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- KANE IKIN ou, un diable de Tasmanie nous ouvre les portes de l'enfer et... c'est la vie de 2016 !
Il est toujours frustrant de tomber sur un disque génial et de s' apercevoir que son auteur a derrière lui une longue carrière. Il est encore plus frustrant d' écouter des dizaines de disques panurgiques qui au final ne parlent pas ou si peu de la vie en 2016 et nous font justement passer à coté de merveilles comme le "Modern Pressure" de l' australien Kane Ikin. Jamais nos existence n' ont autant été sujettes à l' imprévisible depuis bien longtemps. Un sentiment d' insécurité constant s'empare de nous et il nous faut lutter constamment pour ne pas sombrer dans les travers que ce sentiment si humain peut engendrer. Le cloisonnement ou le désir d' oublier, de fuir. En musique ça peut donner les niches ,stylistiques ou temporelles, mais aussi la fuite en avant dans une débauche de divertissements hédonistes à outrance sans réel ancrage dans le présent. L' opium du peuple depuis toujours. Sans un réel fond critique ou tout juste illustratif. Kane Ikin est encore un musicien de dark ambient pour la faire courte. Encore un cousin de Dominick Fernow, Haxan Cloak, Demdike Stare, Raime ou tant d' autres cités dans ce blog. Mais comme les autres ce dernier ajoute à sa musique ce qu'il faut comme idées et de personnel pour éviter l' exercice de style. La niche. Et comme les autres il prouve que la dark ambient comme la noise, le drone , l' industriel ou les musiques dites "de ghetto" ne sont pas des coquilles dans lesquels les fans et musiciens se renferme pour ne pas affronter le monde. C'est tout le contraire. Une musique comme la leur colle parfaitement à 2016 parce qu'elle a les yeux braqués vers ce qui les entourent. D'autres depuis bien longtemps ont capitulé dans ce rôle. Je n' avais jamais entendu parler de ce putain d' australien venu donc de si loin pour me balancer cette foutue musique stimulante au possible. Pas de ses ep et ses deux premiers albums (dont un en collab avec David Wenngren) et encore moins de son groupe Solo Andata. "Modern Pressure" porte très bien son titre. Disque oppressant, stressant et sombre. Moins dans la répétition du dernier Raime qui joue sur d' infimes détails. L ' oeuvre de l' australien est bien plus vindicative si j'ose le dire. Le climat est patraque, lentement mais sûrement il se modifie. Joue avec nous. Jamais dans le bon sens. L' orage arrive. Il est irréversible. "Tout ce beau temps, fallait bien le payer ma pauvre dame". Il va éclater mais avant cela Ikin développe une palette de nuage tous plus énormes et terrifiant que les autres. Cette sensation de voir s' assombrir le ciel à l' horizon. Plus c 'est noir, plus ça va péter. Comme bien souvent Carpenter et ses synthés sont dans les parages. Ikin joue beaucoup avec le rythme et les beats. Il n'y pas l' évidence de la simplicité, du "faux rachitisme", de Raime. Des synthés pas vaporeux, pas planant. Des synthés qui déchire au loin le ciel noir tel les éclairs . Un d'eux va pas tarder à nous tomber dessus. Il va être pour notre gueule. Ikin offre un disque urgent. Net et précis. Lui nous raconte que ce disque s'est fait alors que l' imprévu avait frapper à sa porte. L' insécurité, la vrai, s' était pointé dans sa vie. Crise économique, restriction, vente forcée d'une partie de son matériel pour subvenir à ses besoins. Ce putain d' orage que certains n'ont pas vu, ou ne veulent plus voir arriver. Certains aveugles et inconscients dansent sous les arbres ou jouent au basket quand d' autres s' enferment dans leur cave à triple tour en veillant à ce que les premier paient pour leur retard. Et puis il y a ceux qui s' y préparent. Observent l' orage pour y faire face. Ils savent que lorsqu'il éclatera il faudra être sur ses gardes pour ne pas rater une miette. C'est beau un orage. Les instants qui le précèdent encore plus aux goûts de quelques uns. Quand le vent se met à souffler en nous sortant de la langueur estival assommante. Ça va péter. Et c'est tant mieux. Cela ne pouvait plus durer Après?
- ASHER LEVITAS & SILK ROADS ASSASSINS ou, Planet Mu est-il dans sa plus grande année ?
Asher Levitas n'est pas vraiment un inconnu. Repéré au sein d' Old Apparus, collectif spécialisé dans la dark-Ambient, on aurait pu imaginer cet anglais signer pour sa nouvelle carrière solo chez Hospital Production ou Blackest Ever Black. Finalement ce sera Planet Mu qui aura l' occasion de se vêtir tout de noir. Outre l' aspect Dark dépoussiéré avec talent par les artistes des labels cités plus haut sa musique s'inscrit parfaitement dans la lignée de tout ce qui s'est fait de novateur ces derniers mois. On retrouve ainsi des beats bafouillant lacérés à grand coup de synthés tranchants. Bref, je dois l' écrire pour la 208ème fois, un sacré travail de déconstruction du vocabulaire dancefloor plongé ensuite dans le côté obscure de l' ambient. Mais chez Asher Levitas il y a un truc qui rend l' ensemble surnaturel. Étrange. Ou plutot, émotionnellement fort et en même temps flou. Comme le sont nos rèves et nos cauchemars. Du Demdike Stare surréaliste passé par le Berlin de Janus. Il explique ce fait parce qu'il aborde dans sa musique en recherchant des sentiments humains comme "la folie, l' anxiété, la paix". Il dit rechercher les émotions produites par la pathologie dont il est victime. Encore une "particularité physique/psychique" d'un musicien arrivée en sauvetage de la musique expérimentale après Ash Koosha et sa synesthésie (voir ici). Le problème du bonhomme c' est une forme de paralysie du sommeil dont ce trentenaire est victime depuis ses vingts ans. Il lui arrive de se réveiller en partie sans pouvoir bouger. Scotchés dans son lit. Par contre son cerveau, l'organe le plus pervers de notre corps, et bien celui-ci il s' active et l' esprit est en mouvement. Levitas se retrouve à devoir gérer de sacrée hallucination. On est pas loin des rèves hypnagogiques. Perso j' ai déjà vu ce cas chez des personnes atteintes d' Alzheimer et je peux vous affirmer que de l'extérieur c' est puissant et fortement troublant comme expérience. Un sacré trip. Alors de l' intérieur même pas envie de savoir. Mais un sacré trip qui mis en musique devient totalement additif. Asher Levitas n'est pas vraiment un inconnu. Repéré au sein d' Old Apparus, collectif spécialisé dans la dark-Ambient, on aurait pu imaginer cet anglais signer pour sa nouvelle carrière solo chez Hospital Production ou Blackest Ever Black. Finalement ce sera Planet Mu qui aura l' occasion de se vêtir tout de noir. Outre l' aspect Dark dépoussiéré avec talent par les artistes des labels cités plus haut sa musique s'inscrit parfaitement dans la lignée de tout ce qui s'est fait de novateur ces derniers mois. On retrouve ainsi des beats bafouillant lacérés à grand coup de synthés tranchants. Bref, je dois l' écrire pour la 208ème fois, un sacré travail de déconstruction du vocabulaire dancefloor plongé ensuite dans le côté obscure de l' ambient. Mais chez Asher Levitas il y a un truc qui rend l' ensemble surnaturel. Étrange. Ou plutot, émotionnellement fort et en même temps flou. Comme le sont nos rèves et nos cauchemars. Du Demdike Stare surréaliste passé par le Berlin de Janus. Il explique ce fait parce qu'il aborde dans sa musique en recherchant des sentiments humains comme "la folie, l' anxiété, la paix". Il dit rechercher les émotions produites par la pathologie dont il est victime. Encore une "particularité physique/psychique" d'un musicien arrivée en sauvetage de la musique expérimentale après Ash Koosha et sa synesthésie (voir ici). Le problème du bonhomme c' est une forme de paralysie du sommeil dont ce trentenaire est victime depuis ses vingts ans. Il lui arrive de se réveiller en partie sans pouvoir bouger. Scotchés dans son lit. Par contre son cerveau, l'organe le plus pervers de notre corps, et bien celui-ci il s' active et l' esprit est en mouvement. Levitas se retrouve à devoir gérer de sacrée hallucination. On est pas loin des rèves hypnagogiques. Perso j' ai déjà vu ce cas chez des personnes atteintes d' Alzheimer et je peux vous affirmer que de l'extérieur c' est puissant et fortement troublant comme expérience. Un sacré trip. Alors de l' intérieur même pas envie de savoir. Mais un sacré trip qui mis en musique devient totalement additif. Deuxième signature récente chez Planet Mu, le trio Silk Road Assassins. Composés de Chemist, Tom E Vercetti et du dénommé Loverdroid. Si Asher Levitas nous plonge dans des tréfonds hypnagogiques d'une dark ambient noisy les trois jeunes gens avec leur premier ep s' approchent du grime dystopique de Logos ou de Visionist. Comme avec ce dernier les poils se redressent face à une musique hyper chargée en affectivité. Ils offrent bel et bien du grime futuriste cher à Logos mais à l' image de la pluie clôturant "Defect" c'est une version moins agressive que celle martelant une vitre dans son "Cold Mission" d' anthologie. Leurs synthés rappellent Vangelis mais eux évoquent aussi bien les BO de mangas ou celle des jeux vidéos. Une sorte de Gatekeeper sous tranxene dans l'espace. A la fois proche et éloigné des Roly Porter et Jebenasam. Avec un soupçon de trap.
- KLARA LEWIS, quand sculpter la peinture devient une musique. Quand "une fille de" fait comme papa.
Petit coup de coeur du moment. Par honnêteté je vais vous avouez qu' avec cette suédoise brune, le cliché en prend un coup et il ne va pas être le seul, donc je devais vous dire que cette Klara Lewis et bien ... j' avais pas trop aimé son premier disque. De plus, c 'est une "fille de". Fatalement on devient suspicieux. Vicieusement ma réception peu enthousiaste de "Eet" en 2014 et son statut hérité génétiquement s' entremêlaient. Du coup l' attention diminua et un aspect de son travail ne m' apparu pas tel l' évidence qu' il aurait du revêtir. "Too" a considérablement changé mon point de vu et le charme opère définitivement. Qu'est ce qu'il ne m' avait plus plu dans "Eet" ? Peut être, son apparence de travail scolaire. Je retrouvai trop les marques du professorat de Tim Hecker ou de Matmos. Trop carré, peu de surprises, peu de risques ? Deux ans plus tard cette impression a totalement disparu. Et "Too" confirme. Pas vraiment scolaire au sens du terme "copiage" ou "rabâchage" mais plutot symbolique de ce truc des jeune ados qui se replient derrière leurs leçons et habitudes comportementales scolaires plus par timidité que mimétisme et sagesse sous l' autorité. "Too" nous offre la belle musique d'un jeune femme de 23 ans. Elle devait alors avoir à peine 20 ans au moment de l' enregistrement de "Eet". En trois ans on change, surtout au début de la vie adulte. Elle s' affirme considérablement sur son dernier album. Ne passe plus par des repères "pop" ou plutot mélodiques. Elle ose franchement mettre au premier plan son travail minimaliste sur l' aspect multidimensionnel de la musique et renforce d' autant et miraculeusement la capacité d' évocation des atmosphères crées. Elle travaille beaucoup à partir de sons venus de n'importe où. Cinéma, radio, nature etc etc. Sa musique repose également beaucoup sur des rythmiques bien de notre époque. Ni putassières, ni ennuyeuses. On est à cheval entre quelque chose de très Boards of Canada pour les ambiances facilement assimilables et ludiques d'une part et de l' autre un aspect défricheur plus intellectuel et conceptuel de l' expérimentation pure. Le dernier "Love Streams" de Tim Hecker mais réenregistré avec les matériaux de "Ravendeath, 1972". Ainsi des instants imperméables s' intègrent, se lient, se succèdent parfaitement les uns aux autres et donnent ainsi naissance à une musique ambient réellement hédoniste et sans compromis. A déguster sans modération. Je sais comment fonctionne l' âme humaine. Faut vous aguicher avec du people. C'est une "fille de ". Mais la fifille à qui ? Faut vous donnez la motivation de plonger dans une musique inconnu ou peu appréciée. Le truc qui fait que vous allez écouter la belle Klara. En même temps son papa justement sort un disque avec ses copains. Pas plus mauvais ou meilleur que les précédents. Je chérie surtout ce groupe pour l' apport des concepts artistiques dans le post-punk de leurs premiers disques. Disques présents dans tous les livres référentiels et classement historique. Leur manière de récupérer la rage punk et de la faire mariner avec des notions philosophiques, littéraires, politique et artistiques. De faire une musique originale, révolutionnaire et avant-gardiste. Une musique belle par la forme et encore plus grande sur le fond. 40 ans après la fifille fait exactement la même chose que le groupe paternel en son temps sauf qu' à présent "tout le monde" aime ce groupe. Sa musique parait moins étrange. Plus "abordable". Il est souvent cité ou évoqué, il est devenu une référence à prononcer en société pour se la péter aussi. Tout peut s' approprier et être détourné. Mais peu vont vouloir écouter celui de la fille. Peu vont être en mesure de l' apprécier la fifille. De la partager au plus grand nombre. Et pourtant. Écouter "Too", ou des disques contemporains similaires comme Huerco S ou Raime, a la même teneur, participe de la même volonté, du même engagement en terme d' effort et d' abandon des manies de consommateur feignant que cette société du spectacle nous a rendu. C'est ça la patine du temps. C'est ça qui fait que faire du Pavement ou du Bowie ou encore du shoegaze des années après sera toujours moins pertinent que les originaux. "Plus facile". Même si c'est "super bien fait". Moins intéressant, moins juste et surtout un brin faux et opportuniste. Contre productif? Le curseur de ce qui est underground, novateur, pertinent, rebelle ou dangereux s' est déplacé. Il se déplacera toujours. Tout le monde dit aimer le groupe du papa Lewis. Mais l'aurait-il vraiment aimé ce putain groupe en 1978. Aurait-il seulement chercher à trouver et écouter ce genre de musique beaucoup moins facile que maintenant. Question très difficile et certains vont vous dire qu'elle est impossible. Inutile même. Est-il si inutile de savoir si votre comportement en 2016 est digne ,ou du moins semblable, à celui des héros du passé auxquels vous vous référez pour différentes raisons. En privé comme en public. La réponse est finalement dans la façon qu'on les gens d' apprécier les "nouvelles" musiques ou celle jugé plus "expérimentales". Leur désir de nouveauté, leur façon d' écouter, parler et diffuser de la musique. Certains vont dire, ou plutot penser de la musique de Klara Lewis (par peur d' être pris pour un fermé d' esprit) qu'elle est "pour salle d' expo d' art moderne", "chiante car trop intello", "chiante car faussement intello", "de snob", "prétentieuse", "pas cool", "pas facile", "peu divertissante", "remplira pas une salle ou un festival" ou que sais-je encore. Sachez que ces gens aurait détester le groupe de papa Graham Lewis en leur temps. Ou tout au juste les auraient méprisé. Tout les termes cités plus haut c'est ce qui était reprocher par la presse et une grosse partie du public vers 1977-80. Et oui. Vous connaissez tous son papa. Son groupe ou sa musique. Car cette belle suédoise est aussi anglaise par son papa. Et son papa jouait donc dans ...ça! PS : Un super live de Klara Lewis.
- Magic est mort. Je n'irai pas aux obsèques de ce vieil instituteur trop gentil mais devenu gateux
Alors comme ça un de mes vieux instituteurs est mort. J' ai vu son acte de décès dans les journaux du net. Acte de décès sous forme de couverture trafiquée d'un disque vieux de ...35 ans. Il était si vieux que ça mon "maître" ? Ben non, il avait pas 21 ans. Les disparitions c'est toujours une bonne occase de parler du mort. Et d'autres choses. Faut que je vous avoue qu'il y avait longtemps que je ne l' avais pas vu mon instituteur Monsieur Magic. Mes dernières visites à son hospice m' avaient refroidi. Le spectacle de sa vieillesse prématurée n' était pas beau à voir. Peut-être aussi qu' au travers de sa vieillesse j' apercevais la mienne si je ne prenais garde. Toujours à ressasser les vieilles histoires (guitare, pop, rock, punk, chansons française de qualité). Toujours ces même goûts esthétiques, ces même références culturelles depuis 21 ans . Toujours a ne suivre que l' actualité du petit village où nous l' avions laissé. Vous savez bien ce petit village de notre enfance peuplé d' irréductibles devenu attraction pour touristes culturels et sociétaux dans un monde qui a tellement changé tout autour. Indie-Music city le nom du village si vous voulez voir à quoi ressemblait ma jeunesse. Le pays d' où je viens mais dont je n' ai surtout pas envie d'y revivre tellement il s'est figé dans un passé lointain . Tellement l' industrie touristique l'a dénaturé. Tellement il est devenu un musée propret sans vie à présent. Un truc en carton pâte synonyme de charme désuet aux yeux de ceux qui l' avaient méprisé à sa grande époque. Aux yeux de ceux qu'il nous avait appris à se méfier notre bon maître. Avant ils nous traitaient de cul-terreux ou d' anormaux. Maintenant ils s' habillent et écoutent comme nous. C'est même eux qui ont le pass VIP payé au prix fort à la colonie de vacance de Saint Malo. Veulent bien aller la-bas mais pas boire à la même cantine que les autres enfants. Fayoter auprès des surveillants pour que l'on ne voit pas trop qu'ils sont des cancres carriéristes. Pourtant le bougre, c' était le haut du panier des instituteurs quand il a débuté dans la carrière Monsieur Magic. Un peu gentillet et naïf mais il avait bon fond et surtout il était resté fidèle à ses convictions politiques/artistiques. Il avait pris la suite de l' instite précédent qui avait voulu devenir prof à la grande école (Format hebdo). Celui-là aussi a mal tourné . Même si il a voulu faire le contraire de l' autre. Tricher sur l' apparence. Monsieur Inrock veut faire jeune à grand coup de lifting hipster. Et ça sonne faut et toc bien sûr. Il reste comme Monsieur Magic à coté de la plaque. Et j' ai beaucoup moins d' affection pour lui. Monsieur Magic aux dires des dames qui s' occupaient de lui a parfois eu des regains de formes. Il lui arrivait de re-suivre les actualités mondiales. Une couve sur Julia Holter, une passion pour Ariel Pink et John Maus. Il comprenait bien sûr pas tout parce que ces jeunots parlaient trop vite avec un nouveau langage inconnu mais au moins il faisait l' effort de ne pas trop s' enfermer dans sa coquille et ses certitudes. Parfois. RIP Monsieur Magic. Vous resterez un phare dans notre vie face à ce monde si difficile. Vous pouvez citer ma phrase cliché mille fois entendues aux obsèques. Je ne m'y rendrez pas. Préfère la vie. Et puis je m' étais rendu assez souvent à sa passion de jeune retraité. La reconstitution historique. Celle de 2001 avec pour sujet la préhistoire punk/rock m' avait même refoutu un petit coup de jeune temporaire. Je me demande d' ailleurs si ces reconstitutions n' avait pas un peu accéléré le processus de vieillissement de notre bon maître. Sa plus belle reconstitution historique, 2001 Du temps où les fayots n' étaient pas là. L'un de ses derniers soubressauts. Domage qu'il n' a pas écouté la leçon de l' élève au vieux maître. Je ferai aussi bien attention à sa dernière leçon. C 'était peut être bien ça ces reconstitutions un brin trop nostalgique de temps devenus inaccessibles. La vieillesse peut être belle à condition de continuer à être ouvert d' esprit, à s' intéresser aux autres et à ne pas mépriser ce que je risque de ne plus comprendre. A ne pas vendre son âme aux dieux de l'industrie musicale. Et comme vous le faisiez dans votre école les nouveaux venus dans la classe auront toujours la meilleur des places. Surtout si ils viennent de très loin et qu 'ils ne parlent pas le même langage. Ce sont eux qui ont les nouvelles solutions. PS : La petite nouvelle dans l' école nous vient de Suède et a un fort accent allemand depuis un séjour Berlinois. Elle aurait peut être fait peur à notre vieux maître mais il 'laurait adopté et fait participer au tableau. Qu'est-ce qu'elle est intelligente et surtout que de belles histoires sur Berlin et ses copains de Janus qu' elle nous raconte. De belles histoires toutes plus nouvelles les unes que les autres.
- HUERCO S ou, devoir mémoriel pour l' ambient
Huerco S revient et a définitivement quitter le dancefloor opaque de son génial "Colonial Patterns" (cf ici). Le brouillard l' a suivi et ce sont les plaines de son Kansas natal que nous découvrons encore plus profondément au cours d'un voyage méditatif passionnant. Et ce coup-ci le souvenir du tumulte techno de la lointaine Detroit s 'est définitivement estompé laissant la place à d' autres encore plus enfouis dans l' histoire des musiques. "For Those Of You Who Have Never (And Also Those Who Have)" sortira le 24 Juin et je peux déjà vous assurez qu'il sera un parfait compagnon pour nos siestes ou nos soirées étoilées cet été. Si votre corps ne risque pas vraiment sursauter ou se trémousser contre votre grès devant l' aspect ankylosé des titres votre esprit non perturbé ne risque pas non plus la lassitude au cours de son périple. Cet album de neuf titres est un ensemble de musiques plus variées qu'il n'y parait sans que cela ne perde en cohérence. Beaucoup moins porté sur la rythmique, ou du moins moins caché derrière, ce disque comporte encore bien la signature Huerco S. Depuis ses débuts il s' inscrit dans la suite logique de l' hypnagogic-pop ou de l' Hauntology. Esthétiquement on retrouve encore sur une majorité de titres ce souffle qui donne la sensation d'une musique étouffée. Les craquements semblant provenir d'un très vieux vinyl ou les glitchs électroniques d'une technologie récentes déjà dépassées. L' utilisation des synthés en mode new age et lo-fi. Le détournement encore et toujours. La curiosité toujours. "Hear Me Out" et son motif dominant renvoie à un passé et à des zones géographiques musicales bien éloignées de la culture occidentale actuelle. Origines africaine ou asiatiques ? Peu importe. Ce titre plus ancré dans les musiques dites "authentiques" et plus "ancienne" est suivi par ""On the Embankment" où la modernité via l' électro apparaît. Mais comme toujours chez Huerco S. ce qui semble symboliser un passé plus proche, encore présent même, est traité ou plutot représenté lui aussi comme un artefact. Travail mémoriel comme dans "Colonial Patterns". L' influence amérindienne moins évidente se retrouve tout de même sur "Marked for life". "Promise of Fertility" et "The Sacred Dance" renvoie au Onehtrix Point Never des débuts et surtout à Laurel Halo pour l' aspect aquatique produit par les sons étouffés. La nostalgie, ou serait-ce qu' un intéret pour le passé dénué de regret, est ici un sujet de fond et non pas le médium utilisé habilement ou naïvement par les revivalistes qui tentent de se faire une place au soleil. Plus portée sur l' ambient, ou du moins plus sur un désir de faire une musique ambient plus assumé, Huerco S. vient de s'inscrire dans la grande histoire de ce genre en y apportant une pierre à l' édifice pas prête de s' effacer par l' érosion.
- HUERCO S ou, devoir mémoriel pour l' ambient
Huerco S revient et a définitivement quitter le dancefloor opaque de son génial "Colonial Patterns" (cf ici). Le brouillard l' a suivi et ce sont les plaines de son Kansas natal que nous découvrons encore plus profondément au cours d'un voyage méditatif passionnant. Et ce coup-ci le souvenir du tumulte techno de la lointaine Detroit s 'est définitivement estompé laissant la place à d' autres encore plus enfouis dans l' histoire des musiques. "For Those Of You Who Have Never (And Also Those Who Have)" sortira le 24 Juin et je peux déjà vous assurez qu'il sera un parfait compagnon pour nos siestes ou nos soirées étoilées cet été. Si votre corps ne risque pas vraiment sursauter ou se trémousser contre votre grès devant l' aspect ankylosé des titres votre esprit non perturbé ne risque pas non plus la lassitude au cours de son périple. Cet album de neuf titres est un ensemble de musiques plus variées qu'il n'y parait sans que cela ne perde en cohérence. Beaucoup moins porté sur la rythmique, ou du moins moins caché derrière, ce disque comporte encore bien la signature Huerco S. Depuis ses débuts il s' inscrit dans la suite logique de l' hypnagogic-pop ou de l' Hauntology. Esthétiquement on retrouve encore sur une majorité de titres ce souffle qui donne la sensation d'une musique étouffée. Les craquements semblant provenir d'un très vieux vinyl ou les glitchs électroniques d'une technologie récentes déjà dépassées. L' utilisation des synthés en mode new age et lo-fi. Le détournement encore et toujours. La curiosité toujours. "Hear Me Out" et son motif dominant renvoie à un passé et à des zones géographiques musicales bien éloignées de la culture occidentale actuelle. Origines africaine ou asiatiques ? Peu importe. Ce titre plus ancré dans les musiques dites "authentiques" et plus "ancienne" est suivi par ""On the Embankment" où la modernité via l' électro apparaît. Mais comme toujours chez Huerco S. ce qui semble symboliser un passé plus proche, encore présent même, est traité ou plutot représenté lui aussi comme un artefact. Travail mémoriel comme dans "Colonial Patterns". L' influence amérindienne moins évidente se retrouve tout de même sur "Marked for life". "Promise of Fertility" et "The Sacred Dance" renvoie au Onehtrix Point Never des débuts et surtout à Laurel Halo pour l' aspect aquatique produit par les sons étouffés. La nostalgie, ou serait-ce qu' un intéret pour le passé dénué de regret, est ici un sujet de fond et non pas le médium utilisé habilement ou naïvement par les revivalistes qui tentent de se faire une place au soleil. Plus portée sur l' ambient, ou du moins plus sur un désir de faire une musique ambient plus assumé, Huerco S. vient de s'inscrire dans la grande histoire de ce genre en y apportant une pierre à l' édifice pas prête de s' effacer par l' érosion.
- Ital Tek ou, le curateur du présent et du futur.
Ital Tek nous est revenu cette année avec "Hollowed". Disque génial dont je vous avais déjà parlé dans l' article concernant un autre "curateur" du présent et du futur, Antwood. Ital Tek est un "curateur" mais un bon "curateur". Le terme curateur fait référence aux commissaires d' expositions. Quelqu'un qui regroupe les oeuvres, étudie un art ou un artiste pour les offrir au public. Simon Reynolds écrivait il y a quelques années que bon nombres de musiciens étaient des curateurs du passé. Il piquait dans l' histoire et nous recrachait ce qui leur y avait plu. Tel quel sans aucunes originalité. Les yeux dans le rétroviseur et surtout pas porté sur le mur qui approchait. Choc imminent à prévoir. Quand Reynolds développa sa thèse sur le constat peu reluisant de l'industrie musicale et du rôle de la musique post-internet on était pas nombreux à s'y retrouver. Personnellement il prêchait un convaincu depuis la fin des 00's qui était déjà passé à l' attaque avec la création de ce blog. Il me confirma donc et renforça ma volonté d' aller en quête de musique du future et mon refus du "déjà fait". Fallait chercher outre le déballage nostalgico-gaga-commercial et les niches stylistique que nous offrait les médias et l'indiustrie du disque. Ou du moins Reynolds m' aida à assumer totalement et à agir, donc à lutter en logique au quotidien dans notre façon de parler, écouter et partager notre passion. DWTN c'est ça tout simplement. On l'est toujours pas, nombreux. La majorité se contentant de faire l' autruche et de ne pas voir le danger pour la musique dont Reynolds faisait l' amer description. Avant ou après ce sont des musiciens qui entreprirent la marche vers du futur arrêté par d' autres. Ital Tek n'est pas journaliste mais musicien. Lui aussi s' inspire de son savoir, de ses connaissances pour les remettre dans sa musique. Sauf qu'il est exactement le contraire des passéiste/réac vilipendés dans ce blog et cités par Reynolds. La première fois qu'il est apparu dans ce blog c' était déjà en 2012 (voir ici ). Il y était question de footwork, du maximalisme de Rustie, du détournement stylistique des jeux vidéos par Gatekeeper avec ses nappes de synthés vintage tellement utilisés d'une nouvelle manière. Tout sur quoi DWTN avait craqué depuis 2010. Des musiques nouvelles, porteuse de nouvelles approches ou d' esthétique anti-rétro-indie. Reynolds voyait dans la rétromanie un truc de la middle-class blanches occidentales. Celle qui par exemple détient les clé des médias indies actuels (Pitchfork, Inrocks, New Noise). Et curieusement, le footwork, le post- grime anglais et l' UK Bass dans son ensemble. Tout ces truc "ghetto" étaient ou sont toujours à peine traités par nos journalistes. Comme du reste des genres "difficiles" comme la noise, l' indus ou la dark ambient. Genre surtout non commerciaux par excellence. Complexe de supériorité raciale et social? Je vous laisse juge mais retenez que souvent ces genre sont nommés par le terme de ..."sous genre". Un jour la presse musicale blanche devra m' expliquer comment un sous-genre peut devenir un "genre" à part entière dans l' océan de musique et d' information qu'est le net. N'ont-ils pas un rôle de défricheurs à jouer? Rôle pédagogue de passeurs? Rôle abandonné depuis longtemps. Ital Tek s' est souvenu que ce rôle pouvait être tenu par les artistes. Pas de "sous-genre' pour Ital Tek (Alan Myson) en 5 albums et énormément de ep. Tout est bon à prendre. A écouter. A découvrir. Ital Tek est apparu à la fin des 00's dans la queue du dubstep, genre certes teinté de nostalgie par son esthétique (comme l' hypnagogic-pop ou l' haunthologie) mais genre totalement novateur par son approche et ses techniques artistiques. Ital Tek devint avec ses trois premiers albums un lien entre la musique originale des 90's (l'idm) et celle de cette décennie, le dubstep. Il y mêlait bien d' autres chose toutes issues de cette musique urbaine anglaise ou américaine (techno underground, house déviante, glitch, dub bruitiste, grime, jungle). A partir de 2010 la trajectoire de Ital Tek continua a s'inspirer du passé mais s' accéléra et pris un virage brutal en direction des dancefloors et du futur en devenant une vitrine d'un nouveau courant apparu en Europe via son label Planet Mu. Lui et ses potes avaient découvert le footwork. Sa musique devint plus dansante, plus vigoureuse. Elle lorgna aussi plus sur l' Uk Dance. L' idm et le dubstep n' étaient présents que par des traces résiduelles des décennies passées. Il devena un réceptacle parfait de tout ce qui faisait en nouveauté dans l'underground urbain des 10's. "Nebula Dance" fut une claque et démontra en quoi le Footwork à peine cité dans les médias n' était pas qu'un simple "sous genre". Son aspect avant-gardiste et les possibilités créatrices qu'il offrait étaient chez Ital Tek exploitée avec succès. "Control" en 2013 confirma l' amour du bonhomme pour la musique de Chicago et sa volonté de tenter toutes les possibilités offertes. Le footwork se trouvait confronté au Purple Sound que l'on nomma aussi le "Maximalisme". Ital Tek tissa les liens évident entre l' enfant des Rashad, Rp Boo ou Traxman avec le grime ou la Trap et la Wonky. Ital Tek est quelqu'un qui refuse de se reposer sur ses lauriers doublé d'une insatiable curiosité. Toujours en quête de nouveauté, de nouveaux univers. Surtout ne pas se répéter. Avec "Hollowed" il opère un nouveau virage. Gardant toujours des traces de ce qu'il utilisa pendant les deux première périodes de sa carrière Ital Tek s' intéresse à une avant-garde musicale quasi absente des dancefloor. A d' autres ambiances. Le climat du disque est peut être pas autant énergique que les précédents mais il est plus lourd. Plus dark. A la fois plus hypnotique, planant et étouffant. Plus spatiale. Encore plus futuriste. Plus spirituel. Un violoncelle très Haxan Cloak clôture l' inaugural "A delicate Balance" après une très lente montée synthétique. Les voix numérisées des choeurs médiévaux de "Redeemer" terminent leur chemin dans un no man's land industriel. "Beyond Steel", lui aussi lente montée en direction l' espace, confirme l' abandon des pistes de dance pour des laboratoires planqués dans des usines désaffectées et sinistres. Il y a du croisé Roly Porter et Paul Jebanasam. "Terminus" et "Cobra" c' est du Vatican Shadow en light mais autant terrifiant. "Memory shard" a plus à voir avec Oneohtrix Point Never que Rustie ou Dj Rashad. Arrivé à la fin du disque on ne peut que constater l' étendue du changement et le fait qu' Ital Tek a peut être fait de la meilleur des façons son travail de curateur d' artistes et de musiques. Il vient de pondre son oeuvre la plus abouties, futuriste, avant-gardistes et importante jusqu'à ce jour. Un bon passe pas trop contraignant pour le présent et le futur à l'intention des retardataires.
- Elon Katz ou, quand Diagonal Records trouve l' antidote à LCD Soundsystem et aux années 00's
Merci Oscar Powell et Diagonal Records d' exister. Merci encore une fois. Après Not Waving et son déjà classique "Animals" puis la déculotté infligée par In The Mouth of The Wolf en à peine trois titres c 'est au tour du dinguo Elon Katz de nous retourner l' esprit. Outre le fait que cet américains est un sacré comique au point d' accompagner son ep d' un mode d' emploi scato typiquement Jean Louis Costes il sera surtout et à tout jamais la première sortie Diagonal avec des des paroles. On reste tout de même chez Powell le fan d' EBM donc la touche pop venant des vocaux Katz ça va pas non plus plaire aux fillettes poppy ni aux drogués de songwritting classique (Pop, Rock, Chanson, Rap etc etc). En écoutant ce disque et surtout en y détectant certains points communs on pense très fort à l'un des pygmalions des années 00's revivalistes, James Murphy et son LCD Soundsystem. Et vous savez quoi? Le culte autour du petit père des peuples Bobo/Hipsters qu'est Murphy ne s' en relèvera pas tellement Kartz appuie là où ça fait mal. Si Murphy fut le roi dans années pastiches, Kartz, même dix après, devient bizarrement la version originale, sans compromis et donc révélatrice de bien des dénis ou mensonges véhiculés par ou autour de LCD. Le communiqué de presse de Diagonal parle de "citric pop". Par la référence à l' acide il faut éviter de ne voir que l' aspect destructeur de l' acide. Même si c'est aussi un peu le cas au point qu'un site a confondu et écrit "Critic Pop". L' acide citrique est aussi et surtout utilisée pour ses qualités d' exhausteur de goût, D' intensificateur. La musique de Katz c'est exactement ça. Il intensifie de vieilles références pour créait une pop fêlée qui repris la rigueur originelle perdu avec le fil du temps et des pastiches. Chez ce type on retrouve le même mode opérationnel que chez James Ferraro, OPN et bien d' autres croisés dans ce site. On fait les poubelles de l' histoire, celles des outsiders comme celles des champions, on détourne, on maltraite et on te recrache le tout en inventant un nouveau vocabulaire musical qui ne se limite surtout pas à l' excuse estampillé 00's, le "post-modernisme cache misère idéologique". Avec "Immovable" tout est là. Le début avec crachats électros et quelques notes synthés maximalist. Ce disque a son âge, celui des années numériques 10's. Du post-club ou du Onéohtrix Point Never dernière livraison. Un peu mais pas seulement. Le chant déboule et la voix y est transformée, "déshumanisée". Le phrasé qui suit évoque Prince, ou David Bowie ou... Un pastiche vocale....Ben en résumé Pépé James Murphy quoi! Mais attention, pas de montée lente débouchant sur un orgasme dancefloor comme chez LCD. Pas d' emprunt entier de l' espace sonore ou du style Brian Eno des débuts ou de sa collaboration avec Bowie comme LCD en a fait trop. De toute façon Katz n' est pas Murphy déjà parce que ses influences sont autant à chercher dans des musique plus agressives (indus), moins "divertissante" (la No-Wave), percutantes et flipantes car martiales (l' électro body music de DAF). Malgré tout ses hommages à Mark E Smiths de The Fall réécouter Murphy en 2016 donne la sensation vraiment frustrante de tomber sur du post-punk light. L' aspect anti-pop/rock donc anti-commerciale/divertissement de certaines formations y est bien mis de coté non sans un peu malhonnêtement se revendiquer de toute cette mouvance. Et tout ça sur le dos de la culture dancefloor. D 'ailleurs tout aspect politique, artistique ou sociétal du post-punk sont également absents ou rabotés . Pas étonnant que LCD pour sa reformation puisse taper l'incruste à Coachella parmi bon nombre de réprésentant mainstream et être demander par les gros festivals. No risque ! "Immovable" est donc un sacré travail de déstructuration d' éléments du passé en confrontation à des attaques sonores inopportunes. James Murphy est encore pris la main dans le sac et un truc auquel personne n' avait vraiment voulu voir chez lui apparaît. James Murphy aimait pasticher le passé, souvent fort bien, mais c' était un passé déjà bien éloigné. Sans risque. Fin 70's et un peu fin 80's. Soit Plus de quinze ans après les faits. Un passé bien rentré dans les habitudes d' écoute. Un passé finalement devenu inoffensif. Il disait adorer l' électro autant que le rock. Mais l' électro purement dansante. Curieusement pas une seul trace d' IDM Autechre ou Aphex Twin dans LCD. "On ne peut pas tout aimer" me direz-vous. Certes, je rajouterai on ne peux pas tout aimer et copier surtout si c' est un brin tordu et "pas facile" à relancer au plus grand nombre. C'est peut être ça que le ep de Kartz démontre le mieux au sujet de Murphy. Une musique refusant toute confrontation avec son époque et ne se contentant que de l' accompagner de coté avec pour étendard contestataire la nostalgie. Au sujet d' Aphex Twin j' ai lu ce truc si juste qu'il vient peut être du type lui même: «les débris de structure et la provocation» La grande différence là voilà. Et voilà pourquoi LCD n' a rien changer ou du moins tenter de changer. D'ailleurs quand on relit les vieilles interviews de Murphy on s' aperçoit de la gène du bonhomme dès que le mot originalité se pointait. Parfois il s'est même mis en colère. Si il n'y a pas d' originalité alors la musique sera fatalement hors de son époque et perd donc de son rôle "rebelle". Et voilà que cet inconnu d' Elon Katz (pas si inconnu que ça cf ses projets pour Hyppos in Tanks) nous offre du LCD Soundsystem rebel et revendicatif en version post-club et expérimentale. Du LCD original n' ayant plus besoin de maquillage moderne. Un journaliste a parlé d'un improbable LCD version PAN records. Revenons au titre "Immovable" et ce putain d' ep, "The Human Pet". Quand la voix évoque le plus celle que Murphy prenait après les montées au moment où LCD atteignait l' euphorie et bien Kartz dans un geste post-punk provocateur et tant Janus/Berlin fait dérailler le train pour conclure en eau de boudin. "You Are Alone" prend la suite. Toujours du LCD un peu étrange, répétition d'une phrase, petit pont et quand LCD poussait à la danse le titre s' arrête et nous plante en plein zone numérique planante et étrange. La phrase reprend mais transformée, parasitée par des sons venus d' ailleurs. Le fan de LCD venu pour danser va pas comprendre et l' organisateur de festival s' apeurer. Fin du spectacle ! Le morceau titre prend le relais et passe à la moulinette l' EBM. Coupure, rythme martial mis à mal. On ne peut pas danser encore une fois et Kartz ça le fait marrer de nous frustrer. Avec ce titre on comprend bien pourquoi Powell l' a signé. Plus loin "Unamed" et "Clean Cash" dévoile un Kartz jouant avec le passé de la même manière mais laissant une place des territoires encore plus étranges. Elon Kartz tape très fort. Son disque est à faire écouter d' urgence dans les hospice pour Indie-popeux/électro dans le déni de la vieillesse et de leurs actes manqués. Un déni qui les coupe du monde et des nouvelles musiques un peu plus chaque jour. Et une fois de plus avec un disque DWTN se dit que oui! Putain! Qu'elles furent horrible ces années 2000 totalement nostalgique et copieuse, ces filles du cynisme des 90's qui n'ont pas vu ou voulu voir arriver l' inévitable. La fin d'un système économique emportant tout sur son passage, le drame écologiste et la révolution numérique. Ces odieuses années où l' originialité et le courage artistique était balayé d'un revers de la main par des crétins au seul profit des aspects divertissants et commerciaux. Ces odieuses années où le libéralisme a fait entrer dans les têtes de toutes les couches de la société, et même de l' underground, que la musique n'était porteuse que de plaisir auditif et surtout pas de fond. Cerains se plongèrent dans le sectarisme stylistique comme d' autres crachait leur tune pour aller s' éclater en festival et ne surtout pas se poser de question. La redite était la norme. C' est de tout ça que LCD Soundsystem sera à toujours la parfaite bande-son. Une bonne bande son certes. Mais une bande-son faite par des autruches dansant la tête dans le trou. PS Retour rapide sur les deux tueries 2016 made in Diagonal déjà abordées par ici Et rassurez-vous! Comme Elon Kartz, Not Waving et In The Mouth Of The Wolf ne sont pas prêt d' être sur la grande scène de Coachella dans quinze ans après une réformation cynique.
- Peter Rehberg aka Pita ou, quand une légende revient chahuter l' expérimentation
Une légende de la musique d' avant-garde revient et nous rappelle qu'en 1995 il avait 20 ans d' avance. Le post-club de Berlin et d' ailleurs vient de trouver un autre grand-père avec Peter Rehberg aka Pita. Si son nom ne vous dit rien sachez que vous avez à faire à une quasi "institution", un truc obligatoire pour tout ceux qui disent aimer l' électro . L' homme de Mego est enfin revenu aux affaires sous son pseudo symbole de ses plus belles oeuvres. L' autrichien est un héros de la musique "d' ordinateur". Un des premiers a utiliser et à assumer le numérique d' une manière sidérante et réussie. Un terroriste sonore pour la bonne cause. "Get In" sort ces jours-ci et c' est une sorte de préquel à la nouvelle génération de musicien informaticien. Les Holly Herndon, Ash Koosha ou M.E.S.H. entre autres. Il y a beaucoup de trace de lui chez des Roly Porter ou Jenanasam par exemple aussi. Rehberg était apparu dans la trace de l'IDM des Autechre et APhex Twin. Avec ses albums "Get out","Get Down" et "Get Off" il influença et marqua bon nombre par son goût du glitch , du drone, de l'indus et d'une certaine noise expérimentale. "Get in". Si bien sûr le temps a fait son effet le type reste une tête au dessus du peloton des poursuivants. Il avait de toute façon une tel avance que seul les cadors contemporains pourront s' accrocher à sa roue. Sur "Get In" on alterne des instant planant et des décharges sonores toutes remplie de trouvailles plus hallucinantes les unes que les autres. Comme en 1999 ce type a le dont de vous faire aimer par ses idées géniales ce qui devrait vous faire fuir pour vous réfugier dans les mélodies si rassurantes de musique moins "difficiles". 20150609 c 'est du Rashad Becker "cool" et "flashy".. La recette reste la même. Alternance de l'aspect drone appaisant par de l' ambient glitch légère et progressivement on se retrouve dans l' industriel et l' électro-accoustique la plus étouffante et parfois brutale ("Aahn"). Le label Mego. Inutile de vous faire la liste totale de ses signatures tellement on lui doit bon nombres de joyaux. Oneohtrix Point Never, Fennesz, Iannis Xenakis, Jim O'Rourke, Mark Fell , Prurient etc etc. Pourquoi ce label attira tous ces grands noms? Simple. Allez écouter le dernier Pita et vous allez comprendre. Ticket obligatoire pour les tops de fin d' année.
- ANTWOOD ou, un disque de l' avant-garde électro réconciliant nature, humanité et la technologie.
Regarder la pochette du premier album de Tristan Douglas (aka Antwood) comporte quelque chose de troublant. Cette main? Artificielle ou humaine ou encore, devrais-je plutot dire, naturelle? Une pierre en forme de main. Diantre! La nature s' amuse a parodier l' humain. On sait bien que c'est le contraire depuis toujours. Passons. Mais tout de même. Ça vous titille pas les neurones cette histoire de pierre évoquant une main provenant d'un corps. Un corps semble-t-il anormal, usé, malade? Mourant? Et si la pierre mourait? Non ? Bon d' accord. Mais si on faisait le même lien entre l' humain, toujours, et ...la machine ? Et si par un tour pendable de la psychologie humaine on associait l' humain et la nature et on les opposait à la machine? La machine qui faut se le rappeler l' enfant de l'homme, de sa technologie. L' homme a peur de la machine. De son oeuvre. Ce truc m' étonnera toujours parce qu'en définitive. C'est pas de la machine qu'il faut avoir peur. Depuis quelques temps DWTN ne vous parle sans cesse de ces nouveaux artistes qui, sans devenir des naïfs ou de candides utopistes, nous redonnent goût à la technologie en musique. Ou plutot, à l' instar de bon nombre de leur contemporains, se l' accaparent pour créer une nouvelle musique toujours en symbiose avec la nature humaine et le présent puis le futur. Antwood déboule avec son "Virtuous.SCR" et offre un disque récapitulatif de ces 5 dernières années en matière d' innovations, d' expérimentations et de visions révolutionnaire politique et esthétique. Si vous ne voulez pas rater le train du présent en direction du futur c'est le dernier départ du jour. Après? Vous restera que le passé. Vite croisé l' été dernier sous le trompeur pseudo de Margaret Antwood pour un ep prometteur le bon Antwood en signant sur Planet Mu a décroché le pompom niveau visibilité médiatique. Et ça marche dans les deux sens. Il remet en tête des labels défricheurs celui qui nous avait offert le footwork puis, s' était un peu trop reposé sur ses lauriers en passant un peu à coté de bien d' autres révolutions sonores. Retard un temps rattrapé sur le nouveau grime futuriste avec Mr Mitch mais pas l'once d'un fils spirituel de Lopatin, Ferraro ou Halo (l 'école de New York), pas de post-club des Jarnus, loupé sur le Gqom. Pas non plus de cousin à Arca, de suiveurs des PC Music ou d'une Elysia Crampton. Et très peu de la mathématique spatiale à la Roly Porter et Jebanasam et encore moins du maximalisme de Jam City ou Rustie (les deux grands fouteurs de merde made in England des 10's, c' est eux!). Faut dire pour la défense de Mike Paradinas que l' histoire s'est franchement accélérée ces 3 dernières années. Mais ouf ! Planet Mu est sauvé grâce à ce Antwood. Enfin pas tout à fait parce que comme d' habitude c'est iTAL tEK qui se chargea de la remise à niveau avec son dernier album "Hollowed" plus portée sur l' avant garde définie plus haut. Moins de footwork mais on ne peut pas tout avoir ma pauv'dame. On n' a donc pas trop vu venir Tristan Douglas mais lui par contre il a bien vu ce qu'il se passait. Son disque en est la preuve ultime. On croise sur cette histoire d' intelligence artificielle sur fond e nature tout ce que l'on aime par ici. Les synthés new age post hypnagogic de l' école de New York. Y'a même les jingle publicitaire du fouilleur de poubelle Lopatin. Le mélange des sons cybernétiques avec ceux compressés de la matière issue de Mère Nature. Ash Koosha va aimer aussi la présence de l' eau. Jebanasam et Porter idem avec ces rythmiques arrivant puis repartant et cette foutue diversités des sons utilisés! Peut-on danser sur le machin? Ben...on sait plus. Un coup oui puis l'instant d' après, non. Janus, Berlin et Rabit, je vous présente votre nouveau copain ! Les voix transformées de "Anthracite" ont de quoi plaire à la mère Herndon (Holly). Ou serait-ce à Elysia Crampton avec leur petit coté tribale pré-occidentalisation australe. L' ensemble est strident, tape à l' oreille comme tout ce qu'on aime. Ça y ressemble beaucoup. Un peu trop? Que dire d '"Overlay Network". Hommage un peu trop dans la citation du grand "Classical Curves" de Jam City ? Et quand on retrouve des samples déjà croisé chez Lotic du coté de "Prototype Ha" avec l' ambiance dark/dystopique et bien ça fait un peu trop. C'est peut être ça le défaut de ce disque. On est en terre connue appréciée et justement, c'est pour éviter ça qu'on écoute les artistes cités. Mais après tout, à y regarder de plus près, le bonhomme y apporte sa touche perso et voyons l' ensemble comme un disque somme de la putain d' accélération que vient de subir l' électro expérimentale ces 5 dernières années.
- ELYSIA CRAMPTON ou, l' art de traverser les fossées de l'esprit.
Il est beaucoup question de Elysia Crampton (aka E+E) ces derniers temps. Signature chez des potes de James Ferraro, le label Break World. Réédition de son album "The light that you gave me to see you" sous pseudo E+E. Depuis quelques semaines elle livre régulièrement sur son soundcloud une passionnante suite de remixes à base notamment de titres de la prometteuse Kéléla . Travail de remixe débouchant sur de longues mixtapes dont le sujet est la révolution des Aymara en Bolivie. "Dissolution of The Sovereign: A Timeslide Into The Future" la voit aborder plusieurs thèmes qui lui sont chers. Le colonialisme en Amérique du Sud, le lien entre Passé-Présent-Futur et un soupçon de science-fiction. OUPS! ... ARGH !!!!!!!! Commencer cet article comme ça est injuste et totalement à coté de la plaque. Elysia Crampton dans mon petit cerveau passablement abîmé de junkie musical c'est l' équivalent d'un Ariel Pink, d'un Daniel Lopatin ou d'une Holly Herndon. De plus je vais perdre bon nombre de lecteur. Certains vont se dire : "oh encore un truc froid d'intello pour salle d' expo d' art contemporain". A ceux-ci je peux vous affirmer qu' écouter Elysia Crampton est tout autant chargé en émotion et en hédonisme que se taper un vieux titres de Morrissey, de PJ Harvey ou de Nick Cave. D' autres vont lire ça comme une énième news sans réel fond d'un blog musicale concernant un artiste inconnu. Une news de plus dans l'océan d'informations numériques et des sorties surabondantes de disques. Bordel!!! J' écris pas sur le 256ème groupe a vouloir ressusciter le shoegaze de mon adolescence, j' écris pas sur le 6215 ème chanteur américain voulant être le nouveau Dylan. J' écris pas sur le 456ème rat de discothèque qui se pointe avec un truc réussi mais uniquement le fruit d'un assemblage de choses mille fois entendues. Je vais écrire sur une femme aussi importante qu' Holly Herndon pour le présent, que Kraftwerk ou que Ian Curtis pour le passé. Un truc qui a changé ma vie comme Madchester, MBV ou l' électro. Rien que ça!!!! Si j' ai décidé de vous parler de cette artiste aujourd' hui c'est après 3 bonnes années d' une passion foudroyante. Une passion non partagée parce que ce fut une expérience artistique si forte qu 'elle a touché l'intime. Vous pouvez chercher il n'y a pas d' article sur cette artiste Bolivienne de naissance et résidente une grande partie de sa vie des Etats Unis. C' était trop compliqué, trop difficile, trop à raconter, trop de ...tout! Il y a tout chez Elysia Crampton et surtout, il y a l' avenir. Par contre fallait quand même laisser une trace. Un détail en espérant qu'un type ou une fille au fond de la cour me fasse le fameux clin d' oeil de ceux qui partage un secret. Ainsi chacune de ses sorties discographiques se sont vues classées dans mes top annuels. Pour parler d'une artiste il faut parfois bien du temps avant de comprendre son oeuvre et sa portée. Réaliser à quel point les conséquences vont être durables. J' ai mis quatre ans pour les cas Ariel Pink et Daniel Lopatin via ce qui se passait avec l' hypnagogic-pop et toute ses soeurs et filles stylistiques. Quand c 'est important on ne peut pas le traiter à la va-vite comme s'il s' agissait d'un énième pastiche du passé de la musique. L' afflux de particularités et de nouveautés que Crampton apporte dans le paysage musicale s'est souvent apparenté à un trop plein d'informations et d' émotions en très peu de temps qui plus est. Trop à digérer et ensuite à tenter de retransmettre. Comment écrire la-dessus à tête reposée face au gigantesque choc provoquée par sa musique, l' emprise émotionnelle , la complexité et la diversité des sujets abordés,. Comment rendre "cool" ce non-conformisme entraînant une appréhension paralysante au moment du partage. Comment faire comprendre qu'il faut aller bien au-delà des risques d' interrogations et d' incompréhensions du chroniqueur enthousiaste et qu'en plus on risque ne récolter qu' un refus malheureux chez mon interlocuteur. Enfin, comment ne prendre en compte le parcours hors normes de cette jeune femme transsexuelle d' origine indienne. Qui plus est une ancienne travailleuse du sexe. Et vous pouvez me croire, j'en oublie! L' assimilation aura finalement était très lente, 3 ans ! Mais prendre un certain recule face à une tel oeuvre magistral, rentrer dans l'univers de l'une des artistes les plus révolutionnaires et talentueuse de la musique expérimentale et underground version post-internet, ce n' était que nécessaire. La vraie nouveauté laisse toujours un goût d' effroi, une insécurité et un trouble profond. Parfois même ça ne saute pas aux yeux. Elle apparaît même "moche" dixit certains. En 2016 comme en 1976. 1976 par exemple. Manchester Juin 1976. Quand les premiers spectateurs Mancuniens des Sex Pistols ne savaient pas à la fin du concert si c'était "de la bonne zique", "si le concert était réussi" ou encore si le son "était bon". Peter Hook parla d'un son inaudible, Morissey d'une attitude "agressive " pour décrire le groupe sur scène. Tony Wilson d'un "set bâclé en même pas une demie heure sans aucuns compromis aux coutumes du spectacle (rappel, applaudissement etc etc )". Des jugements qui en 2016 sont symboliques dans nos esprits de concert raté ou de truc chiant parce que ne répondant pas à nos critères actuels tant influencés par cette putain de société de spectacle. Face à autant d' agressivité sonore inédite, face à ce trop de tout, trop de vie et de rage, de "jamais vu et entendu" les "chanceux" de 76 ne savaient qu' une seule chose les concernant , peut-être l' essentiel de ce que l'on doit attendre de la musique : "PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT". L' effet Pistols du 4 Juin 1976 au Lesser Free Trade Hall version Elysia Crampton se sera un soir d' été 2015 en écoutant "Petrichrist". Pour moi ce "Petrichrist " est l'un des titres les plus importants de la décénie. Je place ce titre au même niveau que certains d' Oneohtrix Point Never pour les 10's, d' Aphex Twin pour les 90's, du Talk Talk de la fin 80's et on va s' arrêter là en nommant Can pour les 70's. Un monstre d' emphase, d' agressions sonores numériques, un produit technologique et en même temps une oeuvre porteuse d' une humanité forte , d'une sensibilité absolue et fruit d'une réflexion pertinente rarement vue de nos jours. Quid des american-native dans les States du 21 ème siècle? Quid de la question transsexuelle? Le futur et le présent rencontrent le passé, La technologie moderne se confrontent aux racines de chaque être humains et donc, à mère nature. La culture populaire la plus "dévalorisée" se mêle à l' expérimentation jugée "sérieuse" la plus intransigeante . Le "bon goût" au "mauvais goût". Les légendes du passé comme celles issues de la science-fiction servent à mettre en relief la réalité contemporaine et l' explique comme rarement c'est le cas de nos jours. Quelqu'un pour définir les travaux si d' Elysia Crampton a parlé de collage sonore homérique. Comme l' oeuvre antique c'est une véritable aventure au sujet de laquelle il y a tellement à dire. Tellement de sujets abordés. De plus, faire référence à l' Antiquité européenne au sujet de cette descendante amerindienne a quelque chose d' ironique si pas sarcastique quand on penses à ce qu'à fait (font!) subir à son peuple justement les héritiers européens. Alors qu'y trouve-t-on dans ces collages sonores présents sur l' album "American Drift"? Les gimmicks des radios latines américaines, une fabuleuse boucle d'un rythme folklorique Boliviens aux origines pré-colonisation et allant crescendo pour porter l' émotion à un niveau rare. Le couplage sans gène subi par ce folklore à des stimulus numériques du 21 ème siècle , des sortes d' agressions surnaturelles et futuristes, puis enfin des nappes de synthés planantes venant d'une autre époque que l'on qualifiera "intermédiaires" (les 80's). C'est un voyage temporel, géographique, sociale et trans-genre digne de celui d' Ulysse qu'offre Crampton. Un voyage dans sa vie, celle de sa famille, de son peuple, du notre, bref, de notre histoire à nous tous. Ma première rencontre fortement émotionnelle et ressemblant à un choc artistique des genres avec elle date de la sortie fin 2013 début 2014 de l'unique album de son projet E+E, "The Light That you gave me to see you" . Ce qui me marqua le plus était la succession de titres faussement joyeux hyper surchargés et d' autres très dark, sobres et planant. Le trop-plein de "Big Fire"face à la fausse zénitude/variétoche d' "Omega". La recette concernant "Big Fire" est la même que celle de "Pétrichrist". Rythmes Sud-américains numérisés et sur-compressés. Boucles devenant de plus en plus hypnotiques et émotives. Jingles radios encore une fois. Richesses et diversités des sources sonores toujours. Le collage sonore, vieille technique musicale du 20ème siècle commencé avec des bandes magnétique ne s'en remet pas. Je suis curieux de savoir comment réagiraient les papas du genre, les Xénakis, Cage et compagnie. Ce que l'on appela plus tard du sampling prend encore ici un sacré coup de reliefting. Notre satané référentiel culturel déjà mis à mal pour le plus grand bien de notre ouverture d' esprit le sera encore plus avec "Omega". Confiture dégoulinante venant de la pop couplée à des synthés dark dignes de Twin Peaks et au son strident de ...Formule 1 !!! Elysia Crampton en tant que fan de bagnoles en remettra une couche avec son clip de "Fire Gut". Et oui chers Européens, l' intrusion de la culture populaire dans la musique pop moderne ce n'est pas seulement une référence aux Simpson ou au foot. Plus loin elle fait chanter une mièvrerie de Rihanna à une de ses copines sur fond de piano lugubre avec encore des interaction numérique venue de nul-part mais rajoutant à l' aspect "bizarroïde" de l' ensemble. Rihanna tirée par le string dans l' antre de Dominick Fernow ou Demdike Stare. En grattant plus on sent une passion pour des genres musicaux issus souvent des ghettos. Des styles traités trop vite de "sous-genre" car souvent dénigré par l' intelegencia indie blanche dominante dans les médias musicaux. C'est quoi cette vision journalistique occidentale consistant à élaborer un système hiérarchique pyramidale des genres et scène musicaux? Il y a chez Crampton le crunk du Sud des States, le r'n'b "pour supermarché ou ados hystériques". Elle avoue aussi s'inspirer fortement de que l'on nomma autrefois la Tribal House, de la version digitale de la Cumbia et enfin on apprend grace à elle l' existence d'une scène psychédélique et métal riche du coté de sa Bolivie natale et du Pérou. Pour le Pérou et son électro la compile "PERU BOOM : Bass, Bleeps and bump's from Peru's electronic underground" classé l' an dernier par DWTN nous avait prévenu. Tout comme au sujet du psychédélisme les voisin chiliens Föllakzoid & The Holydrug Couple (cf ici). Pour le reste c'est découverte sur découverte. Comme Daniel Lopatin elle dit chercher dans les poubelles musicales et culturelles. "American Drift" c'est la version trans-latino-folklorique de "Garden of Delete". Au coincé du bocal je préviens que la rencontre de certains titres et leur contenu va mettre à mal leurs certitudes sur ce qu'est le "bon goût". Vous trouviez qu' Ariel Pink c'était parfois "bizarre" et les emprunts de Lopatin à prendre avec des pincettes. Vous n' avez rien entendu encore. Crampton tape encore plus profond et transforme les détritus du capitalisme et du colonialisme en des pépites irréelles capables de réinventer le vocabulaire musicale contemporain. Elysia Crampton s' inscrit dans cette nouvelle indie-music (tant décrite dans ce blog) qui a balayé les valeurs esthétique d'un autre âge (les 80's et 90's avec leur goût pour la chaleur analogique et la nostalgie). Que de points communs avec la post-club des MESH ou Brood Ma et sa version orientale via Ash Koosha. Que de rapport avec les programmes politico-socios et sexuels des Lotic et Arca. Elle aussi prouve s'il en est que l' avenir de la musique "pop" n'est plus à chercher toujours dans les même endroits qu'en 1960, 70 ou 80. Proche d' elle j' avais déjà cité Diamond Black Hearted Boy, aka Chino Amobi, personnage intriguant et passionnant qui amène également au même constat de changement. La tarte à la crème world music journalistique servant le plus souvent de bouche-trou exotique n' est plus une blague mais une réalité. Ash Koosha et l'Iran, le Gqom Sud Africain, le Skri-Lankais Paul Jebanasam, le footwork et la juke culture Japonaise et Russe ou le croisement électro europe/afrique via Lisbonne et sa Cargaa. La mondialisation a fait son oeuvre et comme d' hab on avait vu que les mauvais aspects capitaliste en un premier temps. Enfin plutot les aspect ressentis par une petite partie de la population mondiale. Tout ces artistes nous dévoilent l' envers du décor et font un bien pas possible. Ils ouvrent de nouvelle portes s'en omettre de signaler le mal économique et culturel dont la mondialisation a été coupable entre les mauvaises mains. Rarement les leurs, souvent les notres. En octobre dernier Elysia Crampton participa au super festival polonais Unsound et marqua fortement l' assistance d' après les dires. Depuis, son nom apparait de plus en plus. Parfois on y parle plus de sa transsexualité ou de ses origines que réellement de sa musique mais cette dernière est tellement imprégnée de ces aspects de l' artiste que c'est plutot justifiable. Ses interview sont passionnante tellement la dame a à nous apprendre. Des artistes comme Rabit, Chino Amobi, Dj WWWW, Lotic, Evian Christ et MESH la citent ou l'utilisent pour leur mix. La clique mancunienne de Modern Love l' ont publié. Les projecteurs se portent de plus en plus sur des artistes proche par leur approche et leur style de la Bolivienne, Total Freedom et la clique NON,le fêlé Sentinel, le déjà vu par ici TCF ou Diamond Black Hearted Boy. Quant à moi cette musique ne me quitte plus et il ne se passe pas un mois sans qu' "American Drift" ne soit mon disque de chevet. Comme Dylan ou Cave jadis et OPN et Herndon de nos jours.
- AMNESIA SCANNER ou, un bon coup de pied au cul des toutous du dancefloor et le relifting réussi de
Quand des copains d' Holly Herndon et de la clique Janus sortent un disque fatalement faut s'y intéresser. Et fatalement c'est une expérience complètement fantastique et révolutionnaire. Je vous en avais parlé au sujet d' Ash Koosha. Trop peu à mon goût. Le travail de déconstruction de la musique de danse se poursuit du coté de Berlin. Travail de déconstruction aussi de tout ce qui a été fait, de toutes règles régissant la musique électronique, des conventions en matière de création musicale. Travail de déconstruction des idées reçues de ce qu'est l' INDIE MUSIC en 2016. Amnesia Scanner avec leurs potes Berlinois et d' autres ne font que poursuivre le chemin indiqué par l' école New Yorkaise (Lopatin, Halo, Ferraro), l' hypnagogic-pop et la vaporwave. Dit comme ça, certains vont crier au raccourcis trop rapide. Et pourtant. Comment face au 6 titres de leur premier ep "AS" ne pas tisser des liens ? Eux aussi utilise le détournement des sons de leur fonctionnalité originale via l'outil technologique (numérique) et le terrorisme sonore et le saccage de l'idéal analogique. Eux aussi falsifient les voix et rendent la parole humaine totalement inaudible. Eux aussi prennent donc en compte l'importance du numérique dans la vie quotidienne. De son intrusion partout. Dans tous les domaines. L' avalanche d' informations, cette saturation déformant les faits et notre appréhension de la réalité. Si la critique du néo-libéralisme n'est pas très claire et leur aspect revendicatif politique, culturel et sociologique moins claironné, ce duo s'inscrit puissamment dans l' héritage et réussit la performance de produire une musique à la fois foncièrement introspective, arty et dansante. A l'origine les finlandais Ville Haimala et Martti Kalliala nous offrait une techno plus fonctionnelle pour les pistes et puis de mauvaise/bonnes rencontres sont passées par là au cours de leur séjour Berlinois. Holly Herndon, la clique Janus entre autres. Il y a aussi eu collaboration avec le fêlé Mikky Bianco. Alors le discours s' est fait plus alambiqué. La musique est devenue plus aventureuse et le questionnement sur l' époque plus présent. Depuis peu la techno s' était muée en musique expérimentale un peu ambient et foutrement torturée par l'intermédiaire de mixtape. Ces types passés par le dancefloor se posent beaucoup de question justement sur ce dancefloor en 2016. Sa culture, ses codes et ses règles. Sur le monde en général aussi. Pour preuve leur travail effectué avec l' artiste visuel Harm Van Den Dorpel et l' important Bill Kouligas (fondateur de PAN records) au sein du projet LEXACHAST. Une merveille à aller écouter et voir ici. Leur mixtape de 2015 AS Live est pas mal non plus et que dire de ce truc de 15 minute appelé AS Angels Rig Hook. Avec ce récent AS les deux gars sont passés à un format plus court pour les six titres. Plus facile et surtout possédant des qualité dansantes plus grandes que les copains Janus. La preuve, ces réac de Pitchfork ,perçus comme les ayatollas légitimes de l'idéologie INDIE viennent de les chroniquer et ça se révèle une nouvelle fois archi comique. Lisez ce truc par là et vous aurez l' étrange sensation de voir Ronald Mc Donald expliquer sans être convainquant du tout à nos chers tête blondes qu'il faut aussi manger plus sainement. Bref foutage de gueule complet. D' autres références apparaissent face à la diversité stylistique. Styles eux aussi maltraités et dénaturés comme il se doit. Le travail de collage sonore homérique et grandiloquent d' une Elysia Crampton ou de Total Freedom sont à citer. Les sons et les références aux musique de danse actuelles voient leurs traits grossis et caricaturés pour mieux participer aux questionnement et aux travaux de sape Post-club. Mais après tout le plus important ne concerne pas seulement la référence à cette foutue Post-club. Pas seulement l' électronique. Mais bel et bien le fait que l'on nomme INDIE MUSIC a muté . Oui oui je parle de ce truc qui a enfanté au cours des 80's et 90's des choses comme les Smiths, Sonic Youth, le shoegaze, le trip hop etc etc etc. Ce truc auquel on a trop associé les guitares et une volonté d' authenticité chimérique. Ses valeurs politiques n'ont pas changées mais ses valeurs esthétiques ont évolué. L'INDIE MUSIC a dit bye bye au réconfort analogique et à la mélancolie protectrice pour utiliser sans remords les nouvelles technologies numériques et ré affronter sans vergogne le futur et son présent. Et vous savez quoi? C'est réussit et c' est un vrai renouveau !
- PAUL JEBANASAM ou, de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Et vice et verça.
Vous avez peut-être en mémoire ces images de documentaires quand des sondes spatiale parties à l' aventure dans l'espace s' approchent au plus près d' astres gigantesques. Dans le vide et l'obscurité la sonde capte d' abord des grésillements en lieu et place d'un silence lourd. L' astre, d' abord minuscule, apparaît et prend petit à petit sa dimension titanesque. Le grésillement fait place à un boucan assourdissant. Étonnamment , les instruments de la sonde à la recherche du moindre détail de ce monstre, passent outre le chaos et redétectent à nouveau des grésillements ou d' autres sortes de sons plus faibles. Moins saturées. On est au coeur de la Bête. De l'infiniment petit à l' infiniment grand puis, retour à la case départ. On ne peut pas mieux résumer le récent "Continuum" de Paul Jebanasam. Surtout si l' astre en question possède la puissance du soleil et que cette puissance cataclysmique est le fruit de tout petits atomes. (ndlr : j'ai toujours rêvé de dire ce truc de "cataclysmique" avec l' accent d' Haroun Tazieff) . La pochette de "Continuum" représente le réacteur nucléaire du laboratoire de fusion nucléaire basé à Culham en Angleterre. Ceci n'est pas pour rien. Le musicien Sri Lankais est co-patron du label de Bristol Subtext. Les deux autres sont de très vieilles connaissances de ce blog, un membre d' Emptyset (James ginzburg)et Roly Porter (jetez-vous ici ou par là). Si les ressemblances sont plus qu' évidentes avec son collègue Porter, Jebanasam se différencie par un sens du détail et un goût pour la longueur encore plus fort. Trois titres seulement et pas un inférieur à 10 minutes. Rassurez-vous les accros au format pop, l'ennuie est évacué au profit d'un art du suspens que Sir Alfred Hitchcock ne renierait pas. Comme chez Porter, ce qui me fascine aussi chez Jebanasam c'est qu'il poursuit le travail de recherche moléculaire du son entrepris il y a 5 ans par Tim Hecker avec le grand "Ravendeath, 1972". Et pas seulement, il reprend, mais lui et Porter vont encore plus loin. A Hecker les choeurs religieux du XV ème siècle, à Porter et Jabanasam les choeurs célestes du futur. Ce que Hecker a perdu en audace sur son dernier album magnifique "Love Stream" les deux autres l'ont gardé et continuent à prendre des risques inconsidérés. Ici aussi les orgues tiennent le beau rôle et font mumuse avec des drones venus de nul-part. Les titres commencent dans le calme puis s' élèvent via des accords héroïques qui ,utilisés chez d' autres, deviendraient gerbant (coucou le dernier M83). Pas de ça chez Jebanasam. C'est agréable à écouter comme de la muzzak mais ensuite le bruit apparaît sous forme de grésillements puis, gonflant jusqu'à exploser ce bruit emporte tout sur son passage tel une avalanche. Les mélodies du début ne s'en remettront pas, elles ont disparues laissant place au libre à l' abstraction devenue absente chez Hecker. Il y a quelque chose de très Sonic Youth dans cette façon de caresser dans le sens du poil pour ensuite oublier toute idée pop ou rock ( mélodiques) et planter le fétichiste peureux en pleine merdes expérimenales. L'un sans l' autres n'a pas de sens. Bon film scientifique. Oups, je voulais dire bonne écoute. PS: Toute la clique Subtext offre une ressemble également et c'est à si méprendre, à notre matheux préféré TCF (retour sur lui ici). L'an dernier ce chenapan de scandinave avait sorti un ep avec pour nom comme à l' accoutumé un code. J' ai enfin pu mettre la main (oups, ma souris) dessus . Gros trip à base d' algoritmes qui avait pour sujet ...le commerce du Thé. Et comme il n'est pas à un délire près lui et le boss graphiste du label Ekster se sont amusés avec une pochette et un packaging hallucinant. En prime du disque était vendu un sachet de thé, imaginez les petits problème rencontré par le colis avec nos chers douaniers. Donc ce cher Lars Holdus n' a toujours pas retrouvé la raison et c'est tant mieux. Si vous avez aimé Porter, que vous aimez à présent Lebanasam alors ce ep , enrichi par 5 titre venus d' ailleurs, va vous emporter à bord d'un Clipper spatial et chargé de thé vers les astres déjà côtoyé chez les deux autres.
- ASH KOOSHA:et l' Orient se mêla à la fête post-club pour ne plus avoir peur de l'ordinateur & du fut
Un premier album monstrueux sorti en catimini l' an dernier (GUUD), un deuxième en 2016 tout autant renversant, IAKAI. Ashkan Kooshmejad bouscule certains idées reçues en venant de loin. De très loin. Suffisamment pour porter la musique à sont tour encore plus loin en emboîtant le pas du post-club des Arca, Rabit, de la clique Janus ou des prometteurs Amnesia Scanner. Ashkan Kooshmejad a déjà une sacrée vie derrière lui. Faut dire qu'en Iran , son pays d'origine, la vie compte double en émotions, fortes et désagréable, si pas horribles. Ce type ne vous est pas un parfait inconnu. Acteur du docu fiction "Les chats persans" il participa également à la BO avec son duo Take it easy Hospital. Cet ancien étudiant du Conservatoire de Musique de Téhéran a par la suite réalisé un film sorti cet été "Fermata feature". Musicien classique, membre d'un groupe pop et esprit libre suffisent pour vous retrouver au trou en Iran. Kooshmejad n'est pas passé entre les gouttes et se retrouva à Londres après le difficile parcours de combattant des exilés politiques. Le genre de type à qui ont n'a pas envie de trop en demander, la prison du régime iranien a du lui laisser des cicatrices indélébiles. Mais son humanité est restée grande à en juger par sa musique. Devant cette liste si longue de particularités j' ai peut être oublié de vous dire l' essentiel. L' essentiel en rapport avec la musique. Ce qui a peut être le plus d'importance. Ashkan Kooshmejad est l'un des très rares humains à être doté, de, SYNESTHESIE. Quésaco? La synesthésie est un truc neurologique qui désigne le fait que deux sens du corps se retrouvent associés. Quand Ash Koosha perçoit des sons son cerveau leur donne de la couleur. Vous allez me dire que l' aide soignant que je suis est victime de déformation professionnelle dans sa passion musicale. Je vous dirai juste que Koosha n'est pas le premier artiste touché et curieusement ces comparses de synesthésie ont un point commun. Le goût pour l'originalité en leur temps. Nabokov, Kandinsky, Duke Ellington et un certain Richard David James (Aphex Twin). Si on vous parle d'un type venu d'un pays perçu comme non-occidental, donc fatalement "en retard", détournez pas le regard cher lecteur et ne vous offusquez pas parce que vos origines de pays colonisateurs et ses conséquences sur votre héritage se sentent à des kilomètres, bref avec son histoires persos et nos a-priori le monsieur va tenir un discours à contre courant du "bon sens populaire". Surtout si en même temps, par culpabilité de post-colonialiste encore ou d' autres choses, ils vous arrivent de rechercher une quelconque authenticité dans les musiques folkloriques venue d' ailleurs. Ce bizarre truc d' un besoin d "exotisme" qui cache une culpabilité. Comme d'autres la recherchent débilement dans le garage rock, l' indie des 90's ou le rock de manière générale. Bref toute forme musicale du passé. Il va sérieusement vous ébranler le Koosha avec ceci: "Mais même si nous fusionnions complètement avec la technologie au cours des cinquante prochaines années, je pense que nous serons toujours essentiellement les mêmes êtres humains ." Boum badaboum ! La dernière fois où nous avons entendu sortir de la bouche d'un musicien une déclaration aussi claire et net en faveur d'une approche de la technologie, un parti pris aussi optimiste et lucide, c' était dans celles d'une Holly Herndon et d' un Daniel Lopatin (OPN). Bref deux génies. On peut aussi percevoir ces pensées moins apeurées face à l'ordinateur chez des types comme MESH, Lotic, Logos etc etc. Le type n'a pas peur du méchant ordinateur et encore moins du futur. La musique pratiquée par tous les noms cités plus haut peut certes apparaître lugubre, étouffante, frileuse, pessimiste et angoissante mais en même temps le processus créatif, les idées qui ont poussé leurs auteurs, sont tout le contraires. Optimisme, volonté d' aller de l' avant donc vers le futur, enthousiasme de ceux qui découvrent, goût prononcé pour l'inédit. La quete de la nouveauté absolue. Une irrépressible envie de trouver de nouveaux sons. Une envie trop longtemps remplacée par celle de RE-trouver un vieux son. Ash Koosha se dit futuriste et être autant attiré par la technologie que la nature. Que fait Koosha? Il récupère une quantité faramineuse de sons multiples et variés. Des samples de musiques orientales ou plus actuelles, des sons de la nature (field recording) ou bien ses propres expérimentations. A force de compressage il transforme les percus ou les voix (coucou Herndon). Les rend quasiment inidentifiable. Si chez Oneohtrix Point Never ou chez Ferraro l' origine du son tiens un rôle important dans la compréhension du titre chez Koosha c'est différent, tout ce travail de sape à coup de marteau informatique la place en arrière plan. Mais le miracle Koosha fait que, même si on frôle l' agression de l' abstraction encore plus que son premier album "Guud", le bonhomme invente une sorte de post-club mélodique très accessible. Du M.E.S.H. ou du Brood Ma "pop". Cet exercice pourrait vite ressembler à une vulgarisation trop rapide du nouveau vocabulaire musicale qui émerge ces derniers mois au travers des artistes cités mais encore une fois l' iraniens fait mouche. "IAkaI" rend plus audible à la majorité cette "nouvelle musique" sans tromper son monde. Ash Koosha passe son temps à appréhender les rapport entre l'humain/la nature et la technologie. A les réconcilier. Sa musique au bout du compte, malgré son origine hyper technologique, apparaît comme l'une des plus humaines de l' époque. A contrario de certaines se revendiquant "authentique" mais étant devenu les dignes représentantes d'un monde définitivement perdus dans le passé et d'une pensée réac et peureuse. PS: Il m'est impossible de ne pas vous épargner cette tuerie qu' est le "Daze" de Brood Ma paru en début d' année chez les grands Tri Angle.














