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  • FIS, quand la technologie parle de la nature.

    Dès l' annonce de la signature chez Subtex d' Oliver Peryman aka FIS je me suis fait une série de réflexions cocasses et franchement légères. "Nicolas le Jardinier chez Hubert Reeves" puis, "Mais que va foutre un biologiste écolo chez les astro-physiciens!". Ensuite j' ai plus pensé musique : "Si Roly Porter et Paul Jebanasam pouvaient lui refiler leurs méthodes et leurs équations mathématiques pour plus de concisions!". Dans les trois cas j' avais fait preuve de précipitation et même d' une sacrée malhonnêteté envers le Néo-Zélandais. Que FIS fricote avec Porter et Jebanasam n' a rien d' une bizarrerie et tient même d'une logique imparable quand on cherche de plus en plus en profondeur. Une fois passée en revue l' utilisation commune de drones et d' éléments noisy on pouvait effectivement se dire que le Néo-zélandais était à l' opposé des deux autres en n' ayant pas la tête dans les étoiles et leur amour des sciences physiques. FIS semble s' être toujours inspiré de ce qui se passe sur terre et préférer les sciences Naturelles ou ethniques. FIS n' a pas eu non plus besoin des deux autres pour me charmer et même me bluffer. Mais j' étais ressorti de son premier album "The Blue Quicksand Is Going Now" avec quelques infimes regrets malgré son classement dans le top 2015. Il n' atteignait pas les hauteurs promises par ses flamboyants eps précédents . "Iterations" et surtout "Preparations" (2ème dans le top 2013 de DWTN) avec le titre hallucinant "DMT Usher". Avec ce seul morceau il en avait retourné plus d' un au point que certains (même votre serviteur) se mirent à voir en lui le potentiel d'un Burial ou d'une Holly Herndon. Le deuxième essai sera le bon et FIS retrouve sa place en tête du peloton. "From Patterns to Details" sera dans les premières places en fin d' année et Subtext fait preuve d' une ligne directrice très forte et limpide avec leurs trois albums. Pour bien parler d' Oliver Peryman et tisser le lien qui l' unit avec eux autant que je me laisse aller au recyclage des articles concernant les deux autres de Subtext (on tachera ne pas trop oublier Emptyset). De Porter et de Jebanasam j' écrivais sur leur "art d' évoquer la nature et l' humanité, le corps et l' âme, le tout via la technologie". Toujours sur eux l' expression "de l'infiniment grand à l' infiniment petit" était un leitmotif de mes chroniques. C 'est à peu de choses près valable pour Peryman comme le titre l' indique si justement,"From patterns to details". Dans ce dernier FIS offre comme jamais une musique aussi cinématique que celles de Porter et Jebanasam. Lui qui était bien plus marqué par la culture dancefloor et drum & bass à ses débuts dévoile dorénavant de solides structures narratives. C' est peut-être ça qui avait manqué pour un peu mieux organiser le bordel d' idées et de sons de son premier album. Les ambitions de Peryman semblaient trop lourdes à porter pour ses épaules sur long format. Sans les revoir à la baisse il réussit enfin à les affiner et à les atteindre avec succés. Comme les deux autres son but est de représenter le monde organique dans sa complexité, de démontrer que tout est lié dans la nature, le corps externe et les émotions internes par exemple. Et ce, par l'utilisation de la technologie numérique en n' hésitant pas non plus à tisser des liens entre cette dernière et la nature. En nous montrant qu'il ne faut pas les opposer systématiquement, que l'on peut même percevoir une certaine coexistence pacifique parce qu' elles fonctionnent parfois de la même façon et que les similitudes sont nombreuses. Et ce ne sont pas de l' utopie et de la naïveté du savant fou enfermé dans son labo ou son observatoire vouant un culte irraisonné et irresponsable pour la technologie qui avance ceci. Peryman est aussi un concepteur en permaculture dans le civile. Un de ces types fin connaisseur de Mère Nature qui mêlent écologie et tradition pour concevoir des façon de faire plus respectueuses et applicables dans bien des domaines. Laisser la nature faire plutot que trop la forcer. Peryman dit agir de la même manière quand il crée sa musique via le numérique. Il laisse une certaine liberté à ses logiciels et par la suite observe méticuleusement ce que cela donne. Son disque prouve à quel point le résultat s' apparente aux fonctionnement organiques des choses. Dans leur musique et leurs discours on peut entrevoir une certaine spiritualité chez Porter et Jebanasam. Encore une fois cette caractéristique est partagée dans FIS. Et encore une fois sa passion pour la science ethnique et les cultures du passé où il en est beaucoup question sautent aux oreilles. La permaculture étudie beaucoup et use également des traditions ancestrale pour atteindre l' équilibre dans les relations de l'homme avec la nature. Son passé d' ancien étudiant spécialiste sur la Colonisation et ses méfaits sur les peuples colonisés doit aussi rendre un sacré service à celui qui a choisit par goût pour le paganisme le nom d'un concept gaélique. FIS signifie "Connaissance secrète". Il est vrai que découvrir "From Patterns to details" s' apparente à percer les mystères et les structures d'un labyrinthe fait d' arbuste (le monde organique) pour ensuite en sortir et pouvoir le contempler d' en haut. Les drones par leur utilisations et la sensation de zoom bi-directionnel ressentie par les réverbérations et les montées puis les descentes agissent comme si Peryman utilisait un microscope dans la nature pour l' étudier, après (ou avant) l' observation à l' oeil nu. Peryman a l' art de nous expliquait par les sons comment un tout petit parasite en s' attaquant aux racines peut avoir des conséquences gigantesque sur la vue d' ensemble du labyrinthe. Un sens aiguisé du détail qui se voit également dans l' attention que le Kiwi porte aux textures et aux sound-system durant ses prestations scéniques. Il existe bien des différences avec Porter et Jabanasam qui par exemple alternent quant à eux le microscope et le télescope. Comme chez eux les drones apparaissent et disparaissent mais chez FIS la place du silence et les moments calmes sont plus rare. La vie, les sons, sont partout présents sur terre à la différence de l'espace. FIS à l' image des sons utilisés laisse entendre que la diversité est bien plus présente dans la nature terrestre que dans l' espace et la matière. Plus riche et variée. Plus fragile aussi quand un changement infime sur un drone change toute la narration d'un titre. "From patterns to details" est une totale réussite. Fruit d' une réflexion riche et ouverte ce disque un brin intimidant par son aspect bruitiste est paradoxalement un puissant baume agissant en profondeur avec précision pour soulager de la rudesse de notre époque. Par moment une certaine forme de psychédélisme bruitiste me rappelle les riches heures dronesques des Yellow Swans. Il est à noter que Peryman adore un autre artiste spécialiste des attaques sonores bien plus futées,pertinentes et justes que laissent croire leurs apparence barbares, Brood Ma (lui aussi classé en fin d' année assurément). Si son boucan vous fait peur et que vous trouvez ses manières musicales un peu frusques, détrompez-vous et faites lui confiance. FIS comme Brood Ma est un barbare de la civilisation alors que d' autres apparemment plus facile d' approche par un certain raffinement ne sont que des civilisés de la barbarie. PS Je suis tombé sur ce que faisait la petite copine de Peryman et c' est pas mal non-plus. En attendant les futurs travaux de Peryman à base d' instrumentation traditionnelle réalisés en collaboration avec un anthropologue Maori. Leur live au CTM de Berlin cette année a parait-il fait très forte impression.

  • THE CARETAKER, le gardien de la mémoire. Musicale et autre.

    Leyland James Kirby vient de réactiver son pseudoThe Caretaker et ce pour un projet immense et passionnant. DWTN vous a souvent parlé de cet artiste symbole de la musique Hauntologique, cousine ou fille trans-Atlantique de l' hypnagogic-pop. On ne sait plus trop très bien, la mémoire est floue. Et en parlant de la mémoire et des sales tours qu'elle nous joue autant vous le dire tout de suite, il ne sera question que de ça. Kirby et et ses collègues nommés haunthologiques par leurs réappropriations du passé et leur travail sur sa mémoire ont considérablement fait bouger les choses à la fin des terrible nostalgico-gaga années 2000. On peut citer The Focus Group, Boards Of Canada, Demdike Stare, Burial (et oui ça aussi ça en est!) mais aussi, quite à remonter dans le temps encore plus loin, papy Philip Jeck avec Grand-Papy Gavin Bryars. Comme je ne le notais récemment il est assez ironique qu' eux et l' hypnagogic-pop d' Ariel Pink, Ferraro et Lopatin, ont finalement réussit à réenclencher la marche avant de la musique. Ces types ressortant des tranches entières du passé d'une manière totalement assumée ont provoqué une prise de conscience sur le revivalisme dominant et ainsi, indirectement ou directement, réenclenché le besoin de modernité et de nouveauté chez beaucoup. Le tout en se revendiquant ou évoquant indirectement Jacques Derrida et surtout son "Spectres de Marx" avec sa réflexion sur les souvenirs et leur transformation du passé qui tape l' incruste et influe sur notre présent "filetage du présent par le passé". Kirby va encore plus loin avec son dernier projet. Il s' attaque à la démence. Alors bien sûr votre serviteur qui est un fan de musique mais aussi un aide-soignant travaillant auprès des personnes atteintes d' Alzheimer depuis 9 ans ne pouvait qu' être aux aguets. Et ce n'est pas une première avec l' anglais car il avait déjà traité de la démence et de la perte de mémoire après son "Watching Dead Empires In Decay" traitant plus précisément d' Alzheimer. Il est à remarquer que la sortie d' "Everywhere At The End Of Time" coïncide avec la semaine internationale de la lutte contre Alzheimer. Cet album n' est donc que le premier chapitre d'un très grand projet de six albums qui va s' étalonner sur 3 ans. Kirby est coutumier des projets dantesques à long terme comme quand il avait sorti un titre par jour en 2006. Pour accompagner la sortie du disque Kirby nous a fait un joli cadeau avec cette vidéo nous faisant déambuler parmi les souvenirs et les fantômes d'un vieux dancing abandonné. Je vous conseille vivement de l' écouter en lisant cette chronique. "Progressively falling further and further towards the abyss of complete memory loss and nothingness". Les six albums représenteront chacun une étape dans ce processus de désintégration. Si chaque individus atteint ne développe pas la maladie d' une seule et unique manière l' aide-soignant apprécie Kirby pour sa prise en compte des différentes phases d' évolution de la pathologie. C' est le meilleur moyen de comprendre la démence. Toute démence est progressive sauf quand elle arrive suite à un accident. Avec "Everywhere At The End Of Time" on en est qu'au premier stade mais déjà si on prête attention bien des signes sont remarquablement décrit par The Caretaker. Plus on progresse dans l'album et plus ces "signes" apparaissent. Les craquements vinylesque comme d' habitude chez lui symbolisent la vieillesse. Le choix de la musique, fatalement représentative d'un lointain passé (année 20 à 50). Si ce procédé n' est pas nouveau le sens du détail de Kirby va le pousser encore plus loin dans la perfection et ses capacités d' illustration. Même si le sujet principale est la démence il ne faut pas oublier que l' anglais comme ses confrêres hauntologiques sont parmis les plus pertinents des archéologues et analystes de la machinerie pop. Il est à préciser que Kirby à l'instar des Demdike Stare ne se borne pas à une époque précise comme par exemple il avait puisé dans des archives bien plus récentes pour certains de ses travaux ("Watching Dead Empires In Decay sous le nom de The Stranger" ou ses relecture d' Aphex Twin et de Franki Goes To Hollywood). Seul bémol pour ce disque, avoir réduit les démences à la vieillesse par l'utilisation de musiques symbolisant une seule génération. Alzheimer s' attaque parfois à des gens à peine quadra et les conséquences peuvent s' avéré encore plus dramatiques. Autre caractéristique du bonhomme apparue dès l' entame du disque c' est la chaleur du son monochrome tant représentatif de la nostalgie qui s' empare de nous tous avec l' âge. Procédé bien connu du coté de l' hypnagogic-pop. Comme pour les proches d'une personne atteinte si l' auditeur n'écoute pas attentivement les "vrais" signes échapperont cachés par les a-priori et la caricature sur la vieillesse au travers d'une musique jugée dépassée,"ringarde". Mais pourtant, les avertissements "sautent" aux yeux. Enfin plutot aux oreilles dans cet album qui tient haut la main son rôle du parfait documentaire artistique sur la démence et son évolution. Comme chez un individu nous voilà face à une suite de musiques référencées "vieillottes" semblant se dérouler trop comme on s' y attend face à un "vieux". Un vieux racontant ses souvenirs. Des titres symbolisent la danse et la joie des bon moments envolés. D' autres l' enfance, la tristesse, la mélancolie, ses amours, ses problèmes, ses tristesses. Bref, rien d' étonnant. Tout semble aller comme cela devrait et la monotonie règne sauf qu' un malaise s'installe. Elle est déjà là. Le sentiment de déjà vu devient de plus en plus étouffant et pour les avertis il prend insidieusement l' apparence d'une évidence suspecte. La routine des "vieux" mais une "routine" qui va bientôt se fissurer de toute part. Les personnes atteintes peuvent ne rien paraître pendant très longtemps aux regards des proche. Pour cela ils usent de la "routine". Se raccrochant à ces "putains" de rites et habitudes du quotidien. Le cerveau lutte. Les personnes atteintes d' alzheimer peuvent ressentir qu'ils sont atteint. Consciemment ou pas et leur témoignage au moment où ils reviennent à la réalité/au présent sont les plus poignants que je connaisse. Ainsi Kirby, vicieusement, dévoile des titres qui se font de plus en plus simpliste dans leur structure. De plus en plus "attendus". Leur aspect répétitif devient de plus en plus évident. Parfois ça déraille. D' autres fois un écho et la réverbération paraissent démesurés. La tête de lecture de la platine saute. C'est le tourne disque ou Le vinyl qui est abîmé? Kirby joue des codes et des idées reçues avec les rythmes et la nature des mélodies. De vieilles "rengaines" ennuyeuses cachent une future catastrophe. Comme je l' expliquais plus haut la maladie se cache très longtemps et l' utilisation de vieilles musiques pouvaient entraîner les même erreurs d' appréciation que celles éprouvées par les proches ou les soignants au quotidien à cause des certitudes. C'est la plus grande réussite du malicieux Kirby grace à son principal talent qui est de pervertir et de détourner afin de faire dire tout et son contraire à une pop-song. L' Hauntologie ? Petit top et rapide explication du pourquoi du comment de son importance musicale, politique et sociétale. Bien souvent on attribue à la musique Hauntologique le terme de "version anglaise" de l' hypnagogic-pop. C' est parfois franchement exagéré même si les interviews des Lopatin et Pink ne cessent d' avancer des similitudes avec leurs collègues anglais. L' écoutes des disques en rajoutant aussi pour le paralèlle. Donc il ne sera ici question que d' anglais avec un petit ajout ricains. Comme je vous l' ai dit L' Hauntologie et l' Hypnagogic-pop ont ironiquement fait germer chez bon nombre une plus grande envie de nouveauté. Ces deux courants distinct à leur naissance se sont rapproché par la suite par le contenu politique et critique qu'ils exprimaient. Kirby et Lopatin ou Ariel Pink ont appuiyé là où ça faisait mal chez les fans de musique. Plus rien ne se créait, tout se recyclait et de plus en plus caricaturalement. La lubie de ce blog pour ceux qui le découvrent. Le terme Hauntology n' est pas qu'utilisé par les critiques musiques. Le terme a souvent été utilisé par d' autres tel que Mark Fisher. Ce théoricien culturel à la fin des années 00 avait lui aussi fait ce constat et l' explication qu'il a avancé se révèle des années plus tard plus que pertinente. Si les artistes et la pop culture n' offre que du revivalisme et du rétro, qu'ils sont incapable de parler de leur présent qu' avec le regard et le vocabulaire musicale du passé et devenir réellement convaincant, efficace dans la contestation et avant-gardiste c' est, (encore!), une conséquence du néo-libéralisme. Ce satané Néo-libéralisme apparu vers 1970 qui a selon lui (et on ne peut que constater chaque jour): "gradually and systematically deprived artists of the resources necessary to produce the new." "progressivement et systématiquement privé les artistes des ressources nécéssaire pour produire du neuf" Souvent je parle ici de la "tarte à la crème post-moderniste" pour vilipender les pourfendeurs du rétro en musique (Voir le PS pour le rapport avec l' article sur La Femme et la sociale-démocratie dominante en France musicale). Je vous conseille vivement de lire les travaux sur le sujet de l' américain Fredric Jameson publiés il y a un bon moment mais qui depuis ne cessent d' être vérifiés et facilement reliables avec ceux de Fisher. Quand je regarde les programmations des festivals, les post sur facebook, les chroniques et la majorité des choix éditoriaux des critiques, je ne peux ne pas penser à son " le film de la nostalgie ". Et lui aussi fait le lien entre les différentes formes artistiques apparu et l' influence des phases du capitalisme. Le "post-modernisme" étant le fruit du néo-libéralisme, de ce que Jameson appelle "le capitalisme tardif ou multinational ou de consommation". Leyland Kirby Sadly, the Future Is No Longer What It Was (voir aussi ses autres pseudos: The Caretaker, V/Vm, The Stranger) Boards of Canada Music Has the Right to Children Belbury Poly The Willows (jetez-vous sur le catalogue du label Ghost Music) Burial Untrue The Advisory Circle Other Channels Philip Jeck Surf (le papy) Broadcast and The Focus Group Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age The Focus Group Hey Let Loose Your Love Actress Splazsh Mordant Music SyMptoMs Pye Corner Audio Stasis Gavin Bryars The Sinking of Titanic (l' arrière grand père, ce disque est une merveille publié par le label ambient de Saint Brian Eno) Oneohtrix Point Never Rifts James Ferraro On Air Ariel Pink's Haunted Graffiti Worn Copy

  • DJ Diamond revient !

    Pour ceux qui croient encore que le footwork ne se résume qu'à Teklife, Hyperdub et vaguement Jlin et RP Boo la claque va être terrible. Dj Diamond revient. Si vous ne connaissez pas cet individu c'est probablement que vous êtes français,trop dépendant de votre presse ou pas assez curieux . Allez sur google et faites une recherche sur notre seul pays, c' est affligeant. Et pourtant le bonhomme est loin d' être un perdreau de l' année. Producteur depuis l' âge de 13 ans il avait grandi sous les jupes de la juke de Chicago. Son "Flight Muzik Reloaded" est sorti en 2011 juste après les compiles Works & Bangs de Planet Mu et avait donc participé par sa qualité à l'intèret croissant pour le footwork en Europe et dans le monde (France exceptée). Classé dans l'un mes tops footwork Diamond a toujours eut un statut à part. Un peu celui du discret. De l' étrange type un peu ailleurs avec son goût plus porté sur des choses parfois psychédéliques et un footwork franchement sombre. Après Planet Mu il est dorénavant signé chez les suisses de Duck N' Cover Records comme d' autres cadors du footwork tant méprisés en France, Traxman, Dj Roc ou Dj Clent par exemple. Il ne faut pas être prophète pour assurer dès l' écoute de ce sampler qu'il s' agit là de l'un des grands disques footwork de l' année en cours. Le meilleurs? Réponse en Novembre.

  • Yves Tumor, ou spleen corrosif de notre époque. Bonus: Klein

    Les mots manques pour une vraie chronique. Mais il fallait partager tout de suite. Des merveilles comme ça on passe, on ne se les garde pas pour soi. Trop beau, trop tout ! Partager l' émotion intense et le choc artistique ressentie depuis 24 heure. Son nom était connu pour sa participation à NON WORLDWIDE, ses liens avec nos idoles Janus (Lotic, Kabklam et M.E.S.H.) et enfin ses travaux avec le Génie James Ferraro à l' époque Bodyguard (ici) et Mykki Blanco avant que ce dernier ne se perde avec l' affreux WoodKid. Yves Tumor, né dans le Tennessee sous le vrai nom de Sean Bowie (comme quoi!), a beaucoup voyagé. Géographiquement (Miami, Leipzig, Los Angeles, Turin et Berlin) comme stylistiquement. Ce fan de Throbbing Gristle qui dit avoir débuté au sein de la scène Noise s' est fait remarqué d' abord dans la nébuleuse Hypnagogic Pop, puis il a suivi James Ferraro aux débuts de la Vaporwave. Petite spécificité du bonhomme, là où Ferraro touche à tout les styles pour mieux les pervertir Tumor revient régulièrement tourner autour de la Outsider House. Depuis Juin dernier les aficionados de PAN frétillaient sur la toile dès que son nom apparaissait. Un truc énorme allait arriver. Et les fans du label Berlinois ne sont pas franchement connus pour des spécialistes de la hype et du buzz à tout va. C ' est dire tout le sérieux avec lequel il fallait se jeter sur ce disque. Il est déjà dispo sur le net et c 'est un choc. Un vrai putain de choc ressenti devant cette espèce d' hypnagogic-soul griffée par des attaques noise ou indus. Un falsetto qui vous arrache le coeur, des instruments organiques avec une guitare surréaliste noyées dans des sons enregistrés venus de partout et des samples irréels. Chaque titre de ce "Serpent music" touche, émeut, interroge, fait voyager et réfléchir. Et chaque nouvelle écoute démultiplie encore plus les première émotions ressenties. Quelques jours après Klein, une nouvelle fois un truc aux racines profondément soul et blues rencontre la modernité et une totale expérimentation. L' avant-garde s' emparant du passé. L' inconnu nous tend les bras. Mastérisé par Rashad Becker Serpent Music sort dans quelques jours. Une vraie chronique arrivera je vous le promets mais devant un tel monument, la réflexion va être longue tellement il y a de choses à dire. En prime un extrait de l'autre tuerie de soul exérimentale de cette année, KLEIN ! On sait peu de chose sur elle sauf que sa musique est irréelle et semble provenir de nul part. Les mots pour décrire correctement ce qu' elle nous offre et il faudra beaucoup de temps afin de les trouver tellement son premier album paru en début d' année bouscule tout sur son passage jusqu' à nos repères les plus simples.

  • Dream Team : MICA LEVI & OLIVER COATES

    On les savait copains depuis longtemps mais cette fois Mica Levi et Oliver Coates s'unissent pour de bon. Union discographique bien sûr. A peine remis de l' album de Coates (par là) les deux s' unissent et vont certainement finir par nous ensorceler une fois de plus. Mica Levi (Micachu & The Shapes) qui est une incontournables des top annuels de DWTN pour ses travaux multiples et variés va-t-elle réussir à taper l'incruste dans tous les classements? C 'est la question que l' on peut se poser quand on connait sa participation à la fabuleuse mixtape d' Arca et son récent ep sorti chez les Demdike Stare, deux disques déjà classé dans le top de mi-année. Et c'est pas tout, 2 ans après son magnifique "Under the Skin" (reprise d'un des titres par Coates plus bas), elle remet ça au cinéma avec sa deuxième BO pour le biopic "Jackie" sur la femme de Kennedy et d' Onassis. Par contre on veut pas être méchant mais Coates ne fera pas aussi bien que sa copine avec sa participation au dernier Radiohead. Son travail d' orchestration était certes somptueux mais comme l' imagination était en berne du coté de Yorke et compagnie le bon Oliver n' aura pas droit aux même lauriers que Micachu. Sortie prévue en Novembre.

  • JAM CITY offre une mixtape résumé.

    L'un des artistes indie parmi les plus importants de cette décennie vient de nous offrir une mixtape surprise. Et encore une fois face à la musique de Jack Latham la réflexion et le goût de l' étrange sont de mise. Cet artiste avait tout d' abord réveillé avec son confrère Rustie l' électro anglaise à grand coup de sons métalliques symbolisant une certaine hyper modernité. Son "Classical Curves" sera dans le haut du panier en fin de décennie des "avertis" non atteints de surdité et d' oeillères. Il y a un an son "Dream a Garden" plaçait le bonhomme une nouvelle fois dans le rôle de l' empêcheur de tourner en rond mais ce coup-ci par une bizarre sophisti-pop éthérée et à très forte teneur politique. A mille lieu de l' égocentrisme d'une grande partie de l'indie-music. Devant "Trouble" la première impression est un retour à la culture dancefloor et électro mais l' aspect pop de "Dream of Garden" reste présent au point qu' un journaliste anglais a fait un sacré raccourci au travers de l' histoire de l'indie-pop anglaise et des chapelles. Mais raccourci franchement légitime et pertinent tellement l'impact du bonhomme en électro a influencé et boosté tout un courant comme les illustres mancuniens mais aussi parce que son virage politique a lui aussi eut des répercussions sur la scène britannique et fait évoluer certaines mentalité. "Les résultats sonnent comme ce que nous imaginons de ce qu' auraient fini par sonner The Smiths si ils n' avaient pas écrit Panic et étaient restés dans la discothèque* pour quelques années." *dans le sens du mot dancefloor et pas seulement du genre musicale. "Trouble" peut donc être résumé par une somme des deux premiers album. Le romantisme engagé et la douceur pop éthérée du second par les prismes du premier, futurisme, sons métalliques et puissants avec influences UK bass (grime entre autres). Certaines senteurs technologiqques et agressives de "Classical Curves" transpiraient dans son successeur mais elles étaient éparses et minoritaires. ici les rôles sont inversés. On retrouve beaucoup de chose de "Dream..." mais à la façon de. Si "Trouble" laisse un goût d' inachevé le passif du bonhomme et son talent démontre qu'il s' agit là d'une mixtape pertinente et pas simplement anecdotite . Le genre de truc qui peut éclairer sur le passé récent et donner une une piste sur le futur à venir.

  • MIXTAPE

    Rien de tel qu'une petite mixtape un brin dansante pour fêter la nouvelle version de DWTN. Une autre un brin moins remuante et plus posée est en de préparation. TRACKLIST CONSUMER ELECTRONIC (KERRIDGE Remix) BROOD MA Sex Contortion NOT WAVING Work Talk POWELL Club Music (Ancient Methods 'Körpersäure91' Mix) NOT WAVING Redacted 5 L/F/D/M Rum and Black GAZELLE TWIN Anti Body (Perc Remix) PROSTITUTES Late To Take It Lignt LEE GAMBLE Kinematics DOMINOWE Africa's Cry CITIZEN BOY Deep Gqomu M.E.S.H. Follow & Mute ZUTZUT Jala NHK YX KOYXEN 1038 Lo Oct Short DEMDIKE STARE Patchwork PARIS ANGEL Perfume (Loved Up) AK/DK Modulator

  • Still Charon enfin en vinyle.

    En début d' année DWTN se lamentait (par là) du fait que les géniaux Still Charon ne trouvent grâce aux yeux d'un label pour sortir le passionnant "Time Traveller". C' est chose faite. Disponible chez Gonzaï Records le disque dévoile enfin toutes les pépites du projet. Concept album qui évite les travers du genre, "Time Traveller" délivre une pop lo-fi qui voit bien plus loin que ses Converse. On est bien dans du psychédélic-rock tant apprécié par les sectes du garage-rock mais le prog-Rock, le jazz dans tout ses états et le bon vieux space-rock grandi sous l' ombre d' Hawkwind se mêlent à l' affaire. Vivement un retour sur Limoges pour un concert ! D' ici-là le disque est dispo chez Blue Monday.

  • Coastal. Quand Skittle Alley passe aux synthés

    Je me demande combien de fois j' ai entendu "Blue Monday" dans ma vie. Je ne veux pas dire écouté volontairement mais entendu malgré moi. Combien de "Blue Monday" dans les soirées? Trop ! Combien de reprises plus ou moins appropriées imposées? Trop ! Arrivé à la quarantaine ce titre génial et légendaire faisant partie de mon génome de fan de musique était devenu malheureusement l' équivalent des marronniers journalistiques. Trop entendu, trop attendu et franchement limite casse-couille. Il y a pourtant le choix chez New Order pour danser. Tant de "Blue Monday" et si peu de titres de "Technique" diffusés. Les covers de "Blue Monday" il en existe des centaines. La plus part sans intérêts. Relectures trop souvent simplistes et dénuées de personnalité où l' accent est porté sur l' aspect dansant. Il y a de ça quelques années notre bon Bernard Lenoir avait cueilli ses auditeurs un vendredi soir avec la relecture d'un autre hit des New Order mais en version acoustique. Une guitare, une voix. C' était le "Bizarre Love Triangle" version délicate et sobre des australiens de Frente !. Ce bon vieux Skittle Alley a osé à son tour et se situe entre les deux tendances. Et il fait mouche, droit au coeur. De quoi oublier la lassitude occasionnée par ses prédécesseurs. Sous le pseudo de Coastal il y a été certes franco avec les synthés mais sa relecture est beaucoup plus intimiste que celles plus préoccupées à faire danser à grand coup de surenchère les foules festivalière. Pour ceux qui ne connaissent pas le bonhomme il faut préciser que Skittle Alley avec ses potes d' Anorak Records officient depuis très longtemps dans la lignée Twee-pop de Sarah Records. Ceci explique cela. Avec Coastal il nous offre depuis quelques mois un délicat et précieux mélange de reprises et de compos aux propriétés curatives pour les maux de l'esprit. A déguster sans modération et vivement Coastal en version live.

  • Le GQOM à la conquête du monde (suite)

    Alors que nos adorables critiques musicaux français n'ont toujours pas daigné s'intéresser à ce putain de truc gigantesque le Gqom continue son petit bonhomme de chemin. Plus de six mois après un premier article il est temps de prendre des nouvelles de ces gamins époustouflant de Durban. Si vous n' avez pas la chance ou la curiosité d' être tombé un jour sur ce phénomène musicale vous pouvez toujours allez voir l' article de DWTN (par ici) qui vous explique tout ou, et là c'est pure cadeau, écouter ce monument musicale que "Deep gqomu". En janvier dernier la première compilation du label Gqom Oh! sortait comme je vous l' avait annoncé et ce fut évidemment une claque absolue. Pour vous dire à quel point l' apparition du Gqom prend les contours d'une mini-révolution et charme de plus en plus il faut allez voir du coté des listes de fin d' année version 2015. Si le ep de Rudeboyz et de ses potes trustaient discrètement mais assurément les classements des médias spécialisés le plus hallucinant fut l' apparition en leur sein dès début Décembre de la compilation "Gqom Oh, Sound of Durban Vol.1". Hallucinant parce que sa présence dévoilait l' empressement et l' attente qu' elle suscitait plus d'un mois avant sa sortie. Attentes et coups de coeur touchant un large spectre du monde électro, électro ou pas. Pas publiée mais déja classée et pas par n'importe qui. Fact Magazine, Mundance et Kode 9 par exemple. Low Jack comme je m'y attendais dans l' article le concernant s'est mis à mettre du Gqom dans ses mixtapes, le collectif NON avait récupéré un titre de Rudeboyz pour sa première compilation et j' en passe. A l' exception de Low Jack la France reste allergique. Mais ça, on a l' habitude. Nan Kolè le patron de Gqom Oh et peut-être celui qui s'y connait le plus n' en fini pas d' être demandé pour nous offrir mixtape sur mixtape au fil des semaines. Mixtapes qui par ses nouveauté nous prouve que la source ne se tarie pas, loin de là. A peine un mois après sa sortie la compilation était sold-out mondialement et les articles la concernant proliféraient dans les médias mondiaux. Sauf la France... Loin de se reposer sur ses lauriers Kolè continue de prêcher la bonne parole Gqom à travers le monde. Prochainement c' est un documentaire auquel il a participé qui mettra la lumière sur cette bande de gamins d' Afrique du Sud. "Woza Taxi" sera accompagné par une mixtape de plus avec que du neuf et les premiers titres dévoilés y figurant annonce un été plus que caniculaire, à Durban comme ailleurs. Si Gqom Oh et les potes de Citizen Boy tiennent le haut pavé la clique Rudeboyz n' est pas reste pour le moins. Tournée mondiale qui n' en fini pas de voir des dates se rajouter aux premières. Interview et mixtape à gogo aussi dans lesquelles on voit ce qui les singularise face à Gqom Oh!, un combat plus assumé contre les stéréotypes de la house africaine classique d' où un lien plus évident avec la UK Bass. Une nouvelle sortie de disque est imminente mais nous ne savons pas si ce sera un format court ou long. Dans le cas du dernier se sera le premier vrai album Gqom hormis les compilations et ce qui suit plus anecdotiquement. Le troisième larron également facile à trouver sur le net, le label Townshiptech, redonne signe de vie après un an d' absence via donc un album collective qui tient autant d' une compilation.

  • Jackie Lynn ou Circuit Des Yeux? Haley Fohr pour toujours.

    Haley Fohr aka Circuit Des Yeux nous revient. Elle s' habille en cowboy et est passé chez le coiffeur pour une teinture. Mais c'est bien sûr encore plus compliqué que ça. Tel un Bowie Haley Fohr s 'est construite une nouvelle identité. Énième virage artistique pas aisé et énième réussite vicieuse pour cette artiste qui plait tant à DWTN (ici et par là sans parler des classements de fin d' année où chaque album y figure ). Le pseudo nouvellement adopté par Fohr mérite qu'on s'y attarde par l' importance et même la nécessité qu'il comporte au moment d' écouter ce disque. Un disque concept racontant une histoire fortes au senteurs féministes. Une sorte de moyen métrage discographique où une fois de plus l' américaine nous bluffe par sa capacité à toucher avec peu. L' histoire crée de toute pièce sur cette fameuse Jackie Lynn est bien représentative de la folie douce de Fohr. Une sorte d' histoire personnelle un brin fantasmée avec emprunt à la vie de la musicienne. Elle serait née dans l' Indianna (comme Fohr dans la vraie vie), et ce au cours d'un accouchement assez rocambolesque. Partie de son trou perdu la jeune fille est montée à la ville pour bien évidemment faire une mauvaise rencontre amoureuse. Elle et son mec seraient devenus dealer de cocaïne aux alentours de Chicago (lieu de résidence actuel de Fohr). Le destin tragique susceptible d' être l' épilogue de ce comte de l' americana moderne laisse toutefois planer le doute sur ce qu'est devenue Jackie Lynn. Le couple aurait disparu suite à une dispute en ne laissant que des traces de cocaïne et ce disque en guise de "testament". A l'image du costume folklorique un brin kitch la musique de Fohr quitte le folk sombre et expérimental de Circuit des Yeux pour la country pop. Mais attention comme toujours c' est du Fohr tout craché, le prévisible devient intriguant. Ensorcelant. Une country pop avec sa guitare bien sûr mais aussi avec une instrumentation analogique faite de synthés et toujours cette voix si "Nico-esque".Résumé comme ça on peut prévoir un disque Lynchien. Ça l'est un peu mais pas seulement. Badalamenti parfois mais bien d' autres nom sont à citer. Group Rhoda ou Tropic Of Cancer reprenant Johnny Cash par un triste soir dans un club Troisième âge rural. Le coté pastiche et caricatural ne tient jamais longtemps avec une tel artiste. Soit l' émotion ou soit son pure talent de musicienne originale brisent apparences sur la longueur. Comme avec Circuit des Yeux les premières secondes d' écoutes laissent entrevoir une déception et un sentiment de déjà entendu rapidement oubliés et évaporés. Une seule envie vous prend à la fin des huit titres, réécouter les trois premiers titres si "kitch" et tant trompeurs, "Bright Lights" , "Chicken Picken" et "Smile". L' univers de Lana Del Rey vous plaît mais vous aimeriez moins de grandiloquence putassière? Jackie Lynn est l'originale, Del Rey un produit aseptisé tape à l' oeil. Un aspect sombre provenant d'un post-punk glacial et synthétique l' emporte sur la caricature country à partir d' "Alien Love" après l' intermède "O". L' usage de boites à rythmes plus "modernes" et "machinique" n'y est pas pour rien. Jacjie Lynn avait bien quitté sa campagne natale pour la ville industrielle. Le disque se clôture sur le seul titre réellement Folk drapé de nappes synthées ce qui signifie probablement le proche retour de Circuit des Yeux n'ayant plus de nouvelles de Jackie Lynn et de son type. Et qui sait, un jour, on retrouvera un autre disque testamentaire si touchant.

  • KABLAM:"Dans le gang Janus, la fille? C' est la pire!" et, "Est-on obligé de danser dans un club"

    Depuis le temps que son nom était cité régulièrement dans ce blog il lui fallait bien un article rien que pour elle. Malheureusement depuis deux ans pas une seule "vraie" sortie de disque. Rien, nada ! Si ce n'est des mixtapes et des remix en veux-tu en voilà la belle se faisait discrète concrètement mais son nom dopé par la proximité des Lotic et M.ES.H. était sur tous les bons radars. Au tour donc de Kablam de balancer de grosses torgnoles sur le dancefloor . Avertissement. Méfiez-vous. Derrière cette photo hyper travaillée proprette se cache la plus fêlée, la plus guerrière et la plus grande fouteuse de merde de toute la clique Janus. Son rictus n'est rien comparé à ce qu'elle inflige. Avec ce génial "Crisis" les amis de la robotique vont être ravis. Le brassage entre la nature et la technologie continue de plus belle. Le post-club persiste et signe. Langage du dancefloor carrément passé à la hacheuse pour offrir un vocabulaire mutant. Nouveau ! A ce propos, j' ai lu dans une interview que Lotic méprisait ce terme juste parce qu'il voulait que sa musique soit dans le club et non pas après. On va pas tortiller du cul pour le faire rentrer dans le bocal mais fallait bien trouver un nom pour définir vaguement cette nouvelle musique sans pour autant tomber dans les travers de l' estampille. Pour moi le "post" a bien sûr une connotation de temporalité mais elle concerne plutot l' histoire du genre. Pas de la tranche horaire de la journée. "Post-punk", "post-rock" et à présent "Post-Club". Les deux premiers "post" désignaient des artistes qui ont cherché à sortir des carcans et des règles établies des termes qu'ils précèdent. La musique de Janus et des Rabit ou d' autres c'est exactement la même démarche. C'est même le faît que justement un type comme Lotic veuille rester dans les clubs qui justifie l' affiliation à ce terme et donc son cousinage aux deux autres. Les post-punks et les post-rock allaient au front en utilisant les salles, les circuits de tournée et les médias rock et punk. Il y avait une sorte de confrontation voulue ou non avec ce qui avait précédé. Une réaction progressiste. Pour Lotic ou M.E.S.H. c'est la house au kilomètre, la techno qui tabasse en se répétant. Bref le mot d'ordre : faut danser! Les dancefloors de 2015-16 ont fini par oublier qu'au tout début du phénomène on parlait de Chill Out. Dans l'inconscient collectif dancefloor = mouvement. Daniel Loop dans son ouvrage "Ocean of Sound" parle très bien de ça en tissant un lien entre la danse immobile et le voyage immobile quand il évoque Debussy et ses fantasmes asiatiques. Ces gamins connaissent-il des nuits Chill out du Land of Oz? Lotic en est un héritiers ou plutot un cousin éloigné. De l' électro mais pas pour danser. Enfin, danser si, mais statiquement. Assis, debout ou coucher on s' en tape. Il se trouvait vers 1989 des endroits dans l' arrière-salle des club où la musique se devait d' être relaxante, hypnotique donc tout simplement ...ambient. Peu à peu elles ont disparue. Écoutez les premiers albums de The Orb ou de KLF. C'est loin d' être un scoop ce que je vous dis mais cette vieille habitude de ne pas danser systématiquement en club s'est évaporée au fur et à mesure que le statut de DJ et la culture dancefloor se popularisait dans les grands médias. La force caricaturiste des uns nuit toujours au besoin de complexité des autres. David Guetta oui, The Orb non ! Avec la clique Janus et d' autres c'est sûr que l'on est loin des trip psyché de The Orb et KLF . Je parlerai plutot de trip science-fiction technologie/nature. Alors bien sûr l' aspect artificiel ça peut parfois devenir un peu brutal et froid. Mais le post-club comme c'est le cas avec ce "Prière" de Kablam inspiré de Jordi Savall se révèle bien plus proche de la nature humaine et rempli de vraie émotions que du diktat des rythmes dansant aux kilomètres dans un sens. Et encore j' aborde pas le sujet de "sur quel musique dansent-on en dancefloor" parce que là aussi il y a du grain à moudre question ouverture d' esprit des caricaturistes. Kablam en parle très bien lorsqu'elle dit préférer une musique "dégoûtante" que de la house "confortable" au kilomètre. Une volonté d' affronter l' extérieur du club et de ne pas s' enfermer dans une coquille hédoniste à tout prix. Dans ses mix vous allez donc retrouver beaucoup de "ghetto music" en plus des potes berlinnois. Des musiques qui tabassent comme la vie sait faire. Pas de chichi pas de calin à la "maman Hipster" donc, pas de rétro pour danser. Du r'n'b crado, de la grime, de l' epic-collage de Total Freedom ou la grande Elysia (E+E) Crampton, du latin castagneur comme Kamixlo et bien sûr une bonne dose de kuduro portugais (cf à la fin). Kablam vous remue physiquement quand elle le veut. Vous balance des chants orientales déchirants ou des jingle latinos tapageur (coucou Elysia!) pour vous trainer dans un bouge de Lisbonne et remuer du cul. On sait où se finira cette histoire. A Cracovie en Pologne. Fini Berlin. Je m' égars. Mais rappelez-vous de cette phrase. Quand Berlin va devenir hors de prix tout ce monde de dépravés géniaux va voir là où c' est moins cher. Unsound (le festival) n'est que l'introduction d'une histoire fort probable. Kajsa Blom aka Kablam aime la confrontation qui est toujours le début du dialogue. Pas froid aux yeux la suédoise. Elle évoque une jeunesse passé dans un trou du monde scandinave où tous les néo-nazi et nationaliste du coin s' étaient donnés rendez-vous. Elle raconte que, politisée très tôt, adolescente elle ne cessait de se prendre la tête verbalement avec ses voisins du village alors que toujours d' après-elle le suédois évite toute discussion politique. Faudra lui dire qu'en France c' était pareil. Et comme d' habitude, qui dit frustration dit musique. Elle parle de ses première formations indie-rock anti-capitaliste et féministe. Limite punk. Tiens donc !?? L'indie rock à guitare était anti-capitaliste à un moment??? Appellez pépé Kurt Vile ou James Murphy je crois bien qu'eux et leurs successeurs nous ont menti. Ou lobotomisé. Kablam parle de la volonté de faire une musique "conflictuelle". Bref, foutre la merde ? Ok pas de prob, DWTN sera toujours là pour ça. Conclusion, Kablam n' a pas fini d' être sur écoute. PS: Quelqes titres en référence avec ce qu' affectionne la suédoise. Classés souvent dans les top ep de ce blog mais comme souvent ça passe innaperçu à cause des vieilles manies de vieux cons française, "Le ep? Un format que pour Dj". Petit truc à signaler. Le regroupement multinational NON (souvent abordé ici mais jamais cité dans ce blog depuis 3 ans faute de temps) s' intéresse de plus en plus au Gqom. Kablam ou Total Freedom commencent à en balancer la version la plus brutal, celle qui est la plus proche de leur son cinglant. La clique de Rudeboyz. Et en France, toujours rien ou si peu sur le Gqom à l' exception de Low Jack qui vient de s'y mettre via une mixtape. Mais ça, c' était prévu (cf l' article DWTN le concernant ). Sinon dans NON vous y retrouverez des habitués de ce blog (Rabit, Elysia Crampton, Rudeboyz, Chino Amobi). Dès que vous tombez sur leur logo allez-y !

  • KANE IKIN ou, un diable de Tasmanie nous ouvre les portes de l'enfer et... c'est la vie de 2016 !

    Il est toujours frustrant de tomber sur un disque génial et de s' apercevoir que son auteur a derrière lui une longue carrière. Il est encore plus frustrant d' écouter des dizaines de disques panurgiques qui au final ne parlent pas ou si peu de la vie en 2016 et nous font justement passer à coté de merveilles comme le "Modern Pressure" de l' australien Kane Ikin. Jamais nos existence n' ont autant été sujettes à l' imprévisible depuis bien longtemps. Un sentiment d' insécurité constant s'empare de nous et il nous faut lutter constamment pour ne pas sombrer dans les travers que ce sentiment si humain peut engendrer. Le cloisonnement ou le désir d' oublier, de fuir. En musique ça peut donner les niches ,stylistiques ou temporelles, mais aussi la fuite en avant dans une débauche de divertissements hédonistes à outrance sans réel ancrage dans le présent. L' opium du peuple depuis toujours. Sans un réel fond critique ou tout juste illustratif. Kane Ikin est encore un musicien de dark ambient pour la faire courte. Encore un cousin de Dominick Fernow, Haxan Cloak, Demdike Stare, Raime ou tant d' autres cités dans ce blog. Mais comme les autres ce dernier ajoute à sa musique ce qu'il faut comme idées et de personnel pour éviter l' exercice de style. La niche. Et comme les autres il prouve que la dark ambient comme la noise, le drone , l' industriel ou les musiques dites "de ghetto" ne sont pas des coquilles dans lesquels les fans et musiciens se renferme pour ne pas affronter le monde. C'est tout le contraire. Une musique comme la leur colle parfaitement à 2016 parce qu'elle a les yeux braqués vers ce qui les entourent. D'autres depuis bien longtemps ont capitulé dans ce rôle. Je n' avais jamais entendu parler de ce putain d' australien venu donc de si loin pour me balancer cette foutue musique stimulante au possible. Pas de ses ep et ses deux premiers albums (dont un en collab avec David Wenngren) et encore moins de son groupe Solo Andata. "Modern Pressure" porte très bien son titre. Disque oppressant, stressant et sombre. Moins dans la répétition du dernier Raime qui joue sur d' infimes détails. L ' oeuvre de l' australien est bien plus vindicative si j'ose le dire. Le climat est patraque, lentement mais sûrement il se modifie. Joue avec nous. Jamais dans le bon sens. L' orage arrive. Il est irréversible. "Tout ce beau temps, fallait bien le payer ma pauvre dame". Il va éclater mais avant cela Ikin développe une palette de nuage tous plus énormes et terrifiant que les autres. Cette sensation de voir s' assombrir le ciel à l' horizon. Plus c 'est noir, plus ça va péter. Comme bien souvent Carpenter et ses synthés sont dans les parages. Ikin joue beaucoup avec le rythme et les beats. Il n'y pas l' évidence de la simplicité, du "faux rachitisme", de Raime. Des synthés pas vaporeux, pas planant. Des synthés qui déchire au loin le ciel noir tel les éclairs . Un d'eux va pas tarder à nous tomber dessus. Il va être pour notre gueule. Ikin offre un disque urgent. Net et précis. Lui nous raconte que ce disque s'est fait alors que l' imprévu avait frapper à sa porte. L' insécurité, la vrai, s' était pointé dans sa vie. Crise économique, restriction, vente forcée d'une partie de son matériel pour subvenir à ses besoins. Ce putain d' orage que certains n'ont pas vu, ou ne veulent plus voir arriver. Certains aveugles et inconscients dansent sous les arbres ou jouent au basket quand d' autres s' enferment dans leur cave à triple tour en veillant à ce que les premier paient pour leur retard. Et puis il y a ceux qui s' y préparent. Observent l' orage pour y faire face. Ils savent que lorsqu'il éclatera il faudra être sur ses gardes pour ne pas rater une miette. C'est beau un orage. Les instants qui le précèdent encore plus aux goûts de quelques uns. Quand le vent se met à souffler en nous sortant de la langueur estival assommante. Ça va péter. Et c'est tant mieux. Cela ne pouvait plus durer Après?

  • ASHER LEVITAS & SILK ROADS ASSASSINS ou, Planet Mu est-il dans sa plus grande année ?

    Asher Levitas n'est pas vraiment un inconnu. Repéré au sein d' Old Apparus, collectif spécialisé dans la dark-Ambient, on aurait pu imaginer cet anglais signer pour sa nouvelle carrière solo chez Hospital Production ou Blackest Ever Black. Finalement ce sera Planet Mu qui aura l' occasion de se vêtir tout de noir. Outre l' aspect Dark dépoussiéré avec talent par les artistes des labels cités plus haut sa musique s'inscrit parfaitement dans la lignée de tout ce qui s'est fait de novateur ces derniers mois. On retrouve ainsi des beats bafouillant lacérés à grand coup de synthés tranchants. Bref, je dois l' écrire pour la 208ème fois, un sacré travail de déconstruction du vocabulaire dancefloor plongé ensuite dans le côté obscure de l' ambient. Mais chez Asher Levitas il y a un truc qui rend l' ensemble surnaturel. Étrange. Ou plutot, émotionnellement fort et en même temps flou. Comme le sont nos rèves et nos cauchemars. Du Demdike Stare surréaliste passé par le Berlin de Janus. Il explique ce fait parce qu'il aborde dans sa musique en recherchant des sentiments humains comme "la folie, l' anxiété, la paix". Il dit rechercher les émotions produites par la pathologie dont il est victime. Encore une "particularité physique/psychique" d'un musicien arrivée en sauvetage de la musique expérimentale après Ash Koosha et sa synesthésie (voir ici). Le problème du bonhomme c' est une forme de paralysie du sommeil dont ce trentenaire est victime depuis ses vingts ans. Il lui arrive de se réveiller en partie sans pouvoir bouger. Scotchés dans son lit. Par contre son cerveau, l'organe le plus pervers de notre corps, et bien celui-ci il s' active et l' esprit est en mouvement. Levitas se retrouve à devoir gérer de sacrée hallucination. On est pas loin des rèves hypnagogiques. Perso j' ai déjà vu ce cas chez des personnes atteintes d' Alzheimer et je peux vous affirmer que de l'extérieur c' est puissant et fortement troublant comme expérience. Un sacré trip. Alors de l' intérieur même pas envie de savoir. Mais un sacré trip qui mis en musique devient totalement additif. Asher Levitas n'est pas vraiment un inconnu. Repéré au sein d' Old Apparus, collectif spécialisé dans la dark-Ambient, on aurait pu imaginer cet anglais signer pour sa nouvelle carrière solo chez Hospital Production ou Blackest Ever Black. Finalement ce sera Planet Mu qui aura l' occasion de se vêtir tout de noir. Outre l' aspect Dark dépoussiéré avec talent par les artistes des labels cités plus haut sa musique s'inscrit parfaitement dans la lignée de tout ce qui s'est fait de novateur ces derniers mois. On retrouve ainsi des beats bafouillant lacérés à grand coup de synthés tranchants. Bref, je dois l' écrire pour la 208ème fois, un sacré travail de déconstruction du vocabulaire dancefloor plongé ensuite dans le côté obscure de l' ambient. Mais chez Asher Levitas il y a un truc qui rend l' ensemble surnaturel. Étrange. Ou plutot, émotionnellement fort et en même temps flou. Comme le sont nos rèves et nos cauchemars. Du Demdike Stare surréaliste passé par le Berlin de Janus. Il explique ce fait parce qu'il aborde dans sa musique en recherchant des sentiments humains comme "la folie, l' anxiété, la paix". Il dit rechercher les émotions produites par la pathologie dont il est victime. Encore une "particularité physique/psychique" d'un musicien arrivée en sauvetage de la musique expérimentale après Ash Koosha et sa synesthésie (voir ici). Le problème du bonhomme c' est une forme de paralysie du sommeil dont ce trentenaire est victime depuis ses vingts ans. Il lui arrive de se réveiller en partie sans pouvoir bouger. Scotchés dans son lit. Par contre son cerveau, l'organe le plus pervers de notre corps, et bien celui-ci il s' active et l' esprit est en mouvement. Levitas se retrouve à devoir gérer de sacrée hallucination. On est pas loin des rèves hypnagogiques. Perso j' ai déjà vu ce cas chez des personnes atteintes d' Alzheimer et je peux vous affirmer que de l'extérieur c' est puissant et fortement troublant comme expérience. Un sacré trip. Alors de l' intérieur même pas envie de savoir. Mais un sacré trip qui mis en musique devient totalement additif. Deuxième signature récente chez Planet Mu, le trio Silk Road Assassins. Composés de Chemist, Tom E Vercetti et du dénommé Loverdroid. Si Asher Levitas nous plonge dans des tréfonds hypnagogiques d'une dark ambient noisy les trois jeunes gens avec leur premier ep s' approchent du grime dystopique de Logos ou de Visionist. Comme avec ce dernier les poils se redressent face à une musique hyper chargée en affectivité. Ils offrent bel et bien du grime futuriste cher à Logos mais à l' image de la pluie clôturant "Defect" c'est une version moins agressive que celle martelant une vitre dans son "Cold Mission" d' anthologie. Leurs synthés rappellent Vangelis mais eux évoquent aussi bien les BO de mangas ou celle des jeux vidéos. Une sorte de Gatekeeper sous tranxene dans l'espace. A la fois proche et éloigné des Roly Porter et Jebenasam. Avec un soupçon de trap.

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