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  • CIRCUIT DES YEUX, nouveau titre prometteur

    On est en été mais déjà certaines annonces de sorties de disques donne envie que ça s' accélère. L'une des chouchoux du blog vient de faire très fort dans le genre. Haley Fhor aka Circuit des Yeux et Jackie Lynn vient de balancer un titre absolument addictif, "Paper Bag". Un début répétitif très proto électro façon Terry Riley puis sa voix toujours parfaitement assumé nous attrappe à la gorge pour ne plus la lacher. Accompagné d'une vidéo exaltée à l'image du morceau. A noter que la vidéo a été fait avec l' aide de US Girls, autre vieille connaissance du blog. Vite vite le temps pourri d' octobre! Circuit des Yeux dans DWTN ça avait commencé par là, puis ici et enfin là.

  • LORDE, le beau disque mainstream qui fout la honte à l' indie

    Il ya de ça 4 ans face tapage médiatique entourant le premier album de la Néo-Zélandaise le premier réflexe était de passer son chemin. Réflexe typique d' indie-boy grandi dans les 80's et les 90's, juste méfiant envers le mainstream. "Juste méfiant" j' ai écrit, pas fermé ni dédaigneux, ce qui le sépare du snob ou de l'élitiste comme on en croise que trop dans l'indie. Et puis un beau jour, entre les rayons conserve et gâteaux (fatalement), sa voix et son minimalisme m' avait touché en plein coeur. Ma bonne vieille manie de toujours "écouter" et non pas "subir" ou "mépriser" ce que diffuse les radios ou les centre commerciaux. De toujours espérer et croire en ce truc tout couillon, toute chanson d' où qu' elle vienne peut changer votre vie, alors pourquoi s' obstiner à ne scruter qu'un seule direction. Et tant pis si il vous semble que tout ce que je viens d' écrire tombe dans la caricature du critique qui se la joue "vous voyez, je ne suis pas si fermé que ça, j' écoute aussi les trucs des beaufs!" . De toute façon vous n' écouterez jamais ce disque parce que vous êtes sans le savoir déjà mort d'une certaine manière . Ou devenu très vieux trop tôt. Ou encore que la musique, "c'est pas votre truc!", tout simplement. Ou dans la posture etc etc... Sur "Mélodrama" il y a le titre qui fera tomber bien des masques obscènes décrits plus hauts. Pour certains le monde parait si simple même si ils passent leurs temps à afficher le contraire : "Les gens biens aiment Mercury Rev et l'indie , les gens moins bien aiment Lorde et la pop". Que vont-ils penser, faire, quand ils tomberont à leurs tours aux supermarket du coin sur ce "Liability". Chanté par Mercury Rev ou les Flaming Lips c' est une tuerie, par Lorde ce serait "fatalement" une niaiserie? Les similitudes qui trahissent bien des mensonges. Un autre, et pas le premier péquenaud venu avait vu en Lorde l' avenir de la musique, Bowie. Avec son deuxième album on s' aperçoit 4 ans plus tard que l' appréciation de la légende anglaise n' était pas du tout le fruit de son affaiblissement psychologique et physique qu'il devait déjà subir à l' époque. Lorde a le truc qu'il manquait tant à la pop depuis des lustres. Le truc que frôla en son temps Fiona Apple. Mais là où Apple semblait ne jamais réellement assumer ses penchants pop et mainstream Lorde y va franco sans le calculer. Ecouter Lorde c' est rencontrer une certaine forme de fragilité fascinante très râre bien sûr dans la pop commerciale mais également devenu précieuse là où on penserait la rencontrer systématiquement, l' indie music. Il y a chez Lorde quelque chose que je ne retrouve plus dans l'indie, qu' elle soit pop ou synthé. Alors que LCD System ou Arcade Fire envoient la grosse artillerie putassière, rétro et festivalière annonçant leur album à venir, où des vieux émotifs sentimentaux deviennent des caricatures (Granddady), que les jeunots tombent un à un dans le vintage pasticheur, ce disque de Lorde débarque et casse tous les préjugés. Pas besoin d' être ado boutonneux pour apprécier ce "Mélodrama", suffit juste de se rappeler de ce moment-là de notre vie. Lorde vous replonge à ce difficile instant de nos vies, le passage ado-adulte. Sa singularité minimaliste reste sa marque de fabrique dans la pop commerciale comme aussi après avoir traiter les inquiétudes et les affres adolescentes elle s' attaque à des choses que ses congénères grosses vendeuses délaissent, trouver sa place dans le monde adulte. Elle parle de concept album dont le thème est le rôle de la fête chez l' ado, l' avant et les espoirs qu' elle porte, le pendant et l' après avec le désespoir possible. Lorde dit aux gamins, "ça va peut être pas être la fiesta toute la vie" et se demande pourquoi ce machin tient une place prépondérante dans leurs vies, la sortie du week-end, la soirée de fin d' année. Elle l' explique si bien et si sobrement, "Je suis en feu!". Et il n'y a bien sûr ici pas que connotation sexuelle. Il y a donc tout ça dans ce disque, avouez que c' est un sacré morceau de vie. Le fond bien sûr mais aussi la manière. Et quelle manière. Avec des "chansonnettes" courageuses et bizarroides qui prouvent qu'il y a derrière la musique de Lorde pas qu' une simple réunion brainstorming de scribouillard sous les ordres des cyniques directeurs marketing en quête de l' argent de poche des mioches. A ce propos un des grands chieurs de tubes formatés, le gerbant Max Martin, après avoir collaboré pour le titre génial "Green Light" a parlé de : "un cas d'écriture de morceau incorrecte". Les mots employés par cet hideux personnages et son jugement à deux balles suffisent à faire office de médaille et de distinction, ce dont Lorde s' est empressée de raconter fièrement créant la colère du suédois. L' ambiance parait toujours mélencolique comme dans un rêve gothique/dark et en même temps ce disque est touffu de trouvailles et d' intrusions riches et variées. Disque de l'année, non, mais disque à prescrire à toutes personnes atteintes de snobisme, d' élitisme et de vieillissement précoce afin qu' elles retrouvent une chose en commun avec toutes les autres et qui sait, se déghetoïser.

  • RETRIEVAL, pépite shoegaze from... Sousse, Tunisie.

    Hier le site d' hébergement du blog m' annonce un nouveau message. Encore des gamins qui veulent que j' écrive sur leur groupe. Que je dise ce que je pense d' eux. Flute me dis-je, je ne suis pas le service après-vente ni le Saint Père du shoegaze (j'ai une quinzaine de message de ce genre par semaine). Le shoegaze... le talon d' achille de l'anti-revival que je suis. Mais ce coup-ci le message m'intrigua, par sa sobriété et l' absence totale de léchage de botte auquel on a droit en général quand on tient un blog. Mais aussi par son lieu d' origine et surtout par les références (les Lilys!!!Alcest!!!!!!!) . "Salut ! On est Retrieval, un groupe Tunisien, on est très influencés par des groupes de Shoegaze variés tel que Lilys, LSD and the Search of God et Ninth Paradise, et aussi par des groupes plutôt blackgaze comme Alcest et Les Discrets. On a sorti notre premier album qui était plutot un album de rock indé, mais on a toujours voulu faire un album shoegaze, alors on l'a fait, il s'appelle Sleep Cycle et il sortira le 21 Juillet." Et j' ai donc écouté et... boum Ils s' appellent Tima Savchenko et Omar Chouikha et nous viennent de Sousse, station touristique d' abord connu pour ses plages puis malheureusement à cause de la saloperie terroriste (attentat du 26 Juin 2015). Bien sûr que leur localisation mêlée à leur style musicale revendiqué amène à une senteur exotique teinté d' étrangeté chez ceux qui sont restés au 20ème siècle mais très vite les deux singles annonciateurs de leur prochain album renvoient au statut d' anecdote leurs origines. On va aussi éviter le couplet sur la mondialisation, une certaine démocratisation et sur la facilité d' accès en terme d'influence stylistique via internet (déjà fait mille fois par ici). On laissera aussi de côté tous les grognons un brin conformistes et réac avec leurs accusations d' uniformisation et d' occidentalisation, le lieu et le quotidien finissent toujours par avoir le dernier mot sur l' oeuvre du musicien. D' entrée c'est la production qui étonne, parfaite. A faire pâlir bon nombre de formations européennes et américaines. Ensuite "Sleep Cycle" et "Shut Down" dévoilent autre chose qu'un simple pastiche. Une précoce maîtrise dans le songwritting et le chant, quelques petites surprises et un amour réel et profond de ce genre. Le shoegaze est LEUR genre. Pas le truc récupéré à la va-vite pour cause de mode. Ils racontent s'être concentré sur l' enregistrement faute de pouvoir jouer live dans leur pays, bien leur en a pris. Vivement le 21 Juillet. https://www.facebook.com/Retrievaltn/ https://retrieval.bandcamp.com/

  • PENELOPE TRAPPES

    Quelques jours après la sortie du magnifique "Nektyr" par la mystérieuse Demen un autre disque à la beauté glaçante débarque pour nous ensorceler à nouveau. Et à l'instar du Demen il faut encore en appeler aux souvenirs dark de This Mortal Coil. Mais Peneloppe Trappes n' évoque pas seulement le catalogue du label britannique 4AD. Si vous voulez avoir une petite idée de ce à quoi ressemble son "Peneloppe One" alors il vous faut également imaginer un Scott Walker de ces 20 dernières années au féminin collaborant avec Demdike Stare ou tout autre électronicien adepte de l'effet sonore minimaliste et discret qui va tout changer. Si la dame évoque sa passion Nick Cave et que d' autres parlent d'un envoûtement vocal digne d'une Hope Sandoval écouter ce subtil assemblage d'un simple piano et d' effets efficaces lorgnant sur l' ambient ou le glitch peut nous amener très vite à celui similaire de HTRK. Comme chez les australiens Trappes dispose d' abord d'une sacrée palettes d' effets sonores suffisante pour rejeter toute accusation de superficialité via un maquillage électro expérimental facile. De plus elle possède un don certain pour composer des chansons minimalistes qui vous hérisse le poil. Si ses compositions et son style évoque ainsi les 80's de 4AD on peut aussi se retrouver face au classicisme d'un Cave ou d'une Kate Bush timide modernisé par ses trouvailles sonores. Toujours à la limite du déjà-vu et de la facilité elle évite ainsi les pièges dans lesquels sa première formation The Golden Filter était tombé avec son Freak Disco attachant mais franchement sans réelle originalité. Elle prend son temps et si il peut sembler que tout a été dit il y a toujours une surprise sous forme d' évasion instrumentale ou vocale. Sa première sortie en son propre nom offre une introspection à la fois très personnelle et sociétale. Si les sujets traités sont graves et si l' ambiance est plutot à l'intimité d'une pièce déserte et sombre Trappes délivre un disque précieux par sa singularité, sa puissance cachée et son immense potentiel de réconfort. Son auteur nous parle d'une musique abordant le fait d' être une femme et une mère nageant à contre courant dans un monde dystopique. Cette fan de l' artiste Cindy Sherman délaisse la surenchère de ses débuts et lorgne donc sur l' intimité du tout dernier Grouper ou d'une Carla Dal Forno. Que cette petite pépite venue de nul-part soit sortie chez le Optimo de Dj Switch n'est en rien une surprise tant ce dernier et ses compères nous avaient habitué aux trouvailles en tout genre dans leurs mixtapes et leurs disques compilatoires.

  • DOMINOWE, l' autre pépite Gqom

    Parmi la tripotée de jeunots mis en avant par l' Italien Nan Kolé sur ses compiles de Gqom Dominowe en fut incontestablement la grande révélation. Que ce soit sur l' inaugurale "Gqom Oh Vol.1" tout comme sur la mIxtape Woza. Oups ! ... j' oubliai! Petit rappel parce que certaines évidences semblent ne l' être que pour quelques un au vu de la déplorable couverture journalistique française concernant ce courant musical Sud Africain. Courant ô combien rafraîchissant et révolutionnaire qui passe totalement à la trappe en France. Si en effet le mot Gqom vous est inconnu et que pour vous Durban n' est juste synonyme que de Rugby, de la triste apartheid et des pathétiques Die Antwoord je vous conseille vivement d' aller voir par là, par ici et les classements de fin d' année du blog. Une fois les traditionnelles lacunes françaises réparées revenons à Dominowe. C 'est un gamin d' à peine 19 ans qui ne cesse de progresser à grande vitesse. A l' ombre de Citizen Boyz, Dj Lag ou RudeBoyz au moment de l' apparition de cette scène Dominowe se montra discret jusqu' au jour où il laissa échapper un cri. Un cri terrible. Un cri de guerre, de naissance, un symbole de vie et d' espoir. Un cri de femme venu d' Afrique qui devint au cours de 2016 l'un des gimmick préféré des dj et producteurs européens les plus talentueux et influent. Addison Groove, Low Jack, Logos, Mumdance,etc etc Tous craquèrent. Ce cri "primaire" devenu dans les mix et les dancefloor le signe de reconnaissance absolu pour ceux qui connaissent et le signal de la grande découverte pour ceux qui allaient avoir LA révélation divine du Dieu Gqom. Faut dire que Nan Kolé l' avait choyé en plaçant son "Africa's Cry" en premier titre de la désormais compile légendaire qu'il sorti il y a tout juste un an. Six mois plus tard Kolé remit une couche et Dominowe débutait donc une nouvelle compile avec un autre titre gigantesque de pure Gqom, "Darbuka Tribe" . Plus tard un de ses titres apparut même au sein d' une compile pour le sauvetage de Fabric. Donc Dominowe déboule avec un premier ep qui va encore démontrer toute la force et l'importance du Gqom. Cette espèce de relecture africaine de la house faite de trois bouts de ficelles mais tellement révolutionnaire qu' elle fait passer la plus part des dj et producteurs actuels de House et Techno pour de bon gros vieux bouffons pépères et conformistes. Je vous ai glissé une vidéo où le gamin nous parle de lui et du Gqom. Il y explique comment il s' est inspiré des dominos pour son nom et ce que cela implique sur sa musique. L' image pourrait tout aussi bien s' appliquer au Gqom. Un coup de doigt lancé de Durban et les dominos tombent les uns après autres via le net sur tous les dancefloor mondiaux. Semblerait que le domino français soit toujours placé en dernier.

  • CLUB CHAI Vol.1, le dancefloor ne s'en remettra pas !

    C 'est la bombe du jour. Que dis-je, la compile de ce début d' année pour bouger du cul et ...réfléchir, bref, militer pour un monde meilleur! Le nom circulait. Le fan de Fade To Mind, Arca, Janus et des attaques sonores politisées façon NON Worldwide voyait ce nom être cité, que dis-je, hurlé de plus en plus souvent. Du côté de San Francisco et plus particulièrement de sa Baie il se racontait qu' il s' en passait de bel. Un collectif y organisait des soirées sous couvert du pseudo de Club Chai. Des noms de Dj et de producteurs commencèrent à circuler. Lara Sarkisian aka Foozool, 8Ulentina, Esra Canoğullari. Il apparaissait que ces personnes revendiquaient haut et fort être un regroupement de femmes et de trans désirant écrire un récit diasporique. L' amoureux d' Elysia Crampton tendit l' oreille ! Il se débitait même qu' ils mettait le feu avec du Oneohtrix Point Never bidouillé et croisé avec des vieux trucs orientaux, tendance arméniens. Rien de plus normal finalement quand ils propagèrent leurs objectifs artistiques, fusionner l' orient avec les dancefloor occidentaux post-internet. La hype montait montait montait. Plus les extraits filtrait et plus elle se révélait justifiée. En allant sur le soundcloud de Lara Sarkisian j' avais par instant l' impression jouissive de me retrouver face à la belle Kablam mixant avec Ash Koosha. Ou un machin de ce genre. 8Ulentina n' était pas en reste et attira le chaland fan de Chino Amobi et Dedekind Cut en les insérant dans une mixtape pour Truants. Mais à part des titres éparses, des mix plus ou moins trop frustrant, il nous fallait du costaud, du dure de dure. Quelque chose de suffisamment solide dans la forme et la longueur pour le partager sans que cela passe à la trappe parmi la multitude de stimulis musicaux parasiteux que le net et les médias nous balancent chaque jour. Club Chai Vol.1 tient toutes les promesses, les déclarations d'intention et surtout se révèle être le bordel absolu d' idées géniales et de métissage que l'on espérait. Un métissage implacable, hyper diversifié mais aussi à la ligne directrice affirmée et droite. La cohérence est là, chose pas si aisée dans l' art de la compile. L' ennuie inexistant tellement on rebondit d'un genre à un autre. La répétition et la niche stylistique en sont absentes. Post-club, footwork, post-internet, Uk Bass, Lisbonne, électro, idm tout ce que l'on imaginer en terme de dancefloor/dancehall du futur sans que celà devienne un fourre-tout indigeste. La plus part des noms sont inconnus et viennent d'un peu partout. Au delà du collectif et de la Baie de San Francisco. Des australiens, des têtes connu aussi tel Moro de NON Worlwide et j'en passe. Jetez-vous dessus. Vous n' allez pas vous en remettre! Et la house bourgeoise kilométrique et le dancefloor nostalgico-passéiste, oubliés!

  • Bing & Ruth, encore un petit chef-d' oeuvre!

    Le big boss de l' ambient rencontrant néo classique revient avec son ensemble et c' est une bonne occasion de se repencher sur son projet Bing & Ruth. Trois ans après "Tomorrow Was The Golden Age" (18ème du top DWTN 2014) va-t-on retrouver justement cette sensation d' âge d' or dont sont imprégnés mes souvenirs des instants de sa découverte? Il semble que David Moore n' a pas voulu changé sa recette miracle. L' ensemble semble avoir très peu changé dans sa composition, contre-basse, violoncelle, clarinette et un spécialiste des enregistrements sur bande et de leur bidouillage. A y écouter de plus près pourtant certaines sonorités semblent cependant provenir d'une bonne vieille guitare électrique. Le truc le plus important c' est que le futur "No Home of the Mind" ne sortira pas chez RVNG Intl. (Blondes, The Body, Stellar Om Source) comme le précédent mais chez 4AD qui leur a donc encore piqué un artiste après Holly Herndon. Remarquez ils ont raison parce que niveau découverte par eux même entre les passéistes The Lemon Twigs, les indolores Methyl Ethel et Sohn on ne peut pas vraiment dire qu' ils font dans la formation de talent maison mais plutot dans l' achat peu risqué de produit fini (Herndon). Bref, avec Bing & Ruth chez 4AD devait-on s' attendre à quelques compromissions de leur part ou un début de melon? Quand on connait la trajectoire de l' ensemble depuis ses débuts il n' y avait rien à craindre. Lisez les interviews passionnante de Moore au sujet de leurs premiers concert et l' indifférence rencontrée chez eux (New york) en pleine suprématie dance-post-punk- rétro-gaga du gros James Murphy avec son LCD. Intégrité absolue, il en fallait, et simplicité totale aussi. Troisième album après le succès critique du second et l' éclairage médiatique qui s' en est suivi et toujours les même manières modestes. La même sobriété au service d'une magie pas tape à l' oeil. Chez Bing & Ruth ce qui saute aux oreilles c' est qu' ils ne la ramènent jamais. Pas du style à se la jouer "je viens du classique et je suis un virtuose". Aucun stéréotype et de suffisance dans la composition. Pas de boursouflure salopant cette série de suites somptueuses et revigorantes. Bing & Ruth navigue au grès des brises entre les silences, les harmonies microtonales et des montées sonores très lentes mais toujours très prégnantes. Rien de très compliqué dans ce piano ou devrais-je dire ces pianos selon les dires de Moore (l' album aurait été enregistrés avec pas moins de 17 exemplaires!!!). Agissant par petite touche impressionniste Moore réussit une nouvelle fois à sortir de ses instruments une magnifique musique sereine et méditative. Une musique si engageante que toutes appréhensions sur le courant néo-classique et l' ambient (la peur de l'ennuie par exemple) sont évacuées. Certains motifs répétitifs et le minimalisme évoquent Steve Reich ou Glass évidemment mais pas seulement. L' ombre du grand et méconnu Gavin Bryans plane (écoutez au moins une fois dans votre vie son "The Sinking of the Titanic"). Mais celles aussi de Morton Feldman pour le néo-classique , Brian Eno et Stars Of The lid pour l' ambient. Plus prôche de nous il faut bien sûr rapprocher Max Richter et Nils Frahm. En écrivant cette chronique je suis même tombé sur un rapprochement un brin saugrenu mais pourtant totalement justifiable par les émotions ressenties face à Bing & Ruth. Sur un forum un type a écrit à un autre pour décrire cette belle musique ceci : "C'est comme du Mogwai ou GodSpeed mais qu' avec du piano et sans guitares" Superbe arguments pour motiver les fans des deux groupes nommés tellement les effets procurés par le dernier Bing & Ruth sont dans un sens équivalents. Petits rappels essentiels du précédent:

  • JLIN, footwork version acoustique.

    Enfin voilà du solide! Jlin la déesse du footwork qui doit revenir en ce début 2017 avec le ep Dark Lotus vient de balancer un putain de titre monstrueux. “Nyakinyua Rise” confirme tout le bien que l'on pense d' elle depuis ses débuts (voir par ici ou par là et sans parler de son classement dans le top DWTN 2015) . Non seulement elle est revenue en grande forme après le précédent ep "Free Fall" un brin décevant (toutes proportions gardées bien sûr) et, surtout, elle va encore plus loin! Malgré certains de ses dires sur les réseaux sociaux cela reste du footwork mais là où elle ne mentait pas c' est qu'il s' agit bien d'un footwork mutant. Ou devrais-je dire un footwork acoustique aux forte senteurs africaines. Comme d' habitude on se retrouve entre le footwork d' origine et autre chose... Ce petit quelque chose qu'elle cultive depuis son apparition sur la compile légendaire Bangs & Works et qui n' appartient qu'à elle comme l' illustre parfaitement le "son Jlin". Une production hyper propre développant des sculptures sonores chimériques au très fort potentiel émouvant. Il va être difficile de patienter jusqu' aù 10 Février et la sortie du single 2 titres (donc un inédit) et encore plus dur jusqu'en été , date annoncée pour son deuxième album.

  • GABOR LAZAR encode la rave du futur.

    Si il y a un truc qui m' épate régulièrement en musique c' est bien ce qu'il se passe dans une certaine électro-expérimentale jugée "complexe" depuis quelques semaines. En résumé quand un courant, une scène ou juste une bande d' ami plus ou moins inconnus sortent tour à tour en un minimum de temps des disques géniaux créant une dynamique puissante pour rabattre les cartes et devenir ainsi primordiaux. Quand des oeuvres basées sur les même idées peu communes mais tellement rafraîchissantes et essentielles captent d'un seul coup toute la lumière des projecteurs. Comme si un truc tout petit et flou que l'on avait à peine vu venir truste tout l' horizon. Une intuition devenue réalité et totalement énorme parce que mutée en évidence de toujours. L' an dernier par exemple la clique Roly Porter/Jebanasam et FIS nous avaient fait le coup avec leurs expérimentation bruitistes traitant de la nature et des sciences (fiction ou pas). Il y a quelques semaine je vous parlais du génial ep de Lorenzo Senni dans le quel l' Italien démantelait vicieusement nos souvenirs et la substantifique moelle de la transe. Il y a quelques jours c' était au tour de Rashad Becker de s' adonner à la même démarche sur les musiques ethniques mangées à la sauce de l' électronique. Aujourd'hui c' est encore le dancefloor et plus particulièrement la house et la techno qui vont subir les mêmes sales manières revigorantes d'un pote à eux. Après l' italie, Berlin c' est vers la Hongrie qu'il faut de tourner. Gabor Lazar s' est fait connaître il y a de ça un an pour sa collaboration avec le complexe mais génial Mark Fell. Avec du recule et en ayant réécouter " The Neurobiology of Moral Decision Making" c'est bel et bien la patte du hongrois qui m' avait plu et non le vétéran Fell qui même en étant estimé par ici ne m' a jamais réellement enthousiasmé. Donc le premier album solo de Lazar amoindri le sentiment de bonne surprise qu'une oeuvre de Fell avait pour une fois enclenché chez moi et rend le jeune homme encore plus passionnant. Tout au long de "Crisis of Representation" nous nous retrouvons face au même émerveillement rencontré avec Becker et Senni. Le sentiment de découvrir un monde musicale vaguement ressemblant avec le notre mais tellement perturbant justement parce qu'en même temps c' est un monde à la fois commun mais aux lois, aux fonctionnements et aux paysages totalement hallucinant et jamais vus. Vous reconnaissez les arbres mais les branches et les feuilles sont à la place des racines. Lazar va vous troubler en propulsant un Iannis Xenakis derrière les platines d'une rave. D' ailleurs vous n' allez plus vraiment savoir si vous êtes dans une une galerie d' art conceptuel ou au teknival de Trifouilli Les Oies. Lazar est un véritable magicien/ artiste de l' encodage informatique de la si male vue dans sa forme la plus extrême, la Computer music . Comme avec Rashad Becker (à noter que c' est ce dernier qui a mastérisé ce disque), l' auditeur doit absolument laisser derrière lui ses oeillères et sale habitudes consuméristes d' hédoniste un brin amorphe et passif. Les sons décapants et décapés vont petit à petit broyer, liquéfier puis vous faire perdre tout repère tel un puissant champignon hallucinogène. Et enfin une nouvelle réalité extraordinaire va prendre forme. Un parfait exemple de musique électronique expérimentale totalement ... psychédélique!!! Des rythmes connus vous allez en trouver. Des sons symboles de plaisir et de confort auditif aussi et pourtant. La première rencontre est abrupte. La deuxième intrigante et la troisième, addictive! Connaissant les liens qui les unissent j' ai hate de savoir quand Rian Treanor (déjà abordé ici dans le top ep 2015) va-t-il prendre place sur le devant de la scène aux coté des petits copains. Parce qu' avec lui ce n'est ni la house, la rave ou les musiques ethniques d'un autre âge qui vont subir un traitement explosif, mais le Footwork! Et vous savez comment on aime cette musique révolutionnaire par ici. En Attendant n' ayez pas peur et vautrer-vous dans la musique de Lazar. C'est aussi bon que de la pop psychédélique. En tout cas bien plus innovant et frais que le dernier Flaming Lips*. (Vieux groupes indies génial qui a trop abusé de tout et qui n' avance plus depuis 10 ans) Rian Treanor maltraitant le footwork:

  • FAKA, du Gqom queer qui intrigue et envoûte.

    Ici on est raide dingue du Gqom alors quand le radar en détecte c' est alerte générale. Le moins que l'on puisse dire c'est que nos deux nouvelles têtes ne font pas du Gqom comme les autres. On est autant dans la performance artistique que le Gqom classique. Raison de plus pour s'y intéresser. Desire Marea et Fela Gucci sont fort logiquement deux sud-africains mais leur particularité est qu' ils ne sont pas de la Mecque du genre,Durban. Ils viennent de Johannesburg. Autre différence, ils ne sont donc pas de simple dj mais plus exactement des artistes pluridisciplinaires comme en attestent leur goût pour les vidéos et les costumes. Ils parlent au sujet de leur musique de"Gqom ancestral gospel sound". A l' écoute des titres de leur ep "Bottoms Revenge" cela s' avère plus qu' évident et injecte un peu plus de mystère et de magie dans le Gqom plus classique de Durban. Après les frissons gospel-world d' Yves Tumor et Klein on a réellement l' impression qu trois de nos coups de coeurs de 2016 viennent de s' entre-choquer. Il faut bien sûr y rajouter une autre partie de la culture musicale Sud-africaine avec l'immense Kwaito dont je vous avais déjà parlé au sujet du Gqom. L' autre truc important c'est leur signature avec les très contestataires NON Worldwide. Cette sorte de collectif qui se veut comme un rassemblement de la diaspora artistique africaine et même d' au delà. Seul regret perso à leur sujet c' est ne pas les avoir découvert un poil plus tôt pour les faire figurer dans le Best Of 2016.

  • RASHAD BECKER, la musique en totale liberté.

    Son deuxième opus de la série Traditional music of notional species est sortie pile poile pour pouvoir être cité à la va-vite au moment du top annuel . Le personnage et son oeuvre méritait plus. Depuis Décembre c' est un véritable rituel qui s' est instauré au sujet de ce disque. J' attends patiemment que toute la petite famille plonge dans les bras de morphée, je m' allonge dans l' obscurité, je mets le casque et ... je voyage. Loin. Très loin ! Avec Rashad Becker c' est en effet à un vrai voyage que s' apparente l' écoute. Mais comme pour toute pérégrination en terre étrangère il faut perdre ses oeillères et le sentiment d' insécurité puis faire preuve d'une curiosité sans faille et d' un goût assuré pour l' inconnu. On peut dire que Becker fait dans les musique concrete et électro-acoustique ou que, plus précisément, sa musique peut évoquer ces styles musicaux un brin rédhibitoires à première vue. Becker est un grand fan de Parmégiani par exemple. Cherchez pas des mélodies faciles ou une quelconque sonorité apaisante. Anormalité, ambiances lugubres virant parfois à la farce conviendraient mieux. Une musique acérée et physique qui ne fait pas de cadeau à première vue mais qui en retour vous offre l' élément essentiel de son ADN, la liberté créatrice pure . Becker évoque souvent les liens entre le corps et les sons et explique vouloir faire subir et traiter le son comme ce dernier peut faire à notre corps. Une sorte de retour de baton en quelque sorte. C'est une clé parfaite pour entrer dans son oeuvre. Le titre de la série apporte également une autre clé pour apprécier à sa juste valeur cette musique. Je vous expliquais qu' écouter Becker était un rituel. Quoi de plus normal tant ce disque comme le précédent avec son ésotérisme s' apparente à une musique ethnique ou " folklorique" facilement associable à du chamanisme. Parfois les sons peuvent évoquer les cris du vaudou, l' art vocale des inuits ou bulgare, les onomatopées entendue de part et d' autres de la planète tout au long de l' histoire. Quand l' homme éprouve le besoin puissant de reproduire par ses propres moyen les bruits organiques et environnant produit par mère nature. Voyage géographique mais aussi temporelle donc. Nous découvrons tout au long du disque un nouveau monde "bizarre". Une nouvelle planète "extraordinaire" et fantasmagorique tant son apparence et les lois scientifiques qui la régissent sont différentes de la notre. Si le premier volume sorti en 2013 était sans compromis le suivant s' avère à la fois plus "facile" mais aussi plus complexe. Plus intriguant. Plus harmonieux, plus "reconnaissable" et en même temps teinté d'une spiritualité plus forte, hermétique et ensorcelante. On peut parfois se retrouver face un drone identifiable puis se perdre et se retrouver à un mur glitch. Reconnaître un son ou même un début de mélodie et de rythme pour ensuite se retrouver face à l' étrange. Créé à partir de synthés modulaires le talent de cet ingénieur du son amène ces instruments encore plus loin que l'on pourrait l'imaginer. Il les dénature et réussi à leur redonner l' aura d' ultra-modernité qu'ils semblaient avoir perdu depuis leur apparition tout en évoquant l' histoire des cultures humaines, du passé comme du présent. Avec ce deuxième album Becker réussit à ouvrir en grand la porte d' accès aux musiques expérimentale "pointues" ou "difficiles" à ceux y étant rétif ou étranger parce que trop souvent rebuté et apeuré par sa fausse aura intellectuelle. Un putain de grand disque pour la démocratisation d'une musique intimidante car encore perçue comme un truc d' élite. Tout le monde peut écouter et aimer n' importe quoi à condition de casser les préjugés. Petit détail mais qui a son importance. Pour celles et ceux qui suivent ce blog Becker n' est pas un inconnu. Officiant pour Basic Channel au sein de Dubplates & Mastering sa patte en matière de mastering a fait de lui une véritable légende dans la communauté électro. Si vous avez écouté Pantha Du Prince, Yves Tumor,D/P/I, Florian Hecker, Holly Herndon, Orem Ambarchi mais surtout quasiment tout le catalogue de PAN alors vous avez déjà croisé Becker.

  • NOT WAVING va encore faire mal et Prostitutes casse des bouteilles .

    On stoppe tout, on se pose et ... on se tient prêt pour l' arrachage de tête . Le quatrième du top 2016 de DWTN revient avec un ep annoncé pour le 20 Janvier. Ca commence par une ambiant un brin pas sage et ça devient acide et ... bourrin. Mais comme toujours les cassures opèrent leur rôle d' empêcheuses de danser en rond . On peut être bourrin sans être facile tout comme on peut se réclamer "Populiste" sans pour autant tomber dans la démagogie. Natalizia parle au sujet du ep de "sleazy New Beat, Neuro EBM, n0 Acid! Soi et deep-déliré Italo ". Bref, le futur "Populist" risque fort d' illustrer le contraire de ce que l'on voudrait nous faire croire. Si "Populist" sort sur "Ecstatic", à ce propos écoutez de toute urgence Novo Line qui succède à Not Waing sur la page Soundcloud du label, il ne faut pour autant pas oublier l' autre label de l' italien, Diagonal. Le satané Powell vient encore de signer un vieux coup de coeur de ce blog, Prostitutes. Son dernier Dance Tracksz est un énième joyaux de cassage de gueule indus-électro à mettre au profit du label qui devient une sorte de Barça ou de Réal dans le style. Un club de "stars".

  • ELYSIA CRAMPTON, la mixtape cadeau !

    "L'avenir est notre domaine; ici et maintenant est une prison " Phrase présente dans ce monstrueux mix et tellement partagée par ici. Le complément indispensable de son "Demon City", l'un des très grands disques de 2016. Sacrée petite coquine d' Elysia Crampton. On l' avait pas vu passer cette magnifique mixtape de Novembre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore l'univers futuriste à forte odeur folklorique anti-colonialisme et revendication de genre c' est l'occasion ou jamais. Tout y est. les motifs ancestraux Boliviens, les jingle radio latino, les montées et les descentes du trip provoqués par un prêtre amérindien machiavélique. C'est peut-être l'un des meilleurs mix de l' année avec celui d' Arca et surtout le truc à faire écouter d' urgence à ceux qui peuvent aller un peu trop vite en besogne et refouler cette musique. On est très loin du harcèlement des troupes folkloriques des JMF ou des centre commerciaux. Y'a de la flute de pan et probablement du pancho mais alors en version post-internet 2016 totalement dingue.

  • DEDEKIND CUT ou, Lee Bannon contre les idées reçues.

    Fred Warmsley est devenu depuis un an Dedekind Cut après s' être fait connaître sous le pseudo de Lee Bannon. Son "$uccessor" sort ces derniers jours et au delà du fait déjà important qu'il est une réussite totale c' est bel et bien la mutation subie par sa musique qui est encore plus notable chez ce bonhomme. Un changement complet qui n' avait pas attendu celui du pseudonyme et qui est si symbolique d' une certaine musique expérimentale et underground aujourd' hui. L' ultra-connectivité des genres et courants musicaux apparus récemment, l' immense capacité en matière de réactivité de certains artistes et des explorations de plus en plus issues de collaborations enjambant toutes les barrières en musique. L' assimilation de la révolution internet est déjà terminée et parfaitement digérée au point de détruire toutes formes de barrières, raciales, politiques, stylistiques ou autres. Lee Bannon c' était d' abord fait connaitre par ses production hip hop portées sur la Trap et le Cloud Rap, cette version éthérée et sans oeillères du vieux genre. Il dévoilait déjà une certaine singularité et un goût prononcé pour l' étrange et l' expérimentation. En ces temps pas si lointains, mais qui apparaissent dorénavant si anciens aux regards de l' évolution rapide du bonhomme, l'un de ses principaux collaborateurs alors n' était autre que le cinglé Joe Bada$$. Plus tard le regard de Bannon se porta sur la Drum & Bass anglaise et on senti chez lui une attention toute particulière pour le grime expérimental des Logos, Mumdance et compagnie. Les disques se succédèrent à une vitesse sidérale et aucuns ne se ressemblaient. Une vision sans borne transpirait à chacune des sorties. Une culture riche et un besoin ténu de chercher ailleurs encore plus. Bannon lorgna sur la jungle un moment puis sur le footwork mais aussi sur ce qu'il se passait du côté de chez Daniel Lopatin avec Oneohtrix Point Never et de la post-industrielle de Helm. Bref, il était à la pointe du progrès en musique et dans tous les bons coups. Alors, quand en plus on s' aperçut qu'il samplait Autechre, il en fallu pas plus pour surveiller d' encore plus près cet énergumène. Avec son dernier album sous le pseudo de Bannon, "Patterns Of Excel", il devenait de plus en plus évident que l'on était très loin de ses débuts timides et que le bonhomme avait bien changé. Le changement de nom en Dedekind Cut devenait irrémédiable. Si la première publication sous le nom de Dedekind Cut en 2015 échappa à votre serviteur la seconde l' attira automatiquement . Le ep "R&D" de janvier dernier était en fait une collaboration avec l'un des chouchous de ce blog, Rabit. Quelque semaines plus tard stupéfaction encore dans les chaumière ultra connectées, Dedekind Cut quittait Ninja Tune et Chilwave Records pour lesquels il officiait depuis longtemps pour fricoter avec Dominick Fernow que l'on ne présente plus dans ce blog (Prurient/Vatican Shadow). Et c'est vrai que depuis quelques temps les influences industriels devenaient encore plus évidentes à l'instar de synthés toujours plus oppressants et anxiogènes comme chez Vatican Shadow. L' ensemble strié par des déflagrations digitales qu'un Ferraro ou un Rustie ne renieraient pas. Le ep "American Zen" déboula en Mars à la fois chez Hospital et Ninja Tune pour la dernière fois et ce fut une sidération pour moi. L' électronique de Bannon était encore plus progressive, les ambiances tour à tour écrasantes puis planantes , le drone un outil manipulé avec talent et enfin un champ d' exploration définitivement sans limite. Suffisamment pour le classer illico dans le top ep de mi-année. A peine remis on apprenait que le bonhomme s' était encore fait de nouveaux amis eux aussi adorés par ici, la clique NON Worlwide de Chino Amobi (combien de fois ais-je écrit ce nom depuis deux ans!?). Bref, le monde est bien petit, surtout celui des combatants révolutionnaires. "$uccessor" voit le passage au grand format devenir celui de la consécration. Magnifique du début à la fin, un modèle d' ambient remise aux goûts du jour. Une tripotée de collaborateur figurent sur les crédits et étonnamment le passé hip hop de Bannon se retrouve dans la présence de ce bon vieux DJ Shadow. Pour la promo du disque Bannon s'est aussi montré beaucoup plus explicite sur ses influences dans son évolution et des vieux noms bien éloignés du domaine hip hop ont surgi, Laurie Anderson, Philip Glass ou Steve Reich. Il y a quelques semaines il nous offrit une playlist magnifique pour quiconque désirant s' immerger dans l' ambient et son histoire (par ici). Un modèle du genre mêlant l' historique (Brian Eno of course) et le beaucoup moins caricatural (Aphex Twin, OPN, Burial ou Basinsky). Il démontrait ainsi que le terme ambient ne désigne pas seulement du planant et doux mais aussi des choses bien plus bruitistes. "$uccessor" a un très fort pouvoir de déconnection et son écoute amène à une inévitable et totale immersion. Une musique translucide se voit parsemée de débris d' explosions Grime, post-dancefloor et digitales, on pense à Arca mais aussi à Oneohtrix Point Never et Tim Hecker. Des accords envoûtants vous réchauffent l' âme et le corps face à un climat polaire d' abord engourdissant puis revigorant. Chaque écoute devient une expérience nouvelle. Bannon avec ce disque arrive à un tournant de sa carrière comme à celui d'une certaine musique expérimentale tant décrite dans ce blog. L' ambient qu'il pratique détruit les préjugés et la vision réductrice du genre. De même l' aspect politique de son label NON Worldwide rajoute à l'ensemble en cassant la caricature des musiques à forte composantes revendicatives et contre culturelles. Ce collectif rassemblant bon nombres de musiciens derrière une appartenance sociale et raciale n' a pas fini d' étonner les esprits fermés et de lutter ainsi contre certains préjugés à la couenne dure dans la musique et nos sociétés occidentale. Disque vitale et parfait pour affronter sereinement la future année, la terrible et paradoxalement tant attendue, année 2017.

  • MSYLMA, Deconstructed Club et traditions en provenance de la Mecque.

    Très étrangement l' artiste dont il va être question ici a déjà été croisé il y a peu de temps sans réellement laissé une grande trace. Ce qui n' était absolument pas le cas du disque auquel il a avait collaboré. Faut dire que le tonitruant "Terminal" de l' égyptien Zuli (par ici), était tellement riche de pépites que le titre auquel l' artiste du jour prêta sa voix semble être resté noyé au milieu des mille et unes merveilles. Petite injustice vite réparée quelques mois après grace à son premier disque solo. Une énorme claque susceptible de faire perdre tout repère musicaux, géographiques et temporelles. Un peu comme si après le décès de Scott Walker un type vient voir le fan attristé de l' américain pour lui chuchoter à l' oreille qu' il pourra se consoler et retrouver un peu du frisson Walker des dernières années auprès d'un disque fait de chant arabe reluquant l' ère pré-coranique, le post-club, le post-grime d'un Logos et l' indus de Coil. ET qui plus est, ne provenant pas des States, d' Angleterre ou de Berlin mais bel et bien produit ...à la Mecque, Arabie Saoudite. Msylma est un producteur et chanteur qui nous vient donc d'un l'un des lieux saint de l' Islam. Repéré en premier lieu par Zuli et sa clique du Caire le bonhomme sort finalement son premier album chez l' un des plus rafraîchissant label du moment et les plus adulés par ici, Halcyon Veil. Je pourrai encore une fois vous pondre le sempiternel chapelet sur les bienfaits d'une mondialisation pas si malheureuse que ça via les réseaux sociaux et les plateformes de partages en matière musicale. Vous ressassez aussi qu' à présent que la modernité n' est plus l' apanage de l' occident, comprenez Europe et Amérique du Nord, l' hybridation produites par des influences plus vraiment surprenantes par leur destination "imprévues" est en train de redessiner la carte musicale mondiale en matière d' innovation et de merveilles originale. Bref, cessez de regarder encore une fois dans les même directions et apprenez à guetter le globe en abandonnant si possible les habitus du petit blanc en mal d' exotisme musicale bien souvent conjugué qu' au passé. En résumé si en 1994 tu zieutais Sheffield en attente d' une sortie chez Warp d'une probable tuerie électro futuriste bien barrée c' est à présent dans tous les endroits les plus inimaginables que tu vas retrouver le chemin du futur. A la différence d'un Zuli qui refuse dans sa musique toute forme d' exotisation facile à force d' expurger sa musique de traces trop visibles de sa culture et histoire celle de Msylma nous offre tout un pan de sa culture facilement identifiable. Et malgré celà la performance réalisée par Zuli en matière de modernisme est égalée. On peut par fainéantise vous décrire son disque comme le parfait croisement du presque voisin (Syrie) Omar Souleyman avec les velléités modernistes de la Koweitienne Fatima Al Qadiri. J' ai bien écrit par fainéantise parce que Msylma n' est pas une simple addition des deux artistes ou une énième recette facile de tuning moderniste à la va vite. Le bonhomme dont il est impossible de trouver une photo le représentant sur le web est du genre original, cultivé et consciencieux. Au point d' aller dans les tréfonds de l' histoire de son pays ses sources d' inspiration. Si bien sûr une certaine mystique croisé au travers du Coran imprègne son œuvre il faut aussi déplacer le curseur bien avant l' apparition de cette religion en matière de culture et de poésie. Les rares qui ont pu traduire les paroles nous informent que "Dhil-Un Taht Shiparat" raconte les affres de l' arrivée à l' âge adulte après avoir évoquer l' enfance et les déchirements de l' adolescence. Mais une fois cela appris je peux vous affirmez qu' il vous sera inutile de passer par des cours du soirs an arabe classique tellement la voix du bonhomme comporte une charge émotionnelle suffisante pour transmettre ce que son auteur veut. La voix de Msylma est une vrai bombe à fragmentations affectives. C' est peut être ça en premier lieu qui a fait rapprocher le Saoudien de Scott Walker chez les chanceux qui sont tombés dessus. Par sa seule voix Msylma développe un imaginaire puissant où le désespoir teinté d'un terrible pathos et d'une angoisse étouffante peut rapidement se transformer chez l' auditeur en une poussée d' espoir tout aussi forte et un bien être total. Si la voix semble être le réceptacle du passé la musique quant à elle est bel et bien symptomatique de notre présent et de qui se fait de plus aventureux de nos jours. On peut toutefois comme chez Al Qadiri et Souleyman retrouver des mélodies facilement identifiable comme provenant du Moyen Orient avec des orgues eux aussi fortement romanesques. Mais ces artefacts se voient catapulter dans le futur par une électro tout sauf vintage au contraire de celle de Souleyman. Il y a des traces du grime des origines mais surtout on se retrouve face aux climats Weightless avec une certaine qualité spectrale développées chez un Logos ou un Visionist et fatalement Fatima Al Qadiri. A ceci on peut rajouter l' irruption de bruits corrosifs qui tiennent autant de la noise que de l'indus. Cette spécificité le fait immanquablement à l' instar de Zuli rapprocher de la deconstructed club du tenancier de son label, Rabit. On peut s' étonner de sa non présence dans le collectif de Chino Amobi, NON Worldwide. Msylma réussit avec ce premier album l' une des plus parfaites combinaison de traditions ancestrales avec une sensibilité hautement moderne. Il dépasse ses influences modernes en déplaçant son regard encore plus loin dans l' avenir en se reposant sans les trahir sur ses traditions. Après une année 2018 déjà faste Rabit et son Halcyon Veil nous offre en ce début d' année une autre merveille qui risque de surprendre plus d'un dans le conformisme ambiant occidental.

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