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- Spectres ou, shoegaze dark contemporain.
Les hasards du calendrier des sorties de disques peuvent se révéler absolument dégueulasse. Surtout pour certains. A Place To Bury Strangers sort son 4 ème disque, "Transfixiation". Pas mauvais mais pas génial non plus. Surcharge de bruit et mélodies mille fois connues etc etc. Malheureusement toujours ce soupçon de déjà vu. Là où le moment choisi pour un 4ème album un brin répétitif peut s' avérer donc si terrible c'est si des jeunes pousses décident au même moment de balancer à la face des vieux une leçon de fougue, de renouveau et d' inventivité. Pour APTBS ce qui ne devait s' apparenter qu' à un accueil poli et gentil par respect de leurs lointaines grandes heures va se transformer en inévitable comparaison assassine. Tout bon fan de noise-shoegaze se devaient de fermer les yeux mais cette fois c'est fini, on oublie et on passe à Spectres. Spectres ? L' antidote suprême aux déboires des Place . Spectres offre à la planète noisy-shoegaze une bien belle surprise. "Dying". Dès le titre on comprend que l'on va pas se retrouver chez les bisounours nostalgiques des 90's tant chéries chez Pitchfork. Le shoegaze et le bruitisme retrouvent l' aspect étrange, hérétique et puissant de leurs origines. On peut dire que Spectres aime l' expérimental, les limites du supportable mais se serait restrictif. Derrière le boucan, les drones, les aigues il y a les mélodies. Des mélodies plus si fréquentes chez leurs aîné de New York. Sur ce point, de mémoire de shoegazer, il y a bien longtemps qu'un tel niveau n' avait pas été repéré chez des suiveurs de MBV. Spectres a oublié le copiage simpliste en s' appuyant sur le mots Bloody. On plane chez eux mais alors en mode étouffant à vous faire saigner des oreilles et du nez pour cause de pression atmosphérique insupportable. Sombre aussi. Les textes parlent de mort, d' alcoolisme et de maladie évitant les clichés du style, solitude, adolescence, pluie et brouillard au son de la voix de Liz Phraser dans le cocon chauffé de votre chambre. On est pas nostalgique ici, juste objectif devant un présent abominable. Les Spectres sont allés chercher non seulement les racines shoegaze british, le songwritting pop et l' art de faire cohabiter le bruit et les mélodies pop (Jesus & Mary Chain) , mais aussi le savoir faire des influences américaine et leur quête d' expérimentation, Dinosaur Jr et Sonic Youth comme le démontre "Family". Dans ce titre Thurston Moore semble hésiter entre indie-pop et post-punk. Mais pas seulement. Dès l' attaque du disque on pige que ces anglais appartiennent à la même époque que la scène dark ambient électro de leur pays. Leur guitare ont un étrange parfum de ressemblances avec les bidouillage électroniques d'un Powell, "Sink" et "Lump" avec leur chant incantatoire peuvent évoquer aussi bien les Liars que les récents Paper Dollhouse, Demdike Stare ou même James Holden pour le coté trivial/ethnique. L' aspect sombre est encore plus prononcé que chez les Cocteau ou les Jésus de "Darcklands". Plus Haxan Cloak et Vatican Shadows. Si on doit trouver la preuve que ce disque et le groupe ont réellement quelque chose à dire contrairement à beaucoup d' autres formation c' est vraiment sur ce gôut épicé et prononcé de l' anormalité qu'il faut s' arrêter. Goût que depuis longtemps on ne retrouve plus chez bon nombres.Cela vient de cette volonté farouche et fcourageuse de plonger un peu plus dans la double genèse du genre sans s' attarder sur son apogée. De se souvenir que le rock-noisy et le shoegaze étaient des genres underground et méfiés plutot que ce qu'il est devenu, un style digéré, mâché et recraché de temps en temps dans les festivals d' été. D' aller au-delà des chemins foulés et des habitudes. D'un coté la culture noise et indus avec son agressivité et sa volonté du zéro compromis issue du punk, de l' autre la passion pour les refrains qui font mouche du psychédélisme, les mélodies ensorcelantes d'une dream-pop plus sage. Le tout enveloppé dans des nappes sonores brumeuses et expérimentales maîtrisées comme rarement. Et encore un disque shoegaze merveilleux en 2015 depuis Paper Dollhouse, Pinkshinyultrablast, Kairon ! IRSE, et même le Cabtu-Ledesma.
- Paper Dollhouse ou, les sylvidres sont revenues pour vous hanter.
Il y a parfois des disques qui, par leur simple beauté, et sans aucune considération artistique réfléchies, vous propulsent aux plus profonds de vous même à la rencontre de puissantes émotions du passé. Des disque qui saisissent par le bras l' adulte que vous êtes devenu et vous prouvent que dans votre passion pour la musique, sans parler de nostalgie abêtissante , vous avez peut être toujours rechercher ce frisson bien précis, une sensation grisante et ambiguë datant de votre enfance. La sensation originel. Hier soir j' ai écouté un disque. Un disque glaçant, magnifique. J' étais allongé dans mon lit. Seul. Mon amour étant auprès de mon autre petit amour. Le casque sur les oreilles, dans l' obscurité, j' ai fermé les yeux. J' ai senti peu à peu mon âme d' enfant reprendre le pouvoir, oublier un instant ma coquille charnelle d' adulte pour affronter un imaginaire longtemps disparu de mon quotidien. Un univers froid, désert, lugubre et à la fois attirant. Des territoires chimériques où des êtres angéliques, vénéneuses et envoûtantes à la fois, me charmaient autant qu'elles me terrorisaient. Entre femmes fatales et mères aimantes. J' ai flirté avec des peurs et des plaisirs ancestraux de mon histoire de vie par la simple grâce d'un disque. A un instant j' ai senti une joie intense et une frayeur mille fois recherchée. Un souffle glacé sur mon cou. C' était bien celui de très vielles connaissances perdues de vue. Elles étaient revenues. Les sylvidres de mon enfance. Paper Dollouse est entré dans ma vie comme ça. Provocant cette évocation de ma jeunesse télévisuelle. Et oui que voulez-vous, les conteurs d' autrefois, les tenanciers de l' art oral avec leurs légendes et leurs histoires du passé avaient déjà laissé leurs place au coin du feu à la modernité médiatique. Ces femmes végétales dangereuses venant des tréfonds de l' espace. Belles et perfides. Perfides quand elles anéantissaient et trompaient la race humaine et pourtant si belles quand elles apparaissaient et mouraient. Ces êtres à la peau blafarde qui prenaient feu laissant entrevoir leur corps somptueux quand les flammes vertes et bleues avaient eu raison de leurs vêtements. J' en ai fait des cauchemars de ces créatures. Ou étaient-ce des rêves érotiques ou des évocations maternels? Astrud Steehouder et Nina Bosnic nous viennent de Londres, copine d' Andy Votel, elles se propulsent avec leur " Aeonflower" au panthéon des beautés givrées et intouchables découvertes ces dernières années. Quand certaines chanteuses prennent l' apparence sonoresde mes "Sylvidres" de l' enfance. Ces voix angéliques évocatrices tour à tour de la richesse de la vie et de la naissance puis, de la mort et la désolation. Les Julia Holter, Julianna Barwick, Zola Jesus, Liz Harris (Grouper, Mirroring, Ruins), Group Rhoda, Camella Lobo de Tropic du Cancer. Parfois c'était même des hommes, James Blake et Bryan Pile d' Ensemble Economique. Des Sylvidres déguisées pour mieux nous tromper? Les deux anges de Paper Dollhouse s' étaient fait connaître il y 4 ans avec un disque folk très beau et intriguant par ses emprunts aux manières de la musique hauntologique. Ainsi l'on pouvait reconnaître des références appuyées à la pop 60's, Scott Walker et France Gall, voir plus proche dans le temps, l' inévitable Arthur Russel. Un disque où le classicisme folk/lo-fi se mêlaient à la modernité des techniques issues de l' ambient, pédales d' effets, sample de sons du quotidien ou issus d' expérimentations électronique. Avec "Aeonflower" la chaleur du folk et du son lo-fi a disparu laissant la place à des bourrasques polaires venant de la Dark Ambient si ce n'est pas de l'Indus. Trajet inverse à celui de leur soeur Liz Harris. Bien évidemment les plus anciens retrouveront des paysages désolés approchés par Cure, Joy Division ou Magazine. Mais attention, Paper Dollhouse ne sont pas de simples fossoyeuses du gothic et de la New Wave du début 80's. Elles leur offrent la modernité dark contemporaine tant défendues par ici. Le grand Dominick Fernow (Prurient/Vatican Shadow) voit ici la production s'inspirer de ses rythmique martiales et lentes. Certains effets sonores offrant un aspect lourd et oppressant ont déjà été croisés ou énoncés chez Raime, Silant Servant et la clique Modern Love (Andy Stott & Demdike Stare. Je pense par exemple au croisement de la musique lugubre de "Silence" avec des voix proche des chant ethniques ou des sorcières du Moyen Âge provenant d' époque lointaine (Demdike Stare des débuts). L' occultisme post-punk à l' origine du gothic des Throwbing Gristle et de Current 93. Ce disque est profondément une oeuvre ambient parce que les deux jeunes femmes refusent tout schéma pop classiques. "Hélios" qui fait figure de single n'est juste qu'une répétition de deux voix au phrasé parlé se répondant sur fond de synthés funestes et d'une rythmique industrielle hésitant entre "Forest" et "Closer". "Psyche" suit avec du drone bruitiste sur lequel se posent des voix lointaines de sirènes et un phrasé une nouvelle fois parlé (sample hauntologique?). Le tout avec l'intervention d'une guitare noisy/shoegaze. Les mots sont rares et répétés sans cesse sur l' ensemble du disque. Tout n' est qu' incantation cryptique et mélancolie ici. La démarche des Paper Dollhouse qui est de retourner aux origines de leur cultures convoque à mon esprit le dernier Vessel et un peu James Holden. Mais un Vessel où les rythmique ont laissé leur trône aux voix féeriques et déchirantes d' Astrud Steehouder et Nina Bosnic dans les déserts post-industriels de l' Angleterre du 21 ème siècle. Ce disque est beau, viscérale, vital et mortel comme les Sylvidres de mon enfance pendant leurs morts atroces et obsédantes. Essentiel et inoubliable. PS: Ce qui a fait le lien dans mon cerveau malade. Plusieurs fois un synthé écrasant fait son apparition, début de "Diane", c'est ce synthé qui a fait office de révélateur mémoriel à votre serviteur épris des Sylvidres dans les aventures d' Albator. Cette nappe de synthé étouffante s' invitant dans ma chambre dans la pénombre, je la chérissais tant au cours de mes soirée solitaire d' enfant. Quand j' écoutais pour la dix mille sept cent huitième fois l'un des rares disques de ma collection. La face B du générique du héros télévisuel Albator était plus flippante, plus étrange et bien plus évocatrice que la face a chantée par le Peter de Peter & Sloane trop entendus par la suite. Ce titre malgré son développement un brin balourd m' a hanté très longtemps avec son intro maléfique.
- JEFRE CANTU-LEDESMA ou, dreaming with the noise
Il fallait au moins qu' une fois DWTN aborde le cas Cantu-Ledesma. Le contraire aurait été une totale ineptie! Pourquoi? Juste parce qu'un mec faisant dans le noise et le drone, fan du shoegaze originel et très marqué de sa sensibilité , dépositaire de l' héritage Spacemen 3 via son groupe Alps, pote de "Maître du boucan" Pete Swanson , collaborateur de Liz Harris(Grouper) au sein de Raum, co-fondateur du label Root Strata qui a vu passé dans ses rangs Oneohtrix Point Never , Zeliennople et Barn Owl ne pouvait pas ne pas avoir son quart d' heure de gloire dans ce blog. Blog où ces artistes sont présents à longueur d' année. Le monde est petit et tout naturellement bon nombres d' autres de mes artistes préférés coté Europe citent également ce vétéran américain. Seulement voilà, le bonhomme avec ses multiples projets, ses disques LP et Ep quasiment introuvables, n' avait pas offert un vrai album depuis son magique "Love is a Stream" en 2010 (avant la création de DWTN). Son ep "Devotion" (2013) nous l' avait rappelé à notre bon souvenir et il fallait repartir de bon pied dans notre relation passionnelle avec du plus lourds que 4 malheureux titres. "A year with 13 moons" arrive à point. Ce disque au nom en référence à Fassbinder est à l' oeuvre solo de Jefre Cantu-Ledesma ce que représenta "A man with potential" pour celle de Pete Swanson. Un virage Pop! J' exagère comme toujours mais faut reconnaître que le dernier disque de ce spécialiste en drone bruitiste et rêveur est le plus facile d' accès. Il dit lui même avoir été encouragé dans cette démarche par Swanson face au complexe de l' expérimentateur désirant être plus expressif des sentiments humains mais craignant perdre de son originalité expérimentale. Comme chez Swanson ça passe par l' apparition de beats plus accentués. Si la boite à rythme tape dorénavant l'incruste entre les habituels joujou de l'homme, synthés modulaires, kilomètres de bandes magnétiques maltraitées, via des bobines ou des cassettes, un autres instrument se dévoile beaucoup plus. La guitare devient plus reconnaissable par une utilisation plus "classique". Cette guitare est une composante primordial du virage "pop". Cet élément emprunte énormément aux amour de jeunesse de Cantu-Ledesma, le shoegaze. S' il dit avoir aimé Slowdive son jeu très introverti et arabesque des 6 cordes évoque sans contestation possible l'indie-pop 80's de Felt, des Cocteau Twins mais aussi et surtout Durutti Column. Du Durutti Column noyé dans les delays et les grincements magnétiques, bref du Rangers de Joe Knight, donc de l'hypnagogic-pop. J' avais déjà parler du lien via les sons et l' aspect nostalgique et sentimental reliant le shoegaze et ce genre pour le décrire au début de DWTN. Les titres majoritairement courts de "A year with 13 moons" nous offrent donc une confrontation passionnante entre plusieurs genres pas toujours facilement associables. Les explosions et les bleep magnétiques du noise et du drone (énorme clin d' oeil aux regrettés Yellow Swans de Swanson) encadrent des thèmes émouvants plus pénétrant sentimentalement que corporellement. Entre abrasions sonores dignes d'une confrontation et méditation en léthargie. Mais après tout, la léthargie pour rêver, n'est-elle pas la même que celle éprouvée après un choc comme celui ressenti pendant l' écoute de drone noisy? Si le premier titre fait huit minutes (dans la moyenne pour un artiste drone), le deuxième descend à 4 et les suivant n' excèdent pas les 3 minutes. On a l'impression face à la succession de ces titres courts d' écouter plutot une mixtape qu'un album. L' effet est désiré et ce qui pourrait ne ressembler qu'à une suite de morceaux inachevés mis bout à bout sans logique devient une collection de cartes postales sonores avec la cohésion et le développement d'une histoire proche du roman ou du film. Ledesma parle au sujet de ce disque d' amour perdu (il vient de se séparer) et de nostalgie. Cette dernière est encore une fois un lien évident avec les Lopatin, Ferraro et Pink. On est nostalgique mais plutot que de reprendre texto les titres de l' époque regrettée on leur fait subir moult tortures pour évoquer l' usure du temps et la déformation des faits dans nos souvenirs par notre vicieuse mémoire. Disque essentiel pour ceux ayant été bercé par l'indie-pop et le shoegaze mais encore un peu hésitant à l'idée de submerger dans les longueurs du drone et la violence du noise. PS: Du Rangers, Yellow Swans et du Durutti Column
- Quand une petite souris islandaise fricotte avec Tri Angle records, dépaysement garanti!
Quand Robyn Carolan boss du Factory des 10's , Tri Angle records , passe aux platine sur Rinse FM c'est toujours un plaisir pour les aventuriers préférant aller hors des sentiers battus. Mais quand en plus du fidèle Holy Other il convie sa toute nouvelle copine, une certaine petite souris islandaise capable de faire rouler les R là il n'y en a pas, alors fatalement, on reste scotché pendant deux heures. Pas un seul titre n'est à jeter. D' après Carolan bon nombres de morceaux présents faisaient parti de leur correspondance entre lui et Bjork pendant l' enregistrement du merveilleux "Vulnicura". Quelques nouveauté s'y sont glissées et pas des moindres, un remix de la souris par le prometteur Lotic, le dernier Blank Mass (une tuerie), le dernier titre d' Holly Herndon (Bjork+Herndon à l' avenir?, sûrement!) et un hommage à Mark Bell (LFO). Un Sakamoto venant de nul-part, beaucoup d' autres pépites asiatiques, les violons omniprésents de "Vulnicura" trouvent leur explication la passion de l' islandaise pour Pawell Miyata. Les géniaux Giant Claw (certainement pote lui aussi avec ARCA), Death Grips et le drone-ambient de Wanda Group. Bref, une magnifique mixtape commenté par l'une des plus belle et réconfortante voix du monde.
- DJ Clent ou, last bus for the footwork's paradise. Plus: Pourquoi la France s'en fout du footwork ?
En matière de footwork si un album était attendu depuis longtemps c' était bien celui de DJ Clent. Et pour cause, les deux précédents date de plus de 5 ans et n'ont pas bénéficié d'une diffusion satisfaisante. Question potentiel légendaire, celui-là, il peut aisément se poster à coté de RP Boo. Peut-être pas l'inventeur officiel comme le vieux mais toujours fringuant Boo mais l'un des "orignels" dans l' univers footwork. Dj Clent nous vient de la Ghetto-house comme pas mal des collègues chicagoans. Pilier de la scène Clent n' a qu'un seul défaut, la discrétion. Au point d' être souvent oublié, grillé par l' aimant médiatique Teklife, crew génial auquel il n' appartient pas. Récemment Machinedrum lui a piqué un sample tellement génial qu'il était l' oeuvre de DJ Rashad d' où polémique sur les droits. Et pourtant. Ce monsieur dont vous avez sans doute jamais entendu parlé était autrefois signé sur ...DANCE MANIA !!!! "Dance Mania quesaco?" demande le petiot fan de Daft Punk et LCD Soundsystem tout juste sorti de ses couches. Simplement l'un des labels fondateurs du courant House, rien que ça. Et plus précisément celui qui pris le relais de Traxx et DJ International quand ces derniers voyaient leur house délicate devenir trop rébarbatives. Dance Mania c'est le berceau de la ghetto-house, plus grossière et violente que sa génitrice, la House. Beaucoup moins commerciale et connue en France malgré l' amour que lui portaient les Daft Punk. Le lien entre Marshall Jefferson et le Juke et le Footwork. Dj Clent en était donc. Avec Rp Boo et Dj Milton. Et lui aussi a participé à l' aventure juke et donc footwork. Avec "Last bus to Lake Park" il remet les pendules à l' heure. A l' heure de l'invasion mondiale par cette musique née à Chicago il se pose définitivement comme un Maestro es Footwork à égalité des Traxman, Boo et Rashad. Ce disque est l'un des meilleurs et plus pertinant du genre sortis en long format. 14 titres sur lesquels la patte singulière de Clent explose tout sur son passage et offre une véritable leçon. Avec le recule on s' aperçoit à quel point il a influencé tous les autres, de Spinn en passant par Young Smoke. Comme ce dernier Clent emprunte énormément au jazz et plus précisément à l' afro-futurisme via l'utilisation constante de synthés. S'il a d' abord été connu par la ghetto-house chicagoane c'était aussi un grand défenseur de la fille putassière que cette dernière avait engendré en baisant avec les sons électro de la techno from Detroit, la ghettotech. La première partie du disque voit l' omniprésence de sons et de techniques symbolique du RollandTB 303 et de ses soeurs la TR 808 et 909. Les armes ultimes de la techno et la house dans les 80's. Avec une variété épatante de gimmicks et surtout la fluidité avec laquelle Clent les fait se rencontrer on constate petit à petit que ce disque est non seulement un super dopant pour danser mais qu'en plus l' écoute à pied reposé j' oserai dire s' avère envoûtante. Si plus tardivement dans ce disque le lien évident entre le footwork et le jazz dans l' art de l'improvisation saute comme jamais aux oreilles, la triplette "The Wicknedness"-"Hyper Feet 2"-"Sublyfe" est une merveille de footwork sur le mode acid. Peut-être l' enchaînement à passer en priorité pour charmer l' amateur européen d' électro hallucinogène et nostalgique de l' acid-house mais trop souvent réticent aux musiques saccadées donc trop marqué "ghetto" . Plus tard les samples haletants et les phrasés cycliques rappelle le footwork des tout débuts mais avec une production plus soignée donc moins lo-fi. Ces changement avait aussi été repérés chez les voisins de Teklife mais avec une dérive plus funk et soul. Chez Clent le clinquant de certains sons analogiques électro peuvent être apparentés à ceux du maximalisme digital d'un Rustie ou du Grime actuel et de la clique Fade To Mind et Night Slugs. L' improvisation issu du jazz est la particularité absolue de Clent face aux autres. Son coté dancefloor à la fois techno et vaporeux aussi. Alors qu' un Traxman opère un travail de méticulosité et de dissction sur le moindre son tout au long d'un titre, en gardant malgré tout l' objectif de danser symbolique du footwork, Clent préfèrent la profusion et la diversification rapide et alléatoire comme je vous l' ai dit et l' écoute au casque dans son canapé s' avère aussi passionnant que des rêveries sur fond de Jon Hopkins et d'IDM ambient. Avec Clent on plane sans agiter les pieds dans tous les sens. RP Boo fait un passage remarqué ainsi que DJ Milton mais c' est avec Majik Mike que Clent reluque enfin à l' instar des Teklife le funk et la soul pour 7 minutes d'un ensorcelant, sensuel et en même temps très techno, ""Low Lyfe". Une tuerie dont on ne sais plus trop si il est fait pour danser, écouter ou baiser. Le disque est d' abord sorti chez le nouveau label Duck'n'covers, spécialisé dans le footwork uniquement sur vinyl. Label Suisse dois-je préciser pour faire remarquer que ce courant musicale reclus trop longtemps à Chicago continue à étendre son emprise mondial. Après les version japonaises, mexicaines, russes même le pays des exilés fiscaux s'y met. Ne parlons pas non plus de Feloneezy, Jackie Dagger et leur collectif Mystic Stylez, big boss du footwork made in ...Serbie! Quant à la France... A si juste une chose à dire sur la France. Avec du recule et alors que le footwork est visible comme jamais, que la mort de Dj Rashad a malheureusement braqué les projecteurs sur le courant, que son influence sur plein de courant et d' artistes reconnus s' affirme (récemment Bjork), j' ai constaté un truc qui m'a fait replonger dans mes souvenirs. Pourquoi la presse française , je sais c'est franchement une tarte à la crème, n' est pas la plus curieuse et même la spécialiste mondiale des loupés, pourquoi passe-t-elle à coté ou ne juge pas ce style pouvant faire des émules en France? Pourquoi emploie-t-elle ce stigmatisant et parfois péjoratifs terme de "sous-genre" sur toute chose n' ayant pas de débouchées commerciales. Il n'y pas de sous-genre en musique si on se base sur l' artistique et quant aux sous-genre en matière d' influence c'est le temps qui est seul maître. Le footwork en apportera la preuve évidente. Je me suis alors souvenu que l' histoire c'était déjà produites. Rappelez-vous l' accueil fait à la jungle, au grime ou encore au dubstep naissant. Même retard, même dénie ou curiosité teintée d' exotisme douteux (colonialisme et mépris pour l' étranger)pendant trop longtemps pour ces genres underground provenant tous des ghetto. Point commun entre toutes ces musiques assez pertinent je trouves quand on sait les origines sociales de nos chers journalistes et du publique rock/électro frenchy. Finalement on ne voit que leur arrivisme et leur retard traditionnel gerbant quand les débouchés commerciaux se firent plus certains. C'est parce que Goldie traînait avec Bjork que l'on a appris son existence et alors que le grime cartonnait depuis des moiset il aura fallu la tornade dans les charts britaniques d'un Dizze Rascal dans sa version lyrics (à l' origine c'était un truc purement instru) pour que l'on nous en parle. Pour le dubstep laissez tomber Burial. C'est suite et via XX et son Jamie que la presse a finalement bien voulu se pencher dessus. Qu'en sera-t-il pour le footwork? Je n'en sais rien tellement son absence dans la presse hexagonale(papier ou net) apporte la preuve évidente que notre industrie musicale est l'une des plus frileuse, notre presse l'une des moins cultivée et curieuse du monde et par conséquent à cause de (je lui laisse le bénéfice du doute), notre public le plus étroit d' esprit.Que ce soit le mainstream comme ce qui est censé être l' underground d' avant-garde. Ce pays où on a décoré Lou Reed et Bowie de toutes les breloques à la con n'aime pas, ne comprend pas, passera toujours à coté de ce que ces deux types ont apporté au rock comme leçon. Toujours aller voir l' underground, c'est là qu'est la solution. Que Michel Drucker ou De Caunes passe à coté c'est une chose, logique, que la presse spécialisé le fasse c'est une honte. Alors plutot que de repleurer sur notre triste sort de fan de musique dans l' hexagone, reécoutons encore une fois ce magistral "Last bus for Lake Park" et le somptueux ep "Hyper Feet" ou plongeons-nous dans cette géniale mixtape pondue par DJ Taye où est amassés le best de Teklife en 2015. Si vous voulez une mise à niveau sur le footwork malgré tous les articles publiés dans DWTN Dj Clent s'est attaché à nous offrir un somptueux cours d' histoire avec cette mixtape. Et en deux volumes monseigneur!
- Kairon;IRSE! Le post-rock s' offre une cure de jouvence
Dans mon dernier article sur le dernier album des russes de Pinkshinyultrablast je revenais sur la longue et cahotique histoire du shoegaze et de sa bonne santé actuelle. Je tissais les liens évidents entre le shoegaze et une grande partie du post-punk. Les grandes formations de ce dernier courant avaient beaucoup en elle du shoegaze de My Bloody Valentine, Ride, Slowdive, Lush et autres. Même si à vrai dire, ce n'était pas toujours si évident. Godspeed You ! Black Emperor, Mogwai, Sigur Ròs, Bark Psychosis et Explosion in The Sky pour ne citer que les plus grands avaient de forts relents shoegaze. Lift to Experience aussi mais d'une façon plus portée sur les schéma pop-song plus porté. L'âge d'or du post-punk c'était la fin 90's début 00's. Plus de 10 ans à présent. Ça commence à faire un p'tit peu non? J' expliquai toujours dans cette article qu'après le post rock un autre courant s' empara du shoegaze vers 2001-2002, beaucoup des formations provenant du Black Métal pourtant assez éloignées de l'indie rock & pop, le berceau du shoegaze. Jésu, Alcest, Deafheaven firent parler très fortement d'eux. Ces derniers par exemple tapent aussi allègrement dans le post rock tendance shoegaze de Mogwai et portent bien haut l' étendart de ce que l'on nomma le blackgaze et le post-métal. Citons actuellement Woods of Desolation ou Nadja plus tôt. Au final on pouvait être amené vers l' aune des années 10's à se demander pourquoi aucune formation n' avait décidé de se repencher sur les liens reliant cette trilogie, Shoegaze originel-Post Punk-Blackgaze. Une formation creusant au plus profond de chaque style pour nous offrir une relecture totalement innovante. Bref, nous étonner encore une fois. Retrouver le frisson de l' étrangeté des grands brassages musicaux que furent les grands disques Post Rock/shoegaze. La tendance post-rock au final n' était-elle pas la cocue de l' histoire depuis quelques temps? Elle si génial en 2000, depuis combien de temps elle nous avait offert la fraîcheur de nouvelles têtes autres que les anciens combattants? Le post-rock genre toujours puissant dans les coeurs mais dorénavant au point mort, réservé aux vieilles gloire et spécialement dépourvu de réelles grandes surprises. Et bien braves gens sachez que ce doux rêve est à présent réalité et qu'il prend la forme du PLUS GRAND disque Post-rock shoegaze apparu depuis 10 ans. Du post-rock shoegaze mais pas seulement tellement le spectre de ce courant à l'instar du post-punk est large. Du post-rock tapant dans le jazz, le dark métal, le progrock, bref, partout ! Mesdames et messieurs, voici Kairon; IRSE! Débuter un album de 6 longs titres par ça! Ce monstrueux , titanesque, cyclonique "Valorian" ! Il en faut. D' abord cette démoniaque attaque assassine de batterie ne pouvant être qu'un hommage à celle d' "Only shallow" de My Bloody Valentine. Et immédiatement, à l' image de tout ce qu'il va vous faire monter au ciel, un saxophone venu de nul-part (ou peut-être de chez Bowie?). Un saxo désarçonnant pour les shoegazer mais enfin et surtout, un saxo salvateur. Purificateur. Énergisant. La petite touche qui en enfonçant le clou va nous éviter le déjà vu. Le son "Loveless" ils l'ont! Le son "isn't anything"...ils l'ont! "You made me realise"? Itou ! Ils vont les garder! Le saisissement terrifique de ces trois disques ils l'ont. Mais aussi celui des claques des grands nom post-rock cités plus haut. Je sais. Vous allez être tenté de remettre à nouveau "Valorian". Encore et encore. Jusqu'à la fin du jour. Jusqu'à plus soif. Mais si cette envie si compréhensible vous prend, résistez ! La suite ne sera qu'encore plus belle et ahurissante . Laissez "Tsar Morei" s' emparer de vous à son tour. Encore une attaque digne du passé, plus précisément des pages les plus brutales des chef-d' oeuvres de Mowai. La voix "féminine" est remplacée par un falssetto typique du Métal. Loin de tomber dans la caricature, Kairon;IRSE! va donc s' approprier des références post-rock ultimes et si familières mais sans que ce soit éventé. Dérive annihilée grace à leur identité scandinave et donc, métalleuse selon une certaine caricature. Doomesque donc et même parfois, par le trop plein de virtuosité du guitariste, démonstrative flirtant sans tomber dans accablant, symbole aussi du genre. Mais on en est pas encore là avec "Tsar Morei". Les accalmies avec chant si représentatives encadrent le son plus lourd provenant des explosion post-rock. En quelque secondes on se retrouve chez Tortoise et Godspeed. Tricotage répétitif avec nappe de synthés précédant l' explosion prévisible. Elle va avoir bien lieu mais pas comme on le croit. Si ces finlandais ,notez qu'il y a aussi du russe dedans, ces "finois"(?) donc offrent un disque post-rock tant réussi en 2014-15 c'est que la surprise est continuelle. A coup de fuzz et de deelay nous quittons les 90's américaines et les terres québécoises pour la chaleur psychédélique de l' Australie. Z'ont du écouter Tame Impala et tout le revival psy. "Amsterdam" sera le troisième titre et une sorte d' affirmation identitaire de leur différence. Ce titre porte haut l' oriflamme et de la culture métalleuse nordique. Falsetto et mélodrame accentués. Lyrisme total. Une guitare solo en rajoute mais une nouvelle fois on est ébahi. L' urticaire provenant de l' allergie aux vicissitudes métal n'est pas très fort et même, même ça devient agréable de se gratouiller là où ça démange. De toute façon, ce lyrisme mélo-dramatique avec falsetto, les Sigur Ròs nous y avait déjà préparé. Ce post-rock comme chez les islandais porte ainsi en lui une sorte d' exotisme scandinave particulièrement gouleyant et rafraîchissant. "Amsterdam" peut servir de transition avant l' autre grand monument de "Ujubasajuba". Le déchirant, "Swarm". Avec "Swams" nos nouveaux amis scandinaves embrayent en douceur pour une fois. Mais bien sûr avec ces vicieux, ce n'est qu'une duperie de plus. Arrive les fameuse vraies /fausses annonces d' orages québécois ou écossais (surtout Godspeed et Mogwai). Roulement de batterie annonciateur de pluies torrentielles nous amenant sur un faux départ une première fois. Mais c'est pour mieux apprécié notre envolée dans les cieux. Roulement une deuxième fois et boum! Un synthé venu encore une fois de nul-part vous arrache le peu de lucidité qu'il vous restait. La fin est encore construite sur une fausse piste juste histoire de voir si vous êtes encore ...debout! Ce disque est puissant et réveil ce bon vieux post-rock par sa fougue juvénile. Pas uniquement. Ces types avec leur état d' esprit et leurs oreilles ouvertes à tout vent venu d' ailleurs nous libère 40 ans d' histoire du post rock dans la face. J'ai bien dit 40 ans. Avant Tortoise, Godspeed ou Mogwai, avant MBV et le shoegaze, il y a avait un avant. Il y a toujours un avant. Ils donnent la leçon à ceux qui ont oublié ce qu'était réellement le post-rock. Pas seulement les groupes cités. Les deux derniers titres vont servir d' exemple pour la définition fondatrice, re-fondatrice?, du terme "Post-rock". "l' utilisation de l' instrumentation rock à des fins non-rock, des guitares en tant que facilitateurs de timbres et textures plutôt que des riffs et accords de puissance." Eux ils travaillent plus sur les timbres que d' élaborer méthodiquement et lentement d'infimes et précieux changements les texture. Leur approche plus directe me ferait même dire un truc totalement incohérent et drôle. Kairon; IRSE! nous offrent-ils du post-rock... rock!!!!??? Rigolez pas mais les quatre premiers titres peuvent donner cette impression. Quand survient "Rulons" une injustice va enfin êtreréparée. Ou tout du moins, une précision importante va apparaître sur le terme post-rock. Un des groupes souvent oublié dans les anthologies du genre est cité: Talk Talk ! Si une influence est trop souvent oubliée c'est bien celle de la bande à Mark Hollis. Ce facétieux mélange de cool-jazz et de Free débuté avec "Spirit of Eden" et "Laughing Stock". "Rulons" voit le retour du saxo et des ambiance apaisées mais propice aux surprises noisy free de "Laughing Stock". C'est aussi Le choc de deux disques fondateurs du genre, "Laughing..." face à ..."Spiderland" de Slint évidemment. Enfin nous arrivons au dernier titre. "Less, moh y gribi". L'influence assumée post-métal toujours là ("ça va les popeux?"). Et surtout deux autre influences souvent cachées (de honte?) par la presse et certains fans. Le Space-rock et le Prog. Comment ne pas se souvenir de la guitare et de la production de Robert Fripp avec King Crimson mais aussi de Hawkwind et Gong. Kairon; IRSE! a tout bouffer pour mieux nous le ressortir comme jamais auparavant. Voilà. Le disque est fini. Vivant? Le caleçon de fan de post-rock pas trop taché? Alors pour conclure s' impose quelques remarques et une question. Ce disque hallucinant nous vient de 2014. Uniquement dispo sur Bandcamp depuis Août on ne peut s' évertuer à chercher des chroniques dans la presse écrite et "officielle" du net, quasi rien.Tout juste un article français retrouvé en préparant cet article chez les XSilence souvent pertinent. Mais énorme cote sur les forums de fans indie et métalleux. Franchement on se demande si leurs origines russes et finnoises n'y sont pas pour quelque chose. La presse rock/indie fait une nouvelle fois preuve de son étroitesse d'esprit et de son manque de curiosité en dehors des sentiers battus des labels et des promotion. Certain qu' américains la pieuvre Pitchfork nous aurait offert un plan buzz infernal pour nos Kairon; IRSE! Au sujet des influences post-rock il est à noter que l' électro, le krautrock, l' ambient sont absents. On ne peut pas vraiment dire que les Seefeel, Main ou Stars of the Lid ne doivent pas être leur tasse de thé. Pas plus que la folie et le situationnisme de Disco Pop. Par contre un autre groupe souvent négligé dans les liste de post-rock apparaît dans mon esprit pour définir Kairo et sa musique. Stereolab. Et oui! Il faut se souvenir que Stereolab était classé post-rock justement parce que c'était en utilisant une instrumentation classique rock/pop qui ils opéraient un détournement en piochant dans le passé (lounge, pop 60's, kraut). Les premiers artiste hauntologique dans l'indie-pop au même titre que Pulp. Entre "bon" et "mauvais" goût et même, Pop "Marxist"( sic ) pour certains anglo-saxons. Leur espèce de post-rock rétro au final plus proche de la pop par ses structures simplistee et sans chichi sur les textures est l' ancêtre de celui des finois. Kairon;IRSE! offre lui aussi une simplicité absolument imparable pour charmer rapidement. Sauf que la pop so 60's british a été remplacée par le métal et la mélancolie des paysages nordiques. Sauf aussi et surtout, l'aspect kitch est moindre. C'est un véritable travail hauntologique de production, des sonorités et des motifs symptomatiques d'une époque qui nous est délivré. Moins kitch donc parce que le genre musicale du passée accaparée par les Kairon n'est pas encore synonyme de "trop vieillot" dans les esprits. C'est juste le post-punk des années 90 et 2000. Déjà plus de 20 ans.
- Pinkshinyultrablast ou, le soleil se lève à l' Est pour le shoegaze .
Après la reformation des Slowdive en 2014 et l' album inespéré des My Bloody Valentine en 2013 l' année 2015 shoegaze sera marquée quant à elle par le retour des autres grands ténors du genre, Ride. J' ose espérer au sujet de ces derniers qu' Andy Bell a oublié ses mauvaises habitudes Britpop/Oasis/Beady Eye parce que... Si pépère revient pour nous refourguer les trahisons que furent "Carnaval of Light" et l' odieux et indigne de leur génie "Tarantula" , alors "pépé", il se fout les pédales d' effets franchement dans le nez et je lui fait bouffer sa collection de Black Crowes et de Lenny Kravitz. Plus important. Avec le retour des originaux on peut être amené à se demander si les nouvelles formations spécialisées dans le "shoegaze" ne vont pas tout simplement passer à la trappe face aux vieux champions du début 90's. Le talent et l' expérience scéniques de ces derniers et le manque de pertinence accompagnant l' acte de faire une musique vieille de 20 ans ne vont-ils pas accabler les petits nouveaux. Y' a-t-il encore quelque chose à tirer du shoegaze? En attendant que 2016 voit Chapterhouse sortir un disque et 2017 les Pale Saints jouer live "in ribbons" dans son intégralité on est forcé de constater que faire du shoegaze se révèle encore plein d' à-propos en 2015. Comme en 1991. Les 5 Pinkshinyultrablast nous viennent de Russie et plus précisément de la Venise du nord, Saint-Pétersbourg. Le nom si étrange de cette formation n'est rien d' autre qu' une référence à une formation américaine shoegaze que seuls les aficianados pouvaient repérer dans les 00's, les vénérables Astrobrite. Pinkshinyultrablast s' était déjà fait remarquer avec son ep "Happy song for happy Zombies" mais depuis plus grand chose à se mettre sous les dents. "Everything elses matters" déboule ces jour-ci et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'incruste d' office dans la précieuse liste des formations et artistes qui ont donné un sérieux coup de jeune au shoegaze depuis quelques années. A la différence d' autres genres musicaux liés au rock et à la pop ce dernier ne cesse de dévoiler encore de nos jours de très nombreuses possibilités et variantes. Le shoegaze pète le feu et s' offre une santé éclatante lui permettant d' échapper à l' ennuie de la redite et du revival trop facile dont un bon nombre de genre musicaux issus du rock souffrent (garage, indie pop 80's, indie rock 90's). Il y a une explication et elle a à voir avec les origines et l' histoire mouvementé du genre. 20 ans après, on peut se souvenir que le premier âge d' or shoegaze n'a duré qu'à peine 4 ans et qu'il s'agissait d'un courant assez critiqué si ce n'est pas mis à l' écart. Si MBV et un peu Ride avaient bien réussi à passer entre les foudres de certains critiques rock sourds et d'un public lui préférant la testostérone et le "m'as-tu vu" Britpop et les gémissements grunge d' autres, s'en sont pas remis. On en a eut la preuve flagrante avec l' effet de surprise de bon nombres ne connaissant pas vraiment Slowdive avant sa reformation et ses live l'an passé. "Ben oui! Le shoegaze ce n'était pas que MBV et Ride et un peloton de suiveur peu inspirés". La scène était plus riche et plus complexe que l'on a voulu faire croire. Dès 1991 j'en ai lu et entendu des horreurs sur le shoegaze. Entre la fameuse et vicieuse mention "cette scène qui se célèbre", les adjectifs du style "endives bruitistes", "musique naïve", "lassante", "musique de bourges dépressifs" ou que sais-je encore. Et c'est peut-être bien là où se situe l' explication de la bonne santé actuelle et des réussites tardives dans le temps de Pinkshinyultrablast et d'autres en matière de shoegaze. Ce style n'a pas pu évoluer naturellement et offrir de nouvelles pistes en 1992 comme c'est généralement le cas. Plus précisément il a été obligé de laisser de coté certaines de ses composantes trop stigmatisées et en totale inadéquation avec l'ère du temps d' alors. Les formations originelles ont ainsi soit été forcées par la vox populi à faire autre chose (virage britpop des Boo Radleys, Ride et Lush) ou purement et simplement capituler (MBV, Slowdive). Et on s'est retrouvé avec un genre qui n'avait finalement pas terminé sa croissance et donner tout ce qu'il avait dans les tripes. Un genre mis au banc de la société et placé sous formol tel les corps difformes que l'on peut trouver dans les laboratoires des instituts de médecine. Slowdive avait bien commencé le travail avec son "Pygmalion" en 95 mais il était trop tard et même leur label Creation leur fit comprendre que l'on ne voulait plus entendre parler de leur lamentations sonore. Pour Alan McGee(patron du label) les recherches électro et shoegaze c'était ringard, place aux coquelets de stade Gallagher, terminé les yeux rivés sur ses pieds pendant les concerts, la tête haute, le buste bien droit à la braneuse mancunienne et tout le monde devait suivre. Faut dire pour expliquer le retournement de veste du roux que le trou creusé dans les caisses du label par Kevin Shields pour l' enregistrement de "Loveless" avait du le refroidir et lui faire préférer la rentabilité Britpop. Ride vira donc Black Crowes, les Boo Radleys Nothern Soul ("Wake up"), Verve récupéra le "The" rock'n'roll pour son nom et s'en alla reluquer du coté des Stones et Lush trusta les charts en mixant Elastica à Blondie. Creation par ses disques et les changements de cap de ses artiste en est la preuve evidente. Ce label autrefois si hospitalier pour le style décida à l'image de toute l'industrie musicale qu'il était persona non grata. Le coup dans le dos fut fatal. Et je me souviendrai toujours de l'interview de Justin Frichman dans les inrocks bavant sur la scène shoegaze "chiantissime" en expliquant qu'elle et Brett Anderson la conchiaient. Le shoegaze originel et son aspect jugé trop mélancolique et dark n'avait plus droit de citer mais son influence souterraine commença aussitôt à se faire sentir. Le post-rock et sa recherche des textures et des timbres s' inspira largement du "mur du son" shoegaze tant la parenté génétique entre les deux était forte. Godspeed You Black Emperor, Sigur Ros, Mogwai et Labradford récupérèrent les orphelins du shoegaze. Même au delà du rock le fantôme planait. Boards of Canada, Seefeel, Gas et Main ont tous un petit quelque chose shoegaze et les fans des uns étaient bien souvent ceux des premiers. Il aura fallu attendre la fin des 90's pour que l' amour du shoegaze originel ne soit plus honteux en publique. Et encore. Si l' aspect bruitiste planant fut aussitôt récupéré un des gènes fondateurs mis beaucoup plus de temps a être admis. Le coté éthéré, froid, , limite gothique, synthétique, mélancolique et surtout bien moins "noisy" et "industriel" eut bien plus de difficultés. Bref, le poids de l'influence des Cocteau Twins/This Mortal Coil s'est vu souvent occulté et moins visible. Parallèlement le retour en grâce nous vint d' Amérique et d' Europe. Bref de partout sauf de son pays natal, l' Angleterre. Deerhunter, M83, Blonde Redhead et Radio Dept. sont à citer pour les sauveurs . Dans les 00's justement le penchant shoegaze s'est vu donc bien plus assumé et les mutations directe ont enfin put voir le jour. On parla de Nu-gaze mais pas seulement, par exemple le Black Métal s'en donna à coeur joie, le Blackgaze d' Alcest et Deafheaven. L' aspect mélancolique était soit exaspéré soit remplacé par une rage rage rock ou une euphorie pop. Mais ce n'est que vraiment au début des années 10 que le coming up fut digéré et accepté par tous. Si A Place to Bury Strangers et Serena Manish en passèrent encore par un maquillage noisy des formations reprenaient les mutations du style originel là où les autres les avaient laissé. Et donc, les racines Cocteau Twins/4AD. Merci à des groupes comme No Joy, Nothing, Tamaryn, Weekend, Whirr, White Poppy, A Sunny day in Glasgow, Echo Lak, Still Corners entre autres pour le versant pop. Et que dire des Slaves, Cheatas, The KVB, The History of Apple Pie, etc etc. Internet est aussi à citer comme grand défenseur du shoegaze originel et voilà comment on se retrouve face à un genre autrefois moqué et maudit qui de nos jours pullule partout. Chili, Israël et à présent avec Pinkshinyultrablast la Russie. On sait bien que tous les genres du passé par le net retrouvent une seconde jeunesse et que l'on peut y faire son marché facilement mais quand on cherche du shoegaze originel alors la claque par le nombre et la richesse artistique de la scène est sans commune mesure. Une nouvelle génération s' empara du style 90's sans les a-priori de ses prédécesseuses. Les racines Cocteau Twins/4AD sont plus assumées et l' aspect calme et mélancolique enfin sur le devant de la scène. En parlant avec cette générations et en leur racontant tout ce que les formations shoegaze ont pris dans 90's leur étonnement me surprend toujours. L' histoire n' avait donc pas été aussi linéaire et le compromis affiché par le revival enclenché vers 2008 qu'une façade. Le shoegaze n' avait pas toujours bien aimé et respecté. Le terme Shoegaze redevint "hype" mais fut aussi accolé à pas mal de chose sans vraiment de lien affirmé et direct. Certaines pilules furent dure à digérer pour les fans de la première heure et parfois les formations mises en avant par les médias semblaient n' être que de pâles copies. Les plus intéressantes restaient dans l'underground du net et c'est justement là que le shoegaze à fort héritage Cocteau est le plus présent. Pinkshinyultrablast en fait partie. Ce qui frappe avant tout et qui place nos amis russes c'est l' assurance et la mise au premier plan des vocalises éthérées à la Liz Fraser de Lyubov Solaveve leur chanteuse. Son chant est digne des autres héritières contemporaines provenant d' autres univers tel Julianna Barwick, Laurel Halo ou Grouper. Ensuite "Everything else matters" ressemble dans sa structure aux disques des écossais de 4AD. Ce n'est ni un disque continuellement lent ou un simple mur de son s' étalant du début à la fin. Ce n'est pas du shoegaze caricatural tel cette sorte de fois gras industriel que l'on étale lamentablement sur une tranche de pain. Non c'est de l' original, du vrai. On le découpe et on le pose délicatement sur un toast grillé pour le laissé rebondir et exploser dans votre palais. La succession de rythmes différents rende ce disque tout sauf ennuyeux. Alternant le rapide et le lent les russes maîtrisent toutes les variantes. "Holly Forest" et "Ravestar supreme" avec leur panache sautillant vont préservent de la nostalgie léthargique. "Wish we were" avec son intro surprenante est d'hors et déjà à classer dans les classiques du genre depuis ses débuts. Ailleurs Pinkshinyultrablast évite la surcharge avec des emprunts minimalistes déjà entr-aperçus chez les Cocteau. Terry Riley et Steve reich traînent dans les parages. Le drone n'est pas obligatoirement bruitiste. Si Pinkshinyultrablast sonne si originel c'est qu'en plus des Cocteau il évoque irrémédiablement le spectre des Lush. Si Slowdive avait vu ces derniers temps son culte exploser sur le net les Lush n'ont pour le moment toujours le même statut et c'est une parfaite injustice. Ils sont encore plus reconnu pour le britpopeux "Lovelife" que pour les sommets shoegaziens mélancoliques que sont les album "Spooky" et "Split". Pinkshinyultrablast ont en commun avec le Lush des débuts cette capacité formidable d' innover et d' exceller dans le mariage de l'expérimentation sonore et des structures pop plus classique. Offrir une rêverie hésitant entre la tristesse et l' étincelle optimiste. Pinkshinyultrablast se sauve aussi de la simple redite en citant et en digérant des influences étrangères au shoegaze et à la fois proche dans le temps. Stars of The lid, Gaz pour l' ambient mais aussi le Autechre d' "Incunabila" et d' "Amber". A première vue "Everything else matters" et son shoegaze semble pas vraiment neuf, mais plus on s'y immerge, plus les trouvailles russes vous épatent et le disque devient addictif et bien plus intéressants que bon nombre de disque revival que nous allons encore nous farcir en 2015. Le shoegaze en 2015...à suivre très prochainement dans DWTN avec une claque absolue post-rock shoegaze. PS: Deux dernières pépittes oubliées de Lush pour la route
- En passant : Jlin ou, le coté dark du Footwork. Plus:Bjork branchée footwork?
Je viens d' apprendre la nouvelle et je ne m'en remets toujours pas ! Je ne vais pas cesser de trépigner d'impatience d'ici Mars. C'est LA grande nouvelle footwork pour 2015. Jlin refait parler d'elle. Elle va enfin sortir un album chez Planet Mu. Si vous suivez l' actualité footwork depuis peu ce nom ne vous dira peut-être rien mais pour tous ceux ayant découvert la révolution footwork avec les fameuses compilations "Bangs & worksvol.1(2010) et vol.2"(2011) le nom de Jlin était devenus à nos yeux le synonyme d'une multitude de termes précédents ou suivant son nom du style: "p'tite génie","claque","disparition","gâchis?", "c'est la seule", "c'est LA Reine!!!", "que fait-elle????". Et même parfois certains, dont votre serviteur ont osé des sacrilèges footworkien: "Jlin ? Elle fout sa branlée à Rashad" , "Dj Taye et Young Smoke le futur? Ah si seulement Jlin réapparaissait", "Spinn,Nate, Manny et compagnie? Tout ça c'est de la crotte de vieux mâles à coté de la Jlin". Et même, même! L' hérésie ultime! Le père à tous en prenait pour son grade:"sur Bangs & Works Vol.2 la mère Jlin envoie RP"P" Boo à la maison de retraite". Rien que ça! Et Pourtant. Face à surproduction de titres par les Teklife et consorts il n' existait que trois titres dispos sur le net. 3 petit titres mais quel putains de titres. "Erotic heat" et "Asylum". Ses deux premiers titres apparus sur le Bangs vol.2 ont fait figure d' une claque gigantesque, ils étaient à la fois absolument étranges et fascinants face aux autres protagonistes. Sa production paraissait mille fois plus sophistiquée, ses samples mille fois plus originaux (parce que faits maison), d'une autre planète. D'une autre époque. Ses beats s'appropriaient l'espace sonore dans son intégralité, jouant sans arrêt avec la stéréo et surtout, surtout, ils faisaient baisser la température en dessous du zéro. Du footwork glacial et flippant à la fois. La petite chouchou de Dj Roc, en 2011, c'était réellement le plus beau diamant brut du footwork. Et puis...Plus rien. Disparu des radars elle ne fit sa réapparition que deux ans plus tard sur une compile quasi introuvable avec "Battle track". Mais il n'y avait pas que le petit monde footwork à être resté marqué au fer rouge par "Erotic heat". Et contre toute attente le nom de Jlin refait surface au cours d'un défilé de mode à Paris de Rick Owens via un mix de Jeff Judd. Owens (celui qui vient de faire scandale avec les quéquettes à l'air de ses top modèles hommes) titilla donc nos oreilles adeptes de footwork en balançant comme musique de fond Jlin mais aussi 'Heavy Heat' and 'Off Da Hook' du vénérable RP Boo. Et puis il y a trois jours la rumeur commence à se propager sur le net. La "gamine" de Bangs& Work va sortir un album chez Planet Mu. Bang !!! dans la cabesa. Tout émoustillé je creusai pour en savoir plus et la : re-BANG !!! une deuxième fois. Non seulement c' était vrai mais en plus il y avait un inédit. Et un inédit fruit d' une collaboration. On savait que Jlin bossait avec des samples fabriqués par elle même mais ce coup-ci une artiste était venu lui offrir sa voix. Et là, troisième BANG!!! pour DWTN. La featuring n'était autre que l' un des amours de ce blog, HOLLY HERNDON ! La Holly Herndon championne de l'innovation dans la travail sur les voix. La Holly de "Chorus", ep 2014 pour DWTN! Alors quand une génie de l' électro expérimentale s' acoquine avec une génie du footwork fatalement, ça ne peut que faire mal. Très mal! Du footwork futuriste, expérimental comment rarement entendu, en provenance direct des tréfonds de l'âme et du corps humains en passant par les territoires désolés et glacials de l' Arctique. PS: Je savais bien que si un artiste confirmé avait le flaire et tout le talent nécessaire pour puiser dans les possibilité musicales gigantesques du footwork et en plus, les réinterpréter d'une façon originale et d'avant-guarde , il y avait 8 chance sur dix pour que ce soit...BJORK !!!! C'est chose faite . Le footwork version Bjork, c'est discret! Ça ne saute pas aux oreilles. Les grosses basses ne sont que des sous-entendues mais quand on écoute du footwork à longueur de temps l' évidence vous gifle le visage. "Quicksand" est à l'origine le titre "Apologies" des prometteurs Spaces. Avec la reine Islandaise ils ont retravaillé la rythmique très drill'n'bass de l'idm-électronica à la Squarepusher et Aphex dans la première version et arrive à quelque choses de très footwork sans les grosses basses donc mais avec des sons plus stridents et moins lourds, mais des sons qui les remplacent strictement aux mêmes moments et dans un rythme quasi similaire. Le résultat est époustouflant de beauté et de fragilité comme tout le reste de "Vulnicura". Ce dernier étant son meilleur album depuis le novateur "Medulla" tant de fois cité dans ce blog comme le footwork(cf moteur de recherche).
- Logos et Mumdance ou : c' était mieux demain.
Extrait du dossier de presse fourni par le label Tectonic pour l' album le plus attendu par votre serviteur en ce début d' année, l'immense "Proto" de Mumdance et Logos. Il y est dit que Mumdance et Logos voulaient retrouver "la très brève étincelle de l' innovation quand les nouvelles scènes/genre se forment et que leurs règles et leurs paradigmes sont encore zone grise/floues." Les deux gars précisent plus tard le fond de leur pensée: s'épancher sur les grands évènement de l'underground électro anglaise, par exemple "les premiers jours du Bleep (exemple 1 et exemple 2),quand les premiers imports techno américains ont commencé à être appropriés par le Royaume Uni" ou "la proto ère 93-94 quand la techno hardcore s'est transformée en jungle" (exemple 1 & exemple 2) et enfin lorsque "le son sombre de la Techstep a relevé mécaniquement sa tête dystopique" (exemple ultime). Comment voulez-vous devant de telles intentions DWTN ne craque pas? ET puis surtout, quand les intentions sont vraiment présentes sur le disque et dépassent même les espérances. Alors que bon nombre de musiquesproduites actuellement ne nous recrachent que du réchauffé sans saveur Logos et Mumdance avec "Proto" s'y prennent tout autrement. Ils laissent aux franchises de restaurations rapides spécialistes dans le revival tel Disclosure le maniement de l' odieux four micro-onde temporel. L' héritage dancefloor pour stade à la Chemical Brothers et Fatby Slim c'est pour le gentil mais chiantissime (artistiquement et digérable) Daniel Avery. Ce dernier à l'instar des deux frangins de Disclosure ne faisant pas non plus preuve d'imagination et de prise de risque. Plutot que de nous offrir du sans-saveur Logos et Mumdance s'y prennent avec toutes les références annoncées comme avec le grime depuis leurs débuts (cf les liens plus bas). On sort le vieux machin cryogénisé de son bocal et on vous le ressert tel quel. Enfin presque, juste le temps de balancer cette carotte de Permafrost enfermant des traces du passé à terre afin qu'elle se brise en mille morceaux. Morceaux rassemblés selon l' art et la perversion des deux génies. C'est à dire façon 21 ème siècle. Brutal, passant du coq à l' âne sans pour autant vous foutre la nausée et vous perdre, sans assaisonnement cache-misère et grand public. Parce qu' avec "Proto" ce qui n'est pas cité dans le dossier de presse c'est bien ça! La notion d' underground. Un truc nouveau, pas encore rentré dans le grand publique parce que totalement indigeste par ce dernier frileux et allergique à la nouveauté au goût trop inconnu et prononcé . Disclosure remplie les stades avec leur sucrerie pop et Avery va servir de musique publicitaire pour produit bobo et hipster faussement épicés et rebels. Pas sûr que "Proto" ne soit récupéré aussi facilement. Comme le footwork, l' hypnagogic pop ou la vaporwave sont passé symboliquement à la trappe chez Pitchfork. "Proto" est exactement le genre de disque que DWTN recherche. Il y a tant de chose en lui décrites, analysées, disséquées et espérées dans ce blog depuis ses débuts. Alors parce que je suis gentil et de bonne humeur je vous invite fortement à relire tout ces vieux articles publiés sur ce blog depuis ses débuts. Tous ont donc un rapport avec ce disque prodigieux qu'est "Proto". D'abord sur le génie de Logos ici. Mais aussi celui-ci (Jam City) ou celui-là concernant Rustie le précurseur du maximalisme en Angleterre et enfin le plus beau pour la fin, éloigné de la scène anglaise mais celui qui avait tout flairé avec son Far Side Virtual. On peut pour finir parler de cet autre génie ou évidemment parce que l'on est chez DWTN de l' autre musique novatrice venu de l' autre coté de l' Atlantique qui a également influencé Logos, Mumdance et leurs potes. Et puis tant qu'on y est il y a la belle Fatima qui fait parler d'elle avec son collectif Futur Brown sur Warp (disque légèrement en-dessous des oeuvres solo de la belle et ses collègues mais qui fera parler de lui parce que signé chez WARP et plus "accecible) et ARCA qui nous a refait le coup magistral de &&&&& avec sa dernière mixtape "Sheep (Hood by air FW15)". Quand l' auteur de l'un des albums les plus futuristes de 2013 bosse avec celui de l'un des meilleurs titres de 2014 alors fatalement ça ne peut que faire mal. Quand j'ai pris dans la gueule le "Cold Mission" de Logos à la fin 2013 (9 ème du top DWTN 2013) avec son grime/drum&bass mutant, ses recharges de Uzi s'incrustant dans une ambient métallique et glaciale, je n'en croyais pas mes oreilles. Qu'est-ce que c'était? A quoi ça peut bien ressembler? A rien à l' évidence. De la musique pour dancefloor ou pour l' écoute chez soi? Les deux mon général! La musique de Logos casse les mises en boites trop faciles d' autrefois parce qu'elle n' appartient ni au passé et presque plus au présent. Elle pique à chacune de ces époques pour sauter les frontières des règles et plonger dans l' étrange . Mumdance et son parfum grime plus accentué et reconnaissable avait pondu quant à lui l'un des plus grands et rafraîchissants titres de 2014 (classé 3ème ep chez DWTN). Et avec son pote Novelist , ils remettent ça en 2015 avec le Ep "1 sec". "Proto" est à l'image de leurs sets trouvables sur le net. Pas deux ne se ressemblent. Beaucoup avec leur pilotage automatique avec pour unique objectif la danse facile peuvent aller se recoucher. La nouvelle scène grime ou UK bass aime vous perturber sur un dancefloor quitte à rester underground et casser l' ambiance festive. Leurs manières d' attaquer leur mix par l' effroi et le complexe, lancer ensuite le uzi à beats grime fouteuses de bordel puis sans prévenir vous couper net dans votre montée par l'intrusion du vent glacial de paysages désolés. Le grime classique parasité par une ambient givrée et des détonations assourdissantes éparpillées dans le temps façon puzzle. Et encore, ça c'est quand le grime est encore reconnaissable. Il n'y a pas que Logos et Mumdance a faire avancer le schmilblik et faire mouiller les demandeurs d'inconnu et de surprises sur dancefloor. Le délicat et émouvant Visionnist (classé lui aussi dans le top ep 2014), Slackk et Mr Mitch coté grime, et que dire de M.E.S.H., Objekt et de Powell pour leurs idm et noise très proche. Ces mecs adorent vous tabasser pour ensuite vous passer du baume givré sur la peau. Logos et Mumdance alterne la sculpture de paysages sordides ("Border Drone","Bagleys","Proto") et les grandes heures du dancefloor underground cryogènisées puis cassées et destructurées comme je vous l'ai dit ("Dance Energy- 89 mix"). "Move your body" c'est "LFO" + le "Acid Traxx" de Phuture passé à la moulinette des 10's du footwork. Et oui que croyez-vous? Eux aussi se gavent de footwork, la plus belle chose révolutionnaire de la décennie actuelle. Tiens, ça me fait penser que lui aussi semble être réservé à l'underground aux yeux de certains journalistes (surtout français). Non seulement Logos et Mumdance nous offrent à leur tour une leçon d' histoire (ce ne sont pas les seuls) mais surtout un cours sur à quoi ressemblait et doit ressembler l'innovation, la pureté artistique et la prise de risque. Sans tricheries et prenant en compte une chose que le rock indie ou le garage par exemple oublient : le curseur synonyme d' intégrité et d' originalité se déplace toujours avec le temps. Ce qui est underground, vrai et original à une époque donnée ne peut plus l' être après. Ou alors il ne doit plus se ressembler à lui même dans sa forme et même son fond. Les Pixies en 90 c'était indie et neuf, en 2015 c'est d'une manière ou d'une autre mainstream et rébarbatif. Écouter les Rolling Stones en 65 ou le Velvet en 67, My Bloody Valentine vers 91 en société c'était "rebel" et original. En 2015 ce n'est juste que du simple divertissement assimilable par tous avec le logo "entendu à la télé". Oui oui même MBV ! Sinon Coldplay ne les auraient pas pillé sur certains titres. En citant les vrais coups d' accélérateurs créatifs du passé dancefloor, , "Proto" tape du poing sur la table en expliquant que c'est seulement, et depuis toujours, par une vision originale et totalement indépendante, donc par nature underground, que l' histoire s' écrit et progresse. No compromis. Si vous commencez à en faire c'est foutu. "Proto" se rappelle quand la musique était innovante, se l' accapare pour la modifier et la culbuter plus loin dans l'inconnu quand d' autre se contente de la garder tel quel.
- En passant: Viet Cong ou, y'a-t-il une vie après Women
On va pas y passer une heure mais l' histoire de Viet Cong en rappellera bien sûr une autre. Il était une fois un groupe au-dessus du lot dans le petit monde indie. Un groupe attachant et doué. Doué pour la musique comme pour les conneries. Tournée chaotique, promo ratée et presse pas toujours digne de leur talent. Le groupe avait aussi à affronter dans ses rangs bien des guerres de tranchée pas possibles entre ses membres. Particularité, le groupe contenait une fratrie, ce qui fout toujours un peu le bordel.Faut jamais de fratrie dans un groupe, surtout si le groupe est bon: Oasis, Kinks, Breeders. Je vous passe les détails des altercations et même des bastons sur scène. Et puis, alors que le groupe commençait à décoller la tuile arrive, un des membres meurt. Alors que faire quand cela arrive. Joy Division s' était muté en New Order en comprenant assez vite qu'il fallait tourner la page, s' affirmé malgré l'omniprésence fantômatique du "lacheur". Les ex Women (le bassiste Matt Flegel et le batteur Mick Wallace) ont donc fait le choix de changer de nom, de collègues et de direction artistique. Et comme leur glorieux aînés mancuniens, ça fait mouche! J'aimai bien Women. Premier album bordélique mais parfois intéressant puis le deuxième qui les avait placé par un grand bond sur le devant de la scène indie. A égalité des rares formations intéressantes de la fin 00's début 10's. No Age, Japandroids, Thses New Puritans, Deerhunter et les modèles absolus, Liars. Quand en 2012 Reimer disparaît on croit bien sûr que s'en était fini pour les types de Calgary. D' autres prirent leur place de groupe indie fortement post-punk. Et pas des moindres. Savages, Total Control, Iceage, Protomartyr. Et on concluait trop rapidement que "Public Strain" resterait à jamais comme un grand disque de sa décennie pour ses qualité sonores et de compositions mais aussi parce que il était stylistiquement porteur d'un intérêt particulier. C'était un disque annonciateur des formations qui suivraient. Cet album faisait office de lien ultime entre d' un coté toute cette vague de groupes (déjà cités) renouant avec les idéaux d'ouverture d' esprit et d' évolution du post-punk, et de l'autre, les groupes n'en finissant de creuser le sillon de l'indie music nostalgique 60's accrocs au classicisme pop et garage. Une sorte de The Horrors en version américaine, donc moins "artificiel". Moins groupe de synthèse absolue car franchement plus expérimental et courageux. Ce disque qui vous donnait envie d' écouter encore des guitares en ces temps de rétromania larguée et resuçage sans intéret. "Public Strain" était aussi l' archétype absolu de ces disques fourre-tout que j'ai appelé les montagnes russes de 2014. A la fois citation et pure invention. On passait d'une profonde émotivité à quelque chose de totalement impénétrable. L'abstrait et noisy alternaient avec de magnifiques mélodies à rendre jaloux les cul serrés et gnangnan fossoyeurs des 60's. L'introspection et le coté arty à la rencontre de choses plus terre à terre et physiques. On sortait de "Public Strain" désarçonné par son coté insaisissable, à la fois raide à l' approche et aussi vaporeux puis délicieux. Avec leur premier album éponyme les rescapés nous offre du Women mais en version bouillonnante, encore plus directe et bordélique. Pas de redite. La page est tournée sans que cela fasse trop artificiel. Le post-punk sert de file conducteur dans leur histoire et évolution. Oublié l' émotivité sixties ou Barrettienne de Wire et ses chants à la limite du gouffre. Bienvenue les expérimentions sonores de This Heat et 23 Skidoo. Bienvenue le coté affirmatif et brut de décoffrage de la fin 70's. Mais attention certains détails peuvent vous faire revenir un peu plus loin dans le temps. Qui dit Post-punk dit le dieu à tous les gosses de cette époque là. Que dis-je, de toutes les époques! Bowie. Il y a sur "Viet Cong" un putain de titre s' apparentant à une peinture de toute sa carrière. Le grand "Bunker Bunster". Il débute par une certaine austérité à la "Low", la voix de Flegel scande ses phrases comme le Bowie Berlinesque puis après un pont coupe jarret venu de nul-part ce dernier opte pour un chorus très glam. Le tout sur un fond de guitares qui s' aventurent dans tous les styles noisy des 4 dernières décenies pour ensuite voir le morceau se conclure par un son d' enregistrement défiguré. Des bidouillages sonores "dark" débutent souvent les titres en empruntant beaucoup à l'industriel et à ses percus pour laisser place à des structure rock plus classiques. Enfin "rock classique" est franchement exagéré comme le prouve "Newspaper Spoons" et sa fin aux synthés hallucinatoire . Comme avec Women les Viet Cong survolent bon nombres des formations indies contemporaine parce qu'une fois de plus, malgré d'immenses dispositions pour le songwritting classique, ils construisent leur titres comme d' autres s' amusent avec les textures ou avec les styles et leurs symbolisme. Ils édifient en démentelant les techniques conventionnelles. Dans un certain sens Viet Cong agit entre un Ariel Pink et un électronicien. On saute du coq à l' âne, passant du tubesque à quelque chose de totalement impromptu. Moins osé qu'un Pink faut bien admettre mais du coup moins caricatural et plus rentre dedans et addictif. Cette façon d' offrir un attrait pop qui touche sa cible tout en proposant son lot de surprises aventureuses inédite. "Continental Shelf" et ses couplets à la Liars noisy précédant les refrains à la Paul Banks. Ce titre est à faire écouter urgeament aux pépé d' Interpol bloqués depuis 14 ans en 2001. "Silhouettes", la chanson un rien faiblarde et attendue de l'album, est un peu le même titre mais ses synthés peuvent interpeller ceux de Total Control. La fin du disque rattrape largement le piétinement de "Silhouettes" avec les 11 minutes de l'immense et jouissif "Death" dont on se gardera bien d' analyser le titre au vue de l'histoire du groupe. Le morceau est à l'image de tout ce qui lui a précédé. Une véritable montagne russe post-punk avec changement de rythme, de style et de but. Si la voix à la Paul Banks des tubes débute c' est pour mieux nous perdre dans un feu d' artifice instrumental virevoltant qui ralentie sans crier gare pour une courte accalmie avant de repartir dans un tout autre registre proche d'un Bowie jammant avec Sonic Youth. Vous l'aurez compris, Viet Cong, sans refaire du Women, continue le chemin entamé et explore les cime autrefois espérés. Des cimes encore plus abruptes et imposants. LE disque "ROCK" de ce début d' année.
- En passant : La belle et mystérieuse histoire du type au costard et à la Mercedes blanche
Alors que 2014 a tiré sa révérence et que se profile la terrifiante 2015 dans ce monde devenu plus que jamais imprévisible voici le moment de vous raconter la plus belle histoire de 2014. Un feuilleton qui a tenu en haleine bon nombre de fans de musique pas comme les autres. Une sorte de conte des temps modernes ou les apparences s' avèrent trompeuses, un conte morale réconfortant dans cette société hyper capitaliste avec son culte de la célébrité, son carriérisme à outrance et son éternelle quête de rentabilité. Bref, un monde où la gratuité des actes est une vaine utopie. Les miracles ont lieu. Parfois. Il s'agit en effet d' un véritable conte musical sur lequel flotte en permanence un parfum Lynchien. Enfin et surtout une merveilleuse découverte musicale, que dis-je, une véritable claque venue du passé et considérée pendant longtemps comme venue de nul part au point que certains crièrent à l'imposture. La belle histoire commença comme le fantasme absolu de tout passionné. Les adeptes de bourses aux disques, les grands toxico du chinage aventureux et désespéré dans les endroits les plus insolites. Trouver dans un bac un disque qui d' abord les hypnotise par sa pochette singulière. Ils l' achetent en s' attendant au mieux par lucidité à une simple rencontre annecdoctique. Un vieux truc assez ringard au fort potentiel de divertissement pour que leurs amis rigolent un bon coup au moment d'un apéritif dînatoire. Mais en fait ce n' est qu'une excuse parce qu' aù fond de leur esprit malade se niche la chimère absolue de tout fan de musique. Trouver la pépite oubliée. Le trésor caché. Avec cette photo franchement kitch de ce jeune premier hollywoodien Jon Murphy a du y réfléchir à deux fois dans un marché aux puces d' Edmonton ( Canada). Un nom simple, "Lewis", un titre en français franchement romantique à deux balles pour un anglo-saxon. Et que dire des notes de pochette. Une dédicace à une top modèle réputées des 80's. Et puis, il l' écouta. Le choc vous l'éprouverez vous aussi. Ce disque enregistré vers 1983 est en totale décalage avec son époque comme avec sa pochette. Le tape à l'oeil des 80's s' évapore. Le beau gosse hollywoodiens se révèle être un maître du raffinement un brin lo-fi. Peu de moyen. Une guitare, un piano, un synthé et une voix. Une voix qui s' empare de vous sans en faire des tonnes. Un barython qui préfère murmurer que rouler des mécaniques. Un seul sujet, l' amour. Sujet de toujours. "L' amour" c'est un disque hors du temps comme il en existe si peu en fait. Le terme est tant usurpé de nos jours qu'il faut vraiment écouter ce disque pour avoir conscience ce que cela signifie. Combien de disques m'ont fait cet effet cette année. Le sensible Grouper et puis? Très peu en réalité. Inutile se savoir l'effet de ce disque en 83, en 2015 c'est le même. Et même plus, quand on regarde les circonstances de la découverte. Les titres sont déchirants de simplicité. Certains critiques ont parlé du "Nebraska" de Springsteen avec la production proprette typique 80's de "Tunel of Love". Le choc peut s'y apparenter. Mais pour moi un nom est à citer en priorité. Une évidences. Ces mélodies qui prennent leur temps, ces synthés qui s' évaporent et ce barython économe, Arthur Russel évidemment. Comment ne pas penser à ce génie trop rapidement parti. A son chef d' oeuvre absolu (l'un des 5 disques les plus importants de cette décennie), ce "World of echo" révolutionnaire qu'il faut avoir écouté au moins une fois dans sa vie pour ne pas la rater. Oui Lewis a écrit certes des chansons pop nonchalantes, nostalgiques, mais c' était au final une sorte d' ambient pop parfaite comme celle de Russel. Une musique totalement iconoclaste, inclassifiable. Le violon de Russel est remplacé par les synthés de Badalamenti ce qui rajoute encore à l' étrangeté éthérée et consolide l' ambiance proche des films de Lynch. Entre rêve et réalité. Mais quand il s' agit d'amour, ne rêve-t-on pas plus que nous le vivons? L' histoire aurait put s' arrêter là. Jon Murphy transmet alors sa découverte au label fossoyeur de trésors, Light In Attic. Ces derniers cherchèrent à en savoir plus dans le but d'une réédition. Les indices étaient rares. Les crédits photo attribués à Ed Colver, ceux de la production désignant Bob Kinsey et les synthés d'un Bob Kinsey inconnu au bataillon. Coup de bol Ed Colver était connu pour être le photographe attitré de la scène punk californienne de l'époque. Mais comme dans un film de Lynch quand vous croyez avoir percé le mystère tout devient encore plus flou et irréel en un claquement de doigt. Place à la légende. Colver se souvenait bien de ce type qui se faisait appeler Lewis. Un beau mec avec une Mercedes blanche et une femme magnifique à ses cotés. Un vrai cliché du Yuppie 80's. Il confirma que l'homme sur la photo était bel et bien l' auteur de ces chansons, il s' appelait Randall Wullf. Surtout ce dont il se souvenait le plus c'était d' abord que le dénommé Randall lui avait payé la séance photo par un chèque en bois avant de disparaître dans la nature. Bien sûr à la suite de ça la légende et les rumeurs les plus folles se propagèrent parallèlement au succès critique concernant ce disque ressorti des profondeurs. Escroc, dealer, trafiquant d' arme ou simple imposture de fan de musique. Le label retrouva les traces de Randall via un petit neveu du coté du Canada. Il creusa dans ses souvenirs pour nous expliquer que son oncle avait bel et bien existé, la top modèle aussi, et que petiot, il leur avait rendu visite dans leur appartement aux meubles exclusivement blancs. Détail rajoutant encore à l' aspect légendaire et hors normes du bonhomme. Et en plus, détail fabuleux pour tout amateur de musique, le fameux tonton avait enregistré d' autres disques décrits comme "religieux"! En ce qui concerne la Mercedes et les rumeurs sur sa profession le neveu expliqua que "tonton" Lewis avait été en fait un courtier en assurance à la fin des 70's. Cette dernière info rajoutait encore plus de décalage entre la musique et la personnalité de son auteur. Comment une sorte de jeune loup des affaires aurait pu pondre une musique si belle, simple et tout sauf arriviste et tape à l' oeil? Le Patrick Bateman de Bret Easton Ellis en mode chanteur solitaire après rédemption. Quelques semaines plus tard Light in Attic publia un deuxième disque encore plus étrange, encore plus Badalamenti et Lynchien. Plus, tout! "Romantic Times", si l'effet se surprise n'était plus là, les chansons se dévoilaient pourtant encore plus bizarroïdes, semblables à des maquette inabouties mais qui néanmoins reposaientt sur un travail de production hallucinant . Une production réellement audacieuse et singulière pour l' époque. Si parfois certains trouvent ce disque parfois ridicule pour ses titres hyper émotifs d' autres comme votre serviteur trouve l' ensemble, certes un rien kitch, mais totalement magique. Les synthés encore plus présent que sur le premier peuvent eux aussi être taxés de kitch mais comme ceux utilisés par Leonard Cohen pour son "I'm your man". L' aspect cinématographique de la musique qu' offre Lewis est encore plus prononcé. On est proche du music-hall 50's ou de l'entre deux guerres. Pour un français on ne peut que penser au Christophe des 70's et 80's. Ce mélange de nostalgie et de modernité. Le costard peut-être et le goût pour les belles bagnoles aussi. Et puis sur la pochette le visage de ce Lewis parait plus buriné. Ce n'est plus tout à fait le jeune premier du premier disque. Le Yuppie arriviste et charmeur. C'est le Depardieu de "Quand j' étais chanteur" et surtout celui de cette fabuleuse dernière scène au son des "Paradis Perdus" du même Christophe. Quand le héros se retrouve dans un bar préférant rester l' éternel chanteur de bal que d' entamer une brillante et pécuniairement enrichissante carrière dans la variétoche. Et vous allez voire plus loin que la fin de l'histoire est exactement cela. Dans "Romantic Times" le travail de production évoque les artistes récents de l' Hauntologie. Cette façon de faire entrer les vieilles musiques analogiques ou digitales en écho avec certaines émotions humaine. Il y a quelque chose de fanée dans cette musique. Un truc qui la rend encore plus émouvante, comme si on regardait le vieux bouquet en décomposition offert à votre belle pour la Saint Valentin . Ces fleurs qui squatte votre appartement depuis des jours. Personne n'ose le jeter malgré la puanteur qui commence à s'en dégager. Entre nostalgie du passé et usure du temps sur les styles musicaux abordés. Le premier titre "We Danced all night" se réapproprie "Stranger in the night" en jouant sur ce que représentais déjà ce titre de Sinatra dans les 80's. Un vieux truc music hall mille fois entendu, connu par coeur et pourtant toujours porteur de fraîcheur et de bonheur. Et tant pis pour si ça parait démodé. Un deuxième disque en quelques semaines. C' était trop beau et les amateurs de complot crièrent encore plus fort leur méfiance. Et comme cela ne suffisait pas deux autres firent leur apparition sur internet. En fin d' été c'est "Love ain't no mistery". Après l' amour et le bonheur place aux déceptions et à la séparation. Les synthés ont disparu, ne reste plus qu'une voix écorchée et une guitare squelettique qui s' étirent sur des titres qui ne finissent jamais. Toujours cette sensation que Lewis tente des choses tout en étant enregistré. Répétitif au premier abords les titres offrent de très légères mutation bluesy totalement originales. La fin d'année voit enfin arriver le quatrième disque de Lewis . Les synthés sont de nouveau présents avec des cuivres et le son de l'océan en prime. La voix commence a être cassée comme sur le précédent et on peut supposer qu'il a été fait entre "Romantic Times" et "Love ain't no mistery". Et Randall Aldon Wullf, aka Lewis, aka Randy Duke aka Lewis Ballou etc etc. Qu'est-il devenu? C'est-il expliqué , a-t-il donné des interviews à la suite du regain d' intéret pour ses oeuvres passées? Est-il en promo? Fait-il toujours cette magnifique musique désenchantée? Va-t-il, tel Sixto Rodriguez, être le sujet d'un documentaire à succés et entamer une tournée mondiale pathétique (ou pas) pour faire fructifier sa légende? Cette légende devient alors un conte avec une fin morale salvatrice pour notre époque. Repensez au Depardieu de "Quand j' étais chanteur". Ce type qui dit non à la richesse et à la célébrité pour pouvoir chanter dans les petits baloches de nos provinces. Les types de Light in Attic l'ont retrouvé notre fantome Lewis. Et de quelle façon! Accidentellement à une térrasse de café au Canada. Tout simplement. Il prenait le soleil vêtu naturellement de blanc de la tête aux pieds. Même coupe de cheveu, même presture d' acteur et dandysme qu iplus est renforcé par une canne suite à un petit accident sans conséquence. Il n' avait jamais quitté Vancouver et n'était même pas au courant de tout le buzz autour de lui. Le label voulait lui donner ses royalties provenant du succés des rééditions. Et qu'est-ce qu'il a dit le Lewis? Qu'il le leur laissait tout ce pognon. Il s'en fout. Il dit avoir tourné la page. Il fait toujours de la musique chez lui entre une amie et ses chats. Quand ils ont voulu lui offrir un exemplaire de son propre album il a refusé également. "Je vous souhaite les gars tout le meilleur du monde. Je ne suis pas du style à regarder en arrière." Bref pour lui pas de tournées rentables. Il est appaisé et ne semble nourrir aucune frustration. Le label décida de continuer à mettre sous séquestre l' argent et de ne plus rééditer jusqu'à changement d' avis de Randall. Et ils se quittèrent. Comme ça. Comme si il ne s' était rien passé. Et la légende n' en est que plus belle. Juste avant, les deux types du label prirent une photo qu'il floutèrent pour que l'on ne retrouve pas le lieu de vie de Randall et qu'il puisse vivre comme il le désire. Cette photo participe elle aussi à la légende en offrant tel une apparition, un rêve, le même type des pochettes, plus âgé, mais toujours séduisant, et, vêtu de blanc bien sûr.
- Powell, Container et TCF ou Un p'tit génie, un précurseur et un matheux rèveur chez Liberation Tech.
Depuis quelques temps je ne cesse de vous parler du retour à la mode en électro d'une musique plus physique qu' introspective. Certains parlent de Techno Martial. Bref, quelques petits morveux s' amusent avec talent et imagination à nous perturber les sens. D'où c'est parti, et vers quelles contrées cela nous mener? On peut répondre à ces deux question en observant simplement un seul label. Récemment je vous ai parlé du versant dansant et belliqueux. Les Perc, Untold et même Vessel. Il y a un an c' était tout autant avec fort impact physique mais moins remuant, plus traumatisant et glacial, les Vatican Shadows, Raime, Shackleton, Haxan Cloak. Je peux bien sûr en ce qui concerne l' agression sonore citer Pete Swanson et son espèce de noise pour dancefloor. Liberation Technologies, le label dont il va être question, est une filiale du légendaire Mute. Créé en 2012 il reflète bien l' évolution décrite, de choses plus spirituelles et contemplatives vers l' attaque corporelle et sensitive qui l' a emporté cette année. Première sortie du label en 2012, le side project de Laurel Halo sous le pseudo King Félix. La belle sur 4 titres nous offrait une relecture techno et ambient de vieille lubbies. Detroit, les rave brit 90's, le hip hop et notre cher Footwork. C'était planant, à la fois facile et mystérieux. Lui succéda la reformation d' anciens routard de la cause House un brin techno, donc un poil plus agressive, Regis et Surgeon avec leur BMB (British Murder Boys). Puis ce fut Bandshell et son "Caustic view" de prendre le relais et la légère courbe apparaissant pris la forme d'un brutal 90° . Malgré le trompeur "Perc" et son aspect léger les trois autres titres pouvaient réellement porter l' étiquette de Dark ou indus techno. Un vrai travail de démontage et de reconstruction accidentelle de la techno. Halo y allait avec délicatesse, lui c' était, nous avait-il semblé alors, au burin et à la ponceuse. Mais ça c' était avant les sorties de trois des meilleurs ep de 2014 et 2013. Tout label confondus. Trois fortes personnalités sur lesquels on peut miser pour l' avenir et Libération Technologies de dépasser le statut de simple filiale anecdotique. LE P'TIT GÉNIE: Oscar Powell. Londonniens. A peine 30 ans. Génie Post-punk électro. Une fois que l'on dit ça, y'a plus rien à rajouter. En à peine 5 ep, des mix disséminés un peu partout et deux Boiler Room fantastiques ce type est devenu le héros de la scène techno et des dancefloors londoniens. Unanimité critique autour de lui de la part de toutes les têtes chercheuses de ce petit monde. Oublié Factory Floor et tant d' autres adorés ici même. Créateur du label Diagonal avec son ami Jaime Williams le garçon est en progression systématique à chacune de ses sorties discographiques. Souvent cité dans ce blog au sujet ses compagnons de la nouvelle électro aux effets physiques dévastateurs, l' occasion est enfin venue de vous parler de sa musique si captivante à l' occasion de la sortie d'une essentielle compilation regroupant ses 5 ep sortis sur différents labels. Elle s' appelle "Powell 11-14" et si vous avez jamais entendu parlé de Powell vous allez la chérir un bon moment. Vraiment bonne idée que de rassembler ses travaux pour son label, The Death Label (potes de Modern Love), Diagonal et Liberation Technologie . Ils ne ressemblent à pas grand chose. Une sorte d' animal fruit d' expérimentation génétique qui n'en fait qu'à sa tête. Et bordel que sa tête et celle de son créateur sont bien remplies par dessus le marché. Si on cherche bien on trouve quelque références audibles. La motorick de Suicide semble la plus facilement détectable (Fizz) ainsi que bon nombre de sonorités et de semblants de rythmiques déjà croisés. Mais on peut pas vraiment trouver une référence absolue si ce n'est conceptuelle. Tout le monde s' accorde à dire que ce type s' appuie sur trente années d' électro en tout genre pour les confronter à la sauce post-punk, et même, pour son originalité et son irrespect des règles tacite du genre, à de la No-wave new yorkaise. Avec les moyens technologiques récents Powell retrouve l' énergie et la sauvagerie de ces deux courants pré-séquençage. Je le répète, pas au niveau des sonorités mais plutot dans l' état d'esprit, Powell peut s' apparenter à tous les fêlés du style Suicide donc mais aussi Yke Yard et Mars pour la No Wave, 23 Skidoo et DAF pour le post-punk et l' ebm. On peut rajouter en ce qui concerne la sauvagerie l' aspect primitif et instinctif en provenance de vieilles manières ancestrales. Un dosage parfait entre sens de l' improvisation et un contrôle absolu de ce qui va arriver. Sa musique n'est surtout pas le fruit d'un vol temporelle de chef d'oeuvre effectué par un idiot ignare. Powell est un fin connaisseur de la musique, fan du label Pan et pote de Raime. Il est capable de faire les liens entre certains styles en découvrant les tunnels les reliant à travers les âges. On parlait de l' ebm des DAF et du rythme motorick de Suicide et Powell avoue avoir grandi avec le grime. Dans certains de ses titres il les malaxe à sa sauce et atteint ainsi des territoires inexploités. Sur les trois tires de son ep "Body music" on ne sait plus si nous écoutons du noise, de la jungle ou de l' ebm. Sur les autres il tisse un lien invisible à l'oeil nu entre la no-wave et certaines choses électro des 90's via un minimalism glacial ou des percussions industriels. Les son sont métalliques au possible, brossés et poncés pour que la limaille de fer vous déchire les tympans. Avec son intégrité doublée d'une intelligence rarement vue il nous offre une musique vraiment originale, puissante et expérimentale. Coté dancefloor le bonhomme reste le même, son intégrité de producteur le fait devenir un dj provocant, ses sets sont déstabilisant mais à la fin ils ont tout emporté sur leur passage. Ce type est capable de vous faire hurler au ralenti le célèbre refrain du tube eurodance de 2 Unlimited "No limit" sans que vous n'y preniez garde (pour ceux qui ont échapper à 2 Limited voici un petit rappel ici). De vous glacer le sang pour ensuite vous faire fondre tel le magma d'un volcan en Islande saignant à vif un glacier. Ses deux boiler room sont déjà devenues légendaires et donc obli-ga-toi-re !!! Ce type est à suivre de très, très, près ! LE PRÉCURSEUR Si Powell est le génie malin et étrange passé chez Liberation Technologies il nous faut le Ramones de toute cette techno indus hyper physique et agressive. Le type qui peut être considéré comme l'un de ceux ayant remis le feu au poudre de la fusée Techno Indus. Les rares fans de Pete Swanson vont adorer ! Ceux de ses successeurs, Perc, Powell, Untold,Vessel et tant d'autres aussi logiquement! Container c'est déjà deux albums au compteurs et surtout un ep récent absolument jubilatoire et ...assourdissant! Ren Shofield est américain et nous vient de Nashville. Je ne sais pas si il porte des bottes mais on est très loin de la country vous vous en doutez bien. Plutot dans le brutal que le pépère nostalgique larmoyant. Le monsieur préfère le coup de poing direct aux caresses introspectives. Dès le premier disque il fait dans la pulvérisation linéaire en lieu et place d' un énième amoncellement progressif. Tout repose sur les rythmiques avec si possible la touche noisy cradingue qui fait mouche. Et même parfois, une association jubilatoire de martial, de noise et d' acid touch. Il explique avoir enregistrer volontairement cette techno en son mono pour pouvoir percer votre crane jusqu'à à atteindre le centre de votre cerveau. On peut pas être plus clair dans ses intentions. Avec son dernier ep, "Adhésif" il reprend ses manière motorick/kraut des deux premier albums comme son compère de label Powell. De plus ce dernier semble même avoir une certaine influence sur son aîné américain au niveau de la production. Au début vous dansez comme un vieux modèle de robot version Kraftwerk et au bout de trois minutes un sifflement puis un grincement métallique s'empare de tout votre corps. C'est juste votre tronc qui décolle et vous voilà à filer à la vitesse de la lumière parmi les étoiles et les galaxie jusqu'aux tréfonds de l'univers. Un trou noir? Et que dire de sa Boiler Room LE MATHEUX Les nombreuses attaques de notre système auditif viennent-t-ils tous de dancefloor plantés dans des usines sidérurgiques abandonnées? Pas sûr. A l'image de Swanson avec ses légendaires Yellow Swans, c' est peut être parti sur le mode ambient avec la case bouge ton cul et devient sourd. Depuis des années, sans remuer de la gambette systématiquement d' ailleurs, nous sommes nombreux à nous infliger de l' ambient noisy, du drone, Tim Hecker, Ben Frost, Roly Porter voir même, Fuck Buttons pour les résidus shoegaze électro. Et que dire des chocs digitaux et hyper modernistes made in Maximalism des Rustie, Gurl Unit, Zombie, de la grime futuriste version Logos , de la vaporwave de Fatima Al Qadiri, des labels Night Slugs (Jam City) et Fade To Mind (Nguzunguzu) et enfin du son clair mais perçant d' Arca récemment. Et bien imaginez mes enfants qu'un fan de math de Norvège va vous faire aimer cette matière pourtant synonyme de prise de tête et d'ennui de collégien. Ce scandinave a commencé à faire parler de lui avec son projet intitulé Cracksmurf, sorte de mash up digital hyper futuriste et passion d' Arca. Truc très proche du maximalism, la vaporwave, le dancefloor et rempli d'un culte surréaliste pour le grand schtoumpf. Pas étonnant non plus que bon nombre le compare à M.E.S.H (le producteur génial pas le groupe synthpop). Travaillant avec les logiciels les plus récents TCF prouve à son tour que la technologie n'est pas tueuse systématique d' émotion. Même si sa musique s' apparente elle aussi à une lessiveuse de l' esprit, si elle est expérimental, répétitive et ambiant par instant elle s' approche aussi de l' aspect pop de certains Fuck Buttons pour les ruptures et les élévations qu'elle contient. Il réussit aussi à produire un lien bizarre entre Emeralds et Roly Porter. Ce type nous raconte que sa musique est faite d' algorythme, un "flux crypté de données". Du coup parfois on peut se retrouver face à la conceptualisation instrumentale d' Oneohtrix Point Never mais en même temps on tombe aussi dans une certaine sensibilité accompagnée d'une sacrée imagination bien humaine. Sensibilité très Morricone comme nous le démontre son immense mixtape "YYAA002" de Février. Sa mixtape étant peut-être la plus belle de 2014, voici un trop court extrait
- BEST OF 2014
TOP ALBUM 2014 1. DEMDIKE STARE "Test Pressing #1,2,3,4,5 & 6" plus "Empirical Research" & "Post Collapse" 2. ARIEL PINK "Poom Poom" 3. GAZELLE TWIN "Unflesh" 4. HTRK Psychic 9-5 Club 5. VESSEL "Punish, honey" 6. ANDY STOTT "Faith in Strangers" 7. PERC "The power & the glory" 8. DEAN BLUNT "Black Metal" . 9. ARCA "Xen" 10. ICEAGE "Plowing into the field of love" 11. GROUPER "Ruins" 12. TOTAL CONTROL 13. OBJEKT "Flatland" 14. BEN FROST "AURORA" 15. BING & RUTH "Tomorrow was the golden age" 16. PROTOMARTYR "Under color of official right" 17. GRUMBLING FUR "Preternaturals" 18. RUN THE JEWELLS 19. LAWRENCE ENGLISH "Wilderness of mirrors" 20. E+E "The light that you gave me to see you" 21. CLAP ! CLAP! "Tayi beba"& 22. EAST INDIA YOUTH "Total strife forever" 23. LEE GAMBLE "Koch" 24. TRAXMAN "Da mind of tRAXMAN VOL.2" 25. FENNESZ "Bécs" 26. FKA TWIGS "LP1" 27. OUGHT "More than any over day" 28.TCF"415c47197f78e811feeb7862288306ec4137fd4ec3ded8b" 29. MILLIE & ANDREA "Drop the vowels" 30. NINOS DU BRASIL "Novos mistérios" 31. MR MITCH "Paralell memories" 32. THE BODY "I shall die here" 33. COPELAND "Because i'm worth it" 34. RUSTIE "Green language" 35. SHABAZZ PALACES "Lese majesty" 36. FATIMA AL QADIRI "Asiatish" 37. EOMAC "Spectre" 38. ACTRESS "Ghettoville" 39. KIAMOS "Kiasmos" 40. DJ TAYE "Overdose on teklife vol.2" 41. WILD BEASTS "Present tense" 42. CALL SUPER "Suzi ecto" 43. Sd LAÏKA "That's harakiri" 44. GIANT CLAW "Dark web" 45. SLEAFORD MODS "Divide and exit" 46. VLADISLAV DELAY "Visa" 47. THUG ENTRANCER "Death after life" 48. THE CYCLIST "Flourish" 49. SLACKK "Palm tree fire" 50. UNTOLD "Black light spiral" REMPLAÇANTS FLYING LOTUS "You're dead" JERRY PAPER "Big pop for chameleon world" CARIBOU "Our love"s à mettre TOP EP 1. POWELL "Club Music" & "Club Music (Remixes) 2. HOLLY HERNDON "Chorus", "Home" & "Body Sound" 3. MUMDANCE "Take Time" 4. ONEOHTRIX POINT NEVER "Commissions I" 5. CONTAINER "Adhesive" 6. SOPHIE "LEMONADE/HARD" 7. SUDANIM "Pleasure Flood" 8. VISIONNIST "I'm fine part two" 9. THE BUG Featuring LIZ HARRIS (GROUPER) "Exit" 10. JIRE "Kiowa Polytope" 11. BOOTHROYD "Idle Hours" 12. SHACKLETON "Freezing opening thawing" 13. XXXY "Goldflesh" 14. LYL JABBA "Gully" 15. PROSTITUTES "Nouveauree" 16. TIPLETRAIN "Lights of city" 17. LEE GAMBLE "Kuang" 18. BEATRICE DILLON "Blues Dances" 19. SEVENDEATH "Concreté Misery" 20. HELM "The Hollow Organ" 21. SCAMMERS "Songs of suspect origin" 22. DAT OVEN "Icy Lake" 23. ACRE "Icons" 24. MICKEY PEARCE "Instructions" 25. LEON VYNEHALL "Music for the uninvited" & EVIAN CHRIST "Whaterfall" TOP 10 MIXTAPES , CHOSES DIVERSES ET VARIÉES: 1. SUKI GIRLZ (JAMES FERRARO) "Suki girlz" mixtape La plus belle critique du consumérisme et de ses temples, les centres commerciaux de tout pays. 2. TCF "YYAAoo2" Mixtape Le ep de notre matheux norvégien est digne si ce n'est encore plus phénoménal que son récent album. 3. MICACHU "Feeling romantic Feeling tropical Feeling ill" & sa B.O "Undert the skin" Peu importe le genre, tout ce qu'elle touche se transforme en or. 4. LOTIC Damsel In Distress 5. PC Music - PC Music x DISown Radio 6. TASO Teklife till tha next life 7. PERC "Fact 426" 8. DEAN BLUNT "Skin fade" mixtape 9. HYPERDUB "Next life" compilation & 10.1,2,3 & 4 compilation Label boosté par ses signature footwork et grime. 10 EQ WHY Chitokyo mixtape Footwork forever ! ALBUM LIVE: Les albums live c'est souvent chiant au possible mais cette année cet exercice casse-gueule nous a offert des merveilles, que dis-je des claques monstrueuses.Et la plus belle, elle nous vient d' Egypte. Je vous conseille vivement d' aller voir les vidéos sur Youtube d' EEK, c'est absolument gigantesque. Certains vieux routiers de la critique rock n'ont pas hésité pour dire de ce disque live qu'il s' agit de l'un des meilleurs de TOUS LES TEMPS. 1. EEK "Live at the Cairo Hight Cinema Institute" 2. TONSTARTSSBANDHT "Overseas" pas toujours jubilatoire sur disque contrairement à leur putain de live à base d' improvisation. 3. KAREN GWYER "Saint John Sessions" La belle se livre peut être encore mieux ce soir-là que sur ses premiers disques. 4. THESE NEW PURITANS "Expanded" 5. JULIA HOLTER "Saint Sessions" & ONEOHTRIX POINT NEVER Boiler room No comment. TOP 15 LABEL: Et oui, Tri Angle, "le Factory Records des 10's" dixit DWTN est détrôné, mais cela n'est que très normal, que ce soit en musique comme en foot, à la fin c'est toujours MANCHESTER qui gagne la Coupe des Labels ! A peine 8 sorties en 2014 mais...6 classées dans le top album pour Modern Love! Qui dit mieux. 1. MODERN LOVE (Andy Stott, Demdike Stare, Stranger, Millie & Andrea, Miles) 2. TRI ANGLE (Vessel, Holy Other, Evian Christ,Balam Acab, Aluna George, Clams Casino) 3. DIAGONAL (Powell, The Skull Defekts, Prostitutes, Russel Haswell) 4. HYPERDUB ( Teklife, Laurel Halo, Burial, Fatima Al Qadiri, Dean Blunt ) 5. PAN (Lee Gamble, MESH, Helm, Valerio Tricoli, Objekt) 6. LIBERATION TECHNOLOGIES (TCF,Container, Powell, Vessel; King Félix, BMB) 7. TYPE (Pete Swanson, Zelienople,Vatican Shadow, Sylvain Chauveau) 8. SOFTWARE (Blanck Mass, Daniel Lopatin, Oneohtrix Point Never, Autre ne veut) 9. NIGHT SLUGS (Egyptrixxx, Jam City, Kingdom, Girl Unit, L-Vis 1990) et son cousin américain 10. FADE TO MIND (Kelela, Nguzunguzu, Fatima al Qadiri) 11. PLANET MU (Traxman, Mr Mitch, Hierogliyphic Being And The Conf.,Ital, DJ Nate, DJ Diamond) 12. RVNG Intl (Holly Herndon, Julia Holter(avant que Domino signe le chèque), Blondes, Sun Araw gendras & the Congos, la série FRKWYS) 13. HYPPOS IN TANKS (Gatekeeper, James Ferraro, Outer Limitz, Ngunzungu,Sleep Over) 14. HOSPITAL PRODUCTION(le label de Dominick Fernow aka Prurient & Vatican Shadow avec Helm, Violet Poison, Silent Servant, Ninos Du Brasil) ex aequo avec les cousins européens de BLACKEST EVER BLACK (Raime, Cut Hands, Tropic Of Cancer, Prurient, Regis, Pete Swanson) 15. NOT NOT FUN /100% Silk* (Sand Circle, Maria Minerva, LA Vampire,Rangers, Ensemble Economique, Holy Strays, Cankun) * Attention, Not Not Not Fun, à force de s' accrocher tout le temps à la même branche de l' hypnagogic pop, elle va finir par rompre. Surtout si Brit Brown s' évertue à balancer des conneries de gros réac sur les jeunes gens modernes et avant-gardistes comme sur le récent Arca. James Ferraro et Ariel Pink devraient lui causer. Maria Minerva et les autres ne pourront pas tout sauver. TOP 5 DES MONUMENTS HISTORIQUES: Aussi beaux que l' architecture moderne même si c'est pas toujours révolutionnaire. Mais! Ca tient et ça tiendra toujours la route. Surtout, que la jeunesse prenne garde de ne pas y squatter trop longtemps. Eux, ils savent faire, vous les jeun's, prenez modèle mais surtout surtout, NE PAS COPIER, ça ferait du Made in China pour nouveaux riches. 1. SCOTT WALKER + SUNN O))) "Soused" THE dream team ! 2. SUN KILL MOON "Benji" Mark Kozelek vient tout simplement de nous offrir son meilleur album depuis ... 21 ans!!!! 3. THE SWANS "To be kind" Leurs disques s' apparente de plus en plus à des marathons et pourtant, on va toujours au bout avec plaisir quite à se taper Nelson Monfort pour l' interview. 4. THE SOFT PINK TRUTH "Why do the heaven rage" Quand un Matmos, Drue Daniels (le beau gosse des deux), se décide à rendre hommage au Black Métal ça devient franchement intéressant, déconcertant et rigolo. 5. LIARS "Mess" & EARTH "Primitive & deadly" En électro, sur les dancefloor ou même en hip hop, l' humeur est Dark et au tribal dans ce qu'il se fait de généralement appétissant en ce moment. Ces deux groupes n' y sont certainement pas pour rien. TOP 10 DES FAILLES SPATIO-TEMPORELLES Ils sont jeunes (ou parfois vieux) et font de la musique d'une autre époque. C'est franchement bien foutu et même parfois prodigieux mais seulement voilà...Merde !!! On est en ... 2014 et on les aime non sans gène. Faut vivre avec le futur! 1. TEMPLES "Sun structures" Songwritters hallucinants ! 2. JENNY HVAL & SUZANNA "Meshes Of Voice" Ben oui, on peut faire dans l' expérimental d' un autre âge. 3. AMEN DUNES "Love" Damon McMahon en cherchant ses idoles d'un autre âge, Skip Spence et Robyn Hitchcock,il s'est encore perdu dans les époques mais comme d' hab il atteint les sommets. Moins rigolo que Mac DeMarco mais deux fois, oups, mille fois plus touchant. 4. TODD TERJE "It's album time" Le piège avec l' électro c'est que l'on a toujours l'impression que c'est un truc neuf et ainsi certains revival peuvent passer pour du modernisme. Terje n' invente rien mais sait parfaitement assaisonner les vieux plats jazzy space-disco et funk. Et même, même, les merdes 80's ! 5. APHEX TWIN "SYRO" Qui l' eut cru? Richard D James taxé de nostalgique? Et oui! Syro aurait pu être enregistré à la fin des 90's qu'on aurait vu que du feu tellement notre virtuose s'est coupé des sonorités actuelles. Un comble pour celui qui jadis avait le talent de sentir toutes les nouvelles tendances pour se les approprier avec un talent inégalable. Aphex Twin le "vrai" retour c'est pour quand? Wait & see... 6. CARLA BOZULICH "Boy" Peut-être l' auteur de l'une des chansons les plus déchirantes de 2014. Cette fan de country, de rock et de folk en mode expé , devrait plaire à tous les fans du grand Nick Cave 7. TY SEGALL "Manipulator" Il a beau varier les recettes éculées du garage et du psychédélisme rock, il stagne dans les tréfonds du passé glorieux de ses amours (60's, 70's). Gros gros gâchis pour le modernisme avec ce songwriter hors pair. 8. FUTURE ISLAND "Island" Cette sorte de synth-pop avec voix soul énorme peut sembler assez originale à première vue. A première vue uniquement. 9. THE HORRORS "Luminous" Le cas The Horrors. Ca l'avait toujours fait et puis et puis... Nos petits rats de discothèque ont-ils eut trop envie de reconnaissance d'un plus large public. La grande gigue de Faris ne veut plus de son petit statut de Boys Band éduqué de l'indie britannique? "Arrêtes-toi au début de Simple Minds , pas à la période Mandela Day et du Band Aid par pitié mon p'tit Faris! Réécoutes les Psychédélic Furs !" 10. ANGEL OLSEN "Burn your fire" Folk revival version nineties (Palace Brothers) et une léchée de la mère PJ. TOP 5 DES DÉCEPTIONS: SHARON VAN ETTEN "Are we there" Où est passé le frisson de "Love More" dans ce disque folk ronronnant? TV ON THE RADIO "Seeds" Il fut un temps où ce groupe était le plus aventureux et magique du monde. Mais c' était y' a très très longtemps.Remember ST VINCENT éponyme Je me souviens d'une jeune fille timide s'emparant par son talent et sa simplicité du fort Saint Père. Des disques fait de trois fois rien avec une imagination gigantesque. La petite fille rencontra la grosse fée Pitchfork qui en fit une Kate Bush pour hipsters et supermarchés. La pauvre est devenue beaucoup moins sensible et elle se répète en étant beaucoup plus tapageuse. HOOKWORMS "The Hum" On y a cru, peut -être juste le temps de ça sur le premier album FOXYGEN "...Star power" C' était bien parti, certains disaient qu'ils étaient plus talentueux que les Temples. D' autres y ont vu le "Nouvelle Ariel Pink rigolo". Au final ce sont juste des adolescents prenant des poses lascives devant le miroir de leur chambrette. Nostalgique, pastiche sans plus aucun intérêt et surtout, surtout, pas le dixième du talent de leurs idoles. N'est pas Ariel qui veut. Drôle et touchant au début puis vite chiant. TOP 5 DES VESSIES PASSÉES POUR DES LANTERNES (via une presse aux abois trop dépendante d'une industrie discographique has-been): + les traitements prescrits par docteur DWTN BLACK STROBE & ARNAUD REBOTINI: 15 ans! 15 ans que je supporte les dithyrambes sur le sieur Rebotini. 15 ans qu'un simple borgne règne au pays des aveugles. Ses disques ? je les ai tous écouté et pas un seul reste gravé dans ma mémoire. Des innovations? Jamais. De l' imagination? Nada. Encensé par une critique national cherchant en vain à trouver des "héros" pour sauver la balance commerciale intérieur et ainsi trouver d' autres nom que ceux de Garnier et les robots pour la case légende électro. Adoubé médiatiquement par un pauvre Bernard Lenoir qui avec tout le respect que je lui dois n' était pas vraiment une boussole en électro voilà ce grand gaillard qui passe pour une référence! En solo ce type a cartonné parce qu'il réutilisait l' analogique et que cela plaisait à nos réac de journaleux. Toujours ce fameux "besoin français" pour l' authenticité. Une stupide quête d' authenticité "rock" pour laquelle seuls les retardataires se sentent obligés d' en faire des tonnes (cf outre Manche et outre Rhin pour le contraire). Sa musique? Une vision caricaturale de l' électro, "faut pas trop que ce soit chiant" et surtout qu' à la fin tout le monde danse le verre à la main. Et un pillage hallucinant du passé sans même pas une once de réécriture et d' apport personnel. Ses lives? Vu trois fois et trois fois j'ai pleuré de peine devant des prestations démagogique sans aucunes finesses avec ses recettes ressassées depuis des lustres. Dans son dernier disque notre Dick Rivers électro s'est pas gêné pour aller taper dans le musée du rock, Bo Diddley et Johnny Cash en version électro. Et devinez quoi? Et bien c'est vide, les titres instrumentaux sont du niveau d'un brouillon et les reprises devraient le conduire tout droit à la prison de Folsom pour vol et recel de trésors. Nostalgie 80's électro + nostalgie 50's rock le gars connaît bien les goût réac de son pays mais ça suffit pas. Le chanteur ? A l'image du reste, un copieur qui n' arrive jamais à s' approprier les titres. Normal ! Ce mec finalement très petit met des costumes trois trop grand pour lui. Médicament: Quand des français font une vraie musique courageuse et aventurière sans voler au passé systématiquement, Les Marquises "Pensée magique" METRONOMY Oulala Metrononmy! Si tu vis en France et que ces anglais te gavent depuis les réussis "Night Out" et bien tu es très mal. En 2008 ça sonnait moderne cette putain d'indietronica. Une sorte de suite logique à Notwist et puis pfffffff. Un disque pilleur de référence pop 80's et 90's avec des emprunts un brin grossier ("The English Rivierra") et voilà qu' à débouler Love Letters. Vu à la télé et entendu dans tous les prisunic. Metronomy regarde encore plus dans le passé et réalise un truc pastiche sauvé que par un ou deux singles. Et encore, je suis gentil parce que niveau pillage les Metronomy ont encore fait leur Attila sur les singles. Exercice rétro avec gros sabots. Petite comparaison, voici le tube que tout le monde s'est tapé, penser Girls Group des 60's (Supremes, Ronettes) et écouter ce tube 70's . Ainsi, vous aurez tout compris au soi-disant talent créatif de Metronomy Remède: GAZELLE TWIN & FKA TWIGS ALT-J BRETON: Mes têtes de turc préférées selon la fâcheuse expression. Entre un pseudo groupe gnan-gnan expérimental et un groupe électro pour midinette bobo faites votre non choix. Le cap du deuxième album aura été rugueux pour ces deux hypes boursouflées. Alt-j commence sérieusement à devenir pesant pour ses défenseurs avec ses pseudos recherches qui finalement ne mènent à rien sauf à l'esbroufe. Breton ne sait toujours pas aligner deux titres correctes et en plus le chanteur plait de moins en moins aux filles et se répette dans son pseudo discours à la Bono du pauvre "mon groupe vient des squatt". Et pour finir beaucoup commencent à s' appercevoir que le rôle de sauveur de la cause indie british qu'on leur avait attribué était franchement démesuré si ce n'est pas une arnaque. Le seul unique intéret de leur mise en avant médiatique n'était que commercial et pour fortifier un copinage entre l' industrie discographique (maisons de disques, tourneurs et festivals) et la presse française, toutes aux abois en temps de crise éco et post-numérique. Alors, toujours l' éternel question? Pourquoi eux? Remède : Pourquoi allez chercher dans la deuxième division britanique quand il existe une première League audacieuse, avant-gardiste et tout autant jouissive THEE OH SEES, TY SEGALL ET LA SCENE GARAGE DANS SON ENSEMBLE: L' art de tourner en rond chez soi. Ah le garage rock et DWTN ! Sacrée relation. J'ai beaucoup pesté cette année sur son grand retour. Certains m'ont dit que je chipotais,les plus lucides dans un sens, parce qu' ils ne me contredisaient pas. D 'autres ont dit que c' était présomptueux et snob. J' avoue que j' ai pas trop compris. Et puis y' a enfin la majorité qui devant mes critiques assassines restèrent dubitatif ou n'ont surtout pas cherché à comprendre. Après tout, c'est juste un pauvre type renâclant sur un blog inconnu parmi tant d' autres. Alors ses élucubrations... Mais je ne suis pas le seul. Un journaliste a pondu l'une des chroniques les plus assassines et plus justes sur le sujet (elles sont de plus en plus nombreuses, signe d'un ras le bol croissant sur le garage rock). Une chronique musicale bien sûr, mais aussi sosiologique, artistique et même politique. Son nom Carl Craig. Son site, Spin magazine, donc pas un p'tit site anonyme. Voici un extrait qui va peut être faire réfléchir certains quand ils se retrouveront devant un groupe garage la bière à la main et en se prenant pour des rebels ouvert d' esprit: (les parties soulignées sont des apports de votre serviteur pour plus de compréhension) "Ty Segall a dit dans pitchfork: "Il y a tous ces enfants qui grandissent avec Skrillex et toute cette musique numérique," "Qu'est-ce qu'ils vont penser quand ils vont entendre du rock'n'roll?" A l'âge du streaming où toutes les musiques du passé sont en ligne et disponible, cela semble être une présomption bizarre (comprenez un anachronisme ), mais ce qui est plus surprenant, c' est de trouver un musicien talentueux qui veulent faire une vertu d' avoir des goûts musicaux étroits. Les meilleures (exemple: Bowie, Eno,Ariel Pink et Daniel Lopatin entre autres)ont généralement d'énormes oreilles, prêtes à découvrir des idées n' importe où. Mais la scène garage-rock est souvent l'environnement le plus hostile à cette attitude. Ce n' est pas l'accent rétro qui me dérange, mais le fétiche d'authenticité qui l' accompagne souvent, comme si les rockers de garage ont découvert une certaine vérité essentielle du rock que les autres ne savent pas ou ont volontairement oublié.(Et comme si elle n'a pas été découvert mille fois avant.) Segall est plus curieux que cela, ou du moins il y arrive. "Manipulator"(son dernier lp) est un signe de bonne santé en allant au-delà des trois accords fondamentalistes, par ses sonorités glam et ses souches psychédéliques et enfin sa glorification de la maîtrise technique. Mais il rayonne encore un certain isolement. En fait, c'est un de ses thèmes préférés, dans de nombreux titres ressemblant à une forme de confinement il semble se méfier fortement des nouveaux moyens de communication et de la connectivité (on est loin de l' approche plus objective et optimiste de ces sujets par une Holly Herndon qui pourtant dans son derniers "Home" n'en est pas moins naïve sur les dérives policière) . En partie, c'est comme si Segall est en réaction contre ses origines. Il a grandi dans le riche comté d' Orange, à Laguna Beach. Donc banlieusard classe moyenne. Bien sûr, il détestait, position toute relative; Il est toujours surprenant de me souvenir que ce garage-rock est souvent la musique d'enfants privilégiés, parce qu'il sonne comme il était destiné pour les enfants pauvres, avec ses outils primitifs et fuzz éhontés. Mais, naturellement, c' était ça l' attraction pour ces jeunes, la rébellion via un encanaillement musicale. Alors qu'à ses origines, le terme "garage rock" impliquait que vous aviez au moins un garage - et donc que vous ne pouviez pas en faire dans un petit appartement de ville ou de cité. C'était une forme de la culture banlieusarde, celle née au début des années 60, le sommet de l'âge d' or des middle class américaine.(les centre-villes et leurs appartement étaient pour les classes pauvres justement). le remede de doc DWTN: Pendant que Thee oh Sees fanfaronnait sur la grande scène de la Route du Rock avec leur garage calibré pour festival et hipster en mal de légitimité rebelle, délivrant un set en roue libre sans réelle charge émotionnelle la Blogothèque filma une scène et nous offrit une vision plus réjouissante d'un certain garage rock. Pas un garage provenant de la middle class américaine mais une vision sans concession dans sa version working class anglaise. THE WAR ON DRUGS & MAC DEMARCO: Tout le gotha indie se lève unanimement pour faire une standing ovation aux deux disques de ces deux artistes. Ils vont squatter les premières places de tous les top de fin d' année. Plus ça va et plus je trouve que le public se revendiquant de l'indie ressemble à ça. Le même publique guindé et tiré à quatre épingle que celui de la musique classique, une sorte de caste sociale cloisonnée dans ses théatre , opéra et musées. Même culte pour son passé, même anthropomorphisme, même manque de curiosité pour les autres genre et un refus d' intéret pour le futur. Ses idoles en cette année 2014, The War on Drugs et leur comique troupier préféré, Mac Demarco. Leur point commun? Une musique hors d' âge, "cool", passe-partout et aceptisée comme de la muzack. Une musique d' avant le punk, Kraftwerk, le rap, la House etc etc. Une musique qui fait comme si ces trucs n'avaient jamais existaient. Une musique d'une époque ou tout paraissait plus simple. Une musique analogique avec instrumentation hyper classique. Une musique de confinement comme le garage rock. Une musique en refus ou craintive de tout progrès technologique. Cette année j'ai lu un truc génial sur le sujet. Je l' avais déjà publié mais je pense qu'une deuxième fois ne serait pas de trop. Par contre je n'ai toujours pas retrouver l' identité de son auteur. Voici ces quelques mot forts judicieux et très à propos du succés des War On Drugs et De Marco: " La bordélique et mièvre quête d' humanité du "do it yourself" d'une décennies de culture indie - à l'origine en réaction aux rock et à la pop artificiels et pompeux des années 70 et 80 - est à présent utilisée partout dans les médias pour proférer, vendre et servir de bande-son à un certain style de vie promulgué. Et c'est à présent un horrible mensonge, aussi odieux que les bobards sur lesquels les premiers punks crachaient. Comment faire de la musique dans un monde comme celui-ci? Ce qui doit être dit et comment le dire? Ce sont précisément pour répondre à ces questions que la musique du futur est explorée, surtout si les réponses actuelles sont loin d'être concluantes. Une chose est de plus en plus claire, les hommes blancs privilégiés grattant avec nostalgie les guitares ou tournant les mécaniques analogiques en évoquant le bon ancien temps ne sont pas seulement complaisants et ignorants en le privilégiant mais sont en plus une franche infamie face à ce monde de crise financière, de robotiques militaires , de montée de l'extrême droite, de surveillance par la NSA et des incessants avertissements des catastrophes à venir. La musique a besoin d'évoluer rapidement ou risque d' être obsolète et il lui faut donc se tourner vers la technologie et les connotations de la technologie pour ce faire, créer une sorte de course à l' armement face au monde qui l'entoure."Je suis papa depuis bientôt 2 ans. Si un jour mon gamin à ses 20 ans se pointe avec un T-shirt de My Bloody Valentine ou des Stone Roses en écoutant une musique vieille de trente ans, vous savez quoi. Je lui fouterai une grosse mandale et je m'en voudrai de lui avoir imposé MA Culture! Et Mac Demarco de faire son malin. Non tu n'es pas un malin, un juste un jeune vieux cons.
- En passant : Kiasmos , du violon sur le dancefloor au fond d'un fjord.
Récemment j'ai écrit que beaucoup d' artistes électro se tournaient vers une musique plus physique, moins introspective. Quand on affirme ce genre de chose il y a toujours le petit grain de sable qui se pointe. Le disque qui va à contre-courant du phénomène décrit mais qui fait tout le charme du suivi de l' actualité musicale. Ne jamais se borner à une seule direction. Òlafur Arnalds et Janus Rasmussen sont le grain de sable et il s'appelle Kiasmos. Ces deux scandinaves en provenance des lointaines Islande et des Îles Féroée ne s' adressent pas à vos tripes quand un bon nombre de leurs contemporains vous assènent drone, percussions et noise jouissifs à la limite du supportable (Perc, Untold,Vessel). Arnalds est un compositeur de musique classique, ou plus précisément de néo-classique comme disent les saxons. Rasmussen quant à lui a débuté au sein d'une formation synthpop. Alors quand les deux s'unissent ça peut le faire. Comme ça ne peut pas le faire. Par le passé, on dira les 90's, pas mal ont voulu allier le classique et son instrumentation avec l' électro. Et ça la franchement pas fait systématiquement, soit on se retrouvait face à une espèce de prog électro où le musicien classique nous balançait au visage sa virtuosité technique comme les guitaristes prog des 70's en oubliant l' essentiel. Soit une tentative de faire passer au grand public la pilule de" cette nouvelle musique avec quelques réminiscence classique qu'il connaissait déjà . Avec Kiasmos c'est une réussite totale. Cet album éponyme est parfait, inlassable et sans aucune faute de goût. L' ennuie est absent. Si à votre première écoute il se pointe rappelez-vous la grande leçon zen de papi John Cage: "If something is boring after two minutes, try it for four. If still boring, then eight. Then sixteen. Then thirty-two. Eventually one discovers that it is not boring at all."(Dans "Silence"1970). Et si une chose est vraie c'est bien le fait qu'au début ce disque peut sembler avoir été entendu mille fois. Peut-être parce qu' il suit une recette sommaire faite d' ingrédients sûr sans chichi. Des percussions élégantes, des sons électro digitaux mystérieux et un piano accoustique modeste qui la ramène pas. Les cordes et ce dernier sont aux ordres de la house tout comme les samples qui font également preuve de discrétion. Ici pas de déballage tape à l' oeil sonore ou lyrique . Le piano rappellera bien sûr celui de Jon Hopkins. Cette façon de débouler une fois que le titre a atteint son potentiel euphorique dans cette courbe théâtrale qui sert aussi d' ossature aux titres chez Hopkins. La petite différence est que nos deux scandinaves nous laissent bien plus d' indépendance pour imaginer ces paysages porteurs d'une certaine spiritualité. Vous êtes bien dans un fjord, dansant sur techno minimale magistrale avec tout autour de vous, ce panorama typique scandinave sur lequel flotte les contes et légendes de la mythologie nordique. Ces montagnes qui ont observé les péripéties dramatiques des dieux avec les humains où bien, ces forêt épaisses et obscure où rodent des animaux fabuleux. On peut aussi penser à Nicolas Jaar en solo. On ne peut pas les accuser de suiveurs d' Hopkins et Jaar, ce disque est le fruit d'un travail méticuleux entrepris depuis 7 ans. Ils avaient sorti un premier ep un poil plus percutant par ses rythmiques glaciales mais à présent ils nous offrent leurs terres natales au printemps, pas en hiver. Kiasmos est la divine surprise techno ambient de cette fin d' année. Année faite de très nombreuses réussites rentre dedans, où la montagne russe et la dichotomie ont été les lignes directrice avec le coq à l' âne stylistique en mode opératoire mais qui se clôture par un beau disque mélancolique, homogène et s'apparentant à une plongée intime dans notre imagination.
- En passant : Arca fait chier les réacs ou, la technologie au secours de la complexité humaine.
Alors que je peinais à me motiver pour écrire cette chronique sur le premier album officiel d' Arca, le vénézuélien Alejandro Ghersi dans le civil, une vieille connaissance de ce blog s'est chargé de me mettre en colère au sujet de ce "Xen". Ma paresse ne venait pas du fait que ce disque était une déception, loin de là, mais parce que j'estimais avoir tout dit sur le bonhomme au sujet de son essentiel mixtape &&&&& (cf ici). De plus le vénézuélien bénéficiait depuis quelques semaines d'une plus grande notoriété pour ses collaborations passées avec Kanye West ou avec la très cotée FK Twigs, Kelela, Mickky Blanco et senfin pour es travaux future, Bjork. Et puis ce satané Britt Brown (co-patron de Not Not Fun, rappel ici) a mis les pieds dans le plat. Mais d' abord, le "crime" que Brown reproche à Arca. Alors qu'une certaine indie music nous gave avec des polémiques plus ou moins sans intérêts ou même absurde, l' électronique amène quant à elle aussi son lot de controverses mais au moins ces dernières reposent sur des questionnements autrement plus intéressants. Plus essentiels que celles présentant un Ariel Pink soit disant misogyne pour la naïve Grimes et depuis caricaturé en Dieudonné de l'humour indie par bon nombre, ou encore on peut citer la guéguerre War On Drugs vs Mark Kozelec. Cette vieille fripouille de Britt Brown, donc patron d'un des étendards de l' hypnagogic-pop (Not Not Fun), s'est fendu d'une putain de chronique de "Xen" dans Wire Magazine qui est en train de le faire passer tout simplement pour le Erik Zemmour du genre. Si d' abord cette chronique m'a mis hors de moi elle a au moins eut le mérite de remettre sur la table bon nombres de thématiques omniprésentes dans ce blog. Le passéisme et la nostalgie en musique, le débat entre vieille et récentes technologies via la quête d' authenticité, l' hypnagogic pop est-elle synonyme de progression ou de régression artistique et cerise sur le gâteau, internet c'est caca ou pas caca et les jeunes, ce sont tous des cons débiles? Si on suit la logique de Brown je suis obligé de vous annoncer que l'on ne peut pas écouter à la fois Rustie, Arca ou Jam City d' une part, et Maria Minerva, John Maus ou Ariel Pink de l' autre. Soit on est analogique soit digital. En bref, Dancing With The Noise est dans une merde pas possible et je vais devoir faire un choix. Je déteste ces types qui veulent vous faire prendre des décisions stupides en montant les gens les uns contre les autres. Ces types pour qui le monde est soit blanc, soit noir. Brown nous explique qu'Arca en solo ne vaut pas un pet de mouche tant qu'il n'est pas accompagné d' artiste pop et de leur talent en songwritting. Que ce type qui avait sorti les disques des bruitistes Yellow Swans (Pete Swanson), ne veut en fait qu'une musique ayant pour but de faire danser ou passer à la radio via le format pop me laisse carrément pantois. Bref ce con en 1975 vous aurait annoncé que les disques ambient de Brian Eno ne servent à rien puisqu'ils ne rentre pas dans ces deux catégories. Je sais, c'est grossier de ma part mais c'est bel et bien ce recèle la chronique du gars au sujet de "Xen". Et ses autres arguments on les a déjà croisé par le passé. Pour Brown la musique d' Arca est "vide de sens", Alejandro Ghersi ne serait qu'un geek trop amoureux de ses machines, un simple démonstrateur des nouvelles technologies chez Darty , un artiste raté passant du coq à l' âne en zappant et au final, un artiste incapable d' aller au bout de ses idées à l'image de sa génération soûlée d' informations via les possibilités du vilain net. Pauvre vieux con que ce Brown. De toute façon le bonhomme ne laissera pas une grande trace dans l' histoire de l'hypnagogic pop si ce n'est le fait d' avoir croisé sa compagne la vénérable Amanda Brown pour créer Not Not Fun et LA Vampire. Le génie c'est elle et les artistes du label. Le vieux balbutiant ses certitudes dans son fauteuil devant Jean Pierre Pernod, c'est lui! Oui le disque d' Arca passe du coq à l' âne stylistiquement au point de perturber les vieux cons préférant les cloisonnements. Mais franchement ce zapping ne perd pas l' auditeur et laisse même entrevoir une certaine homogénéité . Le disque prend en compte notre époque avec son réservoir haut débit d' informations riches et variées sans le rejeter en s'enfermant dans un passé obsolète et dangereux. Les dysfonctionnements digitaux du Glitch, les fantômes des caractéristiques de la pop et du hip hop sont invités. A noter que le hip hop se voit un peu moins présent qu'il ne l'était sur les premiers ep (la série Skretch) et sur la fantastique mixtape &&&&&. Si l' agressivité UK Bass futuriste d' Objekt et de Logos sont toujours d' actualité, le vénézuéliens vit dorénavant à Londres, Arca nous offre cette fois-ci une palette d' émotions humaines bien plus variées. Le début du disque très lent se veut même carrément éthéré.Du digital éthérée, il avait pas pensé à ça pépé Brown trop obnubilé qu'il est par ses synthés analogique, ses guitares vintage et ses bandes de VHS détériorées. Et le déchirant piano trafiqué par un logiciel de "Held Apart",vous ne trouvez pas monsieur Brown qu'il est autant émouvant que celui du dernier Grouper. "Xen" n'est pas qu'une démonstration des opportunités des nouveaux logiciels, c'est aussi une oeuvre fruit d'une psychanalyse personnel. Ghersi explique que le dénommé "Xen" n'est juste que son alter égo féminin. Réflexion et interrogation sur la sexualité. Moins violent que &&&&& ce disque est réellement émouvant, intriguant, parfois angoissant ou apaisé et hyper sensuel. Il nous offre une vision captivante de notre monde sous une forme bien plus complexe que celle provenant de caricature et des a priori dans lesquels certains veulent nous enfermer. Les contraires se confrontent, se regardent en chien de faïence pour ensuite s'unirent et se mélanger.














