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  • LOW JACK ou, le présent et le futur sont apparus en France.

    Depuis le temps que DWTN attendait. Le miracle a enfin lieu. Un français vient de pondre un disque teinté de grime futuriste, de footwork, UK bass. Parfois on est chez Demdike Stare, parfois chez nos idoles de Pan et Janus (MESH,Lotic), parfois même chez celle de Tri Angle Records. Et tout naturellement Teklife et Chicago s 'imposent dans les esprits. Et en plus c'est signé chez Modern Love !!!!!! Modern Love !!!!!!!! le label qui truste les top de fin d'année par ici. C'est très rare que le quarteron de géniaux mancuniens ouvrent leur porte à l' étranger, comprenait : "un truc plus loin que Stanford". Et en plus du plus, il avait fait dans la techno abrasive avec le petit coté tribal de Cut Hands. N'entrer surtout pas tous les noms que je viens de citer dans mon moteur de recherche, votre ordi va sacrément buger. ET ET ET : "...mais cela peut vous paraître un détail mais pour moi ça veut dire quelque chose" Le type vient de Saint Malo !!! C'est bien simple si un jour vous voulez savoir ce que donnerait de la musique faites par ce blog vieux de 4 ans et bien jetez-vous sur ce truc génial. L' HONNEUR NATIONAL EST ENFIN SAUVE ! Low Jack parle beaucoup de turntablism , ça en est, mais on est très loin des pathétiques exemples français trop connus. Birdy Nam Nam, Chinese Man et C2C. Contrairement à ces malheureux souvenirs franchouillards notre bonhomme a le sens de l'originalité et la curiosité suffisante en matière de sampling pour prendre des risques et surtout, pour que son oeuvre ne se limite pas au final à une performance technique spectaculaire et grandiloquente dénuée de sentiments. L'art du sampling, cette façon de complètement transformer une source sonore, de s' attarder sur un détail pour en faire l' épine dorsale d'un titre, de ne pas hésiter à piocher dans des styles non convenus, et en fin de compte, d'offrir un truc sans réel attaches, une musique venue d' ailleurs. Les liens avec Demdike Stare ne sont qu' évident et Philippe Hallais assume totalement l'influence des deux héros mancuniens de ce blog. La rencontre amoureuse ne pouvait que ce faire quand Low Jack oeuvrait dans la techno-noisy. L' autre grand amour de DWTN, le dieu Footwork tellement méprisé dans l' hexagone , montre son bout du nez souvent dans ce miraculeux "Lighthouse Story". Ce n' est pas la première fois que ce style se traduise en français. Et c' était encore un peu grace à Low Jack via son label avec l' envoutant Black zone myth chant (aka High Wolf) et son "Mane thecel phares". Ce truc faisant le lien entre footwork, Afrique Centrale et psychédélisme/chamanisme. Cette pépitte française 2015 dont DWTN vous avait parlé. (Cf par là ). La rencontre entre la patte Modern Love et le style Chicagoans n' avait jamais été aussi évidente sur les productions du label. Le rendez-vous ne sera pas manqué mais faut avouer que dès que quelqu'un sur cette planète décide de faire une musique futuriste ou simplement moderne, donc surtout pas "vintage", la créature des Traxman, RP Boo ou Rashad devient une obligation. Ou du moins une influence majeur. Qu'en sera-t-il de Low Jack le jour où ce fan de Detroit et de Ghetto House va tomber sur le révolutionnaire Gqom (à voir ici ). La caractéristique principale de Low Jack, au point que DWTN a l'impression d' avoir enfin trouver le copain de lycée qui écoute la même musique râre et peu appréciée, C'est son amour si inaccoutumé en France des musique urbaines dites de "ghetto" anglo saxonnes. Ici on aime mais quand c'est vieux. Lui ce sont celles du présent, Grime, footwork , UK Bass etc etc. Le vieux hip-hop se pointe via quelques "tics" mais ce sont des manières bien trop retravaillées et modernisée pour plaire aux voyageurs perdus ddans le passé. Parfois on retrouve l' aspect noïsy de ses débuts techno. Ce boucan crasseux qu'un fan de J&M C, MBV devrait aimer plutot que se vautrer dans la redite à guitare. Déjà que certains sont passé à coté de leurs dignes héritier bruitistes à tendance psyché,le duo Yellow Swans de Pete Swanson avec le légendaire "At All Ends". Footwork plus bruits. Le "bruit" peut être Crasseux ou grace à la fée numérique, clinquant, pimpant, futuriste soit en résumé, Maximaliste. Un des SAINT GRAL de votre DANCING WITH NOISE. Low Jack assume complètement et n' hésite pas à offrir ses amours courageux à la face de ses compatriotes un brin fermés et nombrilistes. J' aimerai bien le rencontrer pour savoir si lui aussi a du subir l'incompréhension ou le mépris en passant à nos congénères français les bpm poussé à 150 et la syncope des beats tellement propice à l' expérimentation. Dans le communiqué de presse adressé par des anglais à d' autres étrangers , une phrase a attiré mon attention et les rares neurones qui me restent. "Sounded like a footwork variant sewn up with an exotic production style impossible to pin down" soit en langage de grenouille Malouine que l'on entend aux environs du fort Saint Père les soirs d' été : "Qui ressemblerait à une variante de footwork cousue avec un style de production exotique impossible à cerner" Ce sont les termes de "impossible à cerner " couplés à "exotique". Et si ce truc si exotique donc étrange à l'oreille anglo-saxonne ce n' était pas simplement la déformation et l' appropriation originale de musiques anglo-saxonnes faite par un type sevré de bonne nourritures sonores et originales, un type regardant ailleurs que chez lui parce que vivant dans pays où le moins que l'on puisse dire, l'originalité et la volonté de vouloir sonner "neuf" ou futuriste est vu comme comme un truc totalement "bizarre" chez un musicien. "Neuf" ou "originalité" en France c'est en musique un truc pour gens "trop compliqué". C'est surtout une manière de ne pas voir certaines vérités en se contentant de bien peu. Les choses ne vont s' arranger ainsi. A lui seul Low Jack rattrape notre éternel retard d' égocentriques hexagonaux. Parce que le retard français est bien au delà d'un désamour pour un seul genre, le footwork et les truc étiquetés "ghetto". C'est le premier français à qui l' étiquette de "Post-club" ou "post-internet", si répandues à l' étranger, peut être collées. Ces notions peuvent vraiment devenir des privat joke quand on veut aborder le sujet avec le premier péquins venue pendant une soirée ou un concert. Vous allez voir les yeux de votre proie de franchouillard type s' écarquiller et à peine le temps de finir votre phrase il s'enfuira à travers la foule pour écouter dans un geste suicidaire par incompréhension l' entière collection de ce vieux groupes dansants de ses vingts ans, les Daft machin. Et encore si il n'est pas tomber dans le coma par attaque cérébrale. La musique de Low Jack ne ressemble pas à grand chose même si elle est donc le fruit d'un type se baignant quotidiennement dans la musique "jeune". Certains sons évoquent l' électro aquatique sortie de l' océan d' Actress mais aussi l' agression et l' aspect bidouille de celle de Mark Fell. Au fait, je me suis toujours remis de sa collaboration avec Gabor Lazar "The neurobiology of moral decision making". D'autres choses ont déjà été entrevues chez la clique Jamus (Lotic, M.E.S.H.). Il plane parfois de (déjà!) vieux souvenirs Witch House de Triangle Recors et enfin on est franchement pas loin de la version sampling des création d' Arca et de "GOD", je veux dire Lopatin Daniel, celui qui secoua le cocotier et le réveil nostalgico-moderniste-futuriste avec son comparse James Ferraro.

  • BULLION ou, il y a une sortie de secours au Mash up, la pop parfaite !

    Nathan Jenkins aka Bullion sort enfin son "vrai" premier album après un fantastique et courageux parcours de créateur . Et vous savez quoi ? C'est l' Album pop de ce début d' année. Satané londonien ce Nathan Jenkins. Dans le style imprévisible y' a pas mieux. Ce type m' avait déjà charmé il y a plus de 8 ans avec son fantastique album mash-up "Pet sounds : In the key of Dee". Bullion maltraitait ses deux passions de jeunesse, passion évidente par ici également. Soit la rencontre pas si improbable que ça de J Dilla avec l' autre cinglé de bac à sable californien que tout le monde appelle Brian Wilson. Jubilation absolue faisant passer le "Grey album" de danger Mouse (Jay Z + Beatles) pour un laborieux travail d'enfant de primaire. Si vous ne connaissez pas jetez-vous dessus. Tiens tiens, au sujet de Danger Mouse. Si ce dernier s'est toujours révélé grand producteur des autres on ne peut pas franchement dire que la transition vers le rôle d' artiste solo fut une réussite. Bullion encore une fois l' enfonce six pieds sous terre. Issu donc du sampling Jenkins après moult chemin de traverse vient d' entrer de plein pied dans le royaume des grands songwritter pop. Catégorie Pop léchée classieuse. Rien que ça. Quelle est donc la recette magique que l' autre n' a jamais trouver? Loop the loop peut apparaître au premier abord comme un énième exercice nostalgique de sophiti-synth-pop 80's. Je vous rassure tout de suite si on peut (parfois) penser à l' affreux Roxy Music d' "Avalon" ou plus récemment au "Kaput" de Destroyer Bullion est largement dans une autre dimension. Il ne sera pas le Pépé Kurt Vile de ce genre. Primo Bullion est peut être devenu un génial songwritter mais il est aussi resté un génial producteur jonglant majestueusement avec les samples et les influences. Une forte volonté de vouloir créer lui évite la simple démonstration de technicité et de poudre aux yeux par l' accumulation de citations ou de stimulus sonores (Dan Deacon des derniers albums) . De plus il a le courage, l'innocence et l'imagination de ses deux illustres héros cité plus haut. Ce n'est vraiment pas un faiseur arriviste. Son but est avant tout l'originalité avec ce que cela peut comporter de notion artistique. Plus récemment il citait d' autres noms à ajouter au panthéon de ses amours du passé et qui ont alimenter ses aspirations en tant que créateur musicale. Arthur Russel par exemple. Point commun avec le regretté génie New Yorkais, Jenkins n'est plus aphone, lui aussi a trouvé sa voix. Je parle bien sûr au sens propre en plus du figuré. Une voix éthérée et ensorcelante comme celle de Russel. Utilisée qui plus d'une manière sobre, touchante et réussie. D' autres héros/modeles : Holger Czukay perriode post Can et Devo pour l' humour mais en version plus pince sans rire. Deuxio : Écouter Loop The Loop revient à s'engager dans un jeu de piste bluffant tellement la quantité de genre musicaux et d'influences est gigantesque. Je vais vous dresser une liste exhaustive de tout ce que l'ogre Bullion a bouffé, digéré et enfin totalement transformé pour pouvoir accéder au paradis de l'originalité . Paradis inaccessible pour bon nombre en ce moment. Gary Numan, Ruiji Sakamoto, Bowie,Bollywood, Afrobeat, Psychédélisme, Techno, Panda Bear, Michel Legrand version new age des BO de notre enfance, dub, "Graceland" du nain etc etc. A présent une fois tout ce bordel en tête je peux vous assurer qu'à l' écoute du disque le "bon sang mais c'est sûr" arrivera à votre esprit mais juste avant le plus passionnant :"je n'avais entendu ça joué de cette manière". Et le plus rare "C' est quoi son putain truc pour me charmer, moi qui ait tout entendu tout vu etc etc" conclura votre écoute. Et si vous êtes pas rassasié par le grain de folie créatrice, drolatique et poétique de Nathan Jenkins faites un tour du coté de son label (et oui, il a aussi créé un label) . Deek Recording c'est un putain de rassemblement d' artistes partageant le même goût pour le recyclage et le détournement des influences. Une vraie bande de pitres. Et comme avec Bullion : "je n'avais entendu ça joué de cette manière". Mes préférés: Laura Groves et son chmilblick de Fleetwood Mac et folkeuse 70's à la rencontre des synthés planant pure 80's. Le duo Never rappelant des Stockholm Monsters sous valium avec uniquement des synthés mais toujours bancale et attachant . Et enfin les géniaux Thool dont ,on ne sait jamais s'ils nous prennent pour des cons et surtout à quoi carbure ces types en matière de psychotropes faussement revivalistes. Il y a aussi le clown débile de service encore plus tarés que les autres. Jesse Hackett qui non seulement nous a offert le titre de chanson le plus rigolo et débile de 2015, "Genesis P'orrible", mais aussi l'un des clips les plus "rigolo et débile de 2015" (redit), "Sacred Oblivion" chez la concurrence (Circle City Records). sans parler de sa reprise de Bob Dylan , qui est je vous le donne dans le mille, la plus "rigolo et débile de 2015".

  • NOT WAVING "24" ou, Dancing With The Noise et les affres du téléchargement.

    Depuis quelques semaines Powell (cf ici ou par là ) en a fait son pote. Et vous savez que le Powell en question, c'est aussi un très grand pote par ici. Alors selon le vieil adage " mes amis sont mes amis", Not Waving est notre pote. Son premier Ep "Get Serious" pour Diagonal a été classé par DWTN 4 ème du top 2015. Faut dire que c'était ce que l'on peut appeler une sacrée claque. Pour le top je l' avais associer avec un titre glané par des voies pas très légale. Un titre encore plus jouissif nommé par erreur "Animals". Titre très difficile à trouver mais devenu pour DWTN l'un des hymnes de 2015. Découvert au printemps ce "24", et oui cette tuerie a enfin un nom, n'a jamais pris le moindre coup de vieux dans les mois qui suivirent. Alessio Natalizia de son vrai nom est un Italien vivant à Londres après un passage par Berlin. En attendant l' album "Animals", et oui, l' erreur venait de là, DWTN vous laisse avec cette tuerie signée Not Waving znfin dispo légalement sur la toile avant une future chronique devenue obligatoire face à la prochaine sortie Diagonal.

  • ROLY PORTER ou, 2016 l' Odyssée du monde. Ou de l' espèce ?

    Il faut toujours faire attention aux faux-semblants et aux réflexes conditionnés de la pensée en musique. Roly Porter depuis ses débuts en solo succédant à l' aventure dubstep Vex'd en est un parfait exemple. Si son premier album "Aftertime" lui avait apporté l' étiquette électro Dark Ambient il faut bien dire que depuis 3 ans ce sont sempiternellement les termes de science fiction, espace, concept album ou astres célestes qui fleurissent à son sujet dans la presse. Une attention médiatique bien en de-ça de ce qu'il mérite en France. Comme d' ordinaire serais-je tenté de dire. Si son deuxième long format "Life cycle of a massive star" (cf ici ) était déjà une totale réussite il n'avait pas récolté réellement à mon avis les lauriers mérités par la faute de l' attribut "concept album". Étiquette malheureusement trop souvent associée inconsciemment ou pas dans la musique pop à de sales souvenirs et a-priori. En résumé les concept-albums seraient souvent synonyme de chiantissime, grandiloquence, prise de tête ou niaiserie . Le concept avait peut être aux oreilles de certains étouffé les merveilles que recèle la musique de Porter. "Third law" présenté cette fois-ci comme un disque "classique" est d'autant plus passionnant, surprenant et révélateur. En même temps il dévoile un renouvellement sensationnel de son art et une révélation. Porter longtemps perçu comme un outsider devient l' égal d'un Lopatin ou d'un Arca dans l' art d' évoquer l' humanité via la technologie et le recyclage de sons symbolisant tout autre chose (l'espace). L' entame du disque nous replonge dans l'univers sidérales du précédent via la référence au début de "2001 l'odyssée de l' espace". Comme toujours chez Porter l' ambiance est sombre mais comme toujours aussi ce n'est qu' en apparence parce que de la douceur peut surgir à tout instant et vous envoyer dans le ciel. Avant cela, nappes de synthés, violon et choeur plomberont l' ambiance jusqu' à ce que des détonations jamais prévisibles faites des motif dronesque et noisy vous déchirent les tympans. Porter n' hésite pas non plus à jouer avec le volume sonore pour son désir de saisissement. Façon de faire rappelant évidemment Ben Frost. A la différence de ce dernier Porter sait jouer admirablement du silence. Tour à tour pesant ou réconfortant. Tout élément peut évoquer une chose et son contraire. On ne sait plus très bien si ce sont les silences, les instant de tendresse sonore ou les agressions bruitistes qui sont l' accident. L'imprévisible. Sa musique est dystopique. Encore ! Encore un disque dystopique. A croire que dans ce monde bien des choses étaient vouées à foirer fort logiquement. Porter et tant d'autres nous racontent que cela depuis quelque mois. Et en France on n'est que trop bien placé malheureusement pour ne pas y reconnaître notre quotidien. De trop longs moment de silence où il ne se passe rien, ce sentiment que rien ne bouge, rien ne change, bousculé par des "événements" qui en fait ne sont que des accélérations prouvant enfin que le statu-co décrié n'était qu'un mirage. Le monde continue de tourner et les événements ne sont que des suites logiques. Comme pour la dérive des continents qui est perpétuelle nous n'en avons réellement conscience que lors des tremblement de terres. Roly Porter emploie-t-il le vocabulaire de l' espace pour nous parler de ce qu'il se passe à la surface de la planète? Plus complexe et malicieux en fait. Il nous parle beaucoup de l' humain. Du corps et de l' âme. La pochette ne peut pas l'illustrer plus admirablement avec cette oeil semblant contenir tout un univers. Dans un organe on discerne l'espace, des étoiles et même la surface en ébullition d'une planète. Le fonctionnement de l'un répondant à des lois immuables tel une mécanique bien huilée, les bouleversements irréguliers de l'autre répondant à des lois inconnues. Qui influence l'autre? Chacun à son rythme et à sa manière les deux si différent sont en vrai indissociable. . Pour présenter "Third Law" Porter expliquait il y a quelque semaines qu'il était "lassé de la monotonie de la musique de danse". Qu'il voulait d' autres "rythmiques". "Mass" symbole tout cela et est un vrai morceau de brâvoure. Un beat rebondissant comme une balle de ping pong accompagné de bruit en tout genre. Ce rythme ping pong suggérant fortement le footwork. A quand sa découverte du Gqom ! Tout semble aller de soi mais pourtant, l'imprévu est aussi une règle. Quel est le fortuit? Celui qui a le plus de conséquences. D' importance? Les accidents visibles ou la lente évolution de l'ensemble? Une chose est sûr. Dans un monde devenu dystopique la musique dystopique évoquant l'espace et la science fiction via la technologie, juste un simple retour au source en faît, est l'une des plus pertinente et Roly Porter vient de nous en offrir un chef d'oeuvre et la preuve ultime.

  • BEST OF 2015

    TOP 50 ALBUM 2015 1. HOLLY HERNDON Plateform 2. M.E.S.H. Piteous gate 3. JLIN Dark energy 4. ONEOHTRIX POINT NEVER Garden of delete 5. JULIA HOLTER Have you in my wilderness 6. ELYSIA CRAMPTON American drift 7. LOTIC Agitations 8. GIRL BAND Holding hands with Jamie 9. BJORK Vulnicura 10. SOPHIE Product 11. ARCA Mutant 12. JIM O' ROURKE Simple songs 13. CIRCUIT DES YEUX In plain speech 14. VISIONIST Safe 15. GABI Sympathy 16. CARTER TUTTI VOID F(x) 17. RABIT Communion 18. JAM CITY Dream a garden 19. KAIRON; IRSE! Ujubasajuba 20. CONTAINER LP 21. SUFJAN STEVENS Carrie & lowell 22. HELM Olympic mess 23. EEK, ISLAM CHIPSY Kahraba 24. PAPER DOLHOUSE Aeonflower 25. KERRIDGE Always offended never ashamed 26. THEETH OF THE SEA Highly deadly black tarantula 27. PHILIP JECK Cardinal 28. F INGERS Hyde before dinner 29. KARA-LIS COVERDALE & LXV Sirens 30. RP BOO Fingers, bank pads, and shoe prints 31. BLACK ZONE MYTH CHANT Mane thecel phares 32. PRURIENT Frozen niagara falls 33. COLLEEN Captain of none 34. VIET CONG Viet cong 35. DJ CLENT Last bus to Lake Park 36. MUMDANCE & LOGOS Proto 37. FIS The blue quicksand is going now 38. ALGIERS Algiers 39. PROTOMARTYR The agent intellect 40. RUSTIE EVENIFUDONTBELIEVE 41. JOANNA NEWSOM Divers 42. JEFRE CANTU-LEDESMA A years with 13 moons 43. DJ PAYPAL Sold out 44. CLAY RENDERING Snowthorn 45. PANDA BEAR Panda Bear meets the Grim Reaper 46. SPECTRES Dying 47. VAINIO & VIGROUX Peau froide, léger soleil 48. ALESSANDRO CORTINI Risveglio 49. JAMES FERRARO Skid row 50. Ex aeco : THE SOFT MOON Deeper DJ WWWW U.S.M! EAST INDIA YOUTH Culture of volume Et voici la playlist spotify. TOP 40 EP Les artistes cités sont à découvrir ici: 1. POWELL Insomniac/Should' ve been a drummer & Sylvester Stallone / Smut 2. RUDEBOYZ / MENCHESS Rudeboyz 3. DEMDIKE STARE Testpressing #7 4. NOT WAVING Get serious & Animals 5. VARIOUS ARTISTS Cargaa 1 6. LAUREL HALO In situ 7. DJ NIGGA FOX Noite e dia & NIDIA Danger 8. NHK YX KOYXEN Hallucinogenic doon steppy verbs 9. RIAN TREANOR A rational tangle 10. VARIOUS ARTISTS The sound of Durban 11. GOLDEN TEATCHER Sauchiehall enthrall 12. LOGOS Glass 13. THE SPRAWL E.P.1 14. FKA TWIGS M3LL155X 15. KAMIXLO Demonico 16. LOTIC Heretocetera 17. AKITO World series vol.5 18. NOVELIST & MUMDANCE 1 sec 19. TROPIC OF CANCER Stop suffering 20. SLACKK Backwards Light 21. ELYSIA CRAMPTON Moth/Lake 22. UNKNOWN For promotional use only & le remix de FGTH "Relax" 23. KAREN GWYER Bouloman 24. ONEOHTRIX POINT NEVER Commissions II 25. GIRL BAND The early years 26. RABIT Baptizm 27. DJ SPINN Off that loud 28. KELELA Hallucinogen 29. BJARKI Arthur and the intergalactic whales 30. ANTENES The track of a storm 31. MARK FORSHAW The fuck 32. KUEDO Assertion of a surrounding presence 33. ERRORSMITH & MARK FELL Photogravity 34. BLOOM Quartz 35. MM (MISS MODULAR ) Mm 36. DOMENIQUE DUMONT Comme ça 37. WILEY & ZOMBY Step 2001 38. GESLOTEN CIRKEL M011 & M012 39. HELENA HAUF Lex tertia 40 Ex éco HUERCO S Railroad blues HYSTERICS Hysterics ep TOP LIMOUSIN PARQKS Slow ascent Melancholia FAILLES SPATIO-TEMPORELLES Ils sont jeunes (ou parfois vieux) et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2016 et on les aime non sans gène. Faut vivre avec le futur! RYLEY WALKER Dead Ocean FATHER JOHN MISTY I love you honeybear JESSICA PRAT On your own love again JENNY HVAL Apocalyps girl KAMASI WASHINGTON The epic BOP ENGLISH Constant pop MARCHING CHURCH This world is not enought UNKNOWN MORTAL ORCHESTRA Multi-love KENDRICK LAMAR To pimp a butterfly PINKSHINYULTRABLAST Everything else matters TAME IMPALA Currents OUGHT Sun coming down BEACH HOUSE Depression cherry WHITE POPPY Natural phenomena NATALIE PRASS Eponyme TOP DES MONUMENTS HISTORIQUES Aussi beaux que l' architecture moderne même si c'est pas toujours révolutionnaire. Mais! Ca tient et ça tiendra toujours la route. Surtout, que la jeunesse prenne garde de ne pas y squatter trop longtemps. Eux, ils savent faire, vous les jeun's, prenez modèle mais surtout surtout, NE PAS COPIER, ça ferait du Made in China pour nouveaux riches. D'ANGELO & THE VANGUARD Black Messiah NEW ORDER Music complete FLYING SAUCER ATTACK Instrumentals LOW Ones and sixes SUNN O)))) Kannon DECEPTIONS JAMIE XX Qu'est devenu le jeune type avantureux qui expérimentait pendant des heures et des heures le moindre son de sa boite à rythme pour ses deux compères Curistes de XX? Disclosurisé! Bref, pillage en règle de la culture dancefloor sans une once d'originalité pour faire danser les hipsters et festivaliers abreuvés de binouses. DEERHUNTER Depuis deux albums Bradfork Cox est en panne sèche de nouvelles idées. Après la maquillage punk-lo-fi du précédent ce "Fading Frontier" vise les radios à grand coup de synthétiseurs proprets. Mais pour les anciens fans ces chansons-là ont de plus en plus un air de déjà-vu. HEALTH Même constat que le précédent. Expérimentez, droguez-vous, pétez les instruments mais de grâce cher Health, la sobriété et le clacissisme ne vous vont pas du tout. Pire, ils rendent votre bruit pour un cache misère. DESTROYER Comment pendant 15 ans faire preuve d'une sobriété magique et d'un coup, après les synthés et un succés critique et publique enfin digne de son talent, devenir le chantre du trop plein de l' orchestration? Un truc à faire passer Muse pour Durutti Column ! LOWER DENS Non et trois fois non! Vous ne serez jamais la Grimes Queer ! Finalement malgré tout son talent, je crains que cette formation ne saura jamais innover. Gros gachis ! LABEL PAN (Visionnist, Lotic, Helm, Lee Gamble, MESH, Helm, Valerio Tricoli, Objekt) TRI ANGLE (Rabit, Vessel, Holy Other, Evian Christ,Balam Acab, Aluna George, Clams Casino) BLACKEST EVER BLACK (Tropic Of Cancer, Raime, Regis, Pete Swanson, F Ingers, Cut Hands, Prurient) PLANET MU (Traxman, Mr Mitch, Hierogliyphic Being And The Conf.,Ital, DJ Nate, DJ Diamond) DIAGONAL (Powell, The Skull Defekts, Prostitutes, Russel Haswell) HOSPITAL PRODUCTION(le label de Dominick Fernow aka Prurient & Vatican Shadow avec Helm, Violet Poison, Silent Servant, Ninos Du Brasil) MODERN LOVE (Andy Stott, Demdike Stare, Stranger, Millie & Andrea, Miles) HYPERDUB ( Teklife, Laurel Halo, Burial, Fatima Al Qadiri, Dean Blunt ) LIBERATION TECHNOLOGIES (TCF,Container, Powell, Vessel; King Félix, BMB) TYPE (Pete Swanson, Zelienople,Vatican Shadow, Sylvain Chauveau) SOFTWARE (Blanck Mass, Daniel Lopatin, Oneohtrix Point Never, Autre ne veut) NIGHT SLUGS (Egyptrixxx, Jam City, Kingdom, Girl Unit, L-Vis 1990) et son cousin américain FADE TO MIND (Kelela, Nguzunguzu, Fatima al Qadiri) RVNG Intl (Holly Herndon, Julia Holter(avant que Domino signe le chèque), Blondes, Sun Araw gendras & the Congos, la série FRKWYS) HYPPOS IN TANKS (Gatekeeper, James Ferraro, Outer Limitz, Ngunzungu,Sleep Over NOT NOT FUN /100% Silk* (Sand Circle, Maria Minerva, LA Vampire,Rangers, Ensemble Economique, Holy Strays, Cankun) MIXTAPE & COMPILATIONS REGIS Manbait MUMDANCE Fabriclive 80 RABIT & CHINO AMOBI The great game µ20 (20 Years of Planet Mu) EVIAN CHRIST The great british trance off mix PC MUSIC , Vol 1 HYPERDUB Next life AUTECHRE Dekmantel podcast 035 JACK LATHAM (JAM CITY) / DANIEL SWAN Lux laze PERU BOOM : Bass, Bleeps and bump's from Peru's electronic underground ET BIEN SUR L ' INCOURTOUNABLE L 'ESSENTIEL L ' IRRESISTIBLE TOP 6 DES VESSIES PASSÉES POUR DES LANTERNES DISCLOSURE Le cap du deuxième album vient de révéler leur manque total de personnalité et de ...talent JC SATAN Buzz énorme chez nous, des interview hallucinantes de vide, musique mille fois entendues, ils ne remettent rien en question et n' auraient jamais du sortir de leur garage. Le groupe parfait pour une presse et une industrie aux abois quand ces derniers veulent nous la jouer tarte à la crème façon "authenticité rock". GRIMES C'est bien foutu, mais faudrait pas trop en faire. La comparaison avec la Bjork des débuts ou Julia Holter et Holly Herndon du présent apporte juste une vérité, question prise de risque et originalité on a fait franchement mieux. Mais que voulez-vous, faut toujours de nouvelle tête de gondole qui puissent plaire à un maximun de gens. KURT VILE "Mais putain retournes-y dans ton passé vieux con et ne pollue plus notre présent!!!" COURTNEY BARNETT Euh ? Comment dire? Son succés critique est juste ... un grand mystère. TOBIAS JESSO Jr Plagiat Beatles post séparation.

  • SOPHIE: Perfection pop numérique

    Le voilà enfin l' album tant attendu du plus prometteur/euse producteur/trice de sa génération. Celui qui en a réconcilié plus d'un avec le mot Pop si galvaudé depuis longtemps. Par ici on le suit à la trace depuis l' étrange mutant cybernétique pop "BIPP" (2ème du top Ep 2013) et on peut vous l' avouez tout de suite que parfois on s' est laissé aller à penser : "Trop Beau pour être vrai". Surtout avec "Elle" qui m' avait un peu donner l' impression d' une jolie et réussie redite. Bref Sophie risquait-il/elle de se répéter? "Lemonade" 4ème du top Ep l' an dernier fit taire mes doutes tant ce titre voyait Sophie dévoilait une imagination gigantesque et surtout développait encore plus ce qui n' était plus susceptible d' être une recette facile vite épuisée mais bel et bien un projet artistique sur le long terme. Ne perdons pas notre temps avec nos anciens doutes et crions-le sur tous les toits: Cet album est génial et révolutionnaire. Musicalement comme politiquement parce que très critique sur le Mainstream et ce qu' est devenu la Pop entre les mains de ce dernier. Génial par exemple parce qu'il amène bien des questionnements sur notre époque avec son culte du consumérisme (le pack avec Gode offert aurait du vous titiller tout comme les pochettes minimal à l' esthétique flashy). On peut aussi parler du culte de la personnalité via les réseaux sociaux (la pop star devenu le nouveau petit père des peuples pour les endormir) tout comme de période post-numérique/internet avec son avalanche d'info. Mais le plus important en la matière politique concernant ce "Product" est peut être ce qui suit. Sophie dynamite la Pop Mainstream en nous offrant une mise en pratique musicale parfaite de que l'on appelle l' accélérationnisme. L' accélérationnisme pour faire court c' est un courant de pensées qui, faute de pouvoir renverser le Capitalisme suicidaire par les vieux moyens révolutionnaires, nous explique qu' il faut accélérer justement l' auto destruction capitalisme pour que cette merde crève enfin. Ainsi Sophie amplifie, grossit le trait, des tares et tromperie de la Pop Mainstream. C'est donc et surtout une musique qui est de la pop faite par quelqu'un qui aime la pop actuelle mais déteste ses techniques faciles et ses dérives. Une critique satirique, parodique avec une recherche énorme pour innover. Il lui pique ses clichés pour la réinventer et la critiquer par un vrai et profond travail avant-gardiste sur la texture. Et le tout accompagné par une réflexion progressiste dont Grimes par exemple est tout bonnement incapable . Grimes et d' autres récitent malignement le passé avec talent mais elle ne nous ouvre pas de territoires inconnus. Il faut écouter MSMSMS pour piger qu' avec Samuel Long aka SOPHIE l'on est bien plus proche de gens comme Tim Hecker, Lopatin ou M.E.S.H. et ARCA que de Yelle. LOVE est un travail malin de démantèlement de la musique de club comme on peut l'observer chez des gens comme Demdike Stare ou plus récemment avec la dream team de The Sprawl (Logos, Shapednoise et Mumdance). Cette production flashy cybernétique est typique aussi de beaucoup chose comme le maximalism (Rustie), la vaporwave (James Ferraro) et l' esthétique sea-punk. Et bien sûr de leur mère à toutes, l' hypnagogic-pop. Tiens tiens ! Pas surprenant que Samuel Long aka SOPHIE ait fait un duo avec l'inventeur de l' hypna, le bon Ariel Pink. Bref SOPHIE s'inscrit parfaitement dans une certaines forme de la pensée accélérationniste si pertinente de nos jours. Que ce soit SOPHIE ou ses potes de PC music ils nous offrent une musique à la fois jouissive, intelligente, expérimentale, provocatrice et politique. Et ça dans la pop, c'est franchement rare. Au sujet du fait qu'il n'y a que 4 inédit je trouve le procédé génial qui est de nous ressortir les vieux trucs avec des récents en mode d'emploi. Vous croyez avoir à faire à une compile et c'est un concept album. Un concept sonore qui plus est. Sophie tape un très grand coup et rénove la Pop du sol au plafond. L' avenir c' est lui sans oublier bien sûr ses potes de PC Music.

  • En passant : Arca enfonce le clou avec son deuxième album

    Résumé des épisodes précédents, ici, là et par là . Pas vraiment le temps de chroniquer "Mutant" et puis surtout le cas de ce petit génie Arca a donc déjà était évoqué profondément à l' occasion de la sortie de "Xen". Mais il faut rappeler de l'importance de ce vénézuélien par les temps qui court. C' est un véritable miracle moderniste et autre. Si il faut rajouter rapidement rajouter quelque chose cela concernera les petites variation entre le Arca de 2014 et 2015. Arca semble plus volubile et surtout bien moins timide sur "Mutant" qu' auparavant. Il ose quite à nous offrir peut être son meilleur titre depuis ses débuts et l'un des plus acceccibles pour ceux qui le trouvent trop "bizarre", "Alive". Encore plus courageux devrais-je dire mais allez réécouter l' ensemble de ses sorties depuis la série de ep "Stretch" et vous comprendrez que de toute façon ce type ne sait pas faire dans le tout venant et le facile. Et rien que pour ça il en faut de la vaillance et de la liberté par les temps qui courent. On ne peut plus vraiment appelé ça sobrement du Expérimental Hip Hop. Arca est au dessus des frontières stylistique. Il est même plus de notre époque tant son avance sur le reste du peloton s' accentue. La musique de Arca expérimente et défriche comme autrefois l' IDM, tabasse l' UK Bass et renouvelle comme le Footwork, la Vaporwave et l' Hypnagogic Pop. En 91 on écoutait le "Loveless" de My Bloody Valentine en ne s' en remettant pas alors que "Made Me Realize" nous avait prévenue que l'on rentrait en territoire inconnu, en 2015 comme en 2014 Arca nous prévient, il va changer le monde. Ou peut être, c' est déjà fait!

  • M.E.S.H. et le crew JANUS : LE SON DU FUTUR DES CLUB. MAIS EST-ON OBLIGE DE DANSER DANS UN CLUB ?

    Dans mon top de fin d' année j' écrivais ceci au sujet de M.E.S.H : "LE DIAMANT BRUT QUI NOUS A PONDU UN SUPER SINGLE ET QUI VA FAIRE PARLER DE LUI EN 2015". "Piteous Gate" comme son ep Scythians de 2014 est encore un véritable diamant brut. Brut pas vraiment, James Whipple l' a façonné son putain de joyau sur long format. Mais à sa manière. Cette manière si révolutionnaire et avant-gardiste que lui seul et ses pote du crew Janus avec quelques autres explorent et perfectionnent pour tutoyer les sommets de la créativité. M.E.S.H. fait partie du collectif Janus de Berlin. Lui et ses compères n'en finissent pas de bousculer tout sur leur passage. TCF et ses algorithmes, Lotic avec ses pépites à la beauté étincelante et Kablam. Si vous voulez du neuf, de l'inédit, de l' exigeant ou tout simplement le futur pour dancefloor reliftés, c'est chez eux qu'il faut aller. Le fondateur, Dan DeNorch a tout résumé avec une phrase appelée à devenir légendaire : "Nous sommes à la recherche d'un son qui n' existe pas." Une fois ceci gravé dans votre petite tête il faut s' attendre à tout et surtout à rien de connu. Découvrir M.E.S.H. et son "Piteous gate" en 2015 c'est comme tomber par hasard sur un disque d' Autechre en 1997. Pas de compromis. Courage et persévérance seront réclamés à l' auditeur. Ce disque n'est pas beau. Moins beau en tout cas que son alter ego version proprette, Arca. Arca offre de la beauté sonore, délicate, subtile. James Whipple c'est la sauvagerie, du grossier, du foutraque, de l'inorganique, du réel. Avec lui une sensation de malaise peut vous saisir tellement cette musique semble aller de travers. Pas dans le sens du poil ou plutot dans tous les sens rendus possibles par l'imagination. Je suis toujours à la recherche de musique significative de notre époque. Des changements et des bouleversements de notre monde. Avec M.E.S.H. je suis servi. Rarement quelqu'un nous a offert une bande-son parfaite pour accompagner la révolution numérique. Plus précisément le matraquage d'informations que nous subissons quotidiennement. Les tweets, les chaines info, Youtube, les vidéos amateur que l'on s' échange sur les site communautaire ou par nos portables. En quelques instants on entend tout et son contraire. On est forcé à penser de la même façon. Est-ce bien ce truc? Est-ce mal? Y'a t-il embrouille ou tout est extrêmement clair? M.E.S.H. se présentait récemment en interview comme un "récepteur pour la surcharge constante d'information". Il racontait aussi avoir débuté l' enregistrement de Piteous Gate en se tenant constamment informé de la crise Ukrainienne. Lucide lui et son disque définissent parfaitement nos réactions face à tout ceci. Nous ressentons un poids par la quantité d'infos, nos pensées sont embrouillées mais enfin et surtout, c'est surtout une sensation dominatrice d' exaltation qui nous pousse à continuer. Piteous Gate est beaucoup moins dancefloor que pouvait être Scythians. Sur ce point précis M.E.S.H. continue le travail de sape sur les idées que la majorité se font au sujet de la musique de club. "QUAND JE SUIS INVITE A JOUER DANS UN CLUB , FAIRE DANSER LES GENS N'EST ABSOLUMENT PAS DANS MES PENSÉES " Encore une phrase appelée à devenir culte. Elle n'est pas de notre homme du jour mais d'un autre producteur américain génial lui aussi et auteur d'un autre album marquant en 2015, Rabit. Entrepris par la clique Janus et des gens comme Logos, FIS ou Visionist, cette vision iconoclaste qu'un club ne doit pas passer systématiquement de la musique dansante gagne du terrain. Et tous de créer une musique inédite, hyper expérimentale, empruntant aux techniques et signifiants conventionnellement attribués à la dance music. Des techniques et des signifiants massacrés, dénaturés, détournés. On a l'impression qu'ils veulent transformer les pistes de danse en cinéma d' art et essai version 2.0. 20 ans après ils reprennent les choses là où l' IDM d' Aphew Twin et Autechre les avait laissé. Mais attention, si la démarche est la même, le résultat et les manières sont différentes car ils utilisent les outils, les aspirations et la culture de leur époque et non pas celle des aînés. Ce n'est pas du revivalisme tellement ça respire le présent. Peut être aussi qu' Aphex Twin et Autechre agissait plus par innocence et naïveté. Cette nouvelle génération agit plus probablement par ras le bol après des années de musique trop systématiquement dansante ,qui plus est amenée à se répéter un peu trop ces derniers temps. Les ténors de Warp débarquaient à peine 5 ou 6 ans après l' explosion de la house et de la culture de club. C'était encore une course à l' exploration. On peut rajouter dans le lot de ces jeunes révolutionnaires de 2015 Powell avec ses sales habitudes d' abandonner le sacro saint rythme en cours de morceau. Iconographie typique de Janus pour une mixtape de Lotic. Le logo Hate-Copy-Hype est devenu le symbole de l' idéologie de Janus et de leurs différences avec les autres. C'est aussi une critique acerbe du fonctionnement de l'industrie de la musique et de son dénigrement systématiquement et hypocrite des musiques expérimentales et underground. On la trouve invendable mais on n' hésite pas à la piller. Fonctionnement vieux comme le rock mais probablement vivant à présent (plus précisément depuis la fin des 90's) son apogée ultime. La quantité et la diversité des informations sont représentées chez cette américains par une diversité stylistique sans borne, et parfois opposée dans certains esprit. En un clic Whipple passe de la pop à la dance, de l'ambiant à la musique concrète et électro-accoustique. De sons organiques tel ceux de gouttes d' eau à une chaude instrumentation orientale pour balancer finalement l' artificialité glacial d'un son évoquant un compteur geiger. Quand on écoute Piteous Gate on a l'impression d' écouter une musique visuelle faite de petites touches sonore à la manière des impressionnistes. En plus de tous les styles cités plus haut la force d'impact des sons électro et de la production se rapproche aussi du maximalisme digital d'un Rustie ou de l'importantissime "Classical curves" de Jam City. M.E.S.H le confirme en déclarant "adorer le vernis et l' aspect théâtral des gros sons". Son logiciel préféré est Fruity Loops et notamment ses presets d' origine même si pour son dernier disque il avoue avoir créer les siens. En à peine 30 minutes c'est une vrai révolution de palais ou plutot "du club". "Club" est justement le nom/étiquette que l'on commence à lire de plus en plus au sujet de Janus et de leurs amis. Je dirai perso qu'il s' agit d' une version anti-conformiste de la vision passée et majoritaire. Et si on reécoutait parce qu'à force de danser ce n'était plus le cas. Et en plus avec une visée politique en plus de l' hédonisme habituel. Une façon originale d'imaginer la musique pour dancefloor qui sera l'un des fait marquants de 2015 en trustant les palmarès de fin d' année. A cet immense chef d' oeuvre pamphlétaire qu'est "Piteous gate" sorti en Juillet succéda le parfait "The blue Quicksand is going now" de FIS. Il y a une semaine Rabit tapa très fort à son tour avec le très grand "Communion" et à présent le tout frais single de Lotic annonçant son album "Agitations" place encore une fois la barre très haute, et toujours dans une dimensions inconnue des humains. Rabit vient en plus de créer un label en plus des Janus, Halcyon Veil, ça promet. Il faut aussi ajouter le poétique "Safe" de Visionist et sa vision déformée du grime comme chez Logos.

  • Carter Tutti Void, quand le terrifique devient un messie.

    Deux veilles légendes plus une jeunette révélation de ces dernières années. Tremblez messieurs et mesdames. Tremblez et dansez . De toute façon vous n'avez plus le choix. Carter Tutti Void revient pour son deuxième album de musique terrifique et libératrice. 40 ans après les débuts des deux plus vieux avec leur pote Genesis P Orridge au sein de l'une des plus importantes formations de tous les temps, Throbing Gristle, 5 ans après ceux passionnant de la gamine dans l'une des formations les plus intègres et persévérantes de notre époque, Factory Floor . Je ne vous présente plus ce trio intergénérationnel tellement ils sont présents dans ce blog depuis ses débuts. Et même sa genèse ! (cf par exemple ici ). Chris Carter & Cosey Fanni Tutti. Les Thurston Moore/Kim Gordon de l' indus et du noise. Nik Void, celle qui transforme en or brut tout ce qu'elle touche. Avec f(x) autant le dire tout de suite le trio nous a offert l'un des disques les plus salvateurs de l' année. Si son prédécesseur Transverse était le croquis tailladé sur une plaque de fer rouillée, f(x) est l' oeuvre finie à coup de fer à souder et de scalpel minutieux. Le premier était le résultat brut des prestations live, le deuxième est le fruit d'un passage en studio. On retrouve donc la rythmique industrielle carrément dansante par moment sous forme de répétition ad vitam eternam d'une seule et même boucle. Ca c'est l' armature de la statue, le corps quant à lui est fait de réverbération guitaristique et de synthés assassins. F(x) c'est un peu Steve Reich et Riley à la Factory. C'est Ian Curtis et Martin Hannett qui prennent les reines des platines de l' Haçienda pour les lendemains nauséeux de Madchester. Les variations sont méticuleuses et espiègles. Et quand des voix apparaissent ce n'est que cris et râles eux aussi soumis à la réverbération. Sur le papier, ces titres sous formes de formules matheuses artificielles avec une longueur minimum de 7 minutes et le passif noisy et indus des deux plus vieux membres ont de quoi rebuter les amateurs d' hypnose transcendantale. En réalité ce disque est totalement additif et jouissif et vous vous surprendrez à l' écouter plusieurs fois jusqu'au bout de la nuit. Une étrange et ,si rare de nos jours, sensation de liberté et d' évasion spirituelle va s'emparer de votre corps et de votre esprit. Sachez rompre avec la monotonie de notre société et d'une large partie des musiques actuelles trop peureuses à l'idée de caresser à contre sens. Ces sons apparemment agressifs, ces rythmiques martiales sans démagogie, ces voix d' outre-tombe, et cette façon totalement introspective de faire de la musique forment l'oeuvre musicale la plus émancipatrice de ces dernier mois. Carter, Tutti & Void nous offrent la rédemption suprême face à des musiques ennuyeuses et dénuées totalement d ' amour, de rêve, d' espoir et de passion. Des musiques le plus souvent rétro mais surtout toujours totalement nihiliste, des divertissements sans âmes ni saveur comme le dernier chiantissime disque de Jamie XX. Des disques d' ambiance, de la muzack pour jeunes gens pas foutu de regarder devant alors que le mur n'a jamais été si proche. Il y aura toujours plus d'amour et de tendresse dans ces sons industriels et artificiels que dans les vocalises pseudo authentiques des fossoyeurs du passé. Carter Tutti Void ? Merci papy , mamie et sœurette !

  • THIS IS GQOM ou, quand Durban maltraite la House pour la révolutionner.

    Regardez bien ce visage de gamin. Un petiot qui se la joue caillera? Il peut. Cet adolescent au physique encore tendrement imprégné de l'enfance révolutionne la musique. Lui et ses potes de Durban viennent tout simplement d'inventer une nouvelle musique. C'est plutot rare en ce moment et rien que ça c'est énorme. Cinq ans après le footwork de Chicago c' est une autre ville comportant une culture ghetto qui apporte la lumière sur le monde musicale empêtré dans la redite et le revival à tout va. Ras le cul de la House au kilomètre? Go to Durban, South Africa !!! Comme l'a dit si bien le monsieur en ouverture de la mixtape "INSERT" de Kolè le nom de cette fabuleuse nouveauté se prononce comme l' élément principal de notre Bibendum Clermontois, "GOMME". Le G de Gqom symbolise en zulu le claquement de la langue contre le palais. N'essayez pas je me suis fait une entorse très handicapante pour le roulage de patin. Question patin le Gqom ne les prends pas pour débouler sur le dancefloor. Ce style original est donc apparu depuis quelques mois à Durban. Musique au son très lourd et sous influence à la fois africaine et américaine. Cela ressemble à de la house, ça peut avoir le goût de la house mais c'est franchement différent. Le peu que l'on sait du pourquoi du comment c'est de la bouche de cette ribambelle de gamins sud-africain qui innovent comme d' autres jouent au foot ou à la bille. Selon eux le Gqom résulte du très bas débit internet sur Durban et du format MP3 pourri. Ce n'est pas la première fois que ce pays se fait remarqué sur les dancefloors. Les plus anciens se souviendront de la claque "Township funk" de Dj Mujava. Un truc venu de nul-part qui attira les regards électro sur ce pays sortant à peine de l' apartheid. Un soupçon de Kwaïto avec des synthés new wave flippant au possible. Robert Smith ou Joy Division chez les zulus pour la faire crétin. Malheureusement la belle histoire se termina en queue de poisson et le bonhomme ne donna plus de réels signes de vie autant boulerversant. Depuis 2008 l' Afrique du Sud était plus connue pour son Kwaïto mué en Bacardi House (Dj Spoko) pour le coté grosse rigolade et le Shangan (Nozinja) pour le coté danse endiablée et remuage de popotin en tout genre. Mais si dans chacun de ces deux styles cités on peut y trouver un certain plaisir, le Gqom a un truc indéfinissable et terriblement ensorcelant en plus. Peut-être son charme vient de son aspect inquiétant, voir brumeux. Une house au rythme concassé si ténébreuse que cela suffit pour la différencier des autres styles du genre. Une particularité en commun avec le hit de Dj Mujava qui empêche toutes caricatures simpliste que l'on attribue habituellement aux musiques en provenance de ce continent. C'est tellement fait avec sobriété que s'en est déconcertant de simplicité. Comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt ??? Autre caractéristique plus technique musicalement, il n'y a quasiment pas de ligne de basse. Utilisation de sample vocaux maltraités, réduits au minimum pour jouer sur la répétition de ce que l'on peut rapprocher à des onomatopées. Point commun avec le footwork. Le Gqom garde la touche funk du kwaïto mais en isolant ses éléments de base. Il se rapproche aussi de l' Europe via un son gonflé et futuriste des beats façon UK Bass. Élément de modernité absolu. Autre point commun avec notre continent, ces fameuses ambiance anxiogènes et le ressenti d' être en apesanteur qu'il procure. On ne peut que se retourner vers le grime glacial de Logos ou de Mumdance. La première fois qu'il est apparu c'est évidemment au FWD de Londres. Ce club gigantesque, le plus révolutionnaire du monde (à égalité avec les repères de la clique Janus à Berlin). Club révolutionnaire par ses choix de ligne artistique plus porté sur le coté expérimental et avant-gardiste que sur la musique mille fois rabâchée au kilomètre. Les fans Londonniens s'empressèrent de nous offrir la première vraie sortie officielle. On remerciera jamais assez Moleskin pour la création du label Goon Club Allstars et avoir ainsi rendu plus accessible cette merveille rafraîchissante et jouissive qu'est le gqom. Avant cela, nos gamins sud-africain se contentait de balancer leurs pépites sur des plateformes mp3 avec juste un peu de promotion via facebook. Allez voir du côté de Kasimp3 et tapez Gqom. C'est une incroyable fourmilière de talent en tout genre. Ils sont combien à faire du gqom? Des dizaines ou des centaines? En tout cas la plus part, par leur talent, leur imagination et leur technique innovatrice écrasent beaucoup de dj européens mille fois plus médiatisés. Le premier disque Gqom de tous les temps? Une bombe offert par Goom All Stars en Juin 2015. Son nom: Rudeboyz ep. Ses auteurs : le fameux Rudeboyz et son compère Menchess. 4 titres. 4 merveilles. Juste après la sortie du ep Rudeboyz écoeure encore tout le monde avec une mixtape déjà culte. Deux mois plus tard un autre label fait parler de lui et ce coup-ci il est originaire de l' épicentre du cataclysme Gqom, Durban. Gqom Oh ! qu'il s'appelle. Encore une fois un ep et plusieurs artistes. "The sound of Durban" comporte des titres de Mafia Boyz, Cruel Boyz et surtout, du petit génie en photo sur cet article, Citizen Boy. La particularité de ce ep c'est que Gqom Oh! la joué plus prudent que Rudeboyz. Pour se faire accepter ils ont remixé à la sauce Durban des titres populaires hyper référencés. Un peu comme le footwork de Chicago à ses débuts. De toute façon l' effet reste le même face à autant de talent et d'originalités. Vous seriez surpris par exemple de la relecture prodigieuse qu'ils ont fait subir à la voix trop entendue d' Adele . Rythmique concassée typique et synthés oppressants plus un sample de l' anglaise maltraité jouant sur la répétition. Il n' en faut pas plus pour nous offrir une autre tuerie pour dancefloor. Gqom Oh ne s' arrêtera pas là en 2015. Ils annoncent une compilation avec la crème du mouvement. Compilation d' hors et déjà à ranger à coté des légendaires Bangs & Works de Planet Mu pour le footwork dans le rayon des compiles légendaires symbole d'un genre comme Nuggets , No Wave ou les Hitsville. En attendant ils nous régalent eux aussi de mixtape plus hallucinantes les unes que les autres comme celle qui est en lecture automatique plus haut et cette dernière produite pour le Unsound Festival. Si Rudeboyz a tapé très fort avec son titre Get Down dans la catégorie classique d'un genre le meilleur de Citizen Boy n'est pas encore sorti sur disque à ce jour mais il existe. Ce chef d' oeuvre Gqom se nomme "Deep Gqomu" et n'a absolument rien à envier au "Township funk" de Dj Mujava. Il est téléchargeable ici. Le Gqom ? La House du futur. On en reparlera à tous les coups dans quelques années.

  • Circuit des Yeux ou, THE VOICE

    On connaît tous cette petite complication de la vie. On veut rester soi-même mais comme disait les anciens "il faut savoir mettre de l' eau dans son vin". Le naturel et la liberté risque vous fâcher avec les habitudes et les frustrations des autres. Quel sont les limites du compromis. Mais est-ce justement toujours par un compromis mou qu'il faut en passer ? La musique comme toute autre forme d' art nous offre une autre solution. L' imagination. Cette dernière peut à la fois nous permettre d' être accepté ou du moins de rester nous même. Haley Fohr est revenu cette été pour enchanter nos chaudes et longues nuits étoilées. Son 5 ème album, "In plain speech", répond à toutes ces questions qu'elle a été amenée elle aussi à se poser. "In plain speech" marque son passage à l' âge adulte. Un passage surtout pas synonyme d' enfermement dans sa bulle comme cela peut arriver. L' affirmation d'un talent pure, d'une des plus grandes voix de la scène indie et d'une sensibilité rare. A la suite de son précédent album, "Overdue", Haley Fhor s'embarqua dans une tournée qui se révéla très difficile à supporter. Déçue et troublée qu'elle était par l' accueil et certaines réactions du publique indie américains, surtout au sujet de sa voix, la demoiselle avait donc pas trente six solutions. Soit miser sur une instrumentation plus riche et mettre moins en avant sa magnifique voix. Soit continuer par mépris pour la moquerie facile et l'incompréhension avec sa voix et un minimum d' instruments. Finalement la belle a fait le meilleur choix. Plutot que jouer l' artiste solitaire qui est le seul à comprendre son art elle décida d' entamer un vrai dialogue avec l' auditeur. Mais attention, pas de compromis, ni de démagogie, ni d' arrogance déplacée via une débauche de virtuosité vocale. Circuit des Yeux c' est l' anti-Anna Calvi par excellence. Sa voix est donc encore plus assumée sur son dernier "In plain speach", et en prime, c'est toute une tripotée de musiciens qui l' ont accompagné sur l' enregistrement. Résultat, moins revêche que "Overdue", ce dernier effort tient toutes les promesses que l'on espérait depuis 3 ans. Toujours incantatoire sans être barbant, expérimental sans perdre les amateurs de belles envolées lyriques et pop. Elle garde également ses belles pratiques bruitistes et dronesques. Circuits Des yeux comblera tout le monde. Elle qui nous offrait une musique de solitaire s'est donc mise à une sorte d' inter activité. Ils est courant tout au long de l' album de l'entendre s' adresser à nous directement. Elle explique qu'après des album quasiment fait en solo et une vie monacale d' étudiante en expérimentation. , le poids de la solitude était devenu après son diplôme et Overdue devenu trop lourd. Alors bien sûr la comparaison avec Nico va se pointer à nouveau. Mais un autre nom déboule dans nos penser face à son phrasé et son barython. Le Scott Walker de ces quinze dernières années. Peut être aussi les cordes bien plus présentes qu' autrefois. Si ce dernier parlait beaucoup de la maladie et de de la mort sur "Bish Bosh", comme à ses débuts, Circuit des Yeux nous emmène au fin fond des âmes sombres à la découverte des plus belles étincelles d' espoir en cette terrible année 2015.

  • GIRL BAND, guitares pas comme les autres

    Dès sa sortie je me suis dessus jeté entre euphorie et craintes . "Holding Hands With Jamie" le premier album des inespérés Girl Hand allait-il nous emporter ou décevoir? C' est une claque monumentale. Je sais cette expression est agaçante tellement elle a été utilisée à tord ces dernières années. Combien de nouvelles formations annoncées comme des révolutionnaires de la guitare qui au final se sont révélées être de simples copieurs bien trop sage. Le premier album de Girl Band confirme toutes les attentes et bien plus. C' est une énorme surprise tellement en l' espace de 5 mois ces irlandais ont haussé le ton. J' avais adoré le Ep "The Early Years" mais il va falloir reconnaître qu' à côté de l' album il passe pour une ébauche maladroite mais agréable. En 9 titres Girl Band explose tout sur son passage et surtout 99% de la concurrence. Non seulement Girl Band ne ressemble à aucun de ses contemporains mais en plus utiliser des références ne va pas franchement aider à bien définir leur musique. Alors bien sûr le chant et les paroles évoquent Mark E Smith mais dans une version inédite à l' énergie sidérante. Ses textes parlent de dépression et de psychose d' une manière bien plus émouvantes que ceux de Smith. Bien sûr ces types ont écouté Liars et la scène Noise, il y a beaucoup de Post Punk dans leurs intentions et leur liberté, mais il devient ardu de les résumer à deux ou trois noms. Ils n' ont pas menti quand ils expliquaient vouloir jouer de la guitares comme s' ils faisaient de l' électro avec l' utilisation du sampler. Les promesses sont tenues quand chez d' autres ils ont été vite obliées. Les structures classiques de chanson volent en éclat mais si l' auditeur est perdu au début assez vite il va être ensorcelé par ce nouvel univers musical qui se crée sous ses yeux. Il y a une dynamique impressionnante et la tension et maintenue sur chacun des titres. Ce groupe est d' une homogénéité inouï. Le guitariste sort de son instrument des sonorités et des textures bluffantes, le bassiste m' épate par ses trajectoires aléatoires et imprévisibles qui font retomber toujours sur leurs pieds quant au batteur il est tout simplement bluffant. J' ai retrouvé le frisson ressenti pendant la Route Du Rock. Ce vieux frisson synonyme de découverte d' un univers musicale inédit qui transcende ce que l'on appelait juste avant de la musique.

  • GIRL BAND, des sauveurs pour les guitares?

    Sorti ce printemps j' ai enfin le temps de parler du premier Ep de Girl Band. Ces irlandais venus de nul part sont devenus depuis leur sensationnelle prestation à la Route du Rock (par là) mes chouchous du moment. Le ep m' avait tellement épaté que franchement je craignais une arnaque et attendait impatiemment de les voir en live pour définitivement craquer. Trop beau pour être vrai. Moi qui passe mon temps à pester au sujet de l' état pitoyable des guitares Indies j' attendai ces types depuis trop longtemps. "The Early Years" en a peine 5 titres, dont deux reprises, balance à la poubelle tout ce que les jeunes copieurs de l' âge d' or de la Dance Punk ont tenté de plagier bêtement. Peut être parce qu' ils en ont plus dans le ciboulot et que leur objectif n' est pas de faire danser les gogos nostalgiques en festival avec l' énergie du désespoir des types conscients de leur recette facile. Ces mecs sont un groupe de rock par leurs instruments mais font autre chose. Ils le disent eux même. Faire de la musique comme ceux l' électro. Donc toutes les traditions harmoniques et mélodiques rocks des suiveurs à la poubelles. Ces fans de Daft Punk sont capable en suivant les pas de leurs idoles françaises de reprendre les gentillets Beat Happening pour les sortir de la nunucherie Twee Pop dans laquelle les neuneus les ont enfermé à coup de reprises inutile pour les propulser chez Sonic Youth. Autre reprise, le monstrueux "Why they hide Their Bodies under my Garage", qui prouve que ce groupe n' a pas d' œillères, celle du duo Techno Industrielle Blawan. On pense à Liars mais il y a quelque chose en plus. Une personnalité, une production et probablement d' autres objectifs cachés parce que pas tout à fait les même influences. Girld Band semble suivre la mode mais avec des oreilles partout. "The Lawman" est une bombe à retardement. Tu as l' impression de l' avoir entendu mille fois et tu crains de te lasser mais très vite il va ailleurs et te propulse hors de ton confort. En fait il est devenu un classique instantanément dans ton esprit tant ce titre est prodigieux. Bonne nouvelle, ils annoncent pour la fin du mois leur premier album chez Rough Trade. Histoire de vérifier si le concert et cet Ep ne sont pas des mirages créés par notre soif de nouveauté chez les guitares.

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