Une boucle électronique est superposé à un titre des Pixies morcelé. Plus loin on peine à reconnaître la légendaire rythmique de Joy Division et la voix d' Arthur Russel surnage tout juste à la surface d' une mer démontée. Je reconnais que l' immersion peut paraître très difficile et si on ne se laisse pas emporté par cette houle de sons la lassitude et l' incompréhension peuvent l' emporter. Mais si tel est est votre cas écoutez jusqu'au bout et une fois rendu à la fin le "To here knows when" de My Bloody Valentine vous expliquera tout ce qui a précédé en vous donnant les clés de ce bloc de sonorité en tout genre. Et comme le bon Patten a plus d'un tour dans son sac il vient de lancer l' excellent label Kaléïdoscope avec en prévision les sorties K7 d' oeuvres des prometteurs Karen Gwyer et Orphan. Traclist: Jim O’Rourke – I’m Happy – I’m Happy and I’m Singing and a 1, 2, 3, 4 (2001) Pixies – Bone Machine – Surfer Rosa (1988) Seefeel – More Like Space – More Like Space EP (1993) Sweet Exorcist – Clonk (Freebass) (1990) Ross 154 – Until My Heart Stops (2010) DEVO – Whip it – Freedom of Choice (1980) Mouse on Mars – Schnick-Schnack (feat. Laetitia Sadier) – Cache Coeur Naïf (1997) Fleetwood Mac – Everywhere – Tango in the Night (1987) Polmo Polpo – Kiss Me Again and Again (2005) Rhythm is Rhythm – Strings of Life (1987) Broadcast – I Found The F – Tender Buttons (2005) Bakey USTL – A Tender Places – EP1 (2010) Arthur Russell – Lucky Cloud – World of Echo (1986) Yearning Kru – Galark Seas – Diyadh (2011) Lifetones – Good Side – For A Reason (1983) Vanity 6 – Make Up – Vanity 6 (1982) Joy Division – She’s Lost Control – Peel Sessions (1986) Ariel Pink’s Haunted Graffiti – L’estat (acc. to the widow’s maid) – Before Today (2010) My Bloody Valentine – To Here Knows When – Loveless (1991) Heather Society – Crossing The Rubicon (2011) Aphex Twin – On – On EP (1993) Arch M – mlk jr blvd – Land Huxt (2010) Micachu – Hardcore – Jewellery (2009) Autechre – Recury – Chiastic Slide (1997) Oval – Lens Flared Capital – Dok (1998) Sculpture – 2 – Slime Code (2011) Life Without Buildings – Philip – Any Other City (2000) Caribou – Dundas, Ontario – Start Breaking My Heart (2001) Universal Swimsuit – excerpt – The Headshaker (yoshimitsu disintegrating in front of a field of stone cows) (2011) Madlib – Cold One – Madvilliany 2: The Madlib Remix (2008) Cocteau Twins – Fifty-Fifty Clown – Heaven or Las Vegas (1990) The Slow Revolt – This Dark Matter (2010)
- En passant : Factory Floor, enfin!
DWTN adore Factory Floor et ce n'est pas un scoop (cf ici). Leur prochain album se faisait attendre depuis bientôt 3 ans et il est enfin annoncé pour cette année chez DFA. Et oui, que ça passe vite. Leur "Lying/a wooden box" date de 2010 et depuis l' attente a paru interminable pour les fans de la première heure. Leurs rares mais géniaux singles , "Reallove" et "Two different ways" , n' ont fait qu' attiser un peu plus le manque. D' autant plus que leur évolution stylistique s' est confirmée à chaque fois. Pour la faire courte, moins de Joy Division, plus de New Order et d' Hacienda. En attendant donc l' album tant espéré Factory Floor vient de rendre disponible leur dernier effort, "Fall Back". 8 fantastiques minutes de trance electro. Factory Floor se révèle à nouveau être l'une des formations phares pour ce style de morceau et on atteint assez vite l' état d' euphorie recherché. Une habitude avec eux, que ce soit sur disque ou en live comme l' atteste ce concert hallucinogène enregistré l' année dernière pour The Boiler Room.
- En passant : Sand Circles, la parfaite BO pour la fin du monde
Et merde ! Je m' étais pourtant juré de ne pas tomber dans le panneau et Patatras ! Au tour de DWTN de surfer sur la prétendue fin du monde du 21 Décembre 2012. En passant, je serai curieux de connaître ce qu' en aurait penser Guy Debord du phénomène médiatique de cette fin d' année. Je me demande si le brave homme s' était douté jusqu' où irait se nicher la société du spectacle qu'il avait conceptualisé? Trêve de plaisanteries, passons aux choses plus sérieuses. Alors si vous aimez les ambiances "fin de monde" je vous présente Sand Circles. A écouter en priorité le soir du 21 Décembre quand vous guetterez dans le ciel de nos lugubres cités la pluie d' astéroïdes qui ne viendra pas . Derrière le pseudo de Sand Circles se cache le suédois Martin Herterich, grand défenseur de la cause analogique à l' ère du tout numérique. Ces magnifiques vagues de synthés noyées dans un épais brouillard de delays provoquent un sentiment d' angoisse intriguant. Ainsi, l' apocalypse tant redoutée, devient hypnotique. L' album "Motor city" en est la parfaite BO comme l'ont été beaucoup de choses écoutées ces derniers temps. Demdike Stare ou Vatican Shadow entre autres. Sand Circles devrait également ravir les fans d' Andy Stott , Holy Other et enfin, des grands Boards of Canada. Avec la musique de Sand Circles regardons-nous un futur angoissant ou un présent bien triste? Ou peut-être bien que le futur tant craint et imaginé par le passé est devenu tout simplement notre présent. Ce sentiment inspiré par Sand Circles d' étouffement dans un monde urbain déshumanisé et finalement inhospitalier , ne l' a-t-on pas déjà rencontré autrefois dans la musique et le cinéma? Et pour en finir toujours au son de Sand Circles avec mes dissertations philosophiques de comptoir sur la fin du monde je vais vous faire part d' une petite question qui me turlupine depuis quelques jours? Je me demande juste pourquoi quand ils imaginent l' apocalypse les gens ne peuvent pas s' empêcher de convoquer quasi-systématiquement dans leurs fantasmes les martiens, les astéroïdes, les volcans, les Tsunamis, les bon vieux dinosaures ou encore Gérard Depardieu. Bref, que des trucs pas vraiment d' origine humaine et qui ont la qualité essentielle d' en jeter plein les mirettes dans les multiplexes de cinéma. Parce qu' en vérité...N' as-t-on pas déjà connu ,dans une certaine mesure, la fin de l' humanité? L' équivalent d'un début d' apocalypse ? Et en matière d' apocalypse, l' homme n' a pas franchement eu besoin des cataclysmes imaginaire cités plus haut. Il s'est suffit à lui même.
- BEST OF 2012
TOP ALBUM JULIA HOLTER Ekstasis HOLY OTHER Held ANDY STOTT Luxury problems LAUREL HALO Quarantine JAM CITY Classical Curves (Oublié à la création de ce top, rajouté quelques semaines plus tard, explications ici) ACTRESS R.I.P CHROMATICS Kill for love DJ RASHAD Teklife vol.1 DEAN BLUNT & INGA COPELAND Black is beautiful RAIME Quarter turns over a living line 11. DEMDIKE STARE Elemental 12. HOLY HERNDON Movement 13. TRAXMAN Da mind of Traxman 14. VESSEL Order of noise 15. GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR Allelujah ! Don'st bend ! Ascend! 16. TAME IMPALA Lonerism 17. BEACH HOUSE Bloom 18. MARIA MINERVA Will happiness find me ? 19. PRINCE RAMA Top 10 hits of the end of the world 20. ARIEL PINK'S HAUNTED GRAFFITI Mature themes 21. DEATH GRIPS The money store 22. DIRTY PROJECTORS Swing lo Magellan 23. THE CARETAKER Patience (After Sebald) 24. THE SLAVES Spirits of the sun 25. FLYING LOTUS Until quiet comes 26. SCOTT WALKER Bish bosch 27. JAMES FERRARO Sushi 28. LOWER DENS Nootropics 29. MOUNT EERIE Clear moon 30. GATEKEEPER Exo 31. EVIAN CHRIST Kings & them 32. GRIZZLY BEARS Shields & LIARS Wixiw 33. SWANS The seer & 34. EMERALDS Just ti feel everything 35. GROUP RHODA Out of time - out of touch 36. LOTUS PLAZA Spooky action at the distance 37. TWIN SHADOW Confess 38. VATICAN SHADOW Kneel before religious icons 39. AARON DILLOWAY Modern Jester 40. GLACIAL On jones beach 41. PURITY RING Shrines 42. CARTER, TUTTI, VOID Transverse 43. SAND CIRCLES Motor city 44. BLUES CONTROL Valley tangents 45. SPIRITUALIZED Sweet heart, sweet light 46. ECHO LAKE Wild peace 47. ITAL Hive mind 48. ITAL TEK Nebula dance 49. SUN ARAW, M GEDDES GENGRAS MEET CONGO 50. OUTER SPACE Akashic records (events: 1986-1990) Remplaçants BLANCHE BLANCHE BLANCHE Wink with both eyes SILENT SERVANT Negative Fascination FRANK OCEAN Channel orange TOP 15 Ep's : 1. Burial "Kindred 2. Pete Swanson "Pro Style" 3. ARCA Stretch 1 & 2 4.King Félix "Spring" 5. Zebra Katz "Ima Read" 6. Jonas Reinhardt "Foam Fangs" 7. TNGHT "Tnght" 8. Daniel Rossen "Silent hour" 9. Summer Flake "éponyme" 10. Tropic of cancer "Permissions of love" 11. Carlos Giffoni "Evidence" 12. Aluna George "You know you like it" 13. SND/NHK "Split" 14. Fatima Al Qadiri "Desert strike" 15. Kerity "Twin systems" TOP 20 REEDITION : Certains étaient connus et d' autres beaucoup moins mais, et particulièrement pour ces derniers, ils nous ont bluffé pour leurs qualités et aussi pour l' énorme influence qu'ils ont eu sur certains artistes de la scène actuelle adorés par ici. Si vous avez aimé les artistes 2012 ou autres indiqués entre parenthèse alors vous feriez bien d' écouter ces disques réédités cette année. LAURIE SPIEGLER The expanding Universe (Actress) DAVID LYNCH / ALAN SPLET Eraserhead JOHN MAUS A collection of rarities & previously unreleased material FRANCIS BEBEY African electronic music 1975-1982 (Dj Mujava) THE DURUTTI COLUMN Short stories for Pauline (Rangers,Diiv) IKE YARD A second (Andy Stott, Demdike Stare, Kode9) R STEVIE MOORE Lo fi hi fives...a kind of best of (Ariel Pink, Ferraro, Maria Minerva) VARIOUS ARTISTS Personal space : electronic soul 1974-84 (Rustie, Dam Funk, Flying Lotus) SENSATIONS ' FIX Music is painting in the air (Sonic Youth, Flying Saucer Attack, Spacemen 3) ONEOHTRIX POINT NEVER Rifts (Laurel Halo) CLEANERS FROM VENUS Box set vol.1 (Ariel Pink, John Maus, MGMT) SLEEP Dopesmoker WILLIAM BASINSKI The desintegration Loops VAN DYKE PARKS Song cyrcle MONOTON monotonprodukt07 (toute la musique electro depuis 1982) A.R KANE Complete singles collection ( Du shoegaze à la musique pour dancefloor , bref les trois quarts des trucs que l'on écoute. ESSENTIEL ! PAULINE OLIVEROS Reverberations: tape & electronic music 1961-1970 (Laurel Halo, Holly Herndon) MY BLOODY VALENTINE EP's 1988-1991 THIS MORTAL COIL Blood (Grouper, Julia Holter, Grimes) BLUE NILE Hats (Twin Shadow, Destroyer) Top 5 des véssies passées pour des lanternes via une presse aux abois trop dépendante d'une industrie discographique has-been: BRETON LANA DEL REY LOU DOILLON HANNI EL KATHIB Et enfin et surtout ALT-J. Ce groupe anglais nouvellement apparu va truster en Europe les classements de fin d' années et jouit particulièrement en France d'un certain succés critique et populaire(à l' échelle indie bien sûr). Il résume à lui seul tout ce qui clochent. Un groupe sans réellement de personnalité qui a la qualité essentielle (aux yeux de l' industrie et des médias) de produire une musique faussement expérimentale particulièrement passe-partout donc ... vendable. On nous dit que ces anglais osent produire une musique courageuse artistiquement et populaire à la fois et que du coup leur simple existence passe pour un miracle.Si je vous dis qu'il y a de ça trente ans un "VRAI" miracle de la sorte eut lieu me croiriez-vous? . Qu' en 1982 une musique bien plus exigeante et originale que celle délivrée par les ennuyeux Alt-J cartonna. Que cette "VRAIE" musique d' avant-garde toucha tellement le grand public qu'elle se retrouva classée deuxième du top des ventes des singles en Grande Bretagne. En résumé qu'il faut césser de prendre le public pour des débiles imperméables à toute sorte d' expérimentation et qu' à force d' agir ainsi ils vont réellement le faire devenir ainsi. Ecoutez Alt-J puis ce qui suit et vous comprendrez à quel point on y a perdu avec le temps. TOP 5 DÉCEPTIONS: On y a cru puis ce fut la douche froide. Peut-être en attendait-on trop? THE SOFT MOON LIGHT ASYLUM TEENGIRL FANTASY DAN DEACON ANIMAL COLLECTIVE TOP LABEL: TRI ANGLE (Vessel, Holy Other, Evian Christ,Balam Acab, Aluna George, Clams Casino) RVNG Intl (Holly Herndon, Julia Holter, Blondes, Sun Araw gendras & the Congos, la série FRKWYS) NOT NOT FUN /100% Silk(Sand Circle, Maria Minerva, LA Vampire,Rangers, Ensemble Economique, Holy Strays) HYPERDUB (Laurel Halo, Burial ) TYPE (Pete Swanson, Zelienople,Vatican Shadow, Sylvain Chauveau) SOFT WARE (Blanck Mass, Daniel Lopatin, Oneohtrix Point Never, Autre ne veut) HYPPOS IN TANKS (Gatekeeper, James Ferraro, Outer Limitz, Ngunzungu,Sleep Over) TOP 3 DES FAILLES SPATIO-TEMPORELLES: Ils sont jeunes et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2012! JESSICA PRATT éponyme Si les voix féminines folks des 60's vous touchent au plus profond de votre âme (Karen Dalton, Vashti Bunyan, Linda Perhacs) et que vous voulez savoir ce qu'est le vrai folk justement c'est avec elle que ça se passe. Je ne parle pas bien sûr de ce folk light et consumériste que les inrocks vous refourguent sans cesse pour les apéritifs dînatoire de bobos. Je vous parle de ce folk brut et pas caricatural pour deux sous. Un digne héritier d'un Nick Drake par exemple. JAKE BUGG éponyme On en a écouté des Lads anglais fiers de leur héritage musical national. Des petits branleurs british qui n' ont que deux solutions pour s' en s DES ortir dans la vie : le foot ou la musique. Des Small Faces à Oasis en passant par Paul Weller(The Jam) Dancing with the Noise est totalement dépendant de ces petits miracles de la culture populaire à la sauce anglaise. Avec ce jeunot de 18 ans on s' attaque au lourd (Beatles, Rolling Stones) mais à la différence d'un Nono Gallager (trop fan des bourins de Slade) Jake Bugg a écouté aussi d' autres vieilleries moins "working class", Donovan & Dylan. Normal que DWTN accroche malgré lui à ce truc très revivaliste. DWTN est quelqu'un qui a vu sa vie changer à tout jamais le jour où il tomba sur le "There she goes" des LA's. Et des LA's justement, Jake Bugg en est un parfait équivalent question mélodiste de génie en 2012. TY SEGALL BAND Slaughterhouse & Twins . Ce type hyperproductif est l' artiste indie américains le plus talentueux de sa génération. Quelqu'un pourrait-il lui faire écouter Aphex Twin? Juste histoire qu'il s'en imprègne un peu pour sortir du carcan rock-indie à guitare 90's et révolutionner ainsi la musique.
- En passant : Daniel Lopatin & Tim Hecker & ...Clinic
Double actualité pour le grand David Lopatin (Oneohtrix Point Never) puisque sortent ces jours-ci deux de ses nombreuses collaborations. La première, la plus réussie, est à découvrir sur le disque "Instrumental Tourist". Quand les deux mecs auteurs de deux des réussites de 2011 s' unissent ça ne peut qu'être intéressant. Lopatin ("Returnal" sous le pseudo d' Oneohtrix) et l' autre grand des musiques ambiant/drone, Tim Hecker ("Ravedeath 1972"). Si j' ai souvent parlé de Daniel Lopatin je ne vous conseille que fortement de goûter à la musique abstraite et éprise d'une totale liberté d' Hecker. Je l' oublie trop souvent ce diable d' Hecker. D' après le communiqué de presse l' objectif était de faire se confronter les deux univers très particuliers des deux hommes sous la forme d'une improvisation digne du free-jazz sans un réel travail de préparation à l' avance. On reconnaît très bien la patte de chacun de ses auteurs sur les titres. La méticulosité minimaliste faite du croisement de sons organiques avec l' art numérique coté Hecker et les nappes planantes plus lyrique et spacieuse d'un Lopatin. C' est un vrai plaisir. Un disque que l'on peut réécouter vitam eternam sans se lasser . Parfois même, on se surprend à fantasmer d'un concert commun à l'intérieur d'une magnifique cathédrale tellement l' endroit se prêterait au sentiment de plénitude et de recueillement qui se dégage de cette musique. Certes certains peuvent rester sur leur faim mais plus j' écoute cet album et plus je constate deux faits. Primo l' explication de cette probable déception, l' annonce de cet "dream team" des temps actuels a provoqué une excitation tellement forte qu'elle est capable de fausser l' appréciation de ce disque à sa juste mesure et de vous faire passer à coté de ce qui se trame, le futur! Secundo, il ne faut pas résumer ce disque qu 'au fait qu'il est le fruit de l' association de deux noms synonyme de " grand talent", ce disque est à écouter absolu pour lui même. Parce qu' à l' intérieur de chaque titre de ce disque se profilent probablement des idées que l'on va retrouver dans les futurs chef-d' œuvres que seront immanquablement les disque solos de ces deux génies. Autre collaboration pour Lopatin, son rôle de producteur des vénérables anciens du rock indie, Clinic. La patte de l' américain se fait moins reconnaissable au premier abord mais pour les connaisseurs des oeuvres passés des Liverpuldiens la différence et leur évolution sous l'influence de Lopatin saute aux yeux. Peut-être pas leur meilleur album mais probablement celui où ils font le plus preuve d' audace et où l'urgence a fait place aux divagation et à la réflexion. Moins direct et percutant que les précédents "FreeReign" c' est du Clinic qui a fumé de l' herbe en écoutant de la Kosmicshmusic ou l' ambient de Brian Eno. Plus que correcte pour un groupe qui avait tendance à se répéter un peu trop mais toujours grande classe.
- En passant : Holly Herndon (suite), la révélation.
Retour sur ce qui restera comme la révélation 2012. Premier album et claque absolue. Holly Herndon ne fait pas dans la demie mesure. C'est avec un fantastique toupet que cette originaire de San Francisco tente de réconcilier deux mondes séparés depuis des lustres. Dans mon premier post sur l' américaine je racontais ne pas en savoir grand chose. Tel une épidémie son nom est depuis apparu à travers toute la blogosphère mondiale et elle s' est enfin dévoilée dans quelques interviews. Même Pitchfork s'est raccroché de justesse au wagon et après un article très léger les fans de Maria Minerva et Laurel Halo (artistes quasi ignorées par le site américains) guettent avec attention la chronique de l'album d' Herndon. Comprenez, vont-ils enfin mettre sur un vrai pied d' estale et porter un éclairage médiatique tant justifié et réel sur une artiste mélangeant sans complexes "musiques savantes" & pop music? Les mêmes avantages dont bénéficient sans arrêt des dizaines d' artistes étiqueté du vicieux label "best new muscic" que certains leur attribue un peu trop rapidement sans tenir compte de leur très faible sens de l' expérimentation (une musique au final bonne mais absolument pas révolutionnaire car trop souvent déjà vue)? Bref, Holly Herndon aura-t-elle droit à l' abattage médiatique des Billy Ocean, DIIV,Grizzly Bear et autres Passion Pit? Je disais du dernier Ital-tek qu'il était un de ces albums qui résumaient parfaitement l' année écoulée. Le "Movement" d ' Herndon en est un autre avec sa volonté affirmée d' afficher la passion pour l' expérimental et les musiques plus "facile" d' accès. L' écoute de l' album est très révélateur de sa volonté de casser les cloisons entraînant le surplace de la pop musique actuelle. "Movement" est une alternance des différents penchant de la dame et aussi des passions que DWTN tente de faire partager. Pourquoi une setlist d'un mix ne contiendrait-elle pas une tuerie indie-pop et un bout de La Monte Young encadrant un titre shoegaze sur une rythmique électro et qu'il finirait par du Holy Other mélangé à de la musique concrète? L'album commence ("Terminal") avec un travail des voix rappelant fortement ceux Julia Holter et Laurel Halo , l' accompagnement électronique épuré est très proche de celui d'un Actress. Déboule ensuite le coté dancefloor d' Herndon, "Fade" avec ses voix échappées de la witch-house et du label Tri-angle. Grouper et Julianna Barwick balancées sur une piste de danse. Le néophyte pourra se permettre de citer les suédois de The Kniffe et on ne lui en voudra pas. "Breathe" reprend ensuite la face expérimental avec des gémissements simulant une aspiration difficile. Quelqu'un est-il en train d' agoniser en s' étouffant ? On se remémore alors très bien les gémissements émis par l' acteur Ed Harris dans le film "Abyss" quand ce dernier après avoir respirer un composant ressemblant au liquide amniotique reprend difficilement contact avec l' air ambiant. Retour à la vie ou tout simplement naissance comme celle du nouveau-né. Le moment de bravoure que sont les deux titres suivants arrive enfin. Là aussi beaucoup de Laurel Halo dans la première partie du diptyque qu' est Control and/Movement et toujours ces voix venues des entrailles.Le terrain est à présent préparée pour la montée en puissance qu'est la fin de ce sacré diptyque. Une boucle de sample " acid house" nous servira de guide. Nous étions au fond des océans avec Ed Harris dans un temple extra-terrestre et nous voilà d'un coup les bras au ciel en plein dancefloor. La vie enfin. Des sons inhabituels (les voix trafiquées) dans la dance et la pop mêlées à des rythme typiques du dancefloor? Ne pourrait-on pas y voir un cousinage avec les dernières oeuvres du grand Pete Swanson ? "Dilato" fruit de travail "académique" clôture l' album. Le terme " académique" est à sa juste place puisque beaucoup des matériaux de l'album ont été réalisé à l' occasion des hautes études en musique électronique d' Holly Herndon. Et ici aussi on entrevoit tout le travail de réconciliation entre deux mondes de la musique, l' académisme des musiques savantes et l' hédonisme des pistes de danse et la pop. Pendant ses études elle déposa ses valises du coté de Berlin et y officia comme Dj. Le jour c' était Stockhausen et le soir Ellen Alien. Holly Herndon : "Je pense qu'il y a eu une séparation dans le passé, mais c'est quelque chose que j'essaie de concilier, et je suis en train de brouiller les lignes de plus en plus.(...) Ce n'est pas nécessairement une décision consciente quand je m'assois pour composer, mais c'est certainement quelque chose pour laquelle j'ai lutté dans le passé , en essayant de trouver un moyen pour que ces choses vivent côte à côte, parce que je ne pense pas qu' elles doivent être aussi séparées. " Et pour cela il a du lui en falloir du courage pour affronter certaines idées fausses qui ont la vie dure, du coup certains mots peuvent provoquer les réac de tout poil des deux camps : ""Le portable (l'ordinateur) peut faire des choses qu'aucun autre instrument n'a jamais été en mesure de le faire, et je pense aussi que c'est l'instrument le plus personnel que le monde ait jamais vu". Combien sont-ils a vouloir ainsi abolir les frontières de leur différentes passions de la musique? A le faire réellement sans que cela ne se révèle n' être qu'un posture non suivie dans les actes? Actress, Halo bien sûr mais aussi Daniel Lopatin, Vessel, Maria Minerva et tant d' autres abordé dans ce blog. A la différence d' Halo et d' Actress, la belle Holly Herndon tente avec "Movement" d' allier le cerveau avec notre corps d'une façon moins subtile mais celà se révèle tout autant efficace. Si Herndon reconnaît pourtant que cela peut déstabiliser elle pense également aussi que l' aspect "coq à l' âne" de "Movement" est fort adapté à sa vision et à sa façon d' appréhender la musique. "Et dans un sens, je pense que c'est un peu risqué, car il est toujours demander à l'auditeur de changer de vitesse, assez spectaculairement, mais c'était la seule façon pour pouvoir vraiment communiquer mon esthétique et mon goût". Par la suite elle explique que le public peut gérer ses changements de style musicaux par ses nouvelles aptitudes en matière d' adaptation acquises avec l' ère du tout numérique et l' utilisation d' internet. Autre sujet maintes fois abordé ici même. En résumé Holly Herndon est bien l'une de ces artistes apparus depuis deux ou trois ans qui nous réconfortent dans l' espoir que nous nourrissons, que la musique reprenne sa marche en avant en quête de la "vrai" nouveauté. Cela passe par une débauche de curiosités , une ouverture d' esprit et un courage artistique rares, qualités présentes ici et fort contagieuses à l' écoute de cette claque futuriste. Un album réussi et résolument tourné vers l' avenir.
- En passant : James Ferraro n'aime pas les sushis.
L' empêcheur de tourner en rond effectue son grand retour avec "Sushi". Moins d'un an après "Silica Gel" sorti sous le pseudo de Bodyguard, aidé d' une tête déjà croisée dans le petit monde Vaporwave/Hypnagogic Pop en la personne de Sean Bowie aka Teams, le virage stylistique déjà amorcé avec "Far Side Virtual" continue. Donc, terminé le travail sur les sons et la nostalgie des 80's. La critique du consumérisme toujours présente dans ses oeuvres se fait parfois moins clair et j' avoue qu'à l' écoute de "Sushi" certaines pistes de lecture de sa recherche artistique ont pu m' échapper mais cet album se révèle tout autant passionnant que ses prédécesseurs. La critique de la société de consommation actuelle et de la surabondance de biens qui en découle reste tout de même bien présente dans le travail de Ferraro. Prendre par exemple le nom de l'un des plats à succès fer de lance de la restauration rapide franchisée (bref comprenez bouffe de merde fabriquée selon un procédé industrielle) est un vrai symbole. Dans le même sens, ses textures sonores agressives et surchargées vous rappelleront les étales surchargées de couleurs aveuglantes de nos supermarchés. Tout comme son maître étalon Ariel Pink, le frisé à la veste en jean 80's continue de faire dans le recyclage des ordures ménagères de la pop musique. Ce coup-ci on a même droit aux Spice Girls. Outre les mégères anglaises des 90's Ferraro continue son pillage du R'n'b et le gangstarap, les deux styles conquérant de la même époque. Avec "Silica gel" en début d' année il avait réussi le tour de passe-passe de produire avec ses samples de cette musique trop souvent tape à l' œil et inoffensive des paysages urbains angoissant bien plus proche de la Witch House et de la Dark Ambient que du monde d'une Mariah Carey ou plus proche de 2012 d'une Lady Gaga. Il réédite cette exploit avec "Sushi" d'une manière plus fluide. Certains titres composés d' interventions sonores dissonantes et l' apparition de rythmes saccadés proche du 4 temps évoquera pour certains habitués de ce blog le footwork ou d' autres musique de danse issus des ghettos et des dancefloors. Bon de là à espérer que "Sushi" va se retrouver sur les pistes de danse de la planète il reste de la marge. La musique de Ferraro comme d' habitude n'est pas facile d' accès et ne rechercher avec elle que le pure plaisir auditif premier degré comme c'est le cas avec les trois quart de la production musicale risque de déboucher sur une bien mauvaise expérience. Mieux vaut ainsi évaluer le disque en tenant compte de la démarche artistique du bonhomme et de bien se mettre en tête que l'une des particularités à coté de laquelle il ne faut pas passer est son humour second degré omniprésent. Ferraro et son travail continue de nous interroger sur notre société, la musique et la passion que cette dernière alimente en nous et ainsi il nous offre sur un plateau bon nombre de pistes à explorer pour l' avenir.
- En passant: Holly Herndon
C'est la claque absolue. Holly Herndon qu'elle s'appelle. Je sais juste qu'elle poursuit actuellement un doctorat en informatique musicale, qu'elle est originaire du Tennessee et a effectué un séjour du coté de Berlin.C' est souvent de l'IDM minimaliste teintée de bruits industriels balancée sur un dancefloor via des sonorités house made in Detroit de la grande époque. Elle effectue un très gros travail sur sa voix et elle utilise pour celà des synthés de sa fabrication . Elle doit sortir son premier album via le label RVNG Intl le 12 Novembre mais vous pouvez d' hors et déjà découvrir cette beauté qu'est "Movement" ici. En attendant d'en savoir plus voici son single "Fade" et un travail sur le thème de l' automobile, endroit selon elle où on écoute le plus de musique.
- ANDY STOTT, ou Manchester sera toujours le Manchester de 1980.Ou celui de 1988 ... ou Bristol 1994?!
Le nom d' Andy Stott était depuis pas mal de temps sur toutes les lèvres dans le domaine électro-dub. L' an dernier il avait cueilli votre serviteur avec deux ep délivrant une espèce de Dub Techno aux couleurs indus vaporeuse et complexe. Le magnifique "Passed Me By" et "We stay Together" pouvant servir de remplaçant parfait pour aficionados Shoegaze frustrés perdu sur le dancefloor de 2011. Bien évidemment qu' une nouvelle fois la localisation de ce Dj/Producteur en rajoutait aux attentes de votre serviteur au vue de ma fixette personnel à tout ce qui a attrait ou provient de Manchester. Question d' éducation musicale et autre. Si 2011 a vu Andy Stott me cueillir alors 2012 le voit carrément me foutre une grosse raclée bien givrée. "Luxury Problems" est sorti le 29 octobre dernier et depuis ne cesse de squatter mes oreilles. Je pensais que le passionnant "RIP" d' Actress serait appelé a demeurer l' album de l' année en électro tant il tutoyait les sommets mais la dernière sortie du passionnant label Modern Love ,qui nous a déjà offert les terrifiques et géniaux Demdike Stare, va probablement se hisser plus haut. Mais avant de disséquer plus précisément ce monstre génétiquement modifié qu'est "Luxury Problem" il conviendrait de raconter le parcours sinueux et discret de l'un des producteurs les plus avant-gardistes et essentiels ces dernières années. Rapidement le brave Andy est devenu un dj et producteur réputé sur Manchester pour sa techno très minimal, une sorte de mix entre microhouse et Dub Techno. Mais à coté de cela, et ce qui explique après coup beaucoup de chose sur la folle liberté artistique du gars, Stott a joué en tant que bassiste dans des formations post-punk. Donc une salvatrice tendance à la curiosité et à l' ouverture d' esprit. Dès 2006 il publie son premier album dans cette vaine,"Merciless". Son premier et unique label jusqu'à présent sera donc Modern Love également de Manchester et ceci a son importance tant ce label va concentrer les talents novateurs mancuniens de l' époque. Quand Stott signe chez ces anciens salariés d'une boutique de disque (Pelicanneck devenu Boomkat) il y fait la rencontre de l'autre grand génie du label, Miles Whittaker aka Miles et moitié des tout aussi géniaux Demdike Stare. Ces deux là vont devenir les booster de la fusée Modern Love. Une fusée à tête chercheuse, autant capable de creuser le passé pour déterrer un sacré combustible par leur penchant hauntologique. Velléités hauntologique très utiles au décollage afin d' explorer les territoires inconnus et vastes de l'univers électro. Tout va y passer.Dark ambient, dub, drone, drum & bass, microhouse, dub techno, industrial etc etc. Sous les pseudos rigolo de Millie & Andrea Stott et Wittaker vont se confronter à cette bonne vielle Jungle, au breakbeat, l'UK Bass, le trap et même, même le papa du footwork, le juke. Alors bien sûr aux cotés de Whittaker et de son confrêre Sean Canty des Demdike Stare, puis plus tard de leur pote à tous, le maître incontesté de l' Hauntologique, Sir Leyland Kirby avec son projet The Stranger (en plus des Caretacker), comment voulez-vous messieurs & mesdames que Stott ne prenne pas la tangente pour l' inconnu. Et l' inconnu va être découvert par Stott au moment de son premier virage artistique. Et quel virage! En 2011 déboulent deux ep's en à peine 6 mois qui vont emporter tout sur leur passage. "Passed Me By" et "We stay Together" voient ANdy Stott s' échapper du peloton Dub Techno qui commençait sérieusement à lézarder sur la route de l' évolution quitte à tomber dans l' auto-complaisance typique des genres en passe de s' éteindre en terme d' innovation. "Passed Me By" et "We stay Together" offre une musique bien plus personnelle et étrange. Stott ralentissait les BPM et usait de techniques Lo-Fi et l' auditeur de découvrir une forme préhistorique mais provenant du futur. Sous forte influence du "Splazsh" d' Actress Andy Stott donnait l' impression de plonger le dancefloor dans les tréfonds tout en engourdissant les danseurs par de fortes doses d' une potion qu' il venait d' inventer. Un an donc après ce chamboulement Stott allait-il poursuivre sa course folle à l' innovation ou marquer un temps d' arrêt et labourer les même terres que celles découvertes avec "Passed Me By" et "We stay Together"? Non. "Luxury Problems" est bel et bien un grand pas en avant. Commençons par une évidence pour tout bon Manchester addict. Manchester quelque soit l' année sera toujours le Manchester de 1980. On ne peut s' empêcher tout au long des 8 titres de penser à l' air glaciale et novateur qui venant du cimetière hébergeant Ian Curtis balayait les rues mancuniennes vers 1980 pour s' engouffrer dans les bureaux de Factory Records. Et Pas seulement. Ce qui était un petit courant d' air sur "Passed Me By"/ "We stay Together" devient un grand coup de vent. Avec "Luxury Problems" Stott se le fait sien ce coup de vent glacial et le souffle dans l' Hacienda de 1988 désertée. A moins que Stott l' ai plongé dans un océan sonore ou flotte les pensées moroses et déchirantes de Curtis avec les corps des danseurs désarticulés tel des fantômes de l' été 88. Des souvenirs Indus de la cité du "North" et des 70's sont filtrés comme jamais et ils semblent avoir été enfermés dans les cloisons et les fondations du club haut lieu de Madchester et de l' expansion de la culture Dancefloor. Stott semblent les avoir écouter et repéré pour les recracher et jouer avec sur le Dancefloor. A la fois sombre avec ses atmosphères offrant une étrange impression d' éclat élégant et blafard, ce disque offre de grands espace étonnamment. Alternant entre le Downtempo et des accélérations bienvenues ce disque révèle une belle et petite nouveauté dans la musique de Stott. La voix irréelle et magnifique d' une certaine Alison Skidmore. Alors qu' il était difficile d' y penser à part l' élément Dub sur les deux ep's mais l' ajout de cette voix évoque irrémédiablement Bristol 1994!!! Oui le Trip Hop tant moqué injustement de nos jours par certains. Étrange impression de retrouver des Portishead s' étant plongé dans le "Mezzanine" Post Industriel des Massive Attack. A d' autres instant on s' aperçoit que Stott ne se contente pas de piller son héritage régional et qu' il a écouté bien d' autres chose comme certaines sensations Jungle ou rave sans parler de l'influence toujours plus grande de Burial sur la scène anglaise électro reboostée depuis. Avec tout ce que je vous ai écrit vous comprenez bien que vous soyez bizarrement nostalgico-gaga de Manchester, tant cette ville a toujours conjugué héritage et innovation (sauf avec les neuneus Oasis bien sûr), ou jeune fan avide du passé, du présent et du futur, que le dernier album d' Andy Stott est à peine sorti un classique essentiel en provenance de cette bonne vieille ville qui nous a déjà tant offert.
- En passant : Pete Swanson, le retour du futur.
L' essentiel Pete Swanson nous revient avec un nouvel ep passionnant dans la droite lignée de son fantastique "Man with Potentiel" de l' année dernière. L' innovant Swanson y continue son travail expérimental fruit de la rencontre entre la rythmique techno et la noise héritière de l' ancien groupe du bonhomme, Yellow Swans. Avec lui on regarde le futur et l' intitulé de ce blog ("Daning with the noise") prend tout son sens.
- En passant, Arca secoue le cocotier et les noix de coco de tomber sur les revivalistes.
Depuis que je me suis lancé dans ce blog en début d' année j' ai beaucoup parlé d' artistes qui m' avait charmé avant sa création. Histoire de partager les découvertes faites et totalement occultée dans les médias et sites classiques complètement à la ramasse. Aujourd' hui on va parler d' une claque absolue totalement inconnue il y a encore quelques semaines. Voir quelques jours. Le pseudo Arca depuis quelques mois était un nom repéré mais vraiment gravé dans ma mémoire. Un nom que j' oubliai assez vite après l' avoir lu dans des articles concernant des artistes bien connu par ici. Des artistes justement porteur de la nouveauté musicale tant recherchée et désirée. A mon retour de la route du rock j' avais quelques espoir (ici) dans ce festival en matière de défrichement musical. Bref malgré les revivals dont l'indie a tant la faiblesse de s' amouracher il y avait encore quelques artistes tentant de retrouver le chemin du futur et de chercher l' originalité. Willis Earl Bearl, Colin Stetson ou The XX et Savages d' une certaine manière. Oubliez tout ! Non pas que les artistes de la Route Du Rock 2012 défendus ne soient de gros réac mais en matière de vraie aventure sonore et de modernisme un type à peine connu a avec à peine deux ep sortis à quelques semaines d' intervalle mis la barre très haut. Pour ceux qui savent nous sommes plus ou moins face à la même intensité en matière de choc de la nouveauté qu' un "Loveless" ou la découverte d' un Aphex Twin. Son nom c' est Arca et je peine pour découvrir sa vraie identité. Tout juste si je sais à présent qu' il est vénézuélien . Mais si une chose est sûr c' est que ses deux ep "Stretch 1 & 2" sortis cette année m' ont ramassé à la petite cuillère. Sa musique semble venir de nul part même si on peut parler de Hip Hop mutant. Ses sonorités souvent électro évoque un "Far Side Vurtuel" de James Ferraro maltraité et il est pratiquement sûr que ce Arca a écouté Rustie. Peut être est-ce une hallucination auditive ou un producteur malin un brin vicieux, la suite nous le dira, mais une chose est sûr, il est plus que rafraîchissant de plonger dans cette musique aux contours et motivations étranges.
- En passant : Vessel & Trevor Horn, ZTT, Art of Noise.
Je sais très peu de chose sur Vessel sauf que je crève d' impatience pour son premier album prévu d' ici quelques jours. Je connais à peine une dizaine de titres mais une chose est sûr, la musique de ce type me rend tout chose et risque de faire parler d' elle . Un grand mystère entoure ce jeune anglais d' à peine 22 ans et l' attente est très grande sur la toile . Une compilation sortie l' an dernier et disséminée sur le net avait attiré mon attention. En plus y 'a des fois des noms qui interpellent et le sien rajoute encore plus de magie à l' ensemble. Seb Gainsborough qu'il se nomme. Je coupe court tout de suite aux mauvaises habitudes franchouillardes acquises ces dernier temps il ne s' agit pas d'un énième descendant opportuniste de la famille Gainsbourg/Birkin. On en est bien loin du reste. Le bonhomme appartient au collectif Young Echo de Bristol, sa ville d'origine. Pour décrire et trouver des équivalences dans le passé à ce que la découverte de la musique de Vessel peut faire ressentir et susciter certains journalistes british n' hésitent pas à citer uniquement de grands noms de l' électro.Autechre, LFO, Aphex Twin et les encore plus vieux Art Of Noise.Rien de moins. Cela peut porter à discussion à première vue mais c'est vrai que les oeuvres de Vessel donnent à l' instar des grands noms cités les même sensations fortes en matière d' innovation ,d' aventures sonores et de surprise. Bref avec lui comme du temps des autres on rentre de plein pied dans l' inconnu . La musique de Vessel peut bien sûr être identifiée. Une sorte de nouvelle IDM malaxant de la house, de la techno et du dubstep.La première écoute peut paraître difficile mais l 'aspect dansant vous raccroche aussi sec et plus on persiste plus l' inventivité et le talent de Vessel vous explose à la gueule. Signé sur les géniaux Tri Angle le jeune Bristolien et son univers me rappelle beaucoup son compagnon de label Holy Other. Même classe, même intransigeance artistique. Rappel sur l'un des plus importants labels de notre époque ici ! PS: Certains citent Art of Noise à propos de Vessel et du caractère novateur de sa production. C' est tiré par les cheveux mais comment ne pas reparler de cette claque auditive reçue entre l' enfance et l' adolescence qu' était Art Of Noise et surtout évoquer également les productions révolutionnaires de Trevor Horn avec Paul Morley au sein de leur label ZTT. Comment enfin et surtout ne pas vous raconter la fameuse anecdote concernant le Fairlight CMI avec lequel Trevor Horn a révolutionné la production pop dans les 80's. Trevor qui? Le Fairlight quoi? Le Fairlight CMI c' était ça: Et Trevor Horn le visionnaire c' était ça avant l' aventure ZTT Records: En fait le fairlight CMI ( Computer Music Instrument) était tout simplement le premier synthétiseur-échantillonneur polyphonique numérique et il permettait ainsi l' utilisation de samples dans la musique. A l' époque, c' était tout simplement révolutionnaire. D' autres avaient déjà utilisé au début des 80's ce joujou pour producteur mais son prix d' achat étant particulièrement onéreux pour les petits labels indépendants issus du post-punk il était donc plutot réservé aux grandes maisons de disques et aux artistes à succés déjà établis. Peter Gabriel par exemple s ' en était doté pour ses albums et ceux de Kate Bush. Rares étaient aussi les producteurs qui avaient compris tout le potentiel que ce nouvel outil pouvait apporter à la création musicale. En fait en Angleterre ils étaient deux au début des 80's à s' y intéresser de près. Trevor Horn et un autre producteur vivant dans le Nord du pays. Horn étant patron de son label ZTT il ne lui fut pas trop dur d' acquérir le Fairlight. L' autre type du Nord n' avait quant à lui pas cette chance n' ayant pas l' unique pouvoir décisionnel au sein de son label indépendant. D' autant plus que ses collaborateurs préféraient investir l' argent dans un tout autre projet, une salle de concert faisant aussi office de discothèque et de lieu de création vidéo. Le conflit généré par ce désaccord poussa le pauvre producteur du Nord hors du label alors qu' il avait pris une part importante avec ses idées novatrices dans l' ascension vers le succés du petit label. Trevor Horn utilisa donc le Fairlight pour la production de Art of Noise et il apparu assez évident que l'utilisation de l'instrument influença en grande partie la suite des travaux qui suivirent au sein de son label. Exemple : le "petit" tube révolutionnaire ci dessous . Et puis tant que j' y suis, faut que je vous avoue une passion difficile à assumer toujours en provenance de ZTT et qui a participé à mon éducation auditive. Mais au fait. vous voulez peut-être savoir qui était le producteur du Nord de L' Angleterre? Le pauvre type dont on se demande bien ce qu' il se serait passé s'il avait possédé le Fairlight CMI version 2 dès 1982 ? Il s' appelait Martin Hannett...son label c' était Factory et le fameux projet qui brisa ses rêves de producteur portait l'intitulé Fac 51. C' est à dire l' Haçienda, tout simplement.














