Search Results
496 résultats trouvés avec une recherche vide
- NOT WAVING "24" ou, Dancing With The Noise et les affres du téléchargement.
Depuis quelques semaines Powell (cf ici ou par là ) en a fait son pote. Et vous savez que le Powell en question, c'est aussi un très grand pote par ici. Alors selon le vieil adage " mes amis sont mes amis", Not Waving est notre pote. Son premier Ep "Get Serious" pour Diagonal a été classé par DWTN 4 ème du top 2015. Faut dire que c'était ce que l'on peut appeler une sacrée claque. Pour le top je l' avais associer avec un titre glané par des voies pas très légale. Un titre encore plus jouissif nommé par erreur "Animals". Titre très difficile à trouver mais devenu pour DWTN l'un des hymnes de 2015. Découvert au printemps ce "24", et oui cette tuerie a enfin un nom, n'a jamais pris le moindre coup de vieux dans les mois qui suivirent. Alessio Natalizia de son vrai nom est un Italien vivant à Londres après un passage par Berlin. En attendant l' album "Animals", et oui, l' erreur venait de là, DWTN vous laisse avec cette tuerie signée Not Waving znfin dispo légalement sur la toile avant une future chronique devenue obligatoire face à la prochaine sortie Diagonal.
- ROLY PORTER ou, 2016 l' Odyssée du monde. Ou de l' espèce ?
Il faut toujours faire attention aux faux-semblants et aux réflexes conditionnés de la pensée en musique. Roly Porter depuis ses débuts en solo succédant à l' aventure dubstep Vex'd en est un parfait exemple. Si son premier album "Aftertime" lui avait apporté l' étiquette électro Dark Ambient il faut bien dire que depuis 3 ans ce sont sempiternellement les termes de science fiction, espace, concept album ou astres célestes qui fleurissent à son sujet dans la presse. Une attention médiatique bien en de-ça de ce qu'il mérite en France. Comme d' ordinaire serais-je tenté de dire. Si son deuxième long format "Life cycle of a massive star" (cf ici ) était déjà une totale réussite il n'avait pas récolté réellement à mon avis les lauriers mérités par la faute de l' attribut "concept album". Étiquette malheureusement trop souvent associée inconsciemment ou pas dans la musique pop à de sales souvenirs et a-priori. En résumé les concept-albums seraient souvent synonyme de chiantissime, grandiloquence, prise de tête ou niaiserie . Le concept avait peut être aux oreilles de certains étouffé les merveilles que recèle la musique de Porter. "Third law" présenté cette fois-ci comme un disque "classique" est d'autant plus passionnant, surprenant et révélateur. En même temps il dévoile un renouvellement sensationnel de son art et une révélation. Porter longtemps perçu comme un outsider devient l' égal d'un Lopatin ou d'un Arca dans l' art d' évoquer l' humanité via la technologie et le recyclage de sons symbolisant tout autre chose (l'espace). L' entame du disque nous replonge dans l'univers sidérales du précédent via la référence au début de "2001 l'odyssée de l' espace". Comme toujours chez Porter l' ambiance est sombre mais comme toujours aussi ce n'est qu' en apparence parce que de la douceur peut surgir à tout instant et vous envoyer dans le ciel. Avant cela, nappes de synthés, violon et choeur plomberont l' ambiance jusqu' à ce que des détonations jamais prévisibles faites des motif dronesque et noisy vous déchirent les tympans. Porter n' hésite pas non plus à jouer avec le volume sonore pour son désir de saisissement. Façon de faire rappelant évidemment Ben Frost. A la différence de ce dernier Porter sait jouer admirablement du silence. Tour à tour pesant ou réconfortant. Tout élément peut évoquer une chose et son contraire. On ne sait plus très bien si ce sont les silences, les instant de tendresse sonore ou les agressions bruitistes qui sont l' accident. L'imprévisible. Sa musique est dystopique. Encore ! Encore un disque dystopique. A croire que dans ce monde bien des choses étaient vouées à foirer fort logiquement. Porter et tant d'autres nous racontent que cela depuis quelque mois. Et en France on n'est que trop bien placé malheureusement pour ne pas y reconnaître notre quotidien. De trop longs moment de silence où il ne se passe rien, ce sentiment que rien ne bouge, rien ne change, bousculé par des "événements" qui en fait ne sont que des accélérations prouvant enfin que le statu-co décrié n'était qu'un mirage. Le monde continue de tourner et les événements ne sont que des suites logiques. Comme pour la dérive des continents qui est perpétuelle nous n'en avons réellement conscience que lors des tremblement de terres. Roly Porter emploie-t-il le vocabulaire de l' espace pour nous parler de ce qu'il se passe à la surface de la planète? Plus complexe et malicieux en fait. Il nous parle beaucoup de l' humain. Du corps et de l' âme. La pochette ne peut pas l'illustrer plus admirablement avec cette oeil semblant contenir tout un univers. Dans un organe on discerne l'espace, des étoiles et même la surface en ébullition d'une planète. Le fonctionnement de l'un répondant à des lois immuables tel une mécanique bien huilée, les bouleversements irréguliers de l'autre répondant à des lois inconnues. Qui influence l'autre? Chacun à son rythme et à sa manière les deux si différent sont en vrai indissociable. . Pour présenter "Third Law" Porter expliquait il y a quelque semaines qu'il était "lassé de la monotonie de la musique de danse". Qu'il voulait d' autres "rythmiques". "Mass" symbole tout cela et est un vrai morceau de brâvoure. Un beat rebondissant comme une balle de ping pong accompagné de bruit en tout genre. Ce rythme ping pong suggérant fortement le footwork. A quand sa découverte du Gqom ! Tout semble aller de soi mais pourtant, l'imprévu est aussi une règle. Quel est le fortuit? Celui qui a le plus de conséquences. D' importance? Les accidents visibles ou la lente évolution de l'ensemble? Une chose est sûr. Dans un monde devenu dystopique la musique dystopique évoquant l'espace et la science fiction via la technologie, juste un simple retour au source en faît, est l'une des plus pertinente et Roly Porter vient de nous en offrir un chef d'oeuvre et la preuve ultime.
- BEST OF 2015
TOP 50 ALBUM 2015 1. HOLLY HERNDON Plateform 2. M.E.S.H. Piteous gate 3. JLIN Dark energy 4. ONEOHTRIX POINT NEVER Garden of delete 5. JULIA HOLTER Have you in my wilderness 6. ELYSIA CRAMPTON American drift 7. LOTIC Agitations 8. GIRL BAND Holding hands with Jamie 9. BJORK Vulnicura 10. SOPHIE Product 11. ARCA Mutant 12. JIM O' ROURKE Simple songs 13. CIRCUIT DES YEUX In plain speech 14. VISIONIST Safe 15. GABI Sympathy 16. CARTER TUTTI VOID F(x) 17. RABIT Communion 18. JAM CITY Dream a garden 19. KAIRON; IRSE! Ujubasajuba 20. CONTAINER LP 21. SUFJAN STEVENS Carrie & lowell 22. HELM Olympic mess 23. EEK, ISLAM CHIPSY Kahraba 24. PAPER DOLHOUSE Aeonflower 25. KERRIDGE Always offended never ashamed 26. THEETH OF THE SEA Highly deadly black tarantula 27. PHILIP JECK Cardinal 28. F INGERS Hyde before dinner 29. KARA-LIS COVERDALE & LXV Sirens 30. RP BOO Fingers, bank pads, and shoe prints 31. BLACK ZONE MYTH CHANT Mane thecel phares 32. PRURIENT Frozen niagara falls 33. COLLEEN Captain of none 34. VIET CONG Viet cong 35. DJ CLENT Last bus to Lake Park 36. MUMDANCE & LOGOS Proto 37. FIS The blue quicksand is going now 38. ALGIERS Algiers 39. PROTOMARTYR The agent intellect 40. RUSTIE EVENIFUDONTBELIEVE 41. JOANNA NEWSOM Divers 42. JEFRE CANTU-LEDESMA A years with 13 moons 43. DJ PAYPAL Sold out 44. CLAY RENDERING Snowthorn 45. PANDA BEAR Panda Bear meets the Grim Reaper 46. SPECTRES Dying 47. VAINIO & VIGROUX Peau froide, léger soleil 48. ALESSANDRO CORTINI Risveglio 49. JAMES FERRARO Skid row 50. Ex aeco : THE SOFT MOON Deeper DJ WWWW U.S.M! EAST INDIA YOUTH Culture of volume Et voici la playlist spotify. TOP 40 EP Les artistes cités sont à découvrir ici: 1. POWELL Insomniac/Should' ve been a drummer & Sylvester Stallone / Smut 2. RUDEBOYZ / MENCHESS Rudeboyz 3. DEMDIKE STARE Testpressing #7 4. NOT WAVING Get serious & Animals 5. VARIOUS ARTISTS Cargaa 1 6. LAUREL HALO In situ 7. DJ NIGGA FOX Noite e dia & NIDIA Danger 8. NHK YX KOYXEN Hallucinogenic doon steppy verbs 9. RIAN TREANOR A rational tangle 10. VARIOUS ARTISTS The sound of Durban 11. GOLDEN TEATCHER Sauchiehall enthrall 12. LOGOS Glass 13. THE SPRAWL E.P.1 14. FKA TWIGS M3LL155X 15. KAMIXLO Demonico 16. LOTIC Heretocetera 17. AKITO World series vol.5 18. NOVELIST & MUMDANCE 1 sec 19. TROPIC OF CANCER Stop suffering 20. SLACKK Backwards Light 21. ELYSIA CRAMPTON Moth/Lake 22. UNKNOWN For promotional use only & le remix de FGTH "Relax" 23. KAREN GWYER Bouloman 24. ONEOHTRIX POINT NEVER Commissions II 25. GIRL BAND The early years 26. RABIT Baptizm 27. DJ SPINN Off that loud 28. KELELA Hallucinogen 29. BJARKI Arthur and the intergalactic whales 30. ANTENES The track of a storm 31. MARK FORSHAW The fuck 32. KUEDO Assertion of a surrounding presence 33. ERRORSMITH & MARK FELL Photogravity 34. BLOOM Quartz 35. MM (MISS MODULAR ) Mm 36. DOMENIQUE DUMONT Comme ça 37. WILEY & ZOMBY Step 2001 38. GESLOTEN CIRKEL M011 & M012 39. HELENA HAUF Lex tertia 40 Ex éco HUERCO S Railroad blues HYSTERICS Hysterics ep TOP LIMOUSIN PARQKS Slow ascent Melancholia FAILLES SPATIO-TEMPORELLES Ils sont jeunes (ou parfois vieux) et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2016 et on les aime non sans gène. Faut vivre avec le futur! RYLEY WALKER Dead Ocean FATHER JOHN MISTY I love you honeybear JESSICA PRAT On your own love again JENNY HVAL Apocalyps girl KAMASI WASHINGTON The epic BOP ENGLISH Constant pop MARCHING CHURCH This world is not enought UNKNOWN MORTAL ORCHESTRA Multi-love KENDRICK LAMAR To pimp a butterfly PINKSHINYULTRABLAST Everything else matters TAME IMPALA Currents OUGHT Sun coming down BEACH HOUSE Depression cherry WHITE POPPY Natural phenomena NATALIE PRASS Eponyme TOP DES MONUMENTS HISTORIQUES Aussi beaux que l' architecture moderne même si c'est pas toujours révolutionnaire. Mais! Ca tient et ça tiendra toujours la route. Surtout, que la jeunesse prenne garde de ne pas y squatter trop longtemps. Eux, ils savent faire, vous les jeun's, prenez modèle mais surtout surtout, NE PAS COPIER, ça ferait du Made in China pour nouveaux riches. D'ANGELO & THE VANGUARD Black Messiah NEW ORDER Music complete FLYING SAUCER ATTACK Instrumentals LOW Ones and sixes SUNN O)))) Kannon DECEPTIONS JAMIE XX Qu'est devenu le jeune type avantureux qui expérimentait pendant des heures et des heures le moindre son de sa boite à rythme pour ses deux compères Curistes de XX? Disclosurisé! Bref, pillage en règle de la culture dancefloor sans une once d'originalité pour faire danser les hipsters et festivaliers abreuvés de binouses. DEERHUNTER Depuis deux albums Bradfork Cox est en panne sèche de nouvelles idées. Après la maquillage punk-lo-fi du précédent ce "Fading Frontier" vise les radios à grand coup de synthétiseurs proprets. Mais pour les anciens fans ces chansons-là ont de plus en plus un air de déjà-vu. HEALTH Même constat que le précédent. Expérimentez, droguez-vous, pétez les instruments mais de grâce cher Health, la sobriété et le clacissisme ne vous vont pas du tout. Pire, ils rendent votre bruit pour un cache misère. DESTROYER Comment pendant 15 ans faire preuve d'une sobriété magique et d'un coup, après les synthés et un succés critique et publique enfin digne de son talent, devenir le chantre du trop plein de l' orchestration? Un truc à faire passer Muse pour Durutti Column ! LOWER DENS Non et trois fois non! Vous ne serez jamais la Grimes Queer ! Finalement malgré tout son talent, je crains que cette formation ne saura jamais innover. Gros gachis ! LABEL PAN (Visionnist, Lotic, Helm, Lee Gamble, MESH, Helm, Valerio Tricoli, Objekt) TRI ANGLE (Rabit, Vessel, Holy Other, Evian Christ,Balam Acab, Aluna George, Clams Casino) BLACKEST EVER BLACK (Tropic Of Cancer, Raime, Regis, Pete Swanson, F Ingers, Cut Hands, Prurient) PLANET MU (Traxman, Mr Mitch, Hierogliyphic Being And The Conf.,Ital, DJ Nate, DJ Diamond) DIAGONAL (Powell, The Skull Defekts, Prostitutes, Russel Haswell) HOSPITAL PRODUCTION(le label de Dominick Fernow aka Prurient & Vatican Shadow avec Helm, Violet Poison, Silent Servant, Ninos Du Brasil) MODERN LOVE (Andy Stott, Demdike Stare, Stranger, Millie & Andrea, Miles) HYPERDUB ( Teklife, Laurel Halo, Burial, Fatima Al Qadiri, Dean Blunt ) LIBERATION TECHNOLOGIES (TCF,Container, Powell, Vessel; King Félix, BMB) TYPE (Pete Swanson, Zelienople,Vatican Shadow, Sylvain Chauveau) SOFTWARE (Blanck Mass, Daniel Lopatin, Oneohtrix Point Never, Autre ne veut) NIGHT SLUGS (Egyptrixxx, Jam City, Kingdom, Girl Unit, L-Vis 1990) et son cousin américain FADE TO MIND (Kelela, Nguzunguzu, Fatima al Qadiri) RVNG Intl (Holly Herndon, Julia Holter(avant que Domino signe le chèque), Blondes, Sun Araw gendras & the Congos, la série FRKWYS) HYPPOS IN TANKS (Gatekeeper, James Ferraro, Outer Limitz, Ngunzungu,Sleep Over NOT NOT FUN /100% Silk* (Sand Circle, Maria Minerva, LA Vampire,Rangers, Ensemble Economique, Holy Strays, Cankun) MIXTAPE & COMPILATIONS REGIS Manbait MUMDANCE Fabriclive 80 RABIT & CHINO AMOBI The great game µ20 (20 Years of Planet Mu) EVIAN CHRIST The great british trance off mix PC MUSIC , Vol 1 HYPERDUB Next life AUTECHRE Dekmantel podcast 035 JACK LATHAM (JAM CITY) / DANIEL SWAN Lux laze PERU BOOM : Bass, Bleeps and bump's from Peru's electronic underground ET BIEN SUR L ' INCOURTOUNABLE L 'ESSENTIEL L ' IRRESISTIBLE TOP 6 DES VESSIES PASSÉES POUR DES LANTERNES DISCLOSURE Le cap du deuxième album vient de révéler leur manque total de personnalité et de ...talent JC SATAN Buzz énorme chez nous, des interview hallucinantes de vide, musique mille fois entendues, ils ne remettent rien en question et n' auraient jamais du sortir de leur garage. Le groupe parfait pour une presse et une industrie aux abois quand ces derniers veulent nous la jouer tarte à la crème façon "authenticité rock". GRIMES C'est bien foutu, mais faudrait pas trop en faire. La comparaison avec la Bjork des débuts ou Julia Holter et Holly Herndon du présent apporte juste une vérité, question prise de risque et originalité on a fait franchement mieux. Mais que voulez-vous, faut toujours de nouvelle tête de gondole qui puissent plaire à un maximun de gens. KURT VILE "Mais putain retournes-y dans ton passé vieux con et ne pollue plus notre présent!!!" COURTNEY BARNETT Euh ? Comment dire? Son succés critique est juste ... un grand mystère. TOBIAS JESSO Jr Plagiat Beatles post séparation.
- SOPHIE: Perfection pop numérique
Le voilà enfin l' album tant attendu du plus prometteur/euse producteur/trice de sa génération. Celui qui en a réconcilié plus d'un avec le mot Pop si galvaudé depuis longtemps. Par ici on le suit à la trace depuis l' étrange mutant cybernétique pop "BIPP" (2ème du top Ep 2013) et on peut vous l' avouez tout de suite que parfois on s' est laissé aller à penser : "Trop Beau pour être vrai". Surtout avec "Elle" qui m' avait un peu donner l' impression d' une jolie et réussie redite. Bref Sophie risquait-il/elle de se répéter? "Lemonade" 4ème du top Ep l' an dernier fit taire mes doutes tant ce titre voyait Sophie dévoilait une imagination gigantesque et surtout développait encore plus ce qui n' était plus susceptible d' être une recette facile vite épuisée mais bel et bien un projet artistique sur le long terme. Ne perdons pas notre temps avec nos anciens doutes et crions-le sur tous les toits: Cet album est génial et révolutionnaire. Musicalement comme politiquement parce que très critique sur le Mainstream et ce qu' est devenu la Pop entre les mains de ce dernier. Génial par exemple parce qu'il amène bien des questionnements sur notre époque avec son culte du consumérisme (le pack avec Gode offert aurait du vous titiller tout comme les pochettes minimal à l' esthétique flashy). On peut aussi parler du culte de la personnalité via les réseaux sociaux (la pop star devenu le nouveau petit père des peuples pour les endormir) tout comme de période post-numérique/internet avec son avalanche d'info. Mais le plus important en la matière politique concernant ce "Product" est peut être ce qui suit. Sophie dynamite la Pop Mainstream en nous offrant une mise en pratique musicale parfaite de que l'on appelle l' accélérationnisme. L' accélérationnisme pour faire court c' est un courant de pensées qui, faute de pouvoir renverser le Capitalisme suicidaire par les vieux moyens révolutionnaires, nous explique qu' il faut accélérer justement l' auto destruction capitalisme pour que cette merde crève enfin. Ainsi Sophie amplifie, grossit le trait, des tares et tromperie de la Pop Mainstream. C'est donc et surtout une musique qui est de la pop faite par quelqu'un qui aime la pop actuelle mais déteste ses techniques faciles et ses dérives. Une critique satirique, parodique avec une recherche énorme pour innover. Il lui pique ses clichés pour la réinventer et la critiquer par un vrai et profond travail avant-gardiste sur la texture. Et le tout accompagné par une réflexion progressiste dont Grimes par exemple est tout bonnement incapable . Grimes et d' autres récitent malignement le passé avec talent mais elle ne nous ouvre pas de territoires inconnus. Il faut écouter MSMSMS pour piger qu' avec Samuel Long aka SOPHIE l'on est bien plus proche de gens comme Tim Hecker, Lopatin ou M.E.S.H. et ARCA que de Yelle. LOVE est un travail malin de démantèlement de la musique de club comme on peut l'observer chez des gens comme Demdike Stare ou plus récemment avec la dream team de The Sprawl (Logos, Shapednoise et Mumdance). Cette production flashy cybernétique est typique aussi de beaucoup chose comme le maximalism (Rustie), la vaporwave (James Ferraro) et l' esthétique sea-punk. Et bien sûr de leur mère à toutes, l' hypnagogic-pop. Tiens tiens ! Pas surprenant que Samuel Long aka SOPHIE ait fait un duo avec l'inventeur de l' hypna, le bon Ariel Pink. Bref SOPHIE s'inscrit parfaitement dans une certaines forme de la pensée accélérationniste si pertinente de nos jours. Que ce soit SOPHIE ou ses potes de PC music ils nous offrent une musique à la fois jouissive, intelligente, expérimentale, provocatrice et politique. Et ça dans la pop, c'est franchement rare. Au sujet du fait qu'il n'y a que 4 inédit je trouve le procédé génial qui est de nous ressortir les vieux trucs avec des récents en mode d'emploi. Vous croyez avoir à faire à une compile et c'est un concept album. Un concept sonore qui plus est. Sophie tape un très grand coup et rénove la Pop du sol au plafond. L' avenir c' est lui sans oublier bien sûr ses potes de PC Music.
- En passant : Arca enfonce le clou avec son deuxième album
Résumé des épisodes précédents, ici, là et par là . Pas vraiment le temps de chroniquer "Mutant" et puis surtout le cas de ce petit génie Arca a donc déjà était évoqué profondément à l' occasion de la sortie de "Xen". Mais il faut rappeler de l'importance de ce vénézuélien par les temps qui court. C' est un véritable miracle moderniste et autre. Si il faut rajouter rapidement rajouter quelque chose cela concernera les petites variation entre le Arca de 2014 et 2015. Arca semble plus volubile et surtout bien moins timide sur "Mutant" qu' auparavant. Il ose quite à nous offrir peut être son meilleur titre depuis ses débuts et l'un des plus acceccibles pour ceux qui le trouvent trop "bizarre", "Alive". Encore plus courageux devrais-je dire mais allez réécouter l' ensemble de ses sorties depuis la série de ep "Stretch" et vous comprendrez que de toute façon ce type ne sait pas faire dans le tout venant et le facile. Et rien que pour ça il en faut de la vaillance et de la liberté par les temps qui courent. On ne peut plus vraiment appelé ça sobrement du Expérimental Hip Hop. Arca est au dessus des frontières stylistique. Il est même plus de notre époque tant son avance sur le reste du peloton s' accentue. La musique de Arca expérimente et défriche comme autrefois l' IDM, tabasse l' UK Bass et renouvelle comme le Footwork, la Vaporwave et l' Hypnagogic Pop. En 91 on écoutait le "Loveless" de My Bloody Valentine en ne s' en remettant pas alors que "Made Me Realize" nous avait prévenue que l'on rentrait en territoire inconnu, en 2015 comme en 2014 Arca nous prévient, il va changer le monde. Ou peut être, c' est déjà fait!
- M.E.S.H. et le crew JANUS : LE SON DU FUTUR DES CLUB. MAIS EST-ON OBLIGE DE DANSER DANS UN CLUB ?
Dans mon top de fin d' année j' écrivais ceci au sujet de M.E.S.H : "LE DIAMANT BRUT QUI NOUS A PONDU UN SUPER SINGLE ET QUI VA FAIRE PARLER DE LUI EN 2015". "Piteous Gate" comme son ep Scythians de 2014 est encore un véritable diamant brut. Brut pas vraiment, James Whipple l' a façonné son putain de joyau sur long format. Mais à sa manière. Cette manière si révolutionnaire et avant-gardiste que lui seul et ses pote du crew Janus avec quelques autres explorent et perfectionnent pour tutoyer les sommets de la créativité. M.E.S.H. fait partie du collectif Janus de Berlin. Lui et ses compères n'en finissent pas de bousculer tout sur leur passage. TCF et ses algorithmes, Lotic avec ses pépites à la beauté étincelante et Kablam. Si vous voulez du neuf, de l'inédit, de l' exigeant ou tout simplement le futur pour dancefloor reliftés, c'est chez eux qu'il faut aller. Le fondateur, Dan DeNorch a tout résumé avec une phrase appelée à devenir légendaire : "Nous sommes à la recherche d'un son qui n' existe pas." Une fois ceci gravé dans votre petite tête il faut s' attendre à tout et surtout à rien de connu. Découvrir M.E.S.H. et son "Piteous gate" en 2015 c'est comme tomber par hasard sur un disque d' Autechre en 1997. Pas de compromis. Courage et persévérance seront réclamés à l' auditeur. Ce disque n'est pas beau. Moins beau en tout cas que son alter ego version proprette, Arca. Arca offre de la beauté sonore, délicate, subtile. James Whipple c'est la sauvagerie, du grossier, du foutraque, de l'inorganique, du réel. Avec lui une sensation de malaise peut vous saisir tellement cette musique semble aller de travers. Pas dans le sens du poil ou plutot dans tous les sens rendus possibles par l'imagination. Je suis toujours à la recherche de musique significative de notre époque. Des changements et des bouleversements de notre monde. Avec M.E.S.H. je suis servi. Rarement quelqu'un nous a offert une bande-son parfaite pour accompagner la révolution numérique. Plus précisément le matraquage d'informations que nous subissons quotidiennement. Les tweets, les chaines info, Youtube, les vidéos amateur que l'on s' échange sur les site communautaire ou par nos portables. En quelques instants on entend tout et son contraire. On est forcé à penser de la même façon. Est-ce bien ce truc? Est-ce mal? Y'a t-il embrouille ou tout est extrêmement clair? M.E.S.H. se présentait récemment en interview comme un "récepteur pour la surcharge constante d'information". Il racontait aussi avoir débuté l' enregistrement de Piteous Gate en se tenant constamment informé de la crise Ukrainienne. Lucide lui et son disque définissent parfaitement nos réactions face à tout ceci. Nous ressentons un poids par la quantité d'infos, nos pensées sont embrouillées mais enfin et surtout, c'est surtout une sensation dominatrice d' exaltation qui nous pousse à continuer. Piteous Gate est beaucoup moins dancefloor que pouvait être Scythians. Sur ce point précis M.E.S.H. continue le travail de sape sur les idées que la majorité se font au sujet de la musique de club. "QUAND JE SUIS INVITE A JOUER DANS UN CLUB , FAIRE DANSER LES GENS N'EST ABSOLUMENT PAS DANS MES PENSÉES " Encore une phrase appelée à devenir culte. Elle n'est pas de notre homme du jour mais d'un autre producteur américain génial lui aussi et auteur d'un autre album marquant en 2015, Rabit. Entrepris par la clique Janus et des gens comme Logos, FIS ou Visionist, cette vision iconoclaste qu'un club ne doit pas passer systématiquement de la musique dansante gagne du terrain. Et tous de créer une musique inédite, hyper expérimentale, empruntant aux techniques et signifiants conventionnellement attribués à la dance music. Des techniques et des signifiants massacrés, dénaturés, détournés. On a l'impression qu'ils veulent transformer les pistes de danse en cinéma d' art et essai version 2.0. 20 ans après ils reprennent les choses là où l' IDM d' Aphew Twin et Autechre les avait laissé. Mais attention, si la démarche est la même, le résultat et les manières sont différentes car ils utilisent les outils, les aspirations et la culture de leur époque et non pas celle des aînés. Ce n'est pas du revivalisme tellement ça respire le présent. Peut être aussi qu' Aphex Twin et Autechre agissait plus par innocence et naïveté. Cette nouvelle génération agit plus probablement par ras le bol après des années de musique trop systématiquement dansante ,qui plus est amenée à se répéter un peu trop ces derniers temps. Les ténors de Warp débarquaient à peine 5 ou 6 ans après l' explosion de la house et de la culture de club. C'était encore une course à l' exploration. On peut rajouter dans le lot de ces jeunes révolutionnaires de 2015 Powell avec ses sales habitudes d' abandonner le sacro saint rythme en cours de morceau. Iconographie typique de Janus pour une mixtape de Lotic. Le logo Hate-Copy-Hype est devenu le symbole de l' idéologie de Janus et de leurs différences avec les autres. C'est aussi une critique acerbe du fonctionnement de l'industrie de la musique et de son dénigrement systématiquement et hypocrite des musiques expérimentales et underground. On la trouve invendable mais on n' hésite pas à la piller. Fonctionnement vieux comme le rock mais probablement vivant à présent (plus précisément depuis la fin des 90's) son apogée ultime. La quantité et la diversité des informations sont représentées chez cette américains par une diversité stylistique sans borne, et parfois opposée dans certains esprit. En un clic Whipple passe de la pop à la dance, de l'ambiant à la musique concrète et électro-accoustique. De sons organiques tel ceux de gouttes d' eau à une chaude instrumentation orientale pour balancer finalement l' artificialité glacial d'un son évoquant un compteur geiger. Quand on écoute Piteous Gate on a l'impression d' écouter une musique visuelle faite de petites touches sonore à la manière des impressionnistes. En plus de tous les styles cités plus haut la force d'impact des sons électro et de la production se rapproche aussi du maximalisme digital d'un Rustie ou de l'importantissime "Classical curves" de Jam City. M.E.S.H le confirme en déclarant "adorer le vernis et l' aspect théâtral des gros sons". Son logiciel préféré est Fruity Loops et notamment ses presets d' origine même si pour son dernier disque il avoue avoir créer les siens. En à peine 30 minutes c'est une vrai révolution de palais ou plutot "du club". "Club" est justement le nom/étiquette que l'on commence à lire de plus en plus au sujet de Janus et de leurs amis. Je dirai perso qu'il s' agit d' une version anti-conformiste de la vision passée et majoritaire. Et si on reécoutait parce qu'à force de danser ce n'était plus le cas. Et en plus avec une visée politique en plus de l' hédonisme habituel. Une façon originale d'imaginer la musique pour dancefloor qui sera l'un des fait marquants de 2015 en trustant les palmarès de fin d' année. A cet immense chef d' oeuvre pamphlétaire qu'est "Piteous gate" sorti en Juillet succéda le parfait "The blue Quicksand is going now" de FIS. Il y a une semaine Rabit tapa très fort à son tour avec le très grand "Communion" et à présent le tout frais single de Lotic annonçant son album "Agitations" place encore une fois la barre très haute, et toujours dans une dimensions inconnue des humains. Rabit vient en plus de créer un label en plus des Janus, Halcyon Veil, ça promet. Il faut aussi ajouter le poétique "Safe" de Visionist et sa vision déformée du grime comme chez Logos.
- Carter Tutti Void, quand le terrifique devient un messie.
Deux veilles légendes plus une jeunette révélation de ces dernières années. Tremblez messieurs et mesdames. Tremblez et dansez . De toute façon vous n'avez plus le choix. Carter Tutti Void revient pour son deuxième album de musique terrifique et libératrice. 40 ans après les débuts des deux plus vieux avec leur pote Genesis P Orridge au sein de l'une des plus importantes formations de tous les temps, Throbing Gristle, 5 ans après ceux passionnant de la gamine dans l'une des formations les plus intègres et persévérantes de notre époque, Factory Floor . Je ne vous présente plus ce trio intergénérationnel tellement ils sont présents dans ce blog depuis ses débuts. Et même sa genèse ! (cf par exemple ici ). Chris Carter & Cosey Fanni Tutti. Les Thurston Moore/Kim Gordon de l' indus et du noise. Nik Void, celle qui transforme en or brut tout ce qu'elle touche. Avec f(x) autant le dire tout de suite le trio nous a offert l'un des disques les plus salvateurs de l' année. Si son prédécesseur Transverse était le croquis tailladé sur une plaque de fer rouillée, f(x) est l' oeuvre finie à coup de fer à souder et de scalpel minutieux. Le premier était le résultat brut des prestations live, le deuxième est le fruit d'un passage en studio. On retrouve donc la rythmique industrielle carrément dansante par moment sous forme de répétition ad vitam eternam d'une seule et même boucle. Ca c'est l' armature de la statue, le corps quant à lui est fait de réverbération guitaristique et de synthés assassins. F(x) c'est un peu Steve Reich et Riley à la Factory. C'est Ian Curtis et Martin Hannett qui prennent les reines des platines de l' Haçienda pour les lendemains nauséeux de Madchester. Les variations sont méticuleuses et espiègles. Et quand des voix apparaissent ce n'est que cris et râles eux aussi soumis à la réverbération. Sur le papier, ces titres sous formes de formules matheuses artificielles avec une longueur minimum de 7 minutes et le passif noisy et indus des deux plus vieux membres ont de quoi rebuter les amateurs d' hypnose transcendantale. En réalité ce disque est totalement additif et jouissif et vous vous surprendrez à l' écouter plusieurs fois jusqu'au bout de la nuit. Une étrange et ,si rare de nos jours, sensation de liberté et d' évasion spirituelle va s'emparer de votre corps et de votre esprit. Sachez rompre avec la monotonie de notre société et d'une large partie des musiques actuelles trop peureuses à l'idée de caresser à contre sens. Ces sons apparemment agressifs, ces rythmiques martiales sans démagogie, ces voix d' outre-tombe, et cette façon totalement introspective de faire de la musique forment l'oeuvre musicale la plus émancipatrice de ces dernier mois. Carter, Tutti & Void nous offrent la rédemption suprême face à des musiques ennuyeuses et dénuées totalement d ' amour, de rêve, d' espoir et de passion. Des musiques le plus souvent rétro mais surtout toujours totalement nihiliste, des divertissements sans âmes ni saveur comme le dernier chiantissime disque de Jamie XX. Des disques d' ambiance, de la muzack pour jeunes gens pas foutu de regarder devant alors que le mur n'a jamais été si proche. Il y aura toujours plus d'amour et de tendresse dans ces sons industriels et artificiels que dans les vocalises pseudo authentiques des fossoyeurs du passé. Carter Tutti Void ? Merci papy , mamie et sœurette !
- THIS IS GQOM ou, quand Durban maltraite la House pour la révolutionner.
Regardez bien ce visage de gamin. Un petiot qui se la joue caillera? Il peut. Cet adolescent au physique encore tendrement imprégné de l'enfance révolutionne la musique. Lui et ses potes de Durban viennent tout simplement d'inventer une nouvelle musique. C'est plutot rare en ce moment et rien que ça c'est énorme. Cinq ans après le footwork de Chicago c' est une autre ville comportant une culture ghetto qui apporte la lumière sur le monde musicale empêtré dans la redite et le revival à tout va. Ras le cul de la House au kilomètre? Go to Durban, South Africa !!! Comme l'a dit si bien le monsieur en ouverture de la mixtape "INSERT" de Kolè le nom de cette fabuleuse nouveauté se prononce comme l' élément principal de notre Bibendum Clermontois, "GOMME". Le G de Gqom symbolise en zulu le claquement de la langue contre le palais. N'essayez pas je me suis fait une entorse très handicapante pour le roulage de patin. Question patin le Gqom ne les prends pas pour débouler sur le dancefloor. Ce style original est donc apparu depuis quelques mois à Durban. Musique au son très lourd et sous influence à la fois africaine et américaine. Cela ressemble à de la house, ça peut avoir le goût de la house mais c'est franchement différent. Le peu que l'on sait du pourquoi du comment c'est de la bouche de cette ribambelle de gamins sud-africain qui innovent comme d' autres jouent au foot ou à la bille. Selon eux le Gqom résulte du très bas débit internet sur Durban et du format MP3 pourri. Ce n'est pas la première fois que ce pays se fait remarqué sur les dancefloors. Les plus anciens se souviendront de la claque "Township funk" de Dj Mujava. Un truc venu de nul-part qui attira les regards électro sur ce pays sortant à peine de l' apartheid. Un soupçon de Kwaïto avec des synthés new wave flippant au possible. Robert Smith ou Joy Division chez les zulus pour la faire crétin. Malheureusement la belle histoire se termina en queue de poisson et le bonhomme ne donna plus de réels signes de vie autant boulerversant. Depuis 2008 l' Afrique du Sud était plus connue pour son Kwaïto mué en Bacardi House (Dj Spoko) pour le coté grosse rigolade et le Shangan (Nozinja) pour le coté danse endiablée et remuage de popotin en tout genre. Mais si dans chacun de ces deux styles cités on peut y trouver un certain plaisir, le Gqom a un truc indéfinissable et terriblement ensorcelant en plus. Peut-être son charme vient de son aspect inquiétant, voir brumeux. Une house au rythme concassé si ténébreuse que cela suffit pour la différencier des autres styles du genre. Une particularité en commun avec le hit de Dj Mujava qui empêche toutes caricatures simpliste que l'on attribue habituellement aux musiques en provenance de ce continent. C'est tellement fait avec sobriété que s'en est déconcertant de simplicité. Comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt ??? Autre caractéristique plus technique musicalement, il n'y a quasiment pas de ligne de basse. Utilisation de sample vocaux maltraités, réduits au minimum pour jouer sur la répétition de ce que l'on peut rapprocher à des onomatopées. Point commun avec le footwork. Le Gqom garde la touche funk du kwaïto mais en isolant ses éléments de base. Il se rapproche aussi de l' Europe via un son gonflé et futuriste des beats façon UK Bass. Élément de modernité absolu. Autre point commun avec notre continent, ces fameuses ambiance anxiogènes et le ressenti d' être en apesanteur qu'il procure. On ne peut que se retourner vers le grime glacial de Logos ou de Mumdance. La première fois qu'il est apparu c'est évidemment au FWD de Londres. Ce club gigantesque, le plus révolutionnaire du monde (à égalité avec les repères de la clique Janus à Berlin). Club révolutionnaire par ses choix de ligne artistique plus porté sur le coté expérimental et avant-gardiste que sur la musique mille fois rabâchée au kilomètre. Les fans Londonniens s'empressèrent de nous offrir la première vraie sortie officielle. On remerciera jamais assez Moleskin pour la création du label Goon Club Allstars et avoir ainsi rendu plus accessible cette merveille rafraîchissante et jouissive qu'est le gqom. Avant cela, nos gamins sud-africain se contentait de balancer leurs pépites sur des plateformes mp3 avec juste un peu de promotion via facebook. Allez voir du côté de Kasimp3 et tapez Gqom. C'est une incroyable fourmilière de talent en tout genre. Ils sont combien à faire du gqom? Des dizaines ou des centaines? En tout cas la plus part, par leur talent, leur imagination et leur technique innovatrice écrasent beaucoup de dj européens mille fois plus médiatisés. Le premier disque Gqom de tous les temps? Une bombe offert par Goom All Stars en Juin 2015. Son nom: Rudeboyz ep. Ses auteurs : le fameux Rudeboyz et son compère Menchess. 4 titres. 4 merveilles. Juste après la sortie du ep Rudeboyz écoeure encore tout le monde avec une mixtape déjà culte. Deux mois plus tard un autre label fait parler de lui et ce coup-ci il est originaire de l' épicentre du cataclysme Gqom, Durban. Gqom Oh ! qu'il s'appelle. Encore une fois un ep et plusieurs artistes. "The sound of Durban" comporte des titres de Mafia Boyz, Cruel Boyz et surtout, du petit génie en photo sur cet article, Citizen Boy. La particularité de ce ep c'est que Gqom Oh! la joué plus prudent que Rudeboyz. Pour se faire accepter ils ont remixé à la sauce Durban des titres populaires hyper référencés. Un peu comme le footwork de Chicago à ses débuts. De toute façon l' effet reste le même face à autant de talent et d'originalités. Vous seriez surpris par exemple de la relecture prodigieuse qu'ils ont fait subir à la voix trop entendue d' Adele . Rythmique concassée typique et synthés oppressants plus un sample de l' anglaise maltraité jouant sur la répétition. Il n' en faut pas plus pour nous offrir une autre tuerie pour dancefloor. Gqom Oh ne s' arrêtera pas là en 2015. Ils annoncent une compilation avec la crème du mouvement. Compilation d' hors et déjà à ranger à coté des légendaires Bangs & Works de Planet Mu pour le footwork dans le rayon des compiles légendaires symbole d'un genre comme Nuggets , No Wave ou les Hitsville. En attendant ils nous régalent eux aussi de mixtape plus hallucinantes les unes que les autres comme celle qui est en lecture automatique plus haut et cette dernière produite pour le Unsound Festival. Si Rudeboyz a tapé très fort avec son titre Get Down dans la catégorie classique d'un genre le meilleur de Citizen Boy n'est pas encore sorti sur disque à ce jour mais il existe. Ce chef d' oeuvre Gqom se nomme "Deep Gqomu" et n'a absolument rien à envier au "Township funk" de Dj Mujava. Il est téléchargeable ici. Le Gqom ? La House du futur. On en reparlera à tous les coups dans quelques années.
- Circuit des Yeux ou, THE VOICE
On connaît tous cette petite complication de la vie. On veut rester soi-même mais comme disait les anciens "il faut savoir mettre de l' eau dans son vin". Le naturel et la liberté risque vous fâcher avec les habitudes et les frustrations des autres. Quel sont les limites du compromis. Mais est-ce justement toujours par un compromis mou qu'il faut en passer ? La musique comme toute autre forme d' art nous offre une autre solution. L' imagination. Cette dernière peut à la fois nous permettre d' être accepté ou du moins de rester nous même. Haley Fohr est revenu cette été pour enchanter nos chaudes et longues nuits étoilées. Son 5 ème album, "In plain speech", répond à toutes ces questions qu'elle a été amenée elle aussi à se poser. "In plain speech" marque son passage à l' âge adulte. Un passage surtout pas synonyme d' enfermement dans sa bulle comme cela peut arriver. L' affirmation d'un talent pure, d'une des plus grandes voix de la scène indie et d'une sensibilité rare. A la suite de son précédent album, "Overdue", Haley Fhor s'embarqua dans une tournée qui se révéla très difficile à supporter. Déçue et troublée qu'elle était par l' accueil et certaines réactions du publique indie américains, surtout au sujet de sa voix, la demoiselle avait donc pas trente six solutions. Soit miser sur une instrumentation plus riche et mettre moins en avant sa magnifique voix. Soit continuer par mépris pour la moquerie facile et l'incompréhension avec sa voix et un minimum d' instruments. Finalement la belle a fait le meilleur choix. Plutot que jouer l' artiste solitaire qui est le seul à comprendre son art elle décida d' entamer un vrai dialogue avec l' auditeur. Mais attention, pas de compromis, ni de démagogie, ni d' arrogance déplacée via une débauche de virtuosité vocale. Circuit des Yeux c' est l' anti-Anna Calvi par excellence. Sa voix est donc encore plus assumée sur son dernier "In plain speach", et en prime, c'est toute une tripotée de musiciens qui l' ont accompagné sur l' enregistrement. Résultat, moins revêche que "Overdue", ce dernier effort tient toutes les promesses que l'on espérait depuis 3 ans. Toujours incantatoire sans être barbant, expérimental sans perdre les amateurs de belles envolées lyriques et pop. Elle garde également ses belles pratiques bruitistes et dronesques. Circuits Des yeux comblera tout le monde. Elle qui nous offrait une musique de solitaire s'est donc mise à une sorte d' inter activité. Ils est courant tout au long de l' album de l'entendre s' adresser à nous directement. Elle explique qu'après des album quasiment fait en solo et une vie monacale d' étudiante en expérimentation. , le poids de la solitude était devenu après son diplôme et Overdue devenu trop lourd. Alors bien sûr la comparaison avec Nico va se pointer à nouveau. Mais un autre nom déboule dans nos penser face à son phrasé et son barython. Le Scott Walker de ces quinze dernières années. Peut être aussi les cordes bien plus présentes qu' autrefois. Si ce dernier parlait beaucoup de la maladie et de de la mort sur "Bish Bosh", comme à ses débuts, Circuit des Yeux nous emmène au fin fond des âmes sombres à la découverte des plus belles étincelles d' espoir en cette terrible année 2015.
- GIRL BAND, guitares pas comme les autres
Dès sa sortie je me suis dessus jeté entre euphorie et craintes . "Holding Hands With Jamie" le premier album des inespérés Girl Hand allait-il nous emporter ou décevoir? C' est une claque monumentale. Je sais cette expression est agaçante tellement elle a été utilisée à tord ces dernières années. Combien de nouvelles formations annoncées comme des révolutionnaires de la guitare qui au final se sont révélées être de simples copieurs bien trop sage. Le premier album de Girl Band confirme toutes les attentes et bien plus. C' est une énorme surprise tellement en l' espace de 5 mois ces irlandais ont haussé le ton. J' avais adoré le Ep "The Early Years" mais il va falloir reconnaître qu' à côté de l' album il passe pour une ébauche maladroite mais agréable. En 9 titres Girl Band explose tout sur son passage et surtout 99% de la concurrence. Non seulement Girl Band ne ressemble à aucun de ses contemporains mais en plus utiliser des références ne va pas franchement aider à bien définir leur musique. Alors bien sûr le chant et les paroles évoquent Mark E Smith mais dans une version inédite à l' énergie sidérante. Ses textes parlent de dépression et de psychose d' une manière bien plus émouvantes que ceux de Smith. Bien sûr ces types ont écouté Liars et la scène Noise, il y a beaucoup de Post Punk dans leurs intentions et leur liberté, mais il devient ardu de les résumer à deux ou trois noms. Ils n' ont pas menti quand ils expliquaient vouloir jouer de la guitares comme s' ils faisaient de l' électro avec l' utilisation du sampler. Les promesses sont tenues quand chez d' autres ils ont été vite obliées. Les structures classiques de chanson volent en éclat mais si l' auditeur est perdu au début assez vite il va être ensorcelé par ce nouvel univers musical qui se crée sous ses yeux. Il y a une dynamique impressionnante et la tension et maintenue sur chacun des titres. Ce groupe est d' une homogénéité inouï. Le guitariste sort de son instrument des sonorités et des textures bluffantes, le bassiste m' épate par ses trajectoires aléatoires et imprévisibles qui font retomber toujours sur leurs pieds quant au batteur il est tout simplement bluffant. J' ai retrouvé le frisson ressenti pendant la Route Du Rock. Ce vieux frisson synonyme de découverte d' un univers musicale inédit qui transcende ce que l'on appelait juste avant de la musique.
- GIRL BAND, des sauveurs pour les guitares?
Sorti ce printemps j' ai enfin le temps de parler du premier Ep de Girl Band. Ces irlandais venus de nul part sont devenus depuis leur sensationnelle prestation à la Route du Rock (par là) mes chouchous du moment. Le ep m' avait tellement épaté que franchement je craignais une arnaque et attendait impatiemment de les voir en live pour définitivement craquer. Trop beau pour être vrai. Moi qui passe mon temps à pester au sujet de l' état pitoyable des guitares Indies j' attendai ces types depuis trop longtemps. "The Early Years" en a peine 5 titres, dont deux reprises, balance à la poubelle tout ce que les jeunes copieurs de l' âge d' or de la Dance Punk ont tenté de plagier bêtement. Peut être parce qu' ils en ont plus dans le ciboulot et que leur objectif n' est pas de faire danser les gogos nostalgiques en festival avec l' énergie du désespoir des types conscients de leur recette facile. Ces mecs sont un groupe de rock par leurs instruments mais font autre chose. Ils le disent eux même. Faire de la musique comme ceux l' électro. Donc toutes les traditions harmoniques et mélodiques rocks des suiveurs à la poubelles. Ces fans de Daft Punk sont capable en suivant les pas de leurs idoles françaises de reprendre les gentillets Beat Happening pour les sortir de la nunucherie Twee Pop dans laquelle les neuneus les ont enfermé à coup de reprises inutile pour les propulser chez Sonic Youth. Autre reprise, le monstrueux "Why they hide Their Bodies under my Garage", qui prouve que ce groupe n' a pas d' œillères, celle du duo Techno Industrielle Blawan. On pense à Liars mais il y a quelque chose en plus. Une personnalité, une production et probablement d' autres objectifs cachés parce que pas tout à fait les même influences. Girld Band semble suivre la mode mais avec des oreilles partout. "The Lawman" est une bombe à retardement. Tu as l' impression de l' avoir entendu mille fois et tu crains de te lasser mais très vite il va ailleurs et te propulse hors de ton confort. En fait il est devenu un classique instantanément dans ton esprit tant ce titre est prodigieux. Bonne nouvelle, ils annoncent pour la fin du mois leur premier album chez Rough Trade. Histoire de vérifier si le concert et cet Ep ne sont pas des mirages créés par notre soif de nouveauté chez les guitares.
- ROUTE DU ROCK 2015. Comment quatre princesses s'emparèrent du trône abandonné par la reine mère
Quoi de mieux pour le meilleurs festival rock d' été qu'une édition chaotique pour fêter sa 25 ème fois. En 20 ans je n' avais vécu une Route du Rock qui ressemblait émotionnellement autant à des montagnes russes. La joie, la déception, l' émotion la plus intense, les frustrations les plus rudes. La plénitude chassant l' angoisse à l'image de la météo. La pluie et le vent disparaissent en un claquement de doigt à l' ouverture des portes, quelques gouttes histoire de rappeler que dieu est indie mais que monsieur s'est bien amuser à taquiner les organisateurs et le public. Le cadeau de cette édition anniversaire, la reine mère islandaise, annule et nous interroge sur la définition du mot professionnalisme et son association au terme "Artiste", un groupe anglais autrefois adoré la remplace et manque d'annuler à son tour. Une bataille de paille magique, des lancés de boue via les gobelets recyclable, un site enfin bien agencé, des hippies entreprenantes et les légendaires chèvres toujours présentes. Du haut de ces remparts 25 ans de merveilles musicales et de chèvritude vous contemplent. Enfin et surtout la version 2015 sera à classer dans les grands crus par la grâce d'un seul concert. Dans mon panthéon personnel PJ Harvey et Portishead en 1998 (et 2014 pour les derniers) étaient inaccessibles en émotion. Il me venait toujours une excuse pour ne pas perturber ma hiérarchie. Nick Cave par exemple aurait pu mais (malhonnêtement ou judicieusement) je prétextais le fait qu'un Nick Cave plus jeune, ça aurait possédé plus de gueule et de pèche. Et puis un regard déjà croisé en 2012 revint transpercer nos âmes et nos coeurs. Un regard, un corps au pieds nus en équilibre sur une barrière, les abysses d'un coté, le paradis de l' autre. Cette édition chaotique commença bien malgré elle le 5 Août à 10 heure du matin. Bjork annule sa tournée européenne. La mémère islandaise par son geste amena moult réflexion dans la petite tête de votre serviteur. La colère et l' effroi laissèrent la place à bon nombres de questions que tout fan de musique devrait se poser. Selon la dame le sujet de son dernier album, la séparation, devenait trop lourd à présenter en public. Vrai ou fausse excuse, la réalité est toujours complexe, Bjork questionne surtout sur le lien entre oeuvre artistique et l' intime. Outre le débat du style Christine Angot qui est de savoir si exposer sa vie personnelle à travers son art est de l' exhibitionnisme déplacé, sa défection prouve que c' est avant tout une terrible prise de danger pour l'artiste lui même. Si notre époque voit les nouveaux groupes se succèder à un rythme frénétique elle dévoile aussi une sensation face à ce flux de formation qu'ils sont interchangeable et que finalement un manque de profondeur et d' âme apparait. Il est à s' interroger de savoir si l' épisode Bjork est un mal pour un bien salvateur. La chanteuse depuis ses débuts a sans cesse fait preuve d'un investissement hors norme et d'une honnêteté rare. C'est à cause de ça avec bien sûr son talent que Bjork possède la stature qui est la sienne. Un artiste est un professionnel comme un autre qui doit répondre à ses obligations? La réponse parait évidente mais ne l'oublie-ton pas pas trop souvent. Dans ce blog je passe mon temps a traiter de la musique populaire comme une forme d' art avec un fond et une forme plutot que comme un simple produit de consommation que l'on décrit par une énumération sans fin d' adjectifs. Je comprend la déception des fans mais ne devenons-nous pas de simple consommateur en réagissant violemment? N' adoptons-nous pas l' attitude infantile trop présente qui est "je paie donc j'ai tous les droits". Quelque soient les conséquences. Tu veux des "pros" sur scène, toujours présents, qui jouent malgré tout ce qu'une vie peut amener comme complication? Vas voir des robots tel U2 ou Beyonce et leur machinerie bien huilée et ne t'étonnes pas qu'il manque de l' âme. Y' a toujours un prix à payer. Un artiste doit-il être à votre service comme un commerçant de fruits et légumes? Alors faudra m' expliquer ce petit coté totalement humain que tout le monde raconte regretter chez Jim Morrisson bourré, Kurt Cobain déprimé, une Beth Gibons statique et la franchise de Mark E Smith. Pourquoi c'est quand il y a des couaques qu'une certaine magie opère. En fait je pense que le seul vrai tord accordable à Bjork n'est pas d' avoir poser un lapin à son public mais à une association à l'intégrité absolue qui lutte dans une industrie musicale devenue sans pitié face au consumérisme triomphant. Conclusion, RDR et Bjork : un simple rendez-vous logique mais manqué pour cause de Burn Out Artistique. Qu'est-ce qu'un disque culte ? Alors bien sûr le loupé islandais a servi les blagues sarcastiques de Mark Kozelek dès la soirée inaugurale à la Nouvelle Vague. Set maîtrisé laissant également une large place à l'impro, Sun Kill Moon en ouverture restera l'un des grands moment du festival. Kozelek a réglé le problème des portables et des photos en concert. Tu les fauches à leur proprio et tu te contentes de vivre l'instant présent. Ce qui est déjà un geste énorme contre l' image et le divertissement triomphant. Les chansons solides et un peu retravaillées issues de "Benji" ont une nouvelle fois prouvé qu' avec ce disque Kozelek est l'un des plus grands chanteurs/improvisateurs du moment et qu'il tient là son chef d' oeuvre absolu appelé à devenir culte. Et comme c'est un grand il se permis le luxe d'une reprise de Nick Cave en hommage au fils de ce dernier tragiquement disparu. Reprise à ranger d' office dans la catégorie très rare des cover réussies de l' australien. A propos de disque culte toujours les Notwist et Ride ont eux aussi amené à la réflexion. Au bout de 25 ans de passion musicale indie qui t'ont fait écouter tout ce qui a été enregistré ou au moins ce qui a compté tu te réveilles un bon matin et tu apprends que "Neon Golden" est devenu culte alors que "Nowhere" autrefois la risée d'une certaine presse y a enfin accédé plus lentement comme il se devait. "Neon Golden" ? Un disque parmi tant d' autres petites pépites de deuxième division indie dans ma collection. Avec le recule je pense que l' aspect culte est surtout venu du fait qu'il représentait à sa sortie la rencontre parfaite entre le coté pop indie sentimentaliste et le glitch électro tant appris chez Warp et autres. Un disque crossover entre deux mondes qui allaient s' éloigner après plusieurs rencontres fructueuses. Un disque qui avait avant tout la qualité d' exister si ce n'est de révolutionner son époque. Une époque où l'indie aventurière et innovatrice allait faire place au revivalisme ghettoïsant et nostalgique du renouveau rock (Strokes, White Stripes et les Libertines). Bien en dessous de la portée artistique, révolutionnaire et sentimentale du "Nowhere" des Ride présent le dernier soir. Les deux prestations allèrent dans le sens de ma pensée. Le set des allemands à malheureusement prouvé que, malgré un travail laissant place à une improvisation bien trop prévisible et mille fois vue, leur fameux disque était bien foutu mais franchement pas un "classique" ni une "claque". Je risquerai la caricature je dirai que Notwist m'a plus laissé l'impression d'une récitation très lèchée et disciplinée comme seules savent faire les allemands. Si il y avait de l'émotion et une certaine naïveté en 2001 je ne l'ai plus ressenti à la Nouvelle Vague. Pire, c'est un certain calcul froid qui m' a parfois sauté aux yeux. Certains disques vieillissent plus mal que d' autres. Ride quant à eux se sont juste contenter de répéter leur titres et ont encore une fois prouvé que le culte autour des formations shoegaze est mérité. Comment ne pas aimer cette alliance parfaite d'un songwritting indie pop classique et d'un amour immodéré pour le bruits et les textures sonores. Le choc ressenti en 1991 face à ces paroles et ces voix mélancoliques rencontrant la fureur bruitiste causés provenant des pédales d' effets. Ces coups de massue donnée par un batteur se lachant tel un Keith Moon et cette putain de basse lorgnant à la fois sur le post-punk et le funk de Madchester. Magistrale démonstration de la puissance britanique dans le monde indie du début 90's. Les déceptions et ceux qu'on oubliera tout simplement, prévisibles ou pas. Malheureusement c'est la vie. Tout ne peut pas être parfait. 2015 n'y a pas échapper. Certains concert vous laissent le goût amer de l'ennui totale. Vous y alliez sans conviction en espérant juste une bonne surprise mais elle n' arrivera pas. Ratatat me rappela qu'ils ont eux aussi pas sorti de "classique" à part peut-être leur LP éponyme mais c' était il y a ...11 ans. Depuis plus rien de passionnant. Donc sentiment d' avoir à faire à un radotage un peu trop tape à l' oeil à l' instar d' un aspect visuel via des vidéos lui aussi un brin m'as-tu vu et ringard. Dans le même style "on a adoré mais franchement là on a honte de s' afficher avec" je demande Lindstrom qui n' a gardé du space disco aventureux de son "Where you go i go too" de 2008 (7 ans déjà ) que le coté plan-plan du disco. La magie space a du restée à Oslo. Il y a ceux dont on attendait rien et dont il n'est rien venu justement. La blague indie de l' été Hinds. Pour le cas des ninas espagnoles ce n'est pas leur manque de professionnalisation qu'il faut blâmer, au contraire, je trouve ça rafraîchissant les voix qui déraille et les fausses notes, c'est plutot le manque total d' originalité et l' aspect rétro de l' ensemble. Tout comme Only Real qui après le peu que j'ai vu confirme son statut de Di Marco bis. C'est mimi, c'est bien fait, ça veut être fun mais franchement c'est que du pur divertissement. De la muzzack pour festival et apéro dînatoire. Quand on sait ce que DWTN pense du clown Di Marco c'est dire le désintérêt face à son suceur de roue british. Rone après un disque sans intérêt n'a pas pu caché trop longtemps ses grosse ficelles et sa non prise de risque si traditionnelle chez une majorité d' artistes français électro. Le jour où nos compatriotes vont découvrir des types comme Logos, Lotic, Powell ou Andy Stott avec leurs manière si bizarre de redéfinir ce que doit être la pratique du dancefloor et du mix, bref un endroit pas fait seulement pour remuer son joli corps bronzé, mais aussi pour avoir la peur, pleurer ou réfléchir. Jay Reatard après le psychédélisme assaisonnant cette vieille épave qu'est le garage s' est attaqué à Black Sabbath et des choses plus rude de sa collection de disque. J' avoue que Fuzz m' a un peu surpris dans le bon sens au début mais une fois mis de coté la supériorité du bonhomme sur une scène garage bornée et sans intérêt dans sa quête d' authenticité trompeuse l' ennui s'est vite pointé. Un hamburger fait maison sera toujours meilleurs que sa version mc Do mais n' aura jamais la classe d'un homard cuisiné originalement par un grand chef. Et puis surtout comment se laisser emporté par le garage omniprésent, cette anormalité temporelle ghettoïsant l' esprit. Jay a du talent, mais c'est un gâchis de passer sa à pasticher le passé. Et en plus les visages maquillés n' arrivent plus à cacher la lassitude du roi du garage. Je croyais que le garage était anti-artifice et pro-authenticité? Peut-être le miracle va avoir lieu et ce petit génie va laisser les copains dans le garage de popo-moman? Et parfois c'est plus de la déception, c'est de la colère. Dans le genre "faut qu'on m'explique" , que foutait sur la grande scène Timber Timbre? 10 ans d' existence, 5 albums et pas un seul truc jouissif. Un micro culte certes mais un micro culte quasi-exclusivement ...français. Ceci explique peut être celà mais aussi la disponibilité plus grande des groupes moins demandés à l' étranger (on se demande bien pourquoi ?) et le lobbiying Canadien en France. Je comprend que les junkies en manque de Tindersticks et Nick Cave puissent s'en contenter mais la méthadone ce ne sera jamais de l'opium. Songwritting se résumant à un malin assemblage de connaissance totalement dénué d'originalité et d'une personnalité forte. Ils jouent à faire comme , pas à être soi-même. Et en plus ils ont décidé de forcer sur le coté rock pour s' adapter au format festival. Pensée émues pour la première prestations sans compromis des Tindersticks dans le même lieu il y a si longtemps. Mais si comme je vous le disait précédemment 2015 restera l' année du concert gigantesque de ... bipp... que dire de l'une de mes plus grandes déceptions de 20 ans de RDR. En 2011 Dan Deacon fut un cataclysme au point que c'est à la suite de l' hystérie collective provoquée par le bonhomme que les organisateurs avaient décidé pour des raisons de sécu d'une deuxième scène bien plus grandes. Ses deux premiers albums avec leur électro furibarde et aventureuse m' avait tout bonnement mis à terre. Envolées lyrique, coté cartoon se disputant avec un bruitisme digne des Fuck Buttons ou Pete Swanson. 4 ans plus tard toujours pour des raison de " sécurité" mais cette fois de la sienne j' évitai soigneusement de croiser le même homme. Ses deux derniers disques avaient bien dévoilé un Deacon capable de grandiloquences gênantes ("America") et d'un retour à la normalité la plus chiante mais je rèvais de passer un putain de bon moment de jouissance musicale ou communautaire. Son concert 2015 me fit gerber. Le petit coté gentil animateur hippie lo-fi " tout le monde il est beau tout il est gentil "de 2011 à laisser la place à un espèce de clown du music hall qui s' auto caricature. John Lydon nous l' avait pourtant dit, y'a pas plus réac et tricheurs que les hippies et les babes. Un type qui veut votre bonheur quitte à interdire avec un humour pitoyable et un brin vulgaire un pogo . Monsieur Deacon si vous voulez la jouer peace & love n'oubliez pas aussi le concept "il est interdit d' interdire". Plutot que diaboliser et ridiculiser trois ou quatre gamin un brin enthousiasme ou neuneu j' aurai préféré vous voir plus porté sur le dialogue que sur le monologue. Vous avez confondu communion avec son public avec manipulation et spectacle. Ah au fait, à propos de dialogue, en France ça peut vous paraître bizarre mais peu de gens parlent anglais. Donc votre blabla à la manière des prédicateurs, ils comprennent rien les jeunes. Ce qui est con et franchement contradictoire quand dans certaines interviews et chansons vous vous faites l' ardent geek pourfendeur de l' impérialisme américains. En fait votre dernière prestation en était un exemple parfait. Terrible passage du second au premier degré. Coté musicale il n'y a plus rien si ce n'est de la redite, de la roue libre, ce que je croyais impossible chez le Deacon version 2011. Je reconnais que vous en avez converti de nouveaux fidèles avec votre force de conviction. Mais à part une ou deux exceptions ces gens n' étaient pas là en 2011 et ne vous connaissez pas. Quel va être leur fussoir quand ils vont découvrir votre discographie dans le sens chronologique. Vont-ils le faire justement? Je me demande justement si ça vous intéresse l' avis des autres. Les bon concerts attendus et les bonnes surprises. Foals après l' abandon de l' héritage post-punk (ou virage FM, c'est comme on veut) depuis deux lp ils remplacèrent donc au pied levé la mémère. N' attendant donc rien de tonitruant je misais sur leur qualité indéniable sur scène pour doper les morceaux récents un rien crispant sur disque et faire passer la dragée FM/stadium. Mission réussit malgré un bassiste remplaçant. Peut-être pas le frisson de leur deux premiers passages au fort mais loin d' être grossier le concert fut agréable et honnête. Foals? Un groupe que l'on a pas envie de détester. Wand et The district me surprirent eux aussi en se révélant parfois intriguant. Si n'est une reprise pitoyable des Doors pour les premiers. Et le père Thurston Moore me direz-vous? Parfait et toujours fringuant. Seul truc prévisible à déplorer. Le remplaçant de Steve Shelley n' était pas du même gabarit que son prédécesseur. Bien sûr le grand blond sans les autres membres de qui vous savez c'est pas pareil . Conclusion : y'en a avait pas un de remplaçable dans la formation et surtout l' alchimie au sein Sonic Youth était un cadeau béni des dieu et expliquait bien du miracle New Yorkais. Kiasmos a reçu un super accueil plus que mérité. Si leur musique se révélait profondément planante et introspective sur leur disque ils réussirent à bien sortir le public de sa torpeur estivale et transformer le fort en fjord nordique.Ce qui n' était pas gagné en passant en premier et sous le soleil d' aout. Cf par ici pour en savoir plus (http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2014/11/en-passant-kiasmos-du-violon-sur-le.html. Tout sauf une surprise. Comme Spectres et Viet Cong. Disques parfaits sortis en début d' année (voir ici et là pour les chroniques DWTN) et concert parfait. Avalanche sonore shoegaze et noisy pour Spectres, post-punk impeccable pour Viet Cong même si ce sont de vrai diésels avec début de set mou et la voix méconnaissable tellement devenue rocailleuse et éloignée de ses habituelles intonations à la Interpol. Daniel Avery avec sa relecture de 30 ans d' électro a réussi à me convaincre gentiment là où Disclosure m' avait agacé. Moins rentre dedans, démago et rat de discothèque comme sur son premier album il nous a finalement délivré un mix sobre et parfait même si c'était au risque de décevoir ceux qui attendaient une tornade façon Big Beat et Chemical Brothers. Les révélations et le top du top. Tout d' abord parlons du plus beau déhanché du festival. Father John Misty. Le bonhomme par sa prestation "spectaculaire" a soit agacé, soit charmé. C'est vrai que le bonhomme fait dans pas dans la demi-mesure mais la théâtralité ne m'a pas vraiment choqué personnellement. Un peu de sensualité mêlée à de la déconne ça fait pas de mal. Le personnage est attachant et sa prestation m' a apparu bien plus rafraichissante que celle si millimétrée et calculée du pathétique Dan Deacon ou de Fuzz. Mais revenons à l' essentiel, la musique. Quand son album est sorti en début d' année je l' ai tout de suite rangé dans la case "faille spatio-temporelle". Mais depuis je me suis surpris à y regoûter souvent et ce disque joli sans plus mais est devenu attachant . En se la jouant à fond l' ex des Fleet Foxes a finalement réussi ,dans un genre différent rétro, à prendre une place similaire que celles des Temples l' an dernier. Pas de réelle originalité mais un putain de songwritting au top teinté d'une vraie émotion et d'une critique sarcastique du temps présent. Il est le bon côté de la médaille partagée avec Timber Trimbre. Avalanche de références mais ce coup-ci portées par une vraie forte personnalité qui ne surjoue pas. Le Father peut faire son mariolle, sa musique et sa sincérité sont son gage. Ils étaient attendus comme les futurs Tv on The Radio version 2015 et les Algiers n'ont franchement pas déçu et la comparaison va devenir inutile et hors propos. Plus poignant encore que sur leur très beau premier album, plus sauvage et encore plus intrigant. Les influences indus/post-punks sont encore plus visibles en live et donnent à l' ensemble de l' originalité que l'on entrevoit sur disque. Son chanteur Franklin James Fisher (prof en Bretagne dans une autre vie) éclabousse tout sur son passage par sa force, sa sincérité et sa classe. Il m' a laissé une impression encore plus forte que Tunde Adebimpe avec les TV. Mais attention , je le répète, la comparaison entre les deux groupes s' arrête là même si la guitare reluque parfois dans les vapeurs sonores shoegaze ou noisy tant inspiratrices pour le David Sitek des débuts. Il y a un mystère Algiers. Comment font-ils pour nous envouter à ce point-là. Bien sûr phrasé gospelien mais combien nous ont fait le coup par le passé. Le mélange rare indus-gospel après Soft Moon la veille ça ne pouvait pas sur le papier être une réponse suffisante. Le contenu hautement politique tout sauf démago y est pour quelque chose. Peut être le choc antre l' atonalité musicale et les incantations du chanteur. Ils me font penser à un autre grand disque politique 2015 dans un style musicale éloigné, le merveilleux Jam City ou aussi à celui de Gazelle Twin de l'an dernier. Comme les deux cités Algiers nous pond une pop pas vintage pour deux sous. Une pop du présent si pas du futur, musicalement. A une époque où on peut pas vraiment dire que beaucoup de formation indie offre un contenu philosophique et politique solide tout en collant à leur époque Algiers avec une alchimie magnifique délivre de l' émotion pure, du fond et de la forme nouvelle. Et enfin et surtout, malgré les apparences, je le réitère, cette musique est bien plus révolutionnaire qu' elle ne l' est. Originales furent les Algiers, originales et avec encore moins de compromis furent les gamins de Dublin, Girl Band. Enorme coup pied bruitiste au cul . Si l' héritage Liars est visible les gosses offrent une musique bien différente. Si Liars s'est mis aux synthés et regarde du coté de l' électro avec un classicisme parfois trop sage dans la manière, les Girl Band offrent de l'inespéré ou tout du moins promettent ce que l'on attendait plus. La volonté de faire sonner et d' utiliser les guitares comme jamais autrefois. Comme Sonic Youth, MBV ou Main il y a bien longtemps. Leur son et surtout les textures sonores avaient plus à voir avec l' électro qu' avec le rock et son héritage country/blues. Question de technique. La technique oublie aussi les influences jazzy du post-rock et les vapeurs shoegaze de Mogwai. Ils utilisent les guitares comme un sampler ou un synthé. Des accords chez Girl Band, oui, mais comme chez Thurston Moore ils sont déchiquetés, maltraités, transformés. Le chanteur, ne calcule pas, si il ressemble physiquement à Kurt Cobain ce n'est que dans l' apparence au repos seulement. Il hurle, gémit et bouge différemment. Le travail de chaque membre est de toute façon à observer avec minutie comme il était chez ceux de Ride 25 ans plus tôt. Il se passe quelque chose de fort, nouveau et totalement jouissif. Le tout avec une franchise purificatrice face au garage rock et l'indie-pop puant de la chaussette. Une question me turlupinait. Soft Moon allait-il enfin être digne réellement de son premier et de son dernier disque. Allait-il offrir en prime des tueries electro pop noisy de son récent "Deeper" du boucan bien plus audacieux. Réponse positive. Bien sûr on est encore loin de l' effroi et de la stupeur de la nouvelle scène dark triomphant dans ce blog. Ce n'est pas Vatican Shadow question noirceur ou Perc pour le tabassage et encore moins la complexité d'un Powell mais ce type entrouvre sans compromis des portes que le public indie n' aurait jamais osé s'en approcher. Ainsi beaucoup ont enfin remarqué et apprécié le parti pris de chansons au format court s' arrêtant net et la non-systématisation du traditionnel schéma des lentes montées de lave sonore. Tu plonges direct dans son univers indus/noisy et sans passer par la case trempette de la nuque pour les frileux. Vous l' aurez compris, comme depuis quelques années sur disque, le style grand gagnant de la Route du Rock 2015 c'est tout ce qui touche de près ou de loin au Post-Punk. Ce sommet musicale de liberté artistique, de prise de position politique et de critique sociale triomphant entre 1977 et 1982. Une période égale au 60's. Et le grand moment de la Route du Rock 2015 ne fera pas exception. En 2012 DWTN écrivait ceci:" Les doutes ont été vite dissipés. Jenny Beth est l' antithèse de ceux que j' ai étripé précédemment. Il fallait voir ce putain de regard pour comprendre que tous les Alt J et Breton de la terre ne sont que du vide. Oui, elle ressemble à la fille cachée de Siouxie et Ian Curtis avec sa coupe de cheveux et sa gestuelle. Oui, sa musique ressemble fortement à tout ce que j' adore, Pop Group, Swell Maps, Raincoats, The Slits. Oui c' est du revivalisme. Mais un putain de revivalisme bien dans notre époque. Le post-punk joué et vécu comme ça aura toujours sa place dans toutes les époques de l' histoire".En 2015: le "putain de regard" était encore plus intense, Siouxie balancée aux oubliettes et Ian a enfin trouvé son équivalent frenchy. Comment décrire ce concert. Une semaine après les mots me manque. La musique? Je ne sais plus. La prestation scénique? Des bribes. Des bribes d'un magnifique rêve éveillé. Mais surtout le sentiment d' avoir subi un choc émotionnel intense. J' ai retrouvé les mêmes expressions dans une large partie du public que celles vues après les sets de PJ Harvey et Portishead. Des humains hébétés, les yeux brillants mais le regard dans le vide. Les gorges nouées de certains. Pas vraiment d' exclamations du style "c'est énorme" ou "claque". Les spécialistes du débriefing se révélèrent bien muets. Des ombres titubant retournant à leur quotidien de festivalier. Il s'est passé un truc. Ce qui me reste de lucidité peut juste me permettre de vous dire que le groupe a progressé sur scène, que Jenny se lache sur le coté show mais avec une classe magistrale sans tomber dans la vulgarité. Il se dégage de ce bout de femme une force et à la fois une sincérité hallucinante. Ses copines font bloc et surprennent à chaque instant. Les vieux titres sont retravaillés pour permettre la surprise inespérée. Les nouveaux semblent encore plus direct, brutaux et viscéraux. Un exemple de la grande classe de la grande dame, alors que d' autres se seraient empressés dans un but plus ou moins démago de nous raconter que ce festival est génial (comme certainement le font-ils à chaque festival) la Jenny a attendu d' avoir mis KO tout le monde et la fin du concert pour une touchante vérité. "La première fois que je suis venue j' avais 15 ans et j' étais là!" et de pointer du doigt le coté gauche de la scène. Quel plus beau cadeau que celui-ci pour la Route du Rock qui fêtait sa 25 ème fois. Bien entendu le prochain album nous éclaircira l' esprit sur le choc Savages de cet inoubliable soirée du Dimanche 16 Août. Mais si le miracle n' a pas lieu une nouvelle fois, si ce disque s' avère décevant, ce moment si fort alors encore inexplicable suffira à lui seul pour que Savages et cette éditions rentrent dans le panthéon des plus belle Route du Rock.
- Black Zone Myth Chant ou, un chaman moderne.
Une fois n'est pas coutume nous allons parler d'un français. Et pas de n'importe lequel. Je vais m' enthousiasmer pour le grand disque français de ce début 2015. Titre honorifique partagé avec le retour de la géniale Collen avec son tout aussi envoutant "Captain of None". Le "Mane Thecel Phares" de Black Zone Myth Chant. Derrière ce pseudo tant symbolique de sa musique se cache High Wolf, grand amateur d' expérimentation et d'inconnu. Le bonhomme offre le disque français que je n'espérais plus. Piochant à la fois dans un lointain passé et dans les sonorités et styles contemporains futuristes il réussit à ne pas tomber dans le travers français habituel, copiage impersonnel. Il le transcende et délivre un disque prodigieux pouvant tenir aisément le rôle de jalon pour les autres artistes hexagonaux et ne souffrant pas d'un quelconque défaut face à la concurrence étrangère. En un seul titre vous allez comprendre pourquoi ce "Mane Thecel Phares" est si important. C'est "In the Arms of Parcae". Il commence calmement par une sonorité basse répétitive puis c' est une nappe de synthé cher à Daniel Lopatin qui rapplique évoquant le courant moderne et nostalgique de la vaporwave, le clinquant du maximaliste et le choc avant-guardiste de l' Uk Bass. La modernité saute donc aux oreilles immédiatement mais la claque arrive juste après via la rythmique. On sait le type amoureux des polyrythmies africaines mais en une seconde nous ne sommes plus en Afrique, nous avons franchi l' océan et atterri à ...Chicago:!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Cette rythmique n' est rien d' autre que du footwork. Un footwork défoncé, enfumé, dénaturé comme si vous le dansiez sous l' eau. Sensation de lenteur ou d' engourdissement provoqué par la pression et la résistance du liquide. Quand High Wolf à lancé son nouveau projet de Black Zone Myth Chant c'était avec "Straight Cassette". Une sorte de musique hybride malaxant beaucoup de hip hop à la manière du Chopped and screwed inventé par le regretté dj Screw. Ralentissement, son à la fois doux et pesant. L'influence de Screw avait déjà été abordé ici quand j' avais parlé de Tri Angle records et de la Witch House. De la Witch House BZMC en est très proche avec ses samples ralentis comportant des voix venues d' outre tombe ou plutot d' époque lointaine. Si la Witch House comme son nom l' indique se réfère aux sorcières du Moyen Age la musique de BZMC reluque plutot sur les rites africains et vaudou des Antilles et du sud des Etats Unis ainsi que la culture indienne chamanique . High Wolk s' affranchit des grands noms cités et des styles par le choix de ses samples et ce qu'il en fait. Sur ce deuxième album leur richesse et leur variété sont sans aucunes mesures avec ceux de "Straigh Cassette" et cela lui laisse le champ libre pour partir dans l' étrange et le jamais entendu. Nouveauté encore une fois et preuve d' ouverture d' esprit totale, l' électronique analogique qui rapplique dès que l'on n' attend pas. Cette dernière peut citer l' EDM et l'instant d' après vous voici face à de la Marimba. Bien évidemment entre ses influences de rites d'un autre âge et la présence électronique on ne peut que penser à l' afro-futurisme d'un Sun Ra ou d'un Herbie Hancock mais je le répette BZMC dépasse tout ça et évite la caricature. "Orbit Slut" avec son aspect brutale "indus" lorgnant sur Vatican Shadow finit sur une rythmique trans imprévisible. "Two Stars, no cross" lui succédant avec son africanisme plongée dans un futurisme dub va vous faire perdre la tête quand des déconstructions électroniques feront place à quelque chose d' à la fois asiatique et encore africain. Pour High Wolf tout est bon et il ne se refuse rien pour vous faire voyager vers les étoiles à la rencontre des esprits de nos lointains ancêtres. Liberté totale, liberté et imagination giga si absente dans l' hexagone. Sur le plan national on peut aussi évoquer sa familiarité avec les territoires hypnagogique-pop d'un Cankun ou du goût affirmé pour les musique de trans des Marquises.












