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  • En passant : The-Drum, une certaine idée du futur.

    DWTN ne pouvait pas passer à coté de ce disque. Parfois des groupes que tout oppose choisissent des pseudos se ressemblant et si cela peut entraîner de sacrés quiproquos il se peut aussi que ce rapprochement du au hazard nous révèle beaucoup de chose sur nous même et sur la musique actuelle. Les fans d'indie-music connaissent probablement The Drums. Formation new yorkaise qui a eu son petit succès en malaxant la jangle pop british (The Smiths,Orange Juice) et sa cousine la surf-pop américaine (Beach Boys). En 1993 ans j'aurai adoré The Drums, en 2013 ils m'ont depuis longtemps lassé avec leur formule mainte fois entendue. Une formule bloquée sur le passé et ne piochant que dans "L'histoire de l'indie-music pour les Nuls". Non, en 2013 messieurs et mesdames c'est pour The-Drum que DWTN s' excite. The-Drum (n' oubliez pas le tiré) c'est Jeremiah Chrome et Brandon Boom, deux garçons de Chicago. Chicago? Ne voyez-vous pas venir la lubbie made in Chicago de DWTN avec ses gros sabots? De toute façon il va n' être question que de lubbies DWTN. Continuons. Nos deux gars à la très grande différence de leur presque homonyme New Yorkais ne vouent pas un culte à pépé Morissey, loin de là. Si vous leur parlez musique anglaise ils vont vous répondre Art Of Noise et pas guitare et indie. Art of Noise? J'en ai déjà souvent parlé (Vessel et Jam City entre autres) et curieusement le nom de cette formation 80's comme celui de Talk Talk (pour These New Puritans et Julia Holter) est devenu un leitmotiv en 2013. Je disais donc qu'ils nous venait de Chicago et qu'ils ont pris dans mon coeur la place due à The Drums. Là encore une énorme différence entre ces deux formations saute aux yeux. The Drums (NY) ne regarde musicalement que dans le passé, ils vivent dans une bulle. The-Drum ne se contentent pas de fouiner dans les archives, ils ne sont pas hermétique aux musique de leur époque, au présent. Non seulement ils écoutent ce qu'il se fait de neuf depuis 4-5 ans, mais en plus leurs goûts sont bien plus diversifiés et enfin, si ils sont nostalgiques ce n'est pas d'un style musical lui aussi nostalgique d'une certaine époque mais d'une musique qui voulait en son temps évoquer le futur. Approche que l'on nomme le "Rétro-futurism". Grosse, très grosse tendance que le rétro-futurisme en 2013. Le rétro-futurism c' est comme Talk Talk et Art of Noise, DWTN en a beaucoup parlé (Ariel Pink, l' hypnagogic pop, Gatekeeper, Space Dimension controller, Flying Lotus, Daniel Lopatin etc etc). Alors que certains ne vont y voir dans la résurgence de ce style qu'une mode revival de plus (les menteurs!ou ...les idiots! c'est au choix) il convient surtout d' essayer de comprendre le pourquoi du comment. Très simple. En 2013 beaucoup (dont votre serviteur) en ont ras la casquette de tous ces revivals et veulent le futur et rien de mieux dans ce but que d' aller voir dans le passé la musique des aînés ayant eu les même aspirations. Une preuve flagrante est le succès rencontré par de la réédition de la BO de "Blade Runner" par de Vangelis. Il y a de ça quelques années c'était ringard et sans intéret d' écouter Vangelis. Limite considéré comme une attitude de vieux cons nostalgique de son enfance. En 2013 ce serait pas plutot l' indie rock nostalgique des 80's&90's qui est en passe de devenir réac?(là je vais me faire des amis). The-Drums annoncent la couleur dès le premier titre par ces rares paroles"Cela se passe dans le futur, ou peut-être dans l'espace" et embraye avec un sample du légendaire "Moment in love" d' Art Of Noise. Simple copiage non innovant? Non! Parce que comme je l' écrivais les deux chicagoans écoutent la musique novatrice de maintenant ou au moins en sont imbibés. Hypna-pop, Vaporwave (j'en reparle bientôt dans DWTN) et j'en passe. Si ils utilisent les synthé 80's c'est accompagné d' une palette sonore bien différente de l'époque. Les sons digitaux métalliques, le pillage et l'utilisation hors contexte de l'univers sonore des premiers logiciels Windows, la texture particulière des VHS. Toutes ces choses elles aussi maintes fois abordées dans DWTN. Quand on écoute ce disque une évidence nous saute à la gueule sous la forme d'un simple nom, James Ferraro (ici) par exemple et n'utilisez pas le moteur de recherche du blog, votre ordi va sérieusement ramer tellement je suis obnubilé). "Contact" surprend et déroute pour le non initié. Un peu à l'image de ce que le futur et réussit Oneohtrix Point Never va produire chez pour les aficionados de Warp qui croient encore que ce label est en tête de l' avant guarde (j'en reparle à l'occasion d'une spécial Lopatin). La modernité et l' intérêt de The-drum ne vient pas seulement du fait qu'ils ne font pas preuve d' arrivisme en se drapant des habits Hypnago-Vaporwave pour se la jouer tendance, ils ont bien digéré toutes ces influences, mais qu' aussi ils osent le confronter à d' autres choses éloignées et novatrice elles aussi. Et c'est ici que le moment est venu de vous faire écouter ce qui est d' hors et déjà considéré comme l'un des titres de 2013. Le beau et révolutionnaire "Narco"! Une sorte d' hymne pour DWTN. Le morceau commence doucement, c'est en apparence froid. Nous sommes bien sur les même territoires le "Far side Virtual" de Ferraro ou chez Lopatin. Un slap de basse et l'utilisation de sample venant de nulle part et c'est Art of Noise. La musique remplie peu à peu l'espace et comme chez Andy Stott ou Laurel Halo l'utilisation de la voix humaines tient le role de la rythmique . Et puis. Et puis un beat sourd et tarabiscoté entre en jeu à mi-chemin de la version longue. Bon dieu! Mais c'est du ... "Bon sang mais c'est bien sûr!" The-Drum nous vient de Chicago, et qui dit Chicago dit FOOTWORK!!!! Le footwork conjugué à la sauce rétro-futuriste c'est pas nouveau ,le "2020" de Dj Spinn (présent dans la compile estivale de DWTN ici) ou, les oeuvres du jeune Young Smoke (par là). C'est pas un scoop mais cela prouve encore une fois que cette musique sortie tout droit des ghettos de Chicago n' a pas fini de s'initier partout et de voire son influence grandir mondialement. The-Drum utilise le footwork parfaitement sans en rajouter et "Narco" peut ainsi décoller pour la stratosphère. Il faut préciser que The-Drum ne peut réellement être affilié à la clique Hypnagogic-pop du fait qu'ils viennent d'un tout autre univers. Ces deux dj des dancefloor de Chicago officiait plutot dans la wonky music, entre le dubstep et le hip hop . Une sorte de version américaine de Rustie toujours en mode rétro-futuriste mais à la sauce Flying Lotus cette fois-ci. Si en plus on écoute les premiers ep des deux gars on tombe sur des choses évoquant la Witchhouse tant évoquée ici aussi avec le label Tri-angle et Salem ce qui amène la conclusion suivante. The-Drum est une formation importante parce que, fait très rare, ils se retrouve au confluent de tout ce qui se fait de moderne et de novateur en 2013. Et c'est peut-être ça le truc qu'il manque tant aux The Drums New Yorkais et autres formations de l'indie-music. Ouvrir les fenêtres de leurs vieilles chambres d' étudiant pour l' aérer, parce que le poster de Morissey piqué dans un vieux numéro du NME tombe en lambeaux et commence franchement à sentir la moisissure. Une dernière chose sur le "Contact" de The-Drum. Avec les références qui sont faite dans cet article vous pouvez être amené à imaginer une musique dansante, agressive et parfois imperméable car trop complexe ou froide. Détrompez-vous. "Contact" est un véritable trip hypnotique au même titre que certains disques psychédéliques ou prog-rock. Un voyage à travers le temps et les territoires sans œillères. Passé, présent et futur.

  • Route du Rock 2013, des jeunes dansant sur une musique de vieux et un vieux s' éclatant devant des

    Le moment clé du festival 2013. Je suis en retrait de la grande scène pendant le set de Hot Chip. Entre moi et le gros de la foule une bande de jeunes dansent comme des fous sur la musique 80's à peine reliftée 00's de quadras un peu trop nostalgique d'une pop vieille de près de 30 ans. Un malaise profond s'installe en moi. Un malaise maintes fois abordé dans ce blog. Mais malgré cela, cette danse improvisée avait quelque chose en elle que je n'avais plus retrouvé depuis bien longtemps dans le fort Saint Père. Quelque chose d'indéfinissable. Un truc entre-aperçue pendant certains concerts.Un parfum d'espoir comme si, après quelques années de cynisme et de jachère, la loupe qu'est la Route du Rock nous dévoilait des terres ,connues ou inconnues, fertiles pour la musique, les idées et surtout à un certains état d' esprit teinté d'espoir en l' avenir. Entre passéisme et modernisme il faudra un jour choisir. Il faudra aussi se demander si la musique est devenue aux yeux d'une large majorité un simple produit de consommation comme les autres. Si peut-on se contenter de parler de musique comme d'autres parlent d'un match de foot ou du feu d' artifice du 14 juillet. Mais plutot que la déprime parlons tout de suite des motifs d' espoir en l' avenir. Les rois et reines de cette édition 2013. Julia Holter, Fuck Buttons, Cankun, Iceage et TNGHT dans une moindre mesure pour l'aspect modernisme. Nick Cave, Godspeedyou Black Emperor, Clinic et certains autres pour expliquer que la seule façon de faire dans le passéisme sans pour autant devenir une autruche et un radoteur, c'est d'avoir un vrai talent de créateur et/ou une très forte personnalité. Que dire encore sur Julia Holter qu'il n'a pas encore été écrit dans ce blog. Rien sauf qu'elle a survolé les débats. Je n'ai pas encore chroniquer le Fuck Buttons par manque de temps mais aussi parce que je savais que le concert de la RDR serait plein d' enseignements entre-aperçus sur leur magnifique dernier disque. Elle va venir mais une chose est sûr, Fuck Buttons a été le pendant bruitiste de la belle Julia en matière de musique novatrice et originale, l' autre grande claque pressentie et avérée de ce festival. Dans la même optique TNGHT et sa Trap-wonky music m'a beaucoup plus et j'ai été bien emmerdé pour expliquer à mes camarades festivalier que non, ce n'est pas du dubstep, mais plutot une belle évolution de ce style. Une sorte de mutation passionnante semblable par son maximalisme assumé à Rustie déjà défendu dans ce blog. Seul problème, tout comme Rustie, TNGHT est plus a classé comme des producteurs dj que comme des artistes de scènes selon les critères classique du rock ou de la pop. Beaucoup de musique enregistrée et une réelle envie de foutre le feu mais une quantité de travail de musiciens live quasi-inexistant (simple version cd de leur collaboration avec Kany West sans le moindre mixage). Ces mecs sont avant tout des djs en live, pas des musiciens. Je n'ai pas trop vu ni trop entendu Cankun , mais lui aussi regarde l' avenir plutot que le passé avec sa musique très hypnagogic-pop. On arrive enfin au cas Iceage. Pour eux ce n'est pas par le son à proprement parlé que le modernisme passe. Un punk hardcore sans compromis et rien que cela , ça fait du bien. Non le vrai truc d' Iceage c'est le choc devant l'urgence et la férocité de ces jeunes danois. Ils font peut-être une musique déjà vieille de trente ans mais ils nous parlent de leur époque, notre présent. Et ça fait mal, très mal. Le monde va mal et pour le savoir et connaître l' état d'esprit d'une certaine jeunesse laissez tomber les reportages caricaturaux des journaux télévisés, c'est Iceage qu'il vous faut. Encore plus d'urgence et de virulence (si cela était encore possible) que Savages l'an dernier. La petite scène à une heure avancée de la nuit quand l' euphorie fait place à la déprime et à la gueule de bois aurait été préférable à la grande scène sous un soleil de plomb. Le message a eut du mal à passer, dommage. Ensuite on va parler bien sûr de Nick Cave. Le grand concert "classique" de la RDR 2013. Nick Cave ne nous a peut être pas raconté 2013 en détail mais le prédicateur australien porteur de l' héritage d'un certain âge d'or du Rock nous a parlé comme personne d' un truc important et intemporelle, l' humain ! Le bien, le mal, l'amour, la haine, le sang, la rage. Sur les grands écrans encadrant la scène l'image est passé très symboliquement le temps de sa prestation de la couleur au noir et blanc. Parfois la réalisation et le grain de l'image évoquait cette vidéo des tournées Stax Records en Europe traînant sur youtube. Nick Cave appartient bien à cette petite caste d' artistes intemporels et inimitables. Après le passage de l' australien tous les jeunots un peu trop portés sur le passé passent inévitablement pour moins transcendant et paraissent même incongru. Il manque le "Truc". Malgré des concerts plus ou moins réussis les Bass Drum Of Deaf , Allah-Las et autres Parquet Courts ne m'ont finalement apporté qu'une chose, le désir de la nouveauté et de tourner la page du livre d' histoire. A trop rester enfermé dans son garage et ses cours du rock version youtube on ne voit plus le monde tourner et ça se ressent trop malgré toute l' énergie la volonté dont sont capables les grands solitaires. Une musique de solitaire coupé des autres. C'est bien ça qu'est devenu le garage rock. Dommage. Autre époque (les 90's) et du coup une autre vision de ce que doit être le rock, Godspeedyou Black Emperor et Clinic. Moins de blues plus de post-punk. Les grands défenseurs en 2013 de la cause indie ce sont eux. Intégrité, volonté de toujours évoluer, refus du compromis, bref : INDEPENDANCE. Le passage dans un festival estival et sa grande scène a été difficile mais GSYBE reste GSPYBE et malgré un son trop faible leur concert a été parfait. Pas leur meilleur non plus mais largement au dessus du lot. Et ce qu'il devait se passer s'est passé. Les canadiens ont encore une fois scindé le public en deux. Je répète ma question du début : "Il faudra aussi se demander si la musique est devenue un simple produit de consommation comme les autres?". Clinic quant à eux ont assuré comme toujours et nous ont annoncé deux jours avant ce qu'allait être la prestation des surestimés Suuns. Un groupe de lycéens trop influencés par leurs idoles(les clinics) juste bon pour la fête de la musique. Un reliftage de la musique des types de Liverpool fait de grosses ficelles et à travers le maquillage waterproof post-LCD Soundsystem on distingue un arrivisme et un manque de personnalité consternant. Voici l'instant coup de gueule: Il faudra un jour que la presse et l'industrie musicale française comprennent que le Made in Canada n'est pas gage de qualité surtout quand, comme me l'a confirmé un français exilé à Québec pendant un an, on ne présente que la version aseptisée de la scène canadienne. Il faudra aussi s'interroger sur les liens étroits entre un certain faux festival de ce pays (M pour Montréal) et certains rocks critiques français qui devraient apprendre dans le dico la définition du mot déontologie. Les mêmes devraient également apprendre a éviter les hypes en en faisant trop. Porter aux nues des formations sous de faux prétextes qualitatifs (fréquemment une musique "légère") alors que la vrai raison est ECONOMIQUE ! Il est souvent question tout simplement d' artistes plus facilement exploitable par l'industrie musicale française (labels, tourneurs, concerts, journalistes). Deux raisons. Soit parce que plus proches géographiquement (les français,Woodkid par ex) ou soit parce que ne bénéficiant pas franchement d'une forte cote de popularité et reconnaissance critique à l' étranger (Suuns, Hanni El Kathib) et du coup plus abordables pour notre pays(principe de l'offre et de la demande). En résumé on nous parle de Dacia en nous promettant la lune alors qu'à coté d' autres se passionnent ou roulent en Ferrari. Et comme une preuve de tout ce que je viens de dire ne suffisait pas la Julie Pietry de la synthpop a enfoncé le clou, Austra canadienne elle aussi et défendu à corps et à cri par les mêmes. Pose arty à deux balles (après Julia Holter fallait oser) et musique encore plus inoffensive que sur disque pour la démagogie. Pathétique. Pathétique comme Effterklang qui en un temps lointain (les deux premiers albums) nous offrait quelque chose d'intéressant. A présent on est plus proche du pire de Roxy Music 80's que des promesses d' autrefois. Et autant en finir avec les rares fautes de goût du festival malouins, les futurs animateurs d'anniversaires de vos chères têtes blondes au Quick de Caen, les Concrete Knive. Les enfants adorent, les autres beaucoup moins. Musique festive sans relief et fond d' où rien ne ressortait à part peut-être les dents longues de la chanteuse qui va vite laisser tomber ses petits camarades de boum. Parlons à présent des satisfactions toutes simples qui furent majoritaires comme toujours parce que la Route du Rock reste tout simplement le meilleur des festivals. Je parlais du retour d'un certain état d'esprit "Route du Rock" ressenti par votre serviteur à certains moment. Ce fut notamment le cas pendant la belle faille spatio temporelle Jacco Gardner, les toujours justes Woods, les !!! étonnant malgré l'absence de l' effet claque de 2005, Windowspeak et sa très belle reprise de Chris Isaack, Junip par instant, et les prestations honnêtes de Moon Duo et Disclosure qui n'inventent rien mais qui tiennent leur rang sans pour autant donner l'envie de se plonger sur leurs disques. Local Natives,Orval Carlos Sibelius et Jackson Scott quant à eux sont à mettre à part. Pas vraiment mauvais voir même plutot honnêtes et intéressants ces derniers sont surtout les victimes des dommages collatéraux engendrés par les faiseurs de hype. Impossibilité totale de porter un jugement objectif sans faire abstraction du battage médiatique. Scott vu mille fois, Orval Carlos trop d'idées à la fois d'où une certaine confusion, et Local Natives et bien on connait déjà l' axe Foals/Fleet Foxes/Grizzly Bear. Et pour conclure abordons les cas Hot Chip et certainement le plus bizarre (quoique?), l' énigme Tame Impala. Énigme pas si difficile que ça à résoudre quand on y repense. Mais que ce concert des compatriotes de Nick Cave fut bizarre. Un début gâché par un son pourri à cause du vent, un alignement de 4-5 chansons hallucinantes et un soufflé qui retombe très vite sans que l'on comprenne trop pourquoi. Que c'est-il passé? Très simple. On a eut la confirmation de ce que je pensais depuis leur premier album. Il s' agit bien d'une faille spatio temporelle comme tant d'autres, un très bon groupe un poil au dessus des autres avec un leader aux idées larges, mais l'aspect novateur par rapport à leurs influences provient surtout de la production de leurs disques, lo-fi des oo's pour le premier et la touche magique de Dave Fridman pour "Lonerism". Les effets de studio ne sont pas toujours faciles à reproduire en live et c'est cela qui a pu laisser sur leur faim certains. Mais grand groupe tout de même et le fameux état d' esprit RDR réapparaissait dans toute sa splendeur quand la musique de Kevin Parker se faisaient plus dansante en lorgnant sur ses copains de Jagwar Ma avec une électronique plus présente sur certains titres. Donc fatalement un petit rappel d' une certaine scène mancunienne fortement présente dans la génétique de la Route Du Rock, soit Madchester et les productions d' Andrew Weatherall. Et Hot Chip dans tout ça? Je n'ai jamais aimé Hot Chip et le concert fut un parfait révélateur des raisons. Dès l' entrée sur scène j' ai compris tout de suite ce qui me déplaisait en Hot Chip. Mis à part le simple coté revival et ses conséquences déjà abordés en début d' article il y a une petite précision à apporter concernant mon aversion pour eux. Et pour ça il va falloir vous parler Histoire et curieusement des ...Smiths et d'une bonne partie des raisons et causes de l'indie music apparue dans les 80's (Jesus & Mary Chains, C86, MBV, Sonic Youth etc etc). Courant musical par lequel je me suis ouvert à la musique. C' était quoi les Smiths et les noms cités. Pour la faire vite ( et très vite même j' admet), le rock et la pop indie 80's était une réaction à la musique mainstream dominant alors les tops mondiaux , une musique majoritaire très lisse , souvent dansante, avec un son propret souvent à base de synthétiseurs. Morissey et compagnie adoptèrent donc le songwritting étiqueté 60's (époque à leurs yeux porteuses d' une innocence corrompus par l'industrie musicale des 80's), son crystallin et/ou, le son crasseux et agressif de la lo-fi ou de la musique industrielle et du punk. Alors quand Hot Chip déboule sur scène au son de Prince tout est dit. Prince, l' épine dans le pied des fans de musique indie un peu trop bornés. Tout n'était pas non plus mauvais dans la synth-pop et le mainstream des 80's. Le problème d' Hot Chip c'est qu'ils n'ont pas seulement écouté Prince, Talk Talk, Prefab Sprout, Soft Cell, New Order et tant d' autres. Ce soir-là dans le fort Saint Père nous avons eut aussi droit à des relents d' Elton John, du funk finissant produit aux kilomètres au débuts 80's, à Phil Collins se la jouant James Murphy, les géniaux Pet Shop Boys ayant trop abusé du K2R et du poppers ou que sais-je encore. C'est peut-être efficace, c'est parfois bien fait, mais faut avouer que parfois ça sentait franchement le renfermé, même pour celui qui place Mark Hollis sur un même pied d' estale que Kevin Schields. Et là me reviennent encore mes deux interrogations du début. Deux questions à propos desquelles la Route du Rock joue son rôle admirablement en y répondant toujours parfaitement depuis plus de 20 ans et demeure le Meilleur festival de France: "Entre passéisme et modernisme il faudra un jour choisir" " Il faudra aussi se demander si la musique doit devenir un simple produit de consommation comme les autres ".

  • En passant : Fatima Al Qadiri

    Souvenez-vous de la guerre du Golf? Cette putain de guerre (1990-1991) qui opposa une grande partie du monde à l' Irak de Saddam Hussein quand ce dernier envahit l' Émirat du Koweït. Si cette guerre a été horrible comme toutes les guerres elle a aussi marqué profondément les gens de ma génération parce que nous l' avons vécu par l' intermédiaire de la télévision en quasi direct. Cela devenait un grand spectacle audiovisuel avec toutes les déviances de l'info en temps réel devenus aujourd' hui la norme. Pour l' ado que j' étais les images ressemblaient à un triste son et lumière aseptisant l' horreur de toutes les guerres. On a vu très peu de cadavre ou de sang mais par contre nous étions chaque soir hypnotisés par les images en direct des bombardements de Bagdad filmées par les caméras de CNN et commentées approximativement par ce diable de Guillaume Durant et une armée de "Spécialistes" pas encore nommés "consultants". Et je ne vous parle même pas de la désinformation et des manipulations. Mais pourquoi je vous parle de ça? Quel rapport avec la musique? Parce que sous ce déluge de sons et de lumières il y a avait des humains. Ce n' était pas un simple jeu pour Playstation. Ça l' est pourtant devenu très vite juste après, il s' appelait Desert Storm et fit un carton dès 1992. Fatima Al Qadiri est née au Sénégal. Cette artiste multimédia résidant actuellement à Brooklyn l' a vécu cette saloperie de guerre, mais pas au travers de la petite lucarne. Elle vivait au Koweït pendant l' opération "Tempête du Désert", nom très cinématographique donné à cette guerre par l' armée Américaine. Ces jours-ci elle sort un ep intitulé "Desert Strike" où il est beaucoup question de ce que je viens de parler. Plus précisément cette artiste nous balance à la gueule une vérité crue. Notre vérité de petits occidentaux. C'est une critique de la société du spectacle décrite et annoncée par ce bon vieux Guy Debord. Elle confronte notre vision défini en partie par le divertissement marchand (télévisuel et vidéo) à la sienne, souvenir des bombardements et des souffrances humaines bien réelles qu'ils ont engendré. Pour cela elle utilise les même sons digitaux que ceux des jeux vidéos des 90's. Ces fameux sons digitaux issus de l' informatique déjà entendus chez le James Ferraro de "Far side Virtual". Des sons fabriqués pour nous apporté une sentiment de douceur et de calme qui chez Qadiri sont mélangés à des détonations de bruit blanc et glacial. Des "déchirures". Ses clips sont à l'image de tout cela, un mix de jeux et de CNN. Ils se rapprochent beaucoup du travail de Tobar Roback pour Gatekeeper dont je vous ai tant parlé (ici). Musicalement l' imagerie militaire et et l' ambiance tribale évoque bien sûr Vatican Shadows(ici) et beaucoup Nguzunguzu. Cet ep m' apparaît bien plus convaincant, autant par ses qualités artistiques que par le sujet abordé, que celui sorti sous le pseudo Ayshay chez les géniaux Tri Angle Records. Fatima Al Qadiri, à suivre de très près!

  • En passant : Miles, un Demdike Stare en solo

    Miles Whittaker a sorti deux merveilles d' électro-ambient cette année, le ep "Unsecured" et le grand album "Faint Hearted". Deux pépites qui peuvent servir d' accès à l' univers de la formation phare Mancunienne, Demdike Stare. Être fan des Demdike Stare c'est pas une sinécure. Avec eux on est loin de l' allure de sénateur des formations indies rock et des autres genres, on se contente pas d'un album tous les deux ans. Entre Demdike Stare et leurs divers pseudo et collaborations les productions se suivent à un rythme effrénés. Comprenez un truc nouveau tous les trois mois et le plus beau dans tout cela c'est que leur inspiration ne s'épuise jamais et qu'aucune de leurs productions ne pourrait s' apparenter à une simple redite ou à un travail anecdotique. Tout ce qui touche à Demdike Stare est passionnant par définition. 2013 a vu la sortie d'une série de trois singles sous l' appellation "Testpressing" et de la belle mixtape "The Weight of Culture", à chaque fois, le résultat est passionnant. Je reconnais que l' univers et la musique de cette formation n' est pas toujours très facile d' accès, par exemple il faut un certain temps pour prendre l' habitude de leurs ambiances pas franchement joyeuses et entraînante aux premiers abords (le truc sorcellerie déjà évoqué dans ce blog). De plus maîtriser les subtilités de leur Dark-Ambient et l' apprécier à sa juste mesure est loin d' être évident. Les incursions d' Hauntology dans ce dub minimaliste peuvent tout autant troubler que passer inaperçues. Mais seulement voilà, Demdike Stare est l'une des formations les plus importantes ces temps-ci et ce fait est vérifiable rien que par leur énorme influence sur les autres. La liste des formations se revendiquant des Demdike Stare s' allonge de jours en jours et de plus elle brille par la qualité des noms, Raime et Haxan Cloak par exemple. En solo Miles Whittaker nous offre sous le pseudo simpliste de Miles une musique bien plus épurée et limpide que celle qu'il concocte avec son confrère des Demdike, Sean Canty. Le rythme peut même parfois s' avérer dévastateur sur une piste car parfois plus marqué que celui des productions Demdike et évoquer encore plus celles de leur génial voisin Andy Stott ou comme sur ce "Infinite Jest" le bon Pete Swanson. Ces deux particularités du travail de Whittaker font que ,malgré une ambiance toujours plus proche des entrepôts industriels désaffectés et non du monde des bisounours, "Faint Hearted" et "Unsecured" se révèlent être des bandes sons idéales pour notre présent complexe et aussi pour entrer dans l'univers passionnant de Demdike Stare.

  • En passant : Factory Floor, ils vont vous rendre autiste.

    Mais putain! Que cette année 2013 est belle ! Comment bien décrire la gigantesque capacité de Factory Floor a vous enfermer systématiquement dans une bulle malgré un environnement envahissant? Une petite anecdote. Novembre 2010 dans une petite salle dite "de musiques actuelles". On m' a fort gentiment convié à assurer les "inter-plateaux" pour une superbe affiche du festival O Les Choeurs, Elysian Fields & Tindersticks. Les deux concerts venaient de se terminer et il était temps pour votre pitoyable apprenti dj d'un soir de balancer une musique un peu moins posée. Bref d' envoyer le bousin. Après un traditionnel Primal Scream de bon aloi c' était le moment pour faire découvrir ce groupe anglais qui venait tout juste de sortir son premier vrai-faux album et au propos duquel les superlatifs employés par la presse anglaise étaient loin d' être injustifiés. De plus je savais que dans le publique des Tindersticks/Elysian Fields la fibre mancunienne/Factory Records allait fatalement réagir. Quoi de mieux que leur génial "Lying". Le morceau commence et me voilà envahi de tout mon corps et mon âme par cette tuerie. La voix de Nic Void(Colk), les déflagrations de la guitare et ce putain de rythme hypnotique. Les secondes et les minutes défilent sans même que je rende compte. Je devrais mais pourtant je suis en lévitation jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que le morceau de termine et un blanc de quelques secondes interminables prenne le pouvoir. En levant les yeux je perçois les quelques regards suspicieux et emplis d'une certaine pitié lancés sur moi. Pris par la machine Factory Floor j' avais oublier d' enchaîner et pire, de prévoir le titre suivant. Grand moment de solitude mais heureusement que l' alcool avait fait diminuer le degré d' attention de la plus part. Ce soir-là ce qu'il m' était arrivé n' avait rien d' étonnant quand on lit ce que racontait le batteur du groupe Gabe Gurnsay sur leur processus créatif près d'un an plus tard quand l' empire Pitchfork se décida enfin à s 'intéresser à cette formation déjà active depuis 2006."Nous perdons tous sens de la réalité" Factory Floor sort enfin son deuxième album la semaine prochaine et malgré l' attente interminable et les changements stylistiques (déjà abordé ici) l' effet est demeuré le même. Alors ? Ce putain d' album? Une réussite absolue. Qu' attendre d' autre de toute façon de l'une des meilleurs formation britanniques de ces 10 dernières années. Dès "Turn it down" ,morceau pourtant pas le plus franchement accessible, on est rassuré et on retrouve tout ce qui fait la première accroche de FF, leur son énorme et glacial . Et voilà l' auditeur emporté dans la tempête, tous ses repères sensoriels sont foutus en l' air par le fabuleux pouvoir d' asservissement de ce groupe. Et c'est ça la première des principales qualités de Factory Floor. Alors que d' autres pour les même objectifs tomberaient dans les travers de la surenchère les trois anglais misent sur le minimalisme et la répétition . Ce qui est encore plus frappant c' est qu'ils n'utilisent pas des sons que l'on pourrait appeler "nouveau". La recette est autant simplissime que le talent et le travail de précision des anglais est énorme. Des boucles rythmique d'une vieille Roland 808, la voix si intense de Nic Void , cette sorte de broderie des synthés relevant de la plus haute précision et tous ces ingrédients rassemblées avec une grande maestria teinté d'une sacrée malice. Une fantastique musique hypnotique qui allant crescendo nous dévoile l' autre qualité des FF, ce minimalisme à l' aspect répétitif pourrait vite devenir lassant et trop froid sauf qu' avec eux on assiste à une progression à peine perceptible au début des titres puis de plus en plus importante pour finalement aboutir à une explosion frénétique et inouïe dans votre ciboulot. La musique de Factory Floor opère un étrange charme. Elle nous enferme dans une bulle, nous devenons rapidement de vrais autistes à son contact, coupé du reste du monde, les yeux clos, et quand dans une dernière tentative de socialisation nous les rouvrons on constate alors dans un miroir que notre visage offre le spectacle de l' euphorie et non pas celui du retrait et de la solitude. Nouveauté sur cette album, de très petites pastilles instrumentales, loin de tenir le simple rôle de pause et d' oxygénation entre les morceaux toujours très longs de FF, elles nous rappellent que ce groupe est aussi et surtout un groupe adorant l' improvisation et la recherche sonore sans bornes. Une expérimentation pas systématiquement dansante. Par exemple celle intitulée "Two" avec sa guitare ( instrument devenue rare chez eux) se révèle finalement bien trop courte et nous amène a en réclamer plus en se remémorant les "Solid sound" et "16-16-9-20-1-14-9-7" d' antan. On peut certes regretter qu'une fois enlevé les trois singles et les trois pastilles cet album ne nous offre que "seulement" 4 vrais inédits. Aux accusations de fainéantise je répondrai qu'ils sont très rares les groupes capable de se renouveler sur scène comme le font Factory Floor avec leur volonté d' improviser. Pas deux sets ne se ressemblent comme le prouvent ceux que l'on peut glaner sur le web. Et les 4 uniques inédits se suffisent à eux seuls tellement ils atteignent les sommets des précédents singles tel Turn it Up, Two different Ways et Fall Back. Manque à l' appel le merveilleux et gigantesque "Reallove" déjà maintes fois lui aussi abordé ici. Les Factory Floors peuvent être définis comme de laborieux alchimistes mais certainement pas être traités de paresseux fumistes. La comparaison avec certaines formations vues à Saint Malo cet été est sans appel à leur avantage. C'est peut-être pas toujours facile de rentrer dans l'univers de Factory Floor contrairement à certaines jeunes formations (Disclosure) mais une fois que c'est fait, ça vole franchement plus haut. J' ai lu il y a quelques mois le message d'un type qui se réjouissait pour Factory Floor qu'ils aient eu la chance de signer sur DFA. Euh ... C'est pas Factory les chanceux. Ce sont DFA ! Parce que depuis la fin d' LCD Soundsystem on peut pas vraiment dire ,à part le grand Eric Copeland dans un tout autre registre, que les rares sorties DFA nous ait franchement rendu gaga. Avec cet album Factory Floor confirme le rapprochement stylistique perçu depuis leur changement avec DFA en incorporant à ce qui faisait la touch dudit label( mix de funk et de punk) une touche drone et un soupçon d' industriel. Ils prennent le gros James Murphy et en le faisant danser frénétiquement jusqu'à évanouissement ils vont nous le rendre tout beau et svelte comme en 2001 et DFA redeviendra ainsi sexy. C'est vrai qu'un léger embonpoint pouvait se discerner chez l' américain sur le dernier LCD et les dernière production du label. Juste retour des choses version anglaise. Murphy avait lorgner sérieusement sur un infime partie du post-punk anglais pour nous faire danser ne gardant bien souvent que le coté propret. Factory Floor lui rappelle ses omissions , la partie de la scène post-punk la plus expérimentale , elle aussi influencée par le prog-rock, le krautrock, et l'industriel mais en plus crasseux et agressif. Plus This Heat/Throbbing Gristtle/23 Skidoo que l'axe New Order/The Fall/Bowie version funk/disco du bon James. Et c'est peut être ça qui fout un bon coup de pied au cul des DFA, la façon Factory Floor qui me parait bien plus futuriste et courageuse que LCD en son temps. Même si , et c'est pour préserver ma santé physique face aux fans, je reconnais que LCD demeure l'une des plus grandes formations apparus dans les 00's. Juste un peu trop parfois revival avec le recule.

  • En passant : Arca & Twigs

    Si vous êtes comme moi en constante recherche de la musique du futur alors c'est Arca (Alejandro Ghersi) qu'il vous faut. Ce producteur Vénézuélien vivant aux States vient de balancer sur la toile une mixtape en téléchargement libre qui est tout simplement l'une des bombes de cet été. Si n'est la Mixtape de l' année tant qu'à faire. On le pressentait à l' écoute de son ep de 2012, "Scretch 2" (voir ici), mais cette fois c'est sûr, Arca nous propulse dans le futur et ringardise une grande partie de ses contemporains. Écouter les 14 titres de cette mixtape à l' étrangeté hypnotique d' à peine 25 minutes produit la forte sensation d'une tornade vous emportant dans l' inconnu et les époques à venir. "Scretch" avait permis d' identifier plus ou moins via des rapprochements les composantes qui faisaient une partie de la nouveauté chez lui. Tout comme beaucoup d' artistes aimés dans ce blog il nous prouve qu'il a correctement et totalement digéré internet et tout ce que ce dernier a apporté comme changements dans le mode de consommation de la musique et les comportements sociaux. Avec l'utilisation de sons digitaux fortement inspirés de l' univers sonore des ordinateurs (musique des lociel windows) on ne peut que penser au "Far side virtual" de Ferraro, grand disque s'il en est. Mais également sont évoqués chez lui des gens comme Fatima Al Quadiri, Rustie et son maximalism ou Gatekeeper par instant. Si on peut aussi retrouver des bases Hip Hop il s' agit par contre d'un Hip Hop mutant revenu du futur foutre le bordel. Les étiquettes dont les blogs défricheurs le taxent donne qu'une envie, en savoir plus, "Glitchy Digitalism", "Hyper-futur", "futur-hip hop". Quasi impossibilité de pouvoir se référer à un artiste du passé. Arca depuis deux ans est le producteur le plus coté chez les artistes qui veulent aller au delà du présent et de la norme. Collaboration avec le fou furieux Mikky Blanco, participation à l' essentiel "Yeesus" de Kanye West et sa présence est encore remarquée chez la prometteuse et énigmatique anglaise Twigs. Tout ce que ce type touche se transforme en or et on attend déjà 2014 pour la sortie de son premier album officiel.

  • En passant : Lust for Youth

    La scène pourrait sembler pathétique aux regards de certains mais pourtant le garçon s' y trouves bien et le sentiment d' être dans le vrai effleure son esprit embrouillé par les vapeurs d' alcool. C 'est évident que le voire danser avec à peine deux autres rescapés titubants dans cette sinistre salle polyvalente de campagne peut passer facilement pour un spectacle sordide. La plus part des gens dit "responsable" sont partis depuis longtemps à part quelques corps étendus sur les cotés de la salle. Les plus prévoyant sont cachés dans des duvets, les plus largués et innocents sont à même le sol. Sordide sa danse désespérée à 6 heures du mat ? Ridicule et pathétique ? Non parce que danser sur le dernier Lust For Youth est plus que justifié. C'est même vital. Désespéré le garçon? Non bien au contraire. Le suédois Hannes Norrvide et son compère Loke Rahbek nous reviennent avec leur troisième Lp, "Perfect view", et font mouche . Le précédent "Growing seeds" était déjà remarquable mais celui-ci est encore mieux. Si il est plus attrayant Lust For Youth avec ce disque prouve qu'il a toujours le cul entre deux chaises . Entre la volonté de faire une musique pop jouissive et un goût prononcé pour le réalisme du dark. Entre New Order et Throbbing Gristle. Entre réalisme et idéalisme. Ecouter "Perfect view" revient à dire : "les temps sont dure alors dansons pour changer tout ça". Désespéré mais aussi rempli d' espoir. Il y a dix ans on dansait/titubait sur Arab Strap, il y a 20 ans c' était au son de la voix de Shaun Ryder des Mondays et à présent ça va être sur Lust For Youth. La pochette du disque évoque bien le look scallies des mancuniens habitués à la Haçienda. Dans le petit monde musical de DWTN le disque évoque bien sûr de vieilles gloires New Wave , post-punk et synth-pop mais aussi des choses plus récentes allant de la géniale Group Rhoda à l' électro-rétrofuturiste lo-fi de Sand Circle en passant par la froideur Vatican Shadow et Iceage. Ce n' est pas si surprenant et inapproprié que ça de citer le groupe punk Danois et leur pédigré punk. Les Lust For Youth ont quitté leur Suède natale pour rejoindre Copenhague et la clique des Iceage dont DWTN vous avait déjà parlé. Loke Rahbek est à ce propos devenu le chanteur des V°r. C'est souvent par sa voix lointaine et découragée que le désespoir se pointe au milieu des morceaux dansants comme par exemple sur le très acid-house "Another Day" . "Perfect view", le disque désespéré sur lequel on risque danser et s' éclater au cours des prochaines fins de soirée tristounettes.

  • En passant : Tropic of Cancer

    L' été approche et la grande question est : L' été sera-t-il chaud ? De la Côte D' Azur à Saint-Malo? DWTN n' aime pas la chaleur alors tous les moyens susceptibles de rafraîchir l' ambiance seront les bienvenus. Désolé pour le grand poète récemment disparu, Eric Charden. Avec Tropic Of Cancer, la canicule ne passera pas. On risque même se retrouver en pleine période estivale dans les conditions d' un weekend de Toussaint. Et une Toussaint glaciale ! Rien ne vaut que de la bonne Coldwave pour lutter contre le réchauffement climatique. Tropic of Cancer c' est la belle Camella Lobo avec pour compère John Mendez. A l' écoute de leur musique il est inévitable de penser à Cure et sa trilogie du début 80's. Tous les critiques et les blogs vont vous parler à leur propos du Gothic et comment cela pourrait en être autrement. Il s' agit bien de gothic mais ni du brutal comme chez Bahaus, ni du lyrique enfiévré façon Siouxie. Plutot du vaporeux (4AD) sous forte influence shoegaze. Un gothic qui évite les caricatures vaines, un gothic bien dans notre époque. Je pourrais continuer l' énumération des anciennes légendes 80's mais passons plutot en revue les groupes actuels que l'on peut associer à Tropic of Cancer. Avec ce "Be Brave" c' est aux excellent The Soft Moon que l'on pense. L' aspect vaporeux et la présence d'une voix féminine peuvent immédiatement rappeler Liz Harris (Grouper, Mirrorring), Julianna Barwick et plus loin Julia Holter. Tropic Of Cancer n'a pas encore sorti de format long si ce n' est "The end of all things" sorti fin 2011 qui était une petite compilation d' oeuvres précédentes. On doit pour le moment se contenter de deux singles et surtout de deux ep à écouter d' urgence, "The sorrow of two blooms" et "Permissions of love" (disponible ces jours-ci ). Je disais que Tropic Of Cancer produisait un gothic approprié à notre ère et qui n'est pas une simple relecture pop-rock opportuniste du passé. On peut trouver une explication à cette réussite par les fréquentations de Lobo et Mendez qui en disent longs sur leurs intentions. Tropic vient de terminer une tournée américaine commune avec les géniaux Demdike Stare et l' intriguant Vatican Shadow. Pas des types qui font dans la facilité mais à contrario une musique intransigeante et libre. Tropic of Cancer ne fait pas (encore?) preuve de l' hallucinante productivité des Demdike Stare mais ce n' est pas grave et c' est largement pallié par la qualité de ses œuvres et également par leurs prestations live qui jouissent d' une sacrée réputation dans la blogosphère. Vivement la suite !

  • En passant : RP Boo, le génie qui créa le Footwork.

    Planet Mu va sortir un album de RP Boo. Enfin! Mais pourquoi enfin? Parce qu' est enfin venu le moment de rendre à César ce qui appartient à César. RP Boo n' avait jusqu'à présent que très peu sorti de productions et bon nombres avaient eut droit aux projecteurs pour leurs formats longs, Rashad, Traxamn et tant d' autres. "Legacy" déboule ces jours-ci et avant même sa diffusion il est à considérer comme un disque "IMPORTANT", "CLASSIQUE" et tout simplement "HISTORIQUE" . Une oeuvre qui pourra servir à l' avenir comme l'illustration d'une de ces géniales cassures que l'histoire de la musique nous offre rarement. RP Boo s'appelle dans le civil Kavain Space et ce n'est pas un type comme les autres. Il appartient au club très fermé des créateurs de genre musicaux. Et encore plus rare, il n'est non pas l' inventeur d'un courant musical mais de DEUX si on veut être pointilleux. Tout d' abord il participe à l' élaboration de la juke dans les 90's et ensuite il met en place les fondamentaux du footwork juste après. Petite explication sous forme de genèse pour ceux qui ont loupé les nombreux épisodes consacrés au footwork dans ce blog. Avant cela je tente d' expliquer pourquoi ce genre issu de l'underground (dancehall des ghettos de Chicago) me passionne autant ? C'est parce que c'est une histoire qui s'est mainte fois répéter. Une histoire en trois phases. Un truc inventé par une minorité apparaît, se diffuse puis est récupéré et change la donne. Nous en sommes à la fin de la phase deux et nous attaquons la dernière, une sorte de transition( représentée par DJ Clap, Planet Mu, Slava). Depuis trois ans les productions footwork ne suscite un intérêt que chez les " pointus", souvent la presse électro ou celle portée sur l' avant-garde. Thom Yorke et Diplo n'ont pas encore mis leurs sales pattes dessus et le mot footwork peine encore à trouver sa place dans les chroniques malgré une nécessité de plus en plus grande. Ce n' était pourtant pas gagné que le truc magique se reproduise. A l' heure d' internet et de l'homogénéisation qu'il apporte le phénomène tendait à diminuer. Certains le croyaient même stoppé. Ce fabuleux moment où l'underground infiltre l'overground ( ou si vous préférez le Mainstream). Je pense que les effets dus au footwork à moyen terme risquent être encore plus considérable que l'on imagine. Les hipsters ne se sont pas jeté dessus du jour au lendemain et n'ont pas salopé le genre en l' asceptisant et en le surexposant médiatiquement trop rapidement . Le footwork a pris le temps d' opérer une lente et bénéfique macération entre les premières expérimentations de RP Boo et le début d'intérêt actuel d' autres artistes ne provenant pas de Chicago. Une macération qui a commencé depuis bien bien longtemps. Rappel des faits. Tout d' abord à Chicago il y eu un truc début 80's dont vous avez sans doute entendu parlé, la House music et ça donnait ça! Parti donc des cloaques Chicagoant fréquentés surtout par des minorités (black, homo) il s'infiltra partout pour donner naissance à l'un des derniers grands mouvements sociétals via la musique, la culture dancefloor et rave. La pop-music mainstream ne s'est pas gênée pour l'utiliser comme pour tant d'autres. La House muta en une multitude de genre au cours de sa conquête mondiale (acid, techno, idm, etc etc) mais ici je vous propose de rester à Chicago. Que c'est-il passé dans le laboratoire qui l' a vu naître quand les regards étaient braqués sur le parcours et le succès de ses diverses mutations à travers le globe. La Chicago-house subit évidemment quelques changements apportés par l' extérieur mais elle continua à muter intra-muros . 1992, un petit truc se passe. Des paroles salaces influencées par le rap, un titre à double sens et le rythme se modifie un petit peu ,Cajmere entre en jeu. Le mot Ghetto-house apparaît et très vite le rythme continue son accélération jusqu' aux 140bpm et le label Dance Mania en devient l' étendard avec des types comme Dj Deeon ou Dj Funk. Et c'est là qu'intervient une première fois le grand RP Boo. Il enfonce le clou en montant les Bpm jusqu'à 160 et on parle à présent de juke. Dans la juke tous les ingrédients du footwork sont présents. Les bpm élevés, l' usage de la boite à rythme TR 808 de Roland et les samples vocaux remplaçant une batterie absente. Mais on peut vraiment parler de footwork quand on observe de plus près les beats. Le rythme 4/4 est abandonné , les beats sont plus espacés et peuvent donner à l' auditeur une sensation d' étrangeté quand à la place les sous-basses entrent en jeu et font trembler le sol. L ' ambiance est à la fois vaporeuse et étouffante, psychédélique un instant puis devenir martial en un rien de temps. Parfait pour les battle auxquelles RP Boo participe. Si la rythmique est l'une des principales caractéristiques du footwork il faut aussi s'intéresser aux samples vocaux. La voix dans le footwork est maltraitée, défigurée, étirée ou compressée, répétitive. Un traitement qui tient plus de la folie que de la raison. A la manière des peintres impressionnistes elle ne nous raconte plus une histoire linéaire mais devient un élément ambient et rythmique à part entière. Elle tient là le même rôle dans le footwork que celui identifié dans le dubstep d'un Burial. Et nous voilà arrivé en 2013. Rashad et Spinn proclame la sainte parole à travers le monde, Traxman a été régulièrement cité dans les listes 2012 et bon nombre de documentaires foisonnent sur youtube. Tapez le mot footwork dans Bandcamp et ce n'est plus seulement Chicago ou les USA qui apparaissent dans la localisation des titres avec cette étiquette. L 'Angleterre, le Mexique, la Russie, l' Allemagne et tant d' autres. L'invasion a bel et bien commencé. Planet Mu a bien fait d' avoir forcé RP Boo à sortir "Legacy". Le disque (une compilation?) est formidable et tout simplement au dessus du lot de la production footwork. Le génie de Boo saute aux yeux à chaque titre et sert idéalement de rampe d' accès au plus grand nombre à cette musique de danse underground parfois jugée "difficile" au premier abord .

  • En passant : Dean Blunt continue d' interroger et ...d' émerveiller

    C'est le premier article que j' écris sur une oeuvre de Roy Blunt aka Dean Blunt. L 'oeuvre en question c'est l' intriguant et réussi "The Reedemer", son premier projet solo et réellement assumé en tant que tel. C' est le successeur de ses multiples collaborations avec la prometteuse Inga Coppeland (sous leur propre nom ou sous celui de Hype Williams). J' avais été emballé par leur très marquant "Black is beautiful" de 2012, lui aussi particulièrement indéfinissable et classé que 9ème dans mon top de fin d' année. Je n' avais pas parlé de leur disque pour la bonne et simple raison que cela m' était impossible. Dès que Roy Blunt fait de la musique je suis bouleversé et à la fois totalement incapable de l' expliquer tellement ses disques aux charmes dévastateurs possèdent une forte étrangeté. "Black is beautiful" était une oeuvre fortement urbaine et expérimentale où ses éléments (bon nombres de genres et d'influences) étaient facilement identifiables séparément mais une fois associées par le duo l'ensemble apparaissait comme une profonde plongée dans l'inconnu. "The Reedemer" est moins atmosphérique et plus frontal mais il nous entraîne encore sur les mêmes chemins inconnus. Du jazz par ci, de la soul par là. Intrusion de collage sonore évoquant aussi bien les zones urbaines que la nature(la mer). De vrai chansons de trois minutes rongées et espacées parfois par des vignettes instrumentales quand elles ne sont pas tout simplement réunis ensembles. On est a nouveau charmé par la fantastique voix de crooner du bonhomme qui peut parfois servir de bouée de sauvetages à laquelle on est souvent tenté de s' agripper pour naviguer à la surface des eaux troubles de la pensée du bonhomme. Mais attention, avec Blunt quand il nous semble que tout devient clair et limpide l' étrange n' est jamais très loin. Le titre 'Papi" par exemple. Ça commence comme une ballade en territoire connu à la Tindersticks avec Bill Callahan au chant, une ballade qui tente bizarrement à se répéter pour être finalement stoppée net par le son de la gigantesque cloche de "MMIX". Avant c' était le bruit zen des vagues d'une mer calme accompagné par une guitare new age ("Seven seals") parasité en un instant par l' angoissant synthé de Badalamenti pour Twin Peaks ("Walls of jericho"). Certains motifs rappellent d' autres entendus dans les titres précédents, ainsi certains morceaux se répondent entre eux tout au long de l' album dans un hypnotique dialogue pour lequel Dean Blunt n' a pas jugé utile de nous donner la traduction. Peut-être plus abouti que ses prédécesseurs mais toujours autant énigmatique "The Reedemer" confirme tout le talent de Blunt et nous les rend, lui et sa musique, encore plus essentielles qu' auparavant. PS: Petit retour sur le merveilleux "The narcissist" issu du "Black is beautiful" de 2012 et des oeuvres solo de la russe Inga Copeland qui m' évoque beaucoup l' autre fille géniale venu de l' est, l' estonienne Maria Minerva.

  • En passant : Laurel Halo encore et pour toujours.

    http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/03/en-passant-laurel-halo.html http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/04/en-repassant-laurel-halo-est-king-felix.html Laurel Halo nous reviendra dès le mois de mai avec un nouvel ep "Behind the green door" alors que son "Quarantine" squatte encore mon appartement et qu'il ne cesse de me bluffer un peu plus à chacune de ses écoutes. Ce coup-ci Halo effectue stylistiquement un petit retour en arrière ( époque Hour logic") . La musique vaporeuse (aquatique?) de Quarantine cède la place à une autre où le rythme gagne en importance et où également un piano brut de décoffrage donne le la. On peut aussi discerner quelques vagues réminiscence de footwork mais ceci est tout sauf une chose surprenante de la part de cette innovatrice qui en avait déjà tâté avec son projet King Félix. Sinon à part celle excellente nouvelle Laurel Halo est restée très coquine et cette chipie n' a trouvé rien de mieux que de remixer remarquablement le grand John Cale et enfin d' attendre la toute fin de l' année dernière pour nous balancer l'une de ses meilleurs compositions sous la forme d'un single, le magique "Sunlight on the faded". Et puis comment ne pas offrir la rencontre de deux fées de la musique actuelle sous l' égide de l' électroacousticien parisien, Daniel Wohl. Quand la numéro 1 du top 2012 de DWTN s'unit avec la numéro 4 alors fatalement on tutoie les sommets. http://www.danielwohlmusic.com/emf-with-julia-holter-and-laurel-halo

  • En passant : Jam City, L-vis 1990 et Night Slugs ou :" Mais quelle grosse buse que je suis!"

    Oh que oui je suis une énorme buse. Un idiot, une tête en l' air, un fifelot ou tout simplement, un sacré Jérome Cahuzac de la blogosphère musicale. Faut que je vous explique le truc et vous allez vite comprendre et me lancer le regard compatissant que l'on fait en général à celui qui vient de faire l'impensable. Comment ai-je pu oublier Jam City dans le top 2012 de DWTN? (Erreur réparée par la suite) Son "Classical Curves" a été l'un des grands disques novateurs de l' an passé et malgré cela j'ai tout bonnement oublié de le classer. Même pas cité une seule fois dans ce blog. La honte! Comment omettre de vous dire à quel point Jack Latham est le digne contemporain d' artistes adorés par ici (John Maus, James Ferraro, Gatekeeper ou Rustie) tant sa façon d' aborder la musique et son oeuvre sont proche de leurs univers respectifs. J' ai lu quelque part que Jam City faisait subir à la musique des dancefloor le même travail de sape et de destruction pour tendre vers une nouvelle renaissance que Maus nous offre avec la pop. Comme James Ferraro sur "Far side Virtual" le bon Latham utilise beaucoup de sons numériques stridents issus de l'informatique devenu si familier. Il incorpore également d' autres sons technologiques de notre quotidien qui en est saturé. Le bruits si caractéristique des ouvertures de portes des automobiles récentes par exemple. De Rustie et Gatekeeper et de leur musique maximaliste Jam City retient l' agressivité physique et le coté rentre-dedans que certains et à juste titre n' hésitent pas à comparer à la l' electro body music (EBM) de DAF. D'autres encore évoquent une équivalence à travers les époques avec Art Of Noise comme le prouve les similitudes entre le "Her" de Jam City et le légendaire et précurseur "Close to edit" de ses compatriotes du label ZTT. Art of Noise? Tiens tiens! Ça fait deux fois que je suis obligé de citer ce groupe en très peu de temps (la première fois c'était pour Vessel) et je me demande si n'est pas venu le temps de la réhabilitation définitive de ce groupe du passé pour son avant-gardisme et son talent un peu vite oublié depuis les 80's et souvent snobé ou même moqué par un certain rock indie depuis. Si je me suis enfin rendu compte de mon calamiteux ratage concernant Jan City c'est surtout à cause de la sortie imminente sur le même label (Night slugs) du ep de l'un de ses fondateurs, James Connolly (aka L-Vis 1990). Et histoire d' enfoncer le clou concernant le prometteur label Night slugs je vous conseille aussi l' auteur de l' un des meilleurs ep de 2012 , Girl Unit et son "Club Rez" et le Canadien Egyptrixx avec son très bon premier album, "Bible Eyes".

  • En passant : Laurel Halo

    Si ce blog existait en 2011 il vous aurait assurément parlé de Laurel Halo. Pas de sortie prévue en 2012 alors nous devons nous rabattre sur son excellent et prometteur ep de l' an dernier, "Hour Logic". La particularité avec Laurel Halo est qu' il ne faut surtout pas s' arrêter sur un seul morceau. Sa musique est très diversifiée et elle subit une mutation permanente. Elle dit être influencée par Steve Reich, logique pour une pianiste de formation classique. Autres influences musicales citées par la madame celle de l' acid-house des débuts, qu' elle soit Mancuniene (808 Sate, A Guy Called Gerald) ou de Detroit (Model 500, Kenny Larkin). Une passion commune pour la musique des dancefloors et le minimalisme issu du classique. Ce n' est pas si surprenant que ça. Plus proche de nous dans le temps elle dit aimer James Blake & Joy Orbison. On ne peut qu' être d' accord. Tout pour plaire. Avec ce "Constant Index" et l' utilisation qui est faite des voix c' est au tour des suédois de The Knife/Fever Ray d' être convoqués. Et encore une fois Elizabeth Frazer/Cocteau et Lisa Gerrard des Dead Can Dance se trouvent une progéniture. Après Grouper/Mirrorring, Julianna Barwick, Julia Holter, Zola Jesus et Grimes entre autres ça commence à faire. Toujours sur ce "Constant Index" après le passage des voix on découvre une partie planante esquissée au début et qui prend petit à petit la place principale. Des moments similaires se retrouveront plus tard sur le ep mélangés à des parties dansantes . Klaus Schultz et Tangerine Dream sont eux aussi présents. Il y a une explication à ceci. Laurel Halo est très proche de Daniel Lopatin/Oneohtrix Point Never , artiste maintes fois cité dans ce blog. Et c' est pas tout. Un grand classique de Dance With The Noise arrive. Sont présents sur la photo ce que l' on peut considérer comme une sorte de Dream Team contemporaine de la chose expérimentale . Samuel Godin, Laurel Halo, Daniel Lopatin et ... James Ferraro ! Le "papy" que ces jeunots entourent est David Borden, l' un des précurseurs de la musique électronique avec son groupe des 60's/70's, les Mother Mallard's Portable Masterpiece. Le vieux s' était mis en tête de ne faire de la musique qu' avec les premiers synthétiseur Moog à l' heure d' Hendrix . Quelle drôle d' idée ! Bref, un précurseur. Tout ce beau monde fut réuni à l' occasion d'une série de collaboration entre vieille gloire expés et jeunes pouces. La série s' appelle FRKYWS et c' est chez RVNG. Le résultat est inégal mais très intéressant, entre Ambient, electronic et drone. En prime un cadeau via youtube. Le ep de Laurel Halo dans son intégralité pour se consoler de l' absence de sa collaboration avec Blondes.

  • En passant : Nils Frahm

    Quand on tombe par hasard sur une oeuvre de Nils Frahm on est systématiquement emporté et hypnotisé par sa musique. Tour à tour spatiale et intimiste. Ce berlinois déjà auteur de plusieurs albums studio nous offre en cette fin d'année le merveilleux et sensible "Spaces". Le grand truc à Frahm est le clavier comme le saxophone est la grande passion d'un Colin Stetson. En découvrant "Spaces" j' ai immédiatement pensé au canadien adepte des instruments à vent et à son dernier disque. A l' écoute de leurs disques respectifs l' auditeur peut avoir l' impression d' écouter au stéthoscope l' intimité du musicien explorant toutes les possibilités offertes par son instrument et également celles du lieu où il s' exprime. Si Stetson s'était contenté du studio pour un travail de pure improvisation Frahm explore l' espace sonore des salles de concert et les textures qu'elles peuvent offrir à partir de certaines de ses anciennes compositions. Mais l'improvisation là aussi tient une grande place à part égale avec la composition. Judicieux choix de la part de ce jeune compositeur tellement ces captations live nous balancent à la face une évidence sous-estimée jusqu'à présent, le talent du bonhomme est gigantesque et tutoie des sommets en concerts. Dans leur approche méticuleuse et aventurière de leur instrument si Stetson avec le saxophone s'intéresse au souffle et à la respiration Frahm dit s' attacher à la manière d' appuyer sur une touche de clavier et plus particulièrement à son amortissement. Je disais que le point commun entre ces deux artistes était la sensation qu' avait l' auditeur d' écouter au stéthoscope. Chez Frahm comme chez Stetson les "bruits" non "musicaux" souvent rejetés d' habitude sont mis en valeur et rajoutent de l'intimité et rende cette musique encore plus "directe" et forte. Les cliquetis du saxo chez Stetson, les craquements et les murmures du publique entre autres pour Frahm. Les traditionnelles toux intempestives des concerts de musique classique sont comprises avec l' irruption de la modernité des sons des téléphones cellulaires. Le berlinois ne se limite pas qu'à son instrument de prédilection. Aux bruits ambiants issus de la prise de son directe se rajoutent l' utilisation de boucles d' autres sons ambiants. Le reste du temps l' intérêt est porté évidemment sur le jeu très varié du pianiste car bien sûr quand on parle piano et que les mots "intimité" et "introspection" jaillissent dans votre esprit on pense tout de suite Erick Satie, rajoutez à cela le goût de Frahm pour la répétition et Reich n'est pas bien loin. Dans un passé plus proche la mélancolie de "Spaces évoque irrémédiablement certains titres de Max Richter. Tout au long de "Spaces" les titres planant à base de synthétiseurs et d' électronique côtoient les pièces intimistes au piano bien plus classique et souvent on pense aussi à Tangerine Dream, Jarre ou Vangelis. Aucun des deux types de morceaux ne surpassent l' autre. Les deux faces de la musique de Frahm forme un tout absolument irrésistible et en bouder l'une s' avère une grave erreur. Toujours pas remis du These New Puritans et de son impressionnant nombre d' intervenant (un orchestre classique au grand complet) Frahm tout seul atteind les mêmes cymes où les héritages pop et classique s'unissent pour le meilleur et ...rien que le meilleur. Immanquable. BONUS : Piqûre de rappel obligatoire de l'un de mes albums préférés, le grand "The Blue Notebooks" signé Max Richter.

  • En passant: Iceage et leurs copains danois

    Les danois d' Iceage sortent leur deuxième album et confirment amplement tout le bien que l' on pensait d' eux depuis "New brigade". Quand ils étaient apparus en 2011 beaucoup n' avaient qu'un slogan à la bouche, "le meilleur du punk depuis bien longtemps". Et tous les critiques rock du monde entier, afin de définir le caractère violent ce qui était alors devenu LE fénomène danois de la blogosphère, reprirent en boucle une phrase parue dans la presse du pays. "Des adolescents tyrans plein de colère et d' anxiété". Ce que j' aimais bien avec eux c' était bien sûr la puissance dégagée mais aussi le fait qu'ils ne tombaient dans l'un des principales défauts des groupes punk de nos jours. Le rentre-dedans démago. Eux pouvaient se montrer plus évasifs et beaucoup moins simpliste. Alors que faire après un premier brûlot punk. Le répéter ? Non et heureusement. Iceage a fait ce qu' il se fait de mieux après du punk. Du post-punk. Leur musique en était bien sûr fortement imprégnée sur "New Brigade" mais avec "You're nothing" elle gagne en subtilité. Moins bourrins, plus ambitieux d'une certaine façon. Peut-être moins percutant que leur premier album mais aussi plus riche en diversité. Laissez tomber vos références archi rabattues et pensez No Age et parfois même au détour de certains titres Joy Division des débuts et des trucs comme Minor Threat. Iceage ne sont pas seuls au Danemark. La scène punk-post punk de ce pays se montre de plus en plus fascinante depuis quelques temps. Parmi toutes cette horde de jeunes énervés la clique autour des Iceage se dégage du lot. Deux groupes proches d' eux plus particulièrement. Si l'un fait aussi dans le post-punk et bien que dire de l'autre spécialisée dans...la synth-pop ??? Encore plus étonnant c'est quand on sait que l'un des membres n' est autre que le guitariste d' Iceage. Ils s' appellent Girlseeker et produise une espèce de synth-pop lo-fi planante évoquant parfois Gary War et pas mal d' autres de l' hypnagogique-pop. L'autre groupe, beaucoup plus proche des Iceage, se nomme Lower et a sorti un remarquable premier ep l' année dernière rempli d' abstraction noisy.

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