NASHPAINTS, quand l' Hypnagogic Pop s' empare de la Dreampop, Cindy Lee a trouvé ses frères européens.
- 8 mars
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Dernière mise à jour : 5 juin

Il y a ceux qui plagient le passé faute de personnalité et de créativité et puis il y a ceux qui, dotés de ces rares qualités, le propulse vers l' inconnu. Finn Carraher McDonald aka Nashpaints fait partie des derniers et vient de nous offrir le plus beau disque Dreampop de ce début d' année. Finn Carraher McDonald n' est pas un inconnu par ici. Déjà croisé au sein de Princ€ss il est également collaborateur de la divine Maria Somerville. Celui qui se clame être un adorateur "des bandes magnétiques qui se décomposent" (tout pour plaire), nous avait offert en 2020 "Blindman The Gambler" dans lequel cet irlandais enveloppait par un art de la réverbération typiquement My Bloody Valentine sa passion profonde pour The Durutti Column. Un de ces petits disques assez attachants sur lesquels on tombe par hasard sur Bandcamp pour mieux les oublier par la suite.
Il va en être tout autrement avec son second album " Everyone Good Is Called Molly" .
Déjà en ce début d' année 2026 Mc Donald bénéficie tout naturellement de la Hype Indie qui entoure si justement Maria Somerville et ce qui pourrait n' être qu' un effet de mode trompeur s' avère totalement justifié face à ce que contient le disque. Nashpaints franchit un palier et pas des moindres. Le fossé entre les deux œuvres est inouï. Faisant preuve d' une maturité et d' une assurance sidérante l' irlandais a décidé d' étendre considérablement son champ référentiel sans que ses passions ne soient trop reconnaissables et que l' ensemble s' apparente à un plagiat partant dans tous les sens.
Les références sont donc plus nombreuses mais ont été ingurgitées, méticuleusement déconstruites pour être ensuite recrachées totalement méconnaissables. Les titres ne sont pas des redites faciles tant il apparaissent ainsi désincarnés. Nous naviguons bel et bien en territoire Dreampop mais une Dreampop provenant d' une autre dimension où le voyage à travers les époques et les styles est la norme. Par la vue d' ensemble dont il semble bénéficier McDonald peut s' arracher des carcans et laisser aller son imaginaire et sa sensibilité extrême.
Ce n' est que par instant que surgissent de vieux souvenirs Shoegaze et Dreampop identifiables. Mais des souvenirs qui s' entrechoquent au Brill Building et Phil Spector, au New Age et qui nous offre même un Deerhunter fricotant avec le Minimalism et l' Ambient.
Il ne cesse de naviguer entre le bruit et l' harmonie. La nostalgie et le goût de l' inconnu. Des textures 80's peuvent habiller un songwritting 60's quand ce ne sont pas des us et coutume 90's passé sous le filtre Hypnagogic Pop. Ce type est passé maitre en à peine deux disque dans un art totalement rafraichissant de l' anachronie. Le label 4AD des 80's (Cocteau Twins, Dead Can Dance) avec ses amours éthérés semble servir de maître étalon avec lequel Nashpaints n' hésite pas à jouer les apprentis sorcier.
Les oreilles les plus aiguisées reconnaitront bien sûr beaucoup des guitares entendues chez Galaxie 500 ou My Bloody Valentine mais assurément ce sont sur les voix que le référentiel devient évident tout en déroutant. Le bougre a bon goût et sait en faire usage et en jouer jusqu' à ce que l'on pense à l' apparition de guest stars tel une improbable Hope Sandoval (Mazzy Star), Miki Berenyi (Lush) ou Rachel Goswell et Neil Halstead (Slowdive)
On ne peut pas ne pas penser à Patrick Flegel aka Cindy Lee par les senteurs 50's Brill Building communes mais Nashpaints donne l' impression de vouloir aller bien plus loin en terme de production.
C' est bel et bien de l' Hypnagogic Pop comme à ses débuts mais l' irlandais semble s' être rapproché de sa cousine britannique l' Hauntology jusqu' à rappeler par sa créativité susceptible de tout renouveler, comme de très rares avant lui, le mythique "Untrue" de Burial. Comme chez Burial ,derrière un art métamorphosé de la production, se cache aussi une maestria en terme de songwritting avec un talent certain pour les paroles qui envoutent.
Si 2025 nous avait offert sa copine Maria Somerville pour réactiver la Dreampop sur le mode Ambient, 2026 voit Nashpaints en faire de même en utilisant cette fois les manières du Sound Collage et de l' Indietronica.













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