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- Ariel Pink Haunted Graffiti, celui qui avait la solution.
Ariel Pink's Haunted Graffiti sort ces jours-ci "Mature Themes". Voilà qui tombe plutot bien pour DWTN puisqu'il s'agit de l' artiste le plus cité dans ce blog. Mais pourquoi Ariel Pink ( aka Ariel Markus Rosenberg dans le civil ) est-il autant présent dans ce blog ? Pourquoi est-il selon moi l'un des artistes contemporains les plus importants de la musique? L' égal d' un Brian Eno, du Velvet ou encore de Bowie et Radiohead. Pourquoi faut-il se jeter sur son nouveau disque mais aussi sur toutes ses oeuvres passées. J' avais adoré son "Before Today" de 2010 mais je crois bien que ce sont ses productions antérieurs qui m'ont le plus chamboulé. Je ne pense pas que l'on puisse affirmer que "Before Today" soit moins "bon" que les débuts de Pink. Sa présence est très logique dans le cheminement de la carrière de Pink et son aspect plus "commercial" n' affaiblit pas les énormes qualités de ses chansons. Le génial songwriting de Rosemberg apparaissait simplement plus visible à un plus grand nombre. L' aspect commercial provenant d'une production plus léchée a juste quelque peu étouffé la réflexion de Pink développée au cours de la première décennie du siècle (la première partie de sa carrière). Une réflexion axée en grande partie sur l' expérimentation sonore. Ariel Pink n'est pas né le jours où Pitchfork a étiqueté "Best New Music" sa très habile relecture du "Brocken English" de Marianne Faithfull, "Round & Round" . Et ce pour une très simple raison. A cette époque , 2010, Ariel Pink avait déjà laissé son empreinte dans l' histoire et changé la donne. Il a posé les bonnes questions sur notre époque et nous a même donné les solutions. Et le plus beau, c'est qu'il a été suivi ! Je vais tenter de vous l' expliquer. Le bonhomme est souvent dépeint comme un cinglé. Ariel Pink fou furieux? Pas tant que ça. Et puis ce n'est pas le lot des génies en avance sur leur temps d' être taxés de folie par leurs contemporains? Ariel Pink malgré les apparences a été l'un des premiers à tirer un triste constat sur les maux dont souffrait la création musicale depuis le début des 00's.Omniprésence du passé et manque cruel d'innovation. On ne faisait que du recyclage en perdant la saveur et la force des originaux. La place de la nouveauté et de l' expérimentation était réduite à une peau de chagrin face aux revivalismes en tout genre. Ariel Pink dit à longueur d' interview que la pop-music et son âge d'or c'est fini. Terminé. Que l'on est resté bloqué sur les 70's et les 80's. Devant de tel déclaration certains de ses détracteurs n'ont vu en lui qu' un cynique de plus. Ariel Pink est-il cynique? Oui. Mais un cynique malicieux. Dès 2002 le californien en faisant preuve d'une terrible mais salvatrice lucidité est ainsi devenu l'une des principales alternatives . Une porte de sortie sur l' avenir. Il le dit lui-même,"Je tire la sonnette d' alarme". Tous les Black Keys du monde ont-ils seulement tenté de faire de même? Non. Tel des élèves bien fayots Ils ont récités parfaitement leurs leçons et obtenu les bons points distribués par des instituteurs et bon nombre de leur camardes. Le cynisme est souvent le fruit de la réflexion et n'est pas un défaut à l' origine. Il le devient quand il n'est pas accompagné d'espoir et de la volonté de changer les choses. Quand c'est le cas c'est ce qu'on appelle le conservatisme et ce dernier peut dévier sur la pensée réactionnaire. Lisez certaines interview de Jack "C' était mieux avant" White des White Stripes. C'est le premier a déclaré que l' histoire patine et que fait-il? Toujours la même rengaine et en plus de pire en pire au fil des années. Ariel Pink quant à lui devait être l'élève rêveur du fond de classe qui se demandait où nous mènent toutes les sempiternelles récitations des fables de La Fontaine . Je disais "malgré les apparences" à propos du rôle de rénovateur de Pink. Pourquoi? Parce que la musique de Pink fait daté quand on la découvre. Des transmissions radios du passé qui reviennent sur terre déformées par un long périple à travers l' espace. Une musique tellement imprégnée de nostalgie qu'il a lui-même affublé son travail du terme de "Rétro-licious". Un pote m' a dit un jour que c' était "kitch!" et il avait en partie raison .Et c'est ça le grand paradoxe quand on ne va pas au fond de la pensée d' Ariel Pink et qu'on ne s' arrête qu' aux apparences de "Round & Round". Ce goût pour le passé interroge notre présent. C' est Kitch et révolutionnaire. Kitch ? Oui. On y trouve toutes les époques et en plus pas toujours des choses faciles à assumer en société. Et c'est justement ça aussi qui différencie un Pink de la majorité des groupes indie qui cartonnent de nos jours. Il apporte un sacré coup de balais dans le petit monde indie ultra référencé. Tout le temps les même références. Avec Pink c'est pas toujours du tout premier choix reconnu par les ouvrages du style "les 1001 disques qu'il faut écouter" ou "Le rock Indie pour les nuls". En agissant de la sorte il évite de tomber dans les travers du savoir encyclopédique "officiel" et la sanctuarisation qu'à entraîner le flux d' archives musicales d' internet. Ce même flux qui par sa taille a tendance à étouffer l' imagination . Les gamins perdus dans cet océan sont tentés de s' accrocher et d'utiliser qu'un petit nombre de références institutionnalisées et limitent ainsi la diversité et la prise de risque nécessaire au renouvellement. Ariel Pink ferait-il les poubelles de l' histoire? Oh que oui et sans gènes en plus. Mais ce n' est pas qu'une simple forme de snobisme. Il s' intéresse à toutes les musiques et pas que "l'histoire officiel". Écoutez "Mature Themes". La fin prog-rock de "Early Birds of Babylon", "Live it up" et ses relents de musique publicitaire. Parfois même certains trucs pourraient servir de générique pour les sitcom des 70's-80's. Tout est bon. Et le truc c'est que ça marche. En interrogeant notre mémoire auditive Ariel Pink affirme qu'il n'y a pas que les amours assumés qui ont pénétré notre subconscient . Toutes les musiques entendues l'ont pénétré et influencent encore nos goûts. Un fan indie vous racontera que son adolescence a été bercée par la voix de Morissey, les La's, le Velvet etc. C' est vrai mais pas uniquement. Les jingle radio et télé, la muzack des ascenseurs et des supermarchés, les hits du Top 50 de notre adolescence, la voix de Chantal Goya. Certains journalistes (Wire magazine) parlent à juste titre d' asservissement à la musique. Un asservissement inconscient qui commence dès la petite enfance.Êtes-vous vraiment sûr que ce n'est qu'en écoutant "Spaniard" des Boo Radleys (http://www.youtube.com/watch?v=BxxIbfye31Q) que votre oreille s'est formée et habituée au timbre particulier des trompettes? Peut-être que vos parents écoutaient eux aussi dans les 70's Georges Jouvin. Georges Jouvin?: http://www.youtube.com/watch?v=UZdG2skZS5o Êtes-vous sûr qu' au cours de vos soirées de trentenaires et de quadra c'est que par ironie et nostalgie surjouée que vous vous assénez Corinne Charby ou Steph de Monac ? C'est peut-être bien aussi parce que ça vous fait du bien? Autant qu' en écoutant les vénérables "Sunday Morning" ou "Blue Monday". Ariel Pink admet sans hontes que lui aussi est asservi à la musique de son enfance. Aux sons, à la productions, aux instruments alors à la mode. Le dernier titre de "Mature themes" est une reprise. Et pas la reprise d'un sommité indie ou pop. Il date de 1979 et ne sera jamais classé dans le top 70's de Pitchfork. Mais par contre il est moins question ici de son inconscient et d' asservissement mais plus d'une passion musicale purement désirée, recherchée. Il a parfois défini ses chansons comme des pastiches et c'est peut-être l'une des idées les plus importantes à avoir à l' esprit quand on écoute le type. Il y a une énorme différence entre un pastiche et la simple copie.Le pastiche peut comporter certaines notions artistiques. Pink fait-il du post-modernisme? Oui mais un post-modernisme qui a la qualité rare de nos jours de ne pas servir de cache misère au manque de personnalité et à la non volonté d' évoluer. Comme Thurston Moore disait de Merzbow, Ariel Pink "c'est un courageux.Il monte aù front". Ce type par nostalgie d' une époque révolue a ouvert de nouvelles portes et chose hallucinante Ariel Pink a réussit à ré-enclencher la marche avant. D'autres ont suivi ses pas . L'hypnagogic-pop tant traitée dans ces pages c' est lui . Ces mélodies baignant dans une purée de sons abstraits lo-fi rappelant le psychédélisme et pouvant postuler au titre de filles illégitimes coté musique du shoegaze et du post-rock ( les deux derniers courant novateurs indies) et coté art contemporain de DADA , des surréalistes et du Pop Art. John Maus(son faux frêre),James Ferraro("je voulais reproduire les sons que je percevais dans ma chambre quand j'entendais la radio à travers la porte fernée"), Oneohtrix Point Never, Pocahaunted, Sun Araw,Mark Mc Guyre, Rangers, Gary War, Holy Other, Maria Minerva, etc etc. Tous sont des enfants de Pink. Et pas seulement * (Cf à la fin de l' article). Ariel Pink nous donne également un sacré coup de pied au cul. On ne peut plus se contenter d' écouter un Black Keys et les White Stripes ou faire comme The Smiths en se contentant de dire, "c'est bien foutu". Oui ça l'est. Oui c' est jouissif et puissant parfois. Mais ça reste qu'une resucée de ce qui a été fait. Ce n'est pas de l' expérimentation. Pour le beau Ariel l' expérimentation est un état d' esprit résumé dans cette phrase : "La musique est une question à laquelle il faut répondre. Cette question a toujours été présente jusqu'à un certain moment où elle a disparu". Les yeux dans le rétro par hantise du futur n'est pas une réponse. Et le futur tant craint justement? Et bien faut juste l' écrire pour qu'il soit meilleur. Il faut croire en lui. Ce n' est pas surprenant que Pink et d' autres (Emeralds) donne dans le rétro-futurisme. Une musique porteuse dans les 70's et 80's d' espoir. Il nous donne envie de redécouvrir l'inconnu et peu importe si le milieu indie et le mainstream ne se posent plus la fameuse question. Laissons les patiner. Continuons ce que nous faisions autrefois. Rappelons-nous pourquoi nous écoutions de l' indie music. Explorons les marges à la recherche de la nouveauté sans oeillère. Découvrons le matin la nouvelle musique issue des ghettos de Chicago (la footwork), passons logiquement ensuite l' après-midi à disséquer le coupé-décalé d' Afrique Centrale en se souvenant du frisson ressenti lors d'une rencontre avec la diaspora Ivoirienne d' Angoulême et on terminera par un bon drone des Yellow Swans (Pete Swanson). Si bien sûr on a pas plongé dans l'univers noisy de Merzbow d'ici là. Avouez que c'est plus passionnant et revigorant que la sempiternel indie-music des 80's et 90's. Avec lui il s' est passé quelque chose de fort. Quelque chose d' important. De vital. A titre personnel j' ai revécu des moments de ma vie de passionné que je croyais définitivement ancrés dans le passé. Cette époque magique de la musique ou sa découverte allait de paire avec l'innovation conjuguée au présent et pas seulement au passé. Je repense à tous ces moment en sa compagnie et celles de ses suiveurs déjà cités plus haut.Toutes ces soirées passée dans la pénombre de mon appart de quadra avec le casque sur les oreilles. Je me suis remis à y croire. Je me retrouvais là comme un gosse a décortiquer les disques qui ont précédé "Before Today", les"Worm Copy", "The Doldrums", "House Arrest" . A résister pour ne pas me mettre à danser seul dans le salon et réveiller ainsi l'amour de ma vie et la boule de poil qui partagent ma vie. A ne pas beugler mon effarement devant ce monstrueux "Trepaned Hearth". Un morceau épique et révolutionnaire digne du "Mc Arthur Park" de Richard Harris, du " " des Beatles, du "Good vibration" des Beach Boys ou que sais-je encore comme "classique". Je n' étais pas à la quête de mes vingts ans. Non, je redécouvrais l' émotion ressentie et l' intense sensation quand un jour je suis tombé sur ça http://www.youtube.com/watch?v=eGPhUr-T6UM. Ou sur ça http://www.youtube.com/watch?v=vDK2svrGG_c. Cette étrange et bouleversante sensation. Un mélange de joie, de peur, de désir, de malaise,d' incompréhension puis au final de PLAISIR!!!.Le plongeon vers l' inconnu sans possibilité de revenir en arrière. Je reconnais que rentrer dans l'univers d' Ariel Pink c' est pas du gâteau et qu'en plus on peut passer un peu à coté de l' essentiel en ne s' attachant qu'à ses réels talents de compositeurs et de chanteur avec sa ligne clair inaugurée depuis "Before Today". Le byrdsien "Only my Dreams" pour la cuvée 2012. Mais ses autres disques à d' autres moments rappellent aussi ces grands disques révolutionnaires du passé qui ont divisé les avis. Cette catégorie d'oeuvres singulières qui en ont dérouté plus d'un. Celles des Coltrane, Captain Beefheart ou My Bloody Valentine en son temps. Je comprends la frustration ressentie par certains devant le son crado de ses premiers disques enregistrés à la sauce lo-fi . De gargantuesque fourre-tout composés de chansons sidérantes aux mélodies majestueuses noyées dans une bouillie brumeuse de réverbérations. Écoutez bien ces disques. Les "Doldrums", "Worn Copy" . Analysez bien les caractéristiques d'une production qui peut sembler pourrie mais où réside l'intérêt d' Ariel Pink. Le son est plats, les tonalités graves sont atténuées et on ne voit surnager que les gammes du milieu. Les sonorités sont fuyantes et les compos sont truffées d' incohérence stylistique. Dans une même chanson une mélodie incongrue tape l'incruste au milieu d' une autre. Ce n'est pas un pure hasard. Ariel Pink explique qu'il a voulu recréer les premiers amours pop de l' enfant qu'il était. Nos premiers amours adolescents. Des amours rencontrés via les stations radios de la bande am , l' oreille collé au transistor. Et qu' arrive-t-il parfois quand on écoute la radio? Des interférences surviennent. Ariel pink ne les a pas oublié d'où les fameuses mélodies incongrues et la présence de jingle et d' extrait d' émissions. A l' heure d' internet la radio comme Thème nouveau d'inspiration? Y a pas un groupe qui ne cesse d' en parler dans ces interviews actuellement? Et si ! Animal Collective à propos de son récent "Centipede Hz". Ariel Pink fait ça depuis 2002. Le bonhomme nous vient de Beverly Hills et est issu d' un couple divorcé. Il est passé par des écoles d' art et l'université d'où il a gardé la notion de concept artistique. Chose essentiels dans l' histoire de la musique mais souvent négligée au profit de la caricature("sex, drug & rock'n'roll"). Le jeune Ariel est très vite un obsessionnel de la pop musique. Un geek musical. L' équivalent musicale d'un Quentin Tatrantino dans sa boutique de location vidéo. Une véritable éponge qui absorbe tout. Un fana de toutes les pop musiques ! Sans discriminations ni a priori. Il peut tout aussi bien écouter du rock, de la pop 60's et du Mickael Jackson que de la pop d' URSS ou d' Ethiopie des 80's.C'est un enfant d'internet en matière d'influences artistique mais pas seulement. Il est aussi le fruit du nouveau mode de consommation de la musique que la révolution numérique a entraîné. L' époque ou un disque s' écoutait du début à la fin est fini. C'est le règne du mode shuffle. On passe d'un artiste à un autre très vite. D'un genre à un autre sans tenir compte des frontières géographique, sociales ou chronologiques. Bien sûr beaucoup d' autres artistes disent ça aussi mais avec Pink on en prend réellement conscience qu'à son écoute. Au début des 2000's il se met à enregistrer ses chansons dans sa chambre avec les moyens du bord. Par manque de moyen probablement mais aussi par volonté artistique affirmée contre le système industriel du monde de la musique. "Par rébellion" dit-il. Pour lui le mode Lo-fi permet beaucoup de choses. C'est pas pour rien que le jeune Markus Rosemberg vénère l'un des chantres du lo-fi, R Stevie Moore http://en.wikipedia.org/wiki/R._Stevie_Moore Selon Rosemberg avec la lo-fi, l' amateurisme, le faible niveau technique et les erreurs qui en résultent permettent l' expérimentation qui seule est capable de faire progresser la création musicale. Pour lui ce n'est pas nécessaire de savoir chanter ou maîtriser un instrument. Ce qui est utile c' est de domestiquer l' enregistrement. Le studio est l'unique instrument à connaître. Brian Eno doit applaudir à deux mains. Encore selon lui c'est cette notion qui a totalement disparu depuis les 90's et qui apporté le statu-quo et le revivalisme triomphant décrié plus haut. Donc au début des 2000's Ariel Pink enregistre seul ses titres dans le quasi anonymat et sort à un rythme effréné des albums prodigieux de recherches et de trouvailles sonores en tout genre. C' est le fruit d' un travail en vase clos où toutes les parties instrumentales sont de ses mains et enregistrées sur une simple table de mixage 8 pistes.Le songwritting est déjà quant à lui fabuleux. 2002: "FF>>", "House Arrest" et "Lover Boy". L 'énorme "Worn Copy" en 2003, "The Doldrums"2004,"Scared Famous" et "Underground" plus tard . Et puis...Plus rien pendant 5 longues années. La légende veut que le début de la reconnaissance commence par une cassette DAT retrouvée sur le sol du tour bus des Animal Collective. Les Animaux craquent et s' ensuit en 2005 des rééditions sur leur label PawTracks. Pink se fait aussi des copains avec qui il collabore. John Maus, Gary War. Il joue également dans Holy Shit aux cotés de Christopher Owens(Girls). Ariel Pink décide ne plus se la jouer en solo et monte autour de lui ce qui va devenir Ariel Pink Haunted Graffiti. Les débuts sont laborieux mais il se décide enfin de passer par un vrai studio et quitte Paw Track pour 4AD. Il se calme un peu sur les expérimentations et c' est ainsi que "Before Today" voit le jour 2010 et l'influent Pitchfork fait de lui une star indie. "Mature themes" déboule à présent. Beaucoup disent qu'il s'agit d'un retour à son époque lo-fi. Oui et non. Et si c' était une sorte de préquelle pour le nouveau public drainé par "Before Today"? Pourquoi pas. La ligne claire est bien représentée avec les deux tueries "Mature themes" et "Only my dream" mais on trouve aussi tout ce qui fait l' intéret de "Worn Copy" et "Doldrums". Le rigolo "Schnitzel", les mélodies incongrues au milieu d' une autre avec le magnifique "Symphony of the Nymph", les musiques de spot publicitaire de "Is this the best spot?". Son amour pour la pop éthiopienne repointe son nez avec réussite sur "Driftwood". Les claviers sont encore plus présents et leur aspect new wave rappellent Cure en version moins cul-sérré que l' original . Plus psychédélique que gothique. L' hypnagogic-pop est bien représentée avec l'opiacée "Nostradamus & Me". L'aspect Kitch-rétro de Pink est toujours là mais contre-caré par le psychédélisme et la vision kaléidoscopique qui se dégage de l'ensemble. "Mature Themes" est comme ses prédécesseurs une mosaïque formée par des tonnes et des tonnes d'idées. Bonnes ou mauvaises peu importe. Un disque d' Ariel Pink est toujours un grand voyage où on en prend plein les yeux. Que ce soit sur autoroute ou sur des chemins abandonnés cahotiques. Ariel Pink a remis dans la pop-music et le rock ce qui leur manquait tant. Ce qui fait que The Velvet Underground, Wire, Bowie/Eno, Autechre, This Heat, Throbbing Gristtle et d' autres sont de grands groupes et pas seulement pour leurs capacités technique ou vocales et leur songwriting. Le concept artistique! *L' hypnagogic-pop fille d' Ariel Pink? Assurément. Et quelle progéniture ! Quel déscendance ! L' hypna-pop et tout ce qu'elle a engendré ou annoncé. Rendez-vous compte de tout les courants que ce type seul dans sa chambre a provoqué directement ou indirectement. La chillwave (Neon Indian, Toro y Moi,Washed Out, Com Truise Ducktails, Teen Daze, Washed Out), la Witch House (Salem, Zola Jesus, Balam Acab,oOoOO, Holy Other, Amanda Brown du label Not Not Fun et de LA Vampire), l' Hauntology (Leyland Kirby aka Caretaker, Demdike Stare, Vatican Snare) On peut même retrouver l'influence d' élément hypna-pop dans un style pourtant opposé à première vue. Des anciens de l' hypna se retrouvent ainsi assez souvent dans l' indie-beach. Ces mecs ont abandonné la production lo-fi dronesque de l' hypna-pop et l' expérimentation dont elle était porteuse et se sont retrouvés ainsi à reproduire quelque chose de très ressemblant à la Beach music californienne des 60's (Brian Wilson et Phil Spector) et ce, en cherchant simplement des conditions d'une production meilleure. Ariel Pink en tête d'ailleurs(sa ligne clair), mais aussi des membres de Real Estate, de Best Coast (une ex Pocahaunted). D' autres toujours dans l' indie-beach et n' ayant pas participé à l' aventure hypna en ont incorporé dans leurs oeuvres . Et pas des moindres, Panda Bear, Wavves, Beach House. Même chez le simple auditeur Pink a changé quelque chose. Ce gôut réaffirmé pour l' expérimental ça vient un peu de lui. Ecouter à nouveau de l' électro IDM (Actress, Flying Lotus), ne pas tenir compte de l'outrance du maximalism (Rustie), l' ambient de Tim Hecker, du hip hop aventurier(Shabazz Palaces,). Bref , tout ce qui fait de NEUF!!!
- En passant : Maria Minerva, troisième
La belle estonienne nous revient avec son troisième album en à peine deux ans. C'est son plus abouti et déjà pour moi le préféré. Si vous avez raté les épisodes précédent c' est ici que ça se passe : http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/01/belles-du-seigneur-l-hypnagogic-pop.html Alors il est comment le "Will happiness find me" de la Ariel Pink au féminin? Je sais. Ce leitmotiv va revenir souvent à travers les chroniques mais la bénéfique maltraitance que fait subir Ariel Pink à la pop est bien la même chez l' estonienne sauf que cette fois c' est l' électro qui la subit sans ménagements. Elle aussi à l' instar du fou californien va piocher dans les poubelles de la dance-music sans discernement pour offrir finalement une musique qui semble venir de nulle part et qui nous veut que du bien. Et puis il y a toujours cette voix lointaine à laquelle il fait bon se raccrocher . Trois albums au compteur et je ne m'en lasse toujours pas. Si le monde est un cauchemar alors Maria Minerva comme nos mères pendant l' enfance a le don de nous chuchoter à l' oreille pour nous faire sortir de ce sommeil agité et tomber aussitôt dans de majestueux songes. Le son est un poil plus propres que ses précédents LP mais le charme opère encore. Les éléments pop se font plus présents et il peut même arriver qu'un phrasé rap surprennent les habitués Parfois des samples tombés de nulle part nous cueillent et amènent un peu plus d' étrangeté à l'ensemble.
- En passant: Holy Other
J' ai récupéré le premier album de Holy Other depuis quelques jours et depuis, je ne cesse de m'y plonger. Rappelez-vous la semaine dernière. D'après les médias la France a subi une très forte vague de chaleur. La Canicule était de retour sur le territoire. Sur toute la France? Non ! Pas chez moi. Merci Holy Other pour son grand premier album "Held". Mais qui est Holy Other à l' état civile? On sait très peu de chose de lui et pourtant depuis 2010 et son deuxième ep "With U" chez Tri Angle c'est un ami proche. Très proche même. Petit rappel sur le fantastique label Tri Angle spécialisé dans la Witch House ici . Sa ville d' origine ? Manchester ! Autre petit rappel pour les amoureux de la ville ici . Son véritable nom? Un mystère. Sa Dark Ambiant sou poudrée de dubstep nous ramène à l' ère des glaciations. Mais attention. Si à la première écoute on ne relève que les paysages désolés d'une carte postale sonore les suivantes vous taquinent l' épine dorsale et c' est tout votre corps qui est touché. Son emploi de voix adultes et enfantines à contre-courant dans l' electro-dark touche profondément. C' est bien une musique froide mais une musique qui fait dans l' affectif, le sentiment. Le travail en lui même d' Holy Other fait preuve d' une sensibilité rarement croisée ces derniers temps. C'est un travail de précision tout au long de l' album. On se rappelle les premières fois avec Board of Canada. Si musicalement le rapport avec les écossais est éloigné l' effet ressenti à la découverte de "Held" est de la même intensité.Il a élargi sa palette sonore depuis "With U" et tutoie les sommets comme le prouve ce dantesque "Love Some1". Peut-être le morceau par lequel il faut commencer pour découvrir le bonhomme. Une succession de nappes de plus en plus épaisses et nombreuses qui vous élèvent très haut et qui sans crier gare vous laisse suspendu dans les airs. Comme en apesanteur. Avec l' Actress "Held" est assurément l'une des réussites électroniques de cette année.
- Route du rock 2012
La 22 ème édition de la Route du Rock qui s' est clôturée Dimanche soir aura été un bon cru. Certainement pas l'une des meilleurs années mais tout de même une édition plus que correct même si il manquait peut-être la surprise que seules les grandes années offrent.L' ensemble des groupes ont confirmé ce que l' on attendait d' eux et ce que j' avais écrit précédemment (ici). Avant d' attaquer le cas par cas adoptons une vue d' ensemble des différents concerts et essayons de voir si la RDR avec sa programmation défricheuse et aventureuse colle encore à son époque comme par le passé et peut permettre de décrypter les soubresauts que la musique connaît ou connaîtra. On peut dire que oui. Cette année j' ai beaucoup passé de temps à observer les réactions du public et ce fut très intéressant. Presque autant que les concerts en eux même. Au final très peu de groupes ont fait l'unanimité et certains ont parfois révélé un certain clivage parmi les spectateurs. J' ai de très bonne nouvelles. Primo, le revivalisme fait de moins en moins d' adeptes. Une certaines lassitude s'est installé devant les redites. Parfois à raison (Hanni El Kathib), parfois à tort (Savages). Deuxio, le public de la RDR est vraiment un public à part dans l'univers des festivals d' été. J'en veux pour preuve la forte affluence pour la musique hors des chemins balisés de Colin Stetson. Tercio, la vieille Europe est dans les choux et l' Amérique donne le La. Et c'est encore plus visible à travers les médias spécialisés. Heureusement que Savages sauve l' honneur. Il faut peut-être préciser justement que Savages, formation franco-anglaise et une des révélations 2012, a d' abord été repéré par des blogs ricains et c'est qu'une fois que Pitchfork a abordé le sujet que le buzz est monté en Europe. La presse européennes ne sait même plus repérer les nouvelles tendances et évolutions qui existe en ses terres et se révèle être totalement à coté de la plaque. Enfin et surtout, elle fait preuve d'une énorme frigidité en matière critique et d'un aveuglement total. Encenser des groupes à la musique facile mais vite périmée semble être son truc. Breton et Alt J nous ont prouvé que, malgré les superlatifs à tout va et le battage exagéré, si musicalement ça le fait pas ça finit toujours par se voir. Et ça s'est vu terriblement dans leurs cas. Attaquons d' abord ceux que l'on oubliera avec un peu de chance. Les trois déjà cités, Alt J , Breton et Hanni El Kathib. Pour les premiers on peut argumenter leur jeune âges mais franchement je cherche encore ce qu' a cette musique. Leur prestation était hésitante, une ou deux chansons et c' est tout. Qu' ont-ils à nous raconter ces jeunots? Rien. Et dire que certains les comparent au grand Beta Band en matière d' audace. Ils ont du confondre avec Django Django. Ces derniers méritaient amplement leur place sur la grande scène . Alt J ne fait jamais preuve d' audace et si celà en est c' est juste du light pour adolescent pré-pubère. Breton. Quoi dire sur Breton. Ont-ils eut du succés? Oui un petit peu. Faut dire que les occasions de remuer des fesses étaient rares cette années et passer à l' heure ou le taux d' alcoolémie bat tous les records dans les premiers rangs y aide. On est moins regardant avec le trop plein de houblon. Que ces types nous pondent une musique clipée assez superficielle n' est pas étonnant. A l'origine elle était juste faite pour accompagner les courts métrages du collectif. Pourquoi est-elle devenu propice aux superlatifs chez la plus part des critique rock en Europes? Un vrai mystère. Prenez le moins bon de Klaxon, le caricatural des Foals et une touche d'Hot Chip sur le retour et vous avez le triste résumé. Et je vous parle à peine de leur agaçant chanteur. Le roi de la démagogie avec son public. Entre un : "ça fait dix mois que l'on attendait ça" et avant chaque morceaux le vulgaire "c'est cadeau pour vous" je me suis demandé si c' était pas le fils caché de Bono et de Céline Dion. Heureusement que Stephen Malkmus a prouvé le lendemain que l'on pouvait parler entre les morceaux sans tomber dans le ridicule et le sirupeux. De toute façon si je vais voir un concert c' est pas pour me faire cirer les chaussures ou me faire caresser dans le sens du poil, je préférerais toujours le naturel et l' honneteté. Même si c' est glacial. Plutot Hope Sandoval silencieuse dans la quasi obscurité que Patrick Bruel qui me taille une pipe sous les projecteurs. Et Hanni El Kathib dans tout ça? Rien sauf une question. Pourquoi lui et pas un autre? Parce que en matière de musique c'est du vu mille fois et au final j'ose juste espérer que ce qui a poussé la presse française à le sortir du lot n' est pas tout simplement le gôut pour un exotisme nauséeux par ses origines ethniques râres dans le genre rock garage. Des groupes comme lui il y en a exactement 145967 à travers le monde. J'en suis sûr, je les ai compté. A présent les claques-révélations de 2012. Savages. Les doutes ont été vite dissipés. Jenny Beth est l' antithèse de ceux que j' ai étripé précédemment. Il faillait voir ce putain de regard pour comprendre que tous les Alt J et Breton de la terre ne sont que du vide. Oui, elle ressemble à la fille cachée de Siouxie et Ian Curtis avec sa coupe de cheveux et sa gestuelle. Oui, sa musique ressemble fortement à tout ce que j' adore, Pop Group, Swell Maps, Raincoats, The Slits. Oui c' est du revivalisme. Bien sûr que celà en est. Mais un putain de revivalisme bien dans notre époque. Le post-punk joué et vécu comme ça aura toujours sa place dans toutes les époques de l' histoire. Je ne sais pas si sur disque ça le fera dans quelques mois mais j' ai savouré chaque minute du concert. J' ai été retourné par ce que dégageaient ces quatre filles ce soir-là. L' urgence, l' authenticité, la puissance. Elles vivent leur post-punk et ne se contentent pas faire à la manière de. Musicalement ce qui marque c' est la fluidité avec laquelle chaque titre emporte tout sur son passage et l' expérimentation que recèle certaines compos quand on y regarde de plus près. Révélation du festival. Autre claque, autre continent et autre révélation. Willis Earl Bear. Un type qui a vécu dans la rue se pointe face à nous avec "Nobody" inscrit sur son t-shirt. Tout est dit. Plus rien ne sera comme avant. Il appuie sur la touche lecture d'un antique magnéto pas vu depuis les cours d' anglais de Madame Freissange au collège d' Objat début 80's. La musique part et le looser des uns devient un héros magnifique pour d' autres. Un sauveur. Tour à tour percutant, planant et déchirant le set du type restera gravé dans ma mémoire. Tout comme Savages Willis Earl Bearl n' essaie pas d' être un autre ou une époque révolue. Il est lui même.Il est 2012. Il est tout ! Certains vieux bougons ont pesté contre le système scénique rudimentaire du bonhomme rappelant celui de John Maus. Les cons. De toute façon Willis s'empara sur un morceau de sa guitare pour nous pondre un vieux blues et leur claquer le beignet. Magnifique. Et que dire de ce carambolage entre cette electro-shoegaze-drone et sa soul déchirante. Un pure fantasme. A suivre...
- Manchester 2012, quoi de neuf ?
On a beau faire, on a beau dire, on y revient toujours à cette putain de ville. Bien sûr que Manchester 2012 c'est pas Manchester 76 et encore moins Madchester 88, mais que voulez-vous? C 'est plus fort que moi. Serait-ce de la nostalgie de se tourner encore et toujours vers cette foutu ville du Nord de l' Angleterre? Oui, un petit peu. C'est aussi par affection et parce que l'on sait ce que l'on doit aux berges du Mersey et qu' avec ces types-là c' est quand tu ne t'y attends pas que déboule le coup de boule. Depuis deux ou trois ans la ville s' est enfin remise de la grande fiesta 90's et du monstre Oasis. "Mersey Paradise" qu'il disait Ian Brown. Existe-t-il encore ce paradis salvateur pour bon nombre de fans de musique? Oui. De nouveaux noms apparaissent. Il y a toujours cette vitalité que bon nombre d' autres villes pairaient cher pour la posséder. Je ne suis pas dupe de moi même. Si les groupes de cet article n' avaient pas pour origine la ville voisine de Liverpool m' intéresserais-je à eux ? Pour certains d' entre eux oui. Pour d' autres probablement pas. Le mainstream ne vous parle en ce moment que de la reformation d' un quatuor mancuniens légendaire. Il faut de l' obstination pour ne pas tomber dans la nostalgie tellement ce groupe a compté. Oublions les 300 000 spectateurs imbibés de l' Heaton Park (reformation des Stone Roses) , préservons nos plaisirs de jeunesses, vivons dans le présent et l' avenir. Pour commencer l'un des albums de la rentrée en provenance de Manchester . DWTN piaffe d' impatience depuis le fabuleux "With U" de 2011 et Holy Other va faire parler de plus en plus . J' ai déjà fait l' éloge du fabuleux "With U" ici . Frisson toujours. Vous voulez une voix capable de vous faire trembler et une musique qui fait traverser la désolation des grandes villes et au final atterir sur un dancefloor surchauffé. Marque de fabrique de l' histoire mancunienne. C' est la "claque" Moses Gold qu'il vous faut ! A Manchester les traces de l'industrie sont encore bien présentes. Je ne parlerais pas ici de Demdike Stare tellement je l' ai tant fait par le passé. Peut-être un futur article rien que pour eux? Ce groupe énorme le mérite amplement mais abordons ensuite un jeune groupe très proche d' eux par une musique aventureuse, TVO. Si on parle bruit industriel on peut penser aussi shoegaze et noise. Ces deux styles dans leur version made in Manchester n'ont pas trop fait parler d' eux. Et bien ce n'est plus le cas avec les très bons The Louche. Je vous avait parlé des Money devenus Meke Menete ici . Ils nous étaient apparus en même temps que Wu Lyf. Même peut-être avant si je me souviens bien. Si ces derniers ont su faire parler d' eux Meke Menete n' a pas bénéficié du même buzz. L' album se fait attendre mais cette beauté nous fera encore patienter des années si il le faut. Il y a aussi un autre qui à l' instar de Money avait changé de nom et nous fait patienter depuis 1 ou 2 ans. Quelques titres par-ci par là, des prestations réussies , un ep en Avril et la BO d' un film expérimental. Christian Aids tarde à sortir un vrai album. Christian AIDS a changé lui aussi de patronyme l' année dernière pour devenir Stay +. Judicieux pour éviter un malheureux amalgame avec une saloperie trop bien connue de tous (Acquired immune deficiency syndrome) mais très mauvais pour que le buzz vous concernant se maintienne comme ce fut le cas pour Meke Menete/Monet.Voici le film en question où l'on entend pas mal de ses compos et un de ses singles à la suite.On est ici dans la catégorie musique pour dancefloors givrés. Restons encore un peu sur les décombres de l' Hacienda et goutons du UK-garage des XXXY qui a à son actif 2 ep pour 2012 et remémorons nous son "Ordinary Thing" de 2010. Stay + tourne souvent avec les jeunots de Water Signs. ça tombe bien, ils sont aussi de Manchester et font parfaitement le pont entre Stay + et Meke Menete/Money. Entre le dancefloor et la fausse froideur à la Ian Curtis. Manchester ville de Ian Curtis. Oui, mais aussi celle de ce bon vieux gros Morissey. Il nous fallait bien un truc qui y fasse penser. Voici "Rhein" de Father Sculptor. Morissey, Ian Curtis, l' Hacienda...Ne trouvez-vous pas qu'il nous manque un peu de féminité dans ce monde de brute? Oui mais seulement voilà. A Manchester les jolies jeunes filles sont différentes de ce que l' on pourait imaginer ailleurs. Il n'y a qu' à Manchester qu'un groupe de fille peut-être tenté de faire une musique austère digne des oeuvre du mysogine Mark E Smith. Pins qu' elles s' appellent. Aussi belles que les Dum Dum Girls mais bien plus portée sur les trippes de la nature humaine que sur le soleil, la plage et les surfeurs. Le climat y est pour quelque chose certainement. Les groupes passionnant pulullent à Manchester et il y en a pour tous les goûts. Hurts(mouais), Delphic(oui!), Egyptian Hip Hop, les très bons D/R/U/G/S et Star Slinger, les pathétiques Ting Tings, la dance cool des No Ceremony,etc etc. Finissons en beauté avec D/R/U/G/S et les trucs bizarroïdes de Star Slinger qui nous avait épaté en 2010 avec son homage à Liz Phraser et Cocteau Twins pour ensuite nous réchauffer début 2011 avec son micro-tube "Mornin'" .
- 48° 56' 88'' N , 1° 92' 57'' O.: Route du Rock 2012
Revue des effectifs et prévisions météo. Ça commence à sentir bon. Le meilleur des festivals d' été se rapproche à grands pas et c' est le moment que Dance With The Noise choisit pour délaisser la série abordant les éditions précédentes et se pencher sur la future 22ème édition de la Route du Rock. Prenons connaissance par ordre chronologique de ce qui nous attend. Les probables révélations, les prévisibles déceptions (rares) et les confirmations . Les premiers titres entendus dans l' enceinte du fort donne toujours le ton de l' édition à venir. J' ose espérer que cette année le "Analog Wheel" des Yeti Lane nous emportera très loin et que ces derniers confirmeront tout le bien que l'on pense d' eux . Ils peuvent aisément prétendre être l' une des meilleurs formations musicales dans l' hexagone avec ses influences krautrock bien digérées. Yeti et certains autres artistes français présents cette année vont apporter la preuve irréfutable que oui c'est possible ! On peut produire une musique passionnante en France mais seulement quand on fait preuve de courage en abandonnant la copie des formations étrangères pop-rock et le format songwriting classique pour prendre la porte de sortie que représentent des musiques plus aventurières (souvent le krautrock). Juste après le groupe de l' ex de Cyan et Ben déboulera l'un des buzz du moment. Alt J. J' ai écouté l' album sorti en Mai et j' avoue n' attendre pas grand chose. Une fois passé la stupeur provenant de l' habituelle disproportion entre les louanges lues et le résultat on tentera de se laisser convaincre sans trop y croire. Deux ou trois bonnes chansons repérées sur l' album mais surtout une musique mille fois entendue et d' un classicisme désarmant. Une musique faite de l' assemblage de pleins de choses elles aussi trop entendues ces dernières années et au final un truc qui me parait totalement aseptisé, coupé de notre époque, juste une belle bande-son pour un apéritif dînatoire de bobo. C 'est avec un petit peu le même état d' esprit que j' assisterai à la prestation de Patrick Watson. Son live dans le Palais du Grand Large nous avait emballé en 2007 et puis ce fut une succession de petites déceptions avec les deux derniers albums. On suivra tout de même de près le live en souvenir de 2007 et on espérera que le gigantesque saxophone de son pote Colin Stetson apparaîtra sur scène pour une collaboration scénique teintée d' expérimentation. L' expérimentation et le goût du risque, ce qui manque peut-être le plus à Watson, Alt-J et les autres appréhensions pour 2012 décrite plus loin. La suite se révélera bien plus prometteuse. Le Roi de France himself nous rendra alors visite pour la première de ses deux représentations. Certains diront "Encore Dominique A à la route du rock" mais après 20 ans de carrière pourquoi a-t-on toujours la même impression ressentie un certain soir du début des 90's en écoutant Bernard Lenoir et si bien décrite en une seule phrase dans un forum cette hiver , "en France on a qu'un bon groupe de rock, Dominique A!" ?. Son virage vers une musique plus directe du dernier album risque bien de faire mouche auprès d' un nouveau du public. Après un roi on reste avec l' aristocratie et place à Sir Jason"J.Spacemen" Pierce pour sa deuxième RDR après 14 ans d' attente et le formidable concert de 98. Et ici aussi peu de risque d' être déçu, la claque sera au rendez-vous surtout que son dernier "Sweat Heart..." est digne du légendaire "Ladies & gentlemen...". The Soft Moon n' aura plus qu' à nous ramasser à la petite cuillère avec son post-punk noise/indus tourné vers l' expérimentation et le future. J' espérais le voir depuis son album éponyme de 2010 et il s'en fallut de peu en 2011 mais 2012 sera la bonne. François Floret le directeur de la RDR a déclaré que le groupe de Luis Vasquez était un pétage de plomb financier en matière de programmation. Je dirai plutot un caprice amplement justifié pour probablement l' une des révélations qui tient plus de la confirmation dorénavant. On finira la première journée avec le vieux Squarepusher qui, même s'il n' a plus son aura des 90's, mérite toujours que l'on s' attarde sur l' idm de cet avatar schizo d'Aphex Twin en espérant un set autant intègre que celui de Richard D James en 2011. J' oubliai un autre concert sur la petite scène ce premier jour mais étant de bonne humeur et désirant le rester je n' aborderai pas le cas de Civil Civic. Chronique-t-on les fast-food dans le guide Michelin? Non, alors cette resucée de Sonic Youth version 00's juste bonne à faire tituber un peu plus les fêtards ivres au fond d'un bouge Haut-Viennois ne passera pas par moi. Reconnu qu'en France et en Italie, c'est tout dire, cette musique me fait parfois penser à une sorte de bastard pop sans âme faite avec des instruments. Le Samedi commencera au Palais du grand large après la flânerie annuelle sur la plage Bon Secours qui se révèlera cette année particulièrement intéressante avec un mix signé du courageux et adoré label La Station Radar.Faute de la magique Je suis le petit chevalier, on ne peut pas tout avoir, l' artiste qui les représentera sera Ela Orleans sans qu'on y perde beaucoup. A voir. Memoryhouse essaiera ensuite de nous convaincre qu' ils ne sont pas que des Beach House de deuxième division et puis ce sera le retour du Roi de France pour sa relecture du plus grand album français de ces trente dernières années, "La Fossette". Je suis toujours sceptique sur la démarche à la mode qui est pour certains artistes de reproduire en live et dans son intégralité leurs chefs-d'oeuvres d'antan mais j' avoue que je ne cracherai pour rien au monde sur l' occasion et d' après ce que l'on m'a dit, la magie de 1991-92 reste intacte. Retour au fort avec une autre bonne surprise française de l' année 2012, Egyptology. Juste histoire de renâcler, c' est plus fort que moi, j' aurai préféré voir les formations plus aventureuses et qui ont précédé les françaises dans le retour de la Kosmische Muzik (krautrock). Je pense à Emerald, Mark McGuyres, Oneohtrix Point Never, Laurel Halo et bien d' autres. On avait eu Jaumet et Turzi l' année dernière dans la version française, cette année ce sera donc Egyptology et ne faisons pas la fine bouche, ilsdevraient nous ravir eux aussi cette année.Veronica Falls suivra et on dégustera tranquillou cette gentille twee-pop parfaite pour un concert en extérieur, qu'il soit pluvieux ou ensoleillé. On évitera juste de ne pas abuser et de trop tomber dans la nostalgie de nos 20 ans et croire que "c'était mieux avant". Nostalgie toujours mais cette fois-ci moins nunuche et plutot version post-punk révolutionnaire avec Savages et sa chanteuse française. Un article dans Pitchfork plus la mention "Best new music" pour son unique mais très bon single, les autres médias se contentent de suivre comme d' habitude et c' est le buzz mondial assuré. ça peut le faire à l'image du puissant "Husbands" mais cela tiendra-t-il sur la longueur d'un concert et sur celle d'un probable album d'ici peu? A voir, mais il est clair que Savages tombe pile poile au moment où la Scène Danoise remet le bon Post-punk (The Fall, Wire, Siouxie) des origines au gôut du jour avec des groupes comme Lower, Iceage ou les hypnagogic-pop Girlseecker entre autres. Viendra ensuite l'une des révélations si ce n'est La révélation RDR2012 si vous n'êtes pas bien sûr des habitués de DWTN. Lower Dens.http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/01/en-passant-lower-dens-le-retour.html. Histoire surtout pour les retardataires de découvrir certains titres de leur inaugural et trop sous estimé "Twin Hand Movement" de 2010, digne prédécesseur du génial "Nootropics". Ce sera enfin le tour de la tête d' affiche de l' édition et beaucoup de questions en suspend depuis leur premier album auront un début de réponse. Jamie et ses talents de chercheurs en sonorité vont-t-il prendre encore plus de place au sein des XX et faire ainsi évoluer le songwriting des deux autres ? Ils sont très attendus comme l'a encore démontré le dévoilement du premier morceau du prochain album et l' hallucinant raz de marée médiatique en une seule journée sur le net. Confirmeront-ils ou donneront-ils raison à leurs détracteurs. Pour une fois DWTN ne se mouillera pas tellement ce groupe est à mes yeux capable de tout, du pire comme du fabuleux. Une fois la frénésie autour de XX passée et en attendant la hype Breton ils seront moins nombreux pour Mark Lannegan. On s' y attardera tout de même juste histoire de déguster les sordides histoires de l'ex Screamming Trees et enfin de se préparer à la guerre critique et d' aiguiser nos arguments pour les polémiques d'après concerts des derniers de ce deuxième jour. ça risque d' être chaud entre les pro Breton et les antis. On sera une bonne fois pour toute fixé sur leur cas. Depuis un an on nous annonce des miracles, l' album sans attraits particuliers une fois sorti on nous a seriné que c' est avant tout un groupe de scène. Impression de déjà vu l' année dernière avec les Suuns. On y croit tellement peu que finalement la bonne surprise ce sera eux. On peut toujours rêver mais est-ce que leur truc trop peu innovant , une sorte de Block Party politique et arty, suffira-t-il? Il y aura aussi Willis Earl Beal sur la petite scène. Ce sera Le Loner de 2012 . Sa folk lo-fi rachitique teinté de blues fera-t-elle le même effet que son alter égo de l' année dernière,Dirty Beaches ? Y 'a des chances et on loupera pas l' occasion du grand frisson. Et puis j' ose imaginer les histoires bizarres que lui et Lannegan pourront se raconter backstage. Les bouteilles de Jack Daniels en frémissent déjà. On ne loupera pas Daniel Fitoussi sur la plage Bon Secours et sa musique répététive digne des grands noms adorés ici (Riley,Reich,Conrad,La Monte Young). Le Dimanche sera probablement le jour ou les amateurs de paysages musicaux inexplorés et étranges ne rateront pas les prestations sur la petite scène de la tour. D' abord l' étrange Judah Warsky (ex Turzi et Chicros) nous prouvera une fois de plus que la virtuosité technique n' est pas utile pour nous faire voyager très loin et atteindre les sommets. Il n' a composé que d'une main son album et cela lui suffit amplement pour évoquer soit un intriguant croisement entre Granddady, Robert Wyatt et du drone répététif ("Painkillers and alcohol") ou bien à d' autres moments le légendaire "Outside Dream Syndicate" de Tony Conrad & Faust avec "Asleep in a train" . Judah Warsky, peut-être l' autre grand disque français 2012 avec le Yéti Lane.Donc, l'une des probable révélations de la RDR 2012. Plus tard ce sera au tour du génial Colin Stetson avec son gros engin (comprenez un saxophone mesdemoiselles !) de nous faire décoller.Grand moment attendu depuis longtemps. J'en ai parlé précédemment ici http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/01/en-passant-colin-stetson.html Cloud Nothing sera à suivre sur la grande scène avec leur power-pop toute droit sortie des 90's . L' équivalent nostalgique version indie américaines de Veronica Falls. Donc, on goûte mais on ne s'excite pas trop, c' est juste une bonne vieille recette de mémé. Pas un truc novateur. Tiens justement, on parlait des 90's et bien je crains que le principal intérêt du public pour assister à la prestation de Stephen malkmus ne soit encore la nostalgie. Dommage car si ce n'est pas Pavement au complet j'ose espérer que lui et ses Jicks évoqueront leur méconnu "Face the true" de 2005. Dernier grand disque du bonhomme. Il sera enfin venu le temps pour l' évidence de 2012, Chromatics est un grand groupe et a sorti l'un des meilleurs albums. http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/03/en-passant-chromatics.html Et puis...Et puis!!! Nous entendrons Mazzy Star . J' ai bien dit "entendrons" et pas "regarderons". Si vous êtes trentenaire ou quadra et que le prénom Hope vous évoque pas seulement des souvenirs musicaux mais aussi et surtout des souvenirs de libido solitaire dans la pénombre d'un dortoir sachez une chose. Vous ne verrez pas Hope Sandoval. Le groupe jouera dans la pénombre et l'on aura plus qu' à nous concentrez sur la musique pour savoir si la magie Mazzy Star encore présente sur le Ep de 2011 opère toujours comme à la grande époque. Suivront les Walkmen. L'un des meilleurs groupes US depuis 15 ans. Un fantasme pour moi. Et pour plein de raisons . Juste deux par exemple. Parmi les membres on peut trouver des anciens des Jonathan Fire Eater, LE groupe qui aurait du être les Strokes à la place des Strokes dans le revivalisme rock des 00's. L 'autre raison? Une chanson bien précise. S'ils le font je vous promets à tous que l' apocalypse va nous tomber dessus ce 12 Aout 2012 peu avant minuit.Pourquoi ? Ce morceau est peut-être l'un des meilleurs de tous les temps. Un morceau que seul les chiffres de vente séparent d' un "Smell like teen spirits". Un trésor. Une merveille. Hanni el Kathib cloturera cette 22 ème édition et j' avoue que je n' attend absolument rien de ce buzz à la française fortement symbolique de tous les maux qui ronge l' industrie de la musique en France. Devant son garage rock maintes fois entendu depuis 50 ans on pourra toujours disserter sur les liens entre certains labels indépendants d' ici et certains hebdomadaires, sur la frilosité et le manque de curiosité de certains programateurs de festivals et tourneurs qui suivent sans trop vraiment remettre en question les deux premiers. Hanni el Kathib c'est juste une solution de secours pour l'industrie du disque de chez nous. Les Black Keys et leur musique centrée sur le passé sont à la mode et plaisent au public français pas réputé pour son goût de l' innovation et comme ils sont devenus quasi inabordables pour que tout ce petit monde en profite certains ont mis en avant le brave Hanni comme d' autres cherche à placer leur produit sur un marché déserté par les multinationales. La copie est toujours plus abordable. Et comme il ne plait qu'en France alors le bonhomme restera accessible, pas de concurence avec l' étranger qui s'en désintéresse donc des cachets plus abordables. Le problème c'est quand les Hanni El Kathib prennent trop de place et que les Judah Warsky peine du coup à trouver une vraie visibilité dans les médias et sur scène. Rendez-vous fin Aout pour le compte rendu du meilleur des festivals d' été et pour finir un petit résumé de mes attentes façon prévision météos pour la RDR 2012. Soleil : Lower dens, Chromatics, Yéti Lane, Spiritualized, The Soft Moon, XX, Dominique A, The Walmen, Colin Stetson. Quelques passages nuageux possible mais beau temps: Sqarepusher, Egyptologie, Willis Earl Beal, Judah Warsky, Mazzy Star, Savages Maussade: Cloud nothings, Memory House, Ela Orléans, Fitoussi, Don nino, Steven Malkmus,Patrick Watson, Mark Lanegan Band Pluie: Alt-J, Breton Tempête: Hanni El Kathib
- 48° 56' 88'' N , 1° 92' 57'' O. Quatrième épisode : Route du Rock 1999, et Dieu nous parla.
Petite perle en provenance de l' INA sur l' édition 99. Et oui jeune gens, la scène était plus petite, il y a bien eu de l' herbe sur le site et l' horrible Bx de chez Citroen a bel et bien existé. Ce n' était pas des légendes. L'arrivée de musiques électroniques à Saint Père que le reportage traite avait déjà été abordé dans les épisode 2 & 3. Vidéo disparue Quel est mon meilleur moment de l' édition 99 ? Ce n' est pas un concert. Ce n' est pas non plus une quelconque aventure sexuelle avec une chêvre ou une expérimentation stupéfiante qu'un festival de rock peut amener à vivre. C' est une rencontre. Une simple rencontre d' une petite demie heure avec peut-être la personne la plus fautive de mes séjours annuels à la Route du Rock.Une rencontre qui me renforça dans ma vision de la vie et plus particulièrement celle de la musique. Une de ces râres rencontres qui vous marquent à vie. Les douves du fort, 11 heure du matin, le 15 Aout 1999. Le grand ami basque (cf épisode 3) s' approche de moi et de mon pote Seb . On a tous les deux la tête dans le cul et on s' attend pas à ce qu'il va nous tomber dessus. Il se plante donc devant les deux petits branleurs et adopte sa gestuelle typique qui n' appartient qu'à lui seul. Il se frotte ses mains pour ensuite les faire claquer fortement fier de son effet et nous annonce texto sans aucune préparation psychologique que ce type déclaration aurait du nécéssiter après une dure nuit d' excés ceci : "Ce soir avant l' ouverture des portes on a rendez-vous avec Lenoir pour une interview". BOUM !!! dans nos petites têtes. Un bob tombe d' une tête à gauche, un cri incompréhensible s' échappe à droite. S' ensuivit des gesticulations, des enlaçades et encore des cris incompréhensibles. Comment ça ?! "Nous petits vermiceaux du Limousin nous allions converser avec Dieu Le Père ?" Ben ouais. Depuis on est redevable à vie de l' ami Basque. La rencontre fut un rêve éveillée et une grande leçon de vie. C' était un professeur combattant en face d' élèves studieux. Nous reçumes les dix commendements de Bernard Lenoir et on n'aura de cesse la volonté de professer à notre tour la bonne parole. La nouveauté pour le fort cette année-là est la présence d'une deuxieme scène sous l' immense chapiteau au fond du site. Petite scène malheureusement trop petite et inaccessible pour la majorité. C' est l'une des incongruité de l' histoire du festival qui l'inaugura et le peu que j' en ai vu c'était plutot pas mal. Michel Houellebecq à la RDR, ou comment un écrivain pas encore très réputé se tranforme en une étonnante rockstar poursuivi par des non moins surprennantes groupies. Et je crains malheureusement pour ces dernières qu'il n'en ait profité le salop! C' est Etienne Charry qui lui succèdera et c' était pas mal non plus. A noter la très grosse présence en 99 des effectifs du label de Bertrand Burgalat , Tricatel. Premier concert sur la grande scène et première claque de l' édition 99. De droles d' individus venant de Liverpool m' électrise avec leur rock tendu et leurs blouses hospitalières. Un signe du destin pour mon avenir professionnel ? Certainement puisque dès que j' ai reçu mes première tenues de travail des années plus tard j' ai pas pu m' empécher de jouer à la rockstar devant ma glace sur fond de Clinic. Clinic ? L' une des révélations 99. Le deuxième concert ? Deuxième très très très grosse claque. Les gentils et "sâges" écossais qui vous font coucou ci-dessous. Arab Strap ! On les connaissait déjà et beaucoup s' inquiétait de la difficulté de transposer leur chanson arrache-coeur sur la grande scène d'un festival d' été. Oui mais voilà. La Route du rock et son public ne sont pas comme les autres et c'est là "LA" particularité du truc. Ce qui le ferait pas ailleurs le fait souvent à Saint Père. Il faisait beau et encore bien jour mais la noirceur d' Arab Strap trouva parfaitement sa place dans le fort. Il faut aussi préciser que c' est depuis la prestation d' Aidan Moffat que le record jamais battu de bière ingurgitée sur scène a été établi. Je ne me souviens pas bien des suivants, Red Snapper, si ce n'est que leur concert ne m' emballa pas vraiment. Peut-être que la corde Trip Hop avait été trop tirée depuis quelques années. Le genre arrivait à épuisement avec une certaine lassitude de ma part et ce malgré leurs belles orchestrations jazzys. Quatrième concert? Autre claque énorme de 99. Dj Shadows. J' étais fan du bonhomme et je me souviens m' être bien disputé avec les nostalgiques(réac?) du rock à guitares qui pensait qu'un simple dj derrière ses platines n' avait pas sa place dans un festival d' été. Que ce n' était pas un "vrai concert". Comme pour Arab Strap le roi du sampling batta en brèche les idées reçues de certains. Si Gus Gus avait dynamité l' édition de 97 ce ne fut pas le cas pour 99. C' est bien simple, je ne me rappelais même pas les avoir revu. Par contre je me souviens bien des Freestylers et de leur breakbeat entêtant. Bon souvenir pour ces représentant d'un genre adoré à l' époque. Deuxième jour: L'un des fait marquant à la RDR 99 ça a été aussi et inévitablement l' arrivée de la pluie. Absente jusqu'à présent. Si elle a su se montrer timide en épargnant les concerts il est obligé de constater que depuis elle se montre un peu trop la poufiasse. Peut-être qu'elle aussi aime la musique pas comme les autres. Fin de l' hommage météo à Alain Gilolot-Pétré disparu cette année-là. Sporto Kantes à la RDR 99? Sans intéret comme sur leurs disques. Muse sera la découverte des organisateurs. Premier concert en France alors que leur premier album n' est pas encore sorti. Et bien je suis forcé d' avouer que j' ai aimé leur premier concert au fort. Malgré les rellants de Jeff Buckley et le pompiérisme qui commençait à apparaitre. Ils en faisaient déjà des tonnes et il était facile d' imaginer un avenir radieux pour eux et bien déprimant pour nous. Leurs défauts d' alors étaient selon moi juste le fruit d' un trop lein d' engouement juvénile et j' avais encore en tête la leçon des débuts de Radiohead ("Creep"). Si Radiohead a fini par ne plus être un simple groupe de stade en adoptant une vision plus large Muse s' est contenté de réciter toujours la même recette depuis. Le deuxième concert est d' après moi celui de l' une des plus belles entrées sur scène de l' histoire Malouïne et demeure donc l' un de mes meilleurs moments. Alors bien sûr il faut d' abord préciser quelques petits trucs. Primo je me suis éveillé à la musique pendant Madchester. Deuxio : j' adore les branleurs surtout s'ils sont british. Tercio : dès que le mot baggy apparait j'avoue n'être pas toujours très objectif. Que voulez -vous, on porte toujours dans son coeur la musique de ses 18 ans. Quand la bande de branleurs des Regular Fries(quel nom!) déboula sur la scène ce fut un joyeux bordel et je regretta un peu moins de n' avoir jamais vu les Happy Mondays & les Stone Roses en live. Tout était parfait. De vrai cinglé comme je les aime. Ce n' était pas un simple groupe de rock qui déboulait mais un véritable gang de voyou. Ils avaient tout compris à l' art de se mettre le public breton dans la poche. Il suffisait juste de lui lancer des canettes de bière pleines. Enfin fallait-il juste les récupérer avec les mains et non avec le cuir chevelu. Suivra dans la nuit l'une de ces prestations dont même de nos jours je ne sait trop quoi en penser. Archive était attendu comme les messies et malgré de très grands moments de pure plaisir le concert ressembla un peu à leur deuxième album et surtout à la suite de leur carrière. Les fautes de gouts cassèrent parfois l' élan que le premier album avait occasionné et on alterna entre le sublime et le mauvais. Le groupe ne deviendra vraiment populaire en France que bien après et certains habitués prirent leur évolution comme un coup de couteau dans le dos de l' indie musique. En gros comment passer du Fort Saint Pierre à Luc Besson. La vraie-fausse déception d' Archive fut très vite oubliée grace au groupe qui les avait précédé. Les éternels Tindersticks. C' était ma première fois avec eux et malgré déjà un amour intense je ne pensais pas que l'émotion ressentie cette fois-là allait se reéditer comme à chaque fois depuis. Pareil que pour Arab Strap. Horaire trop précoce pour ce style de musique mélancolique et pourtant ça la fait à 100%. Un autre par contre était programmé à la bonne heure pour la déprime alcoolisée. Juste après trop de pintes éclusées jusqu'à plus soif pour pouvoir se planter le nez au ciel, se moucher dans les étoiles et pisser comme on pleure sur les femmes infidèles. Oula! On se calme et je tiens à vous rassurer tout de suite. Jacques Brel n' est jamais venu jouer au fort Saint Père étant indisponible pour d' obscures raisons mais il y avait bel et bien un peu de lui avec Arno ce soir-là. Parfois agaçant, parfois déchirant . Gros frisson quand il fit taire une dizaines de milliers d' autres types eux aussi bourrés avec ce tire-larme. On clotura avec la jungle de Roni Size et je me souviens avoir été un peu dessus. La fatigue sans doute. Pour le dernier jour j' ai déjà parlé du moment fort, la rencontre avec Dieu. Restent les concerts du jour. Experimental pop group, oublié! Erik Arnaud, oublié! Deus, oublié! Bon je pousse un peu pour les belges mais j' ai toujours pensé que la côte de popularité qu'ils bénificiaient ne France tenait plus de leur patrie d'origine très proche de la notre que du niveau de leurs chansons. Leur deux premiers albums sont pas mal mais franchement ils ne méritent pas les éloges que j' entends depuis plus de dix ans. Et je crois bien que leur concert de 99 m' avait conforté dans mon jugement. Vint enfin la tête d' affiche de la RDR 99 . j' ai beaucoup parlé de ce groupe quand je dréssais le contexte musicale des éditions précedentes. Blur est l' un des symboles des 90's agonisantes. Blur avait en partie créer le machin Britpop et venait de l' enterrer avec coup sur coup leur album éponyme et "13". J' avais laissé un peu tomber l' affaire et je n'espérais plus un nouveau chef d'oeuvre de leur part. "Think thank" arrivera que deux ans plus tard pour me contredire. Mon rapport haine-passion avec le personnage de Damon Albarn culmina pendant cette petit heure en 99. Ce merdeux alterna les bons cotés comme les mauvais de sa carrière . Les moments d'autocaricature britpop et starsystem succédaient à ceux de prise de risque commerciale et d' honneteté que l'indie musique doit être porteuse. Un coup je te la joue Ray Davies pour midinette un autre je me souviens être fan des slackers de Pavement. Ce mec est et restera l' un de mes personnages préférés dans l' histoire indie parce que l' un des plus complexes et plus passionnant à suivre. Des années après il persiste le petit merdeux qui m' a piqué Justin Frichman. Bon okay. Je reconnais que je fantasme sur la Justine mais quand je revois le live de la reformation intéréssée & nostalgique teintée d' anglocentrisme de Blur en 2010 la schizophrénie de 99 me reprend. Il s' agit bel et bien du même type qui nous fait découvrir de la bonne musique africaine ultra confidentielle via son propre label et qui est capable les mélanges les plus improbables avec ses multiples collaborations (Gorillaz). Leur succédera la dernière claque de 99 et si le bon Damon est fan de worldmusic je fais mon pari que ce soir-là lui aussi craqua un petit peu pour Nitin Sawhney. Redevenons un peu plus sérieux et adoptons une vue d' ensemble sur tout ce bordel qu' est l' histoire musicale. Je parle beaucoup du revivalisme qui règne depuis les 2000's dans ce blog. La nostalgie ou une vision post-moderne a toujours existé. C' est pas un vieux fan de Roxy Music première periode(comprenez celle de Eno) qui peut mentir en prétendant le contraire mais je crois bien que l'un des plus dignes représentants et précurseurs du revivalisme dominant fit son apparition à l' occasion de la route du rock 99. Si vous vous étiez pointé cette été là et que vous m'auriez parlé de cette histoire de revivalisme triomphant dans la musique j'aurai rigolé bêtement. Je vous aurais dit que ce n'était pas possible et qu'il se trouve toujours des artistes pour faire aller la musique de l' avant et qu' ils auraient inévitablement un peu du devant de la scène. Quand on a vu les Rythmes Digitales au fort Saint Père on a apprécié mais sans plus. Certes les synthés et l 'imagerie 80's ramenait une touche rafraîchissante mais c' était juste un truc cocasse et amusant. Pas un truc révolutionnaire. Pas une grosse claque. On se demandait déjà pourquoi était-il autant obnubilé par le passé et beaucoup moins par le futur. Si Jacques Lu Cont faisait preuve d' originalité à l' époque et que sa démarche se rapprochait d' un concept intéressant proche du rétro-futurisme il est à présent évident que cela n' avait son charme qu'un temps et que ses suiveurs allaient en abusaient jusqu' à l' écoeurement. Monopolisant ainsi la place disponible pour des truc plus novateurs. L' effet de surprise passé il nous sembla qu' à la longue le set se montra bien vite répétitifs et surtout que si le concept d' origine en faisait preuve le fond et la forme était totalement dénué d' originalité au final . Sa relecture d'un passé manquait parfois du recule nécessaire à la différenciation entre réappropriation créative et simple recopiage. Transposer une époque à une autre est souvent une erreur parce qu' aucune ne se ressemble vraiment et celà sonne faux au bout du compte. De plus la force et la puissance qu'un mouvement ou un genre est porteur au début perd toujours de son impacte avec les années et les relectures. Si on m' avait dit à la fin de cette Route Du Rock 99 que son concert prédisait la décennie musicale suivante je pense que je me serai éffondré de désespoir.
- 48° 56' 88'' N , 1° 92' 57'' O. Troisième épisode. Route Du Rock 1998,des étoiles plein les yeux.
Le tournant pris en 1997 se confirma l' année suivante. Plus de musique électronique, moins d' indie à guitare. La programmation des débuts continue d' évoluer et les portes du fort s' ouvrent dorénavant à un public plus divers. Si 1998 restera dans nos souvenirs l' édition de deux majestueuses étoiles noires il faut aussi noter qu' elle fut également celle de l' apogée du Tirp Hop en terre bretonne. Ça commence mal pourtant, on apprend juste avant le festival qu' ils ont trouvé des explosifs datant de la seconde guerre mondiale. Le site est déplacé dans les champs avoisinant pour cause de déminage. Cela renforcera notre attachement au vieux fort. On sera nombreux comme jamais on ne l' a été. 22 000 spectateurs. Ils sont déjà loin les 4200 spectateurs et les malheureux 3 chiottes de 95. Le festival commence à se faire une réputation et le public se diversifie et c' est tant mieux. Je commence à voir des trucs bizarres pour la RDR. Des filles se maquillent dans les chiottes, ça parle chiffon et bronzage ou encore certains rouspètent à présent sur l' état des sanitaires. Le festivalier insouciant et désinvolte des débuts est devenu un consommateur comme ailleur. Faut bien reconnaitre que les infrastructures concernant l' hygiène étaient plutot rudimentaires mais pendant les premières éditions on s'en foutait pas mal et ça rajoutait une touche d' aventure et de cocasse aux expéditions annuelles. L' ambiance sur le site s' en trouve elle aussi transformée et la sage réunion de "puristes" attentifs à la moindre note devient plus festive et décousue . Le geek fan de musique indie n' est plus seul, de joyeux fêtard se mèlent à eux. C'est que depuis quelques temps d 'autres s' y sont aussi mis à cette musique "pas comme les autres". Le public s 'est vraiment éllargit apportant parfois son lot d' incompréhension. Des phrases inimaginables auparavant sont entendues. "C'est France Inter la radio des vieux qui les sponsorise? C' est bizarre!" ou "C'est qui Bernard Lanoire?" ou encore "Dommage qu'ils ont pas fait venir Offspring ou Green Day". Gloups! Le succés populaire de groupes indies (Oasis, Blur, Pulp, Placebo, Radiohead) y est pour quelque chose. L' underground est devenu overground . C' est nouveau et si ça commence à se voir à la route du rock ça l'est aussi dans les médias le reste de l' année. Les Inrocks sont passés hebdos et se vendent de plus en plus. Il faut lire les Inrocks pour être dorénavant cool alors qu' avant vous passiez pour élitiste , "intello" ou tout simplement un pauvre nase ennuyeux. On peut voir chez le buraliste le même type achetant simultanément L' Equipe et les Inrocks. Être fan de musique redevient hip et cool en société. Certains de nos artistes préférés passent même à la télé sur Canal + et l' incongrue utilisation de nos morceaux préférés dans les publicités devient fréquente. La Route du Rock se voit dorénavant diffusée via des redif de concerts sur Paris Première ce qui nous permet de tenir pendant les hivers rugueux. Alors bien sûr ces bouleversements changèrent un petit peu la donne. Ce qui avait été underground en devenant overground avait un peu perdu certaines de ses caractéristiques d' origine. L' intégrité des débuts se dilua un peu , l' expérimentation et l' innovation allaient perdre de leur importance en terme de critères dans les jugements et le simple besoin de se divertir prendre un plus d' ampleur. Devenions nous moins difficiles et plus naïfs ? Plus attirés par le passé et le rassurant, moins par des territoires inconnus et l' aventure ? Certainement et de plus en plus. Mais en 1998 on ne s' en rendait pas encore bien compte trop heureux que nous étions enfin de partager nos musiques préférées avec un plus grand nombre. Pluie d' étoiles sur la Route du Rock. Je suis devant la régie pour échapper à un pogo impromptu dans les premiers rangs. Il fait bon. Ni trop frais , ni trop chaud. La pluie à la Route du Rock ce sera toujours pas pour cette année-là. Je regarde le ciel étoilé de cette belle soirée d' août 98 et je me sens vivant comme jamais. La magie m' envelope. Elle est bien réelle . Elle est partout présente autour de nous . Il y a d' abord cette jeune fille du Dorset avec sa formidable musique noire et puis enfin cette non moins féerique pluie d' étoiles filante que l' on aperçoit au-dessus d' elle. C' est une de ces astres célestes qui après un long périple dans le cosmos a daigné s'arrêter sur la scène pour nous tous ce soir là . Cette étoile sera tout sauf filante, elle nous accompagne et nous guide encore de nos jours. Magnifique Polly Jean. Un auvergnat du nom de Jean Louis est aussi présent ce soir là devant le live de PJ Harvey. Lui aussi sera touché par ce spectacle. Il en fera une chanson. Je ne sais pas pour les autres mais je me souviens toujours particulièrement bien du premier concert de chaque édition. Peut-être à cause de la frustration et l' impatience accumulées depuis la fois précédente. Aussi parce que le public est encore peu nombreux pour les premiers groupes donc il est ainsi plus aisé d' être dans les premiers rangs. Au début le site faisait le plein dès la première note entendue. Depuis 1998 le flux d' entrée s' étend jusqu' à plus tard dans la soirée. Jamais auparavant on osait louper les premières prestations parfois synonyme de révélation. Cette année-là ce sont les revivalistes de Gomez qui entame le festival. Je me souviens comment ils étaient présentés par la presse de l' époque qui s' inquiétait alors du fait que ces mecs faisaient de la musique du passé comme si le punk n' était jamais arrivé. Curieux comment les objections des critiques pour Gomez ne seront pas reproduites pour certains revivalistes des 2000's ? La crise du disque avec l' arrivée du piratage sans doute ? Fallait bien vendre du disque pour que tout ce beau monde survive. Le compteur avec Gomez était resté bloqué à 1975. Mon intérêt pour eux a fait pareil, mais à Août 1998. Suivra sur la scène de ce premier jour et sans laisser beaucoup de traces dans mon esprit Sunhouse et son affreux guitariste échappé d'un groupe de hard rock; les gentillets Catchers avec qui on tentera de converser au camping l' année suivante malgré une gente féminine un peu trop omniprésente et un tout petit Tulliste pas vraiment doué pour les langues étrangères. Jay Jay Johanson rattrapera tout ça. Il faut faire preuve d'une sacrée mémoire et cela peut surprendre les plus jeunes mais ce mec à l' époque était doté d' une sacré cote de popularité auprès des fans d' indie musique en France . Sa notoriété et l' engouement que le crooner suédois suscitait était l' égale de Metronomy ou des Fleet Foxes de nos jours. Il venait de sortir son deuxième album et on commençait à peine à distinguer l' impasse musicale dans laquelle il allait s' enfermer plus tard. Malgré bon nombres de changements stylistiques osés, musicaux comme capillaires, il ne retrouvera jamais l' état de grâce de 96-98 qui fut le sien. La suite de la soirée fut tout autant passionnante et excitante avec ce que je considère comme l' une des rares rockstars charismatiques françaises. Rachid Taha ! Malgré chez lui un degré d' alcool dans le sang très élevée (selon la rumeur) son concert reste et restera pour moi l' un des meilleurs de l' époque à la RDR. Transglobal Underground n' aura plus qu' à nous finir malgré la vampirisation de leur prestation par Natacha Atlas en passe de conquérir le grand public avec une reprise dégoulinante du "Mon ami la rose" de Françoise Hardy. On avait découvert et tant aimé la dame grâce à Yves Tibord chez Lenoir mais depuis il faut bien avouer qu' elle nous a quelque peu agacé. Le lendemain on regarda et on oublia très vite la prestation de Six By Seven ( un peu bourrés à l' instar de Taha). Si je me souviens bien ils remplaçaient Cornershop. Ensuite on se réinjecta une nouvelle dose de trip hop avec The Aloof après celle fournie la veille par Johanson . L' année 98 à la Route du Rock a été celle du Trip Hop. Viendra ensuite le tour de la belle Heather Nova. Pour cette dernière et bien des années plus tard je me demande encore si son unique attrait n' était pas sa plastique impeccable. Ses mélodies malgré un habillage indie faisaientt parfois franchement preuve de facilité et de mièvrerie. Sinon y avait aussi le petit frangin de Tom Yorke avec son Unbelievable Truth. Anecdotique car beaucoup trop de ressemblance avec son aîné et concert franchement ennuyeux. Survint alors le deuxième gros truc de l' édition 98. Il était attendu mais malgré tout ce fut une claque énorme. Portishead live. Quoi dire de plus sur ce groupe qui n' a déjà été dit ? Rien à part le fait que Beth Gibbons est l' une des artistes les plus fragiles et troublantes qu'il m' a été donné de voir et ce malgré l' éloignement occasionné par une grande scène. Que le groupe était une monstrueuse machine à frisson capable de faire rentrer une foule entière dans un état de transe hypnotique. Que le buccolisme et l' aspect festif palpable dans tout bon festival d' été en plein air laissa en quelques seconde place à une émotion collective inimaginable et cent fois plus marquante au plus profond de chacun de nous. Je garde comme souvenir l' état du public juste après le concert. Un spectacle rarement vu à la route du rock. La grande migration vers le bar et le fond du site n' eut pas lieu. Les gens sont restés en grande partie sur place comme si il leur fallait un long instant pour se remettre de ce qu'ils avaient vécu ensemble. Ils se regardaient les uns et les autres dans les yeux pour vérifier que l' autre avait bien vécu le même moment. La même émotion. Que tout celà avait été bien réel. Qu'il ne s' agissait pas d'une hallucination ou d'une euphorie artificielle. Quel grand moment qu'observer cette masse de zombies déambulants ou pétrifiés sur place dans ce pré breton vers minuit un soir de l' été 98. Rien à voir avec la fausse illusion collective du 12 Juillet précédent. Yan Tiersen clôtura la journée en réussissant l' exploit de garder ce public encore en état de choc après Portishead avec une très belle prestation. Peut-être sa meilleur que j'ai vu . Le dimanche sera l'une des meilleurs journée de clôture de l' histoire du festival. Bien sûr que la Reine Polly y est pour beaucoup mais bon nombres des autres artistes de ce jour là furent à la hauteur. Mis à part la belle PJ ce sera une dimanche très très ...Hum ! Stupéfiant? Psychédélique? Enfumé? Peut-être que la soirée a été à l' image du parcourt de l' expérimentateur lambda des substances illicites. D' abord on commence par la fumette avec les géniaux Olivia Tremor Control. Leur set fut fabuleux comme l' étaient leurs disques. On ne parlait pas trop encore de néo-psychédélisme à l' époque mais je ne peux m' empêcher de vous relater le rapprochement que je fais souvent avec une autre formation adulée de nos jours. Quand j' écoute Animal Collective je me dis toujours que la bande de Will Cullen Hart leur avait bien préparé le terrain en remettant un certain psychédélisme et les harmonies vocales au goût du jour. Ils furent suivi par un groupe inconnu qui ne laissa pas une grande trace si ce n' est la présence de sa chanteuse . On considéra à l' époque The Audience comme les successeurs en dessous des groupes indies à chanteuses 90's, Salad, Echobelly, Sleeper ou Lush. On recroisera la petite Sophie Ellis-Bextor quelques année plus tard avec le hit planétaire moins fréquentable ," Murder on the dancefloor" . Perry Blake quant à lui ne sorti jamais de hit par contre il s'en tira bizarrement un peu mieux ce jour là malgré son trip hop (encore!) habillé de violon. Je n' ai jamais vraiment accroché à son oeuvre et comme la veille Portishead était passé par là il n' a pu que limiter les dégâts. Un brâve petit le Perry Blake mais un "petit" tout de même. Bon le truc avec la fumette c' est que ça retombe vite et les effets hallucinants sont rares si pas inexistant mais je me demande si j' ai pas été victime d' une vision ce jour là. Je vous jure qu'il m'a semblé apercevoir sur la scène de la Route Du Rock Liam Gallagher. Enfin...Je veux dire un Liam Gallagher obèse. Ou tout du moins un truc qui ressemblait à ça. Comme si le branleur de la fratrie mancunienne avait été victime de rétention de tout le houblon ingurgité depuis son plus jeune âge. On va cesser la moquerie pourrie à deux balles et je vais juste vous dire qu' Andrew "Tiny"Woods était l'un des personnages les plus attachants de la britpop avec sa coupe de cheveux typiquement mods et son physique tout en rondeur. Quant à la musique d' Ultrasound pas grand chose à retenir, de la Brit-pop classique pour public de stade qui reprend en choeur les refrains lyrique la pinte à la main. En résumé du sous Manic Street Preachers/Oasis avec une voix fragile digne d' Anthony & the Johnson apportant un peu de sensibilité dans cet univers de lads lecteurs du magazine beauf britanique Loaded. Que fait le type à qui ça ne suffit plus l' herbe et les amphétamines. Il se met à l' acid ou aux champignons. Ca tombe bien c' est le grand Jason Pierce échappé des Spacemen 3 avec son Spiritualized qui déboula à Saint Malo . Ce fut beau et planant comme toujours. Il venait de sortir son classique "Ladies & Gentlemen we are floating in the space"et j' eus moi aussi toutes les peines du monde à redescendre sur terre. C' est peut-être moins novateur et expérimental que le Spacemen 3 avec son pote "Sonic Boom" de la grande époque mais faut avouer que bon nombre de ses chansons sont des monuments du psychédélisme toutes époques confondues. Nous avons abordé toutes les drogues reste plus que celle apparu de mon temps. L' ecstasy. Pas de soucis. Juste le temps d'une prière pour Saint Shaun et Saint Bez et voilà l'un de mes plus beaux concerts de Route du Rock. Je ne ménageais pas mon corps en ces temps reculés et les dernier concerts de route du rock pouvaient parfois s' apparenter à une déroute parmi les troupes à cause de l' état physique largement entamé au bout de trois jours. Que neni pour 98. L' alliance de la branlitude mancunienne plus le bigbeat de Skint Records . Voilà le résumé du fabuleux concert des Lo Fidelity All Stars. Je revois le chanteur plus morveux que jamais attablé à une terrasse de St Malo un peu plus tôt dans la journée. La grande classe que seule la working class anglaise peut nous offrir.L ' arrogance élevé au rang d'un art. Bien sûr qu' avec Lo Fidelity on remuait du popotin comme c' est pas permis mais c' était pas tout. Si ce groupe pouvait vous donner envie de vous vautrer dans l' hédonisme à tout va il pouvait en un instant rendre l' atmosphère glaciale.On retrouvais ainsi le climat frigorifique de la trilogie de Cure (Faith, Seventeen seconds & Pornography). A l' époque leur génial "How to operate with a blow made" succédait souvent au "Mezzanine" de Massive Attack dans mon apartement d' étudiant. PS: Private joke. Si vous lisez ces quelques lignes et que vous êtes jeunes je veux rétablir une vérité historique. Les médias et les livres d' histoire vous ont menti. La plus grande victoire en 1998 n'a pas été obtenue au cours d' un stupide match de foot mais bel et bien pendant une bataille de pelochon devenue légendaire sur le trajet Limoges-Saint Malo dans les plaines de la Sarthe et plus précisément àu Mans. Ils étaient une dizaine et nous n'étions que deux ! Et on a gagné! Une alliance Corrèze-Pays Basque à ridiculisé une coalition de paltoquets venus de partout. Ce fut notre Austerlitz et pour eux Waterloo. Y a qu'un truc que j' ai pas compris? J' ai pas donné ni reçu un seul coup de pelochon. Très étranges. Les coups pleuvaient pourtant de toute part. On recensa des dents perdus, des larmes et du sang. Après le combat on a même été obligé de dés-encastrer d'une cloison un individu de très faible corpulence originaire d' Isle si je me souviens bien. Et moi rien. Que dal. Pas une égratignure. Peut-être que la raison était que je me sois juste contenté de m' abriter derrière un rocher Basque. Possible. J' ai bien eu des bleus mais seulement le lendemain matin. Le rocher basque ça peut être pratique en cas de conflit mais faut pas dormir dans le même lit. Surtout si vous ronflez. Si c'est pas le cas je vous le recommande. C' est très moelleux.
- En passant : Traxman
Cf http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/04/en-passant-addison-groove-et-le.html Le footwork est une musique faite pour danser. "C 'est l' objectif " dixit Dj Rashad. Malgré le fait que cette mouvance en provenance de Chicago était faite en priorité pour les dancefloors j' attendais depuis quelques mois l' occasion de pouvoir parler d' un disque ajusté à l' écoute solitaire chez soi sans que l ' esprit originel ne soit trahi. Qu' un artiste issu de cette scène décide d' aller voir ailleurs et ne se contente pas de nous faire remuer du popotin. J' oserai dire en faisant un rapprochement simpliste que je guettais vivement le "Tri Repetae" du footwork. Le footwork allait-il vivre lui aussi cet instant magique vécu par l' électro au début 90's quand certains (Aphex Twin, Autechre) ne se satisfaire plus de l' hédonisme des dancefloors. C' est chose faite. Je misais sur Dj Rashad et Dj Spin et c' est un autre vétéran de la scène Ghetto House qui nous pond la pépite, Cornelius Ferguson, aka Traxman. Ami des deux premiers. Bon nombre de styles de musiques centrés sur la danse sont apparus depuis des années mais leurs influences sur les autres courants n' ont pas toujours été très sensibles. Le truc qui fait que le footwork avait toute ses chances c' était la nature des samples utilisés et la manière avec laquelle ces Djs les incluaient à leur musique axée sur de puissant beats. Le contraste qui en découlait est fortement addictif et propice à l' expérimentation. "Da Mind" de Traxman c' est du footwork classique mais un footwork pas renfermé sur lui même et qui peut ainsi se révéler contemplatif et même psychédélique par des citations space-electro. Un disque hallucinant par la diversité de ses samples. Ici du jazz, par là ...Kraftwerk, ailleurs des percus électro rappelant les Caraïbes ou des relants d' Acid-house et même on discerne Prince qui pointe son nez. Comment décrire un titre classique de Traxman. Ca peut souvent commencer par une intro jazzy-soul, sample en provenance direct du hip-hop 80's et puis un beat déboule et ensuite Traxman maltraite le sample phare du titre. "Da Mind" sort chez Planet Mu et est d' hors et déjà à considérer comme l' un des disques les plus marquants de l' année. On attend la réponse avec impatience de Dj Rashad et encore plus les répercussions sur d' autres univers musicaux,.Ce qui ne saurait tarder.
- En Repassant : Laurel Halo est King Félix et très coquine
Laurel Halo est une petite coquine. N' y voyez là aucune allusion cochonne de ma part mais avouez tout de même que la copine de Daniel Lopatin joue un peu avec nos nerfs. Il y a un mois je vous parlais avec passion de la belle en regrettant de ne pas avoir de bonnes nouvelles à vous annoncer concernant une future sortie de disque. http://dancingwiththenoise.blogspot.fr/2012/03/en-passant-laurel-halo.html A peine l' article publié j' apprends la sortie prochaine de son vrai premier album pour Mai (le premier "Antena" en cassette uniquement est difficile à trouver). il se nommera "Quarantine" et sera publié chez Hyperdub (label de Burial). Et puis hier soir je tombe sur ça : L' artiste s' appelle King Félix comme le premier ep de Laurel Halo. Un petit tour sur les gros blocs musicaux et confirmation de ce que je soupçonnais. Il s' agit bien de la même personne qui sortira sous ce pseudo le ep "Spring" d' ici le 19 Mars. Il est intéressant de dire que ce sera la première référence du nouveau label Liberation Technologies créé par le légendaire Mute. J' y reviens plus tard. A l' écoute des 4 titres on peut déjà remarquer qu' elle continue d' évoluer. Les voix se font encore plus rares, changement déjà constaté entre "King Félix"(le ep ) et le très beau "Antenna". Pas une trace du songwriting pop pourtant présent au début. Elle largue les amarres et direction l' inconnu. Si il lui arrive de fréquenter encore les territoires des dancefloors c' est avec une certaine sensation d' étouffement. Cette sensation est omniprésente dans les travaux d' Halo depuis les débuts. C' est ce qui fait son charme. C' est parfois glauque et planant juste après. Il faut l' écouter attentivement pour repérer les changements de nuances. Le travail minutieux de l' artiste n' est jamais rentre-dedans et produit ainsi à mon avis un résultat très convainquant. Vivement l' album sous son vrai nom. Très bref retour sur Mute records afin de s' apercevoir comment tout était devenu possible à la suite du punk et de conter la belle petite histoire de Daniel Miller. Donc le grand label Mute vient de créer la filiale Liberation Technologies pour, d' après ses patrons, "mettre en avant des artistes innovant". Logique et bonne nouvelle quand on connaît l' histoire du label de Daniel Miller. Il fonde en 1978 sur les cendres du punk ce qui allait devenir une tête de pont du post-punk tendance électronique et l' un des tout premiers labels indépendants. A l' origine le label est juste né pour permettre à Miller de sortir une de ses lubies. Il a aimé le punk mais ce qu' il écoute en 1978 c' est aussi du krautrock. Neu!, Faust, Kraftwerk , Can et surtout Klaus Schulze(écoutez Klaus Schulze !). Bref de la musique qui sort du carcan rock et qui lorgne franchement vers l' expérimental. Il délaisse les guitares et préfère se passionner pour la face électro des teutons. Le punk a développé et propagé l' idée du Do It Yourself. A l' époque il faut bien comprendre qu' imaginer pouvoir produire un disque sans passer par une grosse maison de disque (donc pression et manque de liberté artistique) était tout simplement inconcevable et relevait d' un fantasme aux yeux de tous. Les premiers labels indépendants apparaissent à ce moment-là. Premier coup de canon : "Spinal Scrash" des Buzzcocks. En lisant les notes au dos de la pochette (une sorte de manifeste indie) du single légendaire et révolutionnaire du groupe situationniste(tout est politique je vous dis), les Desperate Bycicles, Miller se dit comme beaucoup d' autres, "pourquoi pas lui ?". Il achète un synthétiseur d' occase et s' y met. C'est juste un petit bricolage électronique fabriqué dans sa modeste chambre de bonne. Donc il fonde MuteRecords pour poivoir le sortir et via Rough Trade fait distribuer ce qui allait devenir l' un des morceaux les plus importants et précurseurs de l' époque. Le single est très vite épuisé et à sa grande surprise il reçoit d' un peu partout des cassettes de nouveaux groupes pas encore signés et adorant les nouveaux sons électros. Les allemands de Daf, les grands Fad Gadget, le groupe imaginaire Silicons Teens et Robert Rental seront les premières sorties. Et puis un beau jour il voit des jeunots sur scène et craque totalement pour eux. Un premier single puis un deuxième et le petit label indépendant et chancelant des débuts plus habitué au succès d' estime qu' aux grosses ventes va rentrer dans la cour des grands. Des très grands même. Le deuxième single qui a tout déclenché, le voici. Et oui, faut pas grand chose des fois. Mute délaissera à la suite l' expérimental pure pour une musique plus populaire, Yazoo& Erasure, mais n' oubliera pas non plus d' où il vient en récupérant certains trucs d' Einsturzend Neubaten ,les Birthday Party de Nick Cave. Le label héberge encore de nos jours l' Australien (avec les Bad Seeds ou sous le pseudo de Grinderman). On peut citer aussi d' autres trucs adorés par ici : Wire, Goldfrapp, M83, Anita Lane, Laibach, Holger Czukay, The Knife, The Warlocks etc etc... Prochaine sortie importante et attendue de Mute et pourtant pas si évidente à l' origine puis devenue logique vu l' évolution du groupe et le virage électronique pris.
- En passant : Addison Groove et le Footwork
Addison Groove sort son "Transistor Rhythm" le 30 Mars, c' est l' occasion de reparler d' un nouveau courant musical passionnant qui secoue la planète dancefloor depuis quelques années (2008?) et déjà abordé ici. Derrière le pseudo de' Addison Groove se cache Anthony Williams de Bristol déjà connu sous le nom de Headhunter. Le bonhomme fait donc dans le dubstep classique mais avec sa prochaine oeuvre sa musique subit fortement l' influence du Footwork en provenance de Chicago. Le Footwork quesaco ? L' appellation peut à la fois désigner une danse et une musique issues de la Ghetto House. En fait le but ultime de la musique est la danse du même nom. Petite précision importante. Le Footwork voit son influence en Europe grandir et représente une sérieuse alternative au dubstep qui commence à se répéter. Pour faire un rapide résumé on peut dire que le mouvement footwork c' est une sorte de tektonik version américaine. Mais la similitude s' arrête là. Les bpm sont poussés à 160 par minute et la rythmique part dans tous les sens. Le footwork est un dérivé de la juke bien qu'il ait abandonné le rythme 4/4 de cette dernière. Quand j' écoute du footwork j' éprouve la même sensation que celle éprouvée à ma découverte du shoegaze pourtant style très éloigné à première vue. Cette sensation provient de la mise en opposition au sein d'un même morceau d' éléments percutants (la rythmique) et de textures plus cools (les samples). Coté shoegaze c' était des mélodies pop confrontées aux bruits industriels provenant des guitares avec leurs pédales d' effet. Les pionniers du footwork proviennent pour la plus part de Chicago et de la scène Juke. Donc que des Djs. Dj Roc, Dj Killa E, Dj Spinn, Dj Rashad et probablement le créateur de ce nouveau genre, RP Boo. Tous présents sur cette compile que je vous conseille vivement. Cette musique de danse n' a pas fini d' influencer les dancefloors de tout les pays. Et peut-être d' autres courants ,pop, expé, rock et l'inévitable Tom Yorke ? Addison Groove en est la preuve et son dubstep d' origine s' en trouve considérablement transformé. L' album n' est pas la même claque ressentie à l' écoute de Bangs & Works mais demeure une phase de l' évolution fascinante du footwork et nous renseigne assez bien sur ce que ce genre va devenir après sa traversée de l' Atlantique. Les anciens se souviendront de la jungle et du breakbeat, vieilles lubies des 90's, mais il est sûr qu' avec le footwork la musique repasse la marche avant. Tiens ? C' est curieux que le label Warp toujours à la pointe soit passé à côté .Cela ne serait tarder. Si il faut trouver des affinités avec d' autres courants musicaux contemporains on peut se tourner une nouvelle fois vers l' endroit d' où très souvent TOUT vient. Le footwork est une musique des ghettos américains et avouez que parfois avec ses rythmiques concassées on peut penser très sérieusement à un autre genre issu des ghettos mais cette fois-ci d' Afrique, l' envoûtant coupé-décalé de Côte d' Ivoire popularisé en Europe par la diaspora de ce pays. Pour en savoir plus sur ce qui a poussé Addison Groove à faire évoluer son dubstep voici sa mixtape publiée par les essentiels Fact Magazine.
- En passant : Carter Tutti Void
Fixez bien cette image. N' avez-vous pas l' impression que le rond central bouge ? Écoutez la musique qui suit et continuez à vous concentrer sur cette pochette d' album. Si vous commencez à vous sentir mal à l' aise et qu' une petite sensation de malaise s' empare de vous n' ayez crainte. Il n' est pas question de sorcellerie ou que les voix que vous entendez vous parviennent du monde des morts. Illusions optiques et sonores tout simplement. Et enfin et surtout, une certaine idée de ce que doit être la liberté au moment de faire de la musique. Chris Carter et Cosey Fanni Tutti ont encore frappé. 36 ans après leurs premières fois. Dans le style on fait de la musique pour vous mettre mal à l' aise et même entraîner des troubles physiologiques c' est pas des novices. Leur casier judiciaire parle pour eux. Allez je lache le nom sous lequel on les connaît mieux. Throbbing Gristle. Les anciens comparses de Genesis P Orridge (cf moteur de recherche du blog) sont de retour avec leurs manipulations de vos sens. Sur ce sujet on peut constater que le temps passé les a un petit peu calmé. A la fin des 70's ils s' amusaient via des ultras sons à perturber le système urinal des spectateurs de leur concert. Bon, le problème, c' est qu' après il y avait la queue aux toilettes et plus personne dans la salle. Ils nous reviennent accompagnés cette fois-ci avec Nick Void (Factory Floor). Ce qu'ils font à présent est toujours cet attirant mélange de bruit industriel et de bidouillages électroniques qui pourrait s' apparenter à un résumé de leur longue et essentielle carrière. C' est aussi une nouvelle preuve des liens historiques ténus entre l'expérimentation (l' indus) et le dancefloor (synth-pop ou acid house). L' occasion de se replonger sur la fascinante mutation que Throbbing Gristle a subi après sa séparation au cours des 80's. Si j' aime un groupe comme Factory Floor c' est ainsi pour les similarités évidentes qu' il existe entre les parcours de l' ancienne formation (Trowbbing) et la nouvelle (Factory) . Mais aussi pour les ressemblance avec que ces deux groupes partagent avec l' évolution de la scène de Manchester entre 1977(punk) et l' explosion dancefloor début 90's. Chris Carter et Cosey Tutti me sont cher pour cela et demeurent l' une des influences majeurs pour beaucoup de musiques et artistes qui m'ont passionné par la suite. Des musiques sans limites issues d' une ouverture d' esprit totale, une vision à long terme, une perpétuelle remise en question et ce refus obtu de suivre les règles et tomber dans la facilité. Bref, tout ce qui explique qu'en cette période de constant retour en arrière le fait de se pencher sur l' après punk(77-85) reste curieusement et bizarrement le plus sûr moyen de ne pas piétiner et continuer la marche en avant. Parce qu'au moment où les gardiens du temple fêtent les 35 ans du punk il est logique et utile de constater que ce qu'il fallait sauver dans ce mouvement ce n' était pas lui et son folklore mais ce qui a suivi. Cette fantastique accélération et progression que fut le Post-punk !
- 48° 56' 88'' N , 1° 92' 57'' O Deuxième épisode. 1997 l' année du changement à la Route du Rock
1996 : Terrible drame à cause d'une poufiasse qui écoutait Ace of Base dans sa voiture! Qu'est ce qu'on est con quand on est jeune et "amoureux" ! 1997 : Que raconter sur ma deuxième Route Du Rock en 1997 ? Assurément ce fut selon moi l' une des plus importante de l' histoire du festival . Et puis il y a ce fameux 15 Août 1997 . Une grosse claque salvatrice et un tournant décisif ! Vécu personnellement comme une sorte de délivrance depuis la fin pathétique de Madchester. Danser avec le bruit. A nouveau. Je vais essayer de vous faire comprendre et revivre cette édition charnière. Comment résumer en deux titres le virage opéré par les organisateurs et le coming-out enfin assumé par ses spectateurs? Voilà ce que l' on écoutait en s' y rendant avec l' une des premières vidéos du festival dispo sur le net. L' autre à la fin. LE CONTEXTE: Je racontais précédemment à quel point la Britpop et sa vision étroite avait dominé l' édition 1995. Pour le meilleur et le pire. Elle et son folklore de la hype continuait à déferler dans le monde indie mais ça allait vite tourner au vinaigre. Juste après la RDR Oasis publiera son troisième album synonyme de redescente brutale sur le plancher des chèvres, The Verve délaissera le shoegaze pour choper au dernier moment le train du succés commercial . Les oubliables Mansun, les vétérans d' Ocean Color Scene et Gene nous avaient déjà franchement ennuyé et on commençait à se lasser grave de la 1589ème écoute du "Village Green" des Kinks. Les Charlatans n' avaient plus qu' à publier leur dernier effort captivant " Tellin stories". Fallait vite passer à autre chose. La première moitié de 97 fut marquée par quelques coups de canon symbolisant la fin d' une époque et ce qui allait nous tomber dessus. Janvier, les Daft Punk sortent leur "Homework". Je danse. Avril: "Dig your Hole" des Chemical Brothers consacre le bigbeat. Je redanse. Primal Scream revient en état de grace avec son "Vanishing point" et ...je reredanse. C' est qu' il faut préciser un truc. C' était plutot statique ma première route du rock et la britpop ne touchait que très peu à l' électronique et au dancefloor. Radiohead alors le vilain canard sort en Juin "Ok Computer" avec ses influences riches et variées et va ainsi s' emparer du trône pour pas mal de temps . Et puis que dire de Spiritualized, Super Furry Animals et enfin et surtout Portishead & le trip hop, Roni Size, la jungle, le breakbeat et la drum & bass . Les germes de ce qui allait devenir le Dubstep étaient déjà présents. Et c 'est pas tout. Nos regards n' étaient plus tournée exclusivement sur l' Angleterre. Si seulement ils l' avaient vraiment été en réalité. L' Amérique nous sauve une nouvelle fois. Pavement, Elliot Smith,Godspeed Yr Black Emperor, Granddaddy, Smog et j' en passe. Et puis n' oublions pas Bjork, la première a s' inquiéter publiquement et à critiquer ouvertement le coté réac de la britpop et le succés des Gallagher. Même les vieux sont présent dans nos playlists, Nick Cave et Robert Wyatt sont en grande forme. Blur avait vu venir la fin de la Britpop avec son album éponyme fortement influencé par Pavement. Damon Albarn ! Quel sacré blagueur. Il avait lancé le concept de la Britpop en réaction au succés du grunge et commençait maintenant à l' enterrer.Adieu Ray Davies et Fred Perry et place à ... ACDC et au look slacker. Voila pour le contexte. Il fallait que la RDR 97 soit raccord avec les goûts de son public et colle un peu plus à l' actualité en délaissant un peu la bulle du rock indie à guitare pour plus de diversité. Ce sera chose faite et de quelle manière! A cette époque pré-internet qu' avait-on à l' esprit en prenant la direction de la Bretagne? On avait des préférés sur lesquels portaient nos espoirs de passer un très bon moment. La route du Rock c' était l'une des rares occasions pour rencontrer nos "amours solitaires". Les tournées étaient moins nombreuses qu' aujourd' hui et quel plaisir de voir de visu ces artistes que nous étions alors peu nombreux à aduler. Les photos dans la presse spécialisée étaient encore plus rares et cette restriction créait un imaginaire chez le fan similaire à celui qu' un enfant entretient avec les contes. C' étaient des secrets. De toute façon les autres s' en foutaient dans la grosse majorité. Existaient-ils vraiment ces artistes ou était-ce juste le fruit de l' imagination d' un journaliste vicieux pour faire rèver son lectorat ? Et bien oui, ils étaient vraiment fait de chair et d'os et en plus on était plein à les aimer. C' était ça aussi l' un des intéret de la RDR, se sentir moins seul au pays de Johnny et de Patrick Bruel. REVUE D' EFFECTIF En 1997 les attentes et les rèves se portaient sur les Boo Radleys, Swell, les gentils Autour De Lucie, Dinosaur Jr, Placebo (arhg !), Eels. Mais l' effet de surprise était encore possible et même désiré. Nous n' avions pas accès facilement à une partie de la prog et les noms inconnus revêtaient les habits d' un passionnant mystère à percer absolument. Nous adorions ça. A présent quelques clics et on peut se faire un idée des choses qui nous attendent. Moins de surprises. Un bien pour un mal. En 1997 les nouvelles têtes firent même de bien meilleurs impressions que les connus et l' effet "claque" fonctionna à merveille. C' est bien simple je ne me rappelle même pas avoir vu Dinosaur Jr. Jay Mascis a-t-il seulement daigné dormir avec les chèvre? Et que dire de l' habituelle déception procurée par les Boo Radleys en live. Ils couraient après le succès d' Oasis délaissant ce qui faisait le charme de leur premiers efforts. Le groupe n' y survivra pas. Eels & Autour de Lucie ? Bien mais sans plus. Placebo se révélera enfin à nos yeux tel qu' il a toujours été. Du bluff. Je ne parle même pas de l' accident cette année-là qu' est demeurée la présence à Saint Père de Louise Attaque . On ne peut taxer les organisateurs d' opportunisme, le groupe décollait à peine dans les charts et en Août il n' était pas encore le phénomène populaire qu' il deviendra. La raison ? Peut-être le cousinage avec la musique des géniaux Violent Femmes et donc le point de rencontre qu' ils représentaient entre la chanson française et le rock indie. Bref, Dominique A en nettement moins bien. Les seuls a s' en sortir haut la main parmi les favoris seront Swell. Quel grand moment quand l' émotion s' empara du groupe américain sur scène devant l' accueil que le public malouin leur réserva. Rien à voir avec le mépris rencontré chez eux. Je revois encore cette banderole artisanale confectionnée par leurs fans. On se serait cru à un concert des 2Be3. Mais à la Route du Rock c' est bien connu que les losers de certains deviennent les idoles des autres. Cela augurera d' une certaine manière la relation que des groupes comme The National entretiendront avec le festival après leur explosion médiatique hors de la sphère indie. DANSER AVEC LE BRUIT (d' où qu' il vienne) A quel moment précis tout ceci bascula vers la folie ? Quand tout changea et la RDR cessa définitivement de ressembler vaguement à la caricature véhiculée par certains. C' est à dire un simple festival de popeux fermés d' esprit nostalgiques des Smith . Si je me souviens bien c' est le deuxième jour que le truc gigantesque se produisit." Retenez bien la date les petits enfants" , (faut bien coller à son image, lol). Le 15 Août 1997 aux alentours de 19 heures. Un cataclysme comme j' en ai peu connu dans le fort . 10 sur l' échelle de Richter. C' est bien simple j' ai bien cru que l' on allait voir débouler Haroun Taezief et Hubert Reeves dans les douves pour étudier le machin. Juste avant la tombé de la nuit et la traditionnelle galette-saucisse. Il faisait beau et chaud. Passablement enfumé , imbibé , le bob vissé sur ma tête je me rendis au point de rendez-vous. Mi-chemin scène-régie, à Droite . Le groupe d' ami se reforma, bavarda, et s' amusa innocemment. On se passa le mégot et les plus courageux s' occupèrent du ravitaillement en houblon des troupes. Et il le fallait ! Le son du dj interplateau diminua et les plus aventureux sans trop se douter de ce qui se passerait s' approchèrent de la scène. Le deuxième concert du jour allait commencer. Le premier? Oublié. Et puis d' un coup le public popeux malouin s' est rappelé de deux choses . Deux choses toute simples et si évidentes pourtant. Deux bidules que le rock indie avait eu lui aussi tendance à oublier en ces temps-là. Primo nous avions un corps. Secundo nous aimions danser. Nous avions grandi aux sons de l' acid-house, des raves, de l' hacienda, de Madchester. C' était inscrit dans nos gènes. Oublié les Smiths et leur maladroit "Hang the Dj". On s' est pas méfié quand les premiers signes de l' éruption volcanique apparurent sur scène. Et pourtant ! Ils venaient d' Islande terre réputée pour son activité tectonique. Comme Bjork. La démarche sautillante d' Hafdis Huld, la danse robotique du type de gauche, les spasmes du chanteur, les deux dj affairés derrière leurs machines. Pas une guitare sur scène et surtout pas de pause popeuse étudiée dans les archives de Top of The Pop. De l' hédonisme pure à 100 % . 40 minutes d'une fusion de la glace et de la lave . Et c' était pas fini. On venait de se faire faucher par GusGus quand deux malfrats anglais décidèrent que cela ne suffisait pas. Qu' il fallait en remettre une couche. Double effet Kiskool pour tous! A peine le temps de choper une bière et rouler une cigarette que la voix samplée de Country Joe nous ordonnait de refoutre le bordel. Et toujours pas une guitare présente sauf dans les samples. Ils avaient un look britpopeux mais leur musique ne singeait plus les Kinks ou les Stone Roses séparément et exclusivement. Elle les malaxait sans distinction et nous rejetait à la face les évidences déjà écrites ultérieurement. Ne jamais oublier son corps ! Comment rendre palpables les sensations ressenties avec les claques GusGus et Death In Vegas de ce 15 Août 1997. Le Fort Saint Père n' était plus seulement un lieu de concert mais enfin un dancefloor à ciel ouvert. Vous n' aurez qu' un bref et trop sommaire aperçu avec ces deux vidéos mises bout à bout. Cessez la lecture et laissez-vous emportez. Pour en être encore plus proche de ce sentiment de fraîcheur écoutez juste avant le lourdaud "All i want to do is rock" des inégaux Travis présent également cet année-là. Mais je vous le jure ! Ce fut l' apocalypse ! Une délivrance. Ces deux groupes étaient en état de grâce cette année là. Si l' avenir sera plus dur et moins époustouflant pour les nordiques les deux anglais sauront évoluer magnifiquement. 1997 ne doit pas être résumé à ça. Un autre trait caractéristique est à garder en mémoire. L' arrivée en masse de nouveaux sons en provenance de contrées éloignées du simple rock indie. "Mondialisation" fut aussi le maître mot de la RDR 97 avant d' être synonyme de délocalisation & dérives libérales. Petit rappel politique, l 'année suivante sera créée Attac et l'achat des inrocks devenus hebdomadaire se doublait de celui de Charlie Hebdo. FunDaMental, Asian Dub Foundation et Natacha Atlas nous firent voyager et perdre les oeillères avec des prestations vraiment réussits. Je parlais de Trip hop tout à l' heure en évoquant Portishead. Un groupe se chargea de faire le lien entre ce courant et les cultures Rave et Lads. Un groupe sur la corde raide. On n' en reparla plus par la suite. Sont-ils tombés en enfer ? Probablement. Mais leur prestation schizophrène teintée de douce folie et d' un désespoir malsain me marqua à vif. J' avais aimé leur album avec son packaging ambigu et j' étais fin prêt pour être cueilli par les malsains mais salvateurs Monk & Canatela. CONNERIES DE 1997 Des souvenirs plus perso de l' édition 97 ? Ces trois jours là furent parmi les plus beaux de 1997. Les seuls à retenir en ce qui me concerne. Étudiant ne sachant que faire de son avenir je prenais la direction du mur qu' est le passage à l' âge adulte. En Mai-Juin la gauche molle venait de repasser au pouvoir grace à la connerie Chiraquienne (dissolution) et le soir de la victoire électorale de Jospin je ne trouvais pas mieux pour exprimer mon allégresse que de me passer en boucle le "Perfect Day" de Lou Reed. C 'est dire l' euphorie. Et en 2012 ? Hum... Heureusement que la RDR était là. Une inoubliable année artistique ne pouvait qu' être associée à un de ces faits d' armes de connerie majestueuse devenus légendaires. "Nous partîmes 50; mais par un prompt renfort Nous nous vîmes 200 en bouclant le 2ème tour des douves" Corneil JoJo(1997) Une manif improvisée je ne sais foutrement pas pourquoi dans les douves à 3 heures du mat avec pour slogan "Libérez les cochons du bassin d' Arcachon". Le tout derrière une banderole récupérée à la va-vite et tout aussi surprenante, Télérama !? Nous étions jeunes, cons et déjà sans trop d' illusions sur l' avenir de notre société. Alors tourner en dérision une potentielle arme politique était peut-être finalement un cri à peine masqué de désespoir . De nouvelles têtes apparaissent dans la transhumance annuelle du popeux limogeaud. Parmi lesquelles la toujours réconfortante présence à nos cotés d' une gamine pas encore majeur dont il a fallu convaincre ses parents pour qu' elle puisse elle aussi en profiter. Une autre dénommée bizarrement "Grouik-Grouik" (l' âge d' or des Guignols en est la raison) sera épatée par la plastique du guitariste de Sneaker Pimps. Ce dernier se fera connaître plus tard avec la BO du navet "Les Chevaliers du Ciel" avec Clovis Cornillac. Comme quoi, la Route du Rock mène à tout. Je crois bien aussi qu' une étrange silhouette de forte corpulence commençait à me devenir familière.La réunion dans un lit de la Corrèze et du Pays Basque avec moult détails ce sera ,je vous le promets, pour le prochain épisode. Et voici pour revenir sur ce tournant de 97 ce que l' on écouta après l' édition 97. Le single "High Noon" de Dj Shadows. En général on jumelait avec sa face B, le remix de "Organ Donor", déjà présent sur l' album de l' année précedente. Passé cette année-là je n' ai plus souvenir d' avoir entendu Shed 7 et Gene en soirée.
- 48° 56' 88'' N , 1° 92' 57'' O. Premier épisode, Route du Rock 1995.
Savait-il le gamin de 21 ans dans le train Limoges-Poitiers le 18 août 1995 que le voyage commencé allait se répéter de très nombreuses fois à l'avenir? Qu'il prendrait l'apparence aux yeux de son entourage d'une sorte de coutume et ce bien malgré lui et à tort? Avec cette dernière il peut arriver que l'on sache plus vraiment pourquoi on la pratique. Pour la RDR ce n'a jamais été le cas. Le même enthousiasme que pour la première fois. S'il se trouvait quelqu'un pour le lui prédire, je me demande bien ce qu'il aurait répondu le gamin? Il l'aurait très certainement renvoyé sur les roses le devin du jour. A cet âge on ne veut surtout pas ressembler à ses parents et leurs "ridicules" rituels annuels. Je vais bien sûr évoquer des souvenirs musicaux. L'évolution de la musique indie, des modes, du public, des styles, des courants. Vous comprendrez que ce qui pousse à faire le pèlerinage est principalement la passion. La passion pour la musique mais aussi des choix philosophiques, politiques et un besoin profond de se ressourcer au fil du temps. J' évoquerai aussi des trucs plus personnels. Il fait partie de nos vies, de notre histoire. Certains se rendent au stade tous les dimanches, d'autres c'est un bon restaurant mensuel ou la séance de ciné hebdomadaire. On se remémore les vacances et on tisse des liens avec l'histoire familiale. "La petite? Elle avait quel âge pour notre visite de Fort Boyard? Tu Te souviens? On l'avait perdue dans la foule. Oui parfaitement, c'était l'année du décès de la tante Simone. On avait du écourter notre séjour". Parfois, c'est juste une réunion de famille avec l'arrivée de nouvelles têtes et l'irrémédiable départ de certaines. Le temps s'écoule devant toujours les même endroits. Finalement, ils sont les seuls témoins qui peuvent raconter l'histoire dans son intégralité et les pierres du Fort Saint Père en ont des choses à raconter sur mon compte et sur d'autres. Pour moi c'est à la mi-août que ça se passe. Je vais à La Route du Rock à Saint Malo. J'ai vu évoluer la Route du Rock et la Route du Rock m'a vu grandir, changer, douter, pleurer, tomber amoureux et bien sûr vieillir. Et puis se rendre à un festival de musique c'est toujours mieux que passer tous ses étés dans de moches cités balnéaires du Roussillon. Surtout s'il s'agit DU festival "pas comme les autres". La première fois : Il a fallu que mon pote Seb me pousse à y aller. J'étais plutôt tenté par le soleil de la première édition du festival de Benicassim. Mes parents se rendant dans le Roussillon, il m'aurait été facile de prolonger jusqu'à la province de Castellòn. L'affiche espagnole était hallucinante: Jésus & Mary, Ride, The Charlatans, Carter Usm etc... Ne trouvant personne pour m'accompagner en terre espagnole, je décidai d'y aller à ce foutu festival Breton. De toutes façons je ne prenais pas trop de risques, Bernard Lenoir était de la partie. Si Dieu le père s'y rendait alors ses apôtres se devaient de le rejoindre. Vous êtes-vous déjà rendu compte à quel point certaines habitudes sont vite prises au cours des années? Premières foulées dans le fort et petite inquiétude des limogeauds loin de leurs terres. "Comment fait-on pour se retrouver? Et si on allait là sur la droite, à mi-chemin entre la scène et la régie? Ok !". Ainsi en 1995 pour la première fois et pas la dernière, je me suis également perdu dans Saint Malo, promené le long de la Chaussée du Sillon en me méfiant des mouettes (l'avenir me donnera raison), j'ai rouspété sur la horde de touristes avec leurs garnements dans Saint-Malo intra-muros, gueulé que les restos étaient trop couteux, pesté contre le lever tardif de mes compagnons, cherché Lenoir, trouvé Soulier, attendu devant chez Sanchez, glacier de son état. Et puis et surtout, mangé, brossé mes dents, acheté des bières, pissé et chié au Cora de Saint Jouan des Guérets. Bref, avec Seb, Magalie, Angeline, Stéf & le plus grand des "frères pétards", nous découvrions les jalons obligatoires de ce qui allait devenir un pèlerinage pour nous et bien d'autres. Je ne cite pas la séance de toilette collective dans le cimetière de Châteauneuf d'Ille & Vilaine, je n'ai jamais pu trouver par la suite des personnes tentées par l'expérience. Mais je vous la conseille. Premiers plantages de tentes dans les douves et première anecdote : - Seb : Je crois que Miossec commence. - votre serviteur : Non c'est pas lui; écoute bien il s'agit de son CD - Angeline: Tu as raison ça y ressemble comme deux gouttes d'eau. -Seb : C'est curieux tout de même ? -votre serviteur : Fumons ce que l'on a, buvons une bière et je fais le pari que c'est pas Miossec. - Seb : Ok Quand on entendit Miossec beugler "Salut" au bout d'une demi-heure et trois binouzes, nous comprîmes que le concert se finissait. C'est le meilleur concert de Miossec que j'aie jamais vu. Les moments forts de cette première Route du Rock ? Cette édition 95 a lieu en pleine Britpop et la programmation s'en ressentira. Pour le meilleur et pour le pire. A cette époque le festival sera souvent caricaturé. "Rassemblement de popeux refermés sur eux-mêmes et manquant sérieusement d'ouverture d' esprit" ai-je entendu. Mais aussi pêle-mêle: "élitisme", "intégrisme", "chiantissime", "festival de coincés" etc... L'évolution de la programmation contredira évidemment les ignorants. Mais il est clair que l'année 95 ne sera pas un grand cru artistique. A quoi peut bien ressembler un individu de très faible corpulence pris de son plein gré dans un pogo pendant Menswear? Très simple. Une boule de flipper. Grand souvenir de bousculade juvénile pendant leur concert. Et ce type qui ne cessait pas de brailler entre les morceaux: "Miossec au secours!". Il portait un t-shirt des Bérus. C'était le temps de la guéguerre Alternos contre Popeux indies. Le type n'a pas du revenir. Et puis il a perdu la guerre. Artistiquement, ouf ! Politiquement, merde ! Menswear, l'archétype du groupe porté aux nues par la presse britannique. La chute ne sera que plus dure. Et pour moi ce groupe et bien d'autres serviront de vaccin contre toutes formes de hype à l' avenir. Je crains que le destin d'une Lana Del Rey ne soit similaire à celui des Menswear. Etaient-ils bons les Menswear ? Un petit peu et c'est tout. Mais pas exécrables. Les seconds couteaux de la Brit Pop à l' instar de leur aînés de la mi-60's nous pondaient des singles très accrocheurs. Mais sur la longueur d'un album ça ne marchait plus. Et puis des gens comme moi étions à l'époque en pleine schizophrénie. Les vêtements évoquaient le nombrilisme et la nostalgie réac d'Oasis et Blur pour plaire à ces mesdemoiselles, mais seuls le soir dans nos chambres nous nous masturbions sur Aphex Twin, Autechre, Leftfield, Scott Walker avec son "Tilt", Bardo Pond, Goldie et le post-rock. D' autres souvenirs pêle-mêle ? La classe avec laquelle Marijne van der Vlugt de Salad sirotait du vin au goulot, ma montée d'hormones devant la chanteuse de Powder, le stage diving hallucinant du batteur de ces derniers pendant Supergrass, l'ennui et la déprime pendant le concert de Gene, la veste en cuir du chanteur de Marion, le saut dans la batterie de la chanteuse de Skunk Anansie qui avait été la révélation du festival. Merde! Pas ça! Moi j'avais préféré Dominique A, Supergrass malgré une petite forme due à leur tournée des festivals, et The Bluetones . J'assume pour ces derniers. Ecoutez leur superbe "Bluetonic" et vous discernerez l'énorme influence des La's et des Stone Roses sur la Brit Pop. Le festival ne durait que deux jours cette année-là. Les nuits dans les douves écrivaient alors leur légende. Nous avons découvert ces soirs-là toute la folie et l'humour du breton imbibé. Ainsi un petit type que je n'ai jamais revu se chargea de l'animation devant les campeurs réunis autour d'un unique feu de camp. Prenant sa bière pour un micro, je dois avouer qu'il nous fit une bien meilleure prestation que celle donnée par son compatriote de Brest quelques heures plus tôt. Sa copine, un peu fâchée, décida qu'était peut-être venu le moment de planter la tente et lui tendit la perche servant habituellement à soutenir la toile. "Prends cette perche et aide-moi à monter la tente au lieu de raconter des conneries". Éclat de rire général. Le petit homme la pris au mot et, s'emparant de la perche, s'élança en criant "Bubka me voilà!". Je ne sais pas quelle hauteur atteignit notre athlète d'un soir, mais une chose est sûre, depuis ce formidable saut j'ai compris pourquoi mieux vaut un matelas pour la réception qu'un feu de bois. Plus tard, nous croisâmes un type de Limoges que nous ne connaissions pas. C'était pas la première fois. Par timidité, nous ne lui avions pas adressé la parole. Ce mec demeura une énigme et une légende pendant des années. Qui pouvait bien être le mystérieux "mec au T-shirt des Boo Radleys" de Limoges que l'on ne croisait que dans les bons concerts? On a mené notre enquête. Fait intervenir les RG, le Mi5, la CIA. Sans résultats. Fallait nous comprendre. Les mecs qui écoutaient de la musique pas comme les autres n'étaient pas légion sur Limoges. Ni ailleurs non plus. C'était ça aussi l'importance d'aller à la Route Du Rock. Le seul festival qui programmait des trucs que l'on adorait. On y allait confiants. Si nous ne connaissions pas tous les groupes, on ne risquait pas de trop grosses déceptions. C'était un emblème. Un signe de reconnaissance. En 1995, si tu lisais les inrocks, la presse anglo-saxonne, et que Bernard Lenoir était ton sauveur des ondes radios, tu te devais d'en faire partie. De toutes façons nous n'avions pas trop le choix. Fouillez dans les archives et listez la prog des autres festivals en cette année 95. Y avait des pépites mais enfouies dans la vase d'un rock plus mainstream ou caricatural. Le courant indie était très peu représenté. Avec le recul, il est à présent facile de dire que la prog de Saint-Malo suivait ou précédait parfois les évolutions et les changements importants de ces 20 dernières années dans la musique. Elle collait à l'actualité et tenait largement son rôle de défricheuse. A l'époque, on s'en rendait même pas compte. Quoique... Je vous le répète. Se rendre à la Route du Rock ça signifiait quelque chose. Et pas uniquement en rapport direct avec la musique. 16 ans après. Printemps 2011. Concert des Crocodiles à la Fourmi. Il est là! Devant moi! LE type. "T-shirt Boo Radleys RDR 95". Le vrai. En chair et en os. Et en plus il est avec un pote à moi. Je l'agresse direct. Moi : "Tu serais pas le T-shirt des Boo Radleys à la route du Rock 95 ? Lui : "Ben ouais". Les autres : hallucination collective ! Le dimanche fut moins drôle pour moi. Il faisait beau et chaud . Malgré cela j'étais vêtu du pull d'une amie. Le climat de 1995 avait transformé le Fort Saint Père en un vaste désert de poussière. Tu rajoutais la sueur et les jets d'eau pour rafraîchir les troupes, et les t-shirts blancs devenaient marron et immettables sous peine de passer pour Gérard Holtz après le Dakar. Les plus jeunes risquent de ne pas me croire mais c'est vrai. Un t-shirt et un pull léger suffisaient pour nos soirées malouïnes. N'ayant pas donné signe de vie depuis un bon bout de temps, je me décidai enfin à reprendre contact avec mes procréateurs. La conversation fut glaciale et coupa net l'euphorie que cette première édition avait suscité en moi. Nous repartîmes de Bretagne et tout au long du trajet la phrase de ma mère me revenait à l' esprit."Ta grand mère ça ne va pas. Il faut que tu reviennes le plus vite possible". La pierre angulaire de mon enfance commençait ce que l'on appelle une lente et douloureuse fin de vie au moment même ou un autre repère apparaissait dans mon existence. Comme une sorte de passation de pouvoir sur ma destinée. J'y repense à chaque fois que je "monte" à la Route du Rock. Première fois et déjà le hasard faisait que ce festival et mon histoire personnelle s'entrelaçaient solidement. Je revois encore les images du retour, le défilé du paysage et ces deux morceaux en boucle dans le walkman sony offert par la petite dame en noir. Gene s'avéra utile ce jour-là et la suivante piquée chez Lenoir quelques semaines plus tôt annonçait un disque que nous allions tous écouter en boucle par la suite.
- James Ferraro, ou la veste en jean qui révolutionne la musique
Si vous êtes observateur, vous avez probablement remarqué dans les articles de ce blog l'omniprésence du type à la veste en jean vestige des 80's. Mais aussi mon agacement des musiques nostalgiques faites de nos jours et mon obsession pour tout ce qui ressemble à un renouveau. Qu'il soit mondial ou régional. Si John Maus, par sa personnalité et sa musique, fait s'emballer mon rythme cardiaque, que dire de l'effet de James Ferraro sur mes neurones? Si l'hypnagogique-pop est pour beaucoup dans la volonté de créer ce blog, alors faire un papier uniquement sur James Ferraro est une évidence. Une obligation. Parfois les évidences tardent à se dévoiler dans votre esprit. J'ai un bon outil de repérage pour savoir ce qui me passionne dans la musique, mes liens Facebook. James Ferraro, depuis 2009-2010, truste la tête du classement avec John Maus. Je n'ai reçu qu'une seule réaction en 2 ans. "C'est quoi? Une pub pour l'Ipad?". C'est vrai que la première rencontre avec lui peut désarçonner. Si je veux retrouver au fond de ma mémoire l'équivalent, il faut remonter à celles en 1990 avec My Bloody Valentine ou Autechre avec "Tri Repetae" vers 1995. Le truc qui peut fausser votre jugement et faire passer à côté du caractère nouveau du machin, c'est l'utilisation de sons connotés d'une époque révolue. Petite différence avec MBV et Autechre. Leurs sons étaient neufs et porteurs d'une intense étrangeté. On les avait très peu entendus auparavant. Avec Ferraro, les sons sont connus mais l'étrangeté est toujours présente. C'est une vue d'ensemble qu'il faut adopter. Un truc important concernant le frisé est à signaler: il n' utilise pas de sample piqué chez d'autres artistes. Il élabore lui-même les morceaux qu'il samplera et mélangera par la suite. La démarche est proche de celle de Kevin Shield qui passait des heures et des heures dans sa cave à expérimenter toutes sortes de nappes de sons avec sa guitare et ses pédales d'effets pour ensuite les incorporer dans ses chansons. On ne savait plus d'ailleurs si ses samples étaient de simples rajouts ou s'ils étaient à l'origine du morceau . Observez bien; c'est plutôt rare finalement. Le sampler est l'instrument roi dans tout ce qui se rapporte de près ou de loin à une évolution dans la musique depuis 20 ans. Quand les Animal Collective à la culture indie se décident à former un groupe, leur mot d'ordre est : "Faisons de la musique indie mais sans guitares", "Créons des morceaux en se servant du sampler comme Dylan & Wilson le faisaient avec leur guitare et leur piano". Ce jour-là, ils prirent une assurance tous risques contre un retour en arrière. James Ferraro, à l'instar des Animal Collective et de Kevin Shields, ne pense qu'à une chose, faire de la musique. Encore et encore. Depuis le début, il travaille beaucoup sur le grain du son. Il déclare avoir été marqué à vie par celui que possédait le son d'un disque passant à une vitesse ralentie. Dans son processus créatif, apparaissent très vite l'utilisation et la maltraitance du matériel sonore provenant des vieilles cassettes audios et VHS. Les deux premières vidéos en sont le fruit. En 2011 Ferraro sort "Far Side Virtual", et ce qui demeurait une interrogation à mes yeux est devenu un fait avéré, James Ferraro est un vrai génie. Que demande-t-on à un génie sinon d'accélérer le cours de l'histoire tout en nous poussant vers une remise en question salvatrice? Avec "Far Side...", il laisse un peu tomber les synthés 80's et s'empare des possibilités numériques des 90's (cf article sur Rustie). Certains vont penser que Ferraro et la musique souvent mise en avant sur ce blog "c'est un peu chiant". Il faut qu'ils comprennent bien une chose. Je me répète mais je juge cela essentiel. Je veux porter le T-shirt qu'affichait Genesis P Orridge vers 1975 (!) , " Rock'n'roll is for arselickers", Le Rock'n'Roll c'est pour les lèche-culs". Celà ne m'empêche pas d'en écouter de temps en temps, mais se référer constamment à cette référence ferme des portes. Y a pas que le blues, le rythm&blues et la folk sur cette terre. Y a une semaine on me demandait mon avis sur Trailer Trash Tracys, groupe dream-pop shoegaze un peu trop light. Je n'osai pas faire part de mon ressenti complet par peur de passer pour un éternel grincheux et je me contentai de dire que le seul morceau du groupe qui me passionnait réellement était le remix effectué par Ferraro de l'un des titres des Trailer Trash. Écoutez l'original, meilleur morceau de l'album qui plus est, passez ensuite au remix de Ferraro, et vous comprendrez que ce dernier vit dans le futur, contrairement aux Trailer. Il est ailleurs. Le fossé qui s'est creusé entre certains fans et groupes de musique s'affiche clairement ici. La musique fait trop dans le recyclage et elle s'est perdue. L'essentiel n'est plus vraiment là. Elle est à l'image du personnage de la photo de fond de Dancing In The Noise. A la croisée des chemins. Lequel prendre. Pour affronter l'inconnu, pouvoir faire un choix et se repérer, il n'a pas beaucoup de solution. Et il a abusé d'une. Le rétroviseur, l'autre photo du blog. Avouez que pour la conduite ça devient risqué. Amusez-vous à ne regarder qu'en arrière sur l'autoroute. Le rail de sécurité ou le 3 tonnes vont vous stopper net si vous n'avez pas le bon réflexe, mais même dans ce cas-là votre vitesse va considérablement ralentir et votre marche en avant cesser. Et la musique se retrouve à l'arrêt, plantée au beau milieu d'un désert. Qu'est-ce qui est en jeu ? Le rôle que la musique doit tenir dans nos vie tout simplement. Doit-elle n'être qu'un simple divertissement et servir juste d'illustration vaguement raccord à nos vies, ou être une extension de ce que l'on est. De ce que l'on ressent, de nos rêves, nos dégoûts. La musique doit-elle simplement être un moyen de fermer les yeux devant le monde ou devenir une aide et surtout un moyen de changer les choses? J'ai fait mon choix depuis des années. James Ferraro et John Maus sont là pour ne pas le regretter. Il m'arrive de fantasmer sur d'improbables soirées. James Ferraro, John Maus, Ariel Pink et leurs copains refont la musique et ainsi le monde jusqu'à pas d'heure tout en se demandant comment changer le cours des choses. Un peu comme auparavant d'autres vénéraient cette fameuse photo représentant les papas du punk, du post-punk et de la New Wave. Ou encore cet autre instant saisi au cours de l'enregistrement de la plus novatrice et importante trilogie de tous les temps. Les deux photos étaient sur les murs de ma chambre d'étudiant, à côté de celle de Nirvana. Le choix à faire sur un mur. Devinez laquelle des trois sauterait si je redevenais cet adolescent. En 2001, un disque pourtant revivaliste se révéla un énième électrochoc dans ma passion. Eh oui, quand c'est vraiment bon c'est possible. Je me suis souvenu de la Brit-pop des 90's. J'en ai gardé l'envie et la curiosité pour la musique qu'elle déclencha en 1993, mais j'ai bien fait attention à délaisser son égocentrisme et son étroitesse d'esprit et de goût. Je voulais que la musique me serve pour exprimer ce que je ressentais. Et que ce soit toujours raccord. Le groupe de 2001 continua sa carrière, et ce qui était en 2001 le symbole de la passion, de l'émotion, de la manière d'aborder la vie, est devenu plus connu. Mais la musique avait perdu tout l'esprit révolutionnaire, et servait à présent ce que nous voulions foutre en l' air. La "bonne" musique ne doit être utile qu'à vendre, pas à changer le cours des choses. Voilà le message de cette pub. Ils prennent ce qui est un éventuel danger, et en le détournant retournent l'arme contre ses créateurs, l'ennemi. Et l'ennemi, c'est nous et notre désir de changement. Pas sûr que ça marche avec James ferraro. J'espère... Tomber sur ça après Fukushima, avouez que ça fait fussoir. En écoutant les Strokes en 2001 je ne pensais pas devenir pro-nucléaire.














